Archive for August, 2014

August 17, 2014

Sécurité environnementale : L’USAID alerte les pays africains

 Ousmane Dambadji (Envoyé spécial) 

Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso a accueilli du 06 au 09 Aout 2014, les  travaux du symposium sur la sécurité environnementale de la région Ouest africaine. Organisé par le Commandement des Etats Unis pour l’Afrique (AFRICOM), en collaboration avec  l’Université  Internationale de Florida sur financement de l’USAID, ce symposium a réuni plusieurs experts et spécialistes du domaine du climat et de l’environnement,  du Niger, du Burkina Faso,  du Ghana et des Etats-Unis d’Amérique.

Les officiels au cours des échanges

Les officiels au cours des échanges

Pendant 4 jours, d’éminents experts américains et africains ont échangé sur les risques liés au changement climatique. Ils ont par ailleurs alertés  les participants sur la nécessité de chercher des voies et des moyens pour faire face à cette situation. Si rien n’est fait d’ici 2050, environs 54 pays Africains connaîtront des  sérieux  problèmes de pénurie d’eau.

Pour cela, Africom, le partenaire stratégique en matière de lutte contre le terrorisme, la sécurité de l’environnement et l’urgence s’investit pleinement dans le partage d’expertise avec les africains pour rehausser le niveau de réponse à la question de la sécurité environnementale.

Parmi les grands sujets débattus au cours de la conférence de Ouagadougou, le rôle fondamental des corps militaires et paramilitaires dans le processus de développement a été largement débattu. Les participants ont  demandé aux pays africains  de former une partie des leurs forces armées sur les questions de développement, comme les brigades des travaux publics, l’agriculture, la santé, la construction des barrages et  l’assistance humanitaire.

L’occasion a été donnée à chaque pays de  présenter ses politiques, ses stratégies, projets et programmes en matière d’adaptation aux changements climatiques

Le Niger a présenté sa politique en matière de gestion intégrée des ressources en eau, le grand projet de la Muraille verte qui sera lancé au Niger dans quelques semaines, et ses projets et programmes réussie en matière d’adaptation aux changements climatiques.

Ce qui a permis aux participants d’apprécier les efforts du gouvernement du Niger avec l’appui de ses partenaires.

Entre autres préoccupations abordées au cours de cette rencontre, on peut retenir  celles relatives aux questions et sujets suivants : « comment parvenir à la sécurité humaines à travers la sécurité environnementale », « comment transformer les forces militaires en forces de développement » « l’eau et la sécurité », « le projet de la grande muraille verte », «l’intervention de USAID », « les variabilités climatiques et les changements climatiques »…. Tous ces thèmes ont donné lieu à des débats de haut niveau qui ont permis des échanges fructueux.

En marge des assises du symposium sur la Sécurité environnementale de la région Ouest africaine, les participants ont visité les réalisations du projet Wa-Wash de l’USAID, dans la commune de Tanguin doumri et le village de Oueglega où d’importantes réalisations ont été faites par le projet en matière d’accès à l’eau potable et aux infrastructures d’hygiène et d’assainissement.

Dans ces deux localités du Burkina Faso, le projet a réussi à relever le défi d’accès à l’eau potable. A titre d’exemple, le projet a, en deux ans d’activités, réussi à Oueglega à développer plus de 150 puits avec pompe à bicyclette et plusieurs forages qui permettront de réduire la vulnérabilité et accroitre l’indépendance alimentaire.

A propos de  USAID WA-WASH

Pour réduire le faible accès aux services d’eau et d’assainissement, la communauté internationale à travers le programme USAID WA-WASH s’est fixé des objectifs d’ici l’an 2015. Parmi ceux-ci, le renforcement institutionnel au niveau régional pour le développement des services AEPHA en vue d’atteindre les objectifs du millénaire pour le développement (OMD). Trois pays (Le Niger, le Burkina-Faso et le Ghana) sont concernés par le programme USAID WA-WASH et les résultats sont appréciables. Au Burkina Faso, le programme a facilité l’accès à l’eau et aux ouvrages d’assainissement à respectivement  39.447 et 4.764 personnes. Des écoles ont bénéficié des latrines et plus 5055 personnes ont été formées en hygiène et assainissement.

 

August 11, 2014

Epidémie d’Ebola: Une opportunité pour renforcer la sensibilisation sur le lavage des mains au Bénin

Alain TOSSOUNON (Bénin) 

Malgré les cas suspects signalés à Tanguiéta ou à Porto-Novo, aucun cas d’Ebola n’a été confirmé officiellement encore par les autorités béninoises. Contrairement aux quatre pays (La Guinée-Conakry, le Libéria, la Sierra-Leone,) qui ont déclenché l’état d’urgence ce week-end, le Bénin n’a pas encore enregistré son premier cas. Pour l’heure, cette épidémie à l’ origine de 1000 morts déjà, inquiète les Béninois et avec eux tout le monde entier.

Le lavage des mains, un geste simple qui sauve des vies

Le lavage des mains, un geste simple qui sauve des vies

Dans les pays voisins de l’Afrique de l’ouest, une partie de l’Afrique où les migrations entre populations sont particulièrement grandes, plusieurs mesures parfois dures pour les économies nationales, sont désormais envisagées pour limiter les risques de contamination entre les populations. Des dispositions de filtrage au niveau des frontières, à l’instauration de zones de quarantaine et l’interdiction des rassemblements publics comme en Sierra-Léone, certains pays comme la Côte d’ivoire interdisent désormais des vols en direction des pays touchés par l’épidémie.
Face à la situation, l’Organisation Mondiale de la Santé a décrété « l’urgence de santé publique de portée mondiale » pour sonner la mobilisation de la communauté internationale afin de trouver les moyens scientifiques et financiers de barrer la route à cette fièvre au taux de décès variant entre 25 à 90 %.
Ainsi, si pour le moment le Bénin attend d’enregistrer son premier cas -ce qui n’est pas souhaitable- il y a lieu d’intensifier et de renforcer la sensibilisation pour l’appropriation par les populations, des règles d’hygiène sanitaire comme le lavage des mains.
Car, en l’absence de traitement efficace et de vaccin pour l’homme, la sensibilisation aux facteurs de risque et la connaissance des mesures de protection à prendre à titre individuel sont le seul moyen de réduire l’infection et la mortalité chez l’être humain. Et l’une des mesures recommandées en dehors de toutes les autres par l’OMS, c’est la diffusion de messages éducatifs de santé publique visant le lavage régulier des mains à l’eau et au savon. Un geste fort simple mais qui depuis plusieurs années, a du mal à faire fortune dans notre pays au niveau des populations béninoises.
En effet, seulement 3 personnes sur 10 se lavent les mains à l’eau et au savon aux moments critiques à savoir avant de manger et après les toilettes. Pourtant, toutes les études montrent que le lavage des mains bloque la transmission d’agents pathogènes qui sont à l’origine de plusieurs maladies dont la diarrhée, la typhoïde, le choléra… Une étude récente (Curtis et Cairncross, 2003) indique que le lavage des mains au savon, en particulier après un contact avec les excréments peut réduire l’incidence diarrhéique de 42% à 47%.
Avec un taux de lavage des mains très bas au Bénin, l’apparition du virus Ebola pourrait avoir des conséquences désastreuses. Avant qu’il ne soit trop tard, le gouvernement et toutes ses structures déconcentrées, devraient promouvoir dans le contexte de psychose et dans la hantise de l’apparition du premier cas d’Ebola, des programmes de lavage des mains. Si par le passé, le lavage des mains à l’eau et au savon avait du mal à passer, avec le virus Ebola, le moment devrait être saisi pour que nos populations comprennent tout le bien fondé de ce geste simple, qui constitue à lui seul un vaccin contre plusieurs maladies.

August 8, 2014

Ebola en Guinée-Bissau: Les autorités adoptent des mesures de prévention  pour faire face à toute flambée épidémique

Le gouvernement de la Guinée-Bissau a activé ces derniers jours, son système d’alerte et de prévention de la santé contre une éventuelle  apparition de l’épidémie d’Ebola. Les frontières avec les voisins de la Guinée, un des pays de l’Afrique de l’Ouest où la maladie sévit  sont fermées pour éviter toute  propagation.

Les médecins soignants sont en train de répéter des moyens d’intervenir si quelqu’un est infecté par le virus de la fièvre hémorragique fatale. Simultanément, des campagnes d’information à l’échelle nationale presque dans les médias et par le biais de brigades créées à cet effet sont organisées  pour éviter la contamination.

Cependant, malgré les campagnes en cours, la population démontre encore une connaissance insuffisante concernant Ebola. Une enquête sur la télévision nationale a révélé que  la majorité des téléspectateurs   ne  connaissent pas parfaitement ce que signifie la maladie et les moyens de la prévenir.

D’autre part, l’assainissement de base, par exemple dans la ville de Bissau, est encore faible . Les déchets continuent  à s’accumuler dans les artères principales des marchés  et en raison de l’incapacité de la municipalité de Bissau à faire la  collecte  a temps.

Face à  la menace de propagation de la maladie du pays voisin (la Guinée, où l’épidémie a éclaté), le Portugal, l’ancienne puissance coloniale, a livré 15 tonnes de médicaments destinés à lutter contre la maladie dans le cas de son apparition en Guinée-Bissau , donc après une demande faite à cet égard par le Premier ministre, Domingos Simões Pereira.

Cependant, les structures de santé et Quinara Tombali, les deux régions de la Guinée-Bissau en bordure de la Guinée Conakry, sont dépourvues de moyens de faire face aux malades d’Ebola. Alias​​, la région de Tombali est confrontée à une épidémie de choléra, qui a infecté depuis Avril 13 personnes et fait deux morts.

Dans une interview à la radio nationale, le directeur de l’hôpital de Quebo localité dans la région de Quinara a dénoncé le manque d’eau et  de latrines et a lancé un appel  aux autorités nationales et les organisations non gouvernementales à soutenir la  construction de latrines.

«Les patients et leurs familles sont forcés de se déplacer sur de grandes distances pour chercher de l’eau dans les puits traditionnels, ce qui provoque la contamination des maladies diarrhéiques”, a déploré Albino Cabi qui ajoute que les patients, en particulier les enfants et les femmes enceintes, sont contraints de rester dans de  longues files d’attente afin de se soulager dans le trou improvisé par l’hôpital.

José Augusto Mendonça
Réseau des journalistes responsables de l’eau et de l’assainissement (REJOHAS)