December 2, 2016

Fin du 7e RWSN d’Abidjan: Les experts engagés pour une eau pour tous pour le monde rural

Alain TOSSOUNON (Abidjan/RWSN)

Les rideaux sont tombés ce jour jeudi 2 décembre sur le Forum international sur l’accès à l’eau en milieu rural (RWSN). Au cours de la cérémonie qui marque officiellement la fin des travaux de cette plateforme des experts de l’eau en milieu rural, les participants ont renouvelé leur engagement à relever les défis et lever les obstacles afin de permettre aux communautés des zones rurales, de disposer de l’eau potable sans exclusion.

ne vue partielle des participants à la cérémonie de clôture

Une vue partielle des participants à la cérémonie de clôture

Avant les interventions de fin des retrouvailles de cette grande famille des experts venus de partout dans le monde pour défendre la cause des personnes défavorisées, les participants ont eu droit à une synthèse des travaux suivie de vibrants témoignages. Pour tous ceux qui étaient à la première édition, il y a trente ans, les temps ont beaucoup changé. Parce que, tout simplement, les défis ne sont plus les mêmes. Alors qu’hier, on ne parlait que de la gestion communautaire, aujourd’hui plusieurs thématiques sont désormais à l’ordre du jour. Au nombre de ces thématiques, on peut citer le Partenariat-public-privé (Ppp), le suivi dans la gestion, la responsabilité des collectivités locales, l’utilisation des TIC et les droits humains. Ainsi, de plus en plus, on est convaincu que « sans le respect des droits à l’eau et à l’assainissement, on ne peut atteindre l’Odd6 ». En faisant la synthèse des trois jours de travaux, tous les participants ont été invités à réfléchir sur des questions clés qui constituent les défis majeurs à relever pour une eau pour tous en milieu rural. En premier, il s’agit de desservir tout le monde. Car, dans la recherche de l’accès universel, personne ne doit être oubliée. Si de progrès ont été accomplis ces dernières années, il reste que les politiques et stratégies mises en place doivent toucher toutes les communautés sans exclusion. Le deuxième défi est l’amélioration de la qualité du service. Parce qu’il faut faire en sorte que l’eau soit disponible dans les ménages et non plus seulement dans la localité afin d’éviter aux populations la corvée d’eau. L’autre défi majeur est celui de la durabilité. Et aujourd’hui, la durabilité ne doit plus être un slogan mais une action qui doit amener à rechercher des solutions efficaces pour assurer la pérennité du service. Enfin, la question des données fiables doit être au cœur des interventions. Leur disponibilité est importante pour prendre les bonnes décisions. Elles favorisent également le suivi et l’évaluation efficace des coûts.
Au total, le 7e RWSN aura été une occasion de mettre en débat les problématiques émergentes auxquelles sont confrontés les acteurs et experts qui travaillent pour l’approvisionnement en eau au profit des communautés du monde rural. Le principal message qui en ressort, est que toutes les approches et expériences réussies doivent contribuer à rendre professionnelle la gestion du secteur et améliorer la qualité du service. Des questions comme les changements climatiques et la qualité de l’eau ne doivent pas être négligées.
Face à la passion et à l’engagement de tous les participants, la Directrice du Secrétariat exécutif du réseau des experts, Dr Kerstin Danert, a indiqué que pour l’avenir, le réseau doit s’ouvrir à d’autres membres et aux nouvelles solutions. « Le voyage pour la recherche des meilleures approches et pratiques doit continuer », a-t-elle souligné. En clôturant le forum, le représentant du ministre des infrastructures économiques, Berté Ibrahima, a félicité tous les participants pour les fructueux échanges. Il a signalé que pour la Côte d’Ivoire, le forum a été une véritable opportunité d’apprentissage sur les approches innovantes et réussies qui lui permettront, d’affiner sa politique et ses stratégies pour rendre davantage professionnelle le secteur pour le bonheur des populations du monde rural.
Le forum qui se poursuit vendredi 2 décembre avec les visites de terrain et quelques sessions, a pris fin sur une note d’espoir qu’un monde rural dans lequel toutes les populations ont accès à l’eau potable est possible.

December 1, 2016

Petites villes et villes périurbaines: Quels modes de gestion efficace du service de l’eau ?

Alain TOSSOUNON (Abidjan/RWSN)

Dans les petites villes et les villes situées en milieu périurbain, les modes de gestion du service de l’eau utilisés jusque-là ont montré leurs limites. Au 7e forum international pour  l’accès à l’eau des populations du monde rural (RWSN), plusieurs approches aux résultats satisfaisants prouvent toute leur efficacité. 

De la gestion déléguée du s

Ouvrage réalisé dans un village de la commune rurale de Torodi (Niger) Photo: I.M

Ouvrage réalisé dans un village de la commune rurale de Torodi (Niger) Photo: I.M

ervice au co-financement avec un opérateur privé ou encore la gestion par des sociétés provinciales publiques, plusieurs modes de gestion se révèlent efficaces pour relever le défi de l’approvisionnement en eau des populations des petites villes ou villes périurbaines.

En Haïti où l’expérience de la gestion communautaire a été un échec dans les villes de petite taille (0 à 10.000 habitants) dans les années 1980, on est passé à la professionnalisation de la gestion du service. Sur la base d’un contrat qui lie la commune, l’opérateur privé et les usagers,  on assiste à une délégation de la gestion du service avec l’introduction du paiement de l’eau au volume. Si dans une telle approche, trouver des opérateurs privés compétents ou faire payer l’eau aux usagers restent des défis, la continuité du service est assuré avec efficacité. Dans le cas du Niger qui a été présenté par Idrissa Moussa de la fondation Swissaid, c’est l’expérience d’un système multi-villages qui est en marche.

En effet, dans ce pays où en 2015, le taux de desserte est encore de 50%, le recours au contrat d’affermage s’est avéré nécessaire. Dans cette approche de Partenariat-Public-Privé (PPP), il revient à l’opérateur privé d’assurer l’entretien et la maintenance des ouvrages. Au nombre des résultats de ce dispositif, on retient une réduction des charges de gestion au niveau de la commune et surtout, la baisse du taux de panne à 3,16%. Mais, comme dans le cas de Haïti, les défis de cette approche restent la faible capacité de certains délégataires, le respect des engagements contractuels et la réticence de poches de populations à accepter la gestion déléguée.

Contrairement à ces deux approches fondées sur le Partenariat-public-privé (Ppp) dans lequel l’opérateur ne participe pas à l’investissement, dans le cas de l’expérience de Madagascar, le privé participe au financement de la construction de l’ouvrage.  Appelé « investisseur-gestionnaire », l’opérateur privé participe à hauteur de 15% pendant que le projet d’appui apporte 85% du financement. Dans ce dispositif, Hertiana Alain R. de Helvetas swiss a indiqué que le partage de responsabilités est établi à travers une charte multiacteurs qui engage la commune qui fixe le prix de l’eau et les normes de construction de l’ouvrage, le privé qui gère et assure l’entretien et la maintenance de l’ouvrage, les usagers et le projet d’appui. S’il est important de rappeler que l’assurance de la rentabilité commerciale est exigée pour entreprendre une telle approche, l’investisseur-gestionnaire ne peut disposer d’une marge bénéficiaire qu’à partir de la 5e année de l’opération. Ainsi, pour cette aventure, il faut absolument que le privé ose investir et que les clients soient actifs et prêts à payer le service. Ailleurs au Vietnam où le secteur privé n’est pas trop développé, c’est une approche de marketing social qui est testée pour rendre efficace la gestion du service par des sociétés publiques installées au niveau provincial. Grâce à cette approche qui permet de travailler à la fois sur l’offre et la demande, 150.000 clients sont desservis par ces sociétés provinciales de distribution d’eau. La vente de l’eau est améliorée et le taux de branchement au réseau est passé de 43% à 102% de 2013 à 2016.

Au total, le Partenariat-public-privé (Ppp) apparaît de plus en plus comme un recours pour améliorer le service de l’eau aux populations des villes de petite taille ou des villes situées en milieu périurbain. Mais, la gestion par le public peut s’avérer efficace grâce à un marketing social qui permet d’agir à la fois sur la clientèle et le personnel.

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December 1, 2016

Gestion communautaire de l’eau: L’analyse financière et l’autonomisation des communautés comme clés de réussite

Alain TOSSOUNON (Abidjan/RWSN)

Dans plusieurs pays, la gestion communautaire de l’eau connaît des fortunes diverses. Pourtant, pour assurer la continuité du service, on ne peut se passer des communautés dont l’implication est indispensable pour garantir la durabilité du service.

Autonomiser les communautés pour rendre efficace la gestion du service

Autonomiser les communautés pour rendre efficace la gestion du service

Dans la session consacrée au travail avec les organisations communautaires,  plusieurs approches qui font école ont été présentées pour une gestion communautaire de l’eau plus efficace. La première approche est fondée sur l’analyse financière. Elle consiste avant toute chose, à identifier les différents coûts relatifs à la gestion de l’ouvrage: l’investissement, le fonctionnement, le suivi. Une fois les coûts estimés, il s’agit d’apprécier la capacité des communautés à faire face à chaque type de coûts. Dans tous les cas, il n’est pas recommandé de mettre en service une infrastructure si les communautés ne peuvent pas supporter les coûts liés au fonctionnement indispensables pour assurer la continuité du service. En règle générale, les ONG mènent des enquêtes préliminaires dont les données se révèlent insuffisantes pour apprécier cette capacité des communautés à faire face aux différents coûts alors que cela est nécessaire. Dans des pays fragiles comme la République Démocratique du Congo (RDC), la prise en compte des coûts relatifs au suivi est encore plus importante. C’est pourquoi, lorsque les communautés sont assez pauvres pour supporter les coûts, on peut faire recours aux Activités Génératrices de Revenus (AGR) pour leur permettre de disposer de ressources pour supporter les coûts d’entretien et de fonctionnement des équipements.

L’automisation des communautés, un gage de pérennisation du service

Avec l’approche basée sur la co-production institutionnelle présentée par Astor Suominen de Ramboll et expérimentée en Ethiopie, les communautés sont au cœur du dispositif institutionnel. « Nous devons toujours écouter les communautés. Elles doivent toujours avoir leur mot à dire », a-t-il martelé.

En effet, cette approche fait des communautés, les artisans de leur propre destin en matière de gestion des points d’eau. Car, la responsabilité de la gestion des fonds leur est confiée totalement pendant que les collectivités locales jouent un rôle de facilitation. Une telle approche, en plus du fait qu’elle met les communautés au centre du dispositif, favorise la reddition des comptes et les audits publics. Les assemblées de village permettent aux communautés de suivre au quotidien la gestion de leur point d’eau et les fonds générées par la vente de l’eau sont versées dans un compte ouvert dans les banques primaires ou structures de microfinance présentes dans les villages.  Chaque citoyen exerce alors  son droit de regard sur la gestion faite du point d’eau. Si cette approche permet d’avoir un fort taux de fonctionnalité des ouvrages, elle favorise aussi le renforcement de la démocratie locale.

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December 1, 2016

Pompes manuelles : BluePump et LifePump, deux innovations aux atouts séduisants

Alain TOSSOUNON (Abidjan/Forum RWSN)

Face aux problèmes que connaissent les pompes manuelles traditionnellement connues et répandues, des chercheurs ont tenté avec succès de trouver des solutions. Aujourd’hui, deux nouveaux types de pompes révélés au 7e RWSN présentant de nombreux atouts font leur apparition.

La pompe Livepump, une réponse à la corrosion

La pompe Livepump, une réponse à la corrosion

Dans plusieurs pays, l’utilisation des pompes manuelles connues sur le marché connaît des limites. Avec India Mk II, Afridev ou d’autres types de pompes, dans certaines régions, de nouveaux défis sont apparus ces dernières années. Au nombre de ces défis, on peut citer la corrosion avec des PH parfois elevés par rapport à la norme. Cette situation peut avoir des conséquences énormes parce qu’elle peut conduire à la perte des investissements. Si des solutions ont été trouvées pour relever ce défi en ce qui concerne les forages dont la profondeur n’excède pas 45m (avec l’utilisation des matières plastiques), au-delà, à cette étape de la technologie, rien n’était possible.
Mais, c’est sans compter avec les avancées de la recherche. Aujourd’hui, avec les résultats de l’évaluation de la BluePump développée par la Fondation Fairwater, présentés par Tim Foster de l’Université de Sydney, le monde des acteurs de l’eau peut se réjouir. Expérimentée dans 11 pays d’Afrique, la BluePump à tube PVC constitue une réponse à la corrosion qui était jusque-là, une difficulté majeure. Sur les 142 pompes inspectées, l’étude comparative a montré que les 72 BluePump présentaient les meilleurs résultats sur les aspects techniques, la perception des populations utilisatrices…Avec les résultats publiés cette semaine, on retient surtout que la marque BluePump obtient le taux de fonctionnalité le plus fort avec 67% alors que India MKII recueille 61%, le niveau de satisfaction des populations est de 97% et les communautés avouent avoir une facilité pour son utilisation. Avec ces résultats, la BluePump apparaît comme celle ayant une technologie « robuste ». C’est aussi le cas de LifePump qui est une nouvelle pompe apparue sur le terrain depuis trois ans.
Sortie par Design Outreach, LifePump est aussi une technologie innovante parce qu’elle est une pompe solide qui peut aller à une profondeur de plus de 100 m. Elle présente également des caractéristiques très intéressantes en matière d’acceptabilité, de capacité ou de durabilité. L’étude commanditée par World Vision au Malawi a prouvé les bons résultats. Les évaluateurs indépendants ont au terme de leurs travaux, concluent que LifePump ne présentant aucun signe d’usure après 30 mois d’utilisation quotidienne.

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November 30, 2016

7e Forum du RWSN: Assurer l’eau pour tous aux communautés du monde rural

Alain TOSSOUNON (Abidjan)

La ville d’Abidjan en Côte d’Ivoire accueille du 29 novembre au 2 décembre 2016, le 7e forum international sur l’accès à l’eau potable en milieu rural (RWSN). Une véritable occasion de rencontre pour l’ensemble des experts et acteurs qui travaillent dans le secteur pour construire un monde où toutes les populations rurales ont accès à des sources fiables et durables d’approvisionnement en eau. C’est le premier ministre du gouvernement de la Côte d’ivoire, Daniel Kablan Duncan, qui a ouvert les travaux de ce forum de l’espoir pour les communautés qui vivent encore dans l’angoisse de la soif.

Une pénurie d'eau à Boribansifa dans une localité au nord du Bénin

Une pénurie d’eau à Boribansifa dans une localité au nord du Bénin

Comment permettre à 663 millions de personnes dont 80% d’entre elles vivent dans les zones rurales, d’avoir accès à des sources d’eau potable de qualité. C’est le grand défi que s’engagent à relever près de 650 participants venus de tous les horizons pour participer à ce forum qui se tient cinq ans après celui de l’Ouganda en 2011.
En effet, le forum vise selon la Directrice du secrétariat du Rural Water Supply Network (RWSN), Dr Kerstin Danerk, à « s’assurer que tous les services d’approvisionnement en eau soient plus efficaces afin de fournir une eau potable, en quantité suffisante, à un prix abordable et à une distance raisonnable du domicile des usagers ». A la cérémonie d’ouverture des travaux, Dr Kerstin Danerk, a indiqué que le forum qui existe depuis 1982 est une plateforme qui comprend plus de 9000 membres dans le monde. « Nous sommes ici parce que nous voulons que chaque individu sur la planète ait accès à l’eau potable et que les droits humains à l’eau et à l’assainissement soient respectés », a-t-elle soutenu. Pour le chef de file des Partenaires Techniques et Financiers qui soutiennent le gouvernement de Côte d’Ivoire dans le secteur de l’eau, le 1er responsable pays de l’UNICEF, Aboubakar Kampo, le choix du thème du forum « L’eau pour tous » s’inscrit dans l’engagement international lié à l’Objectif de développement durable (ODD)6 relatif à l’accès universel à l’eau pour les populations. Surtout, il a indiqué que « si nous voulons atteindre cet objectif, il faut faire les choses différemment ». C’est ce que pense aussi le ministre d’Etat éthiopien de l’eau, qui dans son intervention, a salué l’initiative de ce forum qui offre une excellente occasion d’échanges sur la situation des populations du monde rural.

Les officiels à la cérémonie d'ouverture des travaux

Les officiels à la cérémonie d’ouverture des travaux

Promouvoir des approches innovantes et des technologies adaptées au monde rural
En ouvrant officiellement les travaux, le premier ministre du gouvernement de la Côte d’Ivoire, Daniel Kablan Dunclan, s’est félicité du choix de son pays pour abriter le forum. Car, la Côte d’Ivoire est le premier pays africain francophone qui accueille ce rendez-vous dédié exclusivement aux problématiques de l’accès à l’eau des populations du monde rural. Pour ce faire, il a signalé que les attentes sont grandes. Ainsi, pour lui, ce forum devrait contribuer à « promouvoir des approches innovantes, capitaliser les technologies à faible coût et accessibles aux ménages du monde rural ». A terme, le forum devrait permettre à la Côte d’Ivoire de relever le défi de l’accès à l’eau des populations rurales. Car, si 82 % des populations de son pays ont accès à l’eau potable, 49,2% des populations vivant en milieu rural n’ont pas accès au liquide précieux. Et cela, malgré un investissement de 200 milliards de francs CFA dans l’hydraulique urbaine ainsi que des programmes d’urgence ayant permis de réhabiliter près de 17000 points d’eau en milieu rural.
La première journée a été consacrée aux sessions portant entre autres, sur les modèles économiques pour un approvisionnement en eau rural durable, le développement des services et technologies à grande échelle, les forages et puits creusés manuellement, expériences locales de suivi-évaluation des services…

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November 11, 2016

« Quand les autorités politiques ont une bonne compréhension de votre plaidoyer, vous avez toutes les chances de réussir », dixit Célestin Pouya

La constitutionnalisation des Droits à l’eau et à l’assainissement constitue le cheval de bataille de la société civile béninoise active dans le secteur de l’eau et de l’assainissement. Mais, avant elle, sa sœur voisine du Burkina-Faso a réussi le pari. Dans cet entretien, le Chef  du département Plaidoyer et campagne à Wateraid Burkina-Faso, Célestin Pouya nous confie les secrets de la réussite de ce combat mené pour la reconnaissance des Droits  à l’Eau et à l’Assainissement comme droits fondamentaux.

Célestin Pouya, Chef  du département Plaidoyer et campagne à Wateraid Burkina-Faso

Célestin Pouya, Chef du département Plaidoyer à WaterAid Burkina-Faso

Quels ont été les temps forts du plaidoyer réussi que vous avez mené pour la prise en compte des droits à l’eau et à l’assainissement dans la constitution du Burkina-Faso en 2015?

C’est effectif. Nous avons réussi à faire inscrire les Droits à l’eau et à l’assainissement dans la constitution du Burkina-Faso exactement le 5 novembre 2015. C’est un processus de longue haleine. Il y a eu dans un premier temps une mobilisation générale de toute la société civile à travers le secrétariat permanent des ONG et associations du Burkina-Faso.  Toutes les ONG individuellement faisait le plaidoyer chacun à son niveau. Et après, on s’est retrouvé au sein du SPONG, l’association faîtière pour analyser les engagements et voir comment on peut faire un exercice d’analyse des engagements au niveau national et international. Et, on s’est rendu compte que depuis 2010, le Burkina-Faso avait signé et ratifié la reconnaissance des Droits à l’Eau et à l’Assainissement. Au niveau national, l’Etat s’est engagé au cours du forum national sur le secteur eau et assainissement pour l’approche basée sur les droits. C’est l’ensemble de ces points que nous avons retenu pour bâtir notre argumentaire pour aller faire le plaidoyer. La première étape a été de d’organiser une rencontre d’interpellation avec les ministres de l’eau, celui des affaires sociales, des finances, celui des femmes et du genre, et celui de l’éducation qui ont accepté de nous rencontrer au siège de SPONG. Ensuite, nous avons été à l’Assemblée nationale pour solliciter l’engagement du président de l’Assemblée nationale. Au cours de la 2e phase, nous avons organisé un lobbying et une séance de renforcement des capacités des acteurs ministériels. Parce que, nous nous sommes rendu compte que les gens ne font pas exprès. Ils ne savent pas ce qu’on gagne en constitutionnalisant les Droits à l’Eau et à l’Assainissement.

Selon vous, le secret de la réussite c’est de pouvoir convaincre les autorités politiques de la pertinence de cette constitutionnalisation ?

Oui. Car, parfois au niveau de a société civile, nous préjugeons que les acteurs politiques comprennent les choses comme nous. Ce n’est pas évident. C’est pourquoi nous sommes passé d’un plaidoyer  « contre » et agressif à un plaidoyer « avec » qui passe par un renforcement de capacités. Ce travail a permis de sortir les évidences et d’élaborer un argumentaire que nous avons adressé aux autorités et institutions concernées notamment l’Assemblée nationale, le ministère de la justice avec qui nous étions en partenariat, les ministères sectoriels, la présidence et tous les partis politiques qui étaient engagés dans les élections présidentielles. Quand les gens ont une bonne compréhension de votre plaidoyer et que leurs capacités sont renforcées, vous avez la chance de réussir. La preuve est que le parlement nous a demandé si nous pouvons faire une proposition d’article. Et en définitive, c’est notre proposition qui est aujourd’hui retenue dans la constitution.

Le président Kaborél a été favorable à votre plaidoyer et a promis de faire de l’eau et de l’assainissement, une priorité dans son programme de gouvernement. Comment faites-vous le suivi ?

Pour un meilleur suivi, il faut avant tout s’assurer que les engagements pris correspondent aux besoins réels des populations. Si le président prend des engagements qui ne sont pas les préoccupations des populations, vous passez à côté de votre combat,. C’est pourquoi, nous avons assisté les politiques à élaborer des documents de programme en phase avec les attentes des populations. Après l’installation du président Kaboré, dès le 3e mois nous avons mis en place un outil qu’on appelle le « présimètre » avec l’ensemble des OSC chargées du suivi des politiques. Ensemble, nous avons pris les engagements de la campagne électorale, et nous les avons traduits en objectifs et actions à mettre en œuvre. Ensuite, nous sommes allés interroger les citoyens pour demander qu’après 3 mois de gestion du nouveau pouvoir, quel est leur niveau de confiance. Nous étions conscients que seulement trois mois après l’installation, il n’y avait pas d’actions concrètes mais on pouvait mesurer le niveau de confiance. Ce que nous avons fait. Enfin,  Il y a eu un débat télévisé ou nous avons invité le président de la République qui était face aux citoyens. Le président n’était pas tout à fait d’accord avec nous parce qu’il n’avait pas encore des résultats a montré mais, l’exercice a permis de mesurer la confiance des citoyens. Il a compris à la fin que c’était un moyen pour lui, de mobiliser les citoyens à le soutenir pour la mise en œuvre des projets et programmes. C’est ce que nous avons appelé le « Rockomètre » à l’instar du Buharimètre au Nigéria ou le Mackymètre au Sénégal. Maintenant, nous attendons la mise en œuvre du programme d’actions du gouvernement pour apprécier. Nous referons le même exercice pour amener le président à venir rendre compte.

Avec tout ce travail et le dispositif et outils mis en place, est-ce que vous avez l’assurance que la situation va changer ?

Nous n’avons pas de garantie mais il y a des évidences. Il a promis faire de l’eau et de l’assainissement, des priorités dans ses actions et il y a des résultats. Déjà, il y a la création d’un ministère exclusivement dédié à l’eau et à l’assanissement. Egalement, le secteur de l’eau et de l’assainissement figure bel et bien parmi l’agenda de développement du Burkina-Faso pour la période post-2015. On vient aussi de valider le document de politique nationale pour le développement économique et social dans lequel, il est clairement inscrit que l’eau et l’assainissement constitue un secteur prioritaire au Burkina-Faso. Après trois mois de gestion, le président a aussi lancé, un programme d’urgence en matière d’eau et d’assainissement pour améliorer la situation des populations. Il nous reste à continuer le suivi avec le parlement pour que les objectifs soient atteints. Il n’y a pas de garantie mais il y a des évidences qui montrent que nous sommes sur la bonne voie.

 Propos recueillis par Alain TOSSOUNON

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November 2, 2016

Constituency 095 gets new WASH facility

By Mustapha Sesay

Sierra Leone

The DFID WASH Facilities through UNICEF implemented partner “Living Water International in Sierra Leone” has provided WASH facility to the Brama town, in Constituency 095 in the Western rural district.
Welcoming all present, the Head man of the Village, Brima Mansaray expressed satisfaction over the intervention of DFID, UNICEF and Living Water International. He commended the government through the implementing partners for coming to their aid.
Making a statement the Country Director of Living Water International in Sierra Leone, Hastings Banda said his organization is involved in water and sanitation process. He said they have constructed wells, and sanitation key in their delivery process. He pointed out that they have provided support from training people on WASH, and promote a lot of hygiene systems in the country. He noted that their focuse is improving on water, sanitation and hygiene at deprive and hard to reach community also to vulnerable people.
He paid thanks to government for providing the enabling environment for them to operate. He recalled that living water is one of the NGOS working in Sierra Leone with special focus on wash in schools, PHU’s, towns and villages. In their intervention on toilet they provide also for the disable and tech school on the importance of hand washing especially at critical moment.
In his statement, UNICEF representative, Sandra Lottoot said the rural water project which is funded by UK Government set to benefit 150,000 people across the country in improve water, sanitation and hygiene. The project also stands to benefit 40 children in 180 primary schools, and users of 175 health care facilities.
She said the intervention of UK government has help to save lives from diarrheal diseases such as cholera and dysentery. She said the project is a demonstration of partnership with the government of Sierra Leone, UNICEF and implanting partners such as Living Water. She commended Ministry of Water Resources for their leadership in the process.
She said hygiene and sanitation linked to three leading causes of fewer than five mortality, malaria, respiratory and diarrheal disease. She pointed out that hand washing is a key behavioural that can save life. She urged community people to make hand washing a habit just likes during the Ebola period.
In his statement DFID Senior Information Adviser Simon Kenny said 63% of household have access to safe drinking water, 13% have access to improve sanitation and 22.9% of primary schools have access to functioning safe drinking water. He said there is still work to be done. He said in rural areas only 48% have access to improve sanitation facilities. He said hand washing play a significant role in the Ebola and that we must continue to make progress.
He said the UK government has committed to help people global get access to clean water and sanitation over the next five years. He said UK aid is committed to support government of Sierra Leone in improving rural communities as part of the recovery plan.
In giving his keynoted address, thanked the UK government for their support in the WASH sector. The Minister noted that the responsibility on them as a governed has been done but they community people should take ownership of the facilities. The minister encourage parent to educate their children so that they can give back to the community.
Other speakers include the Honourable Member of Parliament, Claud Kamanda, Deputy Chief Administration western rural area, and a skit was display on hand washing on the importance

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October 25, 2016

Access to water and reliable energy are key indicators for growth

Madam Dana Hyde, Chief Executive Officer (CEO) of Millennium Challenge Corporation

By Mustapha Sesay

Sierra Leone

Accessing water supply and reliable energy are key indicators to enhance sustainable economic growth and development of any country, which is lacking in Sierra Leone, and remains a challenge.

This statement was made by Madam Dana Hyde, Chief Executive Officer (CEO) of Millennium Challenge Corporation (MCC) on Saturday 22nd October, 2016 during her feasibility tour of water projects at different communities in the east end of Freetown. The CEO and entourage, inclusive private and private sector partners, in their assessment tour visited the Dockyard community water facility, the Moeba community Mambaridge water facility and also the Guma Valley dam where they met with community stakeholders. Prior to their community tour the team earlier on met with the Civil Society Organizations (CSOs) and other key stakeholders.

The corporation based in the USA had provided a grant of $44,4M as threshold program for Sierra Leone to support the development drive and strengthen the water sector in deprived communities and to access reliable energy.

The CEO said the grant is expected to address the delivery of electricity and water in Freetown, noting that it will also strengthen public regulation and accountability and create a framework for sustainable public and private investment in both of these sectors.

Talking to journalists at the Mambaridge (Moeba Community) School on the strides Sierra Leone as a nation is making, the MCC Boss said though there are rigid indicators, yet they are impressed with the on-going activities for reliable energy and access to clean water and opined that Sierra Leone will meet the indicators. Sierra Leone is making progress on the threshold program though there is more to do as the criteria are tough for a country to be selected as eligible for an MCC assistant.

Though the program is key to provide water to deprived communities, MCC also help in providing electricity for school going children to help them in their studies and improve on the energy sector, thereby helping hospitals to treat patients with better equipment.

At Ward 365 Constituency 102 Kissy Dockyard, Councilor Ibrahim Adissaya Kamara said the installation of the water facility by ACF in the community has helped greatly in the reduction of key menaces in the community and its environs like the reduction of Teenage pregnancy and prevention of illnesses. These two were serious challenges before now in the community and its environs that hold over ten thousand people, school children and women inclusive.

A suckling mother Rugiatu Tarawally said for six years the community had been without water.

Madam Koroma at the Mambaridge (Moeba Community), a caretaker of one of the installed water facilities, said people pay only one hundred Leones (Le100) per container and the proceeds used for the maintenance and payment of stipend to volunteer staff.     The team before coming to Sierra Leone had visited Ghana and Benin and has proceeded to Liberia.

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           MCC Boss Dana Hyde (C) at Water facility site at Moeba Mambaridge

 

October 12, 2016

Western Rural District benefits from WASH Technology & Training Centre

Western Rural District benefits from WASH Technology & Training Centre

by Mustapha Sesay

Sierra Leone

WASH Technology and Training Centre with support from Welt Hunger Hilfe Foundation, EMAS and other partners have officially opened   the centre to the public at the Crossing Village in Western Rural District.   Officially opening the centre, representing the Ministry of Water Resources, the Director of Water Resources, Lamin K. Suma wash-technology

SELF MADE HAND PUMPS

underscored the importance of the technology centre.  He said as a ministry, the WASH Technology Centre is their first child in the ministry since they have been established as a new ministry in charge of Water Resources.

He pointed out that for effective service delivery on WASH, people should be training at the centre in order to get the require skill to perform.  He added that this enhances creativity in providing WASH manual for household and vulnerable communities.

Director Suma cited the effective marketing of the centre’s initiative in providing such WASH technology in country and at international level. He encouraged other international partners in WASH, district and City councils, and other partners to come to their aid in strengthening capacity build of the management and the centre as a whole.  He pointed out that with such programs, a good number youth will change their mind set to development that can benefit the individual and the country as well.

Her said education can be done through skill training like WASH that can earn you income. He encouraged all present to put in practices activity that can sustain the centre.

in a conducted tour prior to the officially launching of the centre, the Project Head, WASH Self Supply Lahai E. Bunduka said the WASH technology and training centre is a scheme that enhance self made-hand pump, outlet pressure rating of 5 bars that is capable of raise water 60 meter vertical high and a distance pumping about 2km.  He said the center can also provide odorless toilet, shower room, storage tank, underground tanks, rain water harvesting and micro irrigation at cheaper rate.

In his statement, Dr Josef Fuchs from EMAS International expressed satisfaction over the effort made by the technical and the Project Head, WASH Self Supply Lahai E. Bunduka. He said the mandate and responsibility of EMAS is to ensure that people live a dignity life.  He encouraged people to work in collaboration in making ownership of the facility in their community. He said the centre will benefit generation yet unborn and therefore must be protected.

Dr Otten from Welt Hunger Welfe and the Director of Welt Hunger Welfe Ursula Langkamp commended the effort made by the management of the centre. He pledged more support to ensure that the center achives it intended purposes.

Other speakers who also expressed happiness over the center include the Crossing village chief and the representative from the Waterloo Rural District Council Deputy Chief Administration and Chief Alusine Fofanah respectively.

A comprehensive tour was done to get the human face of the facilities at the centre and for people to get a clear understanding about the uses, importance and benefit of those services at all level. Cutting of the tape climaxed the ceremony.

 

 

 

 

September 27, 2016

IMMERSION DANS LA VALLÉE DU FLEUVE SÉNÉGAL ET LE DELTA :La nouvelle «vie» du lac de Guiers

Par Jacques Ngor SARR (Dakar-Sénégal)

Faites un tour dans le delta et la vallée du fleuve Sénégal, vous vous rendrez compte de l’existence d’une vie nouvelle. Le lac de Guiers si près des populations riveraines, jadis inaccessible, est devenu un lieu de vie et d’épanouissement du fait de la facilité d’accès à l’eau. Le Ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement, à travers l’Office du Lac de Guiers, a mis à exécution, la  promesse du Président Macky Sall en 2012, à Louga, lors du Conseil des ministres décentralisé, à savoir l’alimentation en eau potable des villages riverains du Lac, réparant ainsi, une injustice de plusieurs années.

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Sur les berges du lac de Guiers vit une population de 200 000 habitants dont 37 000 vivent autour de la dépression lacustre. Ce peuple dont le destin est intimement lié à celui du lac, a trouvé un nouveau souffle dans leurs activités économiques  mises en œuvre par le Projet de Restauration des Fonctions Ecologiques et Economiques du Lac de Guiers (Prefelag) pour un coût global de 14 milliards.

L’Office du lac de Guiers (OLAG), à travers ce projet, a réalisé de grands travaux qui ont permis, d’améliorer l’hydraulicité du plan d’eau, notamment sur le canal principal de la Taouey qui relie le lac de Guiers au fleuve Sénégal, et d’augmenter la disponibilité de la ressource. Ainsi grâce au curage et au désencombrement de la Taouey sur 17 km, mais aussi, à la réhabilitation de 10 km d’endiguement et d’ouvrages de régulation parmi lesquels celui de Mérinaghen, les digues de Keur Momar Sarr, de Temey, de Naéré, de Diokhor et de Pakh, les apports en eau ont  augmenté. Ils passent de 1,2 milliards de m3 par an à 2,34milliards de m3/an. Cette augmentation de la quantité d’eau, a permis d’irriguer près de 18 milles hectares emblavés autour du lac.

Ces investissements ont redonné vie à plusieurs localités comme Mbayène, dans la commune de Gnith. En témoigne Djiby Mbaye, producteur agricole : «Mbayene était un village à l’agonie, le typha avait obstrué les voies d’eau compromettant ainsi toutes la production agricole avec des préjudices estimés à plusieurs millions. Sur 1 ha on avait que 100 à 150 sacs de patate douce, aujourd’hui, après les travaux de l’Olag, on est à 400 sacs à l’hectare». Tout autour, 30 milles hectares de terres irrigables ont été valorisés grâce à l’alimentation et a des chenaux d’irrigation.

Pour une gestion optimale, rationnelle et une bonne planification des ressources en eau, l’Olag est en train de faire un maillage du réseau de suivi (quantité et qualité) des eaux du lac par la mise en place d’appareils hydrologiques permettant de recevoir, en dehors du niveau d’eau, des données sur neufs paramètres de qualité par télétransmission en temps réel. Ces paramètres renseignent entre autres sur le niveau d’eutrophisation, de concentration et de turbidité. D’autres analyses chimiques et bactériologiques sont faites d’une manière périodique (1 une fois par an) pour suivre les concentrations en micropolluants et poli formes fécaux.

Accès à l’eau potable des riverains: une injustice de plusieurs années réparée

La ville de Dakar, reçoit l’essentiel de son alimentation en eau potable du Lac de Guiers, depuis 1971, alors que la grande majorité des villages riverains, s’est toujours contentée de boire directement l’eau brute du lac. C’est pour réparer une telle injustice que le Président de la République avait promis, d’alimenter en eau potable, l’ensemble des villages riverains du lac. Un programme mis en œuvre par l’Olag et impacte positivement aujourd’hui quelques 50 000 personnes de la zone.

Les villages riverains situés dans les communes de Gnith, de Keur Momar Sarr, de Mbane et de Syer sont maintenant alimentés en eau potable. Ainsi, la corvée quotidienne pour trouver l’eau potable, est devenue un mauvais souvenir, confie la dame Ngossé Sarr qui vit dans le village de Thiarène situé à quelques encablures de l’usine de traitement de Gnith.

A cela vient s’ajouter l’ouverture des points d’accès permettant aux populations d’avoir une eau de meilleure qualité pour les besoins domestiques et au bétail de s’abreuver sans difficulté. Pour cela, 30 ha de typha ont été enlevés, ce qui correspond à 37 points d’accès au bénéfice des villages riverains. En sommes, c’est 37 000 habitants du pourtour immédiat du Lac qui ont un meilleur accès au plan d’eau.

Ce nettoiement a également permis de dégager des voies de passage et de redynamiser la pêche qui a connu un regain perceptible à travers les quantités de poissons débarquées et à leur taille. Ce que confirme le chef du Centre de pêche de Mbane Abdoulaye Thiam: «Les travaux effectués sur la Taouey ont engendré une augmentation du volume d’eau du lac entrainant ainsi le retour des espèces de poisson de grandes tailles comme le capitaine qui avait disparu. Tous les acteurs de la ressource halieutique ont vu leurs revenus augmenter». Pour un suivi permanent de l’entretien des sites aménagés, des rencontres périodiques se font avec les populations concernées.

A Ndombo, on voit enfin l’eau du lac

Les réalisations de l’Office à travers le Prefelag ont donc permis de satisfaire les besoins des populations. Le lac de Guiers, qui était si près, mais si loin des populations riveraines, à cause de l’envahissement des plantes aquatiques est devenu un lieu de vie et d’épanouissement. C’est le cas de Ndombo où des jeunes d’une vingtaine d’années, natifs du village n’ont jamais eu l’occasion d’entrer en contact direct avec l’eau du lac.

Le maire de Ndombo qui ne peut pas cacher sa satisfaction témoigne: «Franchement ce que l’Olag a fait ici, c’est du jamais vu. Toutes les personnes qui sont nées 30 ans en arrière, ne savaient pas qu’il y avait de l’eau ici à cause du typha qui avait fini par envahir toute la zone. Le tout dans une insécurité provoquée par les serpents qui circulaient un peu partout. Malheureusement la mairie ne pouvait rien faire faute de budget. Mais avec l’arrivée du nouveau Directeur en l’occurrence M. Bocoum, l’OLAG en a fait une priorité pour nous sortir de cette situation.

Les travaux effectués par l’OLAG, ont permis à Ndombo de respirer, l’eau est accessible et nous avons maintenant la plus belle île du Sénégal. Je vous informe qu’à un moment donné, je m’étais emporté tellement que la situation a été invivable. Mais en bon manager, le DG a réagi par les actes, en apportant des solutions, sans tambours ni trompettes. Actuellement, c’est l’ensemble des populations de Ndombo qui le remercie. De notre côté nous ne croisons pas les bras, nous assurons l’entretien régulier pour maintenir la rive propre et accessible».

51 concessions bénéficient de latrines, de fosses étanches, de bacs à laver et de poubelles

Pour une meilleure gestion de la qualité de l’eau, l’OLAG a procédé à l’identification et à la caractérisation des différentes formes de pollution. Suite au constat, sur la rive Ouest de la Taouey, de fosses septiques qui déversaient directement sur le canal, un programme d’assainissement est en cours de réalisation au bénéfice des populations riveraines. Ainsi, le long de la Taouey à Richard-Toll, 51 concessions ont déjà bénéficié de douches, latrines, fosses étanches, bacs à laver et de poubelles. Certaines d’entre elles ont été branchées directement au réseau de l’Onas.

Le délégué du quartier des pêcheurs de Godal Khout qui jouxte le canal de la Taouey, Ousmane Guèye trouvé chez lui, reconnait d’emblée qu’au début «les populations ont été réfractaires à ces latrines car elles avaient l’habitude de tout déverser dans la Taouey. Mais une fois installées, nous avons pris conscience de l’opportunité et de l’amélioration de nos conditions d’hygiène. Je crois que le mérite revient à l’Olag et à son directeur que nous remercions pour cette marque de considération». 1000 autres ouvrages sont prévus autour du lac. Afin d’éliminer la pollution de la Taouey par ordures ménagères et les hydrocarbures des véhicules stationnés, il a été également procédé au recasement de 64 cantines qui se trouvaient sur les bords immédiats de la Taouey, vers un nouveau site situé plus appropriés appelé « marché Thiabakh » ainsi que la distribution de poubelles dans le quartier Gadalkhout

Pour la gestion de la pollution agricole des plans d’eau, 300 producteurs autour du système du lac ont déjà été formés aux bonnes pratiques phytosanitaires.

40 ans après son assèchement, la réserve spéciale d’Avifaune du Ndiaël sera  remise en eau

La revitalisation de cet écosystème d’importance internationale, n’est plus un simple slogan. Il suffit de faire un tour dans la réserve du Ndiaël, qui n’avait  plus d’eau depuis une quarantaine d’années à cause des effets combinés de l’homme et des sècheresses des années 70 et 90, pour s’en rendre compte. Site Ramsar d’importance internationale, actuellement inscrit au registre de Montreux des sites en danger, le Ndiaël va bientôt changer de visage. Comme en atteste les travaux de reprofilage de Yéti Yone sur 13 Km entre la carrière de Thioub et la Grande Mare. Cette dernière subira également un aménagement avec la construction de deux (2) nichoirs, d’axes de navigation et des débarcadères, mais aussi la construction d’une piste d’accès de 7 km qui va désenclaver considérablement la zone. La construction d’un centre écotouristique, la formation des éco-guides et la mise à disposition de deux barques pour le transport des touristes sont bien parties pour favoriser la création d’emplois verts.

Dans la même perspective, le Prefelag appuie les initiatives économiques comme la pisciculture, la laiterie, l’embouche, etc. pour pérenniser les activités et ainsi sécuriser les emplois générés.

La prise en compte du genre permettra de générer des revenus au profit des femmes, par la réalisation de 9 étangs piscicoles, d’une laiterie et la mise en place d’un fonds de crédit revolving. Du moins, c’est ce qu’a laissé entendre la présidente de l’Union des femmes de Ross Bethio, Ndeye Gaye. Embauchant la même trompette, le Président AIV Ndiael, Amadou Sow ajoute que le Ndiael est bien parti pour avoir la même attraction que le parc des oiseaux de Djoudj.

Quant au Yéti Yone, cordon ombilical de la grande mare du Ndiaël et le lac de Guiers, il a été reprofilé sur 13 Km, permettant ainsi aux 32 villages d’avoir accès à l’eau douce. Ces populations qui, jadis, connaissaient, en hivernage, des difficultés de mobilité et d’accès aux infrastructures de santé voient leurs conditions améliorées avec la réalisation de 2 ouvrages de franchissement à Bélel Mbaye et à la carrière de Thioub et d’une case de santé équipée pour faire face à la recrudescence des maladies hydriques, témoigne le chef du village de la localité, Siley Sow.

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August 22, 2016

Symposium International sur la dynamique Eau et Energie : Les énergies renouvelables en Afrique au cœur des préoccupations

Ousmane Dambadji (Niamey/Niger)

Du 16 au 19 Aout 2016 se sont  tenus  à Ouagadougou au Burkina Faso, les travaux du Symposium  International sur la dynamique Eau et Energie  dans la région Ouest Africaine. Organisé par l`Université Internationale de Florida aux USA  à travers le programme de l`USAID WA- WASH  en collaboration avec l`Université Aube Nouvelle de Ouagadougou,  ce symposium  de haut niveau a été financé par le commandement des forces  Armées Américaines  pour l`Afrique (AFRICOM).

Photo de famille des participants

                  Photo de famille des participants

L`Objectif principal de cette rencontre est de faciliter les échanges d`expérience entre acteurs civils et militaires sur divers problèmes lies a la sécurité environnementale dans la région Ouest Africaine. Présidée  par le  Ministre  de l`eau et de l`assainissement  du Burkina Faso en présence du Directeur Régional du programme de l`USAID  WA-WASH  et du fondateur de l`Université Aube Nouvelle, cette réunion a vu  aussi la participation de plusieurs experts  Américains et Africains   venus de plusieurs pays pour la circonstance. On  peut noter  également la présence d`une forte délégation composée des représentants de l`Université Internationale de Floride, de AFRICOM, des chercheurs, des professeurs des Universités et centres de recherches, des Journalistes et des Etudiants. Pendant 4jours, les participants ont suivi avec intérêt  des présentations riches et variées sur entre autres thématiques, la sécurité environnementale,   les enjeux  relatifs à l`eau en Afrique,   l’eau et l`énergie renouvelable en Afrique de l`Ouest, la restauration de l`environnement, le changement climatique, la télé- détection, la situation de l`eau potable en Afrique  en lien avec la santé et le rôle de l`armée dans la protection de l`environnement.

Aujourd’hui, l`eau ne plus une thématique, mais un facteur de développement au regard de ses multiples usages. C`est  ce qui a amené d`ailleurs  la 70 eme Assemblée Générale des Nations Unies à faire de l`eau et l`assainissement un objectif à part entière dans l`agenda international de développement post 2015. Selon la synthèse régionale de l’état des lieux sur les ressources en eau en Afrique de l’Ouest de 2007, les eaux souterraines de la région de l’Afrique de l’Ouest sont estimées à 317 milliards m3 et les eaux de surface  étaient estimées à 1257 milliards de m3. Il y a une interdépendance plus ou moins forte entre les Etats en matière de ressources en eau L.es principaux cours d’eau de la région prennent leur source dans des régions bien arrosées avant de traverser les zones sahéliennes ou les déficits pluviométriques sont chroniques depuis le début des années 1970.  Ces cours d’eau permettent un transfert d’eau douce  des régions humides vers les régions arides, créant ainsi une forte interdépendance des pays ouest  africains en ce qui concerne l’utilisation et la gestion des ressources en eau douce  à l’exception du Cap Vert, chacun des pays de la région partage au moins un cours d’eau international. En juin 2015 environ 73% de la population utilise une source d’eau potable améliorée contre 45,2% en 1990.  Malgré une amélioration du taux d’accès a l’eau potable environ 100 millions de personnes dépendent toujours d’une source d’eau potable non améliorée  (puits non protégés, eau de surface, etc.).  Il faut préciser que 73 millions de personnes en milieu rural n’ont pas accès à l’eau potable contre environ 21 millions en  milieu urbain, disparité entre les Etats et entre les localités a l’intérieur des Etats.  En 1990,  seuls Le Burkina Faso, le Niger, le Mali,  la Guinée Bissau, la Sierra Leone, le Nigeria et la  Gambie avaient  un taux d’accès à l’eau inférieur à 50%. En juin 2015 on constate une amélioration globale du taux d’accès  à l’eau potable dans les états (excepte le Niger qui avait 58%, tous les états étaient  à plus de 60%). Le Cap vert, la Gambie et  le Ghana étaient à plus de 90% de taux de couverture en eau. C`est pourquoi  à  Ouagadougou, le docteur Boukerrou, Directeur Régional  de l`USAID WA-WASH a largement  entretenu les participants au symposium sur les enjeux relatifs à l`eau en Afrique, sa  répartition, sa consommation, sa situation actuelle en terme de couverture géographique et ses différents facteurs de pollution. Selon Boukerrou, malgré la disponible insuffisante de cette ressource, le problème de la qualité  se pose avec acuité dans nos pays. Ces défis sont très souvent liés aux activités humaines comme le mines, l`urbanisation et  l`industrialisation, la croissance des populations urbaines supérieure à la capacité d’adaptation des sociétés nationales de distribution d’eau potable , la gestion précaire des déchets solides causant la pollution des réserves d’eaux traitées pour la consommation humaines , le traitement inadéquat des eaux usées et excréta qui par la suite pollue les eaux souterraines et de surface , l`état vétuste des infrastructures d’assainissement causant des fuites qui par la suite pollue les puits et les forages, le mauvais état des infrastructures d’eau qui génèrent de la rouille  polluante, les insuffisances des laboratoires d’analyse de la qualité de l`eau ainsi que les  activités minières dégradant la qualité des eaux à cause du déversement d’arsenic, de cyanure, et d’autres substances toxiques. A toutes ces préoccupations, des solutions ont été proposées par Boukerrou. Selon lui, on peut améliorer la qualité des eaux en Afrique à travers entre autres solutions, la mobilisation des fonds pour la réhabilitation des infrastructures d’eau, l`amélioration du traitement des déchets liquides et solides ,le respect  de l’application effective des textes dans le domaine de l’industrie minière ,le renforcement des  capacité des organisations régionales et  panafricaines, le développement  des techniques et technologies innovantes et accessibles pour un approvisionnement en eau de qualité pour les populations , et la promotion de  la culture de la gestion des connaissances au sein des institutions Africaines. Parlant de la situation énergétique, il ressort de son exposé  que 2/3 de la population d`Afrique n`a pas accès a l`électricité. Une situation qui handicape le développement économique et social de nos pays. La transition vers les énergies renouvelables  à faible cout est la seule alternative pour garantir l`accès à nos populations à  des sources d`eau de qualité.  Le docteur Bakerrou a demandé à tous les  participants d`êtres des véritables ambassadeurs  de développement afin de faire le plaidoyer en faveur du partage des connaissances dans le domaine de la qualité de l’eau et pour la multiplication des laboratoires d’analyse de la qualité de l’eau auprès des gouvernements Africains et des partenaires techniques et financiers. Précisons  que, cette rencontre de Ouagadougou  a été une véritable occasion pour les différents acteurs civils et militaires de bien comprendre les différents enjeux et défis  lies a l’eau et l`énergie dans un contexte de changement climatique.

 

July 25, 2016

ORGANISATION DU FORUM MONDIAL DE L’EAU EN 2021: Le Sénégal annonce sa candidature et invite les pays africains à supporter l’initiative

Par Jacques Ngor SARR (Envoyé spécial à Dar Es Salaam)

 Le Sénégal a profité de la semaine africaine de l’eau tenue à Dar Es Salaam la semaine dernière pour déclarer sa candidature pour l’organisation du forum mondial sur l’eau prévu en 2021. La délégation sénégalaise, à travers le ministre de l’hydraulique et de l’assainissement Mansour Faye a fait l’annonce à l’ensemble des représentants des pays africains présents à la rencontre à la veille de la cérémonie de clôture le vendredi dernier tout en demandant leur soutien.

Mansour Faye délégation

Le Sénégal est bien parti pour organiser le forum mondial sur l’eau prévu en 2021. La raison est simple : Non seulement l’ensemble des pays candidats se sont désistés au profit du Sénégal, mais aujourd’hui seul le Sénégal est candidat, a annoncé  ministre de l’hydraulique et de l’assainissement Mansour Faye. C’est la raison pour laquelle, il reste convaincu «à plus de 60% que le Sénégal risque d’être choisi». «Nous attendons la visite des inspecteurs qui vont veni, faire le tour du Sénégal pour inspecter les différents points que nous avons abordés. Et nous pensons que d’ici la fin de l’année, nous aurons les résultats par rapport au choix du Sénégal».

Mais le Sénégal ne compte pas seulement sur le soutien de ses pairs, il compte aussi sur les performances réalisés dans le secteur de l’eau et de l’assainissement. Pour preuve, Mansour Faye déclare que le Sénégal se situe au niveau de toutes les infrastructures qui concernent les initiatives sur l’eau. «Au niveau local, il y a énormément des choses qui ont été réalisées à l’instar des réformes sur l’hydraulique entamées en 1996 et citées en exemple à travers l’Afrique. Il y a les initiatives pour permettre l’accès à l’eau potable aussi bien en milieu rural qu’en milieu urbain. Sur l’assainissement nous sommes en train de développer une stratégie qui permettra d’atteindre l’universalité. Je pense que l’organisation du forum mondial sur l’eau, va nous permettre non seulement de pouvoir nous donner beaucoup plus de courage  et de détermination pour arriver aux résultats, mais aussi d’échanger par rapport à notre expérience et de chercher l’expérience des autres pour pouvoir s’améliorer d’avantage. Le forum mondial sur l’eau est un évènement majeur important et nous pensons que nous allons pouvoir l’organiser dans les règles de l’art ».

Revenant sur son bilan à la tête du Conseil des ministres africains en charge de l’eau (Amcow), Mansour Faye a marqué sa satisfaction avant de lister les décisions majeures qui ont été réalisées lors de son passage: «Nous sommes parvenus à maintenir AMCOW au niveau des conseils des ministres.  L’autre grand évènement c’est AfricaSan 4 que nous avons organisé et qui a regroupé tous les acteurs de l’assainissement à Dakar en 2015. Et qui a permis de mettre en œuvre ce qu’on appelle la déclaration de Ngor sur l’assainissement,  c’est-à-dire faire en sorte que l’assainissement soit atteint en terme  de taux d’accès universel en 2030 et aussi de mettre fin à la défécation à l’air libre». Avant de conclure : « Je pense que la Tanzanie qui va prendre le relais va continuer dans cette dynamique puisque Amcow est une plate-forme qui joue son rôle qui va accompagner la réalisation des ODD ».

July 19, 2016

ACCES UNIVERSEL A L’EAU ET A L’ASSAINISSEMENT: Les organisations de la société civile mettent la pression sur les gouvernements africains

Par Jacques Ngor SARR (envoyé spécial en Tanzanie)

La 6ème semaine africaine de l’eau qui se tient actuellement en Tanzanie a servi de tribune aux organisations de la société civile, réunies au sein du Réseau africain de la société civile sur l’eau et l’assainissement, pour demander au Conseil des ministres africains en charge de l’eau (AMCOW), de mener à bien l’agenda 2030.

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Sur la base des différents engagements pris dans le secteur de l’eau, l’assainissement et l’hygiène, notamment la Déclaration de N’gor, la Vision Africaine pour l’Eau à l’horizon 2025, l’Agenda de l’UA pour l’Afrique à l’horizon 2063, le Réseau africain de la société civile sur l’eau et l’assainissement, dans une déclaration, a demandé au conseil des ministres de mener à bien l’accès universel à l’eau et l’assainissement.

Le Réseau, qui a remis ladite déclaration au président de l’AMCOW en l’occurrence le ministre de l’hydraulique sénégalais Mansour Faye lors de la cérémonie d’ouverture de la semaine de l’eau, reste convaincu que le développement de l’Afrique, notamment la santé et la dignité des populations passe par des mesures et actions concrètes de ceux qui « nous gouvernent ». «Et cela ne sera possible qu’à travers la priorisation de l’Objectif de Développement Durable numéro 6 portant sur l’eau et l’assainissement».

Par conséquent, il demande aux gouvernements et ministères Africains de faire de l’eau, l’assainissement et l’hygiène une composante essentielle dans la mise en œuvre et la réalisation des ODD; de reconnaitre le rôle central de l’Objectif 6 dans la réalisation de tous les autres Objectifs de Développement Durable en favorisant les échanges inter sectoriels, la collaboration pour réussir cet agenda. Aussi elle demande aux gouvernements et ministres  de veiller à la mise en œuvre des engagements contenus dans la Déclaration de N’gor, la plateforme mondiale Eau et Assainissement pour Tous (SWA) en les alignant avec les plans nationaux d’exécution des ODD qui seront développés et d’accorder un plus grand rôle aux OSC qui doivent être impliqués à tous les niveaux, notamment dans la coordination, la mise en œuvre et la communication sur l’ODD 6.

Les organisations de la société civile ont en outre demandé aux gouvernements de renforcer la mobilisation des ressources au niveau national pour réaliser des services durables et performants, tout en améliorant la performance des institutions compétentes par des mandats clairs et des mécanismes adéquats de responsabilisation et de transparence pour une bonne gouvernance du secteur.  Mais aussi intégrer la gestion des ressources en eau dans tous les projets de développement, notamment les initiatives industrielles et extractives dans le but d’assurer une utilisation durable des ressources en eau.

Tout en s’engageant à travailler en synergie pour surmonter les défis communs, l’ensemble des organisations de la société civile, appellent les gouvernements à reconnaitre la nécessité de collaborer pour trouver des solutions capables de tirer le meilleur parti des opportunités disponibles.

July 18, 2016

6ème SEMAINE AFRICAINE DE L’EAU : L’Afrique avec ses partenaires élaborent des stratégies pour la réalisation des ODD

Jacques Ngor SARR (envoyé spécial en Tanzanie)

La 6ème semaine Africaine de l’eau, qui se tient à Dar Es Salaam (Tanzanie)  du 18 au 22 juillet constitue un tournant décisif en ce sens qu’elle offre à l’Afrique avec ses partenaires, l’occasion d’élaborer des stratégies pour la réalisation des ODD.

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La 6ème semaine Africaine de l’eau, qui se déroule à Dar Es Salaam (Tanzanie), offre l’occasion pour l’Afrique avec ses partenaires d’élaborer des stratégies et des bases solides, en vue d’assurer la traduction des engagements de hauts niveaux, notamment la déclaration de Ngor sur la sécurité en matière d’eau et d’assainissement en des actions concrètes aux niveaux national, sous régional et continental. C’est la conviction du Conseil des ministres africains de l’eau (Amcow) relatée par son président, Mansour Faye, ministre de l’hydraulique du Sénégal.  Sous le thème : «la réalisation des ODDs à travers la sécurité de l’eau et l’assainissement», l’Afrique et ses partenaires ont amorcé donc une réflexion pour la mise en place d’un plan pour l’exécution de la déclaration de Ngor. Cela devrait conduire à la mise en place de politiques appropriées, des actions innovantes, avec une forte motivation pour leur mise en œuvre et un investissement accru à différents niveaux, a déclaré le ministre Mansour Faye qui présidait la cérémonie d’ouverture avec le Premier ministre de la Tanzanie Kassim Majaliwa et l’envoyé spécial de l’Unesco pour l’eau en Afrique, l’ancien président Kenya Mwai Kibaki, au Centre de Conférences internationales Julius Nyerere à Dar Es Salaam.

Le ministre demeure optimiste que les programmes émanant de ces politiques contribueront à la réduction de la pauvreté, à l’amélioration de la santé, au développement social et à la croissance économique de l’Afrique. Il souligne qu’aujourd’hui, la question est de savoir quelles sont les mesures à prendre pour réaliser les objectifs fixés pour atteindre l’accès universel à l’eau et à l’assainissement. A ce propos, il déclare que l’Amcow a noté les leçons tirées de l’expérience des objectifs du millénaire pour le développement tout en soulignant l’influence des conditions initiales sur la progression à l’atteinte des OMD. C’est pourquoi note-t-il, « il faut se féliciter de l’acte posé par les chefs d’Etat lors du dernier sommet de l’UA à Kigali qui ont entériné la déclaration de Ngor sur la sécurité en matière d’eau et d’assainissement en tant qu’instrument pour mobiliser nos Etats en vue de réaliser la vision africaine de l’eau à l’horizon 2025, l’ODD6 en 2030 et l’agenda 2063 de l’UA».

July 7, 2016

Stratégie 2017-2020 du WSSCC: De meilleures orientations pour le secteur de l`hygiène et de l`assainissement au Niger

Ousmane Dambadji (Niamey/Niger)

Dans le cadre de la mise en œuvre des Objectifs de  Développement Durable (ODD), notamment l`0bjectif 6.2 lie à l`eau, l`hygiène et l`assainissement, le Conseil de Concertation pour l’Approvisionnement en Eau et l`Assainissement (WSSCC) a organisé une journée de consultation de tous les partenaires sur sa stratégie 2017- 2020, en collaboration avec le Ministère de l`hydraulique et de l`assainissement. Cette journée qui s’est tenue, le mardi 28 juin 2016, au Palais des  Congrès de Niamey visait principalement la recherche d’une adéquation entre les orientations stratégiques du Niger en matière de promotion de l`hygiène et de l`assainissement et la stratégie 2017-2020 de WSSCC.  

Les officiels au cours de l'ouverture des travaux

Les officiels au cours de l’ouverture des travaux

Prenant la parole à cette occasion, la Coordinatrice nationale de WSSCC, Mme LADOUA Hadjia Aï s’est réjoui de l`engagement du Ministère de l`Hydraulique et de l`Assainissement, des différents  experts et de  tous les partenaires   en faveur du secteur de l’hygiène et de l’assainissement.   Selon elle, cette rencontre est une excellente tribune pour échanger, avec tous les membres et les principales parties prenantes, sur les choix stratégiques et les priorités auxquelles le WSSCC doit travailler avec le Niger.

Pour le Ministre de l’hydraulique et de l’Assainissement, Mr Barmou Salifou, l’initiative de WSSCC à la veille de la revue sectorielle de l’eau et de l`assainissaient  au Niger est très significative car elle répond non seulement à la politique du gouvernement en matière d’accès à l’eau, hygiène et assainissement mais aussi permettra-t-elle d’harmoniser la démarche pour une réelle efficacité d`intervention.  Le ministre a relevé que les objectifs de WSSCC cadrent parfaitement au programme de la Renaissance  notamment pour ce qui est de l’accès pour tous à l’eau et aux infrastructures adéquates d`hygiène et d`assainissement, avec pour finalités, entre autres, de mettre fin à  la défécation à l’aire libre. Au cours des travaux Dr Rija  LALANIRINA a fait un bel exposé sur le déclanchement  institutionnel. Un exercice qui a permis à tous les participants de bien comprendre les enjeux et les défis majeurs du secteur de l`hygiène et de l`assainissement au Niger. Les participants ont tous pris l`engagement d`apporter leur contribution pour la promotion des questions d`hygiènes et d`assainissement afin de permettre à notre pays d`être au rendez-vous de 2030. Très satisfait de l`exposé sur le déclanchement institutionnel, le Ministre de l`Hydraulique et de l`assainissement  a  pris l`engagement de rendre compte fidèlement au gouvernement  sur la nécessité  d`élaborer des véritables politiques publiques de développement dans  le secteur de l`assainissement.

Madame Ceridwen  JOHNSON de WSScc  Genève,  a bien expliqué aux participants  au cours de la réunion, le rôle et la détermination de son institution pour sa contribution au développement économique et social des pays en développement. Une contribution qui permettra à nos pays de lutter efficacement contre la pauvreté à travers la promotion des questions d`hygiènes et d`assainissement.

Au Niger, l`appui de WSSCC  a permis la réalisation de plusieurs activités : le financement des formations, le  renfoncement des capacités des représentants des structures membres de la Coalition Wash, la mise à l`échelle de l’assainissement Total piloté par la communauté, des actions de lobbying  et l’élaboration des projets de développement.  Cet appui a également contribué  d’importantes financement dans le domaine de l’eau et de l`assainissement ainsi que l’élaboration de la Stratégie Opérationnelle d’Hygiène et d’Assainissement de Base (SOPHAB).

Cette journée de consultation nationale sur la stratégie 2017-2020 du WSSCC a permis  aux participants de comprendre l’engagement des parties prenantes, ce qui à coup sûr permettra d’harmoniser les démarches pour la mise en œuvre des Objectifs pour le développement durable.  C’est là une action qui pourrait permettre au Niger de bénéficier d`importants financements pour le sous-secteur à partir de l`année 2017. D’ores et déjà, le WSSCC est désormais l’un des meilleurs partenaires du Niger dans le sous-secteur de l`hygiène et de l’assainissement.

A propos de WSSCC

Le Conseil de Concertation pour l’Approvisionnement en Eau et Assainissement (Water Supply and Sanitation Collaborative Concil-WSSCC) est une organisation  du système des Nations Unis qui vient en appui aux différents Etats dans la mise en œuvre des  politiques  publiques dans le secteur de l’eau, Hygiène et assainissement. Elle a pour mission d’accélérer et de renforcer l’accès aux populations pauvres et démunies aux services d’eau, d’hygiène et assainissement. WSSCC gère le Fonds mondial pour l’assainissement (Global Sanitation Find-GSF qui lui permet de financer les différents programmes d’assainissements et d’hygiène à l’échelle des pays en développement.

June 30, 2016

Fourouyèkèrè et Okpara au Bénin: Ces cas écoles de bonnes pratiques de gestion des ressources en eau

Alain TOSSOUNON (Cotonou/Bénin) 

Face aux ressources en eau menacées de disparition, l’approche de Gestion Intégrée des Ressources en Eau (GIRE) longtemps promue, est apparue depuis peu comme la seule alternative pour passer à une gestion durable. Loin d’être désormais un slogan, la GIRE pour tous et pour tout devient de plus en plus une réalité au Bénin.

Le Fleuve Okpara (et le barrage de Kpassa) désormais à l'abri de la disparition, fruit de l'appropriation par tous les acteurs de l'approche GIRE

Le Fleuve Okpara désormais à l’abri de la disparition, fruit de l’appropriation  de l’approche GIRE

La rivière « Fourouyèkèrè », bras de la Yerpao, un fleuve qui traverse toute la ville de Natitingou située  au nord du Bénin, ne coulait plus comme par le passé. En 2008, plusieurs acteurs ont sonné l’alerte. Car, pour les uns comme pour les autres, cette rivière était tout simplement en voie de disparition. Pourtant, le fils du milieu et ancien Directeur des mines, de l’énergie et de l’eau de l’Atacora-Donga, Joachim Sama racontait : « il y a quelques années, on faisait la pêche mais depuis, deux semaines après une pluie, il n’y avait  plus une goutte d’eau dans la rivière ». Un constat amer qui traduisait bien, la gravité de la situation et les dangers auxquels s’exposaient les communautés de cette ville.

Toujours en 2008, à quelques kilomètres de cette ville, au nord du pays, le barrage de l’Okpara, principale source d’approvisionnement en eau potable pour les populations de la ville de Parakou, était aussi  dans un état de dégradation avancé.  En absence d’eaux souterraines, le seul recours reste les eaux de surface mobilisées à travers le barrage érigé sur le cours d’eau  d’Okpara long de 200 km. Si le barrage était dans un état préoccupant, le fleuve connaissait  de graves problèmes de pollution par les produits chimiques  utilisés par les producteurs de coton en amont du cours d’eau. Mais, la ressource était aussi devenue le déversoir des déchets solides et plastiques ménagers, des fientes et cadavres d’animaux.  Pour ces deux cours d’eau, la menace d’une disparition était bien réelle.

Pourtant, les communautés dont la vie est intimement liée aux ressources en eau, n’ignorent pas les avantages et profits qu’elles en tirent. « Ce n’est pas pour rien que nous vivons près du fleuve Okpara, nous connaissons bien ses bienfaits. Nous appelons en langue bariba (une langue locale du milieu), le fleuve, notre mère pour signifier toute son importance pour notre vie », nous confie un notable de la localité et premier ministre du roi de Parakou, Abouki Sarigui.

Des actions de sauvetage à l’avènement d’une bonne gestion

Afin de trouver des solutions efficaces et immédiates, le Partenariat National de l’Eau du Bénin a mis en route des initiatives pour voler au secours de ces ressources en eau en voie de disparition. Inscrites dans le cadre des actions pilotes, le fleuve Fourouyèkèrè », comme le barrage de Kpassa situé sur le fleuve Okpara ont été retenus comme plusieurs autres initiatives pour tester l’approche de Gestion intégrée des ressources en eau (GIRE). Pour les acteurs du secteur, ces deux situations constituaient des cas d’école qui posaient  toute la problématique de la gestion durable des ressources en eau.

Ainsi, dans les deux cas, les actions de sauvetage ont démarré par la mobilisation de tous les acteurs et usagers. Un travail de plaidoyer a été mené pour  réveiller la conscience citoyenne de tous les usagers et acteurs face aux différents problèmes que connaissaient des deux ressources. Grâce à la mise en place d’un cadre de concertation, principal creuset de dialogue entre acteurs locaux et usagers, plusieurs actions ont été menées autour des ressources pour assurer leur protection. Des couloirs de passage des animaux de transhumance et de commerce pour réduire la pollution à la construction des abreuvoirs, plusieurs mesures allant jusqu’à la restauration du couvert végétal autour des ressources en eau ont été prises.  Pour garantir la durabilité de la protection de la ressource, la gestion sectorielle a été abandonnée au profit de la gestion concertée. « Les problèmes que connaissaient le fleuve et son barrage sont le fait d’un manque de dialogue entre utilisateurs de l’eau. Beaucoup d’acteurs intervenaient. Eleveurs, agriculteurs, la SONEB qui est la société d’eau qui prélève l’eau de barrage pour alimenter les populations…tout le monde agissait de son côté. Il n’existait pas de cadre pour la concertation », explique l’ancien maire de Tchaorou, Bio Sounon Bouko. Cette entreprise de mobilisation qui promeut le dialogue entre les différents acteurs a conduit au développement et au renforcement des Associations des communes pour faire face au défi commun de protection des ressources en partage. Dans bien des cas, maintenant que les acteurs se parlent et se retrouvent, la gestion de la ressource est mieux suivie. « Avec cette initiative autour du barrage de Kpassa sur le fleuve Okpara, nous avons compris que tous les acteurs et usagers doivent contribuer à la protection de la ressource », signale l’ancien maire de Parakou, Soulé Alagbé. Passée l’étape de la structuration des usagers et du bureau du Conseil des Acteurs pour la Gestion Concertée (CAGC) du barrage, la matérialisation de 4,6 km de berges délimitées et reboisées sur  une superficie totale de 22 ha, la validation du plan d’aménagement du couloir de transit du bétail contournant la cuvette  du barrage, la proposition d’une feuille de route d’exécution du plan d’aménagement ou le plaidoyer pour l’appropriation des fonctions liées à la protection et au suivi du barrage par la SONEB, le fleuve Okpara et son barrage sont sauvés de la disparition. Plus encore ce plaidoyer a conduit à la mobilisation des partenaires pour un grand projet d’alimentation en eau potable de la ville de Parakou et ses environs d’un coût global de plus de 15 milliards de francs CFA dont le financement est acquis. « Toutes les mesures prises par l’initiative pour sauver le barrage et  protéger le fleuve n’ont pas de prix », soutient l’ancien directeur de la ferme de l’okpara, Dr Fataou Zakarie Touré.

Aujourd’hui, la ressource bénéficie d’un suivi rapproché par les services techniques communaux, la SONEB et le Secrétariat Exécutif permanent (SEP) du Territoire de Développement de l’Ouémé Supérieur (TDOS) regroupant les trois communes ayant en partage la ressource et au niveau national, un Comité d’Orientation et de Suivi (COS) est mis en place de même  que le Conseil National de Coordination et de Suivi des initiatives (CNCS) GIRE,  regroupant le PNE-Bénin avec la Direction Générale des Ressources en Eau et les Partenaires Techniques et Financiers. Les usagers sensibilisés abandonnent progressivement les mauvaises pratiques de pollution et, entre éleveurs et agriculteurs, les conflits sont rares à cause des couloirs de passage des animaux disponibles et respectés par tous.

Longtemps perçue comme une approche abstraite, avec ces différentes initiatives pilotes qui ont permis de voler au secours des ressources en eau menacées de disparition, la GIRE au Bénin est entrée dans sa phase concrète. Désormais, pour les ressources en eau, le professeur Abel Afouda, indique qu’il faut poser les bases solides d’une gestion durable de ces ressources. C’est pourquoi, le Bénin s’est doté d’un Plan National de Gestion Intégrée des Ressources en Eau (PANGIRE)  sur la période 2011-2025  qui repose sur une série de cinquante-cinq (55) actions dont « l’exécution vise à créer l’environnement favorable à une gestion durable et à une mise en valeur optimale des ressources en eau, facteurs de développement socioéconomique du Bénin ». Mais, il reste encore beaucoup à faire dans la mise en œuvre de ces actions identifiées pour être en phase avec la politique régionale de l’eau au niveau de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) qui recommande la GIRE pour  prendre en compte l’ensemble des usages et impliquer tous les acteurs autour de la ressource. Le chemin est encore long et l’un des défis majeures pour le Bénin, reste l’effectivité de la gestion par bassin de ces ressources en eau.

Pour l’heure, la mise en œuvre de toutes ces initiatives laisse derrière elle, au-delà des actions entreprises pour sauver les ressources en eau, des cadres de dialogue indispensables et fondamentales pour la préservation et une bonne gestion des ressources en eau en phase avec les principes promus par la GIRE.

 

 

Alain TOSSOUNON

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June 29, 2016

Aire marine protégée de Joal : la bouée de sauvetage des espèces en voie de disparition

Par Idrissa SANE (Dakar/Sénégal)

L’espoir renaît entre la terre et la mer à Joal Fadiouth. L’aire marine couvrant 174 kilomètres carrés est une bouée de sauvetage des espèces en voie disparition comme les Thiof. L’aménagement de l’Aire marine protégée (Amp) a contribué à la restauration des habitats, des zones de frayères. Des espèces qui avaient disparu ont réapparu. Elles sont passées de 78 en 2013 à 108 en 2014 et à 118 en 2015. L’Amp est un sanctuaire de la régénération de la biodiversité.

SAM_4059La marée est haute au quai de Jaol, une ville côtière, située à une centaine de kilomètres au sud de Dakar ce mardi 21 juin 2016. Des vendeuses chargées de bassines  de poissons s’échinent  à sortir de l’eau. D’autres femmes vendent des beignets, des petits déjeuners, çà et là sous des parasols. Sur la terre ferme,  des ouvriers acheminent des caisses de poissons presque en courant vers les camions frigorifiques. Au rivage, El Hadj Kane, un pêcheur,  Makha Seck et  un mareyeur se prélassent. Les deux jeunes font face à la vaste étendue d’eau couvrant l’Aire marine de protégée de Joal Fadiouth créée par le décret N° 2004-1408 du 4 novembre 2004. L’Amp a sorti les activités de ces deux jeunes des eaux troubles. « Les eaux de Joal Fadiouth  sont de nouveau poissonneuses. J’ai été pris surpris en train de pêcher dans l’aire protégée. Mais je n’en reviens pas. J’avais presque ramassé des poissons. L’Amp a fait renaître l’espoir chez la communauté de pêcheurs qui ont amélioré leurs recettes », témoigne  El Hadj Kane. L’Amp est une nasse fourmillant de poissons. Elle déborde sur ses dépendances extérieures où la pêche est autorisée. La pêche n’est plus dans le creux de la vague à Joal Fadiouth. A l’image de ces nuages qui se déplacent sur ce ciel bleu, les incertitudes s’éloignent du plus grand poste de débarquement de poissons en Afrique de l’Ouest. Depuis 2013, une superficie de 174 kilomètres carrés est sous la protection de la communauté, des services des eaux et forêts, des services de la pêche, des mareyeurs et un agent assermenté de l’Amp. C’est une zone fermée sous haute surveillance de jour et de nuit. « Les populations autochtones participent à la surveillance de l’Amp. Nous organisons des patrouilles avec des pirogues motorisées. Nous effectuons une dizaine de sorties par mois en tenant en compte des conditions météorologiques. Notre objectif ultime n’est pas d’appréhender les pêcheurs mais de les dissuader », raconte le capitaine Mamadou Ndiaye, le conservateur de l’Amp de Joal Fadiouth. Deux miradors sont plantés, sur les deux extrémités de l’aire protégée sur le continent, l’un au Cape Finio et l’autre à Banc Gaskel près de Ngazobil. Du haut des miradors, les surveillants ont une vue panoramique sur l’Amp. La surveillance physique est couplée à  une surveillance bioécologique. « Nous réalisons 4 suivis bioécologiques, en période froide, puis froide-chaude, ensuite chaude  et enfin chaude-froide parce que la présence d’une espèce est dictée  par rapport à sa biologie », renseigne le conservateur.

L’Arche de Noé posé sur la mer

L’Amp est au centre d’intérêt des institutions de recherche comme le Centre de recherches océanographiques de Dakar Thiaroye (Crodt) et l’Institut de recherche pour le développement (Ird). Les chercheurs déterminent de façon régulière les paramètres physico-chimiques, le PH entre autres. Ils  observent l’état des habitats qui sont  l’Arche de Noé marin. L’Amp est une bouée de sauvetage pour des espèces halieutiques en voie de disparition.  « L’Amp a contribué à la fois à la régénération des espèces et à l’augmentation des stocks. Les pêcheurs sont prêts à payer des millions de francs Cfa pour accéder à l’Amp parce qu’ils savent pertinemment  que leurs captures vont couvrir ces pénalités. En 2013, on a dénombré 78 espèces, en 2014 on est  108, alors qu’en 2015 on est à  118 espèces », rapporte le conservateur.  Après des décennies d’absence, les crevettes refont surface dans les eaux de Joal Fadiouth. Leur capture remporte beaucoup aux populations et aux prêcheurs entre octobre, novembre et début décembre. C’est le bloom des crevettes. La communauté récolte les fruits de leur engagement écologique. L’Amp est le gît des nurseries, des zones de frayères, c’est-à-dire de reproduction des poissons. C’est dans cet espace marin que les poissons sont vraiment libres dans leurs eaux. Jadis, ces espèces sont traquées, aculées aussi bien dans en surface qu’en profondeur dans tous les coins de la mer. L’apparition des nouvelles espèces est l’autre versant des retombées de la conservation. Les tortues marines, les lamantins d’Afrique, les dauphins repeuplent les habitats marins. Le cymbium, les crabs, les poulpes,  les murex, les huîtres sont réapparus. Cette diversité des espèces et l’abondance des ressources ont des impacts sur l’avifaune. Les sternes,  les mouettes,  les pélicans ont retrouvé leur paradis écologique réhabilité. Selon le rapport d’activité de l’année 2015, sur l’ensemble des campagnes de suivis bioécologiques menées dans 6 stations suivant les 4 saisons hydrologiques sur 101 taxons, 101 espèces de poissons, 2 espèces de crustacées, 1 espèces de tortues, et 1 espèces d’oursin de mer ont été identifiées. « La direction de la pêche a réalisé l’année dernière une étude qui a indiqué que les quantités des captures sont plus importantes à Joal que celles de Mbour. L’importance des quantités de Thiof débarqués à Joal sont en partie imputables à l’Amp. Avec la dégradation des stocks, le ministère met l’accent sur l’aménagement des pêcheries. L’Amp est une zone de conservation », témoigne le chef de service régional de pêches, Ibrahima Diouf. L’aire est le siège d’un upwelling saisonnier. L’étude sur la caractérisation du peuplement ichtyfaunique  soutenue par le projet « Gowamer » a révélé que : « Ethmalosa fimbriata, Liza dumerilli, llisha africana, Oreochromis nilstieus, Musil cephalus et Pomasys jubellini » sont des espèces les plus nombreuses. La régénération a éveillé les consciences. Sur les bergers du bras de mer, la main de l’homme a restauré les mangroves créant un espace de repos et de reproduction des espèces marines.

Des vagues de contestation d’hier  

En 2015, la communauté était en première dans les opérations d’immersion des récifs en coquillages. Leur fabrication revient à emballer des coquillages de cybium dans des sacs en grillage galvanisé en dimensions manipulables. A côté, il y a des récifs en béton armé plus durables. Aujourd’hui, c’est l’union sacrée autour de l’Amp. Hier, le processus avait soulevé des vagues de contestations. « Les pêcheurs avaient pratiqué leurs activités dans l’actuelle zone de l’Amp depuis plus de 40 ans. Lorsque vous venez un beau jour pour leur dire qu’ils ne doivent plus pêcher. C’était inimaginable pour ces vieux usagers. Il y avait des contestations. Il a fallu utiliser les pêcheurs pour parler aux pêcheurs. Dans le processus, nous avons impliqué les pêcheurs, les mareyeurs, les ong, les services de pêches, des eaux et des forêts. Il y avait toutes les parties prenantes. Nous avons fait 4 ans de communication, de sensibilisation  pour convaincre les pêcheurs à ne pas pêcher dans l’Amp. Nous avons pris en compte les droits coutumiers. Nous avions laissé les autochtones pêcher pour leur consommation et interdire la pêche commerciale  », se souvient le président du comité gestion de l’Amp, Karim Fall. La clé du succès repose aussi par l’engagement communautaire. Les différentes parties prenantes jouent le jeu. La création d’une Amp ne s’est pas limitée par la délimitation d’une aire géographique. Un agenda d’activités comprenant la sensibilisation et des aménagements est exécuté tout au long de l’année. Il y a un tableau de bord de suivi/évaluation. L’Amp de Joal Fadiouth est un laboratoire en Afrique.

 

 

 

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June 26, 2016

Les bons comptes de la pharmacie communautaire de Passy

Idrissa SANE (Dakar, Sénégal)

La détresse humaine n’a pas rendez-vous avec l’humanisme et la solidarité à Passy, une commune située au centre du Sénégal et environ 200 kilomètres de Dakar. Ici, 750 personnes ont adhéré à l’initiative de collecte, de partage des médicaments. Au bout d’une année, des habitants ont commencé à cultiver des consultations précoces et le suivi médical. L’accès aux médicaments n’est plus un casse-tête dans cette commune où tout le monde trouve son compte en confiant le reste de ses médicaments à la pharmacie communautaire virtuelle classée parmi les 6 projets les plus innovants dans le monde sur 5100 qui étaient en compétition à Marrakech en 2015.

La commune de Passy se réveille peu à peu en ce lundi d’avril 2016. Les femmes à bord des charrettes ou des motos-taxis se rendent au marché. Au centre de santé, des personnes sont déjà dans des files d’attente. Ousmane Diallo, un homme de grande taille, la barbichette grisonnante, enveloppé dans un pull-over se pointe à la pharmacie du centre de santé. Il tend un sachet contenant le reste de ses médicaments. Une dame inscrit toutes les données sur un registre. « Je suis venu l’année dernière à deux reprises pour adhérer à la pharmacie communautaire, une initiative du projet « Jokko Santé » mais on me disait que les fiches d’inscription étaient épuisées. Aujourd’hui, je viens pour leur remettre des medicaments », explique Ousmane Diallo.

 

Il vient d’enrichir et d’augmenter le stock de médicaments de la pharmacie virtuelle communautaire de Passy. Il offre ainsi plus de chances à ceux qui sont dans le besoin immédiat de se soigner. Mais Ousmane Diallo accroît également ses possibilités d’avoir un accès aux traitements dans le futur. « Les personnes qui étaient malades nous confient le reste de leurs médicaments. En contrepartie, nous leur donnons des points accessibles sur leur téléphone portable. En cas de besoin, elles peuvent utiliser leurs points pour se procurer d’autres médicaments. Si elles manquent de points, elles peuvent demander un prêt de points auprès de leurs voisins. Si maintenant, nous n’avons pas les médicaments, nous utilisons ces points pour payer des médicaments à la pharmacie privée que nous remettons à la personne qui est dans le besoin immediate », renseigne Diama Ndiaye, la gestionnaire des outils à la pharmacie du centre de santé de Passy.

Un ouf de soulagement

Dans les couloirs du centre de santé on croise les membres de la pharmacie virtuelle communautaire dans les différents services. Le barbe fournie sur un visage emacié, Lamine Sylla a reçu plusieurs fois des médicaments de la pharmacie communautaire. « Auparavant, lorsque le médecin ou l’infirmier prescrivait une ordonnance, c’était difficile de l’avoir surtout si elle coûtait plus de 8.000 F Cfa parce que nous sommes dans un milieu pauvre. Il fallait faire un choix entre assurer la dépense et l’achat des médicaments. Pour un chef de ménage, le choix est vite fait », déclare Lamine Syalla. L’ouverture de la pharmacie communautaire met fin à ce choix cornélien. « Je suis une hypertendue. Chaque mois, je dépensais au moins 8.000 FCfa pour mes médicaments. Mais depuis que « Jokko santé » est mis en place, je ne dépense plus rien. J’ai les médicaments grâce à mes points qui sont dans la base de données », apprécie Fatou Diop. Des voix bénissent cette initiative et prient pour sa réussite.

Consultations précoces

Au centre de santé, les infirmiers et les agents de l’administration constatent des effets d’entrainement sur les consultations précoces et sur le suivi médical. A Passy, on ne diffère plus les consultations. Ndèye Marième Diallo, une des gestionnaires de « Jokko Santé » verse ces consultations précoces sur le compte de la pharmacie communautaire. « Les personnes n’attendent pas que leur maladie s’aggrave pour se faire consulter. Elles viennent tôt parce qu’il n’y a plus de contrainte pour avoir des medicaments », affirme-t-elle. Dans une salle du bâtiment situé à l’entrée, Mafoury Bangour

a met à jour des données du centre de santé dans de gros registres de couleur verte dégradée. Elle souligne que les populations fréquentent de plus en plus le centre de santé grâce à la pharmacie virtuelle communautaire. « Jokko Santé a contribué à faciliter l’accès aux soins à beaucoup d’habitants de Passy. Ils fréquentent de plus en plus le centre de santé », vante Mme Bangoura. Par ce mécanisme, « Jokko Santé » démocratise l’accès aux soins et aux médicaments à des personnes du monde rural aux revenus modestes.

En 2015, cette initiative est considérée comme faisant partie des 6 projets les plus innovants à travers le monde sur 5100 en compétition pour le Prix African Entreneurship. Les candidats étaient originaires de 54 pays d’Afrique et 94 pays des autres continents. « Jokko Santé » a été le seul projet francophone primé à l’African Entrepreneurship Award 2015 soutenu par la Banque BMCE de Marrakech.

 

Combattre l’automédication

La pharmacie virtuelle est inspirée de la boîte à pharmacie familiale. L’expérience en cours dans la zone de Passy conforte les initiateurs à passer à une autre étape. Plus de 750 personnes ont adhéré à cette initiative soit une personne par ménage dans cette commune de 600 foyers. Le concepteur du projet, Adama Kane cherche à la fois à lutter contre la péremption des médicaments et aussi à combattre l’automédication. « Il y a une disponibilité des médicaments et leur accessibilité qui ont augmenté la fréquentation du centre de santé. Il y a une disparition de la vente des médicaments de la rue.

Aujourd’hui grâce aux entreprises Sonatel, Bolloré et Sodipharm, aux bonnes volontés, et à la collecte des médicaments non utilisés, beaucoup d’habitants de Passy ont accès aux médicaments sans dépenser un sou », note Adama Kane. A Passsy, on prie pour sa pérennisation. Il y a un échange de médicaments de plus 2 millions de francs Cfa au bout d’un an d’expérimentation. C’est aussi un exemple à suivre.

June 23, 2016

Intégrité et lutte contre la corruption dans le secteur Eau et Assainissement: Les acteurs se dotent d’une Charte de bonne gouvernance

Alain TOSSOUNON (Cotonou/Bénin) 

Les acteurs du secteur de l’eau et de l’assainissement se sont retrouvés le 21 juin 2016 à l’Infosec de Cotonou, en présence de la Coordonnatrice Afrique francophone du réseau WIN, pour valider la Charte de bonne gouvernance pour l’intégrité. Au terme d’un processus qui aura  duré plusieurs mois, les acteurs disposent désormais d’un instrument de promotion de l’intégrité et de lutte contre la corruption. 

Photo de famille des participants avec le ministre en charge de l'eau, Dona Jean-Claude Houssou

Photo de famille des participants avec le ministre en charge de l’eau, Dona Jean-Claude Houssou                                        (Photo A.T)

Avec pour objectif d’améliorer le contenu de la Charte et son mécanisme d’opérationnalisation avant de passer à la validation, l’atelier a mobilisé plusieurs acteurs. En dehors des Organisations Non Gouvernementales (PNE-Bénin, Protos, Helvetas, CARE Bénin, Social Watch, ALCRER, Alliance Wash Bénin, EAA-Bénin) et les médias, les structures publiques en charge du secteur, les acteurs communaux, les acteurs privés et les Partenaires Techniques et Financiers (Ambassade des Pays-Bas, GiZ, PNUD) étaient tous représentés.

En ouvrant les travaux, le Secrétaire Général du Ministère représentant le ministre, Jean-Claude Gbodogbé, a rappelé que l’eau et l’assainissement constituent des priorités dans le Document de stratégie de croissance pour la réduction de la pauvreté. Plus encore, le président de la République s’est engagé à faire de l’accès à l’eau, un droit inaliénable.

Mais, il a surtout salué l’avènement de cette Charte qui intervient juste après « la crise liée aux irrégularités constatées dans la gestion financière de la 2ième phase du Programme pluriannuel d’appui au secteur de l’eau et de l’assainissement (PPEA2). « Cette crise nous donne l’occasion d’œuvrer à renforcer notre système de gouvernance », a-t-il soutenu.

Avant son intervention, le président du Partenariat National de l’Eau du Bénin (PNE-Bénin), André Toupé, a souligné que d’après le rapport mondial sur l’intégrité publié en 2008 par Transparency International et le réseau WIN, le manque d’intégrité constitue l’une des causes de la situation de manque d’eau des populations. Face à cette situation, il soutient que « la nécessité d’une bonne gouvernance et de l’instauration de mesures permettant de lutter contre la corruption pour améliorer les performances du secteur font l’unanimité ».

Invité surprise, le ministre en charge de l’eau, Dona Jean-Claude Houssou, est venu soutenir cette initiative qui pour lui, s’inscrit parfaitement dans la vision du gouvernement actuel qui fait de la bonne gouvernance son cheval de bataille. Dans sa brève intervention, il a indiqué également qu’il est important dans les actions à entreprendre, de prendre en compte le développement des capacités.

Des engagements de l’espoir

Avant les travaux en groupe qui ont permis d’examiner les aspects importants de la Charte, les participants ont eu droit à la présentation du processus ayant conduit à l’élaboration de la Charte. Un processus qui a démarré avec l’exercice de l’Evaluation annotée de l’Intégrité de l’Eau /AEP rural en 2011 et l’affaire du Programme Pluriannuel d’appui au secteur de l’Eau de l’Assainissement2ème phase (PPEA2) qui ont révélé un faible niveau d’intégrité. Egalement, cet état des lieux a mis à nu des manifestations de la corruption. A partir de ce moment, le combat pour l’intégrité et la lutte contre la corruption s’est imposé comme un défi majeur. Et ce, malgré l’existence de textes juridiques de répression de la mauvaise gouvernance. Une fois mis en route, le processus a conduit à l’élaboration de la Charte qui dans son contenu, rappelle les principes et valeurs d’une gouvernance pour l’intégrité, précise les engagements des parties prenantes (Etat, Collectivités, Privé, Sté civile et Partenaires) et les dispositions diverses de mise en œuvre. Comme principes cardinales de la Charte, on retient la transparence, la  responsabilité, l’obligation, la participation citoyenne et les valeurs fondamentales promues sont : l’équité, le sens de responsabilité, l’intégrité et la justice. L’originalité de cette Charte est à retrouver dans les engagements qu’elle contient pour les parties prenantes. Dans les engagements, si l’Etat central doit, entre autres, respecter et renforcer l’indépendance et la transparence du système de contrôle interne, les collectivités locales, se doivent de veiller à une répartition rationnelle et équitable des infrastructures, le secteur privé doit respecter le code d’éthique et de moralisation, et enfin, les ONG et associations doivent davantage se mobiliser pour renforcer les mécanismes, outils et initiatives de veille citoyenne.

Le ministre de l'eau, Dona Jean-Claude Houssou s'adressant aux participants

Le ministre de l’eau, Dona Jean-Claude Houssou s’adressant aux participants (Photo A.T)

Au total, les participants ont dans les groupes de réflexion, approfondi les questions relatives aux modes d’adoption et  d’adhésion; le cadre institutionnel de la mise en œuvre, le mode de financement proposé ou encore la formalisation de la charte, les sanctions et le cadre logique. Au terme de l’atelier, plusieurs recommandations ont été faites pour faciliter la mise en œuvre du mécanisme d’opérationnalisation qui a aussi été validé.

Alain TOSSOUNON (Coll.)

June 16, 2016

Projet de Gestion Intégrée des Catastrophes et des Terres (PGCIT) : Les professionnels des médias à l’école de l’environnement

Carole AGHEY (Lomé/Togo)

Une trentaine de journalistes publics et privés de la presse écrite et de l’audiovisuel est depuis mardi en formation sur le traitement de l’Information Environnementale. Pendant cinq (5) jours, ces professionnels de, média, seront formés sur l’animation du Desk Environnement dans un contexte de décentralisation. Cette formation qui se déroule dans les locaux de la mairie d’Aného (45 km de Lomé), s’inscrit dans le cadre des actions synergiques et complémentaires du Projet Renforcement des capacités nationales et décentralisées de gestion de l’Environnement (PRCNDGE) et du Projet de Gestion Intégrée des Catastrophes et des Terres (PGCIT) entrée en exécution depuis 2012.

 

Photo de famille des participants

                    Photo de famille des participants

C’est pour vulgariser ces différents projets que le ministère de l’Environnement et des ressources forestières a initié cette formation de 5 jours dans l’une des villes du Togo, qui vit quotidiennement au rythme du changement climatique. Lors du lancement de l’atelier le 06 juin dernier, le Coordonnateur adjoint du projet PGICT, Afenutsu Kossivi Espoir, a déclaré que toute une partie du projet est consacrée à la sensibilisation et qu’avec le concours des médias, les actions de secours et de prévention seront mieux coordonnées.

Le Représentant du ministre de l’Environnement et des ressources forestières, Amevor Tata, en ouvrant officiellement les travaux, a fait savoir que la COP21 de Paris a contribué énormément à une prise de conscience générale dans le monde sur l’impact qu’exercent les changements climatiques sur l’environnement. « Les deux projets (PGICT et PRCNDGE) se mettent en synergie pour mieux aider les médias à communiquer sur les questions liées à l’environnement. Nous sommes conscients qu’avec le concours des médias, les actions en matière de changement climatique trouveront une meilleure visibilité », a-t-il ajouté.

Il s’agit, entre autres pour les hommes des médias présents à cet atelier de formation d’avoir un aperçu global des deux projets en question, un approfondissement des connaissances sur les changements climatiques et aussi d’acquérir des connaissances leur permettant de présenter d’une manière plus précise les questions liées à l’environnement à travers leurs différentes productions.

Depuis 5 ans, le Togo connait des pluies diluviennes qui occasionnent de fortes inondations dans plusieurs localités situées dans les environs de Lomé, la capitale, et à l’intérieur du pays, semant le désarroi dans les familles. En effet, ces inondations ont causé d’énormes dégâts pour les populations sinistrées. Il s’est révélé qu’elles sont la conséquence directe des effets des changements climatiques mais aussi de la mauvaise gestion des terres.

Alors  le gouvernement pour donner une réponse appropriée à ces problèmes environnementaux, a élaboré deux projets, en l’occurrence le Programme de renforcement des capacités nationales et décentralisées de gestion de l’environnement (PRCNDGE) et le Projet de gestion intégrée des catastrophes et des terres (PGICT). Ces deux projets visent à terme : à identifier les causes profondes des problèmes environnementaux à l’origine des catastrophes naturelles dont les inondations et à permettre aux collectivités décentralisées à travers des projets élaborés par ces dernières, grâce à l’appui technique des Ong, de solutionner leurs préoccupations.

Pour rappel, la première session de cette formation avait regroupé la semaine dernière les professionnels des radios notamment communautaires sur les mêmes sujets.