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July 19, 2019

Atelier d’échanges des acteurs de la composante AEPHA de OmiDelta Fonds ANE : Un moment fort enrichissant de partage d’expériences et d’apprentissage mutuel

Alain TOSSOUNON (Cotonou/Bénin)

L’Organisation Néerlandaise de Développement (SNV), gestionnaire du Fonds des Acteurs Non Etatiques (ANE) du Programme OmiDelta a organisé du 28 au 29 mai 2019, un atelier d’échanges à l’intention des Organisations Exécutantes (OE) des projets de la composante Approvisionnement en Eau, Hygiène et Assainissement (AEPHA) financés par le Fonds afin de promouvoir le partage d’expériences et de connaissances ainsi que l’apprentissage mutuel.  Cet atelier a été l’occasion pour les participants composés essentiellement de représentants des OE (AERAMR, Oxfam, SIA N’SON, Helvetas, Protos, ANAP, AProDESE), d’échanger  sur les résultats et enseignements, ainsi que sur les bonnes pratiques découlant de la mise en œuvre de leurs différents projets. Outre les OE, on note la présence des représentants des acteurs clés du secteur dont la Direction Générale de l’Eau (DGEau), l’Agence Nationale d’Approvisionnement en Eau Potable en Milieu Rural (ANAEP-MR), l’Association Nationale des Communes du Bénin (ANCB), l’Assistante Technique du Programme OmiDelta et la GIZ (ProSEHA).

     Photo de famille des participants aux travaux

Avec pour objectifs de renforcer l’échange d’expériences et de connaissances entre les Organisations Exécutantes sur les principaux progrès ; et de proposer des dispositions pratiques pour améliorer la performance des projets, la rencontre a été aussi une opportunité de capitaliser les résultats et bonnes pratiques enregistrés. Face aux représentants des différentes organisations engagées et récipiendaires, le Coordonnateur du Fonds ANE,  a indiqué que désormais, l’heure est aux résultats, sonnant ainsi la mobilisation de tous. Aussi, a-t-il  invité chaque OE, à une analyse critique de l’état d’avancement de son projet afin d’en ressortir les progrès réalisés, les difficultés et les défis à relever. Cette même préoccupation est d’ailleurs partagée de tous les participant(e)s qui, en exprimant leurs attentes vis-à-vis de l’atelier, en ont fait mention. C’est donc dans une ambiance conviviale et une atmosphère d’apprentissage mutuel que l’atelier a pris son envol avec à la clé, trois temps forts : le partage des résultats obtenus par chaque organisation avec les défis relevés (ou à relever) et difficultés rencontrées ; la recherche et l’identification des bonnes pratiques qui font tache d’huile ; les actions à entreprendre  pour améliorer la performance des projets.

La présentation des progrès réalisés a constitué l’un des temps forts de la rencontre. Elle a permis aux différentes organisations, de présenter tour à tour, les résultats saillants enregistrés. Au titre des progrès intermédiaires, on note essentiellement en matière d’AEP : la réalisation et la réhabilitation d’ouvrages, la pose de compteurs d’eau sur les Forages équipés de pompe à motricité humaine (FPM) et la réhabilitation de kiosques à eau en zone périphérique notamment dans la commune de Parakou par AProDESE. On retient aussi comme progrès, le renforcement des capacités des acteurs communaux (élus, cadres et agents) pour garantir la bonne gestion et la durabilité des ouvrages, la promotion de la redevabilité et de la veille citoyenne à travers l’appui aux Associations de Consommateurs d’Eau Potable (ACEP) dans certaines localités. En matière d’Hygiène et d’Assainissement de Base, les résultats sont tout aussi édifiants avec l’évolution du nombre de localités maintenant leur statut d’état FDAL avec les interventions de AERAMR dans la zone sanitaire de Djidja, Abomey, Agbangnizoun. Il en est de même dans les communes de Karimama, Malanville et Kandi avec SIA N’SON en matière de consolidation des acquis de l’ATPC. On note également en termes de résultats, la formation des maçons sur la construction de latrines et particulièrement les latrines à fosse étanche et le lancement du processus de construction d’une station de traitement des boues de vidanges avec Oxfam dans sa zone d’intervention (Ouidah, Kpomassè et Tori-Bossito), le lancement effectif du programme InnEAUvASSion par PROTOS avec comme focus le Sanimarketing dans 5 communes des départements des Collines, du Mono et du Couffo.

Un bouillon d’idées autour des résultats et expériences en cours

Au-delà d’une simple revue des progrès, l’atelier a surtout permis aux organisations récipiendaires, de mettre en débats, leurs défis et craintes parfois communs afin de réfléchir ensemble, sur la façon de les juguler. Au nombre des défis, on note entre autres, le respect des délais contractuels, l’engagement des acteurs communaux à assurer le suivi, la durabilité des investissements, l’atteinte des résultats de qualité, l’évaluation du nombre de personnes touchées par la Communication pour le Changement de comportement, l’emploi durable pour les jeunes et les femmes, … Des discussions et vifs échanges ont permis de mieux comprendre et d’appréhender les contours des approches et stratégies utilisées par chaque organisation. On retient essentiellement que dans leur ensemble, les acteurs sont préoccupés par la durabilité des investissements et les dispositifs et mécanismes à mettre en place pour l’assurer. Ainsi, en matière d’implication des acteurs communaux pour une appropriation et un exercice plein de leurs rôles et responsabilités, si la signature des protocoles ou pactes entre les acteurs clés (usagers, services techniques, délégataires, etc.) et chaque commune constitue une stratégie d’engagement des élus, il convient d’aller plus loin pour garantir la gestion durable des ouvrages et la continuité du service public de l’eau et de l’hygiène et l’assainissement. En d’autres termes, les 5 dimensions de la durabilité doivent être internalisés et opérationnalisés par les acteurs locaux et communaux. En plus de la reddition des comptes et de la veille citoyenne par les ACEP, il importe aussi de dynamiser les cadres de concertation au niveau communal pour un meilleur suivi et contrôle des engagements de chaque acteur et par conséquent de la durabilité.

Par ailleurs, pour mieux suivre l’évolution des progrès et l’atteinte des objectifs fixés, les participants ont eu droit à une présentation globale des résultats de l’étude de référence menée par le gestionnaire du Fonds au niveau des zones d’intervention des 7 projets. Les différents outils utilisés que sont les questionnaires et guides d’entretien ont permis de collecter les informations selon la nature du projet avec l’application Akvo Flow. Les résultats agrégés des projets pour l’année 2018 sont disponibles sur la plateforme IATI au niveau de la page OmiDelta Fonds ANE pour la composante AEPHA. Pour la suite, les points d’attention suggérés portent sur une meilleure définition des indicateurs, la qualité des données collectées et les preuves des résultats rapportés.

Vue partielle des participants au cours des travaux de groupe

Grand moment de partage des meilleures pratiques dénichées

Le partage de bonnes pratiques a constitué le deuxième temps fort de l’atelier au cours duquel, les différentes organisations ont été réparties en deux groupes à savoir celles qui s’investissent dans le sous-secteur AEP (Helvetas, ANAP, PROTOS, AProDESE) et celles qui ont pour champs d’action, l’Hygiène et l’Assainissement de base (Oxfam, AERAMR, SIA N’SON) pour identifier et partager leurs bonnes pratiques.  Cet exercice sur  des expériences qui font école, s’est avéré passionnant pour les participants qui ont partagé plusieurs bonnes pratiques. En matière d’AEP, on note par exemple, la pose de compteurs sur les Forages équipés de pompe à motricité humaine (FPM) de AProDESES permettant de suivre la gestion des délégataires et au-delà, les redevances mais aussi la quantité d’eau consommée par les populations. En outre cette pratique innovante pourrait être pourvoyeuse d’emplois durables pour les jeunes et les femmes chargés de suivre et de gérer les compteurs.

En matière d’HAB, le cas de l’expérience des « tontines latrines » pour la mutualisation des moyens par les ménages favorisant le passage à l’échelle dans les villages FDAL a aussi retenue l’attention des participants. A cela, il faut ajouter l’expérience de Helvetas en matière de transparence et de redevabilité avec des outils et mécanismes pour améliorer la collecte de la redevance au niveau des ouvrages d’AEP, la traçabilité des recettes issues de la vente de l’eau, etc.. A l’issue de cet exercice qui aura montré tout son intérêt pour les organisations mais aussi pour la SNV et le secteur dans son ensemble, les participants ont été invités à poursuivre la recherche de bonnes pratiques et surtout à les documenter.

En marge de la présentation de ces expériences écoles, plusieurs communications ont permis de nourrir les connaissances en matière de promotion d’emploi des jeunes dans le secteur AEPHA  avec Plan International Bénin, d’implication des femmes dans le secteur par la GIZ à travers le Programme ProSEHA, de durabilité avec Oxfam et l’Assistant Technique du programme OmiDelta. La communication sur la durabilité des investissements a montré toute l’importance des mesures à mettre en œuvre pour garantir la continuité du service au-delà de la vie des projets. A cet effet, l’expérience d’appui aux communes en personnel pour renforcer le travail des REHA au niveau du Fonds Acteurs Etatiques (AE) a été partagée. Egalement, les meilleures expériences dans certaines régions du Mali ont davantage permis, de remettre au centre des interventions de toutes les organisations, l’important défi de la durabilité. «C’est une responsabilité de tous, institutions et communautés», a conclu le coordonnateur du Fonds ANE, lançant ainsi un appel à tous pour documenter toutes mesures ou actions entreprises dans le but de garantir la durabilité.

Une feuille de route et des recommandations pour performer

Les participants se sont tournés vers l’avenir au cours du 3e et dernier temps forts de l’atelier. Partant du constat sur le retard dans la mise en œuvre des projets, chaque organisation a été invitée, à élaborer une feuille de route pour améliorer la performance de la mise en œuvre des activités en tenant compte des acquis de l’atelier. Le but n’est pas de reprendre les PTA (sans pour autant exclure des modifications lorsque cela est nécessaire), mais d’identifier les facteurs de réussite et surtout les goulots d’étranglement à la bonne exécution des PTA d’une part et de prévoir des actions à entreprendre pour améliorer la mise en œuvre des interventions. Egalement, les participants ont recommandé la nécessité d’une synergie d’action entre les organisations en matière de dynamisation des ACEP,  de suivi post-FDAL pour le maintien de l’état FDAL.

Au terme de l’atelier, les participant(e)s n’ont pas caché leur satisfaction pour la qualité des échanges. « Nous avons réellement appris. Les échanges que nous avons eus nous permettent de booster la mise en œuvre de nos projets voire d’initier d’autres projets », a indiqué Emmanuel Adjèran de l’ANAP, prenant la parole au nom  des ONG exécutant des projets de petite taille. Pour les projets de grande taille, c’est Edouard Akpinfa de Oxfam qui a pris la parole pour souligner que les expériences partagées permettent d’avoir un autre visage des projets. « Nous partons avec une autre énergie pour la mise en œuvre de nos projets. Nous partons requinqués », a-t-il confié. La représentante de l’ANCB, Euménique Alladatin, qui s’est réjouie également d’avoir participé à cette rencontre de partage de connaissances et d’expériences, a rassuré les organisations récipiendaires de la disponibilité des autorités locales qui pour elle, a désormais à cœur la promotion du secteur de l’eau et de l’assainissement. Pour le représentant de l’Agence Nationale d’Approvisionnement en Eau Potable en Milieu Rural, Joseph Oké, «l’équipe de la SNV a bien fait de n’avoir pas attendu la fin du projet pour capitaliser».

Se félicitant du bon déroulement de l’atelier tout en remerciant les participants pour leur disponibilité et contributions, le Coordonnateur du Fonds ANE a réitéré la disponibilité de la SNV à « continuer à apporter l’accompagnement nécessaire aux organisations exécutantes pour la mise en œuvre efficace et efficiente de leurs projets».

L’atelier a pris fin sur une note de satisfaction avec l’engagement pris par les organisations récipiendaires, d’œuvrer à améliorer la performance de la mise en œuvre des activités des projets et de travailler sur la durabilité qui est à la fois une préoccupation majeure pour les investissements dans le secteur et un engagement contractuel.

Le cap est désormais mis sur des visites d’échanges entre pairs et le rendez-vous est pris pour une séance annuelle d’apprentissage basée sur le vécu des OE pour renforcer le processus d’acquisition de connaissances.

Quelques recommandations de l’atelier :

  • Renforcer la synergie et la complémentarité entre les organisations récipiendaires ainsi qu’avec d’autres programmes/projets ou initiatives en cours
  • Poursuivre les réflexions et partage d’idées et d’expériences sur la durabilité des acquis et les documenter
  • Recourir à l’Association nationale des communes du Bénin (ANCB) en cas de difficultés au niveau des communes
  • Améliorer l’intégration des thèmes transversaux (Gouvernance/Genre/innovations/emploi des jeunes) dans les interventions
  • Améliorer la performance des projets
  • Utiliser efficacement et de façon efficiente les outils et mécanismes de suivi pour favoriser la collecte de données fiables.
  • Prendre des dispositions pour mieux informer les organisations récipiendaires du contenu des réformes en cours dans le secteur et des interventions de l’ANAEP-MR
  • Renforcer la visibilité du programme OmiDelta sur le terrain.
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July 3, 2019

Revue Sectorielle Eau et Assainissement Gestions 2018 : Sous le signe de « la démocratisation de l’accès à l’eau »

Alain TOSSOUNON (Cotonou/Bénin)

Les acteurs du secteur de l’eau et de l’assainissement se sont retrouvés les  28 et 29 juin 2019 à Bénin Royal Hôtel de Cotonou,  pour la traditionnelle revue sectorielle. Ouverte par le ministre en charge de l’eau et des mines, Samou Séidou Adambi, la rencontre a une fois encore permis aux acteurs, de partager et d’échanger sur les progrès mais aussi de mener des réflexions sur des préoccupations majeures en vue d’assurer aux populations, un accès durable à l’eau et à l’assainissement.

Les officiels à l’ouverture des travaux de la revue

C’est pour la 16e fois que les cadres des ministères sectoriels de l’eau et de la santé, les acteurs locaux, les Acteurs Non Étatiques, le secteur privé, les Partenaires Techniques et Financiers  ont été convié à cet exercice de bilan annuel des interventions. En souhaitant la bienvenue aux participants à la cérémonie d’ouverture, le Directeur Général de l’eau (DGEau), Phillipe Armand Adjomayi, a rappelé que cela faisait exactement un an que la précédente revue s’est déroulée. Se félicitant de la tenue de cette rencontre, il a souligné que les revues annuelles constituent « des assises indispensables » pour échanger sur l’avenir du secteur. Elles permettent de « projeter, de planifier et de réaliser d’importants projets », a-t-il ajouté avant de confier fièrement que le secteur de l’eau et de l’assainissement prend désormais son « envol d’antan».

Pour le chef de file des partenaires techniques et financiers, l’ambassadeur du Royaume des Pays-Bas, SE.M Harry van Dijk,  les politiques, stratégies et investissements engagés par le gouvernement, avec l’appui de divers partenaires techniques et financiers, sont de nature à offrir de meilleurs services d’eau potable aux populations d’ici 2021. « Nous espérons vivement que ces efforts se traduisent dans les résultats concrètes pour la partie de la population qui reste non desservie », a-t-il souligné. En matière d’hygiène et d’assainissement de base, il a invité le gouvernement à accorder la même attention au sous-secteur de l’Hygiène et de l’assainissement de base (HAB) encore à la traine. Car, selon les estimations des Nations Unies, la moitié des Béninois pratiquent encore la défécation à l’air libre. Selon l’ambassadeur, le gouvernement se doit d’accélérer la réforme relative à la restructuration du sous-secteur HAB.

En ouvrant les travaux, le ministre en charge de l’eau et des mines, Samou Séidou Adambi, a rappelé l’engagement du Président Patrice Talon de réaliser l’accès universel à travers les 3 projets phares relatifs à l’accès à l’eau potable pour les populations, le renforcement du mécanisme de suivi des ressources en eau souterraine et de surface et leur mobilisation. En termes de réalisations, le ministre a souligné le renforcement des systèmes d’approvisionnement d’eau potable de tous les centres urbains avec les branchements sociaux au profit des plus démunis et surtout, la réalisation en cours de plus de 650 nouveaux systèmes d’adductions en eau potable. Ajoutant qu’avec l’installation progressive des organes de la GIRE ainsi que l’encadrement du secteur par la loi y relative les ressources seront gérées de façon optimale, il a signalé qu’il y a « des raisons certaines pour être fiers que les défis liés à l’eau et à l’assainissement seront relevés ». Pour conclure, il a indiqué qu’avec les réalisations en cours et à venir, on tend vers une « démocratisation de l’accès à l’eau » au Bénin. Et parlant de réalisations, il faut retenir qu’avec la révision du mode de calcul du taux de desserte, le taux d’accès en eau potable en milieu rural est de 62,6% en 2018, selon les résultats de EDSB V/INSAE et de 58% en milieu urbain (Source Soneb). Suite à l’implémentation de l’approche ATPC par plusieurs partenaires, 5271 latrines familiales ont été construites en 2018.

Des recommandations pour un accès durable à l’eau et à l’assainissement

Au cours des échanges durant les deux jours de travaux, des dysfonctionnements, faiblesses ou goulots d’étranglement ont été relevés par les acteurs du secteur. Dans un premier temps, ils ont dans leur ensemble, déploré la réalisation des ouvrages d’eau potable par certaines ONG sans respect des normes en vigueur, le manque de ressources et le faible suivi des interventions des Organisations par les services déconcentrés, le faible renseignement de la Base de Données des Informations (BDI) de la DGEau, le non fonctionnement des organes GIRE notamment le retard qu’accuse l’adoption du décret portant sur l’Agence de l’eau du bassin de l’Ouémé…Surtout, les débats ont été houleux autour de la clarification des rôles des acteurs avec l’apparition de l’Agence nationale de l’approvisionnement en eau en milieu rural. Pour certains acteurs locaux, cette apparition est venue bouleverser la répartition des rôles  au point de faire dire à certains, qu’aujourd’hui, il y a une impérieuse nécessité de situer chaque acteur notamment les communes. « Avec la création de l’Agence, les communes ne se retrouvent plus. On ne sait pas dans nos communes, ce qu’on doit faire », a confié le 1er adjoint au maire de Nikki. En réponse, les représentants de l’Agence ont apporté des éléments d’informations en se référant à la Convention signée avec les communes. Malgré tout, dans les recommandations au terme des travaux, les participants ont retenu la nécessité de tenir des séances d’information sur la répartition des rôles de chaque acteur dans le contexte des réformes mais aussi le renforcement du système de suivi-évaluation, l’augmentation des ressources allouées par le budget national pour la connaissance de la ressource, l’adoption des documents de stratégie en matière d’assainissement en milieu rural et urbain, le renforcement des structures déconcentrées en moyens et les impliquer dans toutes les interventions dans le secteur….

July 3, 2019

Défécation à l’air libre et infections vaginales: Ces maux qui «tuent » les femmes de Djidah Thiaroye Kaw

Paul Kadja TRAORE (Dakar/Sénégal)

Dépourvues de toilettes au sein de leur demeure, certaines femmes qui vivent dans la commune de Djidah Thiaroye Kaw pratiquent la défécation à l’air libre. Ce, depuis plus de 50 ans. Certaines parmi elles ont vu leur toilettes s’effondrées durant la grande inondation de 2008. Durant cette période, les eaux pluviales ont envahi et détruit de nombreuses habitations dans la zone. Cependant, d’autres n’ont jamais eu de toilettes durant toute leur existence.

Djidah Thiaroye Kaw, une des 16 communes de la ville de Pikine (Sénégal). Dans cette commune  des femmes vivent dans des conditions d’hygiène difficile. Faire ces besoins les plus naturels relève d’un véritable chemin de croit. Elles le font en plein air dans un quartier populaire. Il suffit de faire un tour dans la localité pour se rendre à l’évidence. Difficile d’échanger sur cette situation sanitaire difficile d’échanger sur cette situation sanitaire ;« Arrêtez de nous importuner avec vos enquêtes «débiles» sur l’état de nos sanitaires. Vous ne faites rien pour nous aider à en disposer ». C’est avec ces mots sèchent et sur un ton rude que le père de famille, interrompt notre interview avec une de ses filles.  La colère du vieux est néanmoins justifiée par ses voisins.

En effet, ils nous renseignent que sa maison est souvent cible d’enquêtes sur les besoins de blocs sanitaires depuis quelques années maintenant. Toutefois, les promesses de ces soi-disant bienfaiteurs ne se sont jamais concrétisées. Le décor sinistre et l’odeur nauséabonde qui dégagent dans la maison, en disent long sur le vécu de ces résidents.

Cependant, avant l’arrivée de son père Fama Diagne, une fille de 16 ans, habillée d’un t-shirt marron et d’un pagne en wax aux couleurs délabrées, nous a mis au parfum de sa souffrance. « Je rêvais d’avoir un avenir meilleur que mes parents, de devenir médecin pour guérir les malades et prendre soin de mes parents.  Mais surtout, les loger dans une maison convenable où j’exigerais que les toilettes soient construits en premiers », confie notre interlocutrice. Les yeux étincelants durant sa narration, nous montre à quel point, ce rêve lui tient à cœur.

Malheureusement, poursuit-elle, après un long silence, « j’ai dû quitter l’école l’année dernière. Alors que j’étais en classe 4e secondaire ». « Je ne pouvais plus supporter les remarques de mes camarades d’écoles. Souvent, en passant dans la rue, les gens m’interpellent sur les tâches qui se trouvaient sur mes habits.  C’était une infection vaginale qui se manifestait par l’écoulement de liquide blanche dans les parties intimes »,  révèle-t-elle avec le cœur meurtrie. Poursuivant, elle souligne que ces remarques dans uns et des autres l’anéantissait au plus profond d’elle. Car, relève-t-elle, certains faisaient des efforts en me mettent sur le slip qu’elle portait afin d’éviter que les habits soient tâché.

Ainsi, elle estime que c’est la conséquence de la défécation à l’air libre. « A cause de l’absence de toilette dans la maison, pour me soulager, je  me rends à quelques mètre de chez nous dans une maison en ruine. C’est là-bas où je fais mes besoins. Et, l’état d’insalubrité de cette demeure a fini par me rendre malade »,  avoue-t-elle avec regret. Aujourd’hui, Fama Diagne espère trouver, une bonne volonté pour l’aider à se soigner et à reprendre le chemin de l’école. Son regard hagard en dit long sur sa frustration face à cette situation.

Toutefois, l’arrivée du chef de famille a mis fin à notre conversation. Cap, pour un autre quartier, toujours dans la commune de Djidah Thiaroye Kaw.

Le constat  est le même dans presque tous les grands quartiers qui constituent la communeDans ces vingtaine de quartiers, impossible pour un étranger de rester quelques minutes dans les ruelles. Les riverains dépourvus d’un bon système d’assainissement creusent dans un coin de leurs ruelles un énorme trou pour contenir les eaux usées en provenance des fosses septiques des maisons. Depuis plus de cinquante ans, les habitants de Djidah Thiaroye Kaw vivent dans ces conditions. D’autres encore pire, avec l’absence de toilette dans leur demeure.

Une vie sans toilette

Aminata Loum et ses filles squattent les endroits non fréquentés pour se « soulager»

« C’est dans les années 1968, que j’ai déménagé dans ce quartier. Je vis ici depuis plus de cinquante ans et je n’ai jamais eu de toilette dans ma maison »,  narre Aminata Loum, habitant dans le quartier Lansar.  Agée de 70 ans, la vieille que nous avons trouvé en train de faire le linge, soutient que depuis qu’elle a quitté les Allée Centenaire, au cœur de la capitale sénégalaise, elle n’a jamais eu accès à l’eau encore moins à des toilettes. « J’ai des enfants. Tous des filles. L’aînée à plus de 50 ans. Mais, filles ont grandi sans toilettes. Nous avons aménagé un coin de notre maison pour prendre le bain.  Mais également,  pour les besoins naturelles.  Nous utilisons des pots de chambres pour les enfants.  Et, les autres squattent les coins déserts. Ce qui n’est pas une évidence dans ce quartier populaire»,  renseigne Aminata Loum avec une voix pleine de tristesse. Toutefois, elle reconnait que le fait de faire la défécation à l’air libre ne l’honore. « C’est notre dignité qui est bafouée. Seulement, nous n’avons pas le choix »,  regrette-t-elle. Aminata Loum avoue également qu’elle et sa famille sont souvent sujettes de maladies respiratoires, d’infections vaginales et de constipations.  «Mes infections vaginales ruinent ma vie, par gêne je suis dans obligation de laver moi-même mes habits, car souvent mes pagnes dégagent une forte odeur ». « A mon âge c’est épuisant » s’indigne-t-elle « Face à ces maladies, nous sommes impuissantes. Parce que, nous n’avons pas les moyens de nous soigner correctement. Aussi, nous nous contentons de la prise de médicaments traditionnels. Et, ces médicaments ont peu d’effet sur nos maux », se désole la vielle dame. Au quartier de Ainoumane 3, le constat est le même : eaux usées et ordures ornent le décor. Une situation qui, visiblement, ne dérange plus personne dans ce quartier. Mais, le manque de toilette pèse sur la famille Ba. Trouvée en train de préparer le repas de midi pour sa petite famille, Dieynaba Bâ, la quarantaine, se plaint de ne pas disposer de toilette dans son foyer. «Je suis née et j’ai grandi dans ce foyer, il y a plus de 40 ans. Chaque jour, nous vivons cette situation humiliante. Le fait d’être obligé de faire nos besoins dans des maisons abandonnées avec tous les dangers que cela comporte, nous brise le cœur et affecte notre santé. Je suis, certes habituée, aux odeurs infestes qui se dégagent dans les maisons abandonnées, cela ne peut pas m’empêcher de me soulager. Mais, j’avoue qu’après cela, dès que je sors de ces toilettes la honte m’envahi. En plus, je souffre d’infection vaginale chronique, et des démangeaisons entre les cuisses, du coup je passe mon temps à me gratter. J’ai subi trois avortements déclenché par des infections vaginales aggravées », se désole-t-elle. Poursuivant sa narration, la dame dit ne pas comprendre l’absence de réaction des autorités publiques. Leur silence, dit-elle, est décevant pour la population de ces banlieues de la capitale.  «Hormis les quelques travaux d’installation de station d’épuration faite par l’Office national d’assainissement du Sénégal (Onas) qui n’est bénéfique qu’aux quartiers périphériques. La réhabilitation de la route principale qui  n’a pas résisté aux dernières inondations, rien n’a été réalisé par les autorités pour nous sortir de cette situation alarmante. Et, de nous permettre d’avoir des toilettes adéquats», tance-t-elle.

Au quartier Touba-Pikine, c’est le même scénario. Awa Samb, une maman se plaint également du manque de toilette chez elle. L’odeur infernale qui dégage à l’intérieur de sa demeure résume la situation. Cependant, elle confie-t-elle : « j’occupe une des chambre de cette maison, avec mon mari et nos trois enfants. La maison dispose de six chambres, toutes occupées par des locataires et leurs familles». Awa Samb soutient que : «Certains, parmi eux utilisent des pots de chambre, qu’ils vont déverser une fois la nuit tombée dans le bassin de rétention sise derrière notre quartier, construit pour capter l’eau pluviale enfin d’éviter l’inondation. Pour ma part, je préfère me rendre dans les maisons abandonnées ». «Mais ce qui est plus grave, souligne la dame, c’est que maintenant, nous avons constaté des serpents sortir de ces déchets et de ces eaux qui bordent de ces  maisons abandonnées. Et le danger est d’autant plus grave que nos enfants circulent tout autour sans la moindre surveillance. Ce qui du jour au lendemain risque d’avoir des conséquences incalculable». Aussi, lance-t-elle un SOS aux autorités de sa localité.

Espoir des toilettes publiques pour abréger les souffrances   

A la mairie de ladite commune, M. Déme, le chargé du cadre de vie, reconnaît que ce sont les femmes et les jeunes filles qui souffrent le plus du manque de toilettes dans leurs maisons. A l’en croire, malgré tous les efforts fournis par les différents partenaires (Etat et Ong), la commune n’arrive toujours pas à accompagner les familles dans l’installation des toilettes appropriées. « Notre commune fait partie des localités les plus démunies de la ville de Pikine. C’est ce qui explique l’absence de toilette dans certains ménages, ces occupants n’ont pas les moyens d’en disposer du coup ils se voient dans l’obligation de satisfaire leurs besoins en dehors de chez eux », précise-t-il. Avant d’ajouter que « d’autres ont été impacter par les inondations des années précédents, c’est durant ces catastrophes qu’ils ont perdu une partie de maison et leur toilettes étaient devenu impraticable ». 

En guise de solution, l’adjoint au maire, annonce la construction prochaine de toilette publique.

 

May 31, 2019

SENEGAL: NEBULEUSE DANS LE CONTRAT D’AFFERMAGE: Le forum social dépose une plainte contre Suez au tribunal de Paris

Par Jacques Ngor SARR (Dakar)

L’amélioration des conditions de vie et l’accès à l’eau potable préoccupent au plus haut point le Forum Social Sénégalais. Après avoir dénoncé le manque de transparence dans l’attribution du contrat d’affermage de la gestion des services de distribution de l’eau en milieu urbain et péri –urbain au Sénégal, le forum social Sénégal est passé à une vitesse supérieur. Lors de sa conférence de presse ce jeudi, Mamadou Mignane Diouf, coordonateur du FSS et ses camarades ont annoncé une plainte contre la société française Suez. 

Ainsi au terme des différentes réunions, tenues durant les deux premières semaines de ce mois, le forum social, de concert  avec leurs collègues de France et de Belgique ont convenu de Porter plainte contre SUEZ au Tribunal de Première Instance de Paris, chargé des questions économiques. De faire copie de cette plainte qui sera soutenue par les Organisations partenaires de la France , de la Belgique, de l’Italie, etc, à Anti- Cor, a déclaré Mignane Diouf
 Et ce n’est pas tout, puisque le forum social va saisir aussi l’OFNAC, avec l’ensemble des éléments en leur possession, et toutes les Institutions compétentes dans ce genre de dossier.
« Dans les prochaines semaines, une délégation du FAME sera à Dakar, dans le cadre des préparatifs du Forum mondial de l’eau prévu chez nous en 2021 ; et ce sera là une occasion de nous adresser encore à l’opinion nationale sur ce dossier qui pourrait être considéré comme le plus gros scandale dans la gouvernance de l’eau depuis les indépendances », a laissé entendre le coordinateur du forum social sénégalais. Ce dernier motive cette démarche par des soupçons de corruption, et de conflit d’intérêts: «Nous avons constaté qu’en qu’en 2016, lorsque le Gouvernement lançait l’Appel d’offres, SUEZ, a remis en mars 2016, plusieurs véhicules à la ville de St Louis, dont deux bennes tasseuses ont été officiellement réceptionnées devant la presse nationale par le Maire de la ville, qui se trouve être le Ministre de l’hydraulique. ( voir reportage du Soleil du ……) Pourtant, jusqu’à cette date de l’Appel, SUEZ n’a aucune activité liée à l’environnement au Sénégal pouvant expliquer et justifier une donation de cette nature. On a aussi entendu le directeur dire : ‘Au Sénégal nous avons dépensé beaucoup de millions d’euros dans cet appel d’offres’. Donc des millions d’euros dépensés dans cet appel d’offres, des dons annoncés, que ce soit un don en kilos de colas ou de quelque autre valeur que ce soit, dans le cadre d’un appel d’offres  réunissant des soumissionnaires et des responsables de l’appel, cela nous a amenés à nous poser des questions».  

“Par ailleurs SUEZ, avec son partenaire local, CDE- Consortium des entreprises- a déjà obtenu le marché de KMS3 (construction du site de Ker Momar Sarr3,) qui est sensé renforcer les adductions d’eau vers Dakar, depuis le Lac de Guier. Dans ce cadre, le même opérateur (SUEZ) devrait donc être celui qui construit les infrastructures, et qui exploite en même temps, le réseau de production et de distribution d’eau dans le cadre du contrat d’affermage. C’est là un flagrant conflit d’intérêt qui n’est pas acceptable », s’indigne Mignane Diouf.

May 23, 2019

Dialogue des partenaires sur la Gestion de l’Hygiène Menstruelle : Vers la prise en compte de la problématique dans les politiques publiques

Alain TOSSOUNON (Cotonou-Bénin)

Les officiels au cours du lancement des travaux

Du 23 au 24 mai 2019 se tient au Golden Tulip le Diplomate Hôtel de Cotonou, le Dialogue des parties prenantes sur la Gestion de  l’Hygiène Menstruelle (GHM) au Bénin. Initié par le Ministère de la santé en collaboration avec la Fondation Claudine Talon et le Conseil de Concertation pour l’Approvisionnement en eau et l’assainissement (WSSCC), ce dialogue  des partenaires qui rassemble plusieurs partenaires venus du Niger, du Sénégal et du Bénin constitue une étape importante d’un processus que tous les acteurs du sous-secteur de l’hygiène et de l’assainissement de base appelle de tous les vœux pour la prise en compte de la problématique de la Gestion de l’Hygiène Menstruelle dans notre pays dans les politiques et stratégies de développement.

 

Au Bénin, on estime que les contraintes liées à l’hygiène menstruelle sont parmi les causes d’abandon des classes de près de 11% des filles réglées. Selon les études récentes, une fille sur 10 manque l’école en raison de ses menstrues en Afrique saharienne. Egalement, de façon générale, les études menées au Bénin et dans la sous-région révèlent que les femmes et les filles en situation rencontrent les mêmes problèmes : la honte, le tabou, des absences du travail et de l’école et une souffrance silencieuse due au manque d’installations et de produits appropriés.

Face à cette situation préoccupante, le dialogue des partenaires a pour objectif, d’accompagner le gouvernement et les diverses parties prenantes pour une meilleure compréhension des enjeux liés à la GHM, tout en contribuant à l’amélioration des pratiques à travers un pool de formateurs en GHM qui multiplieront les sessions afin d’atteindre les populations du Bénin. Avant tout, la rencontre de Cotonou permettra de mieux comprendre l’étendue des défis auxquels font face les femmes et les filles en matière de GHM à l’école et en dehors, au travail, dans les marchés, à partir des études disponibles et des expériences vécues, d’identifier les acteurs sensibles et motivés pour promouvoir la problématique de la GHM dans les politiques, programmes et stratégies nationales, de fédérer les compétences et mutualiser les ressources pour une meilleure efficacité des interventions et enfin de disposer d’une masse critique de formateurs qui ont la connaissance requise et la compétence didactique en GHM.

A l’ouverture du dialogue, le Directeur de cabinet,  Pétas Enagnon Akogbéto, a rappelé  que suite à l’adoption des ODD par les gouvernements, une recommandation forte de ne laisser personne de côté a été faite au niveau de la cible 3 de l’Objectif 6.2. Selon cette recommandation,  une attention particulière doit être accordée aux femmes et aux filles ainsi qu’aux personnes vulnérables. Egalement, dans la course pour l’atteinte des ODD, le directeur de cabinet a précisé la nécessité de la prise en compte de la dimension de l’équité et de non-discrimination souvent oubliée et cachée par les statistiques globales. Précisant l’importance du dialogue, il a soutenu que le Ministère de la Santé a voulu jouer sa partition sur le sujet « sensible » que constitue la gestion de l’hygiène menstruelle. « Les menstruations sont encore un tabou avec les attitudes et croyances culturelles négatives qui freinent l’épanouissement de la femme. Les femmes et les adolescentes en période de menstruation sont souvent considérées comme «sales» ou «impures», et sont parfois contraintes à l’isolement forcé, à une mobilité réduite et à de restrictions alimentaires», a-t-il regretté. Constatant que plusieurs acteurs indépendants comme Catholic Relief Services, Fondation Claudine Talon, Plan Bénin, UNICEF interviennent de façon éparse, le directeur de cabinet a salué leur engagement avant de lancer un  appel à la recherche d’une meilleure connaissance du phénomène pour des actions plus concertées, plus coordonnées et donc plus efficaces.

Photo de famille des participants

Avant l’intervention du représentant du ministère en charge de la santé, Mme Sabine Vicentia Glèlè de la Fondation Caludine Talon, a reconnu que « la situation de la femme en menstrues est inacceptable ». Car, soutient-elle,  à l’école comme au travail ou en communauté, lorsque surviennent  les menstrues, la femme ou la fille est victime de l’isolement forcé, de l’exclusion des activités sociales ou scolaires, victime de la stigmatisation. Indiquant que c’est une violation de la Convention des Droits de l’Enfant, de la Convention pour l’élimination de toutes formes de discrimination à l’égard de la femme, elle a signalé que la Fondation Claudine Talon qui a pour vocation première d’améliorer les conditions de vie des femmes et des enfants en situation difficile au Bénin, s’investit depuis peu dans la gestion de l’hygiène menstruelle. Au total, 296 filles sont touchées par leurs interventions et 637 kits de serviettes ont été distribués dans 51 écoles au profit des filles.

Pour la chargée des programmes au niveau de l’Unité de l’Afrique de l’ouest du Conseil de Concertation pour l’approvisionnement en eau et l’assainissement (Wsscc),  Saskia Castelein, dont l’organisation intervient au Bénin à travers le Programme d’Amélioration de l’Accès à l’Assainissement et des Pratiques d’Hygiène en milieu Rural, les expériences du WSSCC en matière de Gestion de l’hygiène menstruelle ont permis de dégager plusieurs enseignements. Au nombre de ces enseignements, elle a souligné que la GHM est un sujet multidimensionnel qui nécessite une approche multisectorielle, elle a aussi des liens avec le secteur WASH, l’égalité des sexes, les droits des femmes, l’éducation, l’environnement, le travail, etc.

L’atelier se poursuit et devra à terme, déboucher sur une feuille de route après la mise en place d’une communauté d’acteurs institutionnels et opérationnels pour animer un dialogue entre parties prenantes. Egalement, les travaux permettront de mieux comprendre la problématique GHM et surtout sa prise en compte et sa priorisation dans des programmes et stratégies nationales adressant les ODD.

 

May 20, 2019

Dr Halidou Kouanda au sommet Africasan5 : «Il y a des initiatives et des expériences intéressantes à travers l’Afrique et le monde »

La 5e Conférence internationale sur l’hygiène, l’eau et l’assainissement (AfricaSan 5) s’est tenue en Afrique du Sud précisément à Cape Town du 18 au 24 février 2019. Le Burkina Faso y a participé. Le pays des Hommes intègres s’y est rendu avec des techniciens, des experts et des professionnels de l’eau, l’hygiène et l’assainissement. A la fin des travaux, nous avons saisi l’occasion pour échanger avec l’un d’entre eux. Il s’agit du Dr Halidou Kouanda, Directeur Pays de WaterAid Burkina Faso. Voici ce qu’il nous a confié. Lisez plutôt !

 

Dr Halidou Kouanda, Directeur Pays de WaterAid au Burkina-Faso (Crédit Photo: Faso.net)

Au terme de cette 5e Conférence qui vient de se tenir à Cape Town en Afrique du Sud, qu’est-ce qu’il faut retenir comme principaux enseignements ?

Le premier enseignement qu’il faut retenir, c’est l’engagement renouvelé des Etats africains et de l’ensemble des acteurs pour faire de l’assainissement une priorité. Car les bénéfices qu’on peut avoir avec un assainissement amélioré sont très importants surtout sur le plan économique et sanitaire. Pour que l’accès universel à l’assainissement soit une réalité d’ici 2030 partout sur le continent africain, il est nécessaire que les personnes actuellement exclues du service puissent être touchées par les différentes interventions. Le second enseignement est relatif aux innovations qui ont été présentées. On a vu toute cette semaine beaucoup d’innovations en matière d’assainissement surtout dans le domaine de la technologie. Pour un pays comme le Burkina Faso où les ressources en eau se font de plus en plus rares, il est impératif d’utiliser des technologies moins exigeantes en eau. Par exemple, il nous faut réduire les quantités d’eau (potable) utilisée par les toilettes à chasse. Nous en avons vues au niveau des stands d’exposition qui n’utilisent que 1,5 à 2 litres. Le troisième enseignement c’est l’apprentissage et le partage d’expériences. Nous avons eu l’opportunité d’échanger à travers les différentes communications et les sessions qui ont été organisées. Il y a des initiatives et des expériences intéressantes à travers l’Afrique et le monde. Elles ont été menées avec succès grâce à des hommes et des femmes qui ont assuré un leadership de haut niveau. En ce qui concerne le cas spécifique du Burkina Faso, nous attendons qu’à la suite du président du Faso le ministère en charge de l’eau et de l’assainissement assure un leadership clair, fort et sans relâche sur tous les maillons du secteur.

 

L’évaluation des engagements pris à Ngor au Sénégal a montré qu’il y a eu très peu de progrès par rapport à cette 5e conférence. Selon vous, comment les Etats peuvent-ils combler ce déficit d’engagement ?

Il y a des efforts qui ont été fournis par les Etats mais on est encore très loin des objectifs communément fixés. Tant que les départements ministériels qui gèrent les ressources financières de nos Etats ne vont pas consacrer un minimum de moyens pour le secteur de l’eau et l’assainissement, les engagements pris çà et là par les gouvernements ne seront pas tenus. Si pour une raison ou une autre, on réduit les budgets déjà insuffisants alloués au secteur, vous comprendrez que les indicateurs de progrès ne feront que stagner. S’engager c’est bien, se donner les moyens de réaliser ses engagements c’est encore mieux. Au-delà des ressources financières, il faut que les leaders donnent l’exemple. Il est très fréquent de voir dans nos villes des comportements qui trahissent les ambitions des plus hautes autorités de faire du Burkina Faso un pays moderne. Je veux parler de la défécation dans les caniveaux et autres espaces non bâtis, de jour comme de nuit, et à visage découvert. Fort heureusement, cette pratique est rarement observée chez les femmes. Chacun de nous a un parent cher ou une personne chère qui vit au village et que nous pouvons aider à disposer d’une latrine ne serait-ce que simple, plutôt que d’attendre que la mairie s’en charge. Un leadership fort et actif combiné à une solidarité agissante peuvent nous faire faire un bond significatif vers l’accès universel à l’assainissement dans les délais convenus.

 

Vous prenez le cas spécifique du Burkina Faso, que compte faire WaterAid pour aider les populations?

Nous allons renforcer ce que nous faisons déjà, notamment le plaidoyer pour davantage de budget pour l’assainissement, le renforcement des capacités des différents acteurs, notamment des communes, un leadership renforcé du ministère en charge de l’eau et de l’assainissement. Notre contribution c’est aussi des actions concrètes à travers les différents projets que nous mettons en oeuvre. Il va falloir accélérer la sensibilisation des populations pour l’adoption des bonnes pratiques d’hygiène et l’entretien des ouvrages. Nous continuerons de participer au dialogue sectoriel pour faire entendre la voix des communautés. Nous bénéficions pour cela de l’appui de partenaire, tels que la Coopération suédoise, la Coopération danoise, l’Union européenne, l’Unicef, les fondations Bill et Melinda Gates, Margarett A. Cargill, Helmsley Trust. Nous sommes reconnaissants de cet accompagnement sans lequel ce serait difficile d’agir sur le terrain. Une des résolutions prises à cette 5e conférence est l’interpellation des chefs d’Etat de l’UA par rapport aux engagements de Ngor, quel commentaire en faites-vous ? Vu le niveau de progrès de l’ensemble des pays, cette interpellation à l’endroit des gouvernements vient à point nommé parce qu’ils sont les chefs d’orchestre. Je pense que cette interpellation devrait véritablement pousser les Etats à faire davantage d’efforts pour que les engagements qui ont été pris à Ngor ne restent pas lettre morte puisque 2030 n’est pas si loin. C’était aussi une bonne plateforme pour le faire. La charge revient aux participants des différents pays y compris le Burkina Faso, une fois de retour, de rendre publique la déclaration de Cape Town. Il ne faudra pas se contenter de communiquer, mais il faut aussi mieux s’organiser, mutualiser les moyens pour mieux agir parce que le pays a besoin des efforts de toutes les catégories d’acteurs. Quelles sont concrètement les perspectives pour WaterAid dans les 6 prochains mois ? Pour ce qui nous concerne, nous allons poursuivre le plaidoyer en faveur de l’assainissement mais aussi accélérer la mise en œuvre des projets et programmes que nous conduisons déjà. Nous envisageons organiser au cours de l’année 2019, une conférence régionale sur la gestion des boues de vidange qui sont une problématique émergente pour l’ensemble de nos pays mais encore plus pour le Burkina Faso quand on sait que rien que dans la ville de Ouagadougou, les espaces qui sont offerts aux vidangeurs pour décharger les boues collectées au niveau des familles, se rétrécissent. En la matière, il y a urgence à agir et cette conférence va réunir l’ensemble des acteurs du Burkina Faso et des pays de l’Afrique de l’Ouest pour y réfléchir et partager les expériences. Nous espérons bénéficier de l’accompagnement de tous les acteurs au niveau du Burkina Faso mais aussi, des organisations sous régionales et internationales.

Le nerf de la guerre, c’est le financement, est-ce que vous bénéficiez de l’accompagnement des partenaires techniques et financiers pour ce projet ?

Pour cette conférence, nous avons déjà un soutien financier de la fondation Bill et Melinda Gates. Nous avons bon espoir que nous pourrons boucler le budget pour offrir les meilleures conditions de réflexion aux participants. Je suis très confiant que d’autres acteurs, tels que l’ONEA et certains ministères s’associeront à cette initiative. Ensemble, nous y arriverons.

 

                                       Propos recueillis par Ben Issa TRAORE/Journal le Pays

May 16, 2019

Félix Adégnika: «Il faut briser tous les tabous d’exclusion liés à l’hygiène menstruelle»

Félix ADEGNIKA, Coordonnateur national Wsscc-Bénin

La question de l’hygiène menstruelle est encore un tabou dans notre société et les écoles ne sont pas préparées à faire face à la problématique lorsque les menstrues surviennent. Dans cet entretien, le Coordonnateur du Conseil de concertation pour l’approvisionnement en eau et l’assainissement (Wsscc) dont l’organisation travaille sur cette problématique, lève un coin de voile sur la situation dans les établissements scolaires avant de proposer des pistes de solution pour que le Bénin encore en retard, rejoigne les pays de la sous-région qui ont fait de cette problématique, une priorité.

Que savez-vous de la gestion de l’hygiène menstruelle dans nos écoles au Bénin?

La problématique de la gestion de l’hygiène menstruelle est une problématique mondiale. D’ailleurs, la communauté internationale a vu l’importance de cette thématique en l’inscrivant dans les Objectifs de développement durable (Odd 6.2)  en accordant une attention particulière aux besoins des femmes et des filles et des personnes en situation vulnérable. Là où on parle d’équité et de la non-discrimination. Au plan mondial, les adolescentes surtout, perdent 4 à 5 jours d’école par mois. C’est une perte énorme. Une récente étude de la Fondation Claudine Talon a montré que 13% des cas d’abandon des filles dans les cours du primaire pour 50% sont liés à la question de la gestion de l’hygiène menstruelle et pour deux raisons fondamentales : la première, c’est les railleries, qui comptent pour 30%, et pour 70% les malaises  que les filles ressentent. Dès que la fille est tâchée à l’école, et les filles sont de plus en plus précocement réglées, les autres garçons pensent qu’elle « a fait voyou », et elle file droit à la maison, parce que les mamans, n’ont pas préparé les filles à connaître leur corps, à savoir que ça peut arriver à tel moment, et les dispositions qu’il faut prendre. On perd beaucoup de filles qui ne viennent pas à l’école pendant 5 jours et après, abandonnent l’école. Vous voyez tout ce que ça pose comme problème pour le maintien des filles à école ?  La deuxième raison, dans la communauté, c’est encore plus grave. Une femme qui a ses règles ne peut pas faire à manger à son mari ; elle ne peut même pas dormir près de son mari. Il faut briser tous ces tabous d’exclusion qui causent d’énormes préjudices au bien-être social.

Que peut-on faire pour briser les tabous?

A dire vrai, le Bénin est encore en retard par rapport à cette problématique parce qu’il n’y a pas encore de position officielle. Une bonne partie des ONG qui interviennent le font de façon isolée. La première structure qui s’en occupe au Bénin et dont on peut parler, c’est la Fondation Claudine Talon. Mais, Catholic relief service par le passé a fait une étude qui a montré l’importance de la question. Il n’y a pas de position officielle. Wsscc est en train de proposer un plan d’action pour 2019. Nous en avons discuté avec la première dame à qui nous avons demandé de parrainer cet événement. On veut même lui proposer d’être l’ambassadrice de la gestion de l’hygiène menstruelle au Bénin. Nous allons avoir, probablement vers la fin mai 2019, un dialogue des parties prenantes. Tous ceux qui interviennent dans le secteur vont se mettre autour d’une table pour faire la cartographie des interventions ; la cartographie des acteurs pour mesurer l’importance de la problématique. De cette rencontre on va sortir une feuille de route. Nous avons des idées par rapport à ce que Wsscc a fait au Sénégal, au Cameroun, au Niger et qui a porté des fruits.  Nous sommes en train de courir pour trouver d’autres partenaires, Unicef, Plan Bénin…pour qu’on puisse aller ensemble à ce dialogue afin d’élaborer la feuille de route. Pour le moment, on a assuré le financement de cette table ronde mais on n’est pas sûr de pouvoir couvrir les charges qui vont découler de la feuille de route que le Bénin va élaborer. Notre objectif, c’est d’attirer l’attention sur le sujet, de faire en sorte que la gestion de l’hygiène menstruelle puisse rentrer dans les politiques et les stratégies de développement. Vous avez vu ce que ça entraîne au niveau des écoles, au niveau des enfants, au niveau de la famille. On n’a pas fait une étude sérieuse pour mesurer l’importance économique et sociale du phénomène. Mais, il faudra le faire pour prendre conscience. Le deuxième point de l’action que nous envisageons de faire, c’est ce que les anglophones appellent le « TOT» (Training of trainers) en français « formation des formateurs ». Nous voulons avoir une masse critique de personnes qui sont déclenchées (journalistes, universitaires, acteurs de la société civile…), qui seront sensibilisées sur le sujet. On va avoir les experts d’Onu Femmes, les experts de Wsscc qui viendront de Genève et des pays africains qui ont déjà fait l’expérience et qui viendront nous former pour qu’on puisse retourner sur le terrain, au niveau infra national, au niveau communautaire pour pouvoir remuer la question. Notre souhait est que l’Etat puisse prendre conscience de cette problématique pour pouvoir l’intégrer. Cela n’existe nulle part. On a dû forcer pour qu’on puisse la mettre dans la stratégie nationale de promotion de l’hygiène et de l’assainissement de base. C’est juste marqué ‘’la Gestion de l’hygiène menstruelle est une préoccupation’’. On ne l’a pas déclinée en plan, en activités, en plan d’actions avec un financement précis pour adresser le problème. On va faire vers la table ronde des parties prenantes, on va faire la formation des formateurs qu’on veut leur proposer de mettre dans le plan d’actions. Si cela est retenu dans le plan d’actions, Wsscc pourra financer en cherchant des partenariats ; après on va organiser une table ronde de haut niveau pour amener les bailleurs de fonds à financer la feuille de route. La première dame a une idée claire dans sa tête, elle est très engagée sur les questions d’hygiène menstruelle et on peut compter sur elle.

Mais, il y a le problème du manque d’infrastructures adéquates  dans nos établissements scolaire pour faire face à la situation…

C’est un tout. Aujourd’hui, on dit que 89% des écoles sont dotées de latrines. Théoriquement, les latrines sont là mais, pour la moitié, ces latrines-là ne sont pas fonctionnelles, pour la moitié elles ne sont pas sexo-spécifiques. Dans une école, vous avez peut-être deux blocs mais un bloc est réservé aux enseignants et c’est un seul bloc qui est réservé à près de 300 élèves. Les gens font la queue, ceux qui ne peuvent pas supporter 15 minutes d’attente vont déféquer à l’air libre. Le plus grave, c’est les filles qui ont leurs règles. C’est très difficile pour elles de pouvoir se changer. Dans notre tête, et compte tenu de ce qu’on a fait dans les autres pays, nous savons ce qu’il faut faire mais on ne veut rien imposer au Bénin. Au Sénégal par exemple, dans chaque école on a des pairs/paires éducateurs/éducatrices. Dès que la fille a ses règles, elle va voir cette personne qui la prend en charge. Dans les écoles, on met à la disposition des filles, des kits qu’on appelle ‘’coin Ghm’’ où on sait que la fille peut se changer rapidement, qu’elle peut être prise en charge rapidement si elle a des malaises. Vous savez, les problèmes sont énormes et malheureusement ne sont pas adressés. Moins de la moitié des écoles, surtout en milieu rural ont un point d’eau. Pour se changer, pour se laver, il faut de l’eau propre. Il faut inclure cela dans une stratégie et j’aimerais qu’on puisse aller vers cela mais je ne peux rien vous dire aujourd’hui. C’est le Bénin qui va choisir sa voie. Si on se met autour de la table et qu’on discute, on va pouvoir gérer ce qui va en découler.

Propos recueillis par Alain TOSSOUNON

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April 1, 2019

« Nous sommes sur la bonne voie au Niger», dixit le directeur de l’assainissement Dan Dobi Moussa

Dan Dobi Moussa, Directeur Général de l’assainissement

Membre de la délégation du Niger au sommet Africasan5 de Cape Town, le Directeur Général de l’Assainissement au Ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement du Niger,  a indiqué que son pays ne manque pas de faire des efforts pour tenir ses engagements. Il est convaincu que c’est la volonté politique qui fera bouger les lignes dans le secteur de l’hygiène et de l’assainissement.

« Tout d’abord, je remercie l’UNICEF pour nous avoir invité à ce grand forum. Nous avons remarqué que le Niger est bien positionné par rapport aux engagements de Ngor. D’après les interventions du Ministre Sud-Africain de l’Eau et de l’Assainissement et tous les autres intervenants, je pense que nous sommes sur la bonne voie. La première des choses qui a été souligné au cours de cette conférence internationale sur l’assainissement et le forum sur les boues de vidange, c’est la nécessité d’un engagement politique. Et donc au Niger, cet engagement existe avec l’adoption par le gouvernement, le 09 mais 2017, d’un important programme national qui fixe toutes les interventions dans le secteur de l’eau et de l’assainissement dénommé «Programme Sectoriel Eau, Hygiène et Assainissement » (PROSEHA). Il reste maintenant les défis de mobilisation de ressources conséquentes pour accompagner ces engagements pour améliorer d’avantage la situation de l’assainissement. »

Propos recueillis  par Ibrahim Diolombi Mahamadou/REJEA

 

March 18, 2019

Célébration de la Journée internationale de la Femme : De jeunes collégiennes sensibilisées aux métiers de l’eau

Alain TOSSOUNON (Cotonou/Bénin)

Une vue partielle des collégiennes en présence des femmes professionnelles

Avec le soutien du PROSEHA-GIZ, le Réseau Béninois des Femmes Professionnelles de l’Eau et de l’Assainissement (RBFPEA) était face aux jeunes filles du Collège Notre Dame des Apôtres de Cotonou dans le cadre de la Journée Internationale de la Femme. En marge des manifestations folkloriques et discours d’appel à l’action en faveur de la gent féminine, les femmes professionnelles ont invité leurs jeunes sœurs et filles à s’intéresser aux métiers de l’eau et de l’assainissement. La séance s’est déroulée dans l’enceinte du collège, le vendredi 15 mars 2019.

 

Susciter des vocations et préparer la relève dans un secteur où la femme est toujours laissée-pour-compte dans sa gestion. C’est le combat des femmes du réseau qui ont quitté temporairement leurs bureaux ou le terrain pour consacrer leur temps aux jeunes filles du collège Notre dame des apôtres. Fortement mobilisées à cette séance inédite, les curieuses jeunes filles avaient bien hâtes de savoir ce qu’elles ont à gagner en embrassant ce secteur où les hommes ont toujours décidés pour les femmes.

L’attente aura été de courte durée. Car, le temps de la récréation terminée à peine que les jeunes filles, ont rejoint dans une discipline caractérisant cette école de confession religieuse catholique, leur coupole pour y recevoir «la bonne nouvelle ».

D’entrée de jeu, les différentes interventions auront permis de faire comprendre  aux collégiennes, que la femme a un rôle très important dans le secteur de l’eau. Et parce qu’elle est la première à subir les affres de la pénurie de l’eau, elle doit s’engager résolument à corriger cette situation. Très heureuse de se retrouver au milieu de ces professionnelles en devenir, Mme Sow, chargée de programme à la GIZ n’a pas caché sa joie. « Pas de vie sans eau », a-t-elle convaincue son auditoire avant de lancer un appel au réseau pour poursuivre le combat de la promotion du leadership féminin dans le secteur de l’eau et de l’assainissement.

L’appel a été entendu par la Présidente du réseau, Mouminatou Adjibi, qui dans son intervention, a indiqué que les femmes professionnelles sont engagées à aller plus loin pour « faire découvrir aux jeunes collégiennes, les métiers de l’eau et de l’assainissement généralement réservés au sexe masculin ». «Vous devez savoir que les métiers de l’eau et de l’assainissement sont aussi faits pour les femmes et nous souhaitons susciter chez vous, la volonté de les exercer », s’est-elle  adressée aux jeunes collégiennes.

Quid des opportunités

Dans un bref exposé, Mme Yadjidé Adissoda Gbédo, Ingénieur en eau et assainissement et Responsable de l’un des grands programmes portant sur l’hygiène et l’assainissement au Bénin, a indiqué que le secteur eau et assainissement offre toute une gamme d’opportunités. En dehors des postes souvent ouverts dans les structures Etatiques (Ministère de l’eau et ses différentes entités), la SONEB, et non Etatiques (GIZ, PROTOS, Helvetas, PNE…), plusieurs autres opportunités s’offrent aux diplômés dans le secteur. Il s’agit par exemple de la possibilité de travailler dans les bureaux d’étude pour les études de faisabilité, les différentes entreprises de construction ou de gestion des ouvrages d’eau et d’assainissement, les projets ou programmes d’eau et d’assainissement…Mais pour les saisir, il faut bien se former. Et aujourd’hui, au Bénin, plusieurs entités concourent à la formation. C’est le cas de l’Institut National de l’Eau, l’Université Catholique de l’Afrique de l’Ouest (UCAO), l’Université de Parakou… qui disposent des filières eau, climat et société; sciences et techniques de l’eau et autres.

La Pdte du Réseau (à gauche) et la Représentante de la SONEB (à droite)

Face aux opportunités dévoilées et aux structures de formation énumérées, les jeunes collégiennes qui ont suivi attentivement ont voulu savoir si avant tout, le métier nourrit son homme ou plutôt sa femme. En professionnelles averties, les femmes du réseau ont rassuré les collégiennes que le métier paie bien et qu’il suffit de s’y engager. Egalement, dans leurs préoccupations, elles ont évoqué la question des eaux de surface, la rareté de l’eau dans certaines régions du Bénin…

Sur la question de la qualité de l’eau, la représentante de la Soneb, a rassuré les jeunes collégiennes de la qualité de l’eau de la SONEB. Elle a dans son exposé partagé avec les jeunes filles, les différentes étapes du traitement que subit l’eau avant d’être destinée à la consommation.

La séance a pris fin par  la remise des cadeaux aux plus audacieuses qui ont posé des questions. Les élèves sont reparties dans leurs salles respectives pour reprendre leurs cours dans l’espoir de décrocher leur BAC en fin d’année scolaire, un parchemin indispensable avant d’entamer une formation ouvrant la porte aux métiers auxquels elles ont été sensibilisées.

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March 4, 2019

Sommet Africasan5 : Les grandes résolutions

Alain TOSSOUNON (Cape Town, Afrique du sud)

Le ministre sud-africain au cours de son discours de clôture

Tenue du 18 au 22 février 2019 à Cape Town en Afrique du sud, la 5e conférence internationale  de l’assainissement qui a réuni 36 Etats venus du monde entier,  a tenu toutes ses promesses. Au-delà des résolutions prises, le sommet a été un véritable moment de partage d’expériences innovantes et prometteuses, permettant une fois encore aux acteurs, experts et décideurs locaux et centraux, de renouveler leurs engagements dans la marche pour l’hygiène et l’assainissement pour tous en Afrique.

Deux résolutions majeures ont sanctionné la fin des travaux de ce sommet. Il s’agit en premier, de la ferme résolution d’«accroître la visibilité de l’hygiène et de l’assainissement dans les programmes de développement » et deuxièmement, de «promouvoir l’excellence et l’innovation en matière d’initiatives audacieuses qui inspirent l’action des gouvernements». A cet effet, les acteurs ont au terme de leurs réflexions, décidé d’engager un plaidoyer  dans les prochaines semaines auprès de l’Union Africaine (l’UA) pour amener progressivement les Etats à faire de l’hygiène et de l’assainissement, une priorité dans l’agenda de développement.

En réalité, expliquait le Secrétaire Exécutif du Conseil des ministres africains de l’eau, Dr Canisius Kanangire, cette démarche de recourir à l’institution africaine a été envisagée depuis le précédent sommet qui a eu lieu en 2015 à Dakar au Sénégal.

Avec cette résolution, l’espoir de voir ce sous-secteur encore laissé-pour-compte dans plusieurs pays, gagné en priorité est permis. Pour le Secrétaire exécutif, Dr Canisius Kanangire, l’Union Africaine sera sollicitée pour accompagner les Chefs d’Etats  à inscrire la question de l’hygiène et de l’assainissement sur leur agenda de développement.  Mais plus encore, soutient le Secrétaire exécutif, les Etats et leurs gouvernements seront appelés à mener des politiques publiques pro-pauvres permettant de prendre en compte, les pauvres, les personnes vulnérables etc…vivant aussi bien en zone rurale qu’en zone urbaine. Dans la droite ligne des Objectifs de Développement Durable et des engagements de N’Gor, personne ne doit être laissé de côté pour atteindre l’accès universel.

Les participants venus de 36 Etats du monde entier

Un appel au respect des engagements de N’Gor a été lancé aux ministres de l’eau et de l’assainissement par le Président de la conférence sur la Gestion des boues de vidange qui se tenanit en même temps que le sommet, Doulaye Koné. Il a invité les ministres des Etats du continent, à redoubler d’efforts, à maintenir les relations avec AMCOW,  à travailler toujours ensemble pour faire face  à tous ces nombreux défis que rencontrent les pays africains dans le domaine de l’assainissement. « C’est ensemble que nous arriverons à  surmonter nos difficultés», a-t-il souligné.

A son tour, dans son discours de clôture, le Ministre sud-Africain en charge  de l’eau et de l’assainissement  Gugile Ernest Nkwinti, a pris l’engagement de s’ impliquer  fortement  dans la mise en œuvre de la politique de l’eau,  l’hygiène et  l’assainissement  dans son pays et au-delà de son pays,   sensibiliser au mieux  ses pairs ministres en charge de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement du continent pour le respect des engagements pris à N’Gor pour  l’ accès  à l’hygiène et à l’assainissement pour tous d’ici l’an 2030.

Lançant un appel à l’union de tous les pays africains pour  réussir ensemble, le ministre Gugile Ernest Nkwinti a insisté sur la nécessité pour  ses pairs, de  travailler en synergie avec tous les acteurs et experts de leurs pays. «De nombreux problèmes peuvent être résolus même à distance »,  a-t-il avant de rappeler que de belles  opportunités s’offrent aux pays. Mais pour les saisir, il soutient qu’il faut une organisation, un appel aux actions multipartites, au dialogue  pour encourager les partenaires techniques et  financiers en charge de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement à accompagner les pays africains.

Pour terminer, il a exhorté les représentants des 36 Etats  présents  à s’ouvrir aux innovations en se fondant sur la déclaration de N ’Gor pour que dans les six prochains mois, les choses changent positivement et soient  plus visibles.

 

Les Etats appelés à plus d’efforts

Le sommet a été une occasion de bilan  pour le Conseil des ministres africains de l’eau (AMCOW) qui, il y a  20 ans, s’est engagé à porter l’assainissement et l’hygiène au rang des priorités de développement aux plans mondial et national.

En effet, le processus AfricaSan remonte à 2002, année de sa tenue en Afrique du Sud. L’un des plus grands succès mentionnés par l’institution  est d’avoir réussi à faire pression par le biais du PNUE,  sur les Nations Unies pour l’adoption d’un objectif de développement spécifique pour l’assainissement dans les ODD. Aujourd’hui, le processus AfricaSan est devenu une plate-forme continentale pour générer un élan politique en faveur de l’hygiène et de l’assainissement.  Mais, les Etats doivent redoubler d’efforts parce que l’hygiène et l’assainissement, sont devenus des droits de l’homme.  C’est indéniablement un défi complexe de réaliser l’accès universel à l’assainissement en raison d’autres problèmes connexes tels que le changement climatique, la migration vers les villes… mais l’essentiel est que ces Etats doivent trouver des solutions durables quels que soient les défis auxquels ils sont confrontés. Car, au-delà d’être une question de santé, l’hygiène et l’assainissement constitue une question de dignité et doit être assurée en particulier pour les femmes et les filles. Le Conseil des ministres africains de l’eau à AfricaSan4 à Dakar (Sénégal) en 2015, avant l’avènement des ODD, a pris conscience de la nécessité de développer et d’approuver les dix engagements de N’gor que tous les gouvernements africains devraient respecter afin de réaliser l’accès universel à un assainissement durable et d’éliminer la défécation à l’air libre d’ici 2030.

En présentant les résultats de l’évaluation des progrès des pays, Kitch Bawa, du secrétariat de l’AMCOW, a indiqué que peu d’efforts ont été faits par les pays. Dans sa présentation, il a souligné que c’est seulement en matière de leadership et de coordination, que les pays ont obtenu des progrès.  Ce qui montre que de plus en plus, les Etats du continent ont identifié des ministères pour porter la problématique de l’hygiène et de l’assainissement et font des efforts pour organiser les principales parties prenantes. En dehors de cette seule bonne nouvelle, les autres indicateurs sont au rouge. C’est le cas des inégalités, du financement où les efforts sont encore insuffisants dans plusieurs Etats. Le défi est encore plus grand pour certains Etats où la disponibilité des données constitue un problème. Dans plus de la moitié des pays du continent, le chemin est encore long pour atteindre l’accès universel. Pour Kitch Bawa du secrétariat de l’AMCOW, il faut un mouvement d’ensemble de tous les acteurs dans les pays pour partager ensemble les connaissances et les expériences. Ce n’est qu’à ce prix que le défi sera relevé.

March 1, 2019

Sanitation Crisis In Africa: “No Data on Hygiene and 0.5% of GDP to Sanitation not met,” 2018 Progress Report on Ngor Commitments shows.

By Diana Coker (Capte Town, South Africa)

The first ever joint Africa Sanitation (AfricaSan5) and Feacal Sludge Management (FSM5) Conference held in Cape Town, South Africa from the 18th to 22nd February 2019, was an important gathering of all stakeholders that contribute to sanitation within the continent and was designed to positively impact the lives of people by ensuring that their sanitation and hygiene needs are adequately and sustainably addressed.

The event attracted government representatives, researchers, investors, innovators and other sector players across the continent who interfaced, formed partnerships in order to ensure that the ideas and knowledge gained from each other will be adequately utilized for the good of people in need of Sanitation services. South Africa was chosen as an ideal country for the event because of the innovative approach to sanitation related issues within the continent.

President of the Africa Ministers Council on Water (AMCOW), Emmanuel Tony Ondo in his address to participant affirmed that the conference was a significant milestone of a long journey that African countries have embarked on for almost 20yrs ago in a bid to prioritize sanitation and hygiene in both global and national development

He recalled that AfricaSan process can be traced back from 2002 when it was first held in South Africa and their biggest achievement was to successfully lobby the development community through UNEP and the United Nations to adopt a specific development target for sanitation which was captured in the Millennium Development Goals, adding that since then, the AfricaSan process has developed into a continental platform to generate political momentum to sanitation and hygiene. Sanitation, Hygiene and access to drinking water is a priority in all the African governments globally through the Sustainable Development Goals, but however inasmuch as they have agreed to the fact that it is a human rights  issue, they have still not been able to achieve it as many African countries are yet to provide sanitation for all their citizens. However, moving forward with the implementation of Sustainable Development Goals it is hoped that they will be able to achieve their set targets far more than they did with the Millennium Development Goals. Although it may be a complex challenge, as result of other related issues like climate change, migration to cities, but the bottom line is that they must find sustainable solutions regardless of the challenges they are experiencing. Sanitation is dignity and must be provided especially for women and girls. The African ministers Council on Water at AfricaSan4 in Dakar Senegal in 2015, held before the inception of the SDGs realized the need to develop and endorse the ten Ngor Commitments which all African governments are expected to meet in order to achieve universal access to sustainable sanitation and hygiene services and eliminate open defecation by 2030.

A member of the AMCOW Secretariat, Kitch Bawa in  presenting the outcomes of the monitoring of the Ngor Commitments on Sanitation and Hygiene which he described as the “center piece” of AfricaSan, informed the audience that the report was compiled and presented by the AfricaSan International task force, made up of key stakeholders, within the Africa Sanitation space.

The Africa-San International Task Force, he said, was restructured in 2017  to make it more effective to support sanitation across the continent and is consist of a sub-committee on monitoring, validation and reporting with a work plan that involves consultation with member states and ensure what is gathered is validated.

“We have 42 indicators in the Ngor Commitments divided into two stages and a clear-cut vision.

The first indicator – stage one, monitors the enabling environment, whilst the second indicator – stage two is different from one country to another and focuses on individual country’s set target. The vision indicator which tracks access to safely managed sanitation and hygiene and ending open defecation.

Giving a PowerPoint overview presentation of the performance on African countries through an analogy of traffic lights on the scoring of progress on the commitments, the red light showed very bad progress or no progress at all, yellow (Amber) showed some progress and green showed good progress. According to him, Africa has made very little progress from the chart as the yellow and red were visible everywhere, whilst the green was not that visible.

The result reached following the monitoring of the Ngor commitment provided the good news that the green light showed that there is very good progress that has been made on leadership and coordination which shows that increasingly across the continent more countries have identified ministries that leads Sanitation and Hygiene, and key stakeholders within the countries come together to share and learn from one another to move the sanitation sector forward.

However, the bad news is that they have done very poorly in the area of eliminating inequalities and access to sanitation services as governments are yet to look at how to provide access to sanitation services for the neglected poor, the downtrodden and people down the lowest quintile which happens to be the first commitments. He further disclosed that they have also done very badly on the issue of financing, as in 2008 when the Etiqwine Commitments were endorsed, there was a commitments made to allocate at least 0.5% to sanitation, but that up to the end of 2015 very little progress was made in that regard. This situation up to 2018 when the report was compiled has not changed as no progress has been recorded so far.

“It is even worse when it comes to the issue of safely managing sanitation and encouraging its productive re-use. It is really worse and it is for this reason we brought AfricaSan and FMS together so that by learning from each other, we can go back and see how we can encourage productive use of sanitation across the continent,”

Kitch Bawa said.

Adding, “We did very poorly in the area of creating enabling environment and therefore the country targets were not met. We expect that as we work towards improving the enabling environment we would begin to ensure that countries meet the target they set by themselves.”

The vision’ he furthered, is access to safely managed sanitation and hygiene for all and ending open defecation. The situation, he said, is very poor as less than half of the people in most African countries use at least basic sanitation facilities and open defecation remains very high as more than half of the people living predominantly in rural areas in 14 countries practice open defecation. “We are even far worse in the area of addressing the issue of hygiene as we discovered that many countries do not even have data,” he disclosed, adding that only 37 countries have data on hygiene.

In conclusion, Kitch Bawa stressed on the need to work hand in gloves, share and learn from one another and strengthen the multi-stakeholders partnership in order to ensure that everyone in Africa has access to safely managed sanitation and hygiene and eliminate open defecation.

February 24, 2019

Félix Adégnika, membre de la coalition de la société civile au Bénin à Africasan5 « Nous allons travailler pour que notre pays tienne ses engagements internationaux »

Félix Adégnika, Coordonnateur national du Wssc

Coordonnateur National du Conseil de concertation pour l’approvisionnement en eau et l’assainissement (Wsscc), Félix Adégnika est un membre actif du Cadre de concertation des acteurs non étatiques et l’eau et de l’assainissement (CANEA) au Bénin. Présent à toutes les éditions de la conférence panafricaine sur l’assainissement, il revient dans cet entretien sur l’importance pour les Etats de s’engager dans la bonne Gestion des boues de vidange (Gbv) et nous confie les prochaines actions qu’entrevoit la société civile active dans le secteur  au Bénin pour susciter un engagement des décideurs.

 Vous avez participé à toutes les éditions de la conférence Africasan et cette fois-ci, on a choisi de mettre au centre des discussions, la question de la Gestion des boues de vidange. Vous trouvez que c’est vraiment important ?

C’est vrai, j’ai participé à toutes les éditions de Africasan. C’est un privilège mais je viens à la recherche de l’information. La question de la Gestion des boues de vidange est une problématique urbaine. Parce que, d’ici 2050, plus de la moitié des populations des pays vivront dans les villes. C’est à la fois un problème et une opportunité. Dans une approche intégrée qui concerne le transport, le traitement et la valorisation, il faudra avoir les infrastructures et les équipements pour faire face à cette problématique. C’est une opportunité parce que cela peut profiter à l’agriculture urbaine. Notre système, celui du Bénin où il n’y a pas un réseau d’égout, c’est l’assainissement autonome. Il y a des défis à tous les niveaux qu’il faut relever très rapidement.

A l’ouverture de cette grande conférence, le ministre sud-africain, Gugile Ernest Nkwinti, a demandé aux Etats de changer de priorités et d’élever au rang des priorités, la question de l’Hygiène et de l’Assainissement de base. Est-ce que dans votre pays, l’hygiène et l’assainissement ne constitue pas encore une priorité ?

Le ministre sud-africain a dit effectivement qu’il faut changer de priorités et moi j’ajouterai qu’il faut changer de paradigme par rapport à l’HAB. Aujourd’hui, l’HAB n’est pas une priorité au Bénin. Le sous-secteur est totalement en bas de l’échelle des priorités. Parce que si c’est une priorité, cela devrait figurer clairement dans l’agenda de développement et les ressources qu’il faut mobiliser, devraient être disponibles. Mais, ce n’est pas encore le cas. En plus, ce sous-secteur ne bénéficie pas d’un bon positionnement institutionnel.

Mais qu’est-ce qui explique ce manque de priorisation et d’attention de la part des décideurs pour ce sous-secteur pourtant important pour la santé, l’éducation et la vite tout court?

C’est par manque d’informations et de connaissances. Je suis convaincu que les décideurs ne sont pas engagés parce que ‘ils n’ont pas pris la mesure de l’importance de ce sous-secteur. Et nous nous engageons à apporter la bonne information pour arriver au changement de paradigme.

Vous êtes un acteur de la société civile très actif au sein du Cadre de Concertation des acteurs Non Etatiques de l’eau et de l’assainissement, que faites-vous au sein de cette coalition pour relever le défi de la faible priorisation du sous-secteur au niveau du Bénin ?

Nous devons informer et amener les autorités à comprendre que nous devons agir maintenant. Nous avons deux outils, le plaidoyer et le lobbying. Mais, il semble que la société civile se trompe de cibles parce que, nous nous adressons  directement aux décideurs. Il semble que la première cible doit être les fonctionnaires qui sont chargés de présenter la situation aux autorités. Parce que je ne suis pas sûr que les autorités sont conscientes de la situation et de la problématique. C’est un impératif de travailler sur plusieurs fronts. Il faut comme cibles, en dehors des fonctionnaires du sous-secteur, des politiques et stratégies, les cabinets ministériels, les décideurs que sont les maires et autorités centrales. Et par rapport à cela, il nous faut beaucoup communiquer. Nous devons avoir un partenariat fort avec les médias pour provoquer un engagement de tous et permettre d’atteindre les objectifs.

Au niveau de l’Afrique, on retient que les engagements de Ngor n’ont pas été tenus par la plupart des pays. Comment faire pour que le Bénin relève le défi d’ici le prochain sommet?

Avec le temps que nous passons ici avec le Directeur national de la santé publique présent à cette conférence, nous n’avons pas une garantie ferme mais lui-même a vu ce que les autres pays font. Il a compris qu’il est possible de faire des petits pas et il a pris l’engagement de nous accompagner. Dès que nous allons rentrer, nous allons organiser un point de presse pour informer sur la situation en Afrique et dans notre pays. Et nous allons travailler pour que notre pays tienne les engagements qu’il a pris au niveau international.

Quel sera votre message concrètement au retour de ce sommet à Cotonou ?

Nous avons plusieurs cibles : les décideurs, les cadres et les communautés. Notre message pour les autorités locales, c’est de leur dire qu’elles ne perdent rien à s’engager dans l’hygiène et l’assainissement de base et à accompagner les efforts des ONG et de l’Etat central. Ensuite, nous devons communiquer sur les engagements pour ne pas attendre la veille des sommets et conférences pour courir et faire l’évaluation. Nous devons faire un suivi. Pour les autorités locales, c’est de faire en sorte que dans leurs budgets, qu’elles prévoient une ligne budgétaire pour le sous-secteur. Il y a eu déjà un déclenchement au niveau des préfets qui se sont engagés à désormais regarder ce qui est prévu pour le sous-secteur dans les budgets des communes. Enfin, il y a les Directeurs de la programmation et de la prospective (DPP) des ministères au cœur des prévisions et programmations. Il faut les amener également à s’ouvrir au sous-secteur au niveau des allocations dans les ministères.

                                                                             Propos recueillis par Alain TOSSOUNON depuis Cape Town

 

 

February 22, 2019

Pius Cossi Gounadon au sommet Africasan5 : “Il est temps de changer de paradigme”

Pius Cossi Gounadon, Directeur national de la santé publique (DNSP) au ministère de la santé

A l’instar des autres pays, le Bénin est présent au sommet Africasan5 à travers plusieurs représentants provenant de plusieurs structures. Nous avons rencontré pour vous, le Directeur national de la santé publique (Dnsp) qui représente le ministre de la santé en charge de l’hygiène et de l’assainissement de base. Dans cet entretien, il nous confie son appréciation des échanges qui ont cours et surtout, nous révèle les prochains pas à faire après le sommet pour permettre au Bénin de relever le défi de ce sous-secteur en souffrance.

Vous prenez part à la 5eConférence panafricaine sur l’assainissement en tant que chef de délégation du Bénin. Que vous inspire une telle conférence qui concourt à amener les Etats africains à réaliser l’accès universel de tous aux services d’assainissement ?

C’est ma première participation à cette conférence et j’avoue qu’elle a un caractère instructif. Il y a beaucoup d’échanges, d’apprentissage et de partage d’expériences. Surtout, j’apprécie le niveau d’engagement de tous les acteurs ici présents. Je n’avais pas cette compréhension du niveau d’engagement des partenaires, des experts et de tous les acteurs. Cet évènement m’a permis de remettre en place l’idée que l’hygiène de l’assainissement de base bénéficie d’un engagement soutenu de plusieurs acteurs et partenaires dans le monde et en Afrique.

A l’ouverture du sommet, le ministre sud-africain de l’eau et de l’assainissement a invité tous les Etats à inscrire l’hygiène et l’assainissement au rang des priorités de leur agenda de développement. Est-ce qu’au Bénin, ce sous-secteur bénéficie d’une attention soutenue ?

Je partage l’exhortation du ministre sud-africain et je peux dire que le sous-secteur constitue une priorité dans le Programme d’Actions du Gouvernement. Le gouvernement travaille pour cela. Mais le paradigme doit changer. Souvent, on voit dans cette lutte que le ministère de la santé, du cadre de vie et celui de l’eau. Il faut que ce combat, pour être gagné, soit celui de tous les ministères à l’instar de ce que fait l’Inde.

A l’évaluation des engagements de Ngor, on se rend compte qu’il y a eu peu de progrès dans les pays. C’est le cas au Bénin également. Selon vous qu’est-ce qui explique une telle situation ?

Au Bénin on vient de terminer un plan quinquennal et il a été évalué en 2018. Nous avons vu les faiblesses et sur la base des défis identifiés, des orientations claires ont été prises dans la stratégie 2019-2030. Et au nombre des grandes orientations retenues, nous avons la gouvernance et le leadership, la coordination des interventions qui est importante et le problème des ressources humaines et financières. Souvent, on pense aux ressources financières alors que nous avons besoin de ressources humaines en quantité et en qualité. On peut mobiliser les ressources financières. Je salue les communes comme Za-Kpota, Malanville ou Abomey qui font déjà des efforts.

Au cours de ce sommet, l’un des messages forts est l’importance du leadership notamment les champions qui permettent d’impulser le mouvement. Vous comptez le faire aussi ?

Il faut mobiliser tous les acteurs. Il est important qu’ils se retrouvent pour partager les idées et les solutions et surtout prendre exemple sur les pays modèles en Afrique comme dans le monde. En Inde par exemple, l’hygiène et l’assainissement est un secteur porté par le premier ministre. Ainsi, chaque ministère est invité à agir et apporter sa contribution. Le leadership est au rendez-vous au haut niveau.

Vous avez participé au dialogue entre les pays. Qu’avez-vous retenu de cet exercice de partage d’expériences entre les pays ?

En dehors de quelques différences près en matière de leadership et de mobilisation de ressources financières, les pays ont les mêmes réalités. Nous avons beaucoup appris de cet exercice et nous avons compris qu’il y a certains pays qui sont en avance sur l’ancrage institutionnel. Dans la plupart des pays, l’eau et l’assainissement sont deux secteurs qui sont ensemble. C’est une stratégie qui permet de mutualiser les ressources vu qu’il y a souvent plus de ressources pour l’eau contrairement à l’assainissement. Les échanges ont été très fructueux.

A ce sommet, vous représentez le ministre de la santé en charge du sous-secteur de l’hygiène et de l’assainissement de base. Quel message lui porterez-vous une fois au pays pour impulser une nouvelle dynamique et faire en sorte que le Bénin tienne ses engagements ?

C’est en 2015 à Dakar que les engagements de Ngor ont été pris. A l’évaluation, il n’y a pas eu beaucoup d’avancées dans les pays en dehors de quelques pays qui ont eu des progrès. Nous souhaitons que notre participation ne soit pas seulement protocolaire mais qu’elle contribue à apporter des changements. Déjà, il nous faut mobiliser les cadres du service pour faire le lobbying au niveau de notre ministre pour lui présenter la situation. Il est temps de changer de paradigme. La façon dont nous fonctionnaires agissons doit être revue pour que nous soyons plus efficaces. Car, avec ce que nous faisons, nous ne pouvons pas atteindre les ODD dans ce sous-secteur. Une fois de retour, il nous faut faire un compte rendu fidèle, suggérer à l’autorité des propositions et partager avec lui ce qui se fait de bien ailleurs et qui peut être profitable à notre pays.

              Propos receuillis par Alain TOSSOUNON

February 22, 2019

Dialogue entre pays à Africasan5 : Un véritable moment de partage d’expériences

Alain TOSSOUNON (Cape Town, Afrique du sud)

Echanges des acteurs avec la délégation du Burkina au cours du dialogue pays

L’un des temps forts de ce 5e sommet est l’organisation d’un dialogue entre les pays sur l’évaluation des engagements de Ngor, les principaux défis, les actions entreprises et les leçons apprises. Tous les membres des délégations des différents pays présents se sont regroupés pour de vifs et riches échanges qui ont permis à chaque pays de mesurer ses propres progrès.

Dans l’ensemble des pays qui se sont donné à cœur joie à cet exercice de bilan, on s’aperçoit que les Etats présentent le même visage. Dans leur grande majorité, les Etats africains font face désespérément à la même réalité de la défécation à l’air libre aussi bien en milieu rural qu’en milieu urbain. Malgré cette situation préoccupante, les gouvernants manquent de volonté politique et trainent les pas à tenir leurs engagements pris en 2015 à Dakar. En dehors du faible engagement, les pays africains partagent aussi la réalité que d’aucuns appellent « confusion institutionnelle ». Ceci pour dire que le secteur de l’hygiène et de l’assainissement de base ne bénéficie pas d’un portage politique clair mais est partagé entre plusieurs ministères. Cette situation entraine une mauvaise coordination des interventions et un faible financement ne permettant pas de combattre efficacement le fléau de la défécation à l’air libre.

Mais, pour avoir pris des engagements dits de Ngor, des efforts bien que timides ont été enregistrés pratiquement au niveau de tous les pays. Ces petits pas sont relatifs à l’amélioration du cadre juridique et institutionnel, l’adoption de documents de politique de promotion de l’hygiène et l’assainissement ou encore la mise en œuvre d’initiatives de financement d’actions et de campagnes dans les communautés et les écoles. Au terme de ces initiatives, chaque pays a partagé avec les autres, des leçons apprises. Si par exemple au Burkina, on comprend désormais que l’harmonisation des approches et la coordination des interventions sont essentielles, en Côte d’Ivoire, la principale leçon est que la mise en place d’un cadre de suivi et d’évaluation est indispensable pour mesurer les progrès.

Une lueur d’espoir avec les plans d’actions

Les membres de la délégation béninoise en concertation

Au terme du diagnostic établi, des défis identifiés et des leçons apprises des interventions, chaque pays a pris l’engagement de mener des actions après le sommet afin de respecter les engagements de Ngor. Alors que le Bénin s’engage à faire un déclenchement institutionnel de haut niveau (gouvernement) et à faire adopter par le gouvernement la nouvelle Stratégie nationale de promotion de l’hygiène et de l’assainissement de base (SNPHAB), le Mali prévoit une table ronde pour le financement du Plan de renforcement des capacités des cadres en charge du secteur. Pour la Côte d’Ivoire qui fait figure de bon élève pour la mobilisation des ressources, l’une des actions phares est la recherche d’une coordination efficace des interventions. Au Burkina, les acteurs s’engagent à faire une évaluation nationale des inégalités pour mieux les combattre, intéresser le secteur privé et former les municipalités sur la mobilisation des ressources.

Somme toute, la session du dialogue entre les pays appréciée par tous les acteurs, a permis à chaque pays de se mirer et d’apprécier son niveau d’engagement par rapport aux autres. Après cet exercice qui aura montré que les pays partagent presque les mêmes réalités, « il faut passer au concret », a martelé un des participants.

 

February 21, 2019

Africasan5 : L’heure est au partage d’expériences entre les pays

Ibrahim D. Mahamadou (Cape Town/Afrique du sud)

Partage d’expériences dans le groupe de travail des pays francophones

Les travaux de la conférence AfricaSan5 centrée les boues de vidange se sont poursuivis ce mercredi 20 février 2019 à Cap Town en Afrique du Sud. Après la visite des posters qui dévoilent des expériences innovantes menées dans  différents pays, les participants ont été répartis en groupes de travail. La délégation du Niger a travaillé avec le groupe composé de la République Démocratique du Congo, du Sénégal, du Burundi, de la Guinée Conakry, du Togo, du Madagascar et du Tchad.

En effet, il s’agit pour ces pays d’échanger, de partager les expériences, les avancées, les échecs et les perspectives en matière d’accès à l’hygiène et à l’assainissement. Une occasion pour ces pays d’expliquer leurs expériences et d’exprimer leurs engagements pour l’atteinte des objectifs du développement durable notamment l’ODD N°6. Ci-dessous les engagements des pays dans les prochains six (6) mois à venir.

Au Burundi :

Le renforcement de la coordination interministérielle pour la mise en œuvre de l’approche Assainissement Total Piloté par les Communautés (ATPC),

  • L’établissement d’une base de données pour le suivi de la mise en œuvre de l’ATPC,
  • La mise en place d’un fond dénommé ‘’fond bleu’’ à l’image de l’initiative du Sénégal qui a une expérience en la matière.

En Guinée Conakry :

  • La mise en place d’une feuille de route pour la Fin de Défécation à l’Air Libre (FDAL),
  • La mise en place d’une plateforme de coordination nationale pour fédérer les interventions,
  • L’implication ou le déclenchement des plus hautes autorités pour la FDAL.

Au Madagascar :

  • La mise en place d’une feuille de route FDAL d’ici 2025 ;
  • La finalisation du plan sectoriel et le plan de financement du secteur ;
  • La mise en place du système de suivi et de coordination ;
  • La mise en place d’un fond décentralisé dédié aux communes ;

Au Niger :

La présentation du Niger a été faite par Monsieur Labo Madougou, Directeur de l’assainissement au Ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement et Mme Brigitte Pedro, Wash office à l’UNICEF-Niger en tant que partenaire au développement du Niger.

  • Finalisation et vulgarisation du nouveau guide d’Assainissement Total Piloté par les Communautés (ATPC) afin d’harmoniser les interventions ;
  • L’édition et la vulgarisation de la feuille de route auprès de l’ensemble des acteurs ;
  • L’ouverture d’une ligne spécifique dédiée à l’Assainissement Totale Pilotée par les Communautés à l’image de la Guinée Conakry car jusqu’ici aucune ligne n’est prévue pour prendre spécifiquement en charge cette approche.

Cependant, le Niger a consacré une ligne pour la prise en charge des ouvrages d’assainissement mais qui ne prend pas en compte l’ATPC.

Au Sénégal 

  • La validation et le partage de la feuille de route FDAL ;
  • L’organisation d’une table ronde des bailleurs de fonds pour le financement du secteur ;
  • La mise en place d’un mécanisme de coordination à l’image du Niger qui a une expérience en la matière ;
  • La mise en place d’un cadre de concertation pour le secteur ;
  • L’organisation d’un forum des acteurs sur l’ATPC.

Au Togo

Le Togo a retenu certaines actions à réaliser d’ici six (6) mois.

  • Assurer la durabilité des ouvrage ;
  • Revoir les dispositifs d’hygiène et d’assainissement dans les formations sanitaires et les lieux publics en prenant en compte l’équité ;
  • Le déclenchement des plus hautes autorités togolaises pour la FDAL.

Ces présentations des actions à mener d’ici six (6) mois ont été d’une grande utilité car elles ont permis aux différentes délégations de voire des expériences des autres pays pour l’atteinte des objectifs du développement durable (ODD) d’ici 2030 conformément aux engagements pris par les Etats consistants à assurer l’accès universel aux services d’eau potable, d’hygiène et  d’assainissement PAROUT et POUR TOUS.

February 20, 2019

Ouverture de la 5e édition du sommet Africasan : Un nouvel élan pour l’assainissement pour tous

Alain TOSSOUNON (Cape Town/Afrique du sud)

Ouverture des travaux de la 5e Conférence panafricaine sur l’assainissement

Les travaux de la cinquième Conférence panafricaine sur l’Hygiène et l’Assainissement (AfricaSan 5) ont effectivement démarré hier 19 février 2019 à Cape Town en Afrique du sud.  En présence de plusieurs ministres, parlementaires, autorités locales, d’experts et d’acteurs des Organisations de la Société civile et de Partenaires au Développement venus du monde entier, un nouvel appel a été lancé aux Etats pour un engagement plus fort et durable pour  l’hygiène et l’assainissement pour tous en Afrique.

Rendre la vie agréable et saine aux 60% d’africains qui n’ont pas encore l’accès à l’hygiène et à l’assainissement de base. C’est tout l’enjeu de ce sommet qui s’est ouvert sur une note d’espoir et d’espérances pour garantir à tous, des services d’assainissement efficaces et sans exclusion. A l‘instar des sommets de Durban, Kigali ou Dakar, Africasan5  constitue pour le Secrétaire Exécutif de AMCOW,  Dr Canisius Kanangire, « une meilleure opportunité» pour ce beau monde réuni qui partage un but commun, celui de regarder ensemble l’avenir de l’Afrique.

A l’ouverture des travaux de ce rendez-vous de renouvellement de foi et d’engagement pour une nouvelle Afrique, Dr Canisius Kanangire a, au nom du Président du Conseil des ministres africains de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène (Amcow), appelé tous les participants à un nouveau sursaut. S’il est établi que l’Afrique constitue l’une des régions du monde où l’assainissement est en déclin, c’est maintenant ou jamais, soutient-il qu’il faut « accélérer l’engagement ». «Nous devons changer le statut de l’Afrique », va-t-il marteler en invitant ainsi tous les acteurs et surtout les décideurs, à ce nouvel engagement. Marquant sa ferme conviction qu’un nouveau monde est possible pour les africains, il a soutenu aujourd’hui qu’on peut compter sur deux atouts majeurs : la disponibilité des partenaires diverses et multiples et la richesse des connaissances et expériences dans le secteur.

En référence au rapport de l’évaluation des progrès accomplis par les pays africains qui indique que très peu d’efforts ont été faits en dehors de la coordination et du leadership, il a indiqué que «plus d’efforts sont nécessaires » pour atteindre l’ultime but. Se félicitant de la nouvelle alliance mise en place pour adresser la question cruciale des boues de vidange, il a invité tous les acteurs à rejoindre la plateforme de cette alliance. Il a surtout annoncé la création d’une nouvelle plateforme qui réunira au haut niveau de l’Union Africaine, les ministres de l’eau et de l’assainissement ainsi que leurs homologues en charge des finances. Pour Dr Koné Doulaye, président de la conférence sur la gestion des boues de vidange, l’Alliance mise en place rassemble des acteurs animés par un même état d’esprit. Elle comporte des organisations clés et des faiseurs de politiques avec l’accompagnement de la Fondation Bill et Melinda Gates pour générer des solutions efficaces.

Un nouveau programme pour l’Afrique

L’un des temps forts de cette cérémonie d’ouverture a été l’annonce par la ministre de la Coopération et du développement au sein du gouvernement allemand, Daniela Krahl, d’un nouveau programme pour l’Afrique. En effet, elle a souligné que depuis janvier 2017, un nouveau cadre de coopération pour l’Afrique qui va au-delà de la coopération traditionnelle est en élaboration. Ce nouveau programme prévu pour 10 ans sera consacré à la recherche pour garantir la sécurité de l’eau en lien avec les autres secteurs. «Nous accompagnons les progrès et les experts africains », a-t-elle signalé avant de confier que l’Allemagne reste et demeure un partenaire pour l’Afrique pour l’inclusion dans l’assainissement. Seulement, elle est persuadée que 140 millions de dollar/an ne suffiront pas pour financer tous les mécanismes dont l’Afrique a besoin pour renverser la tendance.

L’honneur est revenu au ministre de l’eau et de l’assainissement de la République sud-africaine, Hon Gugile Ernest Nkwinti, de procéder officiellement à l’ouverture des travaux de cette 5e conférence. Avant tout, il a signifié que le choix du mois de février pour l’organisation de la conférence constitue tout un symbole, celui de la libération de Nelson Mandela. Sans détour, il a indiqué que les Etats doivent « changer leurs priorités » pour mettre l’hygiène et l’assainissement au cœur des préoccupations. Au-delà, dans le cadre des Objectifs de Développement Durable (ODD), il faudra « aider les personnes des zones défavorisées et éloignées, penser aux personnes vivant dans les bidonvilles qui défèquent encore dans les champs et enfin prendre conscience et lutter contre la pollution des rivières et sources d’eau ». Sur la gestion des boues de vidange (GBV), il a souligné l’importance de saisir les opportunités d’innovations et de technologies développées pour venir à bout de cette problématique. Il faut un « nouvel élan », a-t-il déclaré pour débarrasser efficacement l’Afrique de la pollution des boues de vidange en faisant très rapidement des investissements. Au nombre des défis à relever pour y parvenir, il faut selon lui, tenir compte des leçons apprises et renforcer les capacités des municipalités. L’engagement de tous doit aller à la sécurité de l’eau car, soutient-il, « on n’aura pas de solution durable si on continue d’utiliser 12l d’eau pour chasser la boue fécale ». Face à la sécheresse et au manque d’eau que connaissent certaines régions de l’Afrique, il a lancé un appel à tous à considérer le recyclage et la réutilisation de l’eau comme un élément fondamental des politiques et stratégies.

Après cette cérémonie qui a pris fin par un tableau authentiquement zoulou, les travaux se poursuivent dans les différentes sessions consacrées à plusieurs sous-thématiques et études cas relatives à toute la chaîne de l’assainissement partant de la collecte à la valorisation en passant par le transport et le traitement des boues de vidange au cœur de ce sommet.

February 17, 2019

Africasan5 : Le sommet des acteurs de l’hygiène et de l’assainissement  s’ouvre lundi 18 février à Cape Town (Afrique du Sud)

Alain TOSSOUNON (Cape Town, envoyé spécial)

Des toilettes de fortune dans la comme de Sô-Ava (Bénin)

La cinquième Conférence panafricaine sur l’Assainissement et l’Hygiène (AfricaSan 5) se tient du 18 au 22 février 2019 au Cap en Afrique du sud.  Cette initiative mise en place en 2004 par les ministres africains de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène (IMAEAH) est à sa 5ème édition. Elle vise essentiellement à inciter les Etats à faire un effort politique et à prendre leurs responsabilités afin de relever les défis en matière d’accès à l’eau, l’assainissement et l’hygiène qui se posent à l’Afrique. La recherche de solutions durables pour la gestion des boues de vidange sera au cœur des échanges et discussions de ce sommet.  

 Après la 4eme Conférence de Dakar qui a abouti à la Déclaration de Ngor réengageant les pays africains à l’atteinte de l’ODD 6, notamment l’accès universel à des services appropriés et durables d’hygiène et d’assainissement et à la fin de la défécation à l’air libre d’ici à 2030, la 5e édition se veut une occasion d’échanges entre experts en assainissement et en hygiène et les principales agences africaines et internationales concernées par le développement du secteur.

A l’instar des éditions passées, Africasan5, vise surtout à créer un élan pour remédier à l’épidémie persistante de manque d’accès à un assainissement sûr et à la défécation à l’air libre à grande échelle. En effet, 4,5 milliards de personnes dans le monde n’ont pas accès à des services d’assainissement durables. En Afrique Sub-Saharienne, 70% de personnes n’ont pas accès à l’assainissement soit 610 millions de personnes.

Face à cet état de lieux préoccupant, les ministres responsables de l’hygiène et de l’assainissement et les principales agences internationales travaillant dans les domaines de l’assainissement et de l’eau en Afrique sont attendues pour examiner et trouver de nouvelles possibilités de collaboration et de partenariat. Ce grand rendez-vous constitue une véritable occasion d’échanges et de partage d’expériences entre les ministres, décideurs politiques de haut niveau, les spécialistes sectoriels, les organisations internationales et les médias.

Au cœur de cette cinquième conférence, c’est la promotion et le partage de bonnes pratiques et des innovations afin d’améliorer la gestion des boues de vidange.  Une plate-forme est créée pour impulser davantage les acteurs à répondre aux demandes et aux défis du secteur de l’assainissement en Afrique. Une fois de plus, les professionnels du secteur, les gouvernements, les décideurs, les services publics, les partenaires du développement, les investisseurs, les industries et les fournisseurs de services auront l’occasion de coordonner, développer et partager leurs connaissances afin de proposer des solutions abordables et viables à grande échelle. Cette conférence mettra l’accent sur des solutions pratiques pour gérer de manière durable l’ensemble de la chaîne de services d’assainissement sans égouts, couvrant les toilettes, le confinement, la vidange, le transport, le traitement et la réutilisation, en tant que composante essentielle des services d’assainissement urbain dans toute la ville.

December 17, 2018

Elaboration du Plan National de Sécheresse du Bénin : Une réunion technique se tient demain à Cotonou

Alain TOSSOUNON (Cotonou/Bénin) -Dans le cadre de l’élaboration du Plan National Sécheresse du Bénin, les personnels de structures scientifiques, techniques ou de coopération qui sont actifs dans les secteurs liés à la sécheresse ou affectés par les différents impacts de la sécheresse, tiendront demain 18 décembre, une rencontre technique à l’INFOSEC de Cotonou. Le partenariat régional de l’eau de l’Afrique de l’ouest (GWP-AO) et le Partenariat National de l’Eau du Bénin (PNE-Benin) appuient techniquement et financièrement le Ministère en charge du Cadre de Vie et du Développement Durable dans le processus d’élaboration.

Vers une gestion intégrée de la sécheresse au Bénin

A l’instar du Burkina Faso qui dispose de son Plan national Sécheresse, le Bénin se prépare à se doter de ce précieux document pour contrer efficacement le phénomène.  Cet atelier qui réunira toutes les structures concernées directement ou indirectement par la gestion de la sécheresse sont invitées à apporter leur contribution technique au document. La rencontre servira à faire l’état des lieux en matière de lutte contre la sécheresse au Bénin, à identifier les dispositifs existants relatifs à la gestion des crises de sécheresse, proposer le cas échéant, des moyens d’améliorer les mécanismes de gestion de crise existants.

Au terme de cet atelier technique, les participants sont appelés à inventorier et répertorier les ressources, appuis et capacités disponibles dans le cadre de la lutte contre la sécheresse au Bénin, à identifier les mécanismes et dispositifs existant dans le cadre de la gestion de la sécheresse au Bénin et faire des propositions concrètes pour améliorer et renforcer les mécanismes de gestion de crise existant et les sources d’appui technique et financier.

June 18, 2018

Assemblée Générale ordinaire de l’Alliance Wash : Les membres font le bilan des activités

Alain TOSSOUNON (Cotonou/Bénin)

Deux ans après sa mise en place, les membres de l’Alliance Wash se sont retrouvés en Assemblée générale pour faire le point de leurs activités. Plus qu’un bilan, les membres ont pris de nouveaux engagements au cours de cette rencontre et procédé au renouvellement du bureau du Conseil d’Administration. C’était le jeudi 14 juin 2018 au siège de BUPDOS ONG.

Photo de famille des membres de l’Alliance                              Wash-Bénin

Mise sur les fonts baptismaux le 16 décembre 2015, l’Alliance Wash  a convié ses membres à une assemblée générale ordinaire. Conformément aux statuts, treize des quatorze membres attendus ont fait l’exercice du bilan pour tirer les enseignements et prendre un nouveau départ.

Dans son intervention à l’ouverture de la séance, le président du Conseil d’Administration, Roger Agbakli a rappelé le contexte de la création de cette alliance avant de partager avec les membres, les objectifs de la rencontre. Signifiant qu’en réalité que cette alliance existe depuis 2011, il a souligné qu’elle a bénéficié de l’accompagnement de l’Alliance Wash néerlandaise avant de se doter de textes fondamentaux conformément à la loi 1901 au Bénin.

Pour le Président Agbakli, l’Alliance Wash constitue une plateforme d’échanges pour les membres qui interviennent depuis plusieurs années dans le secteur de l’eau et de l’assainissement. Elle a essentiellement pour objectifs, de promouvoir le droit à l’eau et à l’assainissement, d’améliorer la capacité d’intervention de ses membres, de contribuer à l’amélioration de la Maîtrise d’Ouvrage Communal et de faciliter le dialogue entre OSC, l’Etat central, les Partenaires Techniques et Financiers  et les acteurs communaux. Après l’Assemblée Générale constitutive tenue le 16 décembre 2015, cette première assemblée générale ordinaire a été consacrée au bilan des activités mises en œuvre. Au nombre de ces activités, la Secrétaire Générale, Anne Floquet a rappelé tout le travail fait pour doter l’organisation d’un logo et d’un siège et les différentes rencontres avec les partenaires pour les informer de sa nouvelle orientation. Plusieurs rencontres ont été effectuées avec différentes structures dont l’Ambassades des Pays-Bas. Elle a aussi souligné la validation du Programme d’appui à la Gestion intégrée des ressources en eau (GIRE) dans les communes avant de se féliciter de la sélection de trois des membres de l’Alliance  pour le financement relatif au fonds Omidelta destiné aux Acteurs Non Etatiques (ANE).

Par ailleurs, elle s’est aussi félicitée du retour du Coordonnateur de l’Alliance qui a travaillé à maintenir le contact avec les autres alliances. Sur le plan de la représentation, elle a indiqué que l’Alliance Wash participe aux activités du Cadre de Concertation des Acteurs Non Etatiques de l’Eau et de l’Assainissement (CANEA) et du programme PAPHyR mis en œuvre par le consortium MCDI/ EAR G-Emergency.

Au terme des travaux, les membres ont pris de nouveaux engagements pour renforcer leur creuset et procédé au renouvellement des membres du bureau. Le président sortant Roger K.Agbakli a été reconduit à la tête de l’Alliance pour un mandat de deux ans.

Liste des nouveaux membres du bureau élus

POSTE Nom de la structure Nom du représentant
Président BUPDOS Roger K.AGBAKLI
Vice-Président SIA SON BALOGOUN Salomon
Secrétaire Général CEBEDES Anne FLOQUET
Secrétaire Adjoint EAA Edmond ATTAKIN
Trésorier Général PNE-Bénin André ZOGO
Trésorier Adjoint GRAIN Johny CODO
Responsable à la communication ICA Kasim

 

 

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June 13, 2018

Eau et assainissement au Bénin: Enfin une revue du secteur pour les bilans de gestion 2016 et 2017

Alain TOSSOUNON (Cotonou/Bénin)

Attendue depuis  deux ans, le secteur de l’eau et de l’assainissement tiendra enfin une revue. Après la dernière revue de 2016 qui a permis de faire le point des réalisations de 2015, la prochaine revue prévue pour les 28 et 29 juin 2018 permettra de revenir à la fois sur le bilan des gestions des années 2016 et 2017. Un grand moment pour tous les acteurs du secteur qui brûlent d’impatience de mieux s’informer sur les réformes engagées par le président Patrice Talon et surtout d’échanger sur leur contenu et l’avenir de ce secteur vital au Bénin.

Photo de famille de la dernière revue sectorielle 2016 pour la gestion 2015

Enfin, le secteur eau et assainissement tiendra sa revue. C’est la réponse de tous les acteurs au message d’invitation de cette revue. Car, tant souhaitée et désirée  depuis deux ans, les membres de la grande famille des acteurs ne cachent pas leur joie de se retrouver pour échanger sur le bilan mais aussi sur l’avenir de leur secteur.

Nul doute que cette revue sera riche en débats Car, c’est la première fois que le gouvernement à travers le nouveau ministre de l’eau, Samou Adambi, sera face à  l’ensemble du monde des acteurs qui interviennent dans le secteur. Et parlant de débats, il est important de rappeler après la revue 2016 qui a permis de faire le bilan de la gestion 2015 qui a clôturé l’ère des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), que les revues 2016 et 2017 se tiendront dans un contexte où les pays se sont désormais engagés pour les Objectifs de Développement Durables (ODD). Ainsi, chaque pays devrait donc aligner ses politiques publiques en ce qui concerne l’eau et l’assainissement sur les ODD pour être au rendez-vous de 2030.  Aussi, les revues prochaines sont attendues pour mieux éclairer les acteurs sur les réformes engagées par le président Patrice Talon surtout dans le sous-secteur de l’eau.

En effet, se fixant un objectif d’assurer l’accès universel à l’eau potable aux populations du Bénin à l’horizon 2021 (100% de desserte), le gouvernement de la rupture s’est donné comme moyens d’actions, entre autres, les réformes institutionnelles du secteur de l’eau, l’accélération de la réalisation des infrastructures hydrauliques tant en milieu urbain que rural, la mise en place d’une agence d’approvisionnement en eau potable en milieu rural et la réforme institutionnelle du sous-secteur de l’hydraulique urbaine, la coordination des initiatives avec les partenaires intervenant dans le secteur, le développement des capacités des acteurs…De façon concrète, les réformes concernent pour l’approvisionnement en eau potable en milieu rural, la création de l’Agence Nationale d’approvisionnement en eau potable en milieu rural, (Etablissement public placé sous la tutelle de la Présidence de la République), pour l’approvisionnement en eau potable en milieu urbain, la révision du cadre institutionnel et juridique de la société (scission de la SONEB en une Société de patrimoine et une Société de distribution), la redéfinition des missions de la DG Eau, l’optimisation des cadres de concertation du secteur de l’eau et la révision de la politique tarifaire.

Si des rencontres ciblées ont été organisées avec les différentes catégories d’acteurs pour présenter les réformes, jamais toutes les catégories d’acteurs n’ont pu se retrouver pour échanger sur ces réformes en cours de mise en œuvre. Depuis, nombreux sont les acteurs qui attendaient ce grand rendez-vous annuel pour mieux comprendre le contenu des réformes et échanger sur les mécanismes de leur mise en œuvre. Parce que dans la plupart des cas, ces réformes viennent bousculer l’ « ancien ordre » en ce qui concerne la maîtrise d’ouvrage communal qui pendant longtemps, a bénéficié de l’attention des Partenaires Techniques et Financiers qui ont accompagné les acteurs communaux à mieux l’exercer. De même, dans ce contexte  de réformes, les acteurs s’interrogent sur le nouveau partage des rôles entre l’Agence Nationale d’approvisionnement en eau potable en milieu rural et la Direction Générale de l’Eau d’une part, et d’autre part entre cette Agence et les communes.

Aux réformes dans le sous-secteur de l’eau, il faut ajouter celles dans le sous-secteur de l’hygiène et de l’assainissement à venir. Car, à l’image de l’Agence Nationale d’approvisionnement en eau potable en milieu rural, il est annoncé la création d’une nouvelle agence de soins primaires qui prendra en compte le sous-secteur de l’hygiène et de l’assainissement de base  au niveau du ministère de la santé en charge de ce sous-secteur.

Au-delà des grandes attentes, la tenue de cette revue pour les gestions 2016 et 2017 sera une véritable fête de retrouvailles aussi bien pour les acteurs que pour le ministre. Vivement que les attentes soient comblées.

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