Insalubrité : Conakry est trop sale

Conakry saleVitrine nationale, Conakry, capitale politique et économique de la Guinée devrait refléter l’image d’une ville assainie, organisée et coquette.  Cependant, l’insalubrité prend de plus en plus une ampleur considérable dans notre capitale. A votre avis, d’où cette situation qui perdure tire son origine ? La faiblesse de l’Etat ou l’irresponsabilité des citoyens ? Conakry, capitale politique et économique de la Guinée est un peu partout occupé par des montagnes d’immondices. En tant que vitrine nationale, notre capitale se devait de refléter l’image d’une ville modèle : c’est-à-dire, assainie, organisée et coquette. Mais, hélas, tel n’est pas le cas ! Ce rêve est loin, très loin, de devenir une réalité. Lorsque l’on décide de visiter une ville, un pays, c’est généralement pour voir des choses agréables, garder des souvenirs inoubliables, garnir son album photos d’images de parcs bien entretenus et verdoyants, de rues propres, des réseaux routiers (qui sont en réalités de vraies œuvres d’art) bien tracés et bien marqués, des bâtiments beaux aux couleurs fraîches et chatoyantes, etc…

Toute chose qui fait cruellement défaut dans la capitale guinéenne aujourd’hui. L’insalubrité y prend une ampleur considérable. Au delà de nos demeures, tas d’ordures, immondices et poubelles et autres dépotoirs effleurent nos rues et ruelles. Des choses qui sont devenues de véritables rigoles ouvertes et de véritables bouchons des eaux usées et vannes. Les caniveaux souvent bouchés par des tas d’ordures de par l’irresponsabilité des certains citoyens. Et désormais, nos voisins sont multiples et connu de tout le monde: mouches, moustiques, cafards, rats  et autres insectes nuisibles sans oublier les odeurs nauséabondes qui s’y accompagne. La situation devient chaque jour de plus en plus inquiétante. Et cela au vu et su de tout le monde. L’insalubrité exerce un impact négatif sur les habitants de Conakry malgré un état sanitaire précaire lié aux maladies épidémiques et endémiques. Les pollutions transforment l’environnement en un espace épidémiologique. A cela s’ajoute les pires conditions hivernales. Pendant l’hivernage, à toutes ces immondices s’ajoutent les eaux pluviales, avec les flaques d’eaux qui stagnent sur les voies. Egalement, les quelques caniveaux destinés à leur écoulement sont très souvent à voir totalement bouchés par les populations qui s’en servent comme dépotoirs d’ordures ménagères, entravant ainsi l’écoulement des eaux et pouvant causer d’importants dégâts, tels l’effondrement des maisons mal bâties avec parfois des pertes en vie humaine et des dégâts matériels immenses.

Ces indésirables cohabitants (tas d’immondices et eaux sales) ne sont que des effets d’une cause longtemps identifiée et diagnostiquée, et provoquent d’énormes maladies dont le paludisme, le choléra, la fièvre typhoïde, l’onchocercose, le trachome, la schistosomiase, la bilharziose pour ne citer que celles-ci. Surtout pendant cette saison pluvieuse. Pour rappel, la région de Conakry a été la plus touchée par l’épidémie du cholera en 2012. Qualifiée de ‘’sale maladie’’ par certains, le cholera a touché 7 351 personnes et causé ainsi 138 décès dans 14 préfectures du pays dont 4 617 cas pour seulement la ville de Conakry.

Comment sommes nous arrivé là ?

Les déchets ménagers sont la principale cause des maladies endémiques et épidémiques qui frappent les populations  guinéennes en général et celles de Conakry en particulier. Et pourtant la production des déchets ne cesse de croître mais sa gestion laisse à désirer. Cette situation qui perdure tient son origine de notre comportement et de notre mode de vie. Faut il une sensibilisation régulière et un suivi permanent du problème d’insalubrité ? Une chose reste certaine, beaucoup d’efforts et de ressources sont à déployer, afin que Conakry soit propre pour répondre au nom d’une capitale digne du nom. Et pourtant, notre prospérité est réalisable, si chacun de nous s’impliquait un tout petit peu plus dans une bonne gestion de notre environnement. Celui-ci, fondement de toute existence, mérite pleinement une protection de la part de nous tous. Ce phénomène qui ne laisse personne indifférente est caractérisé par le manque d’infrastructures et d’équipements de gestion des déchets ménagers, le faible taux d’adhésion aux prestations des ordures, l’incivisme et le poids des traditions des populations face aux pratiques d’hygiène et d’assainissement, le manque de synergie d’action des acteurs du secteur.

Pour réduire les conséquences des déchets ménagers, nous devons élaborer des stratégies efficaces de collecte, d’évacuation et de traitement des déchets ménagers. Cet effort est largement à notre portée : avec simplement, un changement de comportement vis-à-vis de la chose publique. Il faut seulement en prendre conscience et simplement l’accepter, afin d’aboutir au respect de la chose publique pour pouvoir répondre à l’interpellation des générations futures. J’invite tous les dirigeants d’entreprises, politiques, les cadres des institutions ainsi que tous les citoyens à prendre conscience et se donner les mains pour que la Guinée soit un pays promoteur du développement durable. C’est-à-dire, entreprendre des actions de développement aujourd’hui pour améliorer le bien être des populations sans toutefois compromettre l’existence des générations futures.

Bah Mamadou Oury, REGUIJEAH

bmamadououry80@gmail.com

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