Archive for September, 2013

September 17, 2013

Equité et inclusion dans l’accès à l’hygiène et à l’assainissement : Les acteurs africains appellent à une révolution des mentalités à Dakar

Alain TOSSOUNON (Dakar)

Face aux inégalités d’accès aux toilettes et à la marginalisation de certains groupes dans le secteur de l’assainissement, le Conseil  de concertation pour l’eau potable et l’assainissement (Wsscc), a initié une session de formation sur l’équité et l’inclusion à Dakar du 14 au 15 septembre. Après un bilan sombre et un diagnostic accablant en matière de discrimination dans le secteur de l’assainissement malgré les progrès de ces dernières années, les participants ont à l’unanimité, lancé un vibrant appel pour  plus d’amour pour les personnes laissées-pour-compte dans l’accès aux services d’assainissement.

Hand wash« En tant que femmes handicapées, l’accès aux toilettes est assez difficile pour nous. Parce que les bâtiments ne sont pas souvent accessibles. Et les femmes sur chaises roulantes face à une porte étroite, sont obligées de ramper  pour faire leurs besoins avec tout ce qu’il y a comme risques d’infections et de fractures ». C’est le cri d’alarme de Ndèye Dagué Gueye, femme handicapée par ailleurs, Présidente nationale du Comité des femmes de la Fédération sénégalaise des Associations des personnes handicapées du Sénégal. Dans ce pays comme partout ailleurs dans le continent africain, la réalité des femmes, des handicapés, et autres groupes marginalisées,  est la même en ce qui concerne l’accès aux toilettes. « Vraiment c’est dur », s’est-elle alarmée à l’ouverture de la session ouverte au profit des acteurs du secteur, venus des pays de l’Afrique de l’ouest et du centre. Moment important surtout pour ces femmes handicapées qui ont été invitées aux échanges, cette session vise essentiellement à « partager des approches novatrices pour assurer l’équité d’assainissement et d’hygiène en Afrique, en particulier la gestion de l’hygiène menstruelle (MHM) et le handicap, les adolescents et les personnes âgées. Mais aussi, d’« améliorer les compétences et les approches sur l’application pratique des concepts d’équité et d’inclusion ».Enfin, cette session permettra d’explorer les voies et moyens pour faire avancer  la question de l’hygiène menstruelle dans les politiques et les pratiques à grande échelle en Afrique.

Après avoir fait une brève introduction sur le WSSCC qui s’emploie à faire résonner la voix de la société civile, Archana Patkar du Wsscc, a rappelé les trois axes d’intervention de cette institution, le plaidoyer et la communication, la gestion des connaissances et pratiques et la mobilisation de la volonté politique dans le secteur WASH. « Au WSSCC, nous pouvons aller là où les autres n’osent pas aller et travailler sur des sujets sur lesquels les gens ont besoin de connaissances », a-t-elle précisé.

Revenant sur le thème de la session de formation, elle a martelé que « l’équité et l’inclusion sont non négociables ».Tout simplement au regard des situations d’inégalité et de marginalisation que connaissent les personnes exclues que sont les femmes, des jeunes, des handicapées, les personnes âgées.

Ndèye Dagué Gueye, Pdte nationale du Comité des

femmes  handicapées du Sénégal

 

Un état des lieux insupportable

Dans un exercice de réflexion, les participants ont identifié les problèmes sur les différents types de barrières. Au titre des barrières sociales, on note le manque de participation des femmes à la prise de décision, l’insuffisance d’intimité dans la conception et la localisation des toilettes, l’insécurité…Mais, il y a aussi les barrières institutionnelles relatives  au  vide juridique dans certains pays en ce qui concerne les personnes handicapées, l’absence de suivi des politiques lorsqu’elles  existent, l’absence de ressources…Sur le plan technique, il y a l’inaccessibilité aux ouvrages pour les personnes âgées ou handicapées et même des femmes enceintes, l’absence d’infrastructures adaptées…

Avant tout, il faudra s’attaquer aux tabous et pesanteurs sociologiques qui encouragent des comportements discriminatoires. C’est le cas encore dans certains us et coutumes où les femmes non mariées n’ont pas droit aux toilettes.

Face à cette litanie de problèmes, les témoignages des acteurs sont édifiants et les réactions révélatrices des situations d’inégale accès aux services d’assainissement dans tous les pays.  Et, pour les uns comme pour les autres, les problèmes sont à tous les niveaux. En premier, les politiques et les stratégies qui ne font aucune place aux groupes marginalisés sont pointés du doigt. «Pour les politiques, ces questions ne sont pas prioritaires. Ce sont la construction des classes et écoles qui les préoccupent », s’insurge,  Boureima Tabalaba du Mali.Vue des participants 2

A l’image de l’exercice d’identification des problèmes, les participants ont aussi recherché dans les groupes de travail, des approches de solution : Renforcement de capacités, campagnes de plaidoyer, implication des chefs traditionnels, mise en place des cadres de concertation, élaboration et mise en œuvre  de politiques et stratégies adéquates…Plus intéressant, les acteurs qui sont restés pro-actifs durant les travaux ont également recherché des exemples de bonnes pratiques dans les pays malgré ce contexte sous régional peu propice à la prise en compte des laissés-pour-compte de l’assainissement. Il s’agit par exemple de la construction d’ouvrages adaptés aux personnes âgées en Côte d’Ivoire ou au Burkina-Faso, de la réalisation de toilettes pour les filles dans les écoles pour favoriser  l’hygiène menstruelle…

Aujourd’hui, pour tous les acteurs réunis, il faut intensifier la sensibilisation. « Le plaidoyer doit se faire partout, constamment et envers tous », a martelé l’un des participants.  « Tant qu’on ne prend pas en compte les personnes marginalisées, toute notre lutte pour l’accès de tous à l’assainissement sera vaine », Mariam Traoré de l’Unicef Mali.

Photo equite washjn

Au total, il faut pour changer les choses, une révolution des mentalités. Dans cette entreprise, toutes les parties prenantes sont concernées. Si les acteurs politiques sont visés dans le manque d’élaboration des lois favorables et la faible mobilisation des financements, les partenaires au développement doivent aussi changer de perception. C’est ce que soutient la Directrice régionale de Wateraid Sénégal, Marième Dème, « Nous avons beaucoup failli. L’inclusion et l’équité devraient être là depuis ». Parce qu’argumente-elle, « on ne peut pas parler de développement durable si on n’est pas inclusif ». Mais, elle prévient également « il ne faudrait pas que l’inclusion et l’équité soient comme les questions de genre, où chacun inscrira dans son programme pour chercher le financement et en faire un effet de mode ».

Ainsi, loin d’être un effet de mode, la recherche d’équité et d’inclusion en matière d’accès à l’assainissement, est une question de justice sociale. Et, après plus d’une décennie de silence coupable, l’heure a désormais sonné et le moment plus que jamais venu de changer les choses pour le bien-être de tous. Car, « on ne peut plus l’accepter », a conclu Archana Patkar.

 

September 17, 2013

Marième Dème, Directrice régionale de Wateraid pour l’Afrique de l’Ouest : « Au 21e siècle, il n’est pas acceptable qu’une personne ne puisse pas avoir des toilettes pour avoir la dignité et la santé»

Photo Marieme Deme washjnBrave militante du secteur de l’eau et de l’assainissement et engagée dans ce secteur vital depuis plusieurs années, Marième Dème qui est à la tête de Wateraid au Sénégal présente dans 7 pays de l’Afrique de l’ouest,  s’est prononcée en marge des réunions sous régionales en prélude à la conférence AfricSan 4. Si l’amazone sénégalaise et africaine apprécie la tenue de ces rencontres, elle a partagé sa conviction que dans le monde des possibles aujourd’hui, on devrait enregistrer plus de progrès. Sans détour, elle pointe du doigt le manque de volonté politique, la mauvaise gouvernance  démocratique avant de marquer son optimisme pour  le secteur Wash et notre cher continent.

Selon vous, quel est l’intérêt  des réunions sous régionales  dans le cadre de AfricaSan 4 qui se tiendra l’année prochaine à Dakar ?

Je pense que c’est une excellente initiative d’avoir organisé ces rencontres sous régionales de revues des progrès, des défis et des définitions de plans d’ici 2015, avec une étape importante qui est la conférence sur l’assainissement qui sera organisée à Dakar. On peut toujours se demander à quoi servent toujours toutes ces réunions.  Je viens de rentrer de la semaine mondiale de l’eau à Stockholm qui a porté sur la coopération. A ce rendez-vous annuel, on s’est posé la question de savoir si effectivement, on est en train de coopérer. Parce que si on veut transformer la réalité qui n’est pas tellement reluisante, de l’accès à l’eau potable et à l’assainissement, on doit absolument travailler ensemble. Mais, il ne s’agit pas seulement de travailler ensemble, c’est de bien travailler. Nous ne pouvons pas bien travailler ensemble si chacun de nous ne connaît pas la réalité dans les pays où nous intervenons. Et, si nous n’avons pas une vision partagée et des connexions qui se construisent sur la valeur ajoutée de chacune des institutions, nous ne pouvons pas avancer. Alors, je pense que nous ne l’avons pas fait AfricaSan 3 et là,  nous avons appris du processus passé.

Est-ce que vous avez le sentiment avec l’organisation de ces réunions qu’il y a des progrès dans les pays?

On avance. Mais peut-être pas au rythme auquel, nous devons avancer pour pouvoir atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement de 2015. Il faut toujours se rappeler que les OMD ne concernent que la moitié de la population. Donc,  il y a l’autre moitié que vous n’avez pas encore considérée. Je suis convaincu que c’est dans nos possibilités aussi bien pour les décideurs politiques, les ressources et même l’expertise. Nous avons des moyens, dans ce 21e siècle d’atteindre nos objectifs. Si on n’en est pas encore là, c’est parce qu’il n’y a pas suffisamment de volonté politique. Cette volonté politique ne consiste pas à dire qu’on se donne des objectifs et on promet de le faire. C’est surtout la mise en œuvre de cette volonté politique. On ne croira quand on verra. Donc, c’est bon de définir des stratégies, de s’engager à consacrer 0, 5 % du PIB à l’assainissement mais il reste que dans certains pays, nous n’avons même pas de ligne budgétaire consacré à l’assainissement.

L’autre problème, c’est la capacité. Ce n’est pas la capacité technique. Aujourd’hui, même si l’expertise n’est pas disponible au niveau local, il y en a dans le monde. Et cette expertise est accessible. Mais, si cette expertise n’est pas identifiée ou ce besoin d’expertise n’est pas identifié, pour aller trouver, cela est un autre problème. Le problème, c’est comment utiliser l’expertise disponible pour répondre à tous les besoins. Il y a aussi la question de la gouvernance qui est importante. Et cette question de gouvernance, souvent on se focalise sur la gouvernance des ressources financières. A mon avis, c’est important, mais ce n’est pas la seule gouvernance. Il y a la gouvernance démocratique, qui décide ? Qui est informé ? Qui participe à la définition des solutions. J’ai écouté quelqu’un dans le cadre d’un recrutement, dire que l’on regarde les populations comme des bénéficiaires et non pas comme des acteurs. Si on est d’accord que les solutions seront construites par tous, la communauté a un très grand rôle à jouer. Je fais partie de ceux qui croient à l’ingéniosité humaine. Nous avons des ressources humaines en Afrique de l’Ouest capables de trouver des solutions. Maintenant, est-ce qu’il y a la volonté politique, les instruments juridiques, les processus qui permettent une bonne gouvernance des ressources, à la fois démocratique,  et technique. Malgré tout, je crois qu’il faut être positif. Il faut transformer les problèmes et les défis en solutions. Il faut avoir cette démarche. Nous sommes en retard par rapport à l’eau et à l’assainissement parce que nous ne mettons pas l’argent là où il faut travailler. Je pense que l’assainissement, lorsque l’on regarde par rapport à l’éducation, à la santé, à l’agriculture, il n’est pas acceptable qu’une personne ne puisse pas avoir des toilettes pour avoir la dignité et la santé. Nous avons la responsabilité de le faire maintenant.  Wateraid est engagé dans cette réflexion pour trouver des solutions.

Quelle lecture faites-vous des priorités pour l’après 2015 ?

Souvent la priorité qui est vue, c’est l’agriculture. Que cela soit, la Guinée ou le Ghana. Je dis que le développement est un tout. Pour une question fonctionnelle, on sectorise, mais vous ne pouvez pas réfléchir pour l’accès à l’assainissement sans le remettre dans le contexte global. Maintenant, on parle des Objectifs du développement durable. Il est important de revenir à l’interdépendance de tous les secteurs. Mais il y a des secteurs clés ou si vous injectez des ressources, cela peut faire tache d’huile. Et le secteur de l’assainissement est un de ces secteurs. Parce qu’il faut considérer par exemple, la contribution des femmes à l’économie. Si les femmes sont malades donc elles ont moins de temps à consacrer à leurs activités. Donc moins de temps de fixer des objectifs.

C’est bon que nous ayons des objectifs pour le secteur de l’assainissement. Ce n’est plus un objectif plus large. Cela est extraordinaire. Il s’agit de voir également la rentabilité en investissant dans l’assainissement. Il y a une expérience de Corée qui montre depuis le 14e siècle que les populations avaient un système de collecte des urines pour les utiliser dans l’agriculture. Cela est important de considérer tout cela pour mobiliser davantage les énergies et les investissements.

Aujourd’hui, on parle de plus en plus des questions d’équité et d’inclusion dans le secteur WASH et notamment en matière d’assainissement. Pourquoi il est important de rechercher une prise de conscience par rapport à ces questions ?

Nous avons même failli. L’inclusion et l’équité devraient être là depuis. Mais en fait, ma conviction, c’est qu’on ne peut pas parler de développement durable si on n’est pas inclusif. Ce n’est pas possible. Nous ne pouvons pas être efficaces dans les résultats si on ne considère pas les différentes composantes dans leur besoins et dans leurs apports. Donc, maintenant, par rapport à l’assainissement, les populations à risque, sont les femmes. Il y a une corrélation entre l’absence de latrines séparées, filles et garçons,  sur le taux de fréquentation des filles et sur leur maintien à l’école. Si les filles ne sont pas maintenues c’est un peu plus la moitié qui n’est pas dans l’éducation. Il ne faudrait pas que l’inclusion et l’équité soient comme les questions de genre, ou chacun inscrira dans son programme pour chercher le financement et en faire un effet de mode. Il faut aller au-delà de cela. Il faudra comprendre pourquoi l’inclusion. Cela nous permet d’être plus efficace dans la promotion d’un développement durable pour nos pays.

                                                          Entretien réalisé par Alain TOSSOUNON et Idrissa SANE

September 17, 2013

Atteinte des nouveaux objectifs dans le secteur Wash : La nécessité de la synergie des énergies pour accélérer la cadence

Photo Marieme Deme washjn

Il est possible d’atteindre les objectifs en matière d’assainissement dans ce 21e siècle. Telle est la conviction de la directrice de WaterAid pour l’Afrique de l’Ouest. Elle se fonde sur l’expertise au niveau local et international. Mais faudrait-il qu’il y ait une solidarité agissante entre les parties prenantes et une synergie d’énergies à tous les niveaux.

Idrissa SANE (Dakar)

 A quoi servent les multiples rencontres sur l’eau et l’assainissement ? La réponse de la directrice régionale de WaterAid pour l’Afrique de l’Ouest, Marième Dème est sans équivoque. La directrice de l’organisation qui intervient dans près de 7 pays en Afrique de l’Ouest verse ses réunions dans le compte de l’évaluation des stratégies, des progrès et surtout la recherche de solutions pour lever les goulots d’étranglement. Elle a le droit de défendre cette position. Surtout qu’au cours de cette rencontre, les participants ont échangé sur les outils devant aider à lever les goulots d’étranglement. « Je pense que c’est une excellente initiative, d’avoir organisé ces rencontres sous-régionales de revues des progrès, des défis et des définitions de plans d’ici 2015, avec une étape importante qui est la conférence sur l’assainissement qui sera organisée à Dakar, la 4e de ce genre », défend la directrice régionale de WaterAid. Pour cette dernière, la résolution de cette problématique requiert une synergie d’énergie, d’actions entre les différents acteurs. Mais elle doit être fondée sur une vraie connaissance des réalités des problèmes. « La semaine mondiale de l’eau est  axée sur la coopération. On s’est posé la question est-ce qu’on est en train de coopérer ? Si l’on veut transformer la réalité qui n’est pas tellement reluisante, de l’accès à l’eau potable et à l’assainissement, on doit absolument travailler ensemble. Mais il ne s’agit pas seulement de travailler ensemble, mais  de bien travailler. Nous ne pouvons pas bien travailler ensemble si chacun de nous connaît la réalité dans les pays où nous intervenons », soutient la Directrice régionale de WaterAid. Elle a un regard mitigé sur les progrès accomplis jusqu’ici. Pour elle, l’atteinte des OMD n’est pas une fin en soi. Puisque même si ces OMD sont atteints, il reste la moitié de la population de l’humanité qui ne serait pas concernée.  « On avance. Mais peut-être pas au rythme auquel, nous devons avancer pour pouvoir atteindre les Objectifs du millénaire de 2015. Il faut toujours se rappeler pour les Objectifs du millénaire ne concernent que la moitié de la population. Donc il y a l’autre moitié que vous n’avez pas encore considérée », estime Marième Dème. En tout état de cause, elle affiche un brin optimisme pour les années à venir. Il fonde son optimisme sur les atouts qui ont pour nom l’expertise, la capitalisation des expériences réussies, et les possibilités de trouver des ressources financières. « Je suis convaincue que c’est dans nos possibilités.  Nous avons des moyens, dans ce 21e siècle d’atteindre nos objectifs. Soit il n’y a pas suffisamment de volonté. La volonté politique ne consiste pas à dire qu’on se donne des objectifs on va le faire. C’est surtout la mise en œuvre de cette volonté politique », précise la directrice qui a insisté sur la concrétisation de la volonté politique et la mise en œuvre des plans d’actions qui sanctionnent les réunions, les rencontres nationales ou internationales. En plus de cela, elle milite pour l’identification et l’utilisation de l’expertise au niveau ou international pour trouver des solutions aux problèmes. « L’autre problème, ce n’est pas la capacité technique. Aujourd’hui même si l’expertise n’est pas disponible au niveau local, il y en a dans le monde. Et,  cette expertise est accessible. Le problème, c’est comment utiliser l’expertise disponible pour répondre à tous les besoins », avance la directrice.

 

September 17, 2013

Baker Yiga, Secrétaire Exécutif de ANEW : « Il est primordial que nous arrêtons de prendre de nouveaux engagements pour s’atteler à réaliser ce que nous avons déjà pris »

Plateforme autonome visant à porter plus haut la voix de la société civile africaine sur l’eau et l’assainissement, le réseau de la Société Civile Africaine sur l’Eau et l’Assainissement (ANEW) qui comporte plus de 230 organisations de la société civile, a pris part aux réunions sous régionales  dans le cadre de la préparation de la 4e conférence africaine sur l’assainissement AfricaSan 4. Dans l’entretien que son Secrétaire Exécutif, Baker Yiga, nous a accordé en marge de ces rencontres, il relève les facteurs bloquants du respect des engagements d’eThekiwini et de la Rencontre de Haut Niveau, parle du plaidoyer de Anew et surtout nous confie la mobilisation de l’organisation pour faire du secteur Wash, une priorité dans l’agenda de développement post-2015 de l’Afrique et de nos Etats africains.

Beker

Quel regard portez-vous sur le suivi des engagements de nos Etats pris lors de la réunion de Haut niveau et eThekiwini ?

De nombreux facteurs peuvent expliquer la lenteur des gouvernements à tenir leurs promesses. En premier lieu nous avons les changements politiques dans les pays. Par exemple, un pays peut avoir un ministre de l’eau très dynamique a un certain moment, et quelques temps après, celui-ci peut être remplacé par un ministre moins motivé. Ainsi, on ne fait qu’aller de l’avant et revenir en arrière, au même point pour recommencer le processus.  L’autre question est relative au montant des ressources allouées au secteur. En effet, lorsqu’un pays décide d’augmenter les ressources pour un secteur donné, il doit réduire ceux alloués à un autre, mais il est difficile de savoir où réduire les ressources. Ainsi donc, ce type de compétition crée toujours un problème. Cependant, dans les pays ou la volonté politique existe, on peut les actions. La réalisation des engagements peut être lente mais parfois,  les cibles ne sont pas réalistes. Toutefois, on peut voir la volonté politique et un mouvement. Je peux vous citer quelques exemples.

Par exemple, en Afrique australe, avec la volonté politique relative à l’eau et l’assainissement, les choses avancent et les pays font de bons progrès. Au Rwanda, cela est visible et dans des pays comme le Kenya,  le progrès est lent mais les lois sont très fortes. Ce qui permet aux bureaucrates et tous les officiels du gouvernement de planifier et implémenter.   On peut citer aussi le cas de l’Ouganda. L’autre chose, je pense qu’il est primordial que nous arrêtons de prendre de nouveaux engagements pour s’atteler à réaliser ce que nous avons déjà pris.

Ainsi, si uniquement l’engagement d’eThikiwini sur l’assainissement pris en 2008 relatif à un investissement de 0,5% du PIB de chaque pays dans l’assainissement était respecté, la situation de l’assainissement en Afrique évoluerait énormément dans le sens positif. Mais malheureusement, aucun pays n’a pu réaliser cet engagement.

Dans ce contexte, quels sont les aspects sur lesquels, le plaidoyer de ANEW se fera dans les prochains mois années ?

Il y a le financement. Car,  il va de concert avec la priorisation du secteur mais aussi des acteurs qui ont des responsabilites. C’est le cas du ministre des finances. Ainsi, si le ministre de l’eau, de la santé ou de l’assainissement peut faire des plans d’actions très intéressants, mais s’ils ne reçoivent pas les ressources nécessaires pour les mettre en œuvre, cela ne sert à rien.

De même, les medias ont un grand rôle à jouer. Car,  lorsqu’ils décident de se battre pour une cause, ils attirent l’attention des politiques et influencent ainsi le changement. Nous avons aussi, la coordination du secteur qui constitue une préoccupation dans la majorité des pays. Les différents acteurs vont dans tous les sens. Bien entendu, la coordination inclut la planification, la mise en œuvre, l’évaluation et le suivi des progrès tout en responsabilisant les acteurs. Enfin, il y a la bonne utilisation des ressources et la réduction des gaspillages qui constituent des aspects importants.

Comment la société civile africaine se mobilise pour que le secteur WASH soit une priorité dans les objectifs post- 2015 dans les pays et au niveau de l’agenda de développement du continent africain ?

En tant que plateforme panafricaine, ANEW a participé aux consultations au niveau continental et global. Ainsi, si vous visiter notre site web www.anewafrica,org, vous pourrez lire la lettre que nous avons écrite et envoyée au panel de haut niveau des Nations Unies. Cette lettre est un appel pour que l’eau et l’assainissement constitue un objectif à part entière. Et rien qu’aujourd’hui, j’ai reçu un message pour qu’ANEW contribue en tant que représentant de la société civile africaine au rapport de consultation de l’après 2015 de l’UN-NGLS.

Nous avons également contribué à une pétition non pas en tant que société civile africaine mais en tant que société civile globale, afin de faire entendre notre voix pour que l’eau et l’assainissement constituent un objectif spécifique et seul. Je pense que tant que l’eau et l’assainissement ne constituent pas un objectif séparé et à part entière, il n’y aura pas de grandes différences avec les progrès relatives au OMD.

La société civile a également été très active dans les processus régionaux spécialement en ce qui concerne les consultations sur le plan national et régional. Les membres d’ANEW ont contribué aux différentes discussions de préparation du rapport que l’Assemblée Générale des Nations Unies discutera prochainement.

Je souhaiterai souligner ici que bien que nous nous focalisions sur l’après 2015, nous ne devons pas oublier qu’il reste 3 ans avant la fin des OMD. Il est donc important que nous continuons à travailler et voir comment réaliser des OMD.

Quels sont les défis de mobilisation de la société civile pour faire évoluer les choses dans les pays ?

Un des plus grands défis qui apparait lorsqu’on parle de rassemblement et de mobilisation de la société civile, est relatif aux différents sujets d’intérêts des organisations. En effet, la grande majorité des ONG ne travaillent pas uniquement sur l’eau,  l’assainissement et l’hygiène. Ils ont très souvent sur d’autres domaines d’intervention comme la santé,  l’environnement ou la sécurité alimentaire. Donc lorsque vous leur demandez de soutenir un objectif pour l’eau par exemple, c’est comme si vous leur demandez de mettre de côté les autres domaines qui les intéressent et prioriser l’eau. C’est donc une tâche complexe mais faisable avec beaucoup de diplomatie.

Un autre défi important que nous rencontrons en tant que réseau est bien entendu le plaidoyer qui est notre activité principale. Le plaidoyer est très technique et requiert des capacités spécifiques pour savoir gérer les relations, faire du lobby et arriver à influencer les politiques afin de réaliser un objectif spécifique. Or, nous constatons que la société civile n’a pas souvent les ressources humaines pour mener à bien cette tâche primordiale de plaidoyer.

Le troisième point que je souhaiterai souligner est la capacité de documenter, générer des preuves et les utiliser à bon escient pour convaincre. En effet, la société civile arrive parfois à réaliser de grands progrès dans une région donnée mais elle n’arrive pas à collecter les données et convaincre les autres acteurs que l’action menée était une nécessité, qu’il y avait une demande pour cela et que le projet a eu un impact positif.

Cependant, je pense que nous avons un grand soutien et une bonne volonté de nos partenaires. Cela n’est peut-être pas en termes du soutien financier énorme, mais ils reconnaissent l’importance de la présence de la société civile et cela est déjà énorme. C’est d’ailleurs pour cela, que différentes organisations  sponsorisent les membres de la société civile à travers ANEW pour qu’ils assistent à de telles rencontres au plan national, régional, continental et international. Il faut noter néanmoins que si nous recevons un peu plus de ressources, nous serons plus à même d’assurer effectivement la participation et la contribution de la société civile dans tous les processus et pour influencer les politiques.

 

                                                                        Entretien réalisé par Alain TOSSOUNON (Traduction assurée par Balkissa Ide Siddo)

September 16, 2013

‘Edwumagyan!’ Is it the name or the attitude? The story of a Ghanaian community

‘Edwumagyan!’ Is it the name or the attitude? The story of a Ghanaian community

In 1945, a man procured a piece of land to start some work. He thus employed the services of carpenters, masons, steel benders and all manner of craftsmen whose trade would come in handy for construction work.
 
But after a while when work had commenced, the employer returned one day and packed off all the materials he had purchased for the work without paying the artisans he had contracted to do the work, or explaining to them why he had decided to terminate work which had begun in earnest.
September 12, 2013

Baai Maas TAAL, Secrétaire Exécutif de AMCOW : «… le niveau de respect des engagements est très faible »

 

 

Mandaté par  les  Chefs d’Etat  pour suivre les progrès et la mise en œuvre des engagements et déclarations pris par chaque pays en matière d’assainissement afin de rendre compte lors du prochain sommet de l’Union Africaine, le Conseil des Ministres Africains de l’Eau (AMCOW) est à pied d’œuvre à travers l’organisation des réunions préparatoires qui se tiennent à Dakar depuis le 9 septembre pour l’Afrique du Centre et de l’Ouest. Dans cet entretien, le Secrétaire Exécutif de l’institution africaine, Baai Maas Taal,  revient sur les enjeux de ce processus de suivi avant la conférence de AfricaSan 4, interpelle chaque gouvernement et parle de l’importance de la prise en compte de l’équité et de l’inclusion dans les questions relatives à l’eau et à l’assainissement.AMCOW

 

Monsieur Taal, hier vous avez fait un important discours lors de la réunion préparatoire  d’AFRICASAN 4 tenue par les pays de l’Afrique Centrale et qui se poursuit avec les pays d’Afrique de l’Ouest ces 11 et 12 Septembre. Vous avez déclaré que ces rencontres sont très importantes pour le processus enclenché par AMCOW. Pourquoi?

 

Ce qu’il faut savoir,  c’est que nous avons été mandatés par les Chefs d’Etat d’Afrique pour leur présenter lors du prochain sommet de l’Union Africaine, l’état des lieux des OMD du sous-secteur de l’assainissement. Pour ce faire, nous devons faire le suivi du respect des engagements pris par les gouvernements, notamment à ethikwini en 2008, de consacrer 0, 5% de leur PIB à l’assainissement. Nous devons aussi voir ce qu’il en est de leur engagement à réduire de moitié le nombre de personnes qui n’ont pas accès à un assainissement décent. C’est vrai qu’il y a des pays qui sont sur la bonne voie mais dans nombre de pays,  le niveau de respect des engagements est très faible. Certains pays n’ont même pas de budget consacré à l’assainissement, d’autres n’ont pas de ministère de l’assainissement qui est éclaté dans différents ministères. Le Sénégal est un exemple de bon élève dans le domaine puisqu’ un autre engagement était d’avoir dans les pays, un ministère de tutelle et lui allouer un budget. Donc, ces rencontres nous permettront de savoir si les pays ont respecté cela en ayant un ministère spécifique, un budget ou un montant conséquent consacré au sous-secteur. Ainsi, nous pourrons avoir des plans d’actions pays puisque certains pays n’ont ni plan d’actions, ni stratégies. Et ainsi, lors d’AFRICASAN 4, chaque pays va présenter un rapport qui nous permettra de connaître les bons et les mauvais élèves pour ce qui concerne les OMD.

 

Pouvez-vous nous rappeler le deadline pour la transmission des rapports par pays ?

Tout à fait. Puisque, nous allons tenir AFRICASAN 4 en septembre 2014, nous avons besoin de disposer des rapports au premier trimestre 2014 parce qu’on devra y travailler avant que chaque gouvernement ne valide son rapport. Le processus démarre en janvier pour que nous ayons le temps de retourner le travail aux gouvernements qui ne vont pas nous dire pourquoi vous avez pris telle ou telle autre information. Ainsi, tout sera validé avant la conférence.

 

Une autre préoccupation a trait à l’équité et l’inclusion. Ce sont des notions très importantes notamment pour l’après 2015. Quelle est la place que vous accordez à l’équité et l’inclusion dans le processus d’AFRICASAN 4 et dans les nouvelles politiques au niveau des Etats?

Si vous voyez bien pour l’inclusion, nous avons ce qu’on appelle “le forum genre” où les femmes et les minorités sont prises en compte dans le processus tout comme les groupes de jeunes; les organisations de la société civile sont représentées à toutes nos rencontres. ANEW, par exemple représente les OSC aux rencontres de Dakar. Seulement, pour l’équité,  c’est un peu plus complexe parce que, généralement,  pour l’assainissement, c’est un problème de pauvreté, de système économique en Afrique. Ce sont là des questions sur lesquelles nous travaillons.

 Entretien réalisé par Rockaya Aidara (Wsscc) assistée de A.Tossounon et R.Kane (WASH-JN)

September 12, 2013

Accès à l’assainissement : L’Afrique se projette au-delà de 2015 avec plus d’ambitions

Idrissa SANE (Dakar)

L’Afrique a tourné son regard au-delà de 2015. Elle a accusé un retard en matière d’accès à l’assainissement. Elle se prépare à accélérer la cadence avec d’autres objectifs.

Photo de famille

Les regards sont désormais tourner vers l’après 2015. Les pays africains ne seront pas au rendez-vous, à cet horizon. Ce constat est symptomatique des efforts qui restent à fournir, du chemin qu’il reste à parcourir. Le taux d’accès à l’assainissement est plus faible. Le Tchad a un taux officiel de 13 %. Le Burkina Faso est à 27 % pour le milieu urbain et environ 3 % pour le milieu rural. Celui de la République Démocratique du Congo, et le pourcentage de la République du Congo ne sont pas non plus reluisants. Au Bénin 87  % de la population n’ont pas accès aux services de base de l’assainissement tandis qu’en Mauritanie cette proportion est de 19 % pour la campagne. Les experts sont formels sur la situation de l’Afrique de l’Ouest. « Si l’on se réfère au récent rapport de suivi conjoint de l’OMS et de l’Unicef, la situation de l’assainissement demeure très problématique en Afrique sub-saharienne et particulièrement dans notre région.  Aucun pays n’est sur la voie d’atteindre la cible sur l’assainissement. Selon ce rapport publié en 2013, seuls le CAP-vert et la Gambie sont considérés comme des pays ayant fait des progrès encore insuffisants pour atteindre cet OMD », a laissé entendre David Delienne, Conseiller régional Wash, de l’Unicef pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre.
Les experts, les représentants des ministères et les acteurs de la société civile en conclave, à Dakar, dans le cadre de la réunion d’AfricaSan, ont esquissé les nouvelles stratégies pour accélérer la cadence. Le temps presse. Des millions de personnes n’ont pas encore accès à un assainissement décent. Plus de 2, 5  milliards sont privées d’installations sanitaires adéquates. Au fond, ce retard a comme tréfonds, la modicité des fonds  alloués à l’assainissement et à l’hygiène. Jusqu’à une récente période, ce secteur n’était pas une priorité. Il y avait une vision et une perception réductrices partagées par plusieurs Etats. L’assainissement et l’hygiène se déclinaient en termes de construction de latrines et dans une moindre mesure à la réalisation des canalisations. Fort heureusement l’heure des changements a sonné. Il y a un frémissement à plusieurs niveaux.

Il y a une panoplie de solutions. Parmi ces dernières, il y a l’impérieuse nécessité d’augmentation du budget alloué à ce secteur. C’est connu. L’assainissement est le parant pauvre. Même si les choses commencent à bouger. La preuve, le budget du Tchad pour l’eau et l’assainissement est passé de 9 milliards de francs Cfa à 20 milliards à l’espace de 2 ans.

L’autre point remis sur la table, c’est la lutte contre les inégalités. Faudrait-il, le rappeler, que les pauvres sont toujours les parents pauvres en ce qui concerne la répartition des ouvrages. Les quartiers mal urbanisés sont victimes à la fois de la pauvreté et de leur mal urbanisation. Raison pour laquelle, la réduction des inégalités est au cœur des prochaines approches. « Quelle que soit la forme que prendra le programme de développement de l’après 2015, il faudra que l’approvisionnement en eau potable, en assainissement et en moyens de garantir l’hygiène y occupent une place prioritaire », renseigne un rapport sur « L’approvisionnement en eau, l’Assainissement et l’Hygiène ». Le rapporte ajoute : « un accent sur Wash est en cohérence avec une approche axée sur les droits de l’homme visant à réduire les inégalités et la pauvreté. Le manque d’accès à Wash affecte les populations désavantagées dans tous les pays, riches comme pauvres et constitue un indicateur certain de l’inégalité dans les pays à revenus intermédiaires ».

Les objectifs de l’après 2015 sont ambitieux. Ils sont  réalistes. La fin de la défécation à l’air libre, l’équipement des établissements scolaires et sanitaires avec des installations d’approvisionnement en eau, en assainissement et hygiène figurent dans les nouvelles orientations.

Au juste, pour l’horizon 2025, il est souhaitable que personne ne défèque à l’air libre et que les inégalités de la défécation dans la nature  soient éradiquées. Pour 2030, l’idéal est que tous disposent à domicile d’un accès à un approvisionnement basique en eau potable et à une installation pour se laver les mains dans des écoles et dans les centres de santé. L’Afrique prépare l’après 2015. Une lueur d’espoir se lève à l’horizon avec un début d’accroissement des budgets dans plusieurs pays.

September 11, 2013

En prélude à la Conférence africaine sur l’assainissement (AfricaSan 4) : L’Afrique de l’ouest évalue ses progrès

Alain TOSSOUNON (Dakar)

Ouvert ce matin 11 septembre pour durer deux jours, la 2e réunion sous régionale de préparation de l’Afrique de l’ouest pour la Conférence AfricaSan 4 qui succède à celle de l’Afrique centrale, permettra aux représentants des gouvernements et de la société civile de chaque pays, d’évaluer les progrès par rapport aux engagements d’E-Thekwini et du Forum de Haut Niveau de 2012.

 Ouverture RPAFRICASAN

 Aucun pays de l’Afrique de l’ouest n’est sur la voie d’atteindre la cible sur l’assainissement, selon le rapport 2013 de suivi conjoint de l’OMS et de l’Unicef. Une situation qui justifie la tenue des rencontres préparatoires sous régionales en prélude à la 4e conférence africaine sur l’assainissement (AfricaSan4). A l’ouverture de cette réunion, le Conseiller régional de l’Unicef pour l’Eau, l’Assainissement et l’Hygiène de l’Afrique de l’Ouest et du Centre, David Delinenne, a salué les efforts de mobilisation autour des défis et enjeux de l’Assainissement en Afrique et dans la sous-région ouest africaine. Une mobilisation marquée par la Déclaration de l’année internationale de l’assainissement par les Nations Unies, celle de Charm el-Cheikh en Egypte en 2008. Surtout, il a indiqué en parlant du sommet AfricaSan 2 de Durban,  que cette mobilisation aura permis de « repositionner l’hygiène et l’assainissement  sur le programme de développement du continent ». Un processus qui a conduit, en plus de la Déclaration adoptée à chaque pays, de disposer d’un Plan d’Actions comportant des calendriers et responsabilités spécifiques.

Dans son intervention, le Secrétaire Exécutif du Conseil des ministres africains pour l’eau (AMCOW), Bai Mass Taal, a rappelé que son institution a reçu mandat des Chefs d’Etat pour suivre la mise en œuvre des engagements d’E-Thekwini. Aujourd’hui, soutient-il, AMCOW travaille à booster et accélérer la réalisation des objectifs relatifs à l’eau et à l’assainissement.

Ouvrant officiellement la réunion au nom du gouvernement sénégalais,  le Directeur de la Gestion et de la Planification des Ressources en Eau, Amadou Seydou Dia, le choix du Sénégal pour cette rencontre, n’est pas fortuit. Car, en 2014, son pays assurera la présidence de l’AMCOW. Une phase de transition pour le Sénégal qui de plus en plus fait de l’assainissement, une priorité. En effet, il a soutenu que pour faire face à ses engagements nationaux et internationaux,  le gouvernement du Sénégal a décidé de renforcer à partir de cette année 2013, l’enveloppe consacrée à l’assainissement dans le budget national consolidé d’investissement. De même, le Sénégal s’est engagé à financer au moins 20% du gap du secteur  sur ses PROPRES ressources propres pour la période 2013-2015 conformément à l’engagement pris lors de la Rencontre de Haut Niveau de 2012 sur l’Initiative de l’Assainissement et Eau pour Tous.

Passer en revue les engagements et progrès

Comme pour les pays de l’Afrique centrale,  durant les travaux, un rappel sera fait de l’initiative Assainissement et Eau pour tous (SWA) et surtout des engagements d’E-Thekwinau et du Forum de Haut Niveau de 2012. De même, rencontre de revue par excellence, l’opportunité sera donnée à chaque pays, d’évaluer les progrès et d’identifier les goulots d’étranglement sur la base d’un certain nombre d’outils comme l’outil WASH Watch. Cet exercice de monitoring laisse une grande place au dialogue et aux discussions entre les acteurs (Représentants des gouvernements-Société civile) mais aussi avec les acteurs des autres pays. En s’inscrivant dans les objectifs post-2015, les participants suivront une présentation sur les cibles de l’assainissement pour l’après 2015. Un processus d’anticipation conduit dans le cadre du programme commun OMS/UNICEF de surveillance de l’eau et de l’assainissement (JMP) ayant permis de formuler des propositions à propos des cibles relatives à l’eau, l’assainissement et l’hygiène (WASH) et de leurs indicateurs correspondants.

Au terme de cette rencontre, tout en mesurant les progrès, les participants seront amenés à mieux mettre en cohérence, dans la perspective de AfricaSan 4 et de la prochaine Rencontre de Haut Niveau, les différents engagements pris par chaque pays.  

September 10, 2013

Élimination de la défécation à l’air libre : Le Cameroun atteint un taux de 7%

Paule Kadja TRAORE (Sénégal)

Photo camerounLe taux d’accès des populations aux installations sanitaires améliorées est de 40% (rural 26%, urbain 55%), au Cameroun. Ce qui réduit leur taux de pratique de défécation à l’air libre à   7%.Un résultat jugé satisfaisant par rapport aux autres pays de l’Afrique centrale qui font face à une résistance farouche de leur population. Ces derniers animés par l’esprit d’honorer une partie de leurs coutumes qui cautionnent la défécation à l’air libre.  D’après Mamadou Ousmane, le directeur de la gestion des ressources en eau au ministère de l’eau et de l’énergie du Cameroun, présent à Dakar dans le cadre de la préparation de la 4éme conférence AfricaSan, pour arriver à ce résultat, son pays a opté pour une approche  qui vise à améliorer l’hygiène via un changement de comportements de la population. Ce, en adoptant  la stratégie de l’Assainissement Total Piloté par les Communautés (ATPC) pour améliorer l’accès aux  équipements améliorés aux communautés.

L’idée de cette ATPC appuyée par l’Unicef, c’est d’amener un village au niveau dit FDAL, c’est-à-dire lorsque chaque famille est dotée d’une latrine équipée d’un dispositif qui limite la prolifération des mouches à partir des fosses.

Cette méthode explique Mamadou Ousmane associée à la mise en place d’une police sanitaire qui se charge de sanctionner les résistants par le paiement  d’une amende. «Cette stratégie commence   à porter ses fruits.  Puisqu’ aujourd’hui, malgré certains blocages constatés dans le milieu rural liés aux pesanteurs sociaux-culturels, le Cameroun est en phase d’atteindre l’élimination totale de défécation à l’air libre» soutient le directeur de la gestion en eau. Mamadou Ousmane affirme également  que  l’éducation civile a été d’un grand apport dans la lutte contre ce fléau.

September 10, 2013

David Delienne, Conseiller régional Wash, de l’Unicef pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre : « Ces rencontres permettent en quelque sorte de rappeler les engagements et d’approfondir des réflexions»

Le Conseiller régional de l’Unicef pour l’Eau, l’Assainissement et l’Hygiène de l’Afrique de l’Ouest et du Centre, David Delinenne, relève, au cours de cet entretien, que la réunion d’AfricaSan, sert à faire le point sur les progrès accomplis, les défis et proposer des solutions aux goulots d’étranglement. Il décerne une note positive à l’intégration de l’Assainissement total piloté par la communauté (Atpc). Selon les statistiques auxquelles, il a fait référence, environ 6.000.000 de personnes vivent dans des milieux où l’on a déclaré la fin de la défécation à l’air libre.Daniel UNICEF

 

La réunion d’AfricaSan s’est ouverte dans cette matinée du 9 septembre 2013. Quels sont les enjeux de cette réunion d’AfricaSan ?

Ces genres de conférence servent à faire le point sur la situation et voir ce qu’on peut faire. Vous savez lorsque l’on parle de l’eau et de l’assainissement, les personnes disent souvent que l’assainissement est le parent pauvre en termes de structures, de capacité et même en termes de politiques et de financement. Mais, il faut reconnaître qu’il y a une prise de conscience y compris au niveau plus élevé de l’Assemblée générale des Nations-Unies. Il y a eu, cette déclaration de l’année internationale de l’Assainissement. Cette année, il y a le sommet des chefs d’Etat africains, en Egypte  qui a porté sur l’eau et sur l’assainissement. Donc, c’est au niveau politique, le plus élevé qu’il y a eu, cette prise de conscience. Cela devrait susciter la volonté de faire quelque chose. Donc,  lorsqu’il y a des réunions comme AfricaSan on commence à dire que voilà les problèmes, à montrer  comment ils affectent le continent et les pays. Nous faisons un état des lieux de ce qui marche et ce qui ne marche pas.  Et,  nous donnons  les raisons du retard. AfricaSan a eu le mérite d’approfondir des réflexions sur des aspects comme le respect des engagements. Ces derniers ont été endossés par la réunion de l’Union africaine. Les chefs de l’Etat ont pris connaissance de ces engagements. En plus il y a eu un plan d’actions. Après analyse, nous avons vu les goulots d’étranglement. L’utilité de cette réunion, c’est d’enclencher  une  réflexion sur les questions prioritaires. Il est important de faire le point. Ces rencontres permettent  en quelque sorte de rappeler les engagements qui ont été pris. AfricaSan, et Unicef sont  engagés à appuyer les gouvernements dans tous ces processus.

 

Quelles sont les urgences  auxquelles certains pays  font face?  

Il  y avait une urgence de sécurité alimentaire pour les pays de la bande sahélienne l’année passée. Il s’agit de l’urgence nutritionnelle. La dimension nutrition et la dimension Wash  sont liées. Un enfant mal nourri est fragile. Il peut être confronté à un problème de diarrhée. Il a plus tendance à être mal nourri. Il est important lorsque nous avons un paquet de réponses à cette question, d’intégrer les aspects Wash. Donc si la maman reçoit un supplément nutritionnel, si ce produit est administré avec des conditions d’hygiène qui sont mauvaises, l’enfant court toujours le risque. Donc l’eau potable, le lavage des mains, l’assainissement est une partie intégrante. L’autre, chose. C’est malheureux, mais c’est dans notre continent où sévissent les épidémies de choléra. Il y a beaucoup de pays, à l’heure où nous parlons sont confrontés, à des épidémies de choléra. Il est important qu’il ait une prise de conscience de cette situation. Il ne faut pas accepter la fatalité. Il faut s’organiser pour prévenir ces épidémies. La prévention du choléra, c’est quelque chose de très simple. Le choléra, c’est la maladie des mains sales. Plus nous faisons la prévention dans des zones à risques, plus il y a des résultats. Le Tchad a connu en 2011, une forte épidémie de choléra, mais en 2013, il n’a pas ce problème. Il  en  est de même pour le Nord du Cameroun. C’est une question de préparation. S’il y a des cas suspects. Il faut des stratégies de riposte pour arriver à contenir la maladie.

 

Est-ce que la prise de conscience s’est traduite par un engagement plus fort des Etats ?

Je peux dire le fait même que toutes les réunions de ce genre se tiennent est quelque chose de positif. Il y a une sorte d’analyse qui est faite. Il y a la prise des engagements et leur suivi amènent à avoir un œil sur les engagements. Par conséquent, il y a un effort d’essayer, de donner des réponses à ces engagements. Maintenant de façon très concrète, les changements varient d’un pays à un autre. Il y a des pays qui s’engagent plus que d’autres pour différentes raisons.

Il faut aussi dire comment la question est abordée. A mon avis il y a une évolution très importante dans le domaine de l’assainissement.  L’assainissement était perçu, il y a quelques années, comme la construction des latrines. Donc les programmes étaient conçus pour construire des latrines. Et, ce qu’on mesurait, c’était le nombre de latrines. L’évolution,  c’est qu’on perçoit  l’assainissement  comme  un changement de comportements.  Le défi, c’est comment arriver, à susciter un changement de comportements ? Quelqu’un qui est conscient de l’importance de la latrine, des risques à de ne pas avoir de cet ouvrage d’assainissent, fera tout en avoir.

L’Assainissement total piloté par la communauté a l’avantage de susciter ce changement de comportements. Je pense que c’est un point très positif. Dans beaucoup de pays où l’ATPC est mis en œuvre,  il y a un progrès substantiel. Maintenant il ne faut pas s’arrêter à cela. Il faut passer  à  l’échelle et penser à la durabilité de cette approche. Le défi, c’est la pérennisation de ces comportements. Je suis optimiste. J’ai vu des progrès assez significatifs  dans ce domaine.

 

Mais nous constatons qu’il y a plusieurs départements qui interviennent dans la gestion de l’assainissement. Cela peut poser des problèmes en termes d’efficacité ?

 

Ce n’est pas grave. L’essentiel, c’est que l’on sache pour tel ou tel aspect, qui est  responsable. En plus de cela que les services aient  la capacité et les moyens de dérouler la politique.  Nous devons arriver à identifier les responsables. Beaucoup de pays ont fait des progrès dans ce sens. Dans d’autres pays,  l’assainissement est posé  au sens plus large. Mais l’avantage des OMD, c’est  qu’il y a une focalisation sur la question des excrétas. Et, dans beaucoup de pays, on peut savoir, pour ce cas spécifique, qui est responsable. Ce sont des progrès lents qu’il faut capitaliser.

 

Souvent, il y a au plan technique, la configuration des latrines qui est posée dans le cadre de l’Assainissement total piloté par la communauté ?

 

L’Unicef a beaucoup contribué à l’intégration de l’ATPC dans plusieurs  pays d’Afrique  au  Sud du Sahara. Il y a aussi  d’autres partenaires impliqués. C’est une approche qui vise le changement de comportements. J’ai vu une solidarité agissante, lors de la phase de déclenchement qui amène  à l’élaboration des Plans d’actions villageois. J’ai vu des cas où les vieillards sont assistés pour avoir des latrines.  Pour la dimension technique, il faut se poser la question à savoir quel type de latrine on va construire. Mais l’Approche recommande que ces aspects soient laissés aux « ingénieurs » du village. Mais il y a des cas où dans une zone donnée, les conditions sont telles que des problèmes  techniques sont soulevés.

L’ATPC  peut amener à des résultats concrets dans  bien des contextes. Nos statistiques parlent de 6.000.000 de personnes qui vivent dans des  milieux où l’on a mis fin à la défécation à l’air libre. Il faut aussi pouvoir capitaliser cette approche.

 

Il y a aussi le manque  de financement pour le secteur de l’assainissement…

 

Je peux dire qu’il y avait des pays qui n’avaient pas une  ligne budgétaire pour l’assainissement. De nos jours, ces pays ont une  ligne. Maintenant, dans toutes les régions, l’assainissement ne se décline pas, en termes de construction des latrines. En plus de cela, actuellement  les engagements sont pris par les gouvernements et par les bailleurs. Il y a eu des financements suite aux  engagements qui ont été pris.

 

Entretien réalisé par Idrissa SANE et Alain TOSSOUNON

 

September 9, 2013

Passage à l’échelle de l’Assainissement total piloté par la communauté (Atpc) : Le Tchad face aux défis de la mobilisation des partenaires

Idrissa SANE (Dakar)

Le Tchad cherche des solutions de mise à l’échelle de l’Assainissement total  piloté  par la communauté ( Atpc). C’est ce que révèle un exposé présenté lors de la Réunion AfricaSan ouverte à Dakar le 9 septembre 2013.  Le pays qui a porté son budget à 20 milliards de francs Cfa  pour la prise en compte de ces questions bénéficie d’une présomption de confiance pour engranger de nouveaux progrès.

Photo PAFRICA 3

Le passage à l’échelle de l’Assainissement totale piloté  par la communauté est un défi dans le domaine de l’assainissement au Tchad. C’est ce qui ressort d’un exposé présenté par le chef de division assainissement au ministère de l’Hydraulique rural et urbain, Haroune Abdou Mahamat, lors de la réunion AfricaSan, qui est ouverte, à Dakar, le 9 septembre 2013. « Il y a des contraintes pour la mise à l’échelle, de l’APTC parce que les autres organisations de la société civile pensent que l’APTC est une affaire de l’Unicef. Nous voulons mobiliser les autres partenaires. Nous voulons que les autres partenaires intègrent  l’APTC dans leur programme », a fait savoir, le chef de la Division assainissement au ministère de l’Hydraulique rural et urbain.

Mais au-delà, de cette fédération et de la mobilisation d’autres partenaires, il faut au préalable, définir, le paquet de services de passage à l’échelle de cette approche qui est expérimentée, dans plus de 300 villages, à travers le Tchad. « L’un des défis, c’est de faire en sorte que les villages déclarés Fin de la défécation à l’air libre ne rechutent pas. Nous devons aussi définir les services de l’ATPC et le statut  », renseigne un autre technicien tchadien.

En plus de cette approche, le pays s’achemine vers la construction des bassins de rétention, à travers certains quartiers de N’Ndjamena. Mais pour se faire, il faut lever la contrainte des sites notamment le dédommagement des propriétaires de terrain, ou des propriétaires de maisons. « Dans notre lettre de  politique, nous envisageons de construite des bassins dans la capitale pour gérer les eaux de pluie. Nous sommes sur la phase d’identifications des sites. Si nous dédommageons les propriétaires des terrains et des maisons, le projet peut aboutir », estime Haroune Mahamat. Le taux d’assainissement du pays tourne autour de 16 %. Si les documents de politiques et de stratégies nationales en matière d’assainissement et d’hygiène ainsi que le code sont adoptés, il reste à résoudre la question de leur faible vulgarisation. Toutefois, il faut relever cette volonté politique d’amélioration  des indicateurs à travers l’augmentation sensible du budget alloué à l’eau et à l’assainissement. Le budget est entre temps passé de 9 milliards de francs Cfa à 20 milliards de francs Cfa. « Cette augmentation du budget découle de la volonté politique. Parce que le président Tchadien a placé son mandat sous le sceau du monde rural. Il faut un accès à l’eau et pour les populations et pour le bétail. Il y a aussi des plaidoyers, à tous les niveaux », explique le chef de Wash Unicef du Tchad.

 

Gabin Lulendu, expert juridique du comité national d’actions d’eau et d’assainissement : « Il ne suffit pas d’inscrire le montant dans le budget national, il faut décaisser »

Le secteur de l’assainissement est un parent pauvre en matière d’allocation budgétaire. C’est connu. Pour l’expert juridique du Comité national d’eau et d’assainissement du Comité national d’actions d’eau et d’assainissement de la République démocratique du Congo, il faut dépasser ce constat. Dans leur pays, les projets d’accès à l’eau potable doivent  prendre en compte les questions d’hygiène et d’assainissement. Mieux, le gouvernement doit faire mieux qu’énoncer des montants pour ce secteur dans le  budget national. « Il ne suffit pas d’inscrire le montant dans le budget. Mais il faut surtout décaisser les fonds », a argumenté  Gabin Lulendu, au cours de la réunion AfricaSan, ouverte à Dakar, le 9 septembre 2013.

Propos recueillis par Idrissa SANE

                                                                                                                                                                                            

 

September 9, 2013

Assainissement en Afrique : La conférence « AfricaSan 4 » se prépare à Dakar pour l’Afrique du Centre et de l’Ouest

Alain TOSSOUNON (Dakar)

Depuis ce matin 9 septembre 2013, ont démarré à l’Hôtel des Almadies, les rencontres sous régionales dans le cadre de la préparation de la 4ième conférence AfricaSan, qui se tiendra à Dakar (Sénégal) en 2014. Sous l’égide  du Conseil des Ministres Africains de l’Eau (AMCOW) et avec le concours des organismes  de soutien (UNICEF, le WSSCC, WaterAid et WSP),  ces réunions offrent aux pays,  l’occasion d’examiner  les progrès de leurs Plans d’Action de l’Assainissement, des engagements d’eThekwini et de leur donner l’opportunité  de partager leurs expériences. 

Photo PAFRICA 4

Après Kigali (Rwanda) en 2011, l’Afrique s’invitera une fois encore dans la capitale sénégalaise en 2014, pour marquer un coup d’arrêt afin de mesurer et apprécier les progrès en matière d’hygiène et d’assainissement.  Un an avant, avec l’appui du  Groupe de Travail du sous-comité sur le Plan d’action et eThekwini, un processus de suivi est engagé pour permettre à chaque pays, d’évaluer le chemin parcouru en ce qui concerne les engagements pris.

A cette date, pour le Conseiller Régional pour l’Eau et l’Assainissement de l’UNICEF qui appuie 24 pays des régions Afrique du Centre et de l’Ouest, David Delienne,  il est devenu nécessaire avant AfricaSan 4 pour les pays du continent africain, de se préparer, d’amener chaque pays à faire son propre bilan en terme de suivi des engagements. Selon lui,  en termes de progrès,  depuis Charm el-Cheikh à Kigali,  on peut se féliciter de la prise de conscience des pays, du portage politique par l’Union Africaine et de l’élaboration des Plans d’Actions pays. Ainsi, avant le bilan qui sera fait des engagements pris par chaque pays à AfricaSan 4, l’heure est au suivi et ces deux rencontres devraient aider à bien préparer  cette grande messe africaine sur l’assainissement.

Au cours de la première journée de la réunion de l’Afrique centrale, chaque pays a été convié à faire son propre bilan. Au rendez-vous, la République démocratique du Congo, le Congo-Brazzaville, le Tchad, le Cameroun, la Guinée Equatoriale, la Centrafrique, tous présents ont partagé avec tous les participants, les petits pas franchis dans la marche progressive vers l’assainissement pour tous.

Si les progrès varient d’un pays à un autre, on note dans l’ensemble, une volonté de rompre avec la triste réalité de voir toujours l’assainissement comme parent pauvre. Une prise de conscience qui se manifeste par l’adoption progressive de documents de politique et de stratégies pour faire face aux défis de ce secteur  qui a été, contrairement au secteur de l’Approvisionnement en Eau Potable (AEP), laissé-pour-compte. En comptant les acquis, on peut se féliciter de voir la République Démocratique du Congo, se doter d’une politique nationale d’assainissement  qui intègre le processus de décentralisation avec à la clé, la volonté de régler la question de la coordination, ou la République Centrafricaine engagée dans l’Approche  de l’Assainissement Total piloté par la Communauté (ATPC)…Si le cap doit être maintenu, il reste que des efforts doivent être entrepris pour passer de l’élaboration des documents de politique ou stratégies, à leur mise en œuvre effective, sans oublier la question du faible financement du secteur par les Etats. A cet effet, on devrait aboutir à un changement de vision comme envisagé au RDC, pour que tout projet d’AEP soit accompagné d’un programme d’assainissement. Même si on en est encore loin, les réunions préparatoires de Dakar permettent aux différents pays, de se mobiliser davantage pour faire de l’assainissement, une priorité dans l’agenda des pays.