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October 11, 2017

Lancement du Fonds ANE du programme OmiDelta : La page « Affaire PPEA II » désormais tournée

Alain TOSSOUNON (Cotonou, Bénin)

Après le fonds de transition Eau, la coopération néerlandaise dans le secteur de l’eau et de l’assainissement qui a connu des moments difficiles avec l’affaire PPEA II, est relancée avec le lancement  jeudi dernier du Fonds des Acteurs Non Étatiques du Programme de financement néerlandais OmiDelta. Géré par la SNV, ce fonds est destiné à soutenir la société civile  et le secteur privé actifs dans le secteur  à travers un appel à projets dans les domaines de l’Approvisionnement en Eau Potable, Hygiène et Assainissement (AEPHA), la GIRE et la Gouvernance afin d’améliorer l’accès, l’utilisation et la durabilité des services.

Quand l’accès à l’eau potable est encore un luxe au Bénin

Avec le lancement le jeudi 5 octobre 2017 à Azalai Hôtel de Cotonou du Fonds des Acteurs Non Etatiques (ANE) qui marque la mise en œuvre effective du Programme OmiDelta financé par l’ambassade du Royaume de Pays-Bas, l’affaire PPEEA II qui a ébranlé le secteur de l’eau et de l’assainissement au Bénin en 2015, est définitivement conjuguée au passée. Ce lancement intervient après la mise en œuvre du programme Fonds de transition Eau qui a permis d’assurer l’accès à l’eau potable à près de 170.000 personnes dans 21 communes. Juste après, le gouvernement du Bénin a signé avec l’Ambassade du Royaume des Pays-Bas, un accord de coopération pour la mise en œuvre d’un nouveau vaste programme dénommé OmiDelta pour garantir l’accès de tous à l’eau et l’assainissement et assurer une gestion durable des ressources en eau.

Au cours de cette cérémonie qui a connu la participation de toutes les Organisations de la société civile et des acteurs du secteur privé actifs dans le secteur, la directrice de la SNV Bénin-Burkina, Jeannette  de Regt a justifié l’initiative du programme OmiDelta. Soutenant qu’il est inconcevable qu’en 2017, de milliers de personnes vivent encore sans accès à l’eau surtout des petits enfants qui meurent à cause d’un manque de qualité de l’eau, elle s’est réjoui du lancement du fonds ANE qui constitue le 2e guichet de ce programme. « Ce programme vient corriger cette injustice », a-t-elle signalé avant de souligner l’importance de la contribution des Organisations de la société civile (Osc) dans ce secteur vital pour les populations. Appelant tous à baser la collaboration qui doit régner entre la SNV et les OSC sur la confiance, elle a salué la présence du ministre en charge de l’eau, Dona Jean-Claude Houssou qui témoigne de l’engagement du gouvernement pour ce secteur. Pour l’Ambassadeur des Pays-Bas au Bénin, Harry Van Dijk, « partout dans le monde, il est démontré que la gestion de l’eau et les services d’approvisionnement d’eau potable, d’hygiène et d’assainissement atteignent des résultats durableS seulement si les différents acteurs collaborent et assument des responsabilités qui collent bien à leurs missions ». Dans son intervention, il a rappelé également l’importance des Acteurs Non Etatiques (ANE) dans le secteur avant d’indiquer que l’accompagnement du programme de financement néerlandais OmiDelta se fait à travers travers trois instruments : le Fonds Acteurs Etatiques géré par la Caisse Autonome d’Amortissement, le Fonds Acteurs Non-Etatiques géré par la SNV et l’Assistance Technique gérée par le consortium COWI – Royal HASKONINGDHV. Selon l’ambassadeur, ce programme qui vient après le PPEA II et le fonds transitoire, vise essentiellement à travers l’ensemble des trois instruments, à desservir en eau potable  500.000 personnes, à assurer à 1.000.000 de personnes  un accès aux services d’assainissement et de promotion de l’hygiène  et à faire bénéficier à  600.000 personnes d’une meilleure gestion des ressources en eau dans la basse vallée, notamment le delta de l’Ouémé. « Sans vouloir être prétentieux, OmiDelta voudrait aussi promouvoir/contribuer à l’emploi et à la participation des jeunes et des femmes aux décisions », a préciser l’ambassadeur  avant d’insister sur la nécessité de prendre en compte la durabilité des résultats du programme. Il faudra aussi bien gérer les ressources du programme a martelé l’ambassadeur tout en rappelant « les moments durs » que le secteur a connu ces dernières années.  Selon son intervention, cette gouvernance transparente et intègre des ressources recherchée passera par  le renforcement de la coopération entre la société civile et le gouvernement. Pour le gouvernement représenté par le Ministre chargé du secteur de l’eau, le lancement de ce fonds ANE pour les OSC revêt une importance particulière. Car, soutient le Ministre Dona Jean-Claude Houssou, l’accès à l’eau et aux services d’hygiène et d’assainissement est l’un des secteurs prioritaires du Programme d’Actions du Gouvernement (PAG). Arguant que 3 des 45 projets de ce PAG sont consacrés au secteur de l’eau, il a également ajouté que ces projets sont soutenus par des réformes dont la création de l’Agence destinée à la réalisation des ouvrages en milieu rural. Faisant remarquer que la stratégie du programme OmiDelta cadre bien avec celle su gouvernement qui ambitionne d’atteindre l’accès universel à l’eau d’ici 2021, il a indiqué que dans ce contexte, « aucun appui ne sera de trop ». En terminant ces propos, il a recommandé que dans la réalisation des ouvrages, trois choses soient rigoureusement prises en compte : la qualité, l’implication des communautés pour une meilleure appropriation et les compétences qui doivent être au cœur des interventions.

Le ministre en charge de l’eau Jean-Claude Houssou,entouré de l’ambassadeur des Pays-Bas (extrême droite), de la directrice de la SNV et du représentant du ministère du cadre de vie

Au cours de la séance, les participants ont suivi des exposés sur la présentation de OmiDelta Fonds ANE, le cadre logique et de suivi-évaluation, les procédures administratives et financières. Des échanges, on retient que les points d’intérêt des acteurs présents sont relatifs à la cohérence avec les réformes en cours notamment la création de l’Agence, la nécessité d’une synergie avec les Acteurs Etatiques, les informations sur le cadre de suivi, le respect des stratégies nationales dans le secteur, la valorisation des ressources en eau, la sélection des acteurs…A toutes ces préoccupations, le staff technique de la SNV appuyé par le Directeur général de l’eau (DGEau) ont rassuré les uns et les autres quant à la synergie avec tous les acteurs et la complémentarité avec le guichet étatique qui seront recherchées. La séance a pris fin avec la proposition d’un sous-comité constitué des représentants de la SNV, CANEA, DGEau, DNSP, INE, ANCB, PNJEA et du Comité du bassin de l’Ouémé.

 Le fonds ANE en quelques mots

D’un montant de 14.750.000 Euro pour une durée allant de 4 à 5 ans pour la période 2017-2021, le Fonds des Acteurs Non Etatiques (ANE) fait partie des trois guichets du Programme OmiDelta financé par l’Ambassade du Royaume des Pays-Bas au Bénin. Il vise à financer les Organisations de la société civile active dans le secteur de l’eau et l’assainissement afin d’améliorer l’accès, l’utilisation, la qualité et la durabilité des services d’Approvisionnement en Eau Potable, Hygiène et Assainissement (AEPHA). Egalement, ce fonds est destiné à opérationnaliser la Gestion Intégrée des Ressources en Eau (GIRE) et il prend en compte des aspects transversaux tels que le Genre, la jeunesse, les changements climatiques et la promotion de la gouvernance et de l’intégrité dans le secteur de l’eau et de l’assainissement. Ce projet ambitionne d’impacter au moins 150.000 personnes pour la fourniture de services d’eau durables de qualité, au moins 275.000 personnes pour les services d’hygiène et d’assainissement et 300.000 personnes pour la GIRE dans le Delta de l’Ouémé. Il revient aux OSC, ONG, au secteur privé et aux institutions de recherche non gouvernementale, nationale et internationale de soumettre des propositions de projets au financement du fonds. Les thèmes prioritaires sont :  la promotion de l’hygiène et de l’assainissement, l’amélioration du service public de l’eau, l’amélioration de la gestion des eaux usées et excréta, l’amélioration de l’accès à l’eau potable et aux services d’hygiène et d’assainissement (AEPHA) ; la valorisation des ressources en eau, la résilience et l’adaptation de la population aux changements climatiques (GIRE) ; la promotion de la gouvernance dans le secteur AEPHA, la gouvernance des ressources en eau dans le sous-bassin de la Basse Vallée de l’Ouémé.

 

 

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March 4, 2015

Ateliers national et régional sur l’économie et la gestion des écosystèmes humides et la sécurité alimentaire : Sauver les zones humides de la dégradation

Alain TOSSOUNON (Bénin) 

Le panel d'experts au cours des échanges

Le panel d’experts au cours des échanges

Après l’organisation en novembre 2014, des ateliers national et régional sur l’économie et la gestion des écosystèmes humides et la sécurité alimentaire avec le soutien de UNESCO-IHE, l’IUCN et plusieurs organismes et partenaires locaux (UAC, ABE, PNE…), le Réseau des Journalistes du Bénin pour l’Eau et l’Assainissement (RJBEA) a dans le cadre de l’initiative Café Média WASH, invité des experts pour partager avec le acteurs des médias, les résultats et recommandations de ces deux grandes rencontres. Face aux journalistes, le panel d’experts constitué, a   alerté l’opinion sur  l’état de dégradation de nos zones humides et  l’urgence d’agir  pour  une gestion durable de ces écosystèmes indispensables pour assurer la sécurité alimentaire.

 

Avant  de partager les  conclusions des deux ateliers, les experts sont revenus sur les objectifs poursuivis par ces rencontres qui ont mobilisé plusieurs participants que sont les étudiants-chercheurs, formateurs chercheurs, les cadres administratifs et techniques mais aussi des organisations de la société civile qui militent pour la sauvegarde de l’environnement au Bénin.

Pour le premier atelier, il s’agissait d’aider les participants à appréhender les concepts et les fondements de l’économie et du développement des zones humides, échanger sur la dynamique des écosystèmes humides, leurs fonctions et leurs services et se familiariser  avec les outils de développement de l’économie des écosystèmes humides et particulièrement l’économie agricole de ces écosystèmes. Pour le deuxième atelier à caractère régional, qui a réuni des participants venus du Bénin, du Togo, du Ghana, de la Guinée, du Sénégal, du Burkina Faso, de la république Démocratique du Congo, du, Mali, de la Côte d’Ivoire, et des formateurs provenant du Mexique et des Pays-Bas, l’objectif  était  d’identifier les services écosystémiques qui permettront  d’établir des règles de pratiques qui contribueront à soutenir les politiques  de gestion durable des Zones Humides au niveau local, en réponse à l’accroissement de la pression anthropique.

L’un des temps forts de l’atelier régional a été la visite du complexe lac Nokoué-lagune de Porto-Novo, le plus grand lac du Bénin avec une superficie de 150 Km2. Une visite d’étude aura permis  aux participants, de toucher du doigt la réalité de cette zone humique et  de cerner les aspects socio-économiques de son exploitation. Elle a également permis aux participants d’appréhender les services éco systémiques et de recueillir la perception des acteurs locaux et des populations locales.

Mais face aux médias, les experts ont apporté leur éclairage sur ce qu’il convient d’appeler zones humides et surtout, leur état actuel. Sans détour, ils ont signalé que les zones humides dans notre pays connaissent un état de dégradation avancé.

En effet, si elles ne sont pas envahies par les populations  pour l’agriculture, elles sont fortement polluées et subissent une gestion incontrôlée.  C’est le cas du lac  Nokoué qui selon l’enseignant-chercheur Flavien Dovonou, connait des problèmes de pollution dus à sa proximité avec le marché Dantokpa, le manque d’assainissement au niveau de la cite lacustre Ganvié, le transport des hydrocarbures… « Aujourd’hui, le lac Nokoué est pollué et ses sédiments aussi comme les poissons, huitres et autres », se désole-t-il. Les techniques de pèche pratiquées sont aussi nuisibles à cette ressource a ajouté le directeur général de l’Agence béninoise pour l’environnement (ABE), Edmond Sossoukpè.

Au niveau de la vallée de l’Ouémé, les constats sont les mêmes.  Avec une forte pression anthropique, l’enseignant-chercheur a indiqué que « les ressources s’amenuisent et l’environnement  est en pleine dégradation ». « Il faut absolument renverser cette tendance à la dégradation de nos zones humides », soutient-il.

Car, les zones humides qui sont un réservoir  de la biodiversité  contribuent à la lutte contre l’insécurité alimentaire, en particulier dans les pays ou les ressources en eau sont très limitées.

Une vue partielle des journalistes

Une vue partielle des journalistes

Comme solution, il convient de recourir à l’approche de Gestion Intégrée des Ressources en Eau (GIRE) qui de par ses principes, propose une gestion qui prend en compte tous les acteurs et tous les besoins en vue de leur satisfaction.

L’un des grands centres d’intérêt de ces rencontres a aussi été le partage des outils d’évaluation des écosystèmes. Parce que, soutient le Dr Fabien Hountondji, « connaitre la valeur des zones humides permet de connaitre les options de développement pour les pays ».

Aujourd’hui que les problèmes sont connus et que notre pays s’est engagé sur la voie de la GIRE,  il convient que tous les acteurs se mobilisent pour que l’approche de gestion adoptée de nos ressources en eau soit effective. Pour le professeur Euloge Agbossou, si nous voulons développer notre agriculture, il faut maîtriser et dompter l’eau ». Et cela n’est possible que si la GIRE ne devienne pas la chose la mieux partagée de tous.

 

RECOMMANDATIONS ET PERSPECTIVES DES ATELIERS

  • Les recommandations formulées à la fin des ateliers portent notamment sur :
  • les besoins de renforcement de capacités sur l’économie des écosystèmes humides à travers l’organisation d’ateliers thématiques ;
  • les perspectives d’application de l’économie des écosystèmes dans l’enseignement et dans les politiques, stratégies et plans de développement des écosystèmes humides;
  • la dynamisation de la recherche vers une évaluation des services éco systémiques à travers les formations diplomantes postuniversitaires et le développement de collaboration dans le développement de l’économie des écosystèmes.
  • Perspectives

– Actualiser toutes les zones humides potentielles du Bénin

– Cartographier ces zones humides

– Développer des méthodologies adéquates à la valorisation des zones humides du Bénin

– Evaluer les services écosystémiques de nos zones humides

– Former les journalistes spécialisés dans le fonctionnement des zones humides.

 

 

 

 

February 28, 2014

Mission d’information sur le Projet « Eau pour la croissance et la réduction de la pauvreté » : Le président Abel Afouda satisfait de l’intérêt porté au projet par le Bénin

Le président du Partenariat Ouest-africain de l’Eau (Gwp/Ao), Abel Afouda, a effectué une mission d’information au Bénin du 26 au 28 Février dans le cadre du Projet « Eau pour la croissance et la réduction de la pauvreté dans le sous-bassin transfrontalier du Mékrou ». Les échanges avec les autorités des divers ministères impliqués ont été très fructueux selon ses déclarations à la presse hier, 27 février au cours d’une interview.

Béatrice Koumènougbo (Bénin)

Abel Afouda, Président du GWP/AO

Abel Afouda, Président du GWP/AO

Les autorités béninoises ont porté un grand intérêt aux échanges avec le président du Partenariat ouest-africain de l’eau, Abel Afouda, dans le cadre de la mission d’information sur le projet « Eau pour la croissance et la réduction de la pauvreté dans le sous-bassin transfrontalier de la Mékrou ». Dans une interview accordée à la presse, hier, 27 Février, il a expliqué les objectifs du projet et exprimé sa satisfaction quant à la disponibilité et l’écoute des autorités béninoises.

En effet, le président du Partenariat Ouest-africain pour l’eau a rencontré les autorités et cadres des ministères en charge de l’agriculture, de l’enseignement supérieur, de l’eau, de l’environnement. «Les échanges ont été très fructueux » a-t-il déclaré. Il a estimé que cet intérêt manifeste des autorités béninoises contribuera à une bonne mise en œuvre du projet au Bénin. Le 1er responsable du partenariat ouest africain de l’eau est revenu sur l’importance du projet.

Le projet « Eau pour la croissance et la réduction de la pauvreté dans le sous-bassin transfrontalier de la Mékrou », a été initié par le Partenariat mondial de l’eau et  soutenu financièrement par l’Union Européenne. Il sera mis en œuvre dans trois pays que sont le Bénin, le Burkina-Faso et le Niger. Selon Abel Afouda, ce projet permettra d’améliorer  les connaissances en matière de ressources en eau  au profit des populations, des maires et décideurs.  Le président du Gwp/ Ao a rappelé que l’eau c’est la vie. A cet effet, il est important de maîtriser la ressource eau pour éviter les catastrophes telles que les inondations. Pour illustrer l’importance du projet, il a rappelé les inondations qui ont lieu régulièrement dans le nord du Bénin. Selon lui, si les populations étaient suffisamment informées, elles prendraient les mesures nécessaires pour éviter les désagréments. C’est le cas des agriculteurs qui ont besoin de l’information nécessaire sur la ressource eau pour mieux planifier  leur production. Il est donc important d’informer non seulement les populations mais aussi les maires et autorités concernées. Ce projet permettra aux maires de mettre l’eau dans leur Plan de développement communal et aux décideurs, d’intégrer les programmes liés à l’eau dans les plans de développement. Abel Afouda a estimé que c’est un projet qui a de l’avenir étant donné que sa finalité est la réduction de la pauvreté à travers une meilleure connaissance des ressources en eau dans ce sous-bassin transfrontalier.

Interrogé sur la prochaine étape en ce qui concerne la mise en œuvre du projet, Abel Afouda a indiqué qu’après l’étape de l’information, le projet sera lancé au cours d’un atelier qui se tiendra à Ouagadougou en Mars 2014. Des ateliers  suivront dans tous les pays pour informer les populations et les décideurs. La première année du projet sera couronnée par la signature de convention pour une gestion harmonisée de la ressource eau entre les pays concernés.