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March 22, 2017

GESTION DES EAUX USEES : La directrice régionale de WaterAid prône le changement de comportement

Par Jacques Ngor SARR- (Dakar-Sénégal) La journée mondiale de l’eau célébrée cette année sous le thème : «Eaux usées et gestion durable de nos plans d’eau», a été l’occasion pour la Directrice régionale de Wateraid Mariame Dem d’insister sur la nécessité d’un changement de comportement pour faire face au besoin d’eau, d’hygiène et d’assainissement.

Lors d’un petit déjeuner de presse organisé ce mercredi dans les locaux de Wateraid, dans le cadre de la journée internationale de l’eau, Mariame Dem a déclaré que le changement de comportement devra être mis en exergue en ce qui concerne la gestion des eaux usées. «Si nous réglons la question de la gestion de l’eau, nous réglerons les questions liées au développement», insiste-t-elle. Saluant les efforts du gouvernement, par rapport à d’autres pays africains, concernant l’accès et la gestion de l’eau, même s’il reconnait que des efforts restent à faire, la Directrice a par la même occasion, souligné l’importance liée à l’information des populations en vue de relever certains défis.

Abondant dans le même sens, le conseiller technique du bureau régional de Wateraid, Tidiane Diallo  a rappelé que l’objectif recherché à travers ce thème est, d’arriver à réduire la production des eaux usées et de trouver des alternatives qui permettront de les traiter et de les réutiliser ensuite.

Monsieur Diallo soutient qu’en termes de priorité et d’investissement, le gouvernement du Sénégal est en train de faire des efforts considérables dans le traitement des eaux usées. Mais note-t-il, « si nous nous référons sur les indices de développements durables, nous constatons que des efforts devront être déployés d’avantages pour maintenir ce qui est acquis. C’est là où apparaît la durabilité des services et des investissements que nous avons consentis. Sur ce, l’Etat doit traiter toutes les couches de la société au même piédestal afin que l’éthique et de l’égalité soient respectés».

Le conseiller technique du bureau régional de wateraid, soutient que : « 80% des eaux que nous utilisons sont transformées en eau usée et sont rejetées dans la nature, polluant l’environnement et appauvrissant les sols. Notre objectif de développement durable est de mettre des dispositifs personnalisées d’infiltration pour pouvoir transformer, stocker et traiter l’eau pour protéger la nappe phréatique avant qu’elle n’arrive dans le sol. Cela permettra de diminuer les maladies telles que le paludisme, le choléra et autres maladies liées aux stagnations de l’eau dans les ruelles et aux manques d’assainissements».

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September 27, 2016

IMMERSION DANS LA VALLÉE DU FLEUVE SÉNÉGAL ET LE DELTA :La nouvelle «vie» du lac de Guiers

Par Jacques Ngor SARR (Dakar-Sénégal)

Faites un tour dans le delta et la vallée du fleuve Sénégal, vous vous rendrez compte de l’existence d’une vie nouvelle. Le lac de Guiers si près des populations riveraines, jadis inaccessible, est devenu un lieu de vie et d’épanouissement du fait de la facilité d’accès à l’eau. Le Ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement, à travers l’Office du Lac de Guiers, a mis à exécution, la  promesse du Président Macky Sall en 2012, à Louga, lors du Conseil des ministres décentralisé, à savoir l’alimentation en eau potable des villages riverains du Lac, réparant ainsi, une injustice de plusieurs années.

lac

Sur les berges du lac de Guiers vit une population de 200 000 habitants dont 37 000 vivent autour de la dépression lacustre. Ce peuple dont le destin est intimement lié à celui du lac, a trouvé un nouveau souffle dans leurs activités économiques  mises en œuvre par le Projet de Restauration des Fonctions Ecologiques et Economiques du Lac de Guiers (Prefelag) pour un coût global de 14 milliards.

L’Office du lac de Guiers (OLAG), à travers ce projet, a réalisé de grands travaux qui ont permis, d’améliorer l’hydraulicité du plan d’eau, notamment sur le canal principal de la Taouey qui relie le lac de Guiers au fleuve Sénégal, et d’augmenter la disponibilité de la ressource. Ainsi grâce au curage et au désencombrement de la Taouey sur 17 km, mais aussi, à la réhabilitation de 10 km d’endiguement et d’ouvrages de régulation parmi lesquels celui de Mérinaghen, les digues de Keur Momar Sarr, de Temey, de Naéré, de Diokhor et de Pakh, les apports en eau ont  augmenté. Ils passent de 1,2 milliards de m3 par an à 2,34milliards de m3/an. Cette augmentation de la quantité d’eau, a permis d’irriguer près de 18 milles hectares emblavés autour du lac.

Ces investissements ont redonné vie à plusieurs localités comme Mbayène, dans la commune de Gnith. En témoigne Djiby Mbaye, producteur agricole : «Mbayene était un village à l’agonie, le typha avait obstrué les voies d’eau compromettant ainsi toutes la production agricole avec des préjudices estimés à plusieurs millions. Sur 1 ha on avait que 100 à 150 sacs de patate douce, aujourd’hui, après les travaux de l’Olag, on est à 400 sacs à l’hectare». Tout autour, 30 milles hectares de terres irrigables ont été valorisés grâce à l’alimentation et a des chenaux d’irrigation.

Pour une gestion optimale, rationnelle et une bonne planification des ressources en eau, l’Olag est en train de faire un maillage du réseau de suivi (quantité et qualité) des eaux du lac par la mise en place d’appareils hydrologiques permettant de recevoir, en dehors du niveau d’eau, des données sur neufs paramètres de qualité par télétransmission en temps réel. Ces paramètres renseignent entre autres sur le niveau d’eutrophisation, de concentration et de turbidité. D’autres analyses chimiques et bactériologiques sont faites d’une manière périodique (1 une fois par an) pour suivre les concentrations en micropolluants et poli formes fécaux.

Accès à l’eau potable des riverains: une injustice de plusieurs années réparée

La ville de Dakar, reçoit l’essentiel de son alimentation en eau potable du Lac de Guiers, depuis 1971, alors que la grande majorité des villages riverains, s’est toujours contentée de boire directement l’eau brute du lac. C’est pour réparer une telle injustice que le Président de la République avait promis, d’alimenter en eau potable, l’ensemble des villages riverains du lac. Un programme mis en œuvre par l’Olag et impacte positivement aujourd’hui quelques 50 000 personnes de la zone.

Les villages riverains situés dans les communes de Gnith, de Keur Momar Sarr, de Mbane et de Syer sont maintenant alimentés en eau potable. Ainsi, la corvée quotidienne pour trouver l’eau potable, est devenue un mauvais souvenir, confie la dame Ngossé Sarr qui vit dans le village de Thiarène situé à quelques encablures de l’usine de traitement de Gnith.

A cela vient s’ajouter l’ouverture des points d’accès permettant aux populations d’avoir une eau de meilleure qualité pour les besoins domestiques et au bétail de s’abreuver sans difficulté. Pour cela, 30 ha de typha ont été enlevés, ce qui correspond à 37 points d’accès au bénéfice des villages riverains. En sommes, c’est 37 000 habitants du pourtour immédiat du Lac qui ont un meilleur accès au plan d’eau.

Ce nettoiement a également permis de dégager des voies de passage et de redynamiser la pêche qui a connu un regain perceptible à travers les quantités de poissons débarquées et à leur taille. Ce que confirme le chef du Centre de pêche de Mbane Abdoulaye Thiam: «Les travaux effectués sur la Taouey ont engendré une augmentation du volume d’eau du lac entrainant ainsi le retour des espèces de poisson de grandes tailles comme le capitaine qui avait disparu. Tous les acteurs de la ressource halieutique ont vu leurs revenus augmenter». Pour un suivi permanent de l’entretien des sites aménagés, des rencontres périodiques se font avec les populations concernées.

A Ndombo, on voit enfin l’eau du lac

Les réalisations de l’Office à travers le Prefelag ont donc permis de satisfaire les besoins des populations. Le lac de Guiers, qui était si près, mais si loin des populations riveraines, à cause de l’envahissement des plantes aquatiques est devenu un lieu de vie et d’épanouissement. C’est le cas de Ndombo où des jeunes d’une vingtaine d’années, natifs du village n’ont jamais eu l’occasion d’entrer en contact direct avec l’eau du lac.

Le maire de Ndombo qui ne peut pas cacher sa satisfaction témoigne: «Franchement ce que l’Olag a fait ici, c’est du jamais vu. Toutes les personnes qui sont nées 30 ans en arrière, ne savaient pas qu’il y avait de l’eau ici à cause du typha qui avait fini par envahir toute la zone. Le tout dans une insécurité provoquée par les serpents qui circulaient un peu partout. Malheureusement la mairie ne pouvait rien faire faute de budget. Mais avec l’arrivée du nouveau Directeur en l’occurrence M. Bocoum, l’OLAG en a fait une priorité pour nous sortir de cette situation.

Les travaux effectués par l’OLAG, ont permis à Ndombo de respirer, l’eau est accessible et nous avons maintenant la plus belle île du Sénégal. Je vous informe qu’à un moment donné, je m’étais emporté tellement que la situation a été invivable. Mais en bon manager, le DG a réagi par les actes, en apportant des solutions, sans tambours ni trompettes. Actuellement, c’est l’ensemble des populations de Ndombo qui le remercie. De notre côté nous ne croisons pas les bras, nous assurons l’entretien régulier pour maintenir la rive propre et accessible».

51 concessions bénéficient de latrines, de fosses étanches, de bacs à laver et de poubelles

Pour une meilleure gestion de la qualité de l’eau, l’OLAG a procédé à l’identification et à la caractérisation des différentes formes de pollution. Suite au constat, sur la rive Ouest de la Taouey, de fosses septiques qui déversaient directement sur le canal, un programme d’assainissement est en cours de réalisation au bénéfice des populations riveraines. Ainsi, le long de la Taouey à Richard-Toll, 51 concessions ont déjà bénéficié de douches, latrines, fosses étanches, bacs à laver et de poubelles. Certaines d’entre elles ont été branchées directement au réseau de l’Onas.

Le délégué du quartier des pêcheurs de Godal Khout qui jouxte le canal de la Taouey, Ousmane Guèye trouvé chez lui, reconnait d’emblée qu’au début «les populations ont été réfractaires à ces latrines car elles avaient l’habitude de tout déverser dans la Taouey. Mais une fois installées, nous avons pris conscience de l’opportunité et de l’amélioration de nos conditions d’hygiène. Je crois que le mérite revient à l’Olag et à son directeur que nous remercions pour cette marque de considération». 1000 autres ouvrages sont prévus autour du lac. Afin d’éliminer la pollution de la Taouey par ordures ménagères et les hydrocarbures des véhicules stationnés, il a été également procédé au recasement de 64 cantines qui se trouvaient sur les bords immédiats de la Taouey, vers un nouveau site situé plus appropriés appelé « marché Thiabakh » ainsi que la distribution de poubelles dans le quartier Gadalkhout

Pour la gestion de la pollution agricole des plans d’eau, 300 producteurs autour du système du lac ont déjà été formés aux bonnes pratiques phytosanitaires.

40 ans après son assèchement, la réserve spéciale d’Avifaune du Ndiaël sera  remise en eau

La revitalisation de cet écosystème d’importance internationale, n’est plus un simple slogan. Il suffit de faire un tour dans la réserve du Ndiaël, qui n’avait  plus d’eau depuis une quarantaine d’années à cause des effets combinés de l’homme et des sècheresses des années 70 et 90, pour s’en rendre compte. Site Ramsar d’importance internationale, actuellement inscrit au registre de Montreux des sites en danger, le Ndiaël va bientôt changer de visage. Comme en atteste les travaux de reprofilage de Yéti Yone sur 13 Km entre la carrière de Thioub et la Grande Mare. Cette dernière subira également un aménagement avec la construction de deux (2) nichoirs, d’axes de navigation et des débarcadères, mais aussi la construction d’une piste d’accès de 7 km qui va désenclaver considérablement la zone. La construction d’un centre écotouristique, la formation des éco-guides et la mise à disposition de deux barques pour le transport des touristes sont bien parties pour favoriser la création d’emplois verts.

Dans la même perspective, le Prefelag appuie les initiatives économiques comme la pisciculture, la laiterie, l’embouche, etc. pour pérenniser les activités et ainsi sécuriser les emplois générés.

La prise en compte du genre permettra de générer des revenus au profit des femmes, par la réalisation de 9 étangs piscicoles, d’une laiterie et la mise en place d’un fonds de crédit revolving. Du moins, c’est ce qu’a laissé entendre la présidente de l’Union des femmes de Ross Bethio, Ndeye Gaye. Embauchant la même trompette, le Président AIV Ndiael, Amadou Sow ajoute que le Ndiael est bien parti pour avoir la même attraction que le parc des oiseaux de Djoudj.

Quant au Yéti Yone, cordon ombilical de la grande mare du Ndiaël et le lac de Guiers, il a été reprofilé sur 13 Km, permettant ainsi aux 32 villages d’avoir accès à l’eau douce. Ces populations qui, jadis, connaissaient, en hivernage, des difficultés de mobilité et d’accès aux infrastructures de santé voient leurs conditions améliorées avec la réalisation de 2 ouvrages de franchissement à Bélel Mbaye et à la carrière de Thioub et d’une case de santé équipée pour faire face à la recrudescence des maladies hydriques, témoigne le chef du village de la localité, Siley Sow.

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June 13, 2016

Usine de dessalement d’eau de mer aux Mamelles: 135 milliards pour sauver Dakar d’un déficit d’eau de 200 000m3/J

Par Jacques Ngor SARR (Dakar/Sénégal)

usine eau

Le déficit de 200 000 M3/j d’eau qui risque de frapper Dakar d’ici à l’horizon 2025 si rien n’est fait, révélé par des études de la SONES est bien parti pour être évité. Le gouvernement japonais à travers l’Agence japonaise de coopération internationale (Jica) a financé un projet d’usine de dessalement de l’eau de mer des Mamelles pour une valeur de 135 milliards qui aura une capacité de 50.000 m3/jour extensible à 100.000 m3/jour. C’est ce projet que le président de la Jica, Kitaoka, venu de Tokyo est venu visiter hier en présence des autorités de la Sones, pour renouveler l’engagement de son organisation. Ce projet  dont le démarrage des travaux est prévu au mois de janvier 2018 et la fin en 2021, a pour objectif, selon le Dg de la SONES Charles Fall, «la construction d’une station, d’une prise d’eau sur la mer qui va envoyer l’eau dans les stations de traitement d’une capacité de 50 000 m3 extensible à 100 000 m3. Et qui va par la suite envoyer l’eau via un réseau de transfert au niveau des réservoirs au sol qui se trouvent derrière le monument de la renaissance. L’eau sera ensuite distribuée dans le réseau pour impacter les maisons». Charles Fall renseigne que c’est pour permettre à la population d’avoir de la disponibilité de l’eau 24/24. Il rappelle aussi que cela constitue une réserve stratégique, car si ce projet existait, les populations de Dakar n’auraient pas senti les incidents de Keur Momar Sarr. Mais ce qui est important dans ce dessalement de l’eau de mer, souligne Charles Fall, c’est le renouvellement du réseau. «Nous allons en profiter pour renouveler plus de 400 km de réseau de Dakar. On a aujourd’hui un taux de fuite, une quantité non facturée à peu près de 27%. Avec ce renouvellement du réseau, nous espérons passer de 27 à 20%. Et l’économie que nous faisons à travers ce renouvellement représente une usine comme celle de Ngnith, ce qui dénote l’importance de ce projet », conclut-il.

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April 26, 2016

ACCES A L’EAU: WaterAid mise sur les droits pour influencer les décideurs

Mamadou L. Camara (Dakar- Sénégal)

Le Directeur régional des programmes en Afrique de l’Ouest  pour Water Aid, Joe Lambongang (photo) a dévoilé ce lundi la nouvelle stratégie que l’organisation compte désormais mettre en œuvre en Afrique de l’Ouest.

joe-lambongang

« Nous voulons maintenant mettre l’accent le droit à l’accès à l’eau et à l’assainissement surtout pour les couches  vulnérables » a-t-il annoncé lors de la cérémonie d’un séminaire dédié au   journaliste qui a démarré ce lundi à Dakar. «Cette fois-ci, nous voulons mettre l’accent sur l’hygiène » a-t-il annoncé pour faciliter l’accès à  l’eau et l’assainissement  en Afrique.  Le  but  visé à  travers cette  nouvelle stratégie est de pousser les décideurs à  faire de l’assainissement une priorité dans  leurs politiques. Il faut noter qu’en Afrique de l’Ouest  où les taux d’accès sont respectivement de 72% pour l’eau et de 25% pour l’assainissement. Dès lors, Joe Lambongang a recommandé pour importation de technologies adaptées aux réalités africaines. «Il faut que les technologies importées pour faciliter l’accès à l’eau et à l’assainissement soient adaptés aux réalités du milieux » a-t-il recommandé.

April 1, 2016

POMPAGE DE LA NAPPE SOUTERRAINE PAR L’USINE DANGOTE : Des experts révèlent de graves menaces sur la santé des populations

Jacques Ngor SARR (Dakar-Sénégal)

L’usine de la cimenterie Dangote, implantée à Pout depuis quelques années, est en train de pomper l’eau de la nappe phréatique pour ravitailler le système de refroidissent de ses machines. Des rapports réalisés par des experts révèlent de graves menaces sur les ressources hydrauliques de cette localité et sur la santé des populations locales.

 Cimenterie Dangote

Depuis que l’usine a commencé à exploiter des forages sur autorisation de l’Etat du Sénégal, à travers une lettre datée du 26 novembre 2012 délivrée par le ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement, dirigé à l’époque par Oumar Guèye, les rapports entre la population et les responsables de l’usine se détériorent de plus en plus. La cause : Le recours à la nappe qui ne serait pas sans conséquence sur l’environnement et sur la santé des populations de la zone.

Dans son rapport intitulé «Analyse critique des impacts quantitatifs et qualitatifs des prélèvements en eau de la nouvelle cimenterie de Pout sur les ressources en eaux souterraines», l’expert hydrogéologue, enseignant-chercheur à l’Ufr Sciences de l’ingénierie de l’Université de Thiès, le Dr Cheikh Hamidou Kane, a révèle que «pour sa production d’eau, la cimenterie de Pout et les carrières connexes de Tchicky et Pout Est exploitent actuellement 5 forages (sur 6 autorisés)».

Aussi, le Dr Kane fait observer que «dans la zone de Pout, il existe plusieurs infrastructures dédiées à l’Approvisionnement en eau potable (Aep) de Dakar qui exploitent les deux nappes du Paléocène et du Maastrichtien. Il s’agit notamment des centres de captage de Pout Nord, Pout Sud et de Pout Kirène».
Les agriculteurs exploitent également les eaux souterraines. Plus grave, «les prélèvements de la cimenterie Dangote vont s’ajouter à ceux de la Sénégalaise des eaux (Sde) qui, rien que pour la zone de Pout Nord, exploite neuf forages. Cette surexploitation des eaux souterraines risque de créer de la place aux eaux salées».

Dans un autre rapport intitulé : «Etude de la consommation en eau de la cimenterie de Dangote à Pout», réalisé par Emile Ngom, expert en énergie, qui a révélé que la cimenterie envisage de produire trois millions de tonnes de ciment, il est a indiqué que le prélèvement de ressources hydrauliques sur la nappe phréatique risque de connaître une hausse importante.

«En cas de réalisation du doublement de la capacité prévue (passage de 1,5 à 3 millions de tonnes avec extension de la puissance consommée de la centrale de 22 Mw à 44 Mw), la consommation annuelle en eau passera de 1 million 478 mille 520, à 2 millions 755 mille 560 m3, soit une augmentation de d’environ 87%», souligne M. Ngom.

 

Risques d’une infection respiratoire

Le rapport recommande à la cimenterie Dangote d’améliorer le design de la centrale thermique en remplaçant l’aéroréfrigérant par un aérocondenseur. Cette modification supprimerait le plus gros consommateur d’eau de la cimenterie et préserverait une nappe phréatique déjà très déficitaire dans cette zone.

Pour l’ingénieur environnementaliste Ibrahima Diaw, les préoccupations liées à l’eau se rapportent notamment au pompage, à l’eau de refroidissement, au traitement de l’eau, au traitement des eaux usées et à la pollution des sols. L’auteur de «L’Analyse de conformité de la procédure et examen du rapport d’évaluation environnementale du projet de cimenterie de Dangote à Pout», renseigne que les risques de biocides n’ont pas été clairement mentionnés dans le rapport d’évaluation environnemental.

Au-delà, détecte-t-il, la légionellose, qui est une infection respiratoire provoquée par les bactéries vivant dans l’eau douce, appelées légionelles, risque de voir le jour dans la zone. «L’infection se fait en général par inhalation de l’aérosol (gouttelettes sorties en tête des tours aéroréfrigérantes). C’est une infection qui peut être mortelle», indique le  document qui montre que «la seule approche technique pour maîtriser le risque de développement des légionelles dans ces systèmes s’appuie sur la mise en œuvre d’un suivi rigoureux et de procédures d’alerte en cas de franchissement de certains seuils».

En étudiant l’évaluation faite de l’environnement de la localité d’implantation de l’usine, il est découvert que «ce risque n’a jamais été mentionné dans le rapport d’Etude d’impact environnemental et social et les moyens de suivi et de contrôle de la qualité des eaux d’appoint de chaudière et du circuit de refroidissement ne sont pas explicités». «Sa prise en compte demande un investissement supplémentaire», recommande-t-il.

 

April 1, 2016

EAUX USEES, DECHETS TOXIQUES, NAPPE PHREATIQUE POLLUEE : Petit Mbao agonise à cause des usines de la zone franche

Youssouph Bdian (Dakar Sénégal)

Petit Mbao, commune située à une vingtaine de kilomètre de Dakar, agonise lentement sous le poids des déchets liquides toxiques. Le village lébou créé vers 1444 est devenu le réceptacle des eaux polluées déversées par les nombreuses usines implantées dans la zone franche industrielle. Le canal du «mal» empoisonne depuis près de quatre décennies la vie d’une population désorientée qui continue à assister impuissante à la dégradation de son cadre de vie et au dérèglement d’un mode de vie longtemps rythmé par la pêche et l’agriculture. Deux activités de survie qui ont brutalement disparus au grand désarroi d’une population qui se débat pour rester en vie.

Usine Petit Mbao

A première vue, Petit Mbao Peulh est une cité calme et paisible. En cette matinée de lundi du mois de mars, le quartier, comme bercé par les vagues qui échouent à une dizaine de mètres des habitations, se réveille petit à petit. Sur un terrain vague au milieu de la cité, des enfants courent derrière un ballon qui, de temps à autre, va heurter un mur ou une porte d’une des bâtisses qui continuent à pousser comme des champignons dans ce quartier populaire habité depuis plusieurs années. Des mômes bruyants dont les cris se mélangent par moment aux hurlements des sirènes et autres machines des usines dont la plus proche est celle des ICS (Industries chimiques du Sénégal). De loin, on aperçoit ses grandes sphères d’acide phosphorique qui plombent dangereusement les habitations. Le nuage de fumée qui s’y échappe réduit la visibilité sur un rayon de près de 200 mètres.

L’horizon est invisible et incertain, à l’image de l’avenir de ces enfants dont la bonne humeur et le trop plein d’énergie contrastent avec le danger. Ils le côtoient quotidiennement au péril de leur vie et de celle d’une centaine de personnes qui meurent à petit feu dans ce coin oublié. Cette bourgade est bâtie sur du sable mouvant argileux, où par endroit on s’embourbe comme pour signaler aux visiteurs qu’il ne faudrait surtout pas s’aventurer pendant  l’hivernage dans ce quartier qui se transforme en marre à crapauds. Mais le plus grand danger ici reste le lac, une mare de 150 m2 qui jouxte le mur de clôture des ICS.  Plus on s’en approche, plus l’air devient de moins en moins respirable. Les narines sont fortement agressées par un mélange d’odeurs provenant des eaux toxiques d’une puanteur refoulant.

«C’est ainsi depuis la mise en place, en 1994, de la zone franche industrielle qui accueille plusieurs usines»,  confit l’air dépité et impuissant le chef de quartier de Petit Mbao Peulh. En effet, à deux cent mètres des habitations, on aperçoit dans le brouillard les installations des Industries chimiques de Sénégal  et d’autres installations industrielles qui tournent à plein régime. Toutes ces usines déversent leurs déchets liquides dans la mer à travers un canal qui vomit à une dizaine de mètres de la plage abandonnée, une eau noirâtre d’une odeur irrespirable. Avec l’effet du vent, l’odeur arrive jusque dans les maisons où la vie est souvent impossible.

«Il y a des jours où on est obligé de fermer portes et fenêtres pour échapper à l’odeur nauséabonde que même l’encens ne réussit pas à chasser quand le vent est très fort», lâche Tony Gueye, la trentaine, qui a déménagé à Petit Mbao dans la nouvelle maison de ses parents depuis moins de deux ans. Devant leur belle bâtisse R+1 peinte en beige, nous sommes vite rejoints par une jeune fille apparemment très intéressée par le sujet de notre conversation. Son nom Marianne.

Petite sœur de notre interlocuteur, elle a tenu elle aussi à jeter son grain de sel. L’air fatigué, le pagne négligemment noué, elle déclare : «Nous étions très heureux quand on a déménagé dans ce quartier en apparence très calme, mais on a très vite déchanté».

Au-delà de la forte odeur qui indispose, cette étudiante déplore le fait que les jeunes du quartier ne puissent pas profiter de la plage pourtant très proche, mais fortement souillée par les eaux polluées déversées par le tuyau considéré comme l’origine du mal vivre de toute une communauté. Le calvaire dure depuis plus de vingt ans avec des conséquences sanitaires, écologiques et économiques qui étouffent de jour en jour Petit Mbao.

 

Ici la pêche et l’agriculture se conjuguent au passé

 

Depuis près de cinq cent ans, les populations de Petit Mbao, majoritairement Lébous, ne vivaient que de pêche et d’agriculture. Mais aujourd’hui, ces activités ne sont plus d’actualité. Tout est parti de l’implantation de l’usine des ICS en 1978. Suivront ensuite plusieurs autres industries parmi lesquelles l’usine de tannerie «Sentha». Ainsi va naître la zone franche industrielle qui a fini par bouleverser la vie de milliers de personnes.

Un tour à la plage permet de constater l’ampleur des dégâts. Quelques pirogues sont abandonnées par endroit sur ce quai très animé dans le passé à cette heure de la journée. Mais aujourd’hui clairsemé, car juste quelques jeunes assis en petit groupes conversent bruyamment. «Tous nos jeunes qui sont majoritairement pêcheurs ont migré vers Mbour, Joal, Cayar, Kafountine… La mer ici est très polluée, ce qui fait que les poissons ont fui et ceux qui restent ne sont pas consommables», explique Momar Thioune. L’ancien responsable de la Commission environnement de la commune de Mbao se souvient avec beaucoup d’amertume de cette époque d’abondance qu’a connue son village natal. Sauf qu’aujourd’ui, les populations sont obligées d’aller acheter du poisson dans les autres localités. Ce qui était inimaginable dans le temps, selon notre interlocuteur.

L’agriculture et l’élevage qui étaient aussi des activités pratiquées dans le village ont disparu. La nappe phréatique polluée ne favorise plus la pratique du maraîchage qui fournissait le village en légumes. A Petit Mbao Peulh par exemple, aucun arbre ne pousse et le cheptel qui était jadis abondant a disparu, d’après le délégué de quartier, qui confie leurs bœufs, moutons et chèvres sont morts un par un  à force de boire l’eau polluée du lac.

 

April 1, 2016

IMPACT DE LA POLLUTION SUR LA SANTE DES POPULATIONS : Les deux tiers des patients souffrent de maladies diarrhéiques ou respiratoires

Youssouph Bodian (Dakar Sénégal)

A Petit Mbao le deuxième motif de consultation demeure les maladies liées à l’eau telle que les diarrhées. Elles sont devenues très fréquentes dans la zone. «Il a été constaté ces dernières semaines une recrudescence des gastros avec au moins quinze cas en deux jours. Les patients sont pour la plupart des enfants» révèle l’Infirmier chef de Poste du dispensaire qui fait face au quartier Petit Mbao Pheul, le plus touché par les déchets liquides. Une situation inquiétante selon Mame Biram Thioune qui a tenu à préciser qu’à ce jour il n’y a pas d’études qui confirment que l’accentuation des maladies diarrhéiques dans la zone est liée à déchets liquides déversés par l’usine.

Toutefois le premier motif de consultation demeure les maladies respiratoires.  Nous l’avons trouvé sur une natte négligemment adossé sur un mur dégarni par la brise marine. A notre arrivée le vieux Idy Dia la soixantaine, s’efforce à se redresser, respire profondément avant de répondre à notre salutation. «Je m’excuse mon fils, depuis la tabaski (Ndlr: au mois d’octobre 2015), j’ai été terrassé par mon asthme qui persiste toujours. Comme le délégué de quartier ils sont des milliers d’habitants de Petit Mbao à traîner au dispensaire de Petit Mbao selon l’infirmier chef de poste. « Lors des six derniers mois nous avons reçu 1500 cas de malades souffrant de problèmes respiratoires » ajoute le docteur Thioune.

April 1, 2016

Dr MOMAR NIANG, MEDECIN CHEF DE DJIDDAD THIAROYE KAO SUR LE MANQUES D’HYGIENE : «La majorité des femmes vivant dans les zones inondées souffrent d’infections vaginales»

Paul Khadja Traoré (Dakar Sénégal)

Le médecin-chef, Dr Momar Niang de Djiddah Thiaroye Kaw, localité comptant près de 200 000 habitants, n’a pas mis de gangs pour faire des révélations qui jusqu’ici étaient tabou dans cette localité. «Je reçois en moyenne 20 cas de femmes souffrant de maladies infectieuses par jour», confie-t-il.

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D’après le praticien, «la majorité des femmes vivant dans les zones inondées souffrent d’infections vaginales. Une situation qui est causée par le manque d’hygiène corporelle». Selon le médecin, la plus fréquente de ces infections vaginales qui affectent les femmes de la banlieue est le germe pathogène, un champignon appelé «candida albicans». Il s’attaque aux organes génitaux provoquant des démangeaisons, mais le danger est que ces microbes sont facilement transmissibles par l’usage commun des serviettes, des éponges et autres sous-vêtements. D’après le médecin, la recrudescence de ces cas d’infections dans les zones inondées s’explique par la nonévacuation des blocs sanitaires des maisons. «La femme est très sensible, même en temps normal. Elle doit prendre soin de ses parties intimes pour ne pas attraper d’infections. Malheureusement, pour celles qui ont été victimes des inondations, et celles qui n’ont pas accès à des toilettes adéquats,  les moyens de se protéger font défaut», renseigne le médecin. Aussi, Momar niang estime que la famille doit disposer de toilettes qui répondent aux normes d’hygiène. Il soutient aussi qu’après chaque hivernage, l’Etat doit prendre les mesures idoines pour permettre aux victimes d’inondation d’assainir leurs blocs sanitaires afin de pouvoir préserver les femmes de certaines «maladies honteuses». Par ailleurs, les statistiques de l’organisation mondiale de la santé montrent que, aujourd’hui, en Afrique, plus de 75% des femmes ont une fois fait une mycose vaginale et 40 à 50% d’entre elles ont eu au moins 2 à 3 épisodes de l’infection. La tendance est actuellement à la hausse avec 10 à 20% des femmes qui font des candidoses vaginales à répétition et 20% qui sont porteuses de la maladie sans présenter des signes cliniques. Aussi, pour éviter les infections vaginales, les experts en santé sexuelle recommandent aux femmes une bonne hygiène corporelle. Pour épargner la gente féminine de ce malaise, les femmes doivent porter des vêtements propres et bien secs. Les régions vulvaires et les plis inguinaux doivent être soigneusement séchés après le bain et les sous-vêtements doivent être bien séchés, de préférence au soleil. Mais, elles doivent surtout accéder à des toilettes décentes.

April 1, 2016

ABSENCE D’ASSAINISSEMENT A DJIDAH THIAROYE KAO : Quand la population cohabite au quotidien avec les eaux usées

Paul Kadja Traoré(Dakar Sénégal)

Bâtie sur la nappe phréatique de Thiaroye, la commune de Djiddah Thiaroye Kao connaît un sérieux problème d’assainissement. Depuis maintenant plusieurs années, la population de la localité souffre de sa cohabitation avec les eaux usées.

Thiaroye

Impossible de rester quelques minutes dans les différentes ruelles de la commune de Djiddah Thiaroye Kao. En effet, dans presque toutes les ruelles des 21 grands quartiers qui constituent la commune, un énorme trou servant de canal est creusé pour contenir les eaux usées en provenance des fosses septiques des maisons du quartier. L’odeur nauséabonde qui s’y dégage rend l’endroit infréquentable. «Cette situation infernale dur depuis de nombreuses années, renseigne Codou Fall, une vieille dame qui vit au quartier Lansar. Pour éviter des maladies respiratoires, nous sommes obligés de verser quotidiennement de l’eau de javel dans tous les coins de la maison». Au quartier de Ainoumane 3, le constat est le même : eaux usées et ordures ornent le décor. Une situation qui, visiblement, ne dérange plus personne dans ce quartier. C’est le cas du jeune Demba Fall, trouvé assis tranquillement dans son atelier de menuiserie avec ses apprentis, en train de déguster son verre de thé, malgré l’odeur fétide qui fusse de partout. «Je suis né et j’ai grandi dans ce milieu il y a une trentaine d’années. Chaque jour, nous vivons cette situation avec tous les dangers que cela comporte, c’est comme si ça faisait partit de notre quotidien. Je suis habitué à cette odeur, cela ne peut pas m’empêcher de vaquer à mes activités dans ce quartier», soutient le menuisier. Toutefois, il précise : «Ce qui nous agace surtout, c’est le manque de réaction des autorités locales. Hormis les quelques travaux d’installation d’un station d’épuration faite par l’office national d’assainissement du Sénégal (Onas) qui n’est bénéfique qu’aux quartiers périphériques et la réhabilitation de la route principale qui d’ailleurs n’a pas résisté aux derniers inondations, rien n’a été réalisé par les autorités pour nous sortir de cette situation alarmante». Au quartier Touba-Pikine, c’est le même scénario. Trouvé devant la mosquée du quartier, le vieux Daouda Diallo se plaint des eaux usées mélangées à des déchets, le tout dégageant une odeur nauséabonde qui envahissent les maisons. «Mais ce qui est plus grave, souligne le sieur Diallo, c’est que maintenant, nous avons constaté des serpents sortir de ces déchets et de ces eaux qui bordent nos maisons. Et le danger est d’autant plus grave que nos enfants circulent tout autour sans la moindre surveillance. Ce qui du jour au lendemain risque d’avoir des conséquences incalculable». Aussi, lance-t-il un SOS aux autorités de sa localité.

 

April 1, 2016

PRINCIPALES CAUSES DU PROBLEME D’ASSAINISSEMENT A LA MEDINA : Vétusté du réseau, incivisme et extension des maisons

Mamadou Lamine Camara (Dakar Sénégal)

A la Médina, un des anciens quartiers de Dakar, le problème du système d’assainissement se pose avec acuité. La plupart des rues ont pour marque les flac d’eau usées qui coulent  durant  presque 12 mois sur 12. Dans cette  localité de  la capitale  du Sénégal, les résidants ont une analyse différentes des causes de cette équation presque insoluble qui est l’assainissement  de la Médina. Si certains indexent la vétusté du système d’assainissement qui ne peut contenir les eaux usées des ménages qui ne cessent d’augmenter d’années en année, d’autres par contre estiment que la cause est  liée à  la nature du sol de la localité dont la nappe n’est  pas  trop profonde.  Trouvé  devant une  boutique à la  Rue 41 X 22, Doudou Gueye a déclaré que le problème de l’assainissement de la Médina est en partie lié des matériaux utilisés pour l’aménagement des rues. «L’évacuation des eaux usées constitue l’éternel problème de la Médina» a renseigné M. Gueye, riverain de la Rue 41X 22.

De son analyse, il ressort que «le système de canalisation étroit et vétuste ne peut plus à lui seul évacuer les eaux usées d’une localité aussi peuplée comme la Médina». Plus  loin de la Rue 41 X 22, un autre  natif de la Médina explique, à son tour les causes de la problématique de l’Assainissement de la Médina. Pour le vieux Papa Gueye, le problème de l’assainissement au niveau de la Médina est lié  principalement à la nature du sol. «Ici, à la Médina, la nappe affleure parce qu’à l’origine cette localité était redonné par des marécages» a expliqué le vieux Guèye. A l’en croire, l’écoulement des eaux usées s’intensifie chaque jour. Les canaux se bouchent au niveau des habitants les plus élevés.

En dehors, de ces problèmes, beaucoup de personnes croisées dans la rue de la Médina ont mis sur le dos le problème de l’assainissement à l’inadéquation entre l’évolution rapide des immeubles et le système d’évacuation actuel. «Le réseau d’évacuation des eaux usées actuel ne peut plus contenir tout ce que les ménages déversent», a soutenu Pathé Diagne, résident à  la rue 22. Ainsi, il  a  invité  l’Office  nationale de l’assainissement du Sénégal (Onas) à faire en sorte que l’extension de leur réseau soit en conformité avec l’évolution de   l’habitat.

La majeure partie des personnes rencontrées ont aussi pointé du doigt l’incivisme des citoyens qui a le plus  contribué à accentuer  le  problème de l’assainissement à la Médina, et à la Gueul Tapée. La preuve, des tas d’ordures sont dispersés un peu partout au niveau des intersections du quartier. Ces ordures mélangées aux eaux usées provoquent une odeur nauséabonde qui constitue un problème de santé  pour les populations.

La preuve de l’incivisme des populations se voit au niveau de Soubédioune  ou prend fin le canal d’évacuation des eaux usées. Au niveau de Soubédioune, à la  place des eaux usées, le canal rejette dans l’océan des objets solides plus précisément, les carcasses d’animaux mais surtout le plastique qui constitue une menace l’environnement marin et  les espèces qui y vivent.

 

April 1, 2016

ACCES A L’EAU POTABLE AU SENEGAL: Quant les pauvres paient l’eau plus chère que les riches

Idrssa Sané- Dakar Sénégal

Le monde est fait de paradoxe. Les personnes issues des familles modestes paient l’eau plus chère que ceux qui ont un meilleur pouvoir d’achat résident dans des villes au Sénégal. Mais les prix les plus élevés sont enregistrés dans le département de Bakel, à Diwara, à Moudyry où les tarifications n’ont pas encore fini de susciter des commentaires.

Un paradoxe. Les personnes vivant dans le milieu rural paient l’eau plus chère que les résidents des villes. En outre, la grille tarifaire laisse apparaître des écarts sur le prix du mètre cube de l’eau par localité. La première incongruité, les Sénégalais du monde rural dépensent plus pour payer un mètre cube d’eau que ceux qui résident dans les centres urbains. En outre, des disparités tarifaires sont notées dans le monde rural. « Les zones les plus pauvres paient l’eau plus chère. Dans la région de Diourbel, l’indice de pauvreté de 71 %, le mètre cube est vendu à 378 francs Cfa pour la tranche sociale rurale », relève le directeur de l’Ofor, Lansana Gagny Sakho. L’orientation est claire. Il s’agit de réduire à néant les disparités à tous les niveaux entre les villes et les villages, entre les Sénégalais de Dakar et les Sénégalais des régions. « De façon très ramassée, l’objectif, c’est d’arriver à casser cette césure qui existe entre l’hydraulique urbaine et l’hydraulique rurale. Nous voulons qu’on parle simplement d’hydraulique avec la même qualité de services, d’eau, et avec un service d’eau optimalisé », a insisté le directeur de l’Ofor. A vrai dire, les sociétés qui ont contractualisé avec les Associations des usagers des forages (Asufor ), les critères de tarification laissent apparaître l’absence d’objectivité. Elles ont fixé le prix sur la base que les localités de Diawara, Yelingara, Moudiry, Tuabou situées dans le département de Bakel comptent beaucoup d’émigrés. C’est ce qui transparaît à travers l’analyse des grilles tarifaires en milieu rural sur toute l’étendue du territoire. La preuve, à Ourossogui, qui compte plus de 30.000 habitants, le mètre cube est vendu à 175 FCfa. Il en est de même à Bokidiawé.

Casser cette césure qui existe entre l’hydraulique urbaine et l’hydraulique rurale

A Kanel, il coûte 225 FCfa. La fixation du prix a fait l’objet d’âpres négociations entre la société concessionnaire et l’Asufor de Diawara. La société avait proposé, dans un premier temps, 600 F CFA alors que l’Asufor a opposé un prix d’au moins 300 F CFA. Les deux parties ont fait des concessions pour s’entendre sur 400 F CFA. « Au début, j’avais clamé tout haut que ce prix était très élevé pour les populations. Après les échanges et les interventions des partenaires, nous avons trouvé l’accord autour de 400 F CFA le mètre cube. Je reste sur ma position. Nous sommes pour la baisse du prix préconisé par l’Ofor », rapporte le président de l’Asufor de Diawara au cours d’une séance de travail à laquelle a pris part le préfet de Diawara Mansora Diallo.La cherté de cette source vitale se lit aussi sur les marges de recettes de la société concessionnaire. La masse salariale tourne autour de 2 millions de F CFA et aussi sur le fonds de roulement de l’Asufor qui s’élevait à près de 16 millions de F CFA. Les frais d’abonnement s’élèvent à 45.000 F CFA. « C’est avec ce montant que l’Asufor paie le compteur, le plombier et d’autres matériaux », dévoile  un membre de l’Asufor.

A quelques jets de pierre de Diawara, se trouve Moudyri. Ce village est aussi peuplé de Soninké. C’est l’une des zones où l’eau coûte plus cher au Sénégal. Le mètre cube s’échange à 450 F CFA. Ici, les Asufor et la société concessionnaire n’émettent pas sur la même longueur d’ondes. Les ménages paient aussi les frais des pannes des compteurs. Dans ces circonstances, la consommation des ménages est estimée. Les responsables de l’Asufor estiment que les ménages y trouvent leur compte. Mais rien n’est sûr.

 

January 29, 2016

EFFET DES CHANGEMENTS CLIMATIQUES SUR LA DISPONIBILITE DE L’EAU: Dr Abdoulaye Dème pose la problématique du suivi permanent de la qualité

Mamadou Lamine CAMARA (Dakar)  Plusieurs structures œuvrant pour  le bien-être  des  populations, surtout démunies, ont organisé, hier, à Dakar, une journée d’engagement avec  les parties prenantes du secteur eau, assainissement et hygiène.  Lors de cette journée organisée   par l’Ong Wateraid,  le Dr Abdoulaye Dème, enseignant   chercheur à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis (Ugb), par ailleurs  spécialiste de la physique du climat, a démontré comment les changements climatiques vont affecter aussi bien la qualité et la quantité de l’eau.

Dans sa  communication  axée sur «Changement climatique et sécurité de l’eau en Afrique de l’Ouest : enjeux et initiatives en cours», l’enseignant chercheurs a clairement faits part aux acteurs que les effets du changement climatique sur l’eau vont se fait sentir sous aspects. «Le trait fondamental du  changement climatique, c’est  qu’il y aura un réchauffement. Cela veut dire que les températures vont beaucoup augmenter. Le réchauffement thermique va créer beaucoup d’évaporation des eaux de surface. Et ça va changer la qualité de l’eau et surtout, on a des concertations en oxygène. Ça c’est  lié à  l’effet thermique» a expliqué Dr Dème.

D’après ce spécialiste de la physique du climat, la deuxième conséquence de l’effet du réchauffement climatique sur le liquide précieux reste la recrudescence «des avènements extrêmes» telles que la  survenue de très fortes pluies pendant des  temps très courts. «Ces très fortes pluies en temps très  courts vont donner beaucoup de  vitesse à  l’eau qui va charrier  toutes  les saletés, faire remonter  les défections de certains  endroits. Et il y aura beaucoup de transport de polluant qui vont affecter la qualité de l’eau» a encore expliqué l’universitaire.

S’agissant du troisième effet qui se matérialise  par  l’élévation du  niveau de la mer  qui avance sur  le continent, le Dr Dème de renseigner «qu’il y aura beaucoup d’intrusion d’eau salées dans les terres. Donc, les eaux de surface qui étaient des eaux douces, de plus en plus du sel qui arrive. Ça c’est dû au réchauffement climatique», a-t-il indiqué.

Hormis ces effets dû u changement climatique  sur  la qualité de l’eau, sa quantité   aussi va     être impacter  par   la forte canicule. A en croire, l’enseignant chercheur, cette  forte canicule qui  monte de plus en  plus va également accélérer   le  processus de l’évaporation des eaux   de  surface.   Raison pour laquelle, il a invité les décideurs à intégrer «cette double vision que la quantité de l’eau   va   diminuer   et la qualité va  être dû aux températures »

En outre, le Dr Dème a plaidé pour une orientation de  la   recherche   des effets du changement climatique sur  la qualité et   la quantité  de   l’eau.  «On  ne fait pas   beaucoup d’études   sur cette question mais de plus en plus, qu’on   se prépare à aller vérifier les  eaux  souterraines  dans les  villages  et   dans   les zones les  plus reculées pour voir si l’eau que les populations consomme est potable. Dans  les  prochaines années, on aura des températures  très élevées et  la solution, ce n’est pas  les climatiseurs. Il faut que l’eau soit accessible partout», a souligné le spécialiste.

De son coté, Kelly Ann Naylo représentant de l’Unicef à cette journée, a manifesté l’engagement de sa structure  pour la protection des populations les plus  vulnérabilité. «Il ne s’agit pas seulement d’une question de pauvreté mais d’une question de vulnérabilité avec plusieurs risques» a soutenu  Kelly Ann Naylor.

October 6, 2015

Ville de Dakar : Des projets qui sécuriseront l’alimentation en eau potable de Dakar

Idrissa SANE (Dakar)

La sécurisation de l’alimentation en eau potable (Aep) de Dakar est dans une phase opérationnelle. Plusieurs forages ont été construits. Des travaux sont en cours pour remettre à flot l’Usine de Keur Momar Sarr. L’Agence française de développement ( Afd) a apporté un financement de 6, 5 milliards de francs Cfa pour le programme de sécurisation. La construction de la 3e Usine à Keur Momar,  de deux usines de dessalement  de l’eau de mer et d’un réservoir stratégique avec l’appui d’autres partenaires vont concourir à sécuriser davantage l’approvisionnement en eau potable de Dakar.

signature d'une convention entre le ministre de l'Hydraulique et de l'Assainissement du Sénégal, Mansour Faye et la ministre déléguée du Maroc en charge de l'eau
Signature de la  convention entre le ministre de l’Hydraulique du Sénégal, Mansour F. et la ministre déléguée du Maroc en charge de l’eau

Plusieurs quartiers de Dakar ont connu des perturbations d’approvisionnement en eau ce week-end. Ces dysfonctionnements ne sont pas liés à une panne des Usines de Ngnith ou  de Keur Momar Sarr ( Kms). Ils sont liés à la recherche de solutions durables pour couvrir les besoins en eau de Dakar. Les travaux en cours à Keur Momar Sarr (Kms) visent à prévenir d’éventuelles défaillances. « Les dysfonctionnements enregistrés ce week-end à Keur Momar Sarr ne relèvent pas d’une panne, mais plutôt d’une amélioration du service dans le cadre d’un Programme de sécurisation initié par le Gouvernement du Sénégal, avec l’appui de l’Agence française de   développement (Afd) pour un coût global de 6,5 milliards Cfa », lit-on dans le communiqué de la Sones, parvenu à la rédaction. En réalité depuis les incidents de l’Usine de Keur Momar Sarr en septembre 2013, l’Etat du Sénégal a lancé un programme contre « les vulnérabilités du système d’alimentation en eau potable de Dakar ». « L’AEP se fonde sur la détermination, pour les autorités sénégalaises, notamment de Monsieur le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Mansour Faye, de formuler des réponses durables à des questions techniques qui affectent le système d’alimentation en eau potable de Dakar », indique un communiqué de la Sones, parvenu à la rédaction. La couverture des besoins en eau de Dakar capitale administrative, siège des activités économiques est assurée en grande partie  par les Usines de Ngnith et Keur Momar Sarr. Les autorités ont entamé la radioscopie du système. Ainsi suite à ce diagnostic entamé depuis avril 2014, 7 programmes ont été définis. « Un diagnostic a été fait. Au bout des études entamées en avril 2014, 7 programmes ont été définis, notamment le renouvellement des conduites qui mènent au dispositif anti-bélier(mécanisme de lutte contre le refoulement des eaux de la conduite vers les pompes de KMS). Ce programme explique les travaux du week-end », indique le communiqué.

Remise à flot du système

Au demeurant, le projet Aep Dakar repose sur l’urgence de remettre à flot le système d’alimentation en eau potable de Dakar. Da façon concrète, la réhabilitation et la protection de l’usine de Ngnith est en cours depuis juillet, un groupe électrogène d’une capacité de 900 Kva a été installé depuis novembre alors que depuis juillet le processus de fourniture et de pose d’un transformateur est en cours au suppresseur de Carmel. A cela s’ajoute le renouvellement des conduites du point D des Madeleines qui a démarré depuis septembre. Selon le communiqué, les travaux d’alimentation en haute tension de Kms et ceux du système anti-refoulement seront lancés en décembre.  Les autorités ont aussi pris l’option de réduire la dépendance de l’approvisionnement en eau de Dakar à partir du Lac de Guiers. C’est ainsi en plus de la construction d’une troisième usine de Keur Momar Sarr d’une capacité de 200.000 mètres cube par jour, deux usines de dessalement de l’eau de mer verront le jour. Il a été retenu la réalisation de 7 forages dans le cadre de la mise en œuvre du Programme eau et assainissement en milieu urbain (Paemu).

Un réservoir stratégique

En outre l’Etat du Sénégal a un projet de construction d’un réservoir stratégique à Dakar pour porter l’autonomie à 24 heures au lieu de 3 heures. A cet effet, un protocole d’accord a été signé le vendredi 02 octobre 2015 entre la Sones et la Société nationale de l’eau de la Mauritanie. « Cet accord accorde une place importante à la sécurisation de l’alimentation en eau potable de Dakar dans un contexte où la volonté des autorités sénégalaises, notamment le Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Monsieur Mansour Faye, de construire un réservoir stratégique permettant à la capitale sénégalaise, qui consomme 72% de la production, de bénéficier d’une autonomie de 24 heures au lieu de 3 heures en cas de dysfonctionnement sur le réseau », rapportent les rédacteurs du communiqué.

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March 31, 2015

ACCES AUX SERVICES D’EAUX, HYGIENE ET ASSAINISSEMENT D’ICI 2030 : L’appel de WaterAid et de World Vision aux dirigeants ouest africain

Par Jacques Ngor SARR (Sénégal)
La célébration aujourd’hui de la 22eme Journée Mondiale de l’Eau a offert l’occasion aux bureaux régionaux de WaterAid et World Vision Afrique de l’ouest de lancer un appel aux dirigeants concernés pour appuyer l’ambitieux objectif sur l’accès aux services d’eau, hygiène et assainissement pour tout ouest africain d’ici à l’an 2030.
Marième Dem Esther Lehmann-Sow_2
Dans un communiqué conjoint les deux bureaux régionaux demandent aux gouvernements de soutenir le but 6 des Objectifs de Développement Durable proposés, les cibles et indicateurs sur l’accès universel à l’eau potable et aux meilleurs services d’hygiène et d’assainissement. Mais aussi à améliorer l’accès à des infrastructures d’assainissement qui sont propres, selon le genre et dotées d’eau potable surtout pour les filles en période de menstrues et d’intégrer l’accès à l’eau et l’assainissement dans les stratégies nationales et régionales de réduction de la pauvreté.
Selon les deux organisations, l’Afrique ne peut pas se permettre d’ignorer la crise du secteur de l’eau et l’assainissement et son impact quotidien sur la vie, la santé, les moyens d’existence et les chances de vie de ses populations. En effet, L’Afrique de l’ouest enregistre 102 millions de personnes qui n’ont pas accès à l’eau contre un chiffre plus alarmant de personnes sans assainissement de l’ordre de 244 millions ! Ces chiffres retardent le développement dans la mesure où ils prennent annuellement 5% du PIB des pays. Aussi, cette situation est la cause principale des maladies diarrhéiques qui ont couté la vie à 400.000 enfants par an au cours des dernières années.
La fourniture des services d’eau et d’assainissement à tout africain est très bénéfique au continent. Chaque année en Afrique au sud du Sahara, environ 400.000 enfants meurent chaque jour de diarrhée.
Selon la directrice régionale de WaterAid, Mariame Dem «Seule la réalisation d’un accès universel à l’eau potable peut mieux et véritablement témoigner le début effectif de réalisation des promesses de la région en matière de progrès et de développement». Elle déclare que «les statistiques de 102 millions de nos compatriotes ouest africains sans accès à l’eau potable assainissement montrent que le chemin est encore long mais heureusement et pour la première fois, il y a une lueur d’espoir. Avec plus de 1.000 enfants africains de moins de cinq ans qui meurent chaque jour par manque d’eau et d’assainissement, l’échec n’est pas permise aux africains. Parce que nous devons coute que coute réaliser cet objectif, soutenir l’objectif de développement durable axé sur l’eau et l’assainissement représente une opportunité à ne pas manquer».
La directrice régionale de World Vision en Afrique de l’ouest Esther Lehmann, quant à elle déclare que « plus de 50.000 africains participent aux marches pour démontrer l’importance de ces services la nécessité de les satisfaire. En effet, les africains ont conscience et comprennent que le manque d’eau et d’assainissement porte préjudice à leur santé, productivité économique, l’éducation de leurs enfants, droits des femmes; autrement dit, l’eau et l’assainissement jouent un rôle critique dans tous les secteurs du développement. Vous comprenez donc aisément pourquoi les progrès en matière de fourniture de ces services de base auront un impact important sur le continent et ses populations ». L’Afrique de l’ouest compte aujourd’hui 102 millions de personnes (soit 31,5% de la population) sans accès à l’eau potable, contre moins de 244 millions de personnes (75%) sans assainissement.
Pour immédiatement surmonter ces problèmes, les représentations régionales de WaterAid et World Vision en Afrique de l’ouest lancent l’appel aux dirigeants de la sous-région pour soutenir le but 6 des ODDs, ainsi que la cible et les indicateurs sur l’accès universel à l’eau potable et aux services améliorés d’hygiène et assainissement, et l’accès universel à l’eau potable, l’hygiène et l’assainissement qui est essentiel pour mettre un terme aux décès évitables d’enfants et améliorer la santé infantile en Afrique de l’ouest. Mais aussi pour intégrer la durabilité des services dans les politiques et qualité des technologies et des modèles et incorporer l’éducation à l’hygiène (surtout le lavage des mains aux moments critiques) dans les programmes d’études entre autres.

March 31, 2015

SECURISATION DES BESOINS EN EAU DE DAKAR ET DE CERTAINS CENTRES URBAINS: 75 % du financement des 600 milliards de F CFA bouclés pour les grands travaux

Par Idrissa Sane (Sénégal)
Le financement des ouvrages hydrauliques devant concourir à sécuriser les besoins en eau de Dakar et de certaines villes est bouclé à 75 %. Le plan global de financement est évalué à 600 milliards de francs Cfa. Déjà une 3e Usine sera construite à Keur Momar Sarr et mise en service en 1019. Elle aura une capacité de 200.000 mètres cubes par jour.
Le ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement du Sénégal, à travers la Société Nationale des Eaux du Sénégal (Sones), s’attaque à l’approvisionnement à moyen et long terme de Dakar et quelques centres urbains. Aujourd’hui, les autorités tirent un bilan très satisfaisant sur le plan de la mobilisation des ressources financières pour la construction d’une série d’ouvrages hydrauliques devant concourir à couvrir les besoins actuels et futurs de Dakar et de certaines villes. « Globalement, sur les 600 milliards F Cfa nécessaires aujourd’hui, le plan de financement est bouclé à 75% », révèle le Directeur général de la SONES, Charles Fall. Les partenaires comme la Banque mondiale, la Banque européenne d’investissement, la Banque ouest africaine de développement, la Banque africaine de développement, entre autres, vont accompagner le Sénégal dans la mise en œuvre des ouvrages hydrauliques.
C’est ce qui ressort de la présentation d’une étude liée à la construction d’une 3e usine de traitement, dans le périmètre de Keur-Momar Sarr.
La réalisation de cette infrastructure entre dans les perspectives de couvrir les besoins actuels et futurs de Dakar et des centres urbains. « Si rien n’est fait, nous allons revivre le déficit. C’est pour cela, nous avons pensé sécuriser la demande en eau de Dakar au moins jusqu’à l’horizon 2035 en allant vers un programme beaucoup plus ambitieux avec entre autres, la construction d’une 3e Usine à Keur Momar Sarr », a justifié le Directeur général de la SONES, Charles Fall. L’usine coûtera 203 milliards de francs Cfa et sera livrée en 2019. Selon les techniciens, du Groupe Merlin, le déficit pourrait atteindre 100.000 mètres cubes par jour dans les années à venir. Aujourd’hui, selon le conseiller technique au ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Moussa Sané, l’Etat a pris l’option de travailler sur des projets pouvant assurer la disponibilité des services sur une période plus longue. La réactualisation de la demande aidera à fournir plus d’informations pour une mobilisation rationnelle des ressources souterraines. «Cette étude de la réactualisation de la demande de la ressource en eau tient compte des nouveaux investissements mais aussi de la nouvelle stratégie du ministère qui voudrait dans un horizon temporaire proche préserver tout ce qui est ressource souterraine », précise le Directeur général de la SONES, Charles Fall.
Deux usines de dessalement de l’eau de mer
Au juste, la réduction de la pression sur les nappes remettent au goût du jour le dessalement de l’eau de mer qui, du reste, est une alternative coûteuse mais viable. En réalité, elle cadre avec le souci de la prise en compte des besoins des générations. De façon concrète, deux usines de dessalement seront construites, une aux Mamelles, l’autre sur la Petite Côte. «Nous avons des programmes de dessalement de l’eau de mer. Une usine sera construite par JICA sur le site des Mamelles, elle aura une capacité de 50.000 mètres cubes par jour et sera mise en service entre 2020 et 2021. En plus de cela, une deuxième usine de dessalement sera positionnée sur la Petite Côte et aura une capacité de 50.000 mètres cubes», avance le Directeur général de la SONES, qui précise : «Pour le dessalement de l’eau sur la Petite côte, nous allons le conduire sous le format de partenariat public-privé. L’Etat, avec l’appui de la Banque mondiale apportera la garantie financière en faveur de l’opérateur qui sera recruté par appel d’offre internationale ». A cela s’ajoute la construction de 7 forages à Tasset, et à Thiès pour une production de 20.000 mètres cubes et d’une dizaine de forages à Dakar et dans la zone de Pout.

March 31, 2015

SECTEUR DE L’EAU : La société civile exige plus d’effort en matière de gouvernance

Par Idrissa SANE (Sénégal)
Le président du Partenariat national de l’eau du Sénégal ( Pnes), Antoine Diokher Thiao a donné une note positive en matière de gouvernance dans le secteur de l’Hydraulique au Sénégal. Toutefois, il pense qu’il est possible de faire plus d’efforts en matière de gouvernance. Cet avis fait écho de la position de plusieurs acteurs de la société civile du Sénégal.
Le droit à l’eau est–il menacé ? La question peut paraître provocatrice mais elle constituait la lame de fond du débat sur le liquide précieux animé par plusieurs organisations de la société civile, sous l’égide du bureau régional de Wateraid en 2013. Tout compte fait, le nouveau président du Partenariat national de l’eau du Sénégal ( Pnes), Antoine Diokher Diaw, dans une interview qu’il vient de nous accorder déclare : « Le Sénégal a fait des efforts dans la gouvernance avec la restitution annuelle organisée par le Pepam. Mais je pense qu’il faut aussi systématiser ces revues au niveau décentralisé. Il nous faut faire plus d’efforts en matière de gouvernance », prêche le président du Pnes. Ses propos font écho à ceux tenus l’année dernière par Fatou Jagne de l’Ong Article 19 qui avait déclaré : « Les populations ont le droit de savoir le prix, de connaître la qualité par rapport à ce que l’Etat dépense. Il faut que la société civile continue à travailler sur cette question », prêche Fatou Jagne. Cette préoccupation est partagée par Malick Gaye d’Enda Rup qui aborde la question de la gouvernance sous l’angle de la disponibilité des informations fiables. « Nous devons changer les consciences. Au-delà de l’accès, nous devons avoir plus d’informations, sur la qualité, sur le prix de l’eau. Est-ce que l’actuelle tarification est juste ? », Suggère Malick Gaye.
Lors de cette table-ronde, la directrice régionale de WaterAid, Mariam Dem, a avancé que les déficits en financement sont évalués à 118 millions de dollars soit environ 500 milliards de francs Cfa. Même si au cours des vingt dernières années, des efforts considérables ont été consentis par les pays africains, il reste qu’aujourd’hui, 42 enfants meurent chaque jour en Afrique sub-saharienne faute d’un accès adéquat à l’eau potable. Rien que dans l’espace Cedeao, 107 millions de personnes n’ont pas encore accès au liquide précieux. D’où l’urgence de mettre en place des outils de la bonne gouvernance pour non seulement combattre les inégalités mais aussi pour restaurer l’équité. C’est à juste raison, que Amadou Mignane Diouf de l’Ong Paedd/CI-Sacsb, soutenait : « l’eau est une ressource collective qui ne doit pas être source de profits même si le constat fait état d’une gestion assurée par des sociétés privées internationales ».
La question qui s’impose aujourd’hui est la suivante à en croire M Diouf. Quel est le type de gouvernance qu’il faut privilégier pour que l’eau soit un baromètre de démocratie dans un contexte de changements climatiques et d’augmentation de la demande ?
En réponse à cette interrogation, cet acteur de la société civile suggère l’expérimentation d’une vraie gouvernance locale de cette ressource. « L’eau est un baromètre de la démocratie. Est-ce qu’il ne faut pas tester la gouvernance locale de l’eau ? Il faut une gestion concertée de cette ressource avec les populations », propose Mamadou Mignane Diouf.
En tout état de cause, beaucoup de spécialistes ont estimé que les grands défis du monde, les grandes guerres du 21 ème siècle pourraient provenir de la gestion de l’eau. C’est la raison pour laquelle les experts ont été unanimes à reconnaître que la ressource doit être gérée de manière concertée, dans le cadre d’une approche holistique, afin que les couches les plus vulnérables soient davantage protégées.

March 31, 2015

LANSANA GAGNY SAKHO, DIRECTEUR GENERAL DE L’OFOR : « Le monde rural aura désormais une eau de qualité à un prix conforme à son pouvoir d’achat »

Par Idrissa Sane (Sénégal)
L’Office des forages ruraux (Ofor) est une nouvelle structure. Qu’est-ce qu’elle va apporter en termes d’amélioration d’accès à l’eau potable ?
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J’aimerais faire un état des lieux avant de parler de l’Office des forages ruraux (Ofor). Aujourd’hui vous avez de l’eau qui coûte plus cher dans le monde rural que dans les villes. Cela veut dire que les populations qui ont un pouvoir d’achat plus faible paient l’eau plus chère que ceux qui en ont les moyens. Nous travaillerons à rétablir l’équité par rapport à ce dysfonctionnement. Nous allons donner de l’eau aux populations du monde rural à un prix acceptable. Le deuxième dysfonctionnement, il y a un problème de qualité de l’eau dans le monde rural. L’exploitation et la maintenance des ouvrages ruraux hydrauliques étaient confiées aux associations et usagers de forages. Ces associations n’ont pas pour métier l’exploitation et de la maintenance. La qualité de l’eau se pose dans certaines parties du pays. Le troisième dysfonctionnement, c’est la gestion des fonds générés par vente de l’eau dans les zones rurales. Le mètre cube de l’eau est à 300 francs Cfa. Si vous avez un volume de 100.000.000 de mètres cube, cela donne 30 milliards de francs Cfa. Aujourd’hui il n’y a pas de traçabilité des fonds générés par la vente de l’eau dans le monde rural, or si nous arrivions à capter la moitié de ce fonds, nous allons assurer la qualité et la continuité des services en milieu rural. C’est cela la situation globale de référence.
Quels sont vos objectifs à moyen terme ?
Tout est urgent. Notre objectif, c’est d’arriver à mettre en place les délégations des services publics sur l’ensemble des ouvrages. L’eau n’est pas la vie, c’est l’eau potable qui est la vie. L’objectif est à court terme. Il faut mettre de l’eau potable à la disposition des populations.

L’organisation actuelle de la gestion des ouvrages hydrauliques ne permet pas une gestion rationnelle de la ressource en eau. Les dysfonctionnements qui sont structurels pas conjoncturels. Mais nous devons les régler dans le court terme parce qu’il s’agit de l’eau, eau source de vie. Nous avons signé en novembre un premier contrat d’affermage qui va fournir de l’eau potable à 300.000 personnes.
Quelle sera la place des populations dans la mise en œuvre de votre feuille de route ?
Il faut regarder le problème à deux niveaux. Les ouvrages hydrauliques en milieu rural sont gérés par les Associations et Usagers de forages (ASUFORS) mais ces organisations ont montrées leurs limites. Cela étant dit nous ne sommes pas dans une logique d’exclusion. Dans le cadre de la réforme, elles joueront un rôle qui correspond à ce qu’elles savent faire : défendre les consommateurs pour une plus grande équité dans la gestion de la ressource avec l’introduction du secteur privé dans le secteur. Elles vont régler un problème crucial que nous connaissons dans le secteur urbain : l’absence de régulation. Les ASUFORS performantes resteront dans le système. Je tiens une fois encore à préciser que nous ne sommes pas dans une logique d’exclusion des ASUFORS. Mais chacun doit rester dans son cœur de métier.
Le second niveau d’analyse tourne autour de l’intérêt général. Que représentent quelques centaines d’ASUFORS par rapport à huit millions de Sénégalais. On ne devrait même pas se poser des questions sur la pertinence de la réforme. C’est dans un souci d’impliquer tous les acteurs nous menons une démarche inclusive pas pour expliquer le bon sens de la reforme mais plus tôt pour trouver les voies et moyens pour ‘aller vite’… Encore une fois il s’agit de la vie, il s’agit de huit millions de personnes, il s’agit d’un problème de justice sociale que nous allons nous atteler à résoudre.

March 31, 2015

PROGRAMME D’UGENCE DE SECURISATION DE L’EAU A DAKAR: La Sde déroule son plan d’action 2014/2015

Par Paule Kadja TRAORE (Sénégal)

Mettre un terme à la pénurie d’eau dans certains quartiers de la ville de Dakar, c’est l’objectif que se fixe la Sde avec la mise en œuvre de son ambitieux programme de sécurisation l’eau.
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Le programme d’urgence de sécurisation de l’Alimentation en Eau Potable (Aep) de Dakar couvrant la période 2014-2015 a été lancé au cours du mois de février dernier. Il a pour objectif de mobiliser une capacité supplémentaire de 60 000 m3/jour pour l’alimentation en eau de la région de Dakar. Cet important projet est confié à la Sénégalaise des eaux (Sde) par l’Etat du Sénégal pour le préfinancement, la réalisation et les équipements de 21 nouveaux forages situés dans la zone de Pout, Littoral Nord et Dakar et le renforcement de réseau de distribution. Ainsi, pour résorber le déficit de pointe en période de chaleur, le programme d’urgence va se réaliser en deux phases.
Selon le Directeur général de la Sde, Mamadou Dia, la première phase sera consacrée à la mobilisation d’un volume d’eau supplémentaire de 40 000 m3/jour à fin juin 2015 avec la réalisation et l’équipement de quatorze (14) forages.
Tandis que la deuxième phase mettra l’accent sur la mobilisation d’un volume d’eau supplémentaire de 20 000 m3/jour en fin décembre 2015 avec la réalisation et l’équipement de 07 forages.Le montant prévisionnel des travaux pour la réalisation des deux phases pour un volume supplémentaire de 60 000 m3/jour est estimé provisoirement à près de sept milliards cinq cent millions FCFA (7.500 000 000 FCFA). Ce programme est préfinancé par la Sde et sera remboursé par l’Etat. La Sones a en charge le contrôle de l’exécution du programme d’urgence.
L’objectif de la Sde est d’anticiper cette deuxième phase pour améliorer la desserte en eau au niveau des quartiers déficitaires comme Nord Foire, Liberté 6 extension, CPI, Keur Damel, et dans ce cadre le démarrage des travaux de forage de Dakar ont déjà débuté. Le Directeur général de la Sde, Mamadou Dia, a soutenu que «tous les forages seront équipés provisoirement au fur et à mesure de leur achèvement».
Les travaux se déroulent normalement et une avancée est notée sur le planning.
Il a également promis que la mise en œuvre des 21 forages prévus à cet effet se fera dans les délais. Car, d’après lui ; la mise en service effectif de deux forages depuis mi-janvier et les deux autres qui ne tarderont pas à entrer en service incessamment, 15.800 m3/jour sont attendus la semaine prochaine. Ce qui va participer, selon lui, à améliorer l’alimentation en eau dans certains quartiers de Dakar.

QUALITE DE L’EAU
Le Sénégal est au-dessus des normes de l’Oms

Le problème de la qualité de l’eau est revenu, tel un leitmotiv, dans les différents échanges entre les représentants des associations de consommateurs et les techniciens de la Sde. Cependant, le directeur Mamadou Dia a levé les inquiétudes, faisant savoir qu’en ce qui concerne la qualité bactériologique de l’eau (absence de bactéries pouvant conduire à une maladie), le taux est de 99 % aujourd’hui au Sénégal, là où les recommandations de l’Oms sont de 96 %. S’agissant de la qualité physico-chimique, le taux de satisfaction mesurée tous les lundis est à 97 %. Malgré ces chiffres satisfaisants, M. Dia a indiqué que des efforts supplémentaires sont en train d’être faits par la Sones pour améliorer davantage la qualité de l’eau.

March 31, 2015

POUR UNE GESTION EFFICACE DE LA GESTION DES RESSOURCES HYDRAULIQUES DU SENEGAL : Des experts recommandent la séparation des réseaux de distribution en fonction de l’usage

ParJacques Ngor SARR (Sénégal)
Découpler dans les bâtiments l’eau pour la consommation humaine et celle destinée à d’autres autres usages, c’est la recommandation qu’ont fait des experts en qualité-Sécurité-Environnement aux responsables de la Sénégalaise des eaux (Sde). C’était à l’occasion d’une conférence tenu à Dakar au mois de mars portant sur le thème «les nouveaux modèles économiques du Développement Durable».

Le directeur du Développement durable du groupe Bouygues Fabrice Bonnifet, l’un des animateurs de cette conférence a d’emblée expliqué que a d’emblée souligné que la gestion de l’eau exige une prise de conscience. C’est la raison pour laquelle il soutient qu’«un service de l’eau pour tout le monde nécessitera de revoir le modèle économique de la vente de l’eau». D’après lui, vendre la même qualité de l’eau pour tous les usages c’est un non-sens. D’où l’urgence de procéder à une séparation des réseaux selon le type d’usage de l’eau. «Il doit y avoir au moins deux catégories de qualité d’eau. Une qualité de l’eau pour la consommation humaine qui doit être irréprochable pour des raisons sanitaires. Et on peut considérer que les eaux pas trop salies par l’usage pourrait être traité sur place, pas très loin des villes par des systèmes naturel pour être intégrer dans des réseaux similaires pour les autres usages de l’eau qui ne sont pas liés à la consommation humaine», a-t-il préconisé.
Le directeur du Développement durable du groupe Bouygues a par ailleurs félicité les responsables de la Sde pour leurs politiques de tarification progressive entre les types de consommations. De l’avis de l’expert, «c’est un model économique qui est très social. Beaucoup de pays auraient intérêt à s’inspirer de la Sde dans ce domaine là», a-t-il fait savoir.
Du coté de la Sde, les autorités inscrivent le contenu des échanges de la conférence dans la suite logique de la politique de la société pour une gestion efficace de l’eau. Selon le directeur de l’exploitation de la Sde, Abdoul Baal, la première priorité de la société est de faire en sorte que tout le monde puisse avoir de l’eau potable. Raison pour laquelle, il a approuvé l’idée de la séparation des réseaux. «L’eau du Sénégal est très cher. Elle est produite de très loin à partir du lac de Guer. Elle coûte beaucoup d’argent pour la rendre potable et nous n’en utilisons que 30% pour boire et pour nous alimenter. Les autres 70% font l’objet de rejet», explique t-il.

March 31, 2015

JOURNEE MONDIALE DE L’EAU : Le Sénégal se prépare à couvrir les besoins futurs

Par Idrissa Sane (Sénégal)
Le Sénégal a atteint le taux universel d’accès à l’eau potable dans des villes à deux ans de l’échéance de 2015. Il lui reste à accroître des investissements pour toucher davantage de personnes vivant dans des zones rurales et consolider les acquis en milieu urbain où il faut prendre en compte l’évolution de la population. C’est ce qui est ressorti de la célébration de la journée mondiale de l’eau le week-end dernier.

Le Sénégal se garde d’autosatisfaction en débit de ses bons résultats en matière d’accès à l’eau potable dans des villes. Le secrétaire d’Etat en charge de l’Hydraulique rurale, Diène Faye, n’a pas perdu de vu les enjeux de la préservation des acquis au regard de l’augmentation de la population et de l’accroissement des usages. « Le Sénégal a atteint l’accès universel en milieu urbain. Nous sommes à 98 %. En milieu rural, nous sommes à 84 %. Mais nous devons préserver les acquis parce que la demande augmente à cause de l’accroissement de la population », souligne Diène Faye qui représentait le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Mansour Faye, lors de la cérémonie d’ouverture de la journée mondiale de l’eau dont l’organisation a été confiée à la Direction de la gestion et de la planification des ressources en eau (Dgpre). Le secrétaire chargé de l’Hydraulique rurale, Diène Faye a assuré que le gouvernement est sur la bonne voie pour satisfaire davantage les besoins des Sénégalais qui sont dans les zones rurales. « Nous allons maintenir le cap et faire d’autres investissement pour combler le gap en touchant plus de personnes dans des zones rurales », a fait savoir, Diène Faye, qui félicité Niokhor Ndour pour le travail que la Dgpre est en train d’abattre dans la discrétion. Au cours de cette cérémonie, il a été aussi question de la préservation de cette ressource qui se raréfie. Cette raréfaction est une sorte d’épée Damoclès suspendue au-dessus de plusieurs activités qui nécessitent une mobilisation de cette ressource. C’est pour cela, le Sénégal a déjà mis en place une panoplie d’outils de sa préservation. « Sur la problématique de la gouvernance de l’eau, des avancées significatives dans la conceptualisation et de la planification d’une gestion durable sont faites », a fait remarquer la représentante du ministre de l’Environnement et du Développement durable, Madame Ndiaye. Elle cite entre autres, le Plan d’action de la gestion intégrée de la ressource en eau (Pagire). Elle a aussi jeté une passerelle entre la préservation de cette ressource et la protection des zones humides qui en plus d’être des réserves, sont des zones de recharge de la nappe. Du reste, les zones humides assument des fonctions fondamentales dans le cycle de l’eau. « La gestion durable des zones humides est un de nos objectifs majeurs qui se reflète à travers l’élaboration récente, de façon participative, d’une politique nationale de gestion des zones humides », indique madame Ndiaye.
Des études pour guider ou éclairer les options
Le directeur de la Dgpre, Niokhor Ndour a remercié les différents partenaires qui apportent une contribution pour la réalisation des projets dans ce secteur. Cette direction a une mission essentielle à assumer aussi sur le plan de la mobilisation et que sur le domaine de sa préservation. Les différentes études qu’elles mènent, sur la base pour une prise décision judicieuse. Elle réalise une étude hydrogéologique pour l’évaluation des potentialités des ressources en eau des zones favorables pour leur transfert vers le bassin arachidier, l’étude d’évaluation et de suivi des eaux de surface, l’étude hydrogéologique de la nappe des sables alluvionnaires entre Bakel et Kidira et l’étude hydrogéologique de la Falémé dans la zone de Kidira entre autres. Le thème de cette année « Eau et de Développement durable » appelle bien à une utilisation rationnelle pour ne pas hypothéquer la satisfaction des besoins des générations futures.