Archive for February, 2014

February 28, 2014

Mission d’information sur le Projet « Eau pour la croissance et la réduction de la pauvreté » : Le président Abel Afouda satisfait de l’intérêt porté au projet par le Bénin

Le président du Partenariat Ouest-africain de l’Eau (Gwp/Ao), Abel Afouda, a effectué une mission d’information au Bénin du 26 au 28 Février dans le cadre du Projet « Eau pour la croissance et la réduction de la pauvreté dans le sous-bassin transfrontalier du Mékrou ». Les échanges avec les autorités des divers ministères impliqués ont été très fructueux selon ses déclarations à la presse hier, 27 février au cours d’une interview.

Béatrice Koumènougbo (Bénin)

Abel Afouda, Président du GWP/AO

Abel Afouda, Président du GWP/AO

Les autorités béninoises ont porté un grand intérêt aux échanges avec le président du Partenariat ouest-africain de l’eau, Abel Afouda, dans le cadre de la mission d’information sur le projet « Eau pour la croissance et la réduction de la pauvreté dans le sous-bassin transfrontalier de la Mékrou ». Dans une interview accordée à la presse, hier, 27 Février, il a expliqué les objectifs du projet et exprimé sa satisfaction quant à la disponibilité et l’écoute des autorités béninoises.

En effet, le président du Partenariat Ouest-africain pour l’eau a rencontré les autorités et cadres des ministères en charge de l’agriculture, de l’enseignement supérieur, de l’eau, de l’environnement. «Les échanges ont été très fructueux » a-t-il déclaré. Il a estimé que cet intérêt manifeste des autorités béninoises contribuera à une bonne mise en œuvre du projet au Bénin. Le 1er responsable du partenariat ouest africain de l’eau est revenu sur l’importance du projet.

Le projet « Eau pour la croissance et la réduction de la pauvreté dans le sous-bassin transfrontalier de la Mékrou », a été initié par le Partenariat mondial de l’eau et  soutenu financièrement par l’Union Européenne. Il sera mis en œuvre dans trois pays que sont le Bénin, le Burkina-Faso et le Niger. Selon Abel Afouda, ce projet permettra d’améliorer  les connaissances en matière de ressources en eau  au profit des populations, des maires et décideurs.  Le président du Gwp/ Ao a rappelé que l’eau c’est la vie. A cet effet, il est important de maîtriser la ressource eau pour éviter les catastrophes telles que les inondations. Pour illustrer l’importance du projet, il a rappelé les inondations qui ont lieu régulièrement dans le nord du Bénin. Selon lui, si les populations étaient suffisamment informées, elles prendraient les mesures nécessaires pour éviter les désagréments. C’est le cas des agriculteurs qui ont besoin de l’information nécessaire sur la ressource eau pour mieux planifier  leur production. Il est donc important d’informer non seulement les populations mais aussi les maires et autorités concernées. Ce projet permettra aux maires de mettre l’eau dans leur Plan de développement communal et aux décideurs, d’intégrer les programmes liés à l’eau dans les plans de développement. Abel Afouda a estimé que c’est un projet qui a de l’avenir étant donné que sa finalité est la réduction de la pauvreté à travers une meilleure connaissance des ressources en eau dans ce sous-bassin transfrontalier.

Interrogé sur la prochaine étape en ce qui concerne la mise en œuvre du projet, Abel Afouda a indiqué qu’après l’étape de l’information, le projet sera lancé au cours d’un atelier qui se tiendra à Ouagadougou en Mars 2014. Des ateliers  suivront dans tous les pays pour informer les populations et les décideurs. La première année du projet sera couronnée par la signature de convention pour une gestion harmonisée de la ressource eau entre les pays concernés.

February 25, 2014

Amanda Marlin, Cheffe de Plaidoyer et communication au WSSCC: « Il nous faut des objectifs réalistes et ambitieux pour l’agenda post-2015 »

Les Objectifs du millénaire pour le développement (Omd) ont le mérite de pousser des pays à faire plus d’efforts pour améliorer les conditions de vie de leurs populations. A quelques années des échéances, la cheffe de plaidoyer et  communication, au Conseil de concertation pour l’eau et l’assainissement (Wsscc), Amanda Marlin  donne un éclairage sur le processus d’élaboration de l’agenda post-2015. Dans cet entretien, elle affiche un optimisme pour l’avenir et milite pour l’identification des objectifs réalistes et ambitieux après 2015.

Amanda Marlin, Cheffe Plaidoyer et Communication au Wsscc

Amanda Marlin, Cheffe Plaidoyer et Communication au Wsscc

Le débat  sur l’agenda post 2015 reste au niveau institutionnel. Comment le ramener au niveau national et impliquer les tous les acteurs au niveau national ainsi que les communautés ?

Je pense qu’il faut agir au niveau national. Dans chaque pays, il  y a des Ong, des médias qui ont un grand rôle à jouer dans ce sens. Ils doivent mettre en avant les priorités. C’est de la responsabilité des organisations de développement, des gouvernements de parler avec le peuple des engagements post 2015. C’est ainsi que les populations seront impliquées. 

Est-ce que lorsqu’on parle de l’agenda post 2015 alors que les OMD ne sont pas atteints  dans la plupart des pays, cela ne crée pas une certaine confusion au sein des communautés ?

Il y a vraiment un risque si nous parlons trop d’après 2015. Parce que nous pouvons oublier des engagements à tenir. Donc, il faut continuer le travail sur les OMD et en même temps parler de l’après-2015. Beaucoup de personnes qui s’impliquent dans des débats. Je pense que le secteur de l’Eau, de l’Assainissement et de l’Hygiène, nous avons un bon exemple. Parce que des consultations ont été faites, et finalement nous avons réussi à avoir une position harmonisée, une vision commune. Des consultations sont nécessaires.

Je pense que si les gouvernements des pays africains s’impliquent dans l’identification des priorités, cela me donnerait plus d’optimisme. Parce qu’ils seront plus engagés dans la recherche de solutions à toutes les contraintes.

 

Et le suivi des engagements… 

En Afrique, il y aura une rencontre de Haut niveau à Washington. Auparavant nous avons tenu des réunions, nous avons dit qu’il y avait beaucoup de progrès. Mais il y avait des engagements tenus,  mais sur le terrain, il y a peu de progrès. La société civile et les médias ont un rôle à jouer pour amener les Etats à respecter leurs engagements. Je pense qu’il faudra surtout insisté sur les causes des retards de la réalisation des engagements. Est-ce qu’ils étaient très ambitieux ? Est-ce que nous n’étions pas quelque part convaincus que c’était important. Nous devons chercher à comprendre pourquoi  tel pays a fait des progrès et l’autre non.   

Beaucoup d’indicateurs des OMD ne seront pas atteints. Est-ce qu’il ne faudrait-il pas identifier des objectifs réalistes pour l’agenda post 2015 ?

Pour moi, nous devons à la fois avoir des engagements réalistes et ambitieux. Nous devons faire mieux et plus. Il y a beaucoup de personnes qui sont dans le besoin. C’est impérieux  d’avoir un équilibre entre les ambitions et les réalités. Nous pensons que nous devons tendre vers l’amélioration des progrès qui ont été réalisés dans beaucoup de domaines. Le processus doit être accéléré. 

Le plaidoyer pour les changements de comportements est souvent relégué au second plan. Comment mettre en avant cet aspect ?

Il y a un silence sur les sujets de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène. Si nous ne parlons pas de ces questions, les gouvernements n’entreprendront pas d’actions pour améliorer les indicateurs. Il nous faut démontrer qu’il y a de l’importance à avoir accès à ces services de base. Le fait de parler pousse les gouvernants à trouver des solutions. 

Est-ce que le Conseil pour la concertation pour l’eau et l’assainissement est  prêt à accompagner les Etats à réaliser les engagements qu’ils ont pris ?

Oui ! Nous sommes prêts à aider les gouvernements. Toutefois, il faut le souligner, ce n’est pas seulement l’argent qui va résoudre les problèmes d’accès à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène. Ce sont parfois les approches qui posent des problèmes. Il faut une harmonisation des interventions. Nous n’allons pas fournir une aide financière mais il y aura aussi un soutien au plan technique.

Propos recueillis par  Alain TOSSOUNON et Idrissa SANE  

February 24, 2014

Entretien avec le Directeur de la SONEB à l’occasion du 17ème congrès de l’AAE: « La gouvernance dans le secteur de l’eau, c’est savoir aussi gérer les ressources humaines »

M.Babalola, DG/Soneb

M.Babalola, DG/Soneb

L’exemple du Bénin a été cité à plusieurs reprises lors des travaux du 17ème congrès de l’AAE. La contribution de la Société nationale des eaux du Bénin (Soneb), membre fondateur de l’AAE, qui permet au Bénin de faire partie du club des rares pays à atteindre les objectifs du millénaire pour le développement a intéressé les participants. A cet effet, le Directeur général de la Soneb, très actif à ce congrès, a été invité a faire le témoignage sur la gestion du service publique de l’eau à travers le cas de la Soneb en tant qu’opérateur crédible. Il s’agit, à travers cette thématique, de montrer les défis de l’accès et de la gestion du financement des programmes de développement des infrastructures d’assainissement. A l’issue de sa présentation, nous lui avons accordé une interview

Le Bénin fait partie des rares pays africains à atteindre en 2015 les OMD pour l’accès à l’eau potable, quelle est la contribution de la SONEB dans ce succès ?

Il faut commencer par dire qu’une société ne peut atteindre les objectifs du millénaire sans l’accompagnement de son gouvernement et des partenaires techniques et financiers. Pour ce qui concerne la Société nationale des eaux du Bénin, toutes ces conditions sont réunies. Nous avons pu évaluer nos besoins en investissements avant de nous lancer sur ce chantier-là qui est une priorité pour l’Etat béninois. Ce dernier nous a beaucoup aidés et les partenaires ont beaucoup investi. Grâce à ces conditions favorables, mais surtout par le choix des projets que nous avons identifiés, nous allons atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement en 2015.

En dix ans, d’existence en tant que société publique autonome, vous avez pu maitriser les charges d’exploitation et assurer une grande partie des investissements au point d’acquérir la confiance des investisseurs. Votre exemple de leadership est cité parmi les meilleurs au cours de ce 17ème congrès de l’Association africaine de l’eau ici à Abidjan. Ce qui est rare, quel est votre secret ?

Le premier secret, c’est les hommes. Vous allez voir qu’à travers toutes les communications au cours du présent congrès, on a parlé que des hommes. Vous avez vu que pour la réforme au Bénin, on est parti d’une seule société qui réunissait l’électricité et l’eau pour aboutir à deux sociétés autonomes, l’une pour l’eau et l’autre pour l’électricité. Il y a donc eu séparation. On s’est entendu pour que les professionnels de l’eau se retrouvent au sein de la Société nationale des eaux du Bénin. Tel est le cas aujourd’hui. A travers les hommes, il y a les compétences et l’efficacité. Voilà les éléments qui ont sérieusement aidé la Soneb à contribuer réellement à l’atteinte des objectifs du millénaire pour le développement. Quand on parle de gouvernance, il y a tous ces éléments. Ce n’est pas que l’aspect financier pour éviter le gaspillage des ressources ou le détournement de fonds. La gouvernance, c’est aussi savoir gérer les ressources humaines en plaçant l’homme qu’il faut à la place qu’il faut. Il faut savoir profiter des compétences, des dynamismes avec tout l’accompagnement qu’il faut. Voilà tous ces éléments, je vous jure, qui permettent aujourd’hui à la Société nationale des eaux du Bénin de pouvoir sortir la tête de l’eauParmi les points importants sur lesquels l’Association africaine de l’eau a mis l’accent au cours du présent congrès, il y a la question du leadership à laquelle est d’ailleurs consacrée une session plénière. Qu’est-ce que vous avez pu partager avec vos pairs des sociétés de distribution d’eau des autres pays d’Afrique ?

Nous avons expliqué que la Soneb est une société humble. Nous avons accepté de nous faire coopter par beaucoup de sociétés qui avaient déjà des indicateurs de performances assez avancés notamment l’ONEA du Burkina Faso. Nous avons accepté de partager leurs problèmes. Vous savez ! L’avantage de notre association (Ndlr : Association africaine de l’eau-AAE) est que toutes les sociétés de distribution d’eau sont les mêmes. Les sociétés d’eau ont les mêmes problèmes. Il y a déjà des gens qui ont déjà des solutions aux problèmes que vous avez. On s’entraide et vous vous inspirez de ce qu’ils ont fait pour l’adapter à vos réalités. Nous avons su faire cela avec le soutien et l’engagement de tous les travailleurs de la Soneb. Ces derniers ont accepté les plans que nous avons proposés et nous avons su donner de la valeur à chacune de leurs compétences. Ils se sont sentis intégrés. C’est le résultat qui est là et que vous voyez. C’est ce que nous avons partagé avec nos pairs.

De grands travaux que vous avez engagés sont actuellement en cours à Cotonou et dans zones péri urbaines. Quelle est la finalité de ces travaux ? Qu’est-ce que cela va changer dans la vie des populations ?

C’est surtout cela la question. Je vous disais tout à l’heure que les projets ont été bien identifiés et bien montés. Ce sont ces investissements qui permettent réellement d’atteindre les objectifs du millénaire pour le développement. Vous constatez que le projet de Cotonou est un grand projet. Cotonou avait un déficit d’eau de plus de dix ans en arrière. Avec ce projet, nous aurons plus de déficit d’eau. Cela veut dire que s’il faut cinquante litre d’eau par jour p             ar habitant, cela doit être réglé sans difficulté. Et cela sur vingt-cinq ans encore. C’est donc un grand projet alors. C’est d’abord là la clé du succès. C’est un choix fantastique dans la mesure la population de Cotonou et environs fait presque quarante-cinq pour cent des populations alimentées par la Soneb. Régler donc le problème de Cotonou, c’est régler le problème de 65% des populations. C’est là le secret de la Soneb.

Propos recueillis à Abidjan par A. P. Virgil HOUESSOU (L’événement précis/Bénin), Paule Kadja TRAORE (Walfadjiri/Sénégal) et Salvador GOMES (Agence bissau-guinéenne de presse/Guinée Bissau)

February 24, 2014

Fin du 17ème congrès à Abidjan : L’AAE s’engage pour une satisfaction des clients des sociétés membres

A. P. Virgil HOUESSOU (Envoyé spécial à Abidjan)

Sylvain Usher, SG/AAE

Sylvain Usher, SG/AAE

Les travaux du 17ème congrès de l’Association africaine de l’eau (AAE) ont pris fin jeudi dernier au Sofitel Hôtel Ivoire d’Abidjan. Sylvain Usher, Secrétaire Général de l’institution, a présidé la cérémonie de clôture en compagnie du directeur de cabinet du ministre ivoirien de la Construction, du Logement, de l’Assainissement et de l’Urbanisme.                                                             Lancé sur une note d’espoir, le 17ème congrès a tenu toutes ses promesses. « Le congrès d’Abidjan a battu tous les records en termes de participation, d’expositions et de nombre de sessions plénières, parallèles et techniques », a déclaré Sylvain Usher. Les organisateurs ont enregistré environ 2000 participants venus de 47 pays. On dénombre aussi 112 sociétés exposantes. Parmi ces sociétés exposantes, il y avait 28 ivoiriennes sur 42 sociétés africaines représentées. A l’issue des travaux, l’AAE et l’ensemble de ses membres et partenaires ont pris l’engagement de poursuivre l’amélioration des performances en matière d’eau non facturée.

Selon le rapport général présenté par le nouveau président du conseil scientifique et technique, Olivier François Gosso, actuel directeur de la production à la Société de distribution d’eau de la Côte d’Ivoire, l’AAE est invitée à poursuivre la prospection de toutes les pistes visant à favoriser le benchmarking entre ses membres, afin d’identifier les bonnes pratiques pour une meilleure satisfaction des clients. Une plateforme de financement du secteur de l’eau et de l’assainissement doit être définie par les membres et les partenaires avec la mise en place d’un dispositif de suivi et d’évaluation des programmes où l’AAE est partie prenante.

La meilleure initiative prise au cours du congrès est la décision de faire désormais participer la jeunesse professionnelle dans les instances de décision. Les travaux du premier forum des jeunes professionnels de l’eau sont organisés en prélude à ce congrès. Une centaine de jeunes venus d’une vingtaine de pays dont le Bénin y ont participé. « C’est un investissement pour l’avenir », avait fait remarquer la présidente de l’AAE, Duduzile Myeni, lors de la cérémonie d’ouverture. Le représentant de l’instance africaine des jeunes professionnels – deux par région – a lu à la cérémonie de clôture la déclaration d’engagement. Ils sont prêts à s’impliquer à se donner les armes pour assurer la relève. Le prochain  congrès, le 18ème de l’AAE, est prévu pour février 2016 à Nairobi au Kenya.

February 20, 2014

« Il faut attendre en 2048 pour voir certains pays africains atteindre les OMD pour le volet assainissement et hygiène » Félix Adégnika, Coordonnateur national de Wsscc au Bénin

Felix ADEGNIKA, Coordonnateur national/WSSCC

Felix ADEGNIKA, Coordonnateur national/WSSCC

 

C’est connu. L’atteinte des Objectifs du millénaire pour le développement ( Omd) n’est pas réalisable pour beaucoup de pays africains. Mais ce qui est plus inquiétant, selon le coordonnateur national du Conseil de concertation pour l’approvisionnement en eau et l’assainissement ( Wsscc) au Bénin, Félix Adégnika, il faudra attendre en 2048 pour voir beaucoup pays  réaliser ces objectifs pour le volet assainissement et hygiène.

Le coordonnateur national du Conseil de concertation pour l’approvisionnement en eau et l’assainissement ( Wsscc) au Bénin, Félix Adegnika, nous sommes à une année de l’échéance des OMD. Est-ce qu’il y a des pays de l’Afrique qui seront au rendez-vous des OMD pour le volet assainissement ? 

L’Afrique est en retard par rapport aux Objectifs du millénaire pour le développement (Omd) même si les pays du Nord ont fait des bonds prodigieux. Il y a que 5 pays qui peuvent atteindre les volets assainissement des Omd. Pour le reste des pays, il faut en moyenne en 2048 pour être au rendez-vous des OMD. D’ailleurs si des actions d’envergure ne sont pas entreprises, il faut attendre 2098 pour que d’autres pays réalisent ces objectifs. L’augmentation de la population a été prise en compte dans cette dynamique. Il faut un changement d’approche, un changement de paradigmes.

Les grandes lignes sont déjà tracées. Il faut que l’assainissement devienne  une priorité nationale, dans les ménages, une priorité individuelle. Comment   mettre fin à  la défécation à l’aire libre, briser  les cycles de manque d’assainissement. Il nous faudra adapter l’Assainissement piloté par la communauté (Atpc). Nous ne pouvons pas répliquer l’Atpc de l’Inde en Afrique. Nous avons le cas de Madagascar, l’un des pays les plus pauvres d’Afrique qui a obtenu des résultats encourageants. C’est un pays qui sera un leader en matière d’assainissement. Il faut faire en sorte que chaque ménage puisse avoir une toilette aussi modeste qu’elle soit. Le plus important, c’est d’interrompre la chaîne de transmission des maladies liées aux problèmes d’hygiène et d’assainissement.

Il y a des efforts qui sont faits pour le secteur de l’eau. Le Sénégal est cité en exemple. Mais il nous faut avoir de la durabilité dans tout ce que l’on fait. Le problème, les gouvernements retiennent les chiffres obtenus à moment bien donné. Ils oublient souvent  la conservation  des acquis. La société civile, les journalistes doivent rappeler aux gouvernements que les acquis doivent s’inscrire dans la durabilité.

Le changement de comportements est un défi en Afrique…

Il nous faut un déclenchement institutionnel. Je vous dis y compris les fonctionnaires des ministères, ils pensent que lorsque les problèmes  d’assainissement seront résolus, ils seront au chômage. Il est en de même pour nous les développeurs. Mais il ne faut pas voir pour soi. Il faut regarder l’intérêt général. Il faut inciter les parlementaires à voter des budgets conséquents.

Les fonctionnaires se focalisent sur le ratio,  le nombre d’hôpitaux par rapport à une population donnée. Cela est dépassé. Il faut plus tôt mettre l’accent sur la prévention des maladies, faire en sorte que les personnes n’aillent pas dans les hôpitaux. Nous n’allons pas mesurer le développement par au nombre d’hôpitaux construits. Le développement se mesurera par le nombre de population qui se porte bien.

Quels rôles les collectivités locales doivent-elles  jouer ?

Le niveau le plus pertinent d’intervention ce sont les collectivités locales. Il ne faudra pas que les collectivités locales aillent chercher le retour sur investissement dans le secteur de l’eau où il y a beaucoup plus d’argent. La décentralisation s’appréciera lorsque les populations de l’intérieur ont un accès optimal à l’eau et aux infrastructures d’assainissement et d’hygiène. Les journalistes doivent nous aider à faire comprendre ces enjeux.

       Propos recueillis par  Idrissa SANE ( Envoyé spécial au Bénin)

February 19, 2014

Préservation de la dignité des femmes : 277 villages du Niger introduisent la construction des toilettes dans la dote

Idrissa SANE ( Envoyé Spécial)

La construction des toilettes est une valeur contraignante pour les hommes qui cherchent une femme dans les 277 villages qui ont été certifiés fin  de  la défécation à l’aire libre au Niger. L’approche est un bon exemple à vulgariser pour les autres pays où l’on dénombre encore des milliers de personnes qui ne disposent pas de toilettes décentes.

( Cotonou-Bénin). L’adaptation de l’Assainissement piloté par la communauté (Atpc) fait son chemin en Afrique. Le Niger a apporté une touche assez originale dans la réplication de cette approche importée de l’Inde. Au Niger,  les 277 villages  certifiés fin de la défécation à l’air libre exigent  à l’homme qui cherche la main d’une de leurs filles  de  construire  des latrines chez-lui. C’est une condition non négociable. Cela est aussi un indicateur de la prise de conscience que l’eau, c’est la vie et que l’hygiène, c’est la dignité. « Les 277 villages déclarés fin de la défécation à l’air libre ont institutionnalisé la construction des toilettes chez l’homme qui  prétend épouser  une de leurs filles. C’est une condition déterminante dans le cérémonial des fiançailles. Parce que le gendre  s’assure que sa fille une fois mariée n’aura pas de problème d’accès aux toilettes », explique le président du Réseau nigérian des journalistes pour l’hygiène et l’assainissement, Ousmane Dambadji. Cette valeur contraignante est  pertinente au regard des exclusions dont certaines femmes sont victimes lors de leurs périodes de menstruations. Selon Rokhya Aidara de Wsscc, qui cite un rapport d’une organisation onusienne chaque jour 800 millions de femmes voient leurs règles à travers le monde. La gestion des périodes de menstruations est pourtant un sujet tabou dans beaucoup de pays musulmans. D’une manière globale, les menstruations ne sont pas bien prises en compte dans les approches. C’est à juste raison la jeune fille Gloria Steinem déclarait dans une revue que  « si les hommes pouvaient avoir leurs règles, celles-ci seraient un phénomène masculin  enviable et dont ils s’enorgueilliraient. Ils se vanteraient d’avoir des règles longues et abondantes. Et le congrès financerait un institut national de la dysménorrhée pour enrayer les désagréments menstruels ».

 Ces 277 villages ont été soutenus tout au  long du processus de construction des latrines et de vulgarisation des comportements hygiéniques par Plan Niger. L’organisation poursuit ses efforts dans l’amélioration des conditions de vie des populations surtout vulnérables. Cette expérience fait aujourd’hui l’objet d’une étude par une université américaine.  Cette approche originale a permis un tant soit peu à beaucoup de  ménages des villages qui ne sont pas encore dans le processus de l’Atpc de disposer des toilettes qui ne sont pas du reste  un luxe. Surtout que l’on trouve dans des  familles des zones rurales des personnes qui ont des portables qui coûtent plus cher que la construction des  toilettes. Aujourd’hui, il reste à document cette approche pour voir dans quelles mesures la reproduire afin de donner la chance à plus de ménages de disposer de cette infrastructure.

Dans ce pays, le Réseau nigérian des journalistes pour l’eau et l’assainissement travaille à orienter  une partie de la  Zakhat vers la construction des toilettes au profit des ménages démunis dans les campagnes. « Nous sommes en train de sensibiliser des commerçants au lieu d’offrir de l’argent aux personnes dans la rue, de construire des toilettes dans des villages. Il y a des commerçants qui mobilisent jusqu’à 500 millions de francs Cfa de Zakhat. Si une partie de ce montant est affectée à la réalisation des infrastructures d’assainissement, le nombre de bénéficiaires serait augmenté  », argumente  Ousmane Dambadji.

                                                                                               

 

 

 

 

February 18, 2014

Accès à l’assainissement et à l’hygiène : L’Afrique accuse le retard sur le terrain du changement de comportements

 Par Idrissa SANE ( Envoyé Spécial à Cotonou)

De tous les défis auxquels l’Afrique est confrontée, celui de l’accès à l’assainissement et à l’hygiène est le plus pressant au regard des incidences de l’inaccessibilité de ces services sur la prévalence des maladies, la baisse de la productivité dans les entreprises et dans les administrations. Aujourd’hui plus de 87 % de la population en Afrique au Sud du Sahara des zones rurales  continuent à déféquer à l’air libre.

Des toilettes sur l'eau à So-Ava (Village lacustre)

 

 

 

 

 

Le constat est plus que alarmant. Sur le continent africain, une personne sur 3 n’a pas accès à un assainissement adéquat. Pire, les chiffres des différents organismes concordent sur le fait que 87 % de la population des pays de l’Afrique au Sud du Sahara des zones  continuent de déféquer à l’air libre avec toutes les conséquences sanitaires et environnementales.  « C’est un triste constat qu’environ 87% des populations rurales d’Afrique subsaharienne pratiquent encore la défécation à l’air libre, et que seules 3 personnes sur 10 se lavent les mains à l’eau et au savon aux moments critiques », a souligné le ministre de la Santé publique du Bénin, le Pr. Dorothée Kindé Gazard. Ces statistiques prouvent s’il en besoin de la nécessité pour les pays africains, de déployer plus d’énergie et de dérouler des stratégies pertinentes  pour amener leurs populations à s’approprier des comportements hygiéniques. « L’immense défi à relever  aujourd’hui ne concerne donc pas seulement les équipements et les services d’assainissement ; nous devons également nous préoccuper du changement de comportements de nos concitoyens pour que la santé de tous s’améliore de manière significative et durable », a plaidé l’universitaire, le Pr. Dorothée Kinde Gazard.

Ce plateau sombre  qui est loin d’être exhaustif fonde l’organisation de l’atelier régional de plaidoyer, communication et suivi des engagements Wash par le Conseil de concertation pour l’approvisionnement en eau et l’assainissement ( Wsscc) en partenariat avec le Réseau sous-régional des journalistes Wash (Wash-Jn) et le ministère de la Santé publique . « Le rôle primordial de ce secteur dans la prévention des maladies, la lutte contre la mortalité infantile, l’éducation, l’économie et la réduction de la pauvreté grâce à la responsabilisation est de plus en plus compris», a reconnu  la chef Programme plaidoyer et communication du Wsscc, Amanda Marlin. Il est aujourd’hui admis que la couverture des besoins en assainissement et hygiène a des impacts positifs sur la performance des filles à l’école. « En plus des lieux d’habitations, nous pensons qu’il faut étendre la couverture en assainissement aux écoles, aux centres de santé, aux lieux de travail et aux structures publiques. Car  c’est ainsi que nous pourrons augmenter le nombre de filles qui continuent à fréquenter l’école même après avoir atteint l’âge des règles », a laissé entendre Amanda Marlin.

De la responsabilité des journalistes

L’autre constat est que ces questions ne sont pas abordées de façon régulière par les médias. Ces derniers s’emparent  de ces sujets  lorsqu’il y a des problèmes. Cette approche ne favorise pas les changements de comportements et ne contribue pas non plus à l’éveil de conscience chez les politiques qui ont la responsabilité d’accorder plus de financements à  ce secteur. « Les questions liées à l’eau, à l’hygiène et à l’assainissement de base occupent de plus en plus  une place importante dans le contenu de nos médias. Mais il est vrai que très souvent c’est à l’occasion des catastrophes comme des coupures d’eau que la presse et les journalistes dans leur ensemble se saisissent de ces questions », a fait remarquer  le président de l’Union des professionnels des médias du Bénin (Upm), Franck Kpotcheme. Pour ce dernier, l’atelier de Cotonou sonne comme un appel aux médias et aux journalistes de l’Afrique de l’Ouest de veiller désormais à mettre à l’ordre du jour ces questions et d’amener les patrons de presse à entendre davantage les cris des journalistes spécialistes  en eau et en assainissement. « Il est une évidence que les médias doivent s’approprier des questions d’eau et d’assainissement (Wash) parce que aucun pays ne peut prétendre au développement tant que l’accès à l’eau et à l’assainissement ne sont pas garantis pour tous », a affirmé  Franck Kpotchémè.

Par la suite, le coordonnateur du Réseau sous-régional  des journalistes pour l’eau et l’assainissement (WASH-JN), Alain Tossounon plaide pour un changement d’approche dans le traitement des informations relatives à cette problématique. « Il faut nous remettre en cause, revoir notre manière de faire pour intéresser les lecteurs et les auditeurs. Les sujets sur l’eau, l’assainissement, les toilettes n’accrochent pas. Pourtant les personnes ne se privent pas d’acheter les téléphones portables or elles ne voient pas l’intérêt de disposer des toilettes décentes », a relevé  Alain Tossounon.

Au-delà du changement de comportements, Amanda Marlin prêche le suivi et l’évaluation des efforts et des engagements des gouvernements.

                                            

February 18, 2014

Financement de l’eau et de l’assainissement: Les dirigeants étalent leurs besoins

Paule Kadja TRAORE (Abidjan)
L’Afrique peine à trouver des solutions durables pour la gestion de l’eau et de l’assainissement. Plus de 400 millions de personnes n’ont pas encore à ses commodités. Aussi, pour mettre un terme à cela les dirigeants africains comptent s’appuyer sur les bailleurs de fonds pour combler ce cap.
 La tenue à Abidjan (capital économique de la Côte d’Ivoire) de la 17e Congrès de l’Association africaine de l’eau (AAE) a été l’occasion pour les autorités concernées de soulever auprès des bailleurs de fonds les véritables besoins de l’Afrique en vue de faciliter l’accès à l’eau potable et à l’assainissement à tous.
Aussi, le symposium sur  le thème : « Financement pour un développement durable du secteur de l’eau et de l’assainissement » qui s’est déroulé le premier jour du Congrès a servi de tribune aux dirigeants, professionnels de l’eau et investisseurs de débattre sur les vrais raisons qui bloque l’accessibilité à toute les couches de la population africaine des services de l’eau et de l’assainissement.
Pour le ministre ivoirien des Infrastructures Patrick Achi, les problèmes liés à l’eau va au-delà des financements octroyer par les bailleurs de fonds. «Certes, des milliards sont investis tous les ans pour la gestion dudit secteur, cependant tant que le cout des services alloués aux consommateurs n’est pas revenu à la hausse, le cap sur le financement de l’eau et l’assainissement ne sera jamais combler» soutient M. Achi.
Selon lui, l’Afrique fait face à une urbanisation galopante des villes. Un fait qui doit être accompagné par l’augmentation des équipements l’infrastructure adoptée pour disposer de l’eau de qualité et aussi de bons services d’assainissement.
Abondant dans le même sens, son collègue ministre de l’Urbanisme et de la construction Mamadou Sanago, dira que « les financements de l’eau et de l’assainissement doivent être élevés au rang de priorité, ils méritent d’être dotés de moyens financiers importants afin de pouvoir répondre à l’attente du peuple africain ».
Allant plus loin dans ses propos, M. Sanogo avoue que  «Si beaucoup de pays africains n’atteindront pas l’Objectif du Millénaire de Développement » (OMD) concernant l’eau et l’assainissement, c’est parcequ’ils ne disposent pas de ressources financiers pouvant couvrir leurs besoins pour la gestion de ce secteur».
En guise de réponse, le représentant de la Banque Mondiale, dira que leur structure continuera à accompagner les projets de développements des infrastructures en l’eau et assainissement. Pour assurer le développement durable de ses secteurs, la Banque Mondial compte également financier les projets de renforcements de capacité et de recherche des acteurs.
Pour sa part, Chef exécutif de la Banque Islamique en Afrique Elhadji Bara Diène, a invité les décideurs africains de se rapprocher de son structure en vue de bénéficier des avantages qu’il offre.
D’après, le fait de fonctionner sans taux d’intérêt, mais surtout le fait le mettre un accent particulier sur investissements licites fait de sa boite un partenaire stratégique pour conduire l’Afrique vers le développement durable du secteur de l’eau et de l’assainissement.
February 18, 2014

África: Congresso sobre água e saneamento aberto em Abdjam

Salvador Gome (Abidjam)

Abdjam,17 Fev 14 (ANG)- O primeiro-ministro da Costa do Marfim, Daniel Kablan Duncan abriu hoje em Abidjam, na Costa do Marfim os trabalhos do 17º congresso da Associação Africana de Água, que conta com a participação de 1200 delegados, entre os quais instituições e associações africanas e internacionais ligadas ao sector de água e saneamento.

Kablan Duncan destacou a necessidade de se tomar a consciência de que fornecer água potável e saneamento às populações e faze-las habituar-se às boas práticas de higiene é impulsionar o desenvolvimento do continente africano

“Este desafio confere à associação africana de água um papel primordial de sensibilização das populações, de mobilização dos recursos junto de financiadores para o acesso das colectividades em África à serviços melhorados de saneamento e aprovisionamento em água potável”, disse.

O também ministro da economia, finanças e orçamento da Costa do Marfim recomendou à associação o reforço das suas acções nomeadamente através da cooperação sul-sul para a obtenção de melhores resultados.

E recomendou ainda a diversificação das fontes de financiamento, a inovação da tecnologia e maior implicação do sector privado tanto ao nível de produção assim como na distribuição.

“A cooperação sul-sul nos oferece uma plataforma dinâmica de trocas de experiência , de promoção  de investimentos e de partilha de boas praticas a fim de encontrarmos soluções definitivas  para os desafios técnicos e financeiras que se colocam ao sector de água e saneamento nos nossos países”, sustentou.

A Costa do Marfim acaba de lançar um programa que Daniel Cablan considera ambicioso, devendo para a sua execução serem investidos mais de 400 biliões de francos cfa no domínio de água.

“No total, o governo pretende mobilizar mais de 600 biliões de francos cfa para permitir ao pais alcançar os objectivos mundial em matéria de água potável e saneamento, que visa a redução para metade até de 2015 da população que não tem acesso à água potável e saneamento.

Até quinta-feira dia 20, os participantes vão procurar propostas africanas  de soluções duráveis para a problemática da água e saneamento no continente.

A presidente da Associação Africana de Água, a sul africana, Myene Deduzile mostrou-se contra a importação de soluções para os problemas que o continente enfrente no sector.

“Temos que ter soluções africanas para os nossos problemas, soluções adaptadas as nossas realidades”, propôs.

As estatísticas indicam que 400 milhões de pessoas vivem no continente africano a consumir água de qualidade pouco fiável, e que a falta de saneamento afecta mas de 250 milhões de outras.

Esta tarde, os trabalhos do congresso com o lema “mobilização dos recursos e gestão de água e saneamento em África” prosseguiram com a realização de um simpósio sob o lema, “gestão integrado dos recursos em água e mudanças climáticas”.

Este sub-tema constitui o primeiro dos cinco sub-temas que serão discutidos com vista  a responder as constatações tidas como “alarmantes” relacionadas ao acesso à água potável e saneamento em África.

Para a comunidade dos profissionais e actores do sector trata-se de procura de meios apropriados de acesso para todos aos serviços de água e saneamento no continente africano. (Salvador Gomes, enviado especial da ANG)

 

 

February 16, 2014

Accès à l’eau et à l’assainissement en Afrique : Les experts passent en revue les forces et les faiblesses à Abidjan

 Idrissa SANE (Le Soleil/Sénégal)

Un forum axé sur la mobilisation des ressources et gouvernance dans le secteur de l’eau et de l’assainissement s’ouvre aujourd’hui à Abidjan. Les participants vont identifier les forces et les faiblesses des pays afin de capitaliser les expériences réussies.

 « Mobilisation des ressources et gouvernance dans le secteur de l’eau et de l’assainissement ». Tel est le thème de l’atelier organisé par l’Association africaine de l’eau (Aee) qui s’ouvre aujourd’hui à Abidjan en Côte d’Ivoire. Les acteurs et les professionnels vont faire une radioscopie de ce secteur en proie à toutes les contraintes dans la plupart des pays de l’Afrique où l’on dénombre déjà plus de 300 millions d’âmes qui n’ont pas accès à l’eau potable. « Toute la communauté africaine des professionnels et des acteurs du secteur de l’eau et de l’assainissement se retrouvent à partir de ce lundi à Abidjan pour passer en revue les forces, les faiblesses, les opportunités et les contraintes du secteur de l’eau et de l’assainissement en Afrique », lit-on dans le communiqué parvenu à la rédaction. Selon le président du comité scientifique, Dr. Silver Mugisha, ce forum a pour but de partager des expériences et surtout d’apporter des réponses idoines à la fourniture satisfaisante  des services d’eau et d’assainissement. « Une prise de conscience et la vulgarisation des réformes institutionnelles et de gouvernance, les sociétés africaines d’eau peuvent accélérer le rythme de leur performance pour une meilleure fourniture de services », souligne Dr.Silver Mugisha.

Dans le communiqué, la présidente de Eaa, Duduzile Myeni, a fait savoir que c’est une étape importante dans la mise en œuvre et le renforcement d’une coopération stratégique dynamique.  C’est pour cela  qu’elle invite les participants à trouver, au cours de ce congrès, les moyens d’intensifier le partenariat international et de se concentrer sur l’atteinte des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD).

February 16, 2014

Renouvellement du Comité de direction de L’Association africaine de l’eau : La Sud-africaine Duduzile Myeni rempile à la tête de l’AAE

A. P. Virgil HOUESSOU, Envoyé Spécial à Abidjan

Duduzile Myeni

Duduzile Myeni

Duduzile Myeni reste présidente de l’Association africaine de l’eau (AAE) pour les deux prochaines années. Selon un communiqué de cette organisation, rendue public samedi soir à Abidjan, les membres actifs et affiliés de l’AAE ont décidé de renouveler son mandat jusqu’en 2016. Elue présidente de l’AAE depuis février 2012 à l’Assemblée générale de Marrakech au Maroc, Duduzile Myeni occupe d’importantes fonctions dans son pays où elle conduit la Mhlathuze Water et dirige la South African Association Water Utilities (SAAWU), une association de vingt-un sociétés d’eau d’Afrique du Sud.

Sa reconduction à la tête de l’organisation décision intervient à l’issue de l’Assemblée générale tenue le samedi 15 février 2014 à Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire en Côte d’Ivoire. Elle se tient en prélude au 17ème congrès de l’AAE qui a lieu du 17 au 20 février dans la capitale ivoirienne. Dans sa première déclaration à l’issue cette assemblée générale, elle a précisé que « beaucoup de chantiers ont été exécutés pendant les deux dernières années ». Mais au regard de l’immensité des tâches qui restent à faire, elle invite ses pairs, membres actifs et affiliés à « encore redoubler plus d’efforts » pour des résultats meilleurs. Déjà, en janvier 2014, elle évoquait les enjeux du 17ème congrès  de l’AAE à Abidjan. « Ce rendez-vous biennal sera l’occasion de passer en revue les forces, les faiblesses, les opportunités et les contraintes du secteur de l’eau et de l’assainissement en Afrique », disait-elle. Pour elle, le congrès d’Abidjan est « une étape importante dans la mise en œuvre et le renforcement d’une coopération stratégique dynamique » et doit permettre aux membres « d’intensifier le partenariat international et de se concentrer sur l’atteinte des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD).

Sa réélection est donc une confiance renouvelée dont l’objectif, indique le communiqué de l’AAE, est de « poursuivre les chantiers entrepris pendant le premier mandat de sa gouvernance en tant que présidente de l’organisation composée des sociétés d’eau et d’assainissement d’Afrique ».

 

 

February 16, 2014

17ème congrès de l’Association africaine de l’eau (AAE) : Les professionnels de l’eau discutent de la mobilisation des ressources et de la gouvernance

A. P. Virgil HOUESSOU, Envoyé spécial à Abidjan

Du 17 au 20 février se tient à Sofitel Hotel Ivoire d’Abidjan (Côte d’Ivoire) le 17ème congrès de l’Association africaine de l’eau autour du thème général « Mobilisation des ressources et gouvernance dans le secteur de l’eau et de l’assainissement ».                             

 Toute la communauté africaine des professionnels et des acteurs du secteur de l’eau et de l’assainissement se retrouvent à partir de ce lundi à Abidjan pour passer en revue les forces, les faiblesses, les opportunités et les contraintes du secteur de l’eau et de l’assainissement en Afrique. « C’est un forum d’échanges d’expériences pour résoudre les difficultés des sociétés d’eau à  assurer une fourniture suffisante des services d’eau et d’assainissement », déclare Dr Silver Mugisha, président du comité scientifique du congrès. Pour la présidente de l’AEE, Duduzile Myeni, réélue samedi soir, le 17ème congrès est un rendez-vous continental du « donner et du recevoir ». « C’est une étape importante dans la mise en œuvre et le renforcement d’une coopération stratégique dynamique », ajoute-t-elle. C’est pourquoi elle invite les participants à trouver, au cours de ce congrès, les moyens d’intensifier le partenariat international et de se concentrer sur l’atteinte des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD).

Anciennement dénommée Union africaine des distributeurs d’eau, ex-UADE, à sa création en 1980, l’Association africaine de l’eau (AAE) est une association professionnelle d’organismes, d’entreprises et d’opérateurs exerçant dans le secteur de l’eau, de l’assainissement et de l’environnement en Afrique. Son objectif principal est de développer les capacités professionnelles de ses membres afin de réaliser sa vision d’un accès à l’eau potable pour tous les Africains. Elle rassemble plus d’une centaine de sociétés membres dans quarante (40)  pays en Afrique.

A quelques mois de l’échéance de la réalisation des OMD, l’AAE se mobilise donc. Beaucoup de défis restent à relever dans le secteur de l’eau et de l’assainissement. De nombreux pays africains trainent encore le pas et ne sont pas sûrs de les atteindre. Pour ceux dont les statistiques donnent de l’espoir, il est question de prendre des dispositions pour consolider les acquis au-delà de 2015. Le thème général du congrès, « Mobilisation des ressources et gouvernance de l’eau et de l’assainissement en Afrique », répond à ces problématiques. Le rôle et l’engagement des sociétés africaines d’eau et d’assainissement est grande dans ce cadre. C’est pourquoi Dr Silver Mugisha souligne qu’avec « une prise de conscience et la vulgarisation des réformes institutionnelles et de gouvernance, les sociétés africaines d’eau peuvent accélérer le rythme de leur performance pour une meilleure fourniture de services ». Les échanges entre professionnels au cours du présent congrès vont leur donner les moyens de réussir.

En marge du congrès, se tient également à Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire le premier forum africain des jeunes professionnels d’eau, de l’assainissement et de l’environnement.

 

February 16, 2014

Secteur WASH au Togo : Le gouvernement en passe de relever le défi de l’eau potable

Carole AGHEY (Togo)

Le retard pris par les pays africains et les disparités entre les zones urbaines et rurales en matière de desserte en eau et assainissement est indéniable. Les différentes conférences, rencontres  au sommet et divers rapports l’attestent. L’Afrique a encore du chemin à faire en matière d’eau et d’assainissement. Le Togo ne fait pas exception à ce triste constat.  Il n’en est pas moins vrai que ces rencontres ont permis une prise de conscience des gouvernants.  Aussi,  depuis quelques années de considérables efforts sont faits pour renverser la tendance.

 L’horizon 2015 est en ligne de mire et les Etats même s’ils sont conscients de ne pouvoir atteindre l’objectif N°7 du Millénaire pour le Développement en matière d’eau et d’assainissement, ne ménage pas leurs efforts pour tout au moins réduire les écarts.         C’est le cas des autorités togolaises. « Il est clair que le Togo ne pourra pas atteindre les OMD. Mais beaucoup d’efforts sont faits et sont en cours pour approcher les taux de 2015 » a reconnu M. Bissoune Nabagou, le ministre de l’eau, de l’assainissement et de l’hydraulique villageoise.  Au rang de ces initiatives ont peut citer l’adoption d’un Plan d’Action National pour le Secteur Eau et Assainissement (PANSEA) piloté par le Ministère de l’eau, de l’assainissement et de l’hydraulique villageoise. Le budget 2014  également une nette hausse. Le budget s’équilibre en dépenses et en recettes à 832,7 milliards Fcfa, soit une augmentation de 19,5% par rapport au précédent exercice. Une part belle est faite à  la stratégie de croissance accélérée et de la promotion de l’emploi (SCAPE) qui rafle 616,8 milliards, soit 74,3% du budget. La SCAPE selon les autorités prend en compte prioritairement les infrastructures routières et la restauration des capacités de l’état à fournir les services de base tel que l’eau, l’éducation, la santé et l’assainissement.

C’est dans cette optique que dès le début de l’année, que le ministère de l’équipement rural chargé des questions d’eau, a fait de l’approvisionnement en eau potable des zones non desservies, son cheval de bataille. Les régions de la Kara et des Savanes sont particulièrement touchées par ce problème,  raison pour laquelle avec son partenaire japonais via l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA), le gouvernement togolais a mis en œuvre la construction de forages et de min AEP dans les deux régions. Ces travaux d’achèvement étant de 97,1% à la fin du mois de janvier seront réceptionnés à la fin de ce moi de février. Ainsi 100 forages équipés de pompes manuelles sont achevés et réceptionnés, 05 Mini AEP (Timbou, Nanergou, Naki-Ouest, Tami et Pogno) achevés et réceptionnés pour 33 bornes fontaines et 17 360 ml de conduites posées, 05 Mini AEP (Nano, Bogou, Yembour, Barkoissi et Sagbiébou) sont en cours d’achèvement pour 36 bornes fontaines et 17 917,4 ml de conduites posées.

Mais à terme le projet JICA vise la réalisation de 100 nouveaux forages équipés de pompes manuelles dans la région des Savanes ; la réhabilitation de 50 anciens forages dans la région maritime et la réalisation de 10 mini AEP dans la région des Savanes. Dans le même sillage, c’est le temple du savoir de la région de Kara, l’Université de Kara qui en proie à de récurrent problème en matière de desserte d’eau qui bénéficie de la construction d’un château d’eau. Celui-ci de 25m3 permettra à terme de définitivement résoudre le problème sur ce site.

Ces actions du gouvernement prouvent à suffisance que des efforts sont faits mais la route est encore longue. Le Taux national de desserte en eau demeure encore faible, il est de 44% (soit 48% en milieu rural, 37% en milieu semi-urbain et 42,5% en milieu urbain). La  volonté politique qui est la seule à même de booster le secteur WASH ne répond pas encore présente comme cela se doit. Mais gageons que la lancée sur laquelle elle se trouve actuellement ne faiblira pas pour le bien-être des populations.

 

 

February 16, 2014

Engagements du secteur WASH: Le Sénégal piétine dans l’assainissement

 Jacques Ngor SARR (Sénégal)

L’Etat du Sénégal s’est engagé à consentir des efforts en s’investissant dans une politique de l’eau potable, axée sur une série de réformes successives concernant  trois générations visant à améliorer l’accès et la qualité du service destinés aux populations. Des avancées significatives en termes de performances du secteur ont été notées, confirmées par les différents acteurs le mois dernier lors d’un atelier d’évaluation des performances et de la planification du ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement. Le Coordonnateur du Programme eau potable et Assainissement pour le millénaire (PEPAM) Amadou Diallo a renseigné à cet effet que «pour le milieu rural nous sommes à 81,2%, alors que pour le milieu urbain, il nous reste un demi point à atteindre. Pour l’assainissement, le Sénégal est de 35,6% en milieu rural et le taux en milieu urbain est de 64%. Donc, les difficultés se trouvent au niveau de l’assainissement où nous ne pouvons pas atteindre les OMD en 2015», a expliqué Amadou Diallo. Concernant la gestion des ressources en eau, il a signalé un important plan d’action qui est mis en œuvre depuis 2007 et qui a également atteint « des résultats encourageants». « Nous sommes en train de réviser le Code de l’eau, et nous avons aussi proposé des solutions pour la redynamisation du Conseil supérieur de l’eau et du Comité technique de l’eau en matière de gestion intégrée des ressources en eau», a signalé M. Diallo. Ce dernier déclare qu’ «au niveau régional, nous sommes en train de dérouler une très grande hydro-diplomatie à travers l’OMVS. C’est l’occasion de revoir tout ce que nous sommes en train de mettre en œuvre avec les autres pays en termes de production d’hydro-électricité mais également d’amélioration de la navigation sur le fleuve Sénégal», a-t-il indiqué. «Il faudrait que nous puissions également, au niveau sectoriel, revoir notre feuille de route pour essayer d’aller au-delà de 2015. Et ça se prépare tout de suite. Nous avons déjà identifié un programme de presque 1,3 milliard de francs CFA pour l’ensemble des secteurs», a-t-il révélé.

OMD quasi-atteints pour le sous-secteur de l’Hydraulique mais hors de portée pour l’assainissement

 Ces performances sont notées dans le «7e revue annuelle sectorielle conjointe»  du Programme eau potable et Assainissement pour le millénaire (PEPAM) de 2013, qui révèle que les OMD sont quasi-atteints pour le sous-secteur de l’Hydraulique avec 89,5% mais sont désormais hors de portée pour l’assainissement. Des progrès nets sont notés pour l’hydraulique aussi bien en milieu rural qu’en milieu urbain. Par contre pour le sous-secteur de l’assainissement, une légère hausse est enregistrée pour le rural contre un recul de l’indicateur en milieu urbain. Pour ce qui concerne le traitement et dépollution en milieu urbain, la revue montre que de 2004 à 2012, le taux de traitement est passé de 19% à 41,5% et a connu un avancement de 22,5 points en 8 ans. Il est cependant très en dessous de 8 points de l’objectif intermédiaire de 2012 fixé à 49,5%. Le taux de dépollution des eaux usées est passé de 13% en 2004 à 30,3 % en 2012 et a connu un avancement de 17,3 points en 8 ans. Il est en dessous de 5,2 points de l’objectif intermédiaire de 2012 fixé à 35,5%. Si rien n’est fait, il surviendrait un déficit de 9,5 points en 2015 pour le taux de traitement et de 7,4 points pour le taux de dépollution.

Ces avancées ont été mises en évidence dans un rapport réalisé par l’organisation transparency international, par l’entremise de sa section sénégalaise, le forum civil,  sur «la gouvernance dans la fourniture des services d’eau potable au Sénégal : cartographie des déficits de transparence et d’intégrité». L’étude rendue public au mois décembre 2013, montre qu’au Sénégal, les taux d’accès en eau potable ont évolué de façon significative avec une nette tendance vers l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), si cette dynamique et les efforts sont maintenus. Mais selon le rapport, ces performances ainsi notées cachent d’énormes disparités liées à la position de la zone géographique (Sud et l’Est du pays défavorisés), à la nature de certains quartiers (usagers des quartiers irréguliers privés d’abonnement au service d’eau faute de titres de propriété); au type d’approvisionnement en eau (usagers Borne fontaine (BF) payent l’eau près de quatre fois plus cher que les usagers d’eau courante dans certaines localités) des usagers considérés. Le défi de la qualité du service est également à relever surtout en ce qui concerne la qualité de l’eau.

 

February 9, 2014

GUINAW RAILS, MOUSDALIFA… : Des ménages ploient sous le poids de la vidange des fosses septiques

(Idrissa SANE)

Dans les quartiers précaires  de Guinawrails et de Djeddah Thiaroye Kaw, situés dans la banlieue dakaroise, des ménages sont pris dans le cercle continuel de la vidange des fosses septiques. La remontée de la nappe phréatique et l’absence de raccordement au réseau d’eaux usées qui obligent des familles aux revenus modestes à débourser en moyenne  15.000 francs Cfa par mois pour garder propres leurs toilettes.  

Photo Idrissa

 

 

 

 

 

 

Juste après les rails, nous sommes à Guinawrails. Un   quartier populeux de la banlieue dakaroise. Des femmes étalent des légumes, des poissons, des ballots de friperie jusqu’aux rebords des chemins de fer. L’endroit fourmille comme une ruche. Pourtant le soleil vient à peine de poindre au-dessus de nos têtes ce dimanche, 2 février 2014, à 10 heures. En face de la pharmacie Thiaroye, les eaux usées couvrent la chaussée sur plusieurs mètres. Ces flaques permanentes sont la face visible de l’inexistence d’un réseau d’assainissement, dans ce quartier précaire où vivent des ménages aux revenus modestes. Nous enjambons, une dalle construite pour protéger les maisons contre les eaux de ruissellement.  A peine10 mètres, deux garçons, l’un à coup de pelles remplit des seaux avec du sable. L’autre les achemine à l’intérieur de la concession. Le propriétaire est dans l’éternelle contrainte  de dallage.  Au bout, d’un angle, les carreaux blancs, verts des rebords de ces toilettes cachent une autre obligation  du père de famille, Birane Gning. « Il nous arrive de vider trois fois nos fosses septiques dans le mois. Le tarif de vidange varie entre 7.500 francs Cfa, 8.000 francs Cfa. C’est donc des dépenses de plus parce que nous sommes obligés de nous s’acquitter d’autres charges », confesse le père de famille. Derrière ce mur latéral de l’est, une maison abandonnée. Les eaux de pluies virent à la couleur verte. Des typas colonisent une bonne partie des lieux. « Depuis 2005, nous avons de l’eau ici en permanence, ce qui fait que la nappe remonte tout temps et nous oblige à vider continuellement nos fosses », explique le chef de ménage, la villa numéro 113. Son voisin, a une petite maison sur la berge d’une mare intérieure. De teint noir, les épaules larges, Moussa Diallo, une lavandière de profession, est dans le cercle de la vidange continuelle. « Nous n’avons pas le choix ; si nous ne vidons pas nos fosses, nous exposons nos familles aux maladies. Nous essayons toujours de négocier avec les vidangeurs et les propriétaires de camion. Je paie entre 6.000 et 5.000 francs parfois même 3000 francs », s’exprime Moussa Diallo. Sa maison fait face à la villa 081. La cour de celle-ci imbibée. Vous m’avez pas besoin d’être un hydrologue pour conclure de la nappe est affleurante. Le maîtres des lieux, les yeux derrière les lunettes sombres sort de son salon. C’est un homme géant et avant. En tendant le bras, il dit : « vous voyez, j’ai dû investir construire deux fosses, et faire des parois très solides pour me soustraire du fardeau de la vidange. Mais c’est un problème commun dans ce quartier du fait qu’il y a plusieurs maisons abandonnées envahies par les eaux ». Sur cette ruelle sinueuse, bordée d’habitats précaires, les vendent par là, des pains avec des sauces  de Nibé, de spaghetti, de macaroni, d’autres font des linges sur la route. Après les deux rares étages perdus aux milieux des habitats précaires, Janette Mendy enveloppée dans un pull-over bleu prend un bain du soleil. Depuis quelques jours, elle et d’autres locataires sont contraints de supporter l’odeur nauséabonde de leurs fosses septiques qui vomissent leur contenu. « Le propriétaire de la maison ne vit pas ici. Ce sont les locataires qui cotisent à raison de 1700 francs Cfa par personne pour avoir la somme de 10.000 francs Cfa pour vider la fosse. C’est trop gênant de demander à chaque fois un locataire de payer pour la vidange », se désole Janette Mendy. Le vent glacial qui souffle sur Guinawrails pousse quelques résidents à venir dans cet espace dégagé pour profiter des rayons du soleil. Saliou Ndiaye, debout son enfant dans ses bras  a préféré nous amener chez-lui, sur la véranda les eaux usées sortent des orifices et des fissures de l’ouvrage d’assainissement. L’odeur est ambiante. Les marches menant vers les toilettes sont recouvertes d’une fine couche noirâtre d’eaux usées « Vous voyez, la fosse est remplie. Nous la vidons 2 fois chaque mois et nous payons 10.000 francs Cfa pour chaque vidange », confesse, Saliou Ndiaye. Nous revenons sur nos pas. La voiture laisse derrière lui, Guinawrails et nous dépassons la police de Thiaroye et nous empruntons une pénétrante sableuse. Elle est le versant des eaux usées domestiques. Le quartier de Djeddah Thiaroye Kaw  n’a pas aussi de réseau d’assainissement. Les deux bassins séparés par un terre-plein auraient pu donner un visage attrayant à ces agglomérations. Ce sont de vrais lacs intérieurs. Hélas ! L’absence d’un système d’évacuation des eaux usées a poussé d’autres riverains à donner une autre vocation à ce site. Certains diront qu’ils n’ont pas le choix. « Nous sommes contraintes de nettoyer à longueur de journée nos toilettes parce l’eau remonte la surface, donc même après usage, l’eau ne s’infiltre pas. Nous passons beaucoup de temps à les rendre propres. C’est un vrai travail pour nous les femmes », ajoute Déane Manga, trouvée chez-elle, en train d’écailler les poissons auprès des toilettes.

February 3, 2014

Vols des plaques en fonte et des grilles avaloirs au Sénégal : Quand l’Etat fait face à l’incivisme des populations

Idrissa SANE (Sénégal) 

La fréquence des vols des plaques en fonte et  des grilles avaloirs n’est pas retombée. L’Office national de l’assainissement du Sénégal (Onas) est pris dans la contrainte du renouvellement récurrent de ces couvercles aux frais de l’Etat et du contribuable sénégalais. Cette occurrence de ces actes inciviques est symptomatique de l’attitude peu cathodique que certains ont vis-à-vis du bien public.

Des ouvriers emmitouflés dans des tenues bleues discutent accoudés ou assis dans les pick-up près du bassin de traitement  tertiaire, de la station d’épuration de Cambérène. D’un moment à l’autre, ils seront sur le terrain. Pour intervention. A chaque jour, son lot d’interventions. Au premier étage, de ce bâtiment, Abidine Diakahté fait face à son ordinateur, avec un brin de sérénité qui trahit les dures réalités du secteur qu’il gère. Quelques minutes plus tard, un élément vient lui rappeler les réparations  à faire près  d’une mairie. La vie de ses éléments est rythmée par des interventions. « Le vol de plaque des regards se poursuit. C’est un phénomène qui prend de l’ampleur parce que c’est une matière  qui est revendue depuis que le marché de la ferraille a été ouvert au Sénégal  », dévoile le chef de service de la région de Dakar Abidine Diakahté.

Le technicien parle de cette problématique avec préoccupation. Des quartiers comme la Médina ont une réputation peu enviable. Cette agglomération détient la triste  palme de renouvellement des plaques et des avaloirs. « Dans ma zone, je renouvelle en moyenne 3 plaques par semaine. Dans le quartier de la Médina, vous pouvez changer une plaque aujourd’hui et revenir le lendemain voir que celle-ci est enlevée parce que nous avons un réseau unitaire qui est vétuste. On l’ouvre souvent pour mettre des eaux usées et des ordures », renseigne le technicien.

Une grille avaloire qui est au milieu de la chaussée coûte 126.000 francs Cfa l’unité alors que la plaque en fonte installée  sur  les accotements est facturée à 85.000 francs Cfa l’unité. Mais qui paye ces pots cassés ? « Le coût des renouvellement est supporté par l’Etat et par les Sénégalais par les impôts. Le vol des avaloirs peut être à l’origine de la destruction des cardans des voitures, par inattention, des personnes peuvent se briser des jambes », regrette le technicien, Abidine Diakhaté.

L’autre vocation du réseau des eaux usées

Sur le tableau, une carte donne une vue globale du réseau  de Dakar. L’Office national de l’assainissement du Sénégal ( Onas) a un réseau linéaire de 600 km d’eau usée et à chaque 30 mètres, il y a un regard fermé avec une plaque en fonte. Dans plusieurs quartiers de Dakar, certains Sénégalais ont donné d’autres vocations au réseau d’évacuation des eaux usées. « Chaque mois, nous curons au moins 18 km de notre réseau à cause des obstructions. Beaucoup de personnes déversent des ordures dans les conduites », énumère Abidine Diakhaté. Le curage est facturé à 1500 francs Cfa par kilomètres carrés. Si ce chiffre est aux yeux de certains modiques, le cumul depuis la création des réseaux usés aidera à évaluer le tribut que certains font payer à l’Etat et à d’autres Sénégalais. Dans la rue, comme à Yarakh, Boubacar Diallo, s’alarme de l’attitude de ceux  qui ne se soucient pas du bien public. « Ce n’est pas normal que d’autres cherchent à se faire de l’argent sur le bien public. Ce n’est pas aussi juste que des Sénégalaises et des Sénégalais transforment des conduites en dépotoirs d’ordures. Ce sont des comportements qu’il faut dénoncer », pense Boubacar Diallo.

Dans le huppé quartier des Maristes, les résidents ont l’air pressé. Des résidents  cherchent  à prendre au plus vite un bus, ou un taxi pour vaquer à ses préoccupations. Ici, les rares interlocuteurs indexent le manque de civisme. « Chacun  dit que c’est un bien public donc il se désintéresse. Il est temps que l’on change », estime Sabir Sow, à travers ses lunettes sombres.

En réponse aux vols, l’Onas a déposé des plaintes dans plusieurs commissariats à travers l’étendue du territoire national. Certains fautifs ont été traduits en justice. La réflexion est en cours pour trouver des solutions durables. Des plaques composites seront introduites.