Archive for ‘WASHnews’

May 19, 2016

Pêche au Bénin : Vers le renouveau 

Alain TOSSOUNON (Bénin) 

Face à  la surpêche et aux problèmes  préoccupants de dégradation des écosystèmes aquatiques, d’utilisation des engins de pêche non sélectifs, le Bénin s’est doté en 2004, d’une Loi-Cadre sur la pêche et l’aquaculture. Un instrument juridique qui porte aujourd’hui l’espoir des acteurs de voir cette activité renaître.

Un pêcheur sur un plan d'eau

                 Un pêcheur sur un plan d’eau

Au Bénin, la pêche ne nourrit plus son homme. Cette activité qui occupe plus de 600 000 personnes de façon directe comme indirecte et contribue au PIB jusqu’à hauteur de 3% est en perte de vitesse. Le poisson devient rare dans les eaux continentales et marines béninoises au grand désarroi des pécheurs.  « Sans vous mentir, il n’y a plus de poissons dans les plans d’eaux. Les ressources sont en train de disparaître. L’activité de pêche est au ralenti », se désole le président de la Fédération nationale des acteurs de pêche du Bénin (FENAPECHE), David Hounguè.

Aujourd’hui, les pêcheurs sont obligés d’aller plus loin et de faire de gros efforts avant d’avoir une petite quantité de poissons. Une situation que confirme que le Directeur de la production halieutique à la Direction des pêches, Antoine Gaston Djivèdo. « Dans les années 1980 à 1990, les pêcheurs vont et reviennent plus vite de la pêche avec une grande quantité de poissons. Ce qui n’est pas le cas de nos jours. Aujourd’hui, les pêcheurs fournissent plus d’effort pour n’avoir que peu de poissons », souligne-t-il.

Les causes de la rareté des produits halieutiques sont pourtant bien connues de tous et surtout des pêcheurs qui sont  les principaux acteurs.  En dehors de la démographie galopante, il s’agit principalement, de l’utilisation des techniques prohibées de pêche et de la pollution des plans d’eau.  « Nous utilisons les engins que nous ne devons pas utiliser. Nous allons chercher les poissons dans leur dernier retranchement. Nous ramassons tout sur notre passage, petits comme grands poissons », se confesse le président de la Fédération nationale des acteurs de pêche du Bénin (FENAPECHE), David Hounguè. Ainsi, de façon unanime,  les pêcheurs pointent du doigt l’utilisation des filets « mèdokpokonou », qui sont des filets à petites mailles et même des moustiquaires pour la pêche. Sur les lacs, on retrouve aussi des rangées d’acadja sur plusieurs hectares. Au niveau de la pêche marine, la situation n’est guère reluisante. Contrairement aux années antérieures, le métier de pécheur est devenu difficile. Car, il faut aussi aller loin dans la mer  pour « attraper » du poisson. Mais, pour les acteurs notamment le  président de l’Union nationale des pêcheurs marins, artisans et assimilés du Bénin (UNAPEMAB), Victor Louis Amétépé, la construction de ports au niveau des eaux togolaises n’arrangent pas les pêcheurs situés au niveau des côtes béninoises, (dans les environs de Grand-Popo). Parce que, explique-t-il, les côtes béninoises reçoivent beaucoup d’eaux. Une situation pas favorable aux pêcheurs qui, envahis par ces eaux, sont obligés de se déplacer. De plus, au niveau de l’embouchure de Xwlacodji, les pêcheurs continentaux ont pris d’assaut les espaces de pêche réservés aux pêcheurs marins avec leurs engins prohibés et ramassent les alevins et autres petits poissons.

L’avènement de la Loi salué par tous les acteurs 

Face à cette situation alarmante, la Direction des pêches qui pendant longtemps a sensibilisé les pêcheurs sur ces mauvaises pratiques, est restée impuissante faute de Loi.

En effet, avant l’avènement de la Loi-Cadre adoptée par l’Assemblée Nationale le 06 juin 2014 et promulguée par le Chef de l’Etat le 07 août 2014, les textes qui régissaient le secteur étaient désuets. C’est pourquoi, avec la nouvelle Loi, les acteurs nourrissent l’espoir de voir la pêche renaître de ces cendres. Dans leur ensemble, les pêcheurs saluent l’adoption de cette Loi surtout pour les sanctions désormais prévues pour combattre les mauvaises pratiques. « Je pense que la nouvelle loi qui a été promulguée arrangera beaucoup de choses. Désormais,  «quiconque sera pris en flagrant délit d’utilisation de techniques interdites ou de pêche sans autorisation en répondra », signale le président David Hounguè. Parlant de sanctions,  l’article 112 qui condamne l’utilisation des engins prohibés pour la pêche de poissons et crevettes immatures, prévoit un emprisonnement de 3 à 12 mois avec une amende de 500.000 à 3 millions de francs CFA. Egalement, l’une des mesures importantes est l’avènement des permis de pêches qui permettra d’assainir le secteur.  Pour les associations des pêcheurs, c’est une bonne mesure et les pêcheurs qui ont été impliqués dans le processus d’adoption de cette Loi promettent de s’y conformer. Car, soutient David Hounguè, « si l’Etat ne prend pas ses responsabilités, des pêcheurs ne pourront plus aller pêcher en toute liberté ». Et au directeur de la production halieutique, Antoine Gaston Djivèdo de conclure : « Avec le vote de cette loi, le Bénin s’engage pour une pêche durable, une gestion des plans d’eaux de sorte à satisfaire les besoins de pêche d’aujourd’hui et assurer les besoins de l’avenir ».

 

 

 

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April 29, 2016

Plaidoyer sur l’hygiène et l’assainissement : Les journalistes de l’Afrique de l’ouest renforcent leurs capacités à Dakar

Alain TOSSOUNON (Dakar)

Photo de famille des participants

          Photo de famille des participants

Depuis le 25 avril 2016 se tient à  Dakar au Sénégal, un atelier de renforcement de capacités des hommes et femmes des médias membres du Réseau des journalistes de l’Afrique de l’ouest pour l’eau, l’hygiène et l’assainissement (WASH-JN). Organisée par WaterAid, une organisation mondiale qui s’est illustrée ces dernières années dans la transformation des vies des communautés les plus pauvres en améliorant l’accès à l’eau potable et a l’assainissement, cet atelier a permis  aux journalistes de mieux s’outiller dans le combat pour une meilleure priorisation du secteur de l’eau et de l’assainissement dans l’agenda de développement des pays de la sous-région.

Aujourd’hui, près de la moitié de la population mondiale qui n’a pas accès à des sources améliorées d’eau potable vit en Afrique subsaharienne et 700 millions de personnes de la région n’ont pas accès à des services d’assainissement. L’Afrique subsaharienne a les taux de couverture les plus bas. Une situation qui occasionne la mort de quelque 180.000 enfants de moins de 5 ans chaque année, soit à peu près 500 par jour à cause de maladies diarrhéiques imputables au manque de services d’eau, d’assainissement et d’hygiène (WASH).

Face à cette situation préoccupante, le plaidoyer pour une meilleure priorisation de l’assainissement et de ressources apparait comme une arme efficace pour apporter les changements. C’est l’objectif de cet atelier qui vise à maintenir la dynamique et aider à collecter les preuves nécessaires pour de meilleures actions d’influence sur le financement de l’assainissement dans la sous-région.  Mais, aussi cet atelier est destiné à doter les participants de connaissances sur les Approches basées sur les droits humains et les approches d’engagement citoyen qui leur seront utiles pour l’influence et la gouvernance du secteur (WASH) et notamment l’assainissement.

En ouvrant l’atelier le premier jour, Le Directeur régional des programmes en Afrique de l’Ouest  pour WaterAid, Joe Lambongang, a salué la mobilisation des journalistes pour cet atelier et surtout  rappelé les enjeux des nouveaux Objectifs du développement durables (ODD) pour les pays de la sous-région.  Pour lui, si le travail à accomplir est « immense », les ODD exigent des journalistes et des agents de développement plus d’engagement. En se référant à la stratégie mondiale dont la vision est que chacun doit avoir l’accès à l’eau et à l’assainissement partout où il est d’ici 2030, il a invité les acteurs des médias à contribuer à la réalisation de cette vision.  Pour terminer, il a lancé un appel aux journalistes qui doivent   rechercher des informations crédibles pour pouvoir influencer les politiques et surtout travailler avec passion. « Partout où vous êtes, …vous pouvez changer le monde », a-t-il s’est-il adressé aux journalistes.

Au cours de l’atelier, les participants ont suivi plusieurs présentations sur les progrès et avancées du secteur eau, hygiène et assainissement en Afrique de l’ouest, les grands défis du secteur, l’approche basée sur les droits humains, la communication et la recherche de données…Surtout, les participants ont partagé par pays leurs expériences et études de cas, et fait des exercices pratiques sur la collecte d’informations et de preuves nécessaires pour une efficacité en matière de plaidoyer et d’influence en faveur de l’assainissement.

Egalement, une visite de terrain a été organisée sur deux sites afin d’amener les participants à mieux appréhender la problématique de la pollution de la baie de Hann par les eaux usées et chimiques et celle du manque d’eau et d’assainissement dans Guédiawaye, une région de la ville de Dakar.

Au total, avec les réflexions sur les approches et outils de plaidoyer d’assainissement, sur la documentation, le rapportage, les participants repartent bien affûtés pour un plaidoyer efficace pour un accès de toutes les populations de l’Afrique de l’ouest à l’assainissement.

April 5, 2016

Gestion des ressources hydriques : De la nécessité de jeter les ponts de coopération sur les eaux partagées

Idrissa SANE (Dakar/Sénégal) 

 Le premier Ministre, Mahammed Boun Abdallah Dionne a lancé un appel pour construire les ponts de coopération sur la gestion des eaux partagées. Il a présidé ce mardi 5 avril 2016 le panel mondial sur l’eau et paix.

Les membres du panel au cours de la rencontre

Les membres du panel au cours de la rencontre

L’eau la source de stabilité. Le premier Ministre du Sénégal, Mahammed Boun Abdallah Dionne invite à l’amorce d’un virage où les pays vont jeter des ponts de coopération sur les ressources hydriques partagées. Le chef du gouvernement a fait ce plaidoyer le mardi 5 avril lors de l’ouverture du Panel mondial sur l’eau et la paix créé en novembre 2015 à l’initiative de la Suisse et d’autres pays comme le Sénégal. « Il s’agira d’amorcer un partenariat mondial visant à faire de l’eau un instrument de paix et non une source de potentiels conflits et crises », a lancé le chef du gouvernement qui était entouré par l’ancien président de la Slovénie, Danilo Turk,  du président du Groupe stratégique et prospectives, Sundeep Waslekar et du ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement du Sénégal, Mansour Faye.  Face aux incertitudes qui pourraient naître de la rareté de cette ressource, il serait judicieux selon le premier Ministre de sensibiliser les décideurs sur les rapports entre l’eau et la paix. C’est tout le sens qu’il faudra donner à l’engagement du président de la République d’introduire pour la première fois cette problématique au Conseil de sécurité de l’Onu. Il est impérieux d’entreprendre une initiative politique de haut niveau pour  plus de prise de conscience de la corrélation entre l’eau et la paix. « C’est le sens qu’il faut donner à la décision du président de la République de son Excellence, Macky Sall d’introduire la thématique eau, paix et sécurité dans l’agenda du Conseil de sécurité des  Nations Unies », a évoqué le chef du gouvernement.  Cette volonté politique est fondée sur l’occurrence des conflits et des crises qui sont directement ou indirectement liés à la gestion ou à la rareté de cette ressource. Selon les statistiques des institutions internationales 70 foyers de tension dans le monde ont pour racine la répartition ou la gestion des ressources hydriques entre les pays ou au sein des pays. Déjà en 1995, la Banque mondiale attirait l’attention de la communauté internationale en ces termes : « le pétrole a été à l’origine  de nombreux conflits lors du  siècle écoulé, ainsi l’eau sera la source des conflits dans le siècle à venir ». Cette prédiction alarmiste est malheureusement confirmée par  les Nations Unies. Aujourd’hui plus que par le passé, les conditions sont  plus favorables pour que l’eau déclenche plus de crises et de conflits et jette des milliers de personnes sur le chemin de l’émigration.

L’eau, une nouvelle arme de guerre

L’humanité doit s’attendre à des flux migratoires de l’ordre de 150 à 200 millions de personnes entraînés par des pénuries du liquide précieux. « La dialectique paix et eau ne date pas certainement d’aujourd’hui. Cependant elle est assurément plus prégnante dans le contexte actuel où la raréfaction  de l’eau semble être inéluctable du fait des changements climatiques et de la rareté de l’eau et de l’accroissement démographique », a estimé le premier Ministre. A ces facteurs, les intervenants ajoutent les foyers de tension, le terrorisme à travers le monde. Les groupes terroristes se servent déjà cette ressource comme une arme de guerre pour mettre la pression sur les populations et sur  les camps adverses. « Entre 150 et 200 millions de personnes devraient migrer à cause des pénuries d’eau d’ici à 2050. Il s’y ajoute que l’eau et les infrastructures sont utilisées comme une arme de guerre lors des conflits armés et des attaques terroristes », a relevé le chef du gouvernement.  La résolution de ces problèmes passe aussi par l’actualisation des textes juridiques afin d’avoir des instruments qui vont prendre en aval les obstacles à la gestion concertée des eaux partagées. « Nous devons œuvrer  au renforcement  du régime juridique international  pour protéger des ressources hydriques en particulier dans des zones en conflit. Ainsi nous apporterons une contribution de l’objectif  6 ODD lié à la sécurité de l’eau », a préconisé Mahammed Boun Abdallah Dionne. En tout état de cause, l’ancien président de la Slovénie, Danilo Turk estime qu’il faut aller vers des solutions concrètes pour prévenir les crises. Il a lancé : « Il faut comprendre les efforts mais aussi il faut résoudre les problèmes ».

 

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April 5, 2016

Sundeep Wasleker, Pdt Stratégique Foresight Groupe: « La pression sur l’eau menace la stabilité entre les pays »  

Idrissa SANE (Dakar/Sénégal)

L’Etat du Sénégal va abriter du 5 au 6 avril, le panel mondial sur l’eau et la paix. Le président Strategic Foresight, Sunder Waslekar qui a décliné les enjeux de cette rencontre a affirmé que les compétitions pour  l’accès à l’eau menace la stabilité des pays.

Sundeep Wasleker, Pdt Stratégique Foresight Groupe

Sundeep Wasleker, Pdt Stratégique Foresight Groupe

Quel est le champ d’intervention du Groupe Stratégique de prévoyance ?

Le Groupe stratégique de prévoyance est un Think Tank. Il mène des réflexions sur les questions liées à la gestion de l’eau  notamment  la prévention des conflits. Nous travaillons dans plus de 50 pays. Nous avons trois essentiels axes d’intervention à savoir, la prévention des conflits liés à la gestion de l’eau, la diplomatie de l’eau et sur les grandes technologies pouvant atténuer les conflits. Notre stratégie a été présentée et appréciée au parlement européen, au parlement de la Grande Bretagne, au parlement de l’Inde ainsi qu’à la Banque mondiale. Le Groupe a été créé en 2002 mais c’est à partir de 2010 que nous avons commencé à travailler sur  la diplomatie de l’eau. Nous n’avons pas d’ingénieurs hydrogéologues et hydrauliciens dans le groupe, cela peut amener des personnes à se poser les questions pourquoi travailler sur les questions de l’eau ? Nous sommes partis du constat que la pression exercée sur l’eau, cumulée avec l’augmentation de la population et par conséquent de la demande aura des impacts réels sur la paix et la sécurité à travers le monde.

Sur quoi vous vous fondez pour faire de telles prédictions ? 

Nous avons exploité plus de 1000 études depuis 2008. Il est apparu de façon nette et claire, que la sécurité, le bien-être des populations, et l’accès à l’eau seront des grands défis au cours des prochaines années. Il a été noté qu’il y aura de plus en plus de compétitions, de conflits pour l’accès à cette ressource qui va se raréfier. En outre, au cours des 20 dernières années, tous les Secrétaires généraux des Nations Unies ont recommandé aux Etats d’anticiper sur les impacts que les compétitions pour l’accès à l’eau pourraient avoir  sur la stabilité et sur la paix. Mais force est  de reconnaître que rien n’a été fait jusqu’ici. Or l’accès à cette ressource peut être la source d’instabilité et d’insécurité.

Est-ce que les sources d’eau ne sont pas menacées dans des pays en conflit ?

L’Etat islamique a la mainmise sur beaucoup de sources d’eau en Irak et en Syrie. Il utilise ces eaux comme un moyen de pression, soit pour forcer les jeunes des zones qui n’ont accès à regagner leurs rangs  soit pour  contraindre  les populations privées à adhérer leur idéologie. L’eau est devenue par la force des choses une arme de guerre. Aujourd’hui, cela se passe en Irak et en Syrie. Qu’est-ce qui exclut que cela peut se passer en Afrique de l’Ouest. Qu’est-ce qui dit que les groupes terroristes au Mali ne peuvent pas être tentés d’attaquer le barrage de Manantali. Les sources d’eau et les infrastructures d’eau, les conduites ne sont pas à l’abri des attaques de nos jours.

 Pourquoi le choix du Sénégal pour  abriter le Panel mondial sur l’Eau et la Paix ?

Plusieurs raisons expliquent le choix du Sénégal pour abriter ce Panel soutenu par la Suisse et parraine par plusieurs pays. D’abord, c’est ici que nous avons l’exemple le plus abouti de la coopération des pays sur la gestion partagée de la ressource. L’OMVS est un exemple de coopération, de renforcement de la stabilité entre les pays. Le partage de cette ressource de l’eau du fleuve sénégalais est unique au monde. Ensuite, lors de la première assemblée Tenue en Suisse, le Sénégal a demandé à accueillir la deuxième rencontre. Enfin, le Gouvernement du Sénégal s’est engagé à porter des recommandations de ce panel à l’Assemblée générale des Nations Unies. Le Sénégal sera membre du Conseil de sécurité au mois janvier. Nous saluons à cet effet l’engagement du président de la République, Macky Sall et de son gouvernement. Durant cette rencontre, nous allons passer en revue les exemples réussis de la coopération sur les eaux partagées et sur les bassins fluviaux transfrontaliers. Nous  examineront également  les cas d’échec de ces coopérations à travers le monde. Sur la base de cette analyse globale, nous proposerons des recommandations.  Nous pensons déjà qu’il faut des institutions et mettre en place des fonds pour des pays qui décident de collaborer pour la gestion des eaux partagées et encourager les autres pays. Nous pensons que les conflits liés à l’eau sont plus politiques que l’accès même à cette ressource. Si nous parvenons à régler des conflits politiques, nous aurons fait plus de la moitié du travail.

Propos recueillis par Idrissa SANE

 

 

 

 

April 4, 2016

Accès à l’eau potable des populations du monde rural : Le 7ème Forum du RWSN se tient à Abidjan en novembre prochain

Alain TOSSOUNON (Cotonou/Bénin) 

Véritable rendez-vous des acteurs s’investissant pour l’accès du monde rural à l’eau potable, le 7ème Forum du Rural Water Supply Network (RWSN) se tiendra du 29 novembre au 1 décembre 2016 à Abidjan (Côte d’Ivoire).  Avec plusieurs sessions plénières et des sessions parallèles de présentations ainsi que des ateliers interactifs et des présentations de posters, de photographies, d’illustrations et de courts-métrages, le forum offrira l’occasion au monde de l’eau de l’eau potable en Afrique, de partager leurs expériences, succès et échecs  et surtout, de se mobiliser pour l’atteinte des   Objectifs de Développement Durable (ODDs) en milieu rural et dans les petites villes. Plus de 650 participants du monde entier sont attendus pour l’édition 2016 qui sera entièrement bilingue (français et anglais).

Une femme d'un village du Bénin prenant de l'eau dans un puits Photo (PNE)

Une femme d’un village du Bénin prenant de l’eau dans un puits Photo (PNE)

Sur 10 personnes n’ayant pas accès à des sources améliorées d’eau potable, 8 d’entre elles vivent dans les zones rurales (2015 JMP). L’accès à l’eau potable en milieu rural est très en retard par rapport au monde urbain.  En plus, en milieu rural, la fourniture des services d’eau connait plus souvent des dysfonctionnements privant ainsi les communautés du liquide précieux. On estime qu’un système d’eau  sur trois en milieu rural ne fonctionne pas de manière adéquate dans les pays en voie de développement. Une préoccupation qui sera une fois encore au cœur du 7ème Forum RWSN.

Moment unique de retrouvailles de tous les acteurs qui militent pour l’eau potable pour tous en milieu rural, le forum RWSN permet de « mettre l’accent sur l’apprentissage et le partage des connaissances, et sur les aspects pratiques plutôt que politiques ». Les participants attendus à cette table ronde d’échanges sont des professionnels et des praticiens du secteur de l’approvisionnement en eau en milieu rural. Egalement, les  dirigeants politiques  sont conviés au Forum, pour un bouillon d’échanges sur les solutions idoines pour sortir le monde rural de l’angoisse de la soif. .

Prévu pour durer trois jours, le forum reste un évènement spécial dont le contenu est décidé par les participants qui sont appelés à  présenter leurs expériences  ou les travaux de leurs recherches sous différentes formes (article, poster, film, photo, stand à l’expo ou séminaire sponsorisé).

Les thèmes retenus pour les travaux qui seront soumis sont relatifs à la durabilité des services d’eau pour les petites villes et en milieu rural, l’égalité, la non-discrimination et l’inclusion, le développement durable des nappes phréatiques souterraines, l’accélération de l’auto-approvisionnement, la cartographie et le suivi, l’approvisionnement en eau rurale dans le contexte humanitaire et de développement.

Tous les professionnels  de tous types d’organisations et de tous niveaux peuvent soumettre leurs contributions. Des entreprises d’eau aux ministres de gouvernements en passant par les chercheurs ou les professeurs d’université, c’est tous les acteurs qui sont concernés. Pour les organisateurs, le Forum permet d’ « aborder les problématiques d’actualité en matière de recherche, de politique et de pratique afin d’insuffler une nouvelle énergie aux partenariats existants et d’en créer de nouveaux ».

Un appel à contributions est ouvert jusqu’au 30 avril 2016.

Pour tous ceux qui désirent participer : Allez sur le lien suivant: http://rwsn7-fr.net/participer/inscription/. Tous les participants peuvent bénéficier du tarif réduit (500 €)  pour toute inscription avant le 30 juin 2016.

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April 1, 2016

MOMAR POUYE, ANCIEN PRESIDENT DE LA COMMISSION ENVIRONNEENT DE LA MAIRIE DE MBAO : « Il faut appliquer le principe du pollueur-payeur»

Youssou Bodian (Dakar-Sénégal)

Il a été au-devant de tous les combats menés par les populations de cette ville fortement frappée par la pollution industrielle. Un engagement qui a valu à cet écologique des démêlés avec la justice à plusieurs reprises dont un séjour à la maison d’arrêt et de correction de «Reubeuss ». Entretien avec un militant convaincu prêt à jeter ses dernières forces dans la bataille pour la survie de sa communauté.

Pollution petit Mbai

Comment en est-on arrivé à ce niveau de pollution des eaux à Petit Mbao?

D’abord je tiens à préciser que l’installation des populations a précédé de très loin celle des usines.  Quand l’Etat a décidé de mettre en place la zone franche industrielle, il était prévu un centre de traitement des déchets liquides toxiques avant qu’ils ne soient jetés en mer ou réutilisé pour le maraîchage. Mais le projet a fait long feu. La structure qui n’a jamais fonctionné a été finalement démontée par des voleurs qui ont vendu les pièces détachées aux ferrailleurs. Ce qui fait que les déchets liquides sont directement  jetés en mer sans le moindre traitement.  Le marigot a été aussi agressé par des promoteurs immobiliers qui l’ont enseveli pour y construire des maisons avec la complaisance des autorités locales et étatiques. On a mené des luttes avec toutes les franges de la population pour attirer l’attention sur le fléau mais en vain.

Quelles sont les impacts de cette pollution ?

La forêt a subi des désagréments parce que même les arbres les plus robustes ont péri petit à petit. La nappe phréatique complétement polluée a occasionné des rejets qui ont contribué à toute activité d’élevage et d’agriculture. Il n’est plus possible de cultiver ni de pêcher dans la zone donc tous les jeunes ont émigré vers la petite côte et la Casamance. Il y a aussi que le marigot qui était source de vie pour l’écosystème a été complétement pollué de telle sorte que les zones de pêche qui en découlaient ont été anéanties.

On peut même dire que l’espérance de vie a baissé parce qu’en milieu Lébou, les gens ont été toujours robustes parce que nourris de produits naturels provenant essentiellement de la mer. Mais avec la pollution, tout ce qui contribuait à la longévité des populations a disparu. Le constat est qu’actuellement au niveau de Petit Mbao, il n’y a que de «jeunes vieux» au lieu de personnes âgées. Les maladies respiratoires liées à la consommation d’une eau impropre ont accéléré les choses.

Quelles sont selon vous les solutions pour sauver Petit Mbao de la pollution ?

Il faut appliquer le principe du «pollueur-payeur» comme ça se passe dans les pays développés. Toutes ces industries basées dans la zone franche doivent mettre la main à la poche pour la dépollution de la zone souillée. Mais aussi la mise en place d’un système qui va permettre de traiter tous leurs déchets liquides avant qu’ils ne soient déversés en mer où dans un autre endroit non loin des habitations. La taxe pour la dépollution devra aussi permettre de réparer tous les dégâts causés depuis des années avec des impacts néfastes sur la santé des populations, et sur l’environnement.

 

April 1, 2016

EAUX USEES, DECHETS TOXIQUES, NAPPE PHREATIQUE POLLUEE : Petit Mbao agonise à cause des usines de la zone franche

Youssouph Bdian (Dakar Sénégal)

Petit Mbao, commune située à une vingtaine de kilomètre de Dakar, agonise lentement sous le poids des déchets liquides toxiques. Le village lébou créé vers 1444 est devenu le réceptacle des eaux polluées déversées par les nombreuses usines implantées dans la zone franche industrielle. Le canal du «mal» empoisonne depuis près de quatre décennies la vie d’une population désorientée qui continue à assister impuissante à la dégradation de son cadre de vie et au dérèglement d’un mode de vie longtemps rythmé par la pêche et l’agriculture. Deux activités de survie qui ont brutalement disparus au grand désarroi d’une population qui se débat pour rester en vie.

Usine Petit Mbao

A première vue, Petit Mbao Peulh est une cité calme et paisible. En cette matinée de lundi du mois de mars, le quartier, comme bercé par les vagues qui échouent à une dizaine de mètres des habitations, se réveille petit à petit. Sur un terrain vague au milieu de la cité, des enfants courent derrière un ballon qui, de temps à autre, va heurter un mur ou une porte d’une des bâtisses qui continuent à pousser comme des champignons dans ce quartier populaire habité depuis plusieurs années. Des mômes bruyants dont les cris se mélangent par moment aux hurlements des sirènes et autres machines des usines dont la plus proche est celle des ICS (Industries chimiques du Sénégal). De loin, on aperçoit ses grandes sphères d’acide phosphorique qui plombent dangereusement les habitations. Le nuage de fumée qui s’y échappe réduit la visibilité sur un rayon de près de 200 mètres.

L’horizon est invisible et incertain, à l’image de l’avenir de ces enfants dont la bonne humeur et le trop plein d’énergie contrastent avec le danger. Ils le côtoient quotidiennement au péril de leur vie et de celle d’une centaine de personnes qui meurent à petit feu dans ce coin oublié. Cette bourgade est bâtie sur du sable mouvant argileux, où par endroit on s’embourbe comme pour signaler aux visiteurs qu’il ne faudrait surtout pas s’aventurer pendant  l’hivernage dans ce quartier qui se transforme en marre à crapauds. Mais le plus grand danger ici reste le lac, une mare de 150 m2 qui jouxte le mur de clôture des ICS.  Plus on s’en approche, plus l’air devient de moins en moins respirable. Les narines sont fortement agressées par un mélange d’odeurs provenant des eaux toxiques d’une puanteur refoulant.

«C’est ainsi depuis la mise en place, en 1994, de la zone franche industrielle qui accueille plusieurs usines»,  confit l’air dépité et impuissant le chef de quartier de Petit Mbao Peulh. En effet, à deux cent mètres des habitations, on aperçoit dans le brouillard les installations des Industries chimiques de Sénégal  et d’autres installations industrielles qui tournent à plein régime. Toutes ces usines déversent leurs déchets liquides dans la mer à travers un canal qui vomit à une dizaine de mètres de la plage abandonnée, une eau noirâtre d’une odeur irrespirable. Avec l’effet du vent, l’odeur arrive jusque dans les maisons où la vie est souvent impossible.

«Il y a des jours où on est obligé de fermer portes et fenêtres pour échapper à l’odeur nauséabonde que même l’encens ne réussit pas à chasser quand le vent est très fort», lâche Tony Gueye, la trentaine, qui a déménagé à Petit Mbao dans la nouvelle maison de ses parents depuis moins de deux ans. Devant leur belle bâtisse R+1 peinte en beige, nous sommes vite rejoints par une jeune fille apparemment très intéressée par le sujet de notre conversation. Son nom Marianne.

Petite sœur de notre interlocuteur, elle a tenu elle aussi à jeter son grain de sel. L’air fatigué, le pagne négligemment noué, elle déclare : «Nous étions très heureux quand on a déménagé dans ce quartier en apparence très calme, mais on a très vite déchanté».

Au-delà de la forte odeur qui indispose, cette étudiante déplore le fait que les jeunes du quartier ne puissent pas profiter de la plage pourtant très proche, mais fortement souillée par les eaux polluées déversées par le tuyau considéré comme l’origine du mal vivre de toute une communauté. Le calvaire dure depuis plus de vingt ans avec des conséquences sanitaires, écologiques et économiques qui étouffent de jour en jour Petit Mbao.

 

Ici la pêche et l’agriculture se conjuguent au passé

 

Depuis près de cinq cent ans, les populations de Petit Mbao, majoritairement Lébous, ne vivaient que de pêche et d’agriculture. Mais aujourd’hui, ces activités ne sont plus d’actualité. Tout est parti de l’implantation de l’usine des ICS en 1978. Suivront ensuite plusieurs autres industries parmi lesquelles l’usine de tannerie «Sentha». Ainsi va naître la zone franche industrielle qui a fini par bouleverser la vie de milliers de personnes.

Un tour à la plage permet de constater l’ampleur des dégâts. Quelques pirogues sont abandonnées par endroit sur ce quai très animé dans le passé à cette heure de la journée. Mais aujourd’hui clairsemé, car juste quelques jeunes assis en petit groupes conversent bruyamment. «Tous nos jeunes qui sont majoritairement pêcheurs ont migré vers Mbour, Joal, Cayar, Kafountine… La mer ici est très polluée, ce qui fait que les poissons ont fui et ceux qui restent ne sont pas consommables», explique Momar Thioune. L’ancien responsable de la Commission environnement de la commune de Mbao se souvient avec beaucoup d’amertume de cette époque d’abondance qu’a connue son village natal. Sauf qu’aujourd’ui, les populations sont obligées d’aller acheter du poisson dans les autres localités. Ce qui était inimaginable dans le temps, selon notre interlocuteur.

L’agriculture et l’élevage qui étaient aussi des activités pratiquées dans le village ont disparu. La nappe phréatique polluée ne favorise plus la pratique du maraîchage qui fournissait le village en légumes. A Petit Mbao Peulh par exemple, aucun arbre ne pousse et le cheptel qui était jadis abondant a disparu, d’après le délégué de quartier, qui confie leurs bœufs, moutons et chèvres sont morts un par un  à force de boire l’eau polluée du lac.

 

April 1, 2016

THIAROYE : De fournisseur d’eau potable à pollueur d’environnement

Paul Kadja Traoré (Dakar Sénégal)

Situé dans la ville de Pikine, en pleine banlieue, la commune de Djiddah Thiaroye Kao est caractérisée par son manque de système d’assainissement adéquat.
Bâtie sur la nappe phréatique de Thiaroye dans la zone dite «Des Niayes de Dakar», selon l’universitaire, Saïdou Ndao, spécialiste des projets de Développement durable, c’est à partir de 1970, que cette nappe fut fortement pompée pour l’alimentation en eau potable de Dakar. Peu à peu, ces terrains en périphérie de la capitale se sont asséchés et ont accueilli une très forte croissance urbaine induite par les déguerpissements des habitants du centre-ville et par l’exode rural dû à la sécheresse. «Cette urbanisation s’est faite sans planification, ni réseau d’assainissement. De ce fait, les rejets d’eaux usées et de déchets, provenant d’une population périurbaine croissante ont pollué ces nappes phréatiques qui sont devenues impropres à la consommation. Les pompages ont été diminués, rehaussant ainsi leur niveau et provoquant d’importantes inondations à chaque période hivernale», confie le professeur.

Saïdou Ndao a tenu à insister sur le fait que pendant longtemps, l’alimentation en eau potable de la région de Dakar a été assurée par les forages de Thiaroye. Mais, explique-t-il, «l’avancée du biseau salé a amené les autorités étatiques à instruire l’arrêt de ces forages. Cette déconnexion a non seulement entrainé une baisse de la production en eau potable dans la zone, mais elle y a aussi favorisé la récurrence des inondations du fait de la remontée de la nappe. Ces inondations récurrentes ont donné naissance à une autre forme de pollution : la nitrification des eaux de la nappe de Thiaroye».

Poursuivant, il dira : «Ce phénomène de nitrification a des causes multiples et variées liées essentiellement à un manque d’étanchéité des fosses septiques, à la présence d’un foirail et d’un cimetière dans la zone. Leur communication directe avec la nappe affleurant n’est pas sans conséquences sur l’environnement immédiat». En effet, ajoute le professeur «la teneur de la nappe en nitrate a atteint des proportions inquiétantes, dépassant largement la norme de potabilité de 50 mg/l fixée par l’Oms. Par conséquent, cette eau est devenue inutilisable à la consommation humaine, mais utilisable dans l’irrigation.

April 1, 2016

ABSENCE D’ASSAINISSEMENT A DJIDAH THIAROYE KAO : Quand la population cohabite au quotidien avec les eaux usées

Paul Kadja Traoré(Dakar Sénégal)

Bâtie sur la nappe phréatique de Thiaroye, la commune de Djiddah Thiaroye Kao connaît un sérieux problème d’assainissement. Depuis maintenant plusieurs années, la population de la localité souffre de sa cohabitation avec les eaux usées.

Thiaroye

Impossible de rester quelques minutes dans les différentes ruelles de la commune de Djiddah Thiaroye Kao. En effet, dans presque toutes les ruelles des 21 grands quartiers qui constituent la commune, un énorme trou servant de canal est creusé pour contenir les eaux usées en provenance des fosses septiques des maisons du quartier. L’odeur nauséabonde qui s’y dégage rend l’endroit infréquentable. «Cette situation infernale dur depuis de nombreuses années, renseigne Codou Fall, une vieille dame qui vit au quartier Lansar. Pour éviter des maladies respiratoires, nous sommes obligés de verser quotidiennement de l’eau de javel dans tous les coins de la maison». Au quartier de Ainoumane 3, le constat est le même : eaux usées et ordures ornent le décor. Une situation qui, visiblement, ne dérange plus personne dans ce quartier. C’est le cas du jeune Demba Fall, trouvé assis tranquillement dans son atelier de menuiserie avec ses apprentis, en train de déguster son verre de thé, malgré l’odeur fétide qui fusse de partout. «Je suis né et j’ai grandi dans ce milieu il y a une trentaine d’années. Chaque jour, nous vivons cette situation avec tous les dangers que cela comporte, c’est comme si ça faisait partit de notre quotidien. Je suis habitué à cette odeur, cela ne peut pas m’empêcher de vaquer à mes activités dans ce quartier», soutient le menuisier. Toutefois, il précise : «Ce qui nous agace surtout, c’est le manque de réaction des autorités locales. Hormis les quelques travaux d’installation d’un station d’épuration faite par l’office national d’assainissement du Sénégal (Onas) qui n’est bénéfique qu’aux quartiers périphériques et la réhabilitation de la route principale qui d’ailleurs n’a pas résisté aux derniers inondations, rien n’a été réalisé par les autorités pour nous sortir de cette situation alarmante». Au quartier Touba-Pikine, c’est le même scénario. Trouvé devant la mosquée du quartier, le vieux Daouda Diallo se plaint des eaux usées mélangées à des déchets, le tout dégageant une odeur nauséabonde qui envahissent les maisons. «Mais ce qui est plus grave, souligne le sieur Diallo, c’est que maintenant, nous avons constaté des serpents sortir de ces déchets et de ces eaux qui bordent nos maisons. Et le danger est d’autant plus grave que nos enfants circulent tout autour sans la moindre surveillance. Ce qui du jour au lendemain risque d’avoir des conséquences incalculable». Aussi, lance-t-il un SOS aux autorités de sa localité.

 

April 1, 2016

PRINCIPALES CAUSES DU PROBLEME D’ASSAINISSEMENT A LA MEDINA : Vétusté du réseau, incivisme et extension des maisons

Mamadou Lamine Camara (Dakar Sénégal)

A la Médina, un des anciens quartiers de Dakar, le problème du système d’assainissement se pose avec acuité. La plupart des rues ont pour marque les flac d’eau usées qui coulent  durant  presque 12 mois sur 12. Dans cette  localité de  la capitale  du Sénégal, les résidants ont une analyse différentes des causes de cette équation presque insoluble qui est l’assainissement  de la Médina. Si certains indexent la vétusté du système d’assainissement qui ne peut contenir les eaux usées des ménages qui ne cessent d’augmenter d’années en année, d’autres par contre estiment que la cause est  liée à  la nature du sol de la localité dont la nappe n’est  pas  trop profonde.  Trouvé  devant une  boutique à la  Rue 41 X 22, Doudou Gueye a déclaré que le problème de l’assainissement de la Médina est en partie lié des matériaux utilisés pour l’aménagement des rues. «L’évacuation des eaux usées constitue l’éternel problème de la Médina» a renseigné M. Gueye, riverain de la Rue 41X 22.

De son analyse, il ressort que «le système de canalisation étroit et vétuste ne peut plus à lui seul évacuer les eaux usées d’une localité aussi peuplée comme la Médina». Plus  loin de la Rue 41 X 22, un autre  natif de la Médina explique, à son tour les causes de la problématique de l’Assainissement de la Médina. Pour le vieux Papa Gueye, le problème de l’assainissement au niveau de la Médina est lié  principalement à la nature du sol. «Ici, à la Médina, la nappe affleure parce qu’à l’origine cette localité était redonné par des marécages» a expliqué le vieux Guèye. A l’en croire, l’écoulement des eaux usées s’intensifie chaque jour. Les canaux se bouchent au niveau des habitants les plus élevés.

En dehors, de ces problèmes, beaucoup de personnes croisées dans la rue de la Médina ont mis sur le dos le problème de l’assainissement à l’inadéquation entre l’évolution rapide des immeubles et le système d’évacuation actuel. «Le réseau d’évacuation des eaux usées actuel ne peut plus contenir tout ce que les ménages déversent», a soutenu Pathé Diagne, résident à  la rue 22. Ainsi, il  a  invité  l’Office  nationale de l’assainissement du Sénégal (Onas) à faire en sorte que l’extension de leur réseau soit en conformité avec l’évolution de   l’habitat.

La majeure partie des personnes rencontrées ont aussi pointé du doigt l’incivisme des citoyens qui a le plus  contribué à accentuer  le  problème de l’assainissement à la Médina, et à la Gueul Tapée. La preuve, des tas d’ordures sont dispersés un peu partout au niveau des intersections du quartier. Ces ordures mélangées aux eaux usées provoquent une odeur nauséabonde qui constitue un problème de santé  pour les populations.

La preuve de l’incivisme des populations se voit au niveau de Soubédioune  ou prend fin le canal d’évacuation des eaux usées. Au niveau de Soubédioune, à la  place des eaux usées, le canal rejette dans l’océan des objets solides plus précisément, les carcasses d’animaux mais surtout le plastique qui constitue une menace l’environnement marin et  les espèces qui y vivent.

 

April 1, 2016

Lancement du rapport mondial sur l’intégrité de l’eau 2016 : La corruption, toujours une menace pour le secteur

Alain TOSSOUNON (Bénin) 

A l’occasion de la Journée Mondiale de l’Eau[1] (JME) 2016 célébrée autour de thème « Eau et emploi », le réseau pour l’intégrité de l’eau WIN (Water and Integrity Network) a procédé ce jour 22 mars, au lancement du Rapport Mondial sur l’Intégrité de l’Eau 2016. Huit ans après un premier rapport sur la corruption dans le secteur de l’eau, le présent  rapport vient une fois encore de souligner l’impérieuse nécessité d’agir vite pour enrayer la corruption dans le monde et dans chaque pays.

Le manque d'intégrité et la corruption sont prejudiciables au secteur de l'eau

Le manque d’intégrité et la corruption sont préjudiciables au secteur de l’eau

Selon le rapport, on estime qu’une perte de 10% des investissements en raison de la corruption implique des déficits annuels dans le secteur s’élevant à  plus de 75 milliards de dollar US. Se fondant sur les exemples du Bénin, du Malawi ou de la Californie pour la seule année 2015, le rapport dénonce de nombreux exemples de prévarication de fonds destinés au secteur qu’il qualifie de « grande corruption ».

En effet, le bilan depuis 2008 montre qu’on n’enregistre toujours pas de changement et que la corruption s’est accru dans le secteur. « Aucun signe ne permet de penser que la corruption aurait diminué depuis 2008. Les scandales répétés dans le secteur et dans d’autres domaines suggèrent qu’elle est toujours aussi répandue », se désole le rapport. En dehors du détournement des fonds publics au niveau des institutions publiques ou dans le cadre des interactions avec le secteur privé, le rapport pointe également du doigt, la planification et la construction des infrastructures dans les domaines des services de l’eau, de l’irrigation ou encore de l’hydroélectricité.  Selon le contenu du rapport, on assiste dans certains pays, à une planification fantaisiste ou à la manipulation des données dans les projets de construction des ouvrages. Dans le cas du Pakistan par exemple, le rapport nous apprend que 80% des indemnisations ont été attribuées à des faux propriétaires dans le processus de déplacement des populations pour la construction de barrages.

Pas très tendre avec ce qui est communément appelé petite corruption, le rapport s’indigne et soutient que « de petits vols peuvent s’accumuler et équivaloir à la grande fraude ». Ainsi, la petite fraude est tout autant condamnable que la grande comme par exemple le prélèvement illégal de l’eau auquel le rapport s’attaque. C’est le cas de la capitale d’eThekwini de kwaZulu-Natal en Afrique du Sud qui a perdu en une année, plus du tiers de son eau à cause des raccordements illégaux ayant créé un manque à gagner de 44 millions de dollar US.

Des mesures pour combattre la corruption

Tout en dénonçant les mauvaises pratiques et les différentes formes de corruption dans le secteur de l’eau, le rapport propose des mesures pouvant contribuer à enrayer le phénomène. En matière de politiques et de législation, indiquant qu’elles peuvent être soumises à l’influence des groupes puissants, le rapport recommande une étroite collaboration entre le secteur de l’eau, les groupes et associations de lutte contre la corruption, le secteur privé, les institutions de finances publiques et le pouvoir judiciaire. Une telle collaboration devrait permettre de mettre en lumière les lacunes et dysfonctionnements qui encouragent la corruption sous toutes ses formes. Déjà, il mentionne le bel exemple de la protection légale des dénonciateurs ayant reçu l’accord des Centres d’action et de conseil juridique (ALAC)  dans 50 pays.

Ainsi, les politiques comme les lois peuvent contribuer, lorsqu’elles sont bien adoptées et mises en application, à réduire la corruption et permettre aux populations de faire respecter leurs droits.

S’agissant des questions de financement, le rapport signale qu’ « aucun système de financement, qu’il soit public ou privé n’est à l’abri de la corruption ». Soulignant les pratiques courantes comme les pots-de-vin ou les attributions frauduleuses de marchés, la production de rapports financiers biaisés, le rapport s’en prend aussi à la mauvaise coordination du secteur. Selon le résumé du rapport, « à l’échelle nationale, des sous-secteurs sont gérés par différents ministères et gérés de différentes manières en raison de la faiblesse du système de gestion des finances publiques ». Comme remède, le rapport invite les institutions de contrôle financier à coopérer avec la société civile pour « gagner du terrain ». Parlant des partenaires du secteur, le rapport préconise un renforcement des systèmes financiers des pays pour une aide plus performante.

Pour terminer, le rapport rappelle que les Objectifs de Développement Durables (ODD) prennent en compte les notions de Transparence, la Redevabilité et la Participation (TRP). De même, les principes définis par l’Organisation de Coopération et de Développement (OCDE) sur la gouvernance de l’eau, rappellent que l’intégrité, les notions de TRP, et le combat contre la corruption sont des « éléments cruciaux » pour améliorer la gestion de l’eau. Ainsi, une fois encore après 2008, le réseau WIN et Transparency International sonnent la sonnette d’alarme pour montrer que la corruption et le manque d’intégrité sont préjudiciables pour le secteur de l’eau. Et le rapport de conclure que « lorsque les ressources seront épuisées et que l’environnement sera dévasté, chacun y perdra finalement ».

 

Encadré : Le Bénin épinglé

Cité comme un mauvais exemple dans le rapport, le Bénin paie une fois encore le prix de « l’affaire PPEA2 » au niveau international. Le rapport qui à partir de son lancement hier 22 mars, circulera dans le monde entier rappelle le détournement  des  4 millions d’euro provenant du financement néerlandais dans le cadre de la mise en œuvre de la 2e phase du Programme Pluriannuel d’appui au secteur de l’eau et de l’assainissement (PPEA2).

Une triste situation qui a conduit à la décision de suspension par le Royaume des Pays-Bas à travers son ambassade au Bénin, de la deuxième phase du Programme Pluriannuel d’appui au secteur de l’Eau et de l’Assainissement au Bénin PPEA2 d’un montant de 40,524 milliards de francs CFA en cours d’exécution pour la période 2013-2015 suite à la mauvaise gestion des fonds du programme à la Direction Générale de l’Eau (DGEau). Maintenant qu’on connait les problèmes, il convient d’apporter des remèdes efficaces et comme le soutient le rapport, ne plus laisser « prospérer la corruption et menacer l’intégrité dans notre pays »

March 22, 2016

JOURNEE MONDIALE DE L’EAU : WaterAid demande au gouvernement d’agir en faveur des quelque 3,2 millions qui n’ont toujours pas accès à l’eau potable

Jacques Ngor SARR (Dakar, Sénégal)

La célébration de la journée mondiale de l’eau hier a été l’occasion pour WaterAid en Afrique de l’Ouest de demander au gouvernement d’agir en faveur des quelque 3,2 millions qui n’ont toujours pas accès à l’eau potable.  L’Ong leur rappelle par la même occasion leurs promesses d’éradiquer l’extrême pauvreté et de créer un monde plus juste et plus durable, des promesses inscrites dans les Objectifs mondiaux de développement durable de l’ONU, dont l’Objectif n°6, l’accès partout et pour tous à l’eau potable et à des toilettes sûres et décentes d’ici 2030. Cette promesse est réalisable, mais il faudra pour cela un changement de cap majeur sur le plan politique, et d’importants moyens financiers.

En tout cas au Sénégal « On estime que 21.5 % des personnes n’ont toujours pas accès à l’eau potable », a déclaré  Mariame Dem, Directrice Régionale de WaterAid Afrique de l’Ouest. C’est la raison pour laquelle, elle a saisi l’occasion de la journée mondiale de l’Eau, pour appeler « à notre gouvernement et les dirigeants de la planète à tenir les promesses exprimées dans les Objectifs mondiaux de développement durable de l’ONU, et de garantir la possibilité pour chaque individu de faire valoir son droit à l’eau potable d’ici 2030 ». Dans le même ordre d’idée, Barbara Frost, directrice générale de WaterAid a déclaré : « Nous exhortons les gouvernements à agir de toute urgence, et à honorer la promesse inscrite dans l’Objectif de développement durable de donner accès à l’eau potable partout et pour tous d’ici 2030 ».

 

 

March 8, 2016

WATERAID SONNE L’ALERTE : 1,2 milliards de femmes et de filles restent toujours sans un accès adéquat aux services d’assainissement

Dakar (Sénégal) Mamadou Lamine CAMARA:  L’Ong WaterAid  a mis à profit la journée mondiale de la femme  célébré un   peu   partout à travers le monde,  pour mettre le  doigt sur les maux dont  souffre cette couche surtout les filles dans les écoles, en matière d’accès à l’assainissement.

 

Mariame DEME, Directrice Régionale de WaterAid (Sénégal)

Mariame DEME, Directrice Régionale de WaterAid (Sénégal)

   D’après cette structure, 1 fille sur 3 dans le monde n’a pas accès à un assainissement adéquat dans son école. Dans sa déclaration lors de la journée internationale des femmes célébrée le 8 mars, WaterAid a soutenu que cette situation augmente la probabilité d’abandon scolaire de ces filles à leur puberté et renforce le cycle de pauvreté. «A nos jours, environ 1,2 milliards de femmes et de filles restent toujours sans un accès adéquat aux services d’assainissement contre 330 millions d’autres dépourvues d’eau potable pour la boisson » a livré WaterAid. Selon cette Ong, la grande majorité de ces filles et femmes vivent dans les pays en développement.

Pour se faire WaterAid demande aux gouvernements de prioriser la mise en place d’infrastructures sécurisées et intimes mais aussi des lave-mains munis dans les écoles, les ménages et les établissements sanitaires dans la perspective de maintenir les filles à l’école. Car a-t-on fait part :« L’eau insalubre et les mauvaises conditions d’assainissement sont responsables des maladies diarrhéiques qui coutent annuellement la vie à plus de 150.000 filles de moins de 5 ans ».  D’après Les recherches et expériences de WaterAid Plus de 650 millions de personnes (soit environ 1/10eme) vivent sans eau potable. La même étude renseigne que plus de 2,3 milliards de personnes (soit environ 1/3) vivent sans un assainissement amélioré.

 1 enfant meurt  chaque 2 minute

WaterAid a également mis l’accent  sur la situation des enfants  dans le  monde.  D’après leurs études sur le terrain, environ 315.000 enfants meurent, chaque année du fait de maladies diarrhéiques causées par l’eau insalubre et les mauvaises conditions d’assainissement. Cela représente environ 900 décès d’enfants par jour ou encore 1 enfant chaque 2 minutes. Analysant ces statistiques, la directrice régionale de WaterAid Afrique de l’Ouest,  Mariame Dem a estimé que tant que cette situation perdurera, la santé, le bien-être et l’éducation de ces filles et femmes seront impossibles. Pour elle, « l’assainissement est une composante essentielle qui est malheureusement négligée dans la promotion de l’équité genre»

 

February 25, 2016

Hygiène et assainissement de base dans les projets de société des candidats :La grande déception

Alain TOSSOUNON (Cotonou)

Alors qu’on se plaignait que nos candidats favoris ont oublié la gestion des ressources en eau dans  leurs différents projets de société, le constat est amer quant au sous-secteur de l’hygiène et de l’assainissement. Pour le monde des acteurs du secteur de l’eau et de l’assainissement, la priorisation de ce sous-secteur attendu de tous les vœux par les politiques pour améliorer la situation dans notre pays n’est pas pour bientôt.

L'accès aux toilettes est encore un luxe pour plus de la moitié des Béninois

L’accès aux toilettes est encore un luxe pour plus de la moitié des Béninois

L’hygiène et l’assainissement n’a eu aucune chance de figurer dans les projets de société de nos candidats favoris à l’élection présidentielle de 2016. Dans leur ensemble, les cinq candidats qui paraissent avoir la chance d’emporter l’élection que sont Ajavon Sébastien, Patrice Talon, Aboudoulaye Bio Tchané et Lionel Zinsou ne reconnaissent nullement l’importance de ce sous-secteur toujours en panne de visibilité.

En dehors du candidat Aboudoulaye Bio Tchané qui dans le point 98 de son projet prévoit  des toilettes publiques à titre pilote à Cotonou (Ce qui n’est plus nécessaire puisque le PNUD l’a fait avec la mairie de Cotonou), les quatre autres candidats, ont  passé sous silence un sous-secteur aussi vital.  Les rares mesures relatives à l’assainissement sont relatives à la gestion et/ou  la valorisation des déchets solides ménagers ou liquides notamment chez les candidats Patrice Talon et Pascal Irénée Koupaki.

Pourtant, les chiffres sont alarmants. S’il est connu de tous que le Bénin a raté le rendez-vous des OMD dans ce sous-secteur, la situation est bien plus grave, Car, d’après l’Enquête de Démographie et de Santé du Ministère de la santé  2012 (EDS 2012), seulement 15% des ménages disposent de toilettes améliorées et non partagées. Et, les 2/3 des ménages n’ont accès qu’à des toilettes non améliorées et dans 54% des cas, les ménages ne disposent d’aucun type de toilettes.

En milieu rural, la situation est plus critique : 87% des ménages ruraux n’utilisent pas de toilettes considérées comme améliorées et 77% ne disposent d’aucun type de toilette.

En matière de lavage des mains, selon la même étude, le taux moyen de lavage de mains au Bénin est encore de 12% en 2012.

Dans ces conditions comment nos différents candidats favoris peuvent construire un Bénin gagnant (Zinsou),  triomphant (ABT), innovant (PIK) ? Ou encore comment pouvons-nous prendre un nouveau départ (Talon) ou réussir ensemble (Ajavon) alors que la défécation à l’air libre constitue encore le sport favori des Béninois ? Dans une étude réalisée en 2010 dans le cadre du Programme Eau et Assainissement, la Banque Mondiale avait déjà donné l’alerte en indiquant que plus de 7000 Béninois dont 4300 enfants de moins de 5 ans meurent chaque année de diarrhée.   Et ces décès sont à presque 90% lies à l’impureté de l’eau et au manque d’assainissement et d’hygiène.

Devons-nous attendre d’être un pays à économie prospère pour voler au secours de ces milliers d’enfants qui meurent ainsi chaque jour de maladies diarrhéiques et d’autres maladies transmises par l’eau ou causées par un manque d’assainissement et d’hygiène ?

Mais le désastre n’est pas qu’humain. Il est aussi économique. Puisque, dans cette même étude datant de 2010, la Banque Mondiale indiquait que le Bénin perd chaque année 52 milliards de francs CFA à cause d’un mauvais assainissement. Il est donc clair, que l’hygiène et l’assainissement, n’est plus simplement une question de sante publique mais aussi d’économie. Alors,  pour des candidats qui rivalisent de propositions ou de mesures pour booster notre économie, n’est-il pas judicieux avant toute chose de faire un gain de 52 milliards de francs CFA en aidant les populations à se doter de toilettes adéquates et de s’approprier les bonnes pratiques en matière d’hygiène et d’assainissement avant de mobiliser d’autres financements ?

En réalité, il ne s’agit pas de construire pour chaque ménage ou de subventionner la réalisation des toilettes appropriées mais de promouvoir des approches nouvelles qui font leur preuve ailleurs dans le monde pour amener progressivement les populations à faire de l’accès aux toilettes une priorité dans leur vie. Parce que, comme le soulignait la Directrice régionale de WaterAid, Marièm Dem, “il n’est plus admissible qu’au 21e siècle que les populations vivent sans toilettes”. Et mieux que par le passé, on comprend aujourd’hui, qu’un meilleur accès à l’hygiène et à l’assainissement se traduira par des performances scolaires et une productivité améliorées. Les enfants apprennent davantage quand ils ne sont pas obligés de manquer l’école pour cause de maladies diarrhéiques, et les travailleurs sont plus productifs lorsqu’ils ne sont pas malades ou ne restent pas à la maison pour soigner d’autres personnes qui le sont.

La gestion des eaux usées aussi oubliée  

L’un des défis majeurs en matière d’assainissement qui pouvait préoccuper nos candidats est la question de la gestion des eaux usées dans nos villes. Car, aujourd’hui, après une stratégie nationale en milieu urbain élaborée pour la période 2008-2015, la mise en œuvre du plan d’actions est toujours attendue. Même si on sait que la Banque Mondiale finance dans le cadre du Projet d’Urgence de Gestion Environnementale en Milieu Urbain  (PUGEMU), l’élaboration du Plan directeur d’assainissement des Eaux Usées des villes de Cotonou, Abomey-Calavi, Sèmè-Kpodji et Porto-Novo et la mise en œuvre d’un projet pilote de drainage et de traitement des Eaux Usées, il y a encore un besoin important d’investissement.

Pas de gestion des eaux usées dans les projets de société de nos candidats favoris

Pas de gestion des eaux usées dans les projets de société de nos candidats favoris

En tous cas pour l’heure, dans nos villes, les puisards construits  par les ménages sont connectés aux ouvrages de gestion des eaux pluviales (caniveaux et collecteurs).

La situation est bien préoccupante. Selon l’étude EDS 2012, 76% des populations au Bénin déversent les eaux usées dans la nature.

Pourtant, dans la sous-région des pays comme le Burkina-Faso investissent depuis peu pour améliorer la situation. L’office burkinabè de l’eau potable (ONEA) investit sous fonds propres chaque année 1,2 milliards de francs CFA dans le réseau d’égouts  ainsi que dans les stations de traitement et de vidange de la capitale. Si la ville de Cotonou est encore loin de celle de Casablanca au Maroc qui dispose désormais d’une station de traitement depuis mai 2015, il est quand même temps d’y penser.

Au total, il est clair que l’avenir du sous-secteur de l’hygiène et de l’assainissement de base s’assombrit avec des candidats qui dans leurs projets de société n’en font pas cas.

Ainsi, pour les acteurs du sous-secteur qui espèrent voir un jour l’hygiène et l’assainissement de base gagné en priorité avec des investissements conséquents, le chemin est encore long.  Le rêve n’est surtout pas permis avec nos candidats à la course. Ainsi va le Bénin !

 

 

February 19, 2016

Election présidentielle de 2016 au Bénin: Quelle place pour l’eau dans les projets de société des candidats?

Alain TOSSOUNON (Cotonou)

C’est désormais une réalité que les candidats à l’élection présidentielle du 28 février lèvent le voile sur leurs projets de société pour attirer les soutiens et convaincre les électeurs. Mais, si tous ne manquent pas de faire de l’emploi des jeunes ou de l’éducation des priorités, l’environnement et surtout les ressources en eau restent toujours des parents pauvres. Un choix qui contraste avec les enjeux actuels qui invitent à mettre l’environnement et la gestion des ressources en eau au cœur des enjeux de développement.

La bonne gestion des ressources en eau est un impératif pour le développement du Bénin

La bonne gestion des ressources en eau est un impératif pour le développement du Bénin

Les questions environnementales n’occupent pas une place de choix dans les projets de société des candidats à l’élection présidentielle de 2016. Si l’on retrouve quelques mesures ou actions envisagées dans les projets rendus publics, elles sont loin de figurer au rang des grandes priorités comme l’emploi des jeunes, l’éducation, la santé ; le sport…. Dans ces conditions, difficile de désigner un candidat vert ou écolo tant les projets de société sont pauvres en engagements environnementaux.
Dans les projets de société des candidats donnés favoris (Abdoulaye Bio Tchané, Lionel Zinsou, Pascal Irénée Koupaki, Patrice Talon, Sébastien Adjavon, par ordre alphabétique), on retrouve quelques actions préconisées pour répondre aux défis environnementaux dans notre pays.
Pourtant, les défis sont grands et les enjeux climatiques importants. Car, l’accord sur le climat adopté à Paris en décembre 2015 pour faire face au changement climatique a débouché sur une batterie de mesures pour un avenir résilient et durable. Plusieurs appels ont été lancés pour inviter les gouvernements à traduire en actes concrets, les engagements qui ont été pris. A cette occasion, chaque pays ayant présenté des Contributions prévues déterminées au niveau national (CDPN), devrait selon les termes de l’accord, passer à l’action en les intégrant dans les programmes de développement. A l’heure où les candidats font la promotion de leurs projets de société, l’on devrait dans cette logique, pouvoir retrouver ces mesures et engagements déclinés dans les projets de société de ceux-là qui aspirent gouverner le Bénin pour les cinq ans à venir.
Mais, on en est bien loin. Pour l’essentiel, le candidat Patrice Talon s’engage à renforcer la politique de reboisement, rétablir la subvention du prix de gaz à usage domestique au profit des ménages, voter une loi pour interdire à court terme l’usage des sachets plastiques, élaborer et mettre en œuvre un plan national climat et des plans climat territoriaux. Dans le cas du candidat Aboudoulaye Bio Tchané (ABT) qui avait partagé ses préoccupations par rapport au défi climatique mondial à la veille de la conférence de Paris sur le climat par une tribune parue dans l’hebdomadaire Jeune Afrique du 9 juillet 2015, il est retenu dans son projet au point 93, d’intégrer la problématique des changements climatiques dans les programmes et projets de développement. Egalement, l’ancien ministre des finances sous le président Mathieu Kérékou, se propose une fois à la Marina, de lancer un vaste programme de reboisement pour faire face à l’avancée du désert et recourir aux études d’impact environnemental dans tous les projets et programmes de développement. Figurant au dernier point des priorités de son projet de société, le candidat Pascal Irénée Koupaki, entend développer des stratégies d’adaptation aux changements climatiques en fonction des facteurs d’exposition aux risques naturels de chaque zone écologique et mettre en œuvre les résolutions de la COP 21, construire une grande ceinture verte dans les régions septentrionales pour arrêter l’avancée du désert. C’est assurément le seul candidat à avoir clairement fait mention de la COP 21 dans son projet de société marquant ainsi sa volonté à donner suite à l’Accord de Paris.
La gestion des ressources en eau, le parent pauvre
Dans le domaine de l’eau, tous les candidats favoris ont fait la part belle à l’accès à l’eau ignorant toute la problématique de la gestion durable des ressources en eau.
En effet, dans leur ensemble, ils font de l’accès à l’eau une grande priorité. A l’instar du candidat de la coalition républicaine, Lionel Zinsou qui s’engage pour un accès universel de tous les Béninois au liquide bleu, plusieurs autres promettent d’y consacrer beaucoup d’investissements. Dans le contrat social rendu public, le candidat ABT s’est engagé à allouer 100 milliards de francs CFA chaque année à la politique d’accès à l’eau potable et en plus, préfinancer les coûts de branchements à la SONEB.
Seulement, la question de la bonne gestion des ressources en eau reste le parent pauvre dans les projets de société. Alors que l’eau est la condition sine qua non de la réalisation de l’ensemble des Objectifs de développement durable.
En effet, en ces temps incertains où les effets du changement climatique sur les ressources en eau sont alarmants, et où le monde est aux prises avec une croissance démographique exponentielle, les défis relatifs à l’eau ne sauraient être négligés. Le degré d’utilisation et de pollution des ressources en eau par l’homme est tel que la viabilité de ces ressources s’en trouve menacée et que la rareté de l’eau et la dégradation de sa qualité qui en résulteront limiteront potentiellement la production alimentaire, réduiront les fonctions écosystémiques et entraveront la croissance économique.
Par ailleurs, les pressions subies par les ressources en eau ont considérablement augmenté au cours des dernières décennies en raison de la rapidité de la croissance démographique, de l’urbanisation, de l’augmentation des niveaux de consommation et du changement climatique. Les prélèvements d’eau ont triplé au cours des 50 dernières années et la demande a augmenté dans presque tous les pays du monde. Notre pays n’y échappe guère.
Si ces dernières années, dans notre pays, des efforts ont été faits pour améliorer le cadre légal et institutionnel et faire la promotion de la Gestion intégrée des ressources en eau (GIRE), l’on ne saurait négliger la bonne gestion et la protection des ressources en eau. Car, comment pourrait-on promouvoir ou développer l’agriculture sans garantir une disponibilité de l’eau ? Ou encore comment faire l’irrigation sans s’assurer que l’eau est disponible en tout temps ?
En réalité, l’eau est au cœur du développement puisque les problèmes de l’eau sont intrinsèquement liés aux questions de développement durable comme la pauvreté, la faim, la santé, l’éducation, l’inégalité des genres, le changement climatique…C’est pourquoi, dans l’agenda post-2015, au-delà de l’accès à l’eau, un objectif entier a été consacré dans les Objectifs de développement durable pour garantir sa sécurité et le développement durable. Parce que selon l’UNESCO, il est important pour chaque Etat et le monde entier, de veiller à la préservation des quantités suffisantes d’eau de qualité pour maintenir durablement la santé des êtres humains et des écosystèmes.
C’est donc clair que si les préoccupations environnementales et le défi de l’accès à l’eau pour tous les Béninois apparaissent dans les projets de société des candidats, la question de la gestion des ressources en eau est encore un enjeu ignoré et oublié des prétendants à la magistrature suprême.

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December 4, 2015

 Eau et Climat : Un jet de conséquences dramatiques

Bachir SANE et Idrissa SANE (Envoyés spéciaux COP 21)

Les acteurs français de l’eau militent pour une meilleure prise en compte des questions de l’eau dans les prochaines Cop1 au regard des conséquences de la rareté de cette ressource sur l’augmentation de la prévalence des maladies hydriques, sur le stress hydrique, la migration des populations et l’érosion de la biodiversité aquatique.

Les acteurs de l’eau tirent la sonnette d’alarme à la Cop 21 à Paris. Les impacts du réchauffement de la planète sur les ressources en eau coulent de source. En effet l’augmentation de la température à la surface de la terre va accélérer l’évaporation et dans le long terme la réduction voire l’assèchement des cours d’eau. Le Lac Tchad est l’exemple le plus emblématique, le plus illustratif de la corrélation entre les changements climatiques et les menaces sur l’eau. C’est pour cela, les acteurs de l’eau présents au Bourget ont haussé le ton. « Nous devons continuer la sensibilisation pour que l’on accorde plus d’importance à l’eau dans les prochaines COP », a plaidé Philippe Gueltier, directeur du partenariat français pour l’eau. Selon les scientifiques chaque degré supplémentaire au-delà de 2 degré va se répercuter négativement sur le cycle de l’eau. Déjà l’humanité doit s’attendre à une augmentation des maladies hydriques dans certaines zones de la planète et des perturbations des grandes saisons. Selon la Fao 1, 8 milliard de personnes vivront dans des régions exposées à des pénuries absolues de l’eau. « La diminution de la disponibilité de l’eau dans de nombreuses régions en partie due au dérèglement climatique est telle que deux tiers de sa population  pourraient être exposés à des conditions de stress hydrique », renseigne un guide du partenariat français de l’eau. A cela s’ajoutent des événements extrêmes comme des inondations qui sont aussi les manifestations des changements climatiques. « Les seront très variables géographiquement et font l’objet de multiples incertitudes, mais globalement  le Giec note une probable aggravation de la situation des régions déjà touchées par des excès ou des pénuries d’eau: sécheresses, inondations, submersions marines, fonte des glaces, modification des débits des rivières etc », a soutenu Jean Luc Rechaud président du Groupe de travail Eau et Climat.Selon le rapport du Giec publié en 2014, le nombre de personnes vulnérables aux inondations  pourrait tripler. Les effets néfastes affectent aussi la biodiversité. L’érosion de celle-ci est envisagée par des scientifiques et des organisations internationales comme le Wwf qui avait révélé que les écosystèmes d’eau douce avaient connu une perte de 76 % de leurs espèces entre 1970 et 2010. « La biodiversité et les écosystèmes aquatiques sont particulièrement touchés par le dérèglement climatique. Les écosystèmes d’eau douce  sont négativement impactés par la perte de qualité des eaux dans certaines régions », affirment des acteurs. L’une des conséquences, ce sont  aussi des conflits. En réalité la rareté de la ressource est susceptible d’enclencher une compétition pour son accès ce qui pourrait entrainer des conflits entre les communautés et voire entre des pays. Déjà, les pénuries de cette ressource ont jeté des milliers de personnes sur les chemins de l’émigration. Ces refugiés climatiques ne sont pas souvent bien reçus dans leur site d’accueil. C’est pour ces raisons que les acteurs de l’eau estiment qu’il est nécessaire d’intégrer la dimension gestion des risques dans des incertitudes. Par conséquent les changements climatiques appellent à la culture d’une gestion rationnelle et à une consommation sobre de cette ressource afin de répondre de matière durable aux enjeux du développement durable.

 

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December 4, 2015

Le Président Macky Sall sur TV 5 Monde: « Il faut que ce fonds sur l’électrification sorte de cette Cop 21 »

Le président de la République du Sénégal est clair. L’accompagnement de l’Afrique n’est pas une aide. Le chef de l’Etat l’analyse sous l’angle de la réparation d’un continent qui souffrent plus des effets de la pollution alors sa part dans les émissions est inférieures à 3 %. C’est autant d’arguments qui justifient la création d’un fonds sur l’électrification pour l’Afrique défendue par le président, Macky Sall. 

Président du Sénégal, Macky Sall

        Président du Sénégal, Macky Sall

Merci  Monsieur le président de la République, Macky Sall d’avoir répondu à l’invitation de TV 5 Monde à l’occasion de la Cop 21. Vous avez dit qu’on n’a pas le choix d’échouer …

Nous n’avons pas le choix. Et nous n’avons pas de plan B. Il faut dire aucune excuse ne sera acceptée pour la communauté mondiale. Nous avons une planète commune, une et indivisible. Nous avons l’obligation de sauver cette planète ou de périr simplement. Le schéma calamiteux a été mis en œuvre par l’élan de développement de l’ère industrielle et postindustrielle. Aujourd’hui, vous avez aussi la plus grande partie de la planète qui aspire au développement, et qui a tendance à emprunter le même chemin, ce qui va précipiter la planète vers une disparition certaine. Nous voyons déjà au quotidien les manifestations avec les Tsunamis, les tremblements de terre, l’agression côtière, l’avancée de la désertification. Les changements climatiques se manifestent sur l’ensemble de la planète et particulièrement dans certaines zones du monde qui sont les plus touchées, comme les pays insulaires. Il y a aussi l’Afrique qui a une position centrale.

L’Afrique est le continent paie plus des effets de la pollution…

L’Afrique subit malheureusement. Les effets de la pollution se répercutent sur la planète et donc l’Afrique reçoit en pleine figure les effets de cette pollution alors que sa contribution à la pollution est inférieure à 3 %.  Elle doit éviter de reproduire les mêmes effets. Pour cela l’Afrique est en attente et en devoir d’exiger que une juste réparation soit faite non sous forme d’aide ou de charité mais sous d’accompagnement pour une transition énergétique. Nous avons estimé qu’un fonds sur l’électrification du continent doit sortir de cette Cop 21 géré par les Africains à travers un Fonds énergie. On va harmoniser, 5 milliards c’est le début, si on peut avoir plus ça va. Avec 5 milliards par an sur une décennie, on va régler définitivement le problème de l’électricité en Afrique.

Est-ce que cela veut dire que vous exiger un accord contraignant ?

Nous ne le voudrions pas un accord qui n’est pas contraignant. Je pense qu’il ne s’agit pas de faire de la surenchère mais d’exiger ce qui est réaliste. Je pense que tout le monde est d’accord pour avoir une coalition mondiale pour la lumière en Afrique. C’est le seul continent comme  aime bien le définir Jean Louis Borleau où vous en dehors des points scintillants sur la côte, est  un continent absolument opaque malgré ses ressources énergétiques. Et, cela ne peut pas durer. Il faut que ce petit fonds sur l’électrification soit sorti en plus de tout ce qui pourra être fait dans le fonds climat.

En fait c’est quoi le danger ? Est-ce ce sont des réfugiés toujours plus nombreux et un risque pour la paix mondiale ?

Ce sont les deux en même temps. C’est un risque élevé contre les migrants qu’on ne pourra pas arrêter. Nous avons les formes d’émigration à travers la Méditerranée. Je rappelle qu’il y a 15 ans, les premières manifestations, c’étaient des jeunes africains qui étaient agrippés au train d’atterrissage des avions. Il fallait avoir du courage pour le faire. Il y a ensuite Barça, la ruée vers l’Espagne et l’Italie. Il y avait une barrière plus ou moins fixe en Lybie mais depuis le démantèlement de ce pays, on a créé là un passoir. Il y a la Syrie. Cela veut dire que si ce phénomène n’est pas arrêté ce sont des millions de migrants que l’Europe va accueillir. Il faut essayer d’agir en amont avec les pays. Nous avons la responsabilité de donner des perspectives à la jeunesse, de l’emploi, tout cela passe par la mobilisation de ressources internes et une contribution extérieure comme l’Europe en a eu à bénéficier après la seconde Guerre mondiale. Il faut que l’Afrique ait un accompagnement de sa politique agricole, sa politique énergétique et sur un certain nombre de projets qui vont aller dans le sens de l’atténuation et  de l’adaptation aux changements climatiques.

On dit que c’est un sommet pour la paix dans le contexte des attentats qui ont frappé la France. Aujourd’hui, il va falloir décider…

La lutte contre le terrorisme est forcément multiforme. Le terrorisme a pris des voies différentes. Le 11 septembre 2001, ce sont des avions qui ont heurté les tours. Par la suite il y a eu une nouvelle forme  la forme avec  Charlie. Cette fois-ci, ils ont tué des personnes. Il suffit de 3 illuminés pour faire le carnage. Nous avons récemment vu au Mali. Donc, Il nous faut réfléchir sérieusement sur les formes de lutte contre le terrorisme. Il y a certes l’aspect physique, avec la police, les soldats, mais il y a aussi le développement des médias. Les terroristes utilisent des réseaux sociaux, l’internet et la presse pour faire leur propagande. Il faut aussi absolument éviter la stigmatisation de tout ce qui est communauté religieuse islamique. Puisque que les plus grandes victimes ce sont des musulmans. Donc, toutes ces amalgames risquent de remettre en cause les modèles de société, le commun vivre ensemble qui fonde la nation française, la nation dans beaucoup de pays. Si nous amenons les uns et les autres à se taper là-dessus, je pense que c’est le début d’une guerre de civilisations qui serait encore plus grave. Il faut beaucoup de lucidité, de la fermeté et de la coopération internationale. Il faut aussi une action globale au niveau des Nations Unies, l’Union Européenne, et des pays africains. Il est également important de donner des perspectives aux jeunes dans les banlieues dans villes africaines et d’ailleurs pour les soustraire de cette propagande Jihadiste.

Vous êtes le président de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest. Est-ce que l’Afrique parle d’une seule voie dans cette Cop 21 ?

L’Afrique est totalement unie sur cette question. Nous pensons qu’il faut harmoniser les interventions sur l’énergie cela nous permettra la réussite de cette transition énergétique. Nous pensons aussi  avec le transfert de technologie, avec l’apport financier nous pouvons réduire le cap de l’électricité en Afrique dans 5 ans.

                                                                                                       Idrissa SANE ( Source TV 5 Monde)

November 27, 2015

Journée Mondiale des Toilettes 2015: La société civile béninoise célèbre l’événement

Flore NOBIME (Bénin)

Mamadou Moctar Baldé (Unicef), André Zogo (CANEA)  et Richard Oussou (DNSP) à l'ouverture des échanges

Mamadou Moctar Baldé (Unicef), André Zogo (CANEA) et Richard Oussou (DNSP) à l’ouverture des échanges

La communauté internationale a célébré jeudi dernier, 19 novembre, la Journée mondiale des toilettes édition 2015 (Jmt 2015) autour du thème « Un meilleur assainissement pour une meilleure nutrition ». Au Bénin, l’événement a été commémoré par le Cadre de concertation des acteurs non étatiques du secteur de l’eau et de l’assainissement (CANEA), à travers son initiative Café média Wash, la 5e du genre, et dont les réflexions ont porté sur la question de l’assainissement au Bénin. L’événement, qui s’est déroulé à la Direction départementale de la santé de l’Atlantique et du Littoral, a réuni spécialistes des questions liées à l’eau, l’hygiène et l’assainissement et journalistes.

Mettre à la disposition des journalistes, des informations sur la stratégie nationale FDAL (Fin de la défécation à l’air libre) et les défis à relever pour satisfaire les besoins en ouvrages d’assainissement de base des populations béninoises. Ce sont-là quelques objectifs de cette rencontre marquée par l’allocution d’André Zogo, le président du CANEA. Qualifiant de « droit humain » l’accès à une eau salubre et à l’assainissement, le président du CANEA a repris des chiffres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour illustrer, les conséquences qu’entraine au plan de la santé l’absence de ce droit. Et selon l’OMS, 50% de la malnutrition est associée à des diarrhées fréquentes ou des infections intestinales vermineuses répétées du fait d’une eau insalubre, d’un assainissement inadapté ou de mesures d’hygiène insuffisantes. Soulignant la nécessité de « mettre en lumière ces milliards de personnes qui n’ont pas accès aux toilettes » au plan mondial, André Zogo a focalisé l’attention sur la situation nationale, appelant à la « mobilisation de tous les acteurs pour un débat citoyen autour de l’effectivité de la fin de la défécation à l’air libre ». A sa suite deux communications, « La stratégie Bénin FDAL 2030 : lien entre assainissement et nutrition » et les « Acquis du programme de promotion de l’hygiène et de l’assainissement et impact sur la nutrition » ont donné l’occasion aux participants de toucher du doigt la réalité de la question au Bénin.

Vue de la salle au cours des échanges avec les journalistes

Vue de la salle au cours des échanges avec les journalistes

Présentées respectivement par Richard Oussou de la Direction nationale de la santé publique (DNSP), et Mamadou Moctar Baldé, Spécialiste Wash à UNICEF/Bénin, les communications ont donné une idée pas reluisante du Bénin en la matière. Au Bénin, l’assainissement pose un véritable casse-tête avec 77% de la population rurale qui continue de déféquer à l’air libre et le pays, 4e sur 215, est en queue de peloton en matière de fin défécation à l’air libre. Par ailleurs, et selon la Banque mondiale, le mauvais assainissement de base fait perdre annuellement au pays 52 milliards de francs CFA. A ce rythme, l’engagement de la FDAL à l’horizon 2030 pris par le Bénin sera des plus difficiles à tenir. C’est ce qu’expliquera aux journalistes Félix Adégnika, le Coordonnateur national du Conseil de concertation pour l’approvisionnement en eau et l’assainissement (WSSCC). Dans son intervention axée sur les engagements du Bénin par rapport à l’hygiène et l’assainissement, Félix Adégnika, après l’avoir démontré, a fustigé le sous-financement que subit du secteur avant d’en appeler à la pleine implication des médias pour qu’enfin, le Bénin hisse l’accès à l’hygiène et à l’assainissement au rang des priorités.

October 22, 2015

Journée mondiale de Lavage des mains : Le village de Sinder a accueilli la célébration

Ousmane DAMBADJI (Niamey)

Le Jeudi  15 octobre 2015, Gari, un  village insulaire  de la commune rurale de Sinder dans la région de Tillaberi  au Niger, a servi de cadre pour les activités   commémoratives  de la Journée Internationale de lavage des mains édition 2015 dont  le thème retenu est : lever les mains pour l`hygiène.

Le lavage des mains un geste qui sauve des vies

Le lavage des mains un geste qui sauve des vies

Organisée par la commune rurale de Sinder avec l`appui de l`ONG Internationale WATERAID, cette activité vise à informer et sensibiliser les populations de ladite commune sur les véritables dangers liés aux manques d`hygiène.  C’était en présence des  autorités communales, des membres du réseau des journalistes pour l`eau, l`hygiène et l`assainissement, des  ONG partenaires de WATERAID et de  plusieurs invités. Malgré sa situation de zone difficile, les populations de ce  village s’engagent  dans tous les processus de l’hygiène et assainissement avec l`appui de l`ONG Internationale WATERAID afin de lutter efficacement contre la pauvreté.

Pour rappel, c`était le  15 octobre 2008 que la première Journée mondiale du lavage des mains a été célébrée dans  de  nombreux pays. Son objectif principal est de sensibiliser un maximum de personnes sur les conséquences d’une mauvaise hygiène des mains.

Des institutions internationales  comme  WATERAID,  très impliquée dans l’organisation de cet évènement, indiquent  que la cible principale de cette journée est constituée par les enfants, et ce notamment dans les écoles. Par un lavage de mains régulier au savon, le taux de morbidité infantile lié aux maladies diarrhéiques peut être réduit de moitié.

Rappelons que 5.000 enfants de moins de cinq ans  décèdent chaque année des suites d’une maladie diarrhéique due à l’utilisation d’eaux contaminées… alors que le “remède” est connu et simple à mettre en œuvre: se laver les mains après avoir été aux toilettes ou avant de manger. Le lavage des mains au savon est le moyen le plus efficace et le moins coûteux de prévenir les maladies diarrhéiques et les pneumonies.

Dans le monde,  2,6 milliards d’êtres humains, dont 630 millions en Afrique ne disposent pas d’un assainissement  adéquat de base.

Au Niger, selon le rapport de l’INS en 2012 64,3% de la population urbaine dispose de latrines contre seulement  7,21% de la population rurale. Ces données comparées aux taux de la troisième enquête démographique et de santé à indicateurs multiples (EDSN-MICS III 2006), montrent une nette amélioration du taux de couverture en milieu urbain (64.3 en 2013 et 38,4 en 2006), contre une évolution insignifiante du taux de couverture en milieu rural (7,2 en 2013 et 6,7 en 2006).

Pour la population nigérienne essentiellement rurale et périurbaine le lavage des mains au savon n’est pas encore une pratique généralisée. Elle est même peu courante.

Cette situation constitue chaque année la cause d’épidémies et de milliers de décès qui auraient pu être évités, en particulier chez les enfants. Les maladies dues à un assainissement insuffisant et aux mauvaises pratiques d’hygiène sont elles-mêmes causes d’absentéisme à l’école et sur les lieux de travail, et donc d’un faible niveau des performances scolaires et de pertes économiques importantes à l’échelle d’un pays. L’accès à un assainissement de qualité est une condition nécessaire pour garantir la dignité des populations, contribuer au développement des pays et lutter contre la pauvreté.

En réponse aux recommandations du Conseil consultatif sur l’eau et l’assainissement auprès du Secrétaire Général de l’ONU et à l’initiative notamment de la France, de la République Fédérale de l’Allemagne et du Japon, l’Assemblée générale des Nations Unies a décidé de déclarer l’année 2008 « Année internationale de l’assainissement ».  Année au cours de laquelle,  pour la première fois, a été célébrée la journée mondiale du lavage des mains au savon.

Pourquoi  la commune de   Sinder ?

La commune de Sinder fait partie des zones d`intervention de l`ONG Internationale WATERAID et cela depuis  2009. Un partenariat très positif qui a permis d`enregistrer  des résultats probants en matière d`accès à l`eau potable et a l`assainissement à travers la mise en œuvre de plusieurs projets  et programmes  de développement. En effet pour mieux accompagner  les efforts du gouvernement  du Niger dans  la réussite du programme d`alimentation en eau potable et a l`assainissement mais aussi la vulgarisation de la stratégie opérationnelle de l`hygiène et de l`assainissement de base (SOPHAB), WATERAID injectera environs 100 millions de franc CFA dans ladite commune pour la période 2015-2016. Un appui qui va sans nul doute booster les indicateurs d`accès a l`eau et a l`assainissement à Sinder.

C`est pourquoi  dans son allocution de bienvenue, le chef du village du GARI  a salué les efforts de l’ONG internationale WaterAid, partenaire privilégié qui répond promptement aux sollicitations des populations depuis 2009.

Quant  au  Maire de la commune rurale  de Sinder,  Monsieur Hassan SITA, après avoir présenté sa commune, il a indiqué que le village de Gari ne dispose pas  beaucoup d`infrastructures de base et les populations sont  pour la plupart   exposées aux différentes maladies. Le maire Sita de souligner que  ces  actions de sensibilisation doivent être menées  au niveau de tous les villages de sa commune pour amener les populations à comprendre l`hygiène et l`assainissement comme seul moyen de  lutter contre la pauvreté.

Le directeur du programme de WaterAid , Monsieur  Moumouni KIMBA ALFARI, après avoir rappelé aux populations les avantages liés a une bonne hygiène des mains, a aussi  saisi cette occasion pour réitérer l’ engagement de son l’ONG a appuyer les populations de la commune de Sinder a traves la réalisation des forages, la réhabilitation des pompes, la construction des mini-adduction d`eau potable et de plusieurs latrines familiales.

En procédant au lancement officiel de cette activité, le Secrétaire Général    de la préfecture de Tillabéry, Monsieur Ahmed Yacouba, a salué l`engagement de l`ONG Internationale  WaterAid et la place qu`elle  occupe dans le processus du développement de notre pays. Ahmed Yacouba a aussi précisé que les actions de WaterAid cadrent parfaitement avec les orientations du programme du Président de la République, chef de l`Etat, avant  de demander aux responsables de l`ONG de transmettre toute la gratitude et la reconnaissance des populations de la région de Tillabery et en particulier celles de la commune rurale de Sinder aux plus hauts responsables de l`ONG WaterAid du bureau Afrique de l`Ouest a Dakar et ceux du bureau international basé  à Londres en Angleterre.

Aux termes de cette activité, une démonstration de lavage de main au savon  par les autorités communales et les  représentants de WaterAid a été faite aux populations.

Un don des matériels aratoires a  été  remis   aux responsables du centre de santé et l`établissement scolaire du village ainsi qu`au comité villageois de salubrité.

October 6, 2015

Ville de Dakar : Des projets qui sécuriseront l’alimentation en eau potable de Dakar

Idrissa SANE (Dakar)

La sécurisation de l’alimentation en eau potable (Aep) de Dakar est dans une phase opérationnelle. Plusieurs forages ont été construits. Des travaux sont en cours pour remettre à flot l’Usine de Keur Momar Sarr. L’Agence française de développement ( Afd) a apporté un financement de 6, 5 milliards de francs Cfa pour le programme de sécurisation. La construction de la 3e Usine à Keur Momar,  de deux usines de dessalement  de l’eau de mer et d’un réservoir stratégique avec l’appui d’autres partenaires vont concourir à sécuriser davantage l’approvisionnement en eau potable de Dakar.

signature d'une convention entre le ministre de l'Hydraulique et de l'Assainissement du Sénégal, Mansour Faye et la ministre déléguée du Maroc en charge de l'eau
Signature de la  convention entre le ministre de l’Hydraulique du Sénégal, Mansour F. et la ministre déléguée du Maroc en charge de l’eau

Plusieurs quartiers de Dakar ont connu des perturbations d’approvisionnement en eau ce week-end. Ces dysfonctionnements ne sont pas liés à une panne des Usines de Ngnith ou  de Keur Momar Sarr ( Kms). Ils sont liés à la recherche de solutions durables pour couvrir les besoins en eau de Dakar. Les travaux en cours à Keur Momar Sarr (Kms) visent à prévenir d’éventuelles défaillances. « Les dysfonctionnements enregistrés ce week-end à Keur Momar Sarr ne relèvent pas d’une panne, mais plutôt d’une amélioration du service dans le cadre d’un Programme de sécurisation initié par le Gouvernement du Sénégal, avec l’appui de l’Agence française de   développement (Afd) pour un coût global de 6,5 milliards Cfa », lit-on dans le communiqué de la Sones, parvenu à la rédaction. En réalité depuis les incidents de l’Usine de Keur Momar Sarr en septembre 2013, l’Etat du Sénégal a lancé un programme contre « les vulnérabilités du système d’alimentation en eau potable de Dakar ». « L’AEP se fonde sur la détermination, pour les autorités sénégalaises, notamment de Monsieur le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Mansour Faye, de formuler des réponses durables à des questions techniques qui affectent le système d’alimentation en eau potable de Dakar », indique un communiqué de la Sones, parvenu à la rédaction. La couverture des besoins en eau de Dakar capitale administrative, siège des activités économiques est assurée en grande partie  par les Usines de Ngnith et Keur Momar Sarr. Les autorités ont entamé la radioscopie du système. Ainsi suite à ce diagnostic entamé depuis avril 2014, 7 programmes ont été définis. « Un diagnostic a été fait. Au bout des études entamées en avril 2014, 7 programmes ont été définis, notamment le renouvellement des conduites qui mènent au dispositif anti-bélier(mécanisme de lutte contre le refoulement des eaux de la conduite vers les pompes de KMS). Ce programme explique les travaux du week-end », indique le communiqué.

Remise à flot du système

Au demeurant, le projet Aep Dakar repose sur l’urgence de remettre à flot le système d’alimentation en eau potable de Dakar. Da façon concrète, la réhabilitation et la protection de l’usine de Ngnith est en cours depuis juillet, un groupe électrogène d’une capacité de 900 Kva a été installé depuis novembre alors que depuis juillet le processus de fourniture et de pose d’un transformateur est en cours au suppresseur de Carmel. A cela s’ajoute le renouvellement des conduites du point D des Madeleines qui a démarré depuis septembre. Selon le communiqué, les travaux d’alimentation en haute tension de Kms et ceux du système anti-refoulement seront lancés en décembre.  Les autorités ont aussi pris l’option de réduire la dépendance de l’approvisionnement en eau de Dakar à partir du Lac de Guiers. C’est ainsi en plus de la construction d’une troisième usine de Keur Momar Sarr d’une capacité de 200.000 mètres cube par jour, deux usines de dessalement de l’eau de mer verront le jour. Il a été retenu la réalisation de 7 forages dans le cadre de la mise en œuvre du Programme eau et assainissement en milieu urbain (Paemu).

Un réservoir stratégique

En outre l’Etat du Sénégal a un projet de construction d’un réservoir stratégique à Dakar pour porter l’autonomie à 24 heures au lieu de 3 heures. A cet effet, un protocole d’accord a été signé le vendredi 02 octobre 2015 entre la Sones et la Société nationale de l’eau de la Mauritanie. « Cet accord accorde une place importante à la sécurisation de l’alimentation en eau potable de Dakar dans un contexte où la volonté des autorités sénégalaises, notamment le Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Monsieur Mansour Faye, de construire un réservoir stratégique permettant à la capitale sénégalaise, qui consomme 72% de la production, de bénéficier d’une autonomie de 24 heures au lieu de 3 heures en cas de dysfonctionnement sur le réseau », rapportent les rédacteurs du communiqué.

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