Posts tagged ‘benin’

November 3, 2017

Rencontre d’échanges du CANEA avec les représentants des ONG et ACEP à Parakou : Renforcer la veille citoyenne pour de meilleurs services aux populations

Alain TOSSOUNON (Cotonou/Bénin)

        Photo de famille des  participants

Les membres du bureau du Cadre de Concertation des Acteurs Non Etatiques de l’Eau et de l’Assainissement (CANEA) ont entrepris  avec l’appui de Helvetas, une tournée de mobilisation des ONG et Associations actives dans le secteur Approvisionnement en eau potable, hygiène et assainissement (AEPHA) dans les départements. Dans les départements du Borgou et de l’Alibori, première étape de cette tournée, une séance a été tenue avec les représentants de la société civile engagée. Une occasion pour ceux-ci de manifester leur adhésion au combat du CANEA pour une veille citoyenne plus engagée au service des populations.

 A l’ouverture de cette séance, le représentant du Président du Partenariat National de l’Eau du Bénin (PNE-Bénin), Rachel Arayé, s’est réjoui de la mobilisation des ONG actives dans le secteur de l’eau et de l’assainissement. Indiquant que cette mobilisation augure de bonnes perspectives pour le CANEA, elle a souhaité que les échanges soient francs et sans tabou. De même, le Secrétaire Général, Alain Tossounon, a félicité les participants pour cette prompte mobilisation qui témoigne de leur engagement pour un accès durable à l’eau et à l’assainissement pour tous au Bénin. Surtout, il a rappelé que dans le contexte actuel où le gouvernement entreprend des réformes, la veille citoyenne doit être plus ferme et forte.

Au cours de la séance, les participants ont eu droit à un exposé sur le CANEA et les acquis de son combat. On retient essentiellement que le Cadre de Concertation des Acteurs Non Etatiques des secteurs de l’eau et de l’assainissement (CANEA) est une fédération des acteurs non étatiques intervenant dans le secteur  qui se veut une force de propositions et d’actions pour un accès universel et continu à l’eau potable et à l’assainissement et pour une gestion rationnelle de la ressource. Mise en place  en 2012, ce creuset des Acteurs Non Etatiques a pour objectif de contribuer à l’accès durable et équitable de la population béninoise aux services d’Alimentation en Eau Potable et d’assainissement et à la gestion des ressources en Eau. Ceci à travers plusieurs actions citoyennes qu’il mène sur le terrain. Au nombre de celles-ci, on peut citer l’organisation de séances de débat citoyen avec la presse dans le cadre des Journées internationales dédiées au secteur,  le renforcement des capacités  des membres  sur le suivi budgétaire  au niveau national et communal, l’introduction  des préoccupations des ANE aux séances du  Groupe sectoriel Eau et Assainissement (GSEA), l’animation d’un stand société civile au cours des revues  sectorielles annuelles avec la possibilité donnée désormais au CANEA, de présenter un rapport sur l’état du secteur, le plaidoyer sur le suivi des engagements et sur la constitutionnalisation des droits à l’eau et à l’assainissement…Aujourd’hui, soutient la présentatrice, le CANEA bénéficie d’une reconnaissance au sein des acteurs institutionnels pour porter la voix de la société civile.

Mais pour défendre davantage les intérêts des citoyens et exiger des services efficaces, le CANEA se propose d’organiser une rencontre nationale pour mieux affûter ses armes. L’occasion a été donnée au Coordonnateur Wsscc, Félix Adégnika de la délégation, de présenter les enjeux de l’atelier national qui permettra de dynamiser le CANEA en procédant à une restructuration institutionnelle et organisationnelle solide et compétente pour relever les défis et faire face aux challenges des ODD. Il a lancé un appel aux ONG et aux ACEP pour leur participation active au cours de cette rencontre très attendue. Réagissant au cours du bouillon d’échanges qui a suivi, les participants ont dit être honorés d’accueillir la délégation du CANEA avant de demander à en savoir plus sur son fonctionnement, ses moyens d’actions et son mécanisme de financement. Les participants ont surtout fait des propositions au CANEA pour des actions plus efficaces relatives au financement de l’hygiène et de l’assainissement de base, au plaidoyer pour la création d’u ministère de l’eau et de l’assainissement, la nécessité d’un partenariat fort pour le suivi du secteur au niveau des communes avec la contribution des ACEP…

Au terme des échanges, la cheffe de l’antenne nord de Helvetas, Alice Chabi Guiya, a indiqué que pour les départements du Borgou et de l’Alibori, c’était nécessaire de « ressusciter un espace pour parler des questions d’eau et d’assainissement ». «Décentraliser le CANEA est indispensable pour être à la pointe de l’information », a-t-elle ajouté avant de remercier les ONG présentes pour leur participation qui constitue à ses yeux un engagement pour le CANEA. La rencontre a pris fin sur une note de satisfaction avec les participants désormais engagés pour prendre part à l’atelier national et surtout, pour une veille citoyenne plus efficace.

Advertisements
Tags: , ,
October 9, 2017

Atelier régional des programmes francophones GSF: Vers une meilleure appropriation du cadre de suivi des résultats

Alain TOSSOUNON (Cotonou, Bénin)

L’hôtel Jeco de Dassa-Zoumè a accueilli du 02 au 06 octobre 2017, l’atelier régional qui a réuni tous les programmes nationaux francophones financés par le Fonds mondial pour l’assainissement (GSF) en Afrique. Cette rencontre a permis aux différents pays, de s’approprier le nouveau cadre des résultats et du système de reporting financier pour un meilleur suivi des performances des programmes destinés à l’éradication de la défécation à l’air libre dans leurs zones d’intervention.

 

Les officiels à l’ouverture de l’atelier

En ouvrant les travaux de cet atelier qui a mobilisé des participants venus de Madagascar, du Togo, du Sénégal et du Bénin, le Directeur adjoint de cabinet, Dr Landry Médéssé Yansunnu, a souligné toute l’importance que revêt cette rencontre. Rappelant que les programmes GSF visent essentiellement un changement de comportement en matière d’hygiène et d’assainissement contribuant ainsi à l’atteinte de l’objectif 6.2 des Objectifs de Développement Durables (ODD), il a indiqué que l’atelier répond à un besoin d’information et de documentation pour les acteurs de mise en œuvre des programmes. Ainsi, signale-t-il, l’objectif poursuivi est d’amener les participants à se familiariser avec le nouveau cadre de suivi des résultats du GSF, les directives, les outils et formats de reporting à utiliser à partir de fin 2017. Egalement, l’atelier permettra de former les participants à l’utilisation des nouveaux outils de suivi financier et de résultats et enfin, de permettre d’orienter et de former les autres collaborateurs des Agences d’exécution et de partenaires de mise en œuvre une fois de retour dans leurs pays respectifs. Vu l’importance de la rencontre, le Directeur adjoint de cabinet, a soutenu que les quelques jours que dureront l’atelier, sont très utiles et d’un « grand secours » parce qu’ils permettront, de lever les équivoques et d’avoir des points de convergence. Un avis partagé par  la Chargée de programme Apprentissage et Documentation du GSF, Carolien Van Der Vooden qui a renchérit sur la compréhension mutuelle du contenu du nouveau cadre de suivi des résultats visée par l’organisation de cet atelier.

La photo de famille des participants

Invitant les participants à puiser dans leurs expériences pour mieux s’approprier cette nouvelle boussole, elle s’est réjouie de la tenue de l’atelier qui permettra aux programmes nationaux, de contribuer efficacement à l’atteinte des ODD dans leurs pays. Pour le chef du Programme au Bénin, Yadjidé Adissoda Gbèdo, la rencontre se justifie par le nouveau défi que s’est lancé le GSF à savoir l’atteinte des ODD et particulièrement l’objectif 6.2. Pour elle, c’est visiblement « un autre challenge » que devront relever les différents programmes pays. Relever ce défi revient à mieux maitriser  et à décoder le contenu des documents relatifs au cadre de suivi des résultats et du système de reporting financier. « Je nous invite à fédérer toutes nos expériences de terrain et à s’approprier dans les moindres détails le fond de ces documents », a-t-elle recommandé à tous les participants.

En se félicitant de la tenue de l’atelier au Bénin, elle a souhaité que les participants retiennent à l’esprit durant les travaux, que c’est l’adoption de bonnes pratiques d’hygiène qui est au cœur des interventions des programmes nationaux et du GSF.

Il est important de rappeler  pour le Bénin, que depuis la mise en œuvre le Programme d’amélioration de l’accès à l’Assainissement et des Pratiques d’Hygiène en milieu Rural (PAPHyR) qui est le programme GSF, il y a seulement quinze mois, 1315 localités  ont été déclarées Fin de Défécation à l’Air Libre (FDAL) et pré-certifiées par les services déconcentrés de l’hygiène et de l’assainissement de base.  Ces premiers résultats ont été atteints grâce à l’Approche Assainissement Total Piloté par les Communautés (ATPC ) qui permet d’amener des localités à un état de Fin de Défécation à l’Air Libre (FDAL) en favorisant la construction sans subvention initiale et l’utilisation plus efficace d’installations d’assainissement par les communautés, notamment les latrines hygiéniques.

May 3, 2017

AEP en milieu Rural : Les acteurs du secteur valident la stratégie nationale 2017-2030

Alain TOSSOUNON (Cotonou/Bénin)

Après la Stratégie nationale d’Approvisionnement en Eau potable en milieu rural venue à terme en 2015, un processus a été engagé pour l’élaboration et la validation du nouveau document pour la période 2017-2030. C’était le 27 avril à Azalai Hôtel de Cotonou, en présence de toutes les catégories d’acteurs venus nombreux pour apprécier le document avant de le valider.

Manque d’eau potable dans le village de Pessagou dans la commune de Tanguiéta (Photo DT)

En ouvrant les travaux de cet atelier, le Secrétaire Général du Ministère en charge de l’eau représentant le ministre, Jean-Claude Gbodogbé, a rappelé que la Stratégie Nationale de l’Approvisionnement en Eau Potable en milieu rural est l’instrument de la mise en œuvre de la politique du gouvernement en matière de distribution d’eau potable de la zone rurale. Elle permet, soutient-il, d’orienter son action dans le sous-secteur de l’approvisionnement en eau potable en milieu rural par des principes directeurs.

Après la génération de la Stratégie Nationale de l’Approvisionnement en Eau Potable 2005-2015 basée surtout sur l’atteinte des OMD, il était devenu impérieux pour le Bénin, de se doter d’une nouvelle stratégie pour la période 2017-2030 mais aussi pour relever de nouveaux défis notamment les Objectifs du développement durables dont le cap est fixé pour 2030. Mais plus encore, la définition d’une nouvelle stratégie s’impose pour coller au Programme d’Actions du Gouvernement (PAG) qui prévoit l’accès universel d’ici 2021.

« En dépit des résultats appréciables que sa mise en œuvre a permis d’atteindre en dix ans, elle a montré des limites par rapport au cadre législatif et réglementaire marqué par les lois de décentralisation et la nouvelle loi portant gestion de l’eau en République du Bénin avec leurs décrets d’application et les orientations du nouveau Gouvernement », a-t-il signalé.

En fixant les objectifs de l’atelier, il a indiqué que les défis que la nouvelle stratégie devra relever ont pour noms : l’assistance-conseil, la bonne gouvernance à tous les niveaux et la régulation du secteur en milieu rural.

Intervenant au nom des membres, le président  du Comité ayant dirigé les travaux, a souligné que le présent atelier est l’aboutissement d’un processus qui a démarré en novembre 2016 par l’élaboration de la note méthodologique sur les options stratégiques.  En présentant le document, le Directeur Général de l’eau, Adamou Worou Wara, a indiqué qu’il se fonde sur le diagnostic du secteur d’AEP en milieu rural issu de l’évaluation de la mise en œuvre de la Stratégie 2005-2015, des échanges et rencontres avec les différents acteurs à travers des enquêtes,  la politique nationale de l’eau et la Loi sur la gestion de l’eau. Mais aussi, la nouvelle stratégie intègre les Objectifs de Développement Durable (ODD 6.1 secteur de l’eau et de l’assainissement qui vise l’accès universel à l’eau potable horizon 2030) et la vision du gouvernement du Bénin avec le Programme d’Action Gouvernemental 2017-2021 qui ambitionne l’accès universel à l’eau potable pour toute la population béninoise d’ici 2021.

Mobiliser  566,7 milliards FCFA pour réaliser l’accès universel en 2021

Avec l’objectif d’assurer à toute la population rurale un accès à l’eau potable de façon équitable, durable et de qualité, à un coût abordable, la nouvelle stratégie prévoit un cadre institutionnel  avec un partage de rôles et de responsabilités. Le modèle de fourniture et de gestion du service public de l’eau potable se base sur la maîtrise d’ouvrage communal et la délégation du service a des professionnels spécialisés. Dans ce modèle, le suivi des indicateurs de performance de la fourniture du service se fera en faisant recours aux Technologies d’Information et de Communication (TIC) pour la collecte des données sur la gestion des points d’eau. Ce qui permettra de disposer en temps réel des données d’exploitation et de gestion de la fourniture du service aux usagers. Egalement, dans cette nouvelle stratégie, il est prévu l’utilisation du service d’appui professionnel (SAP) pour mettre en place des systèmes pérennes de production de données exploitables dans les missions de suivi, de régulation et de gestion, et disposer de données régulières et fiables sur l’exploitation technique et financière des réseaux indispensables pour la régulation. En accordant un grand prix au renforcement des capacités des acteurs publics et privés, le cadre stratégique est fondé sur quatre objectifs : assurer l’accès à une source d’eau potable améliorée à toute la population rurale du Bénin, garantir la disponibilité de l’eau potable de façon continue et durable, assurer en permanence la qualité de l’eau de consommation,  garantir la bonne gouvernance du sous-secteur. Le Plan d’Actions élaboré pour atteindre ces objectifs comporte l’accélération de l’investissement pour atteindre en 2021 l’accès universel, la professionnalisation de la gestion des ouvrages à travers une délégation de la gestion, le renforcement de la maitrise d’ouvrage communal et la gouvernance sectorielle.

Au total, pour mettre en œuvre ce plan, il faut mobiliser pour la période 2017- 2030, un montant de 566,7 milliards FCFA soit 344,1 milliards FCFA (68,8 /an) pour la période 2017-2021 afin de répondre à la vision du gouvernement. Un mécanisme de suivi-évaluation est mis en place pour garantir une gestion performante.

Au cours du bouillon d’échanges qui a suivi la présentation, les participants ont recommandé que le bilan de l’ancienne stratégie soit mieux étoffé dans le document. Les échanges ont aussi permis de revenir sur la problématique de la prise en compte dans les statistiques, des postes d’eau autonome privés et de faire le débat sur la méthode de calcul du taux de desserte pour mieux être proche de la réalité. Surtout, les maires ont voulu avoir un éclairage sur la réforme relative à la création de l’Agence de réalisation des ouvrages en milieu rural. Là-dessus, le représentant du Bureau de l’Auditeur Interne, Moïse Houssou,  a martelé qu’avec la réforme, la maîtrise d’ouvrage est toujours une compétence des communes. « La responsabilité demeure à la commune avec le Plan Communal Eau comme outil », soutient-il. Dans son intervention ; il a expliqué que la réforme se justifie par la nécessité de contourner la lourdeur administrative liée à la procédure de passation des marchés publics.

Au terme des échanges, le document a été validé à l’unanimité des participants sous réserve de la prise en compte des observations et recommandations.

 

Tags: , ,
April 21, 2017

Réunion de Haut Niveau de Washington: Le Bénin fortement représenté, une première depuis 2012

Alain TOSSOUNON (Bénin)

Les Réunions de Haut Niveau (RHN) du partenariat Assainissement et eau pour tous  (SWA) se sont déroulés à Washington DC, aux États-Unis les 19 et 20 avril 2017. Se tenant en même temps que la réunion des ministres des finances organisée par la Banque mondiale, la réunion des ministres du secteur eau et assainissement offre la possibilité aux participants, de lancer un débat politique, d’échanger sur les enseignements tirés et de rendre des comptes sur les progrès accomplis dans l’amélioration de l’accès à l’assainissement et à l’eau potable pour tous. Absent depuis 2014, le Bénin a été cette fois-ci représenté par les deux ministres en charge respectivement de l’eau et de l’assainissement.

Les deux ministres dans la salle de Réunion de Haut Niveau de Washington

C’est une première depuis 2012. Deux ministres présents à la rencontre de haut niveau de Washington. Une présence saluée par  les acteurs du secteur de l’eau et de l’assainissement qui ont toujours déploré, l’absence remarquable du Bénin à cette haute tribune d’échanges sur les progrès et les défis des pays en matière d’accès durable des populations à l’eau et à l’assainissement.

Initiées depuis 2010, ces réunions ministérielles visent à susciter des prises de conscience parmi les ministres au sujet des défis posés par les cibles EAH (eau, assainissement et hygiène) des Objectifs de Développement Durable (ODD) et les changements nécessaires pour les atteindre, à permettre le suivi et l’apprentissage mutuel au sujet des dispositifs fondamentaux nécessaires pour parvenir à un secteur solide (en ce qui concerne le financement, les institutions, les capacités, la planification et les politiques et stratégies) qui favorise le progrès et l’efficacité du développement afin de mettre fin aux inégalités et de parvenir à un accès universel durable. Aussi, les réunions donnent l’occasion aux ministres et aux hauts représentants de partenaires de développement de discuter des comportements collaboratifs essentiels qui plaident en faveur d’une plus grande efficacité du développement et permettent l’établissement des dispositifs fondamentaux et enfin, d’échanger sur les méthodes pour attirer et utiliser des financements adéquats en amont de la réunion des ministres des finances.

La rencontre de cette année 2017 qui a duré une journée et demie s’est appuyée sur les discussions menées à Addis-Abeba en mars 2016. Les ministres ont ainsi évoqué en particulier les dispositifs fondamentaux nécessaires à la construction de bases solides pour le secteur.

Organisées en présence de hauts représentants des agences de développement et de l’ONU et des dirigeants de la société civile, le secteur privé et les organismes de recherche et d’apprentissage, ces réunions sont une véritable occasion pour les pays de mobiliser des financements pour le secteur.

Ainsi, portée sur l’atteinte des Objectifs de développement durable qui visent d’ici 2030, l’accès universel à l’eau et à l’assainissement, chaque pays a été invité à faire le point des progrès et à prendre des engagements.

Le Bénin vise l’accès universel à l’eau potable d’ici 2021(9 ans plus tôt)

A cette haute tribune, le Ministre de l’Energie, de l’Eau et des Mines, Dona Jean-Claude HOUSSOU, a réitéré l’engagement du gouvernement à réaliser l’accès universel à l’eau potable pour les populations d’ici 2021, soit 9 ans plus tôt avant l’échéance de 2030. Ceci dans un contexte où le taux de desserte en milieu rural est de  67,6% et celui en milieu urbain de 84%. Pour atteindre cet objectif, les besoins de financement sont de 519 milliards FCFA et le gouvernement dit avoir déjà mobilisé et programmé 6.3 milliards FCFA soit un gap de financement de 512.7 milliards FCFA. Au nombre des actions et mesures inscrites dans le Programme d’actions du Gouvernement (PAG) pour atteindre cet objectif, figurent entre autres, la création d’une Agence nationale d’Approvisionnement en Eau Potable en Milieu Rural (ANAEPMR) placée sous la tutelle de la présidence de la République, l’élaboration d’une nouvelle stratégie d’AEP en milieu rural 2017-2030 intégrant les ODD, l’élaboration du Plan Directeur de Développement de AEP en milieu rural (2017-2021). Dans l’une de ces interventions, le ministre Houssou a aussi déclaré que le gouvernement entend ouvrir le secteur aux opérateurs privés surtout en milieu urbain en « revisitant les tarifs ». « Les réformes tarifaires sont incontournables pour qu’il y ait adéquation entre l’investissement apporté et le coût de l’eau », a-t-il soutenu. Son homologue de la santé, Alassane Seidou, a lui vanté l’approche Assainissement Total Piloté par les Communautés (ATPC) au cœur des actions du Programme d’amélioration de l’accès à l’Assainissement et des Pratiques d’Hygiène en milieu Rural (PAPHyR) financé par le Fonds mondial pour l’assainissement (GSF) qui intervient dans cinq départements que sont l’Alibori, l’Atacora, le Borgou, la Donga et les Collines.

Ces rencontres ministérielles sont initiées par l’organisation Assainissement et Eau pour Tous (SWA) qui est un partenariat mondial rassemblant des pouvoirs publics, des organisations du secteur privé et de la société civile, des organismes d’assistance extérieure, des instituts de recherche et d’enseignement et d’autres partenaires du développement issus de plus de 150 pays.

En attendant les résolutions et retombées de la participation remarquable du Bénin à travers ses deux ministres à cette grande rencontre, les acteurs du secteur de l’eau et de l’assainissement ne cachent pas leur satisfaction. Il reste que le gouvernement tienne parole et qu’il s’engage également pour l’accès universel à hygiène et à   l’assainissement.

Tags: , , , ,
March 16, 2017

Constitutionnalisation des Droits à l’eau et à l’assainissement: Les députés s’engagent  

Alain TOSSOUNON (Bénin) 

Les membres du bureau du Réseau des parlementaires pour l’Eau et l’Assainissement au sein de l’Assemblée Nationale ont eu une rencontre avec le Cadre de Concertation des Acteurs Non Etatiques de l’Eau et de l’Assainissement (CANEA), le 10 mars 2017. Au terme de leurs échanges, le CANEA a promis aider les parlementaires à s’approprier les enjeux et défis du secteur. Quant aux députés, ils se sont engagés à soutenir le plaidoyer  du  CANEA portant sur la constitutionnalisation des Droits à l’eau et a l’Assainissement.

Les députés et les membres du CANEA au cours des échanges

Mis en place le 12 janvier 2017 au palais des gouverneurs à Porto-Novo, le Réseau des parlementaires pour l’Eau et l’Assainissement a entamé les prises de contact avec les acteurs du secteur de l’eau et de l’assainissement. Première étape de cette  tournée, les parlementaires sont venus échanger avec les membres du bureau du Cadre de Concertation des Acteurs  Non Etatiques de l’Eau et de l’Assainissement (CANEA). Très honoré de cette visite d’échanges, le président du CANEA, André ZOGO, s’est réjoui de cette démarche du réseau des parlementaires. Avant tout, il a souligné que le CANEA est une plateforme qui regroupe les Organisations et associations de la société civile qui opèrent dans le secteur de l’eau et de l’assainissement et dont la mission, est de porter la voix des communautés et des populations. Il a ajouté que le CANEA, à travers la veille citoyenne, milite pour l’accès durable et universel à l’eau et à l’assainissement de tous les Béninois. A cet effet, le CANEA  s’est engagé pour la constitutionnalisation des Droits à l’Eau et à l’Assainissement dans le cadre des réformes politiques et institutionnelles annoncées par le nouveau régime. Pour terminer, le président du CANEA a sollicité le soutien du réseau des parlementaires pour faire aboutir ce plaidoyer mais aussi pour davantage, interpeller le gouvernement sur les questions touchant au secteur. « Nous comptons sur vous », a-t-il signalé. En réponse, le Coordonnateur du réseau a dit tout l’engagement des députés membres par rapport au combat pour l’accès de tous à l’eau et à l’assainissement. Indiquant qu’on ne parle pas de la bible à un prête, il a  souligné que cette rencontre vise à solliciter l’appui du CANEA pour des informations et des conseils pour un engagement efficace des parlementaires. Sur le plaidoyer du CANEA pour la constitutionnalisation des Droits à l’Eau et à l’Assainissement, le Coordonnateur du réseau, le député Léon F. Degny a rassuré le CANEA du soutien des membres et au-delà de tous les députés. « Tous les députés se sentent concernés par les questions d’eau et d’assainissement », a-t-il soutenu avant d’indiquer qu’à l’annonce de la création de ce réseau, plusieurs députés ont spontanément adhéré. Ainsi, il signale que dans le réseau, on retrouve des présidents de commissions et des députés qui ont une longue expérience parlementaire  comme le député, Idji Kolawolé et ceux qui se sont illustrés par des interpellations au gouvernement comme le député Eric Houndété et bien d’autres.

Des échanges édifiants

                         Photo de famille après la séance

Les échanges se sont poursuivis avec la présentation du Plan de Travail annuel du réseau aux membres du bureau du CANEA. Soutenant que les activités du réseau sont pertinentes pour faire avancer le secteur, le Coordonnateur du Wsscc, Félix Adégnika, a rassuré les parlementaires de la disponibilité des membres du CANEA à partager les informations sur  les enjeux du secteur pour permettre aux députés de jouer leur partition. Car, indique-t-il, les enjeux sont nombreux. En dehors de la constitutionnalisation des Droits à l’eau et à l’assainissement, il a évoqué les réformes en cours du gouvernement et surtout la situation du sous-secteur de l’hygiène et de l’assainissement qui reste encore le parent-pauvre.  Très avertie des  questions de l’eau et de l’assainissement, le député Mme Abiba Dafia Ouassangari, a salué le combat du CANEA avant de soutenir une fois encore, le plaidoyer sur les DEA. Car, selon elle, si on constitutionnalise les DEA, tous les présidents qui viendront à la tête de l’Etat seront dans l’obligation de faire de l’eau et de l’assainissement une priorité. « Le réseau constitue un lobbying, l’essentiel est que nous soyons informés », a indiqué le député Jérémie Adomahou. Evoquant la question de l’hygiène et de l’assainissement, il a signifié que c’est avant tout un problème institutionnel. Tout en soutenant comme ses collègues que l’eau et l’assainissement préoccupent tous les députés, il a conclu que  « c’est un combat commun ». Une rencontre d’informations des membres du réseau et des députés est envisagée pour favoriser une appropriation des enjeux et défis du secteur et permettre aux députés de commencer leur « combat ». L’alliance entre le Réseau des parlementaires pour l’eau et l’assainissement et le Cadre de concertation des acteurs non Etatiques de l’Eau et de l’Assainissement est désormais scellée pour une veille citoyenne plus efficace dans le combat pour l’accès à l’eau et l’assainissement pour tous au Bénin.

Tags: , , ,
June 30, 2016

Fourouyèkèrè et Okpara au Bénin: Ces cas écoles de bonnes pratiques de gestion des ressources en eau

Alain TOSSOUNON (Cotonou/Bénin) 

Face aux ressources en eau menacées de disparition, l’approche de Gestion Intégrée des Ressources en Eau (GIRE) longtemps promue, est apparue depuis peu comme la seule alternative pour passer à une gestion durable. Loin d’être désormais un slogan, la GIRE pour tous et pour tout devient de plus en plus une réalité au Bénin.

Le Fleuve Okpara (et le barrage de Kpassa) désormais à l'abri de la disparition, fruit de l'appropriation par tous les acteurs de l'approche GIRE

Le Fleuve Okpara désormais à l’abri de la disparition, fruit de l’appropriation  de l’approche GIRE

La rivière « Fourouyèkèrè », bras de la Yerpao, un fleuve qui traverse toute la ville de Natitingou située  au nord du Bénin, ne coulait plus comme par le passé. En 2008, plusieurs acteurs ont sonné l’alerte. Car, pour les uns comme pour les autres, cette rivière était tout simplement en voie de disparition. Pourtant, le fils du milieu et ancien Directeur des mines, de l’énergie et de l’eau de l’Atacora-Donga, Joachim Sama racontait : « il y a quelques années, on faisait la pêche mais depuis, deux semaines après une pluie, il n’y avait  plus une goutte d’eau dans la rivière ». Un constat amer qui traduisait bien, la gravité de la situation et les dangers auxquels s’exposaient les communautés de cette ville.

Toujours en 2008, à quelques kilomètres de cette ville, au nord du pays, le barrage de l’Okpara, principale source d’approvisionnement en eau potable pour les populations de la ville de Parakou, était aussi  dans un état de dégradation avancé.  En absence d’eaux souterraines, le seul recours reste les eaux de surface mobilisées à travers le barrage érigé sur le cours d’eau  d’Okpara long de 200 km. Si le barrage était dans un état préoccupant, le fleuve connaissait  de graves problèmes de pollution par les produits chimiques  utilisés par les producteurs de coton en amont du cours d’eau. Mais, la ressource était aussi devenue le déversoir des déchets solides et plastiques ménagers, des fientes et cadavres d’animaux.  Pour ces deux cours d’eau, la menace d’une disparition était bien réelle.

Pourtant, les communautés dont la vie est intimement liée aux ressources en eau, n’ignorent pas les avantages et profits qu’elles en tirent. « Ce n’est pas pour rien que nous vivons près du fleuve Okpara, nous connaissons bien ses bienfaits. Nous appelons en langue bariba (une langue locale du milieu), le fleuve, notre mère pour signifier toute son importance pour notre vie », nous confie un notable de la localité et premier ministre du roi de Parakou, Abouki Sarigui.

Des actions de sauvetage à l’avènement d’une bonne gestion

Afin de trouver des solutions efficaces et immédiates, le Partenariat National de l’Eau du Bénin a mis en route des initiatives pour voler au secours de ces ressources en eau en voie de disparition. Inscrites dans le cadre des actions pilotes, le fleuve Fourouyèkèrè », comme le barrage de Kpassa situé sur le fleuve Okpara ont été retenus comme plusieurs autres initiatives pour tester l’approche de Gestion intégrée des ressources en eau (GIRE). Pour les acteurs du secteur, ces deux situations constituaient des cas d’école qui posaient  toute la problématique de la gestion durable des ressources en eau.

Ainsi, dans les deux cas, les actions de sauvetage ont démarré par la mobilisation de tous les acteurs et usagers. Un travail de plaidoyer a été mené pour  réveiller la conscience citoyenne de tous les usagers et acteurs face aux différents problèmes que connaissaient des deux ressources. Grâce à la mise en place d’un cadre de concertation, principal creuset de dialogue entre acteurs locaux et usagers, plusieurs actions ont été menées autour des ressources pour assurer leur protection. Des couloirs de passage des animaux de transhumance et de commerce pour réduire la pollution à la construction des abreuvoirs, plusieurs mesures allant jusqu’à la restauration du couvert végétal autour des ressources en eau ont été prises.  Pour garantir la durabilité de la protection de la ressource, la gestion sectorielle a été abandonnée au profit de la gestion concertée. « Les problèmes que connaissaient le fleuve et son barrage sont le fait d’un manque de dialogue entre utilisateurs de l’eau. Beaucoup d’acteurs intervenaient. Eleveurs, agriculteurs, la SONEB qui est la société d’eau qui prélève l’eau de barrage pour alimenter les populations…tout le monde agissait de son côté. Il n’existait pas de cadre pour la concertation », explique l’ancien maire de Tchaorou, Bio Sounon Bouko. Cette entreprise de mobilisation qui promeut le dialogue entre les différents acteurs a conduit au développement et au renforcement des Associations des communes pour faire face au défi commun de protection des ressources en partage. Dans bien des cas, maintenant que les acteurs se parlent et se retrouvent, la gestion de la ressource est mieux suivie. « Avec cette initiative autour du barrage de Kpassa sur le fleuve Okpara, nous avons compris que tous les acteurs et usagers doivent contribuer à la protection de la ressource », signale l’ancien maire de Parakou, Soulé Alagbé. Passée l’étape de la structuration des usagers et du bureau du Conseil des Acteurs pour la Gestion Concertée (CAGC) du barrage, la matérialisation de 4,6 km de berges délimitées et reboisées sur  une superficie totale de 22 ha, la validation du plan d’aménagement du couloir de transit du bétail contournant la cuvette  du barrage, la proposition d’une feuille de route d’exécution du plan d’aménagement ou le plaidoyer pour l’appropriation des fonctions liées à la protection et au suivi du barrage par la SONEB, le fleuve Okpara et son barrage sont sauvés de la disparition. Plus encore ce plaidoyer a conduit à la mobilisation des partenaires pour un grand projet d’alimentation en eau potable de la ville de Parakou et ses environs d’un coût global de plus de 15 milliards de francs CFA dont le financement est acquis. « Toutes les mesures prises par l’initiative pour sauver le barrage et  protéger le fleuve n’ont pas de prix », soutient l’ancien directeur de la ferme de l’okpara, Dr Fataou Zakarie Touré.

Aujourd’hui, la ressource bénéficie d’un suivi rapproché par les services techniques communaux, la SONEB et le Secrétariat Exécutif permanent (SEP) du Territoire de Développement de l’Ouémé Supérieur (TDOS) regroupant les trois communes ayant en partage la ressource et au niveau national, un Comité d’Orientation et de Suivi (COS) est mis en place de même  que le Conseil National de Coordination et de Suivi des initiatives (CNCS) GIRE,  regroupant le PNE-Bénin avec la Direction Générale des Ressources en Eau et les Partenaires Techniques et Financiers. Les usagers sensibilisés abandonnent progressivement les mauvaises pratiques de pollution et, entre éleveurs et agriculteurs, les conflits sont rares à cause des couloirs de passage des animaux disponibles et respectés par tous.

Longtemps perçue comme une approche abstraite, avec ces différentes initiatives pilotes qui ont permis de voler au secours des ressources en eau menacées de disparition, la GIRE au Bénin est entrée dans sa phase concrète. Désormais, pour les ressources en eau, le professeur Abel Afouda, indique qu’il faut poser les bases solides d’une gestion durable de ces ressources. C’est pourquoi, le Bénin s’est doté d’un Plan National de Gestion Intégrée des Ressources en Eau (PANGIRE)  sur la période 2011-2025  qui repose sur une série de cinquante-cinq (55) actions dont « l’exécution vise à créer l’environnement favorable à une gestion durable et à une mise en valeur optimale des ressources en eau, facteurs de développement socioéconomique du Bénin ». Mais, il reste encore beaucoup à faire dans la mise en œuvre de ces actions identifiées pour être en phase avec la politique régionale de l’eau au niveau de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) qui recommande la GIRE pour  prendre en compte l’ensemble des usages et impliquer tous les acteurs autour de la ressource. Le chemin est encore long et l’un des défis majeures pour le Bénin, reste l’effectivité de la gestion par bassin de ces ressources en eau.

Pour l’heure, la mise en œuvre de toutes ces initiatives laisse derrière elle, au-delà des actions entreprises pour sauver les ressources en eau, des cadres de dialogue indispensables et fondamentales pour la préservation et une bonne gestion des ressources en eau en phase avec les principes promus par la GIRE.

 

 

Alain TOSSOUNON

Tags: , , ,
May 19, 2016

Pêche au Bénin : Vers le renouveau 

Alain TOSSOUNON (Bénin) 

Face à  la surpêche et aux problèmes  préoccupants de dégradation des écosystèmes aquatiques, d’utilisation des engins de pêche non sélectifs, le Bénin s’est doté en 2004, d’une Loi-Cadre sur la pêche et l’aquaculture. Un instrument juridique qui porte aujourd’hui l’espoir des acteurs de voir cette activité renaître.

Un pêcheur sur un plan d'eau

                 Un pêcheur sur un plan d’eau

Au Bénin, la pêche ne nourrit plus son homme. Cette activité qui occupe plus de 600 000 personnes de façon directe comme indirecte et contribue au PIB jusqu’à hauteur de 3% est en perte de vitesse. Le poisson devient rare dans les eaux continentales et marines béninoises au grand désarroi des pécheurs.  « Sans vous mentir, il n’y a plus de poissons dans les plans d’eaux. Les ressources sont en train de disparaître. L’activité de pêche est au ralenti », se désole le président de la Fédération nationale des acteurs de pêche du Bénin (FENAPECHE), David Hounguè.

Aujourd’hui, les pêcheurs sont obligés d’aller plus loin et de faire de gros efforts avant d’avoir une petite quantité de poissons. Une situation que confirme que le Directeur de la production halieutique à la Direction des pêches, Antoine Gaston Djivèdo. « Dans les années 1980 à 1990, les pêcheurs vont et reviennent plus vite de la pêche avec une grande quantité de poissons. Ce qui n’est pas le cas de nos jours. Aujourd’hui, les pêcheurs fournissent plus d’effort pour n’avoir que peu de poissons », souligne-t-il.

Les causes de la rareté des produits halieutiques sont pourtant bien connues de tous et surtout des pêcheurs qui sont  les principaux acteurs.  En dehors de la démographie galopante, il s’agit principalement, de l’utilisation des techniques prohibées de pêche et de la pollution des plans d’eau.  « Nous utilisons les engins que nous ne devons pas utiliser. Nous allons chercher les poissons dans leur dernier retranchement. Nous ramassons tout sur notre passage, petits comme grands poissons », se confesse le président de la Fédération nationale des acteurs de pêche du Bénin (FENAPECHE), David Hounguè. Ainsi, de façon unanime,  les pêcheurs pointent du doigt l’utilisation des filets « mèdokpokonou », qui sont des filets à petites mailles et même des moustiquaires pour la pêche. Sur les lacs, on retrouve aussi des rangées d’acadja sur plusieurs hectares. Au niveau de la pêche marine, la situation n’est guère reluisante. Contrairement aux années antérieures, le métier de pécheur est devenu difficile. Car, il faut aussi aller loin dans la mer  pour « attraper » du poisson. Mais, pour les acteurs notamment le  président de l’Union nationale des pêcheurs marins, artisans et assimilés du Bénin (UNAPEMAB), Victor Louis Amétépé, la construction de ports au niveau des eaux togolaises n’arrangent pas les pêcheurs situés au niveau des côtes béninoises, (dans les environs de Grand-Popo). Parce que, explique-t-il, les côtes béninoises reçoivent beaucoup d’eaux. Une situation pas favorable aux pêcheurs qui, envahis par ces eaux, sont obligés de se déplacer. De plus, au niveau de l’embouchure de Xwlacodji, les pêcheurs continentaux ont pris d’assaut les espaces de pêche réservés aux pêcheurs marins avec leurs engins prohibés et ramassent les alevins et autres petits poissons.

L’avènement de la Loi salué par tous les acteurs 

Face à cette situation alarmante, la Direction des pêches qui pendant longtemps a sensibilisé les pêcheurs sur ces mauvaises pratiques, est restée impuissante faute de Loi.

En effet, avant l’avènement de la Loi-Cadre adoptée par l’Assemblée Nationale le 06 juin 2014 et promulguée par le Chef de l’Etat le 07 août 2014, les textes qui régissaient le secteur étaient désuets. C’est pourquoi, avec la nouvelle Loi, les acteurs nourrissent l’espoir de voir la pêche renaître de ces cendres. Dans leur ensemble, les pêcheurs saluent l’adoption de cette Loi surtout pour les sanctions désormais prévues pour combattre les mauvaises pratiques. « Je pense que la nouvelle loi qui a été promulguée arrangera beaucoup de choses. Désormais,  «quiconque sera pris en flagrant délit d’utilisation de techniques interdites ou de pêche sans autorisation en répondra », signale le président David Hounguè. Parlant de sanctions,  l’article 112 qui condamne l’utilisation des engins prohibés pour la pêche de poissons et crevettes immatures, prévoit un emprisonnement de 3 à 12 mois avec une amende de 500.000 à 3 millions de francs CFA. Egalement, l’une des mesures importantes est l’avènement des permis de pêches qui permettra d’assainir le secteur.  Pour les associations des pêcheurs, c’est une bonne mesure et les pêcheurs qui ont été impliqués dans le processus d’adoption de cette Loi promettent de s’y conformer. Car, soutient David Hounguè, « si l’Etat ne prend pas ses responsabilités, des pêcheurs ne pourront plus aller pêcher en toute liberté ». Et au directeur de la production halieutique, Antoine Gaston Djivèdo de conclure : « Avec le vote de cette loi, le Bénin s’engage pour une pêche durable, une gestion des plans d’eaux de sorte à satisfaire les besoins de pêche d’aujourd’hui et assurer les besoins de l’avenir ».

 

 

 

Tags: , , ,
February 25, 2016

Hygiène et assainissement de base dans les projets de société des candidats :La grande déception

Alain TOSSOUNON (Cotonou)

Alors qu’on se plaignait que nos candidats favoris ont oublié la gestion des ressources en eau dans  leurs différents projets de société, le constat est amer quant au sous-secteur de l’hygiène et de l’assainissement. Pour le monde des acteurs du secteur de l’eau et de l’assainissement, la priorisation de ce sous-secteur attendu de tous les vœux par les politiques pour améliorer la situation dans notre pays n’est pas pour bientôt.

L'accès aux toilettes est encore un luxe pour plus de la moitié des Béninois

L’accès aux toilettes est encore un luxe pour plus de la moitié des Béninois

L’hygiène et l’assainissement n’a eu aucune chance de figurer dans les projets de société de nos candidats favoris à l’élection présidentielle de 2016. Dans leur ensemble, les cinq candidats qui paraissent avoir la chance d’emporter l’élection que sont Ajavon Sébastien, Patrice Talon, Aboudoulaye Bio Tchané et Lionel Zinsou ne reconnaissent nullement l’importance de ce sous-secteur toujours en panne de visibilité.

En dehors du candidat Aboudoulaye Bio Tchané qui dans le point 98 de son projet prévoit  des toilettes publiques à titre pilote à Cotonou (Ce qui n’est plus nécessaire puisque le PNUD l’a fait avec la mairie de Cotonou), les quatre autres candidats, ont  passé sous silence un sous-secteur aussi vital.  Les rares mesures relatives à l’assainissement sont relatives à la gestion et/ou  la valorisation des déchets solides ménagers ou liquides notamment chez les candidats Patrice Talon et Pascal Irénée Koupaki.

Pourtant, les chiffres sont alarmants. S’il est connu de tous que le Bénin a raté le rendez-vous des OMD dans ce sous-secteur, la situation est bien plus grave, Car, d’après l’Enquête de Démographie et de Santé du Ministère de la santé  2012 (EDS 2012), seulement 15% des ménages disposent de toilettes améliorées et non partagées. Et, les 2/3 des ménages n’ont accès qu’à des toilettes non améliorées et dans 54% des cas, les ménages ne disposent d’aucun type de toilettes.

En milieu rural, la situation est plus critique : 87% des ménages ruraux n’utilisent pas de toilettes considérées comme améliorées et 77% ne disposent d’aucun type de toilette.

En matière de lavage des mains, selon la même étude, le taux moyen de lavage de mains au Bénin est encore de 12% en 2012.

Dans ces conditions comment nos différents candidats favoris peuvent construire un Bénin gagnant (Zinsou),  triomphant (ABT), innovant (PIK) ? Ou encore comment pouvons-nous prendre un nouveau départ (Talon) ou réussir ensemble (Ajavon) alors que la défécation à l’air libre constitue encore le sport favori des Béninois ? Dans une étude réalisée en 2010 dans le cadre du Programme Eau et Assainissement, la Banque Mondiale avait déjà donné l’alerte en indiquant que plus de 7000 Béninois dont 4300 enfants de moins de 5 ans meurent chaque année de diarrhée.   Et ces décès sont à presque 90% lies à l’impureté de l’eau et au manque d’assainissement et d’hygiène.

Devons-nous attendre d’être un pays à économie prospère pour voler au secours de ces milliers d’enfants qui meurent ainsi chaque jour de maladies diarrhéiques et d’autres maladies transmises par l’eau ou causées par un manque d’assainissement et d’hygiène ?

Mais le désastre n’est pas qu’humain. Il est aussi économique. Puisque, dans cette même étude datant de 2010, la Banque Mondiale indiquait que le Bénin perd chaque année 52 milliards de francs CFA à cause d’un mauvais assainissement. Il est donc clair, que l’hygiène et l’assainissement, n’est plus simplement une question de sante publique mais aussi d’économie. Alors,  pour des candidats qui rivalisent de propositions ou de mesures pour booster notre économie, n’est-il pas judicieux avant toute chose de faire un gain de 52 milliards de francs CFA en aidant les populations à se doter de toilettes adéquates et de s’approprier les bonnes pratiques en matière d’hygiène et d’assainissement avant de mobiliser d’autres financements ?

En réalité, il ne s’agit pas de construire pour chaque ménage ou de subventionner la réalisation des toilettes appropriées mais de promouvoir des approches nouvelles qui font leur preuve ailleurs dans le monde pour amener progressivement les populations à faire de l’accès aux toilettes une priorité dans leur vie. Parce que, comme le soulignait la Directrice régionale de WaterAid, Marièm Dem, “il n’est plus admissible qu’au 21e siècle que les populations vivent sans toilettes”. Et mieux que par le passé, on comprend aujourd’hui, qu’un meilleur accès à l’hygiène et à l’assainissement se traduira par des performances scolaires et une productivité améliorées. Les enfants apprennent davantage quand ils ne sont pas obligés de manquer l’école pour cause de maladies diarrhéiques, et les travailleurs sont plus productifs lorsqu’ils ne sont pas malades ou ne restent pas à la maison pour soigner d’autres personnes qui le sont.

La gestion des eaux usées aussi oubliée  

L’un des défis majeurs en matière d’assainissement qui pouvait préoccuper nos candidats est la question de la gestion des eaux usées dans nos villes. Car, aujourd’hui, après une stratégie nationale en milieu urbain élaborée pour la période 2008-2015, la mise en œuvre du plan d’actions est toujours attendue. Même si on sait que la Banque Mondiale finance dans le cadre du Projet d’Urgence de Gestion Environnementale en Milieu Urbain  (PUGEMU), l’élaboration du Plan directeur d’assainissement des Eaux Usées des villes de Cotonou, Abomey-Calavi, Sèmè-Kpodji et Porto-Novo et la mise en œuvre d’un projet pilote de drainage et de traitement des Eaux Usées, il y a encore un besoin important d’investissement.

Pas de gestion des eaux usées dans les projets de société de nos candidats favoris

Pas de gestion des eaux usées dans les projets de société de nos candidats favoris

En tous cas pour l’heure, dans nos villes, les puisards construits  par les ménages sont connectés aux ouvrages de gestion des eaux pluviales (caniveaux et collecteurs).

La situation est bien préoccupante. Selon l’étude EDS 2012, 76% des populations au Bénin déversent les eaux usées dans la nature.

Pourtant, dans la sous-région des pays comme le Burkina-Faso investissent depuis peu pour améliorer la situation. L’office burkinabè de l’eau potable (ONEA) investit sous fonds propres chaque année 1,2 milliards de francs CFA dans le réseau d’égouts  ainsi que dans les stations de traitement et de vidange de la capitale. Si la ville de Cotonou est encore loin de celle de Casablanca au Maroc qui dispose désormais d’une station de traitement depuis mai 2015, il est quand même temps d’y penser.

Au total, il est clair que l’avenir du sous-secteur de l’hygiène et de l’assainissement de base s’assombrit avec des candidats qui dans leurs projets de société n’en font pas cas.

Ainsi, pour les acteurs du sous-secteur qui espèrent voir un jour l’hygiène et l’assainissement de base gagné en priorité avec des investissements conséquents, le chemin est encore long.  Le rêve n’est surtout pas permis avec nos candidats à la course. Ainsi va le Bénin !

 

 

February 19, 2016

Election présidentielle de 2016 au Bénin: Quelle place pour l’eau dans les projets de société des candidats?

Alain TOSSOUNON (Cotonou)

C’est désormais une réalité que les candidats à l’élection présidentielle du 28 février lèvent le voile sur leurs projets de société pour attirer les soutiens et convaincre les électeurs. Mais, si tous ne manquent pas de faire de l’emploi des jeunes ou de l’éducation des priorités, l’environnement et surtout les ressources en eau restent toujours des parents pauvres. Un choix qui contraste avec les enjeux actuels qui invitent à mettre l’environnement et la gestion des ressources en eau au cœur des enjeux de développement.

La bonne gestion des ressources en eau est un impératif pour le développement du Bénin

La bonne gestion des ressources en eau est un impératif pour le développement du Bénin

Les questions environnementales n’occupent pas une place de choix dans les projets de société des candidats à l’élection présidentielle de 2016. Si l’on retrouve quelques mesures ou actions envisagées dans les projets rendus publics, elles sont loin de figurer au rang des grandes priorités comme l’emploi des jeunes, l’éducation, la santé ; le sport…. Dans ces conditions, difficile de désigner un candidat vert ou écolo tant les projets de société sont pauvres en engagements environnementaux.
Dans les projets de société des candidats donnés favoris (Abdoulaye Bio Tchané, Lionel Zinsou, Pascal Irénée Koupaki, Patrice Talon, Sébastien Adjavon, par ordre alphabétique), on retrouve quelques actions préconisées pour répondre aux défis environnementaux dans notre pays.
Pourtant, les défis sont grands et les enjeux climatiques importants. Car, l’accord sur le climat adopté à Paris en décembre 2015 pour faire face au changement climatique a débouché sur une batterie de mesures pour un avenir résilient et durable. Plusieurs appels ont été lancés pour inviter les gouvernements à traduire en actes concrets, les engagements qui ont été pris. A cette occasion, chaque pays ayant présenté des Contributions prévues déterminées au niveau national (CDPN), devrait selon les termes de l’accord, passer à l’action en les intégrant dans les programmes de développement. A l’heure où les candidats font la promotion de leurs projets de société, l’on devrait dans cette logique, pouvoir retrouver ces mesures et engagements déclinés dans les projets de société de ceux-là qui aspirent gouverner le Bénin pour les cinq ans à venir.
Mais, on en est bien loin. Pour l’essentiel, le candidat Patrice Talon s’engage à renforcer la politique de reboisement, rétablir la subvention du prix de gaz à usage domestique au profit des ménages, voter une loi pour interdire à court terme l’usage des sachets plastiques, élaborer et mettre en œuvre un plan national climat et des plans climat territoriaux. Dans le cas du candidat Aboudoulaye Bio Tchané (ABT) qui avait partagé ses préoccupations par rapport au défi climatique mondial à la veille de la conférence de Paris sur le climat par une tribune parue dans l’hebdomadaire Jeune Afrique du 9 juillet 2015, il est retenu dans son projet au point 93, d’intégrer la problématique des changements climatiques dans les programmes et projets de développement. Egalement, l’ancien ministre des finances sous le président Mathieu Kérékou, se propose une fois à la Marina, de lancer un vaste programme de reboisement pour faire face à l’avancée du désert et recourir aux études d’impact environnemental dans tous les projets et programmes de développement. Figurant au dernier point des priorités de son projet de société, le candidat Pascal Irénée Koupaki, entend développer des stratégies d’adaptation aux changements climatiques en fonction des facteurs d’exposition aux risques naturels de chaque zone écologique et mettre en œuvre les résolutions de la COP 21, construire une grande ceinture verte dans les régions septentrionales pour arrêter l’avancée du désert. C’est assurément le seul candidat à avoir clairement fait mention de la COP 21 dans son projet de société marquant ainsi sa volonté à donner suite à l’Accord de Paris.
La gestion des ressources en eau, le parent pauvre
Dans le domaine de l’eau, tous les candidats favoris ont fait la part belle à l’accès à l’eau ignorant toute la problématique de la gestion durable des ressources en eau.
En effet, dans leur ensemble, ils font de l’accès à l’eau une grande priorité. A l’instar du candidat de la coalition républicaine, Lionel Zinsou qui s’engage pour un accès universel de tous les Béninois au liquide bleu, plusieurs autres promettent d’y consacrer beaucoup d’investissements. Dans le contrat social rendu public, le candidat ABT s’est engagé à allouer 100 milliards de francs CFA chaque année à la politique d’accès à l’eau potable et en plus, préfinancer les coûts de branchements à la SONEB.
Seulement, la question de la bonne gestion des ressources en eau reste le parent pauvre dans les projets de société. Alors que l’eau est la condition sine qua non de la réalisation de l’ensemble des Objectifs de développement durable.
En effet, en ces temps incertains où les effets du changement climatique sur les ressources en eau sont alarmants, et où le monde est aux prises avec une croissance démographique exponentielle, les défis relatifs à l’eau ne sauraient être négligés. Le degré d’utilisation et de pollution des ressources en eau par l’homme est tel que la viabilité de ces ressources s’en trouve menacée et que la rareté de l’eau et la dégradation de sa qualité qui en résulteront limiteront potentiellement la production alimentaire, réduiront les fonctions écosystémiques et entraveront la croissance économique.
Par ailleurs, les pressions subies par les ressources en eau ont considérablement augmenté au cours des dernières décennies en raison de la rapidité de la croissance démographique, de l’urbanisation, de l’augmentation des niveaux de consommation et du changement climatique. Les prélèvements d’eau ont triplé au cours des 50 dernières années et la demande a augmenté dans presque tous les pays du monde. Notre pays n’y échappe guère.
Si ces dernières années, dans notre pays, des efforts ont été faits pour améliorer le cadre légal et institutionnel et faire la promotion de la Gestion intégrée des ressources en eau (GIRE), l’on ne saurait négliger la bonne gestion et la protection des ressources en eau. Car, comment pourrait-on promouvoir ou développer l’agriculture sans garantir une disponibilité de l’eau ? Ou encore comment faire l’irrigation sans s’assurer que l’eau est disponible en tout temps ?
En réalité, l’eau est au cœur du développement puisque les problèmes de l’eau sont intrinsèquement liés aux questions de développement durable comme la pauvreté, la faim, la santé, l’éducation, l’inégalité des genres, le changement climatique…C’est pourquoi, dans l’agenda post-2015, au-delà de l’accès à l’eau, un objectif entier a été consacré dans les Objectifs de développement durable pour garantir sa sécurité et le développement durable. Parce que selon l’UNESCO, il est important pour chaque Etat et le monde entier, de veiller à la préservation des quantités suffisantes d’eau de qualité pour maintenir durablement la santé des êtres humains et des écosystèmes.
C’est donc clair que si les préoccupations environnementales et le défi de l’accès à l’eau pour tous les Béninois apparaissent dans les projets de société des candidats, la question de la gestion des ressources en eau est encore un enjeu ignoré et oublié des prétendants à la magistrature suprême.

Tags: , ,
November 27, 2015

Journée Mondiale des Toilettes 2015: La société civile béninoise célèbre l’événement

Flore NOBIME (Bénin)

Mamadou Moctar Baldé (Unicef), André Zogo (CANEA)  et Richard Oussou (DNSP) à l'ouverture des échanges

Mamadou Moctar Baldé (Unicef), André Zogo (CANEA) et Richard Oussou (DNSP) à l’ouverture des échanges

La communauté internationale a célébré jeudi dernier, 19 novembre, la Journée mondiale des toilettes édition 2015 (Jmt 2015) autour du thème « Un meilleur assainissement pour une meilleure nutrition ». Au Bénin, l’événement a été commémoré par le Cadre de concertation des acteurs non étatiques du secteur de l’eau et de l’assainissement (CANEA), à travers son initiative Café média Wash, la 5e du genre, et dont les réflexions ont porté sur la question de l’assainissement au Bénin. L’événement, qui s’est déroulé à la Direction départementale de la santé de l’Atlantique et du Littoral, a réuni spécialistes des questions liées à l’eau, l’hygiène et l’assainissement et journalistes.

Mettre à la disposition des journalistes, des informations sur la stratégie nationale FDAL (Fin de la défécation à l’air libre) et les défis à relever pour satisfaire les besoins en ouvrages d’assainissement de base des populations béninoises. Ce sont-là quelques objectifs de cette rencontre marquée par l’allocution d’André Zogo, le président du CANEA. Qualifiant de « droit humain » l’accès à une eau salubre et à l’assainissement, le président du CANEA a repris des chiffres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour illustrer, les conséquences qu’entraine au plan de la santé l’absence de ce droit. Et selon l’OMS, 50% de la malnutrition est associée à des diarrhées fréquentes ou des infections intestinales vermineuses répétées du fait d’une eau insalubre, d’un assainissement inadapté ou de mesures d’hygiène insuffisantes. Soulignant la nécessité de « mettre en lumière ces milliards de personnes qui n’ont pas accès aux toilettes » au plan mondial, André Zogo a focalisé l’attention sur la situation nationale, appelant à la « mobilisation de tous les acteurs pour un débat citoyen autour de l’effectivité de la fin de la défécation à l’air libre ». A sa suite deux communications, « La stratégie Bénin FDAL 2030 : lien entre assainissement et nutrition » et les « Acquis du programme de promotion de l’hygiène et de l’assainissement et impact sur la nutrition » ont donné l’occasion aux participants de toucher du doigt la réalité de la question au Bénin.

Vue de la salle au cours des échanges avec les journalistes

Vue de la salle au cours des échanges avec les journalistes

Présentées respectivement par Richard Oussou de la Direction nationale de la santé publique (DNSP), et Mamadou Moctar Baldé, Spécialiste Wash à UNICEF/Bénin, les communications ont donné une idée pas reluisante du Bénin en la matière. Au Bénin, l’assainissement pose un véritable casse-tête avec 77% de la population rurale qui continue de déféquer à l’air libre et le pays, 4e sur 215, est en queue de peloton en matière de fin défécation à l’air libre. Par ailleurs, et selon la Banque mondiale, le mauvais assainissement de base fait perdre annuellement au pays 52 milliards de francs CFA. A ce rythme, l’engagement de la FDAL à l’horizon 2030 pris par le Bénin sera des plus difficiles à tenir. C’est ce qu’expliquera aux journalistes Félix Adégnika, le Coordonnateur national du Conseil de concertation pour l’approvisionnement en eau et l’assainissement (WSSCC). Dans son intervention axée sur les engagements du Bénin par rapport à l’hygiène et l’assainissement, Félix Adégnika, après l’avoir démontré, a fustigé le sous-financement que subit du secteur avant d’en appeler à la pleine implication des médias pour qu’enfin, le Bénin hisse l’accès à l’hygiène et à l’assainissement au rang des priorités.

August 5, 2015

Café Média Wash sur la gestion 2014 du secteur eau et assainissement : Entre avancées et défis

Béatrice KOUMENOUGBO (Bénin) 

Echanger avec les journalistes sur les résultats de la gestion 2014 du secteur de l’eau et de l’assainissement,  c’est l’objectif de ce 4ème numéro de Café média Wash. Il a été organisé par le Cadre de Concertation des Acteurs Non Etatiques  du secteur  de l’eau et de l’assainissement au Bénin (Canea). C’était  le jeudi 30 Juillet, à la Dds Atlantique littoral.

Les représentants des différentes structures autour du Pdt du CANEA

Les représentants des différentes structures autour du Pdt du CANEA

Permettre aux journalistes spécialistes des questions de l’eau et de l’assainissement de prendre connaissance des résultats, des difficultés et perspectives envisagés après la revue du Budget programme par objectif 2014, dans les secteurs eau et assainissement,  c’est ce qui justifie l’organisation de ce 4ème Numéro de Café Média Wash  par le  Cadre de Concertation des Acteurs Non Etatiques des secteurs de l’eau et de l’assainissement au Bénin (Canea). A cet effet, le Canea a invité les représentants des directions de l’eau et de la santé publique et le directeur général de la Soneb pour éclairer la lanterne des journalistes. Dans sa présentation, le représentant du directeur de l’eau, Bernadin Ellegbede, a rappelé les objectifs visés dans le secteur eau.  Ce ont entre autres, réduire de moitié les personnes qui n’ont pas accès à l’eau potable, assurer la disponibilité de l’eau en quantité et en qualité.  En  matière de résultats, il a informé qu’en 2014, 1289 nouveaux points d’eau ont été construits et 156 réhabilités, puis le taux d’accès à l’eau a atteint 68%. Mais ce taux cache des disparités, d’une commune à l’autre, et même à l’intérieur des communes a-t-il reconnu. En ce qui concerne la gestion de l’eau, la professionnalisation de ce secteur par les communes, maîtres d’ouvrage, constitue une des avancées soulignée par le représentant de la direction générale de l’eau. Des avancées sont aussi notées dans le cadre du transfert des ressources. Ainsi, en 2014, 2 milliards 6 millions ont été transférés aux communes. Cette somme est 4 fois supérieure au montant transféré en 2013. Mais malgré ces avancées, des difficultés existent notamment dans le cadre du transfert des ressources. En matière de défis, la création du Conseil national de l’eau à la tête du cadre institutionnel, la mise en place de l’agence de bassin pour favoriser la gestion de l’eau par bassin ont été cités par Bernardin Ellegbede.

La soneb ambitieuse et sur la voie de la certification Iso

La Société nationale des eaux du Bénin (Soneb) a connu des performances ces dernières années selon les propos de son directeur général David Babalola. Alors que le taux de desserte est fixé par les Omd est de 72% au 31 Décembre 2015, la Soneb selon ses projections atteindra 82%.  Pour un objectif de 197.000 abonnés, la Soneb a pu atteindre 213.000 abonnés en 2014. Ensuite, le taux  des eaux non comptabilisées, c’est-à-dire les eaux perdues,  est passé de 35% en  2004 à 23,83% en 2014. Ce qui place le Bénin en tête de peloton dans la sous-région, en ce qui concerne ce critère. En plus de ces avancées, la Société nationale des eaux du Bénin s’est inscrite dans la démarche qualité et ambitionne atteindre la norme Iso d’ici 18 mois. En ce qui concerne les perspectives, elles sont liées à l’atteinte d’un pourcentage supérieur ou égal à 90% de populations  ayant accès à l’eau potable en 2030. La présentation de ces avancées n’a pas empêché les journalistes de mentionner les problèmes rencontrés par les populations. Notamment la défaillance du service de dépannage de la Soneb, la lenteur observée dans le branchement une fois que les populations souscrivent, l’escroquerie occasionnée par les agents de la Soneb avant d’effectuer des réparations ou de faire le branchement. Le directeur général de la Soneb, a clarifié que le matériel existe en nombre suffisant à la Soneb pour les branchements. Ainsi, les agents ne devraient pas prétexter du manque de matériel pour retarder le branchement payé par un client. Pour ce qui est du service du dépannage, le directeur de la Soneb a reconnu des dysfonctionnements à ce niveau, mais a expliqué qu’ils tiennent de la mauvaise volonté de certains de ses agents. Il a invité les populations à dénoncer les agents qui font preuve de comportements d’escroquerie sur le terrain.

L’assainissement, le parent pauvre du budget national

Moins d’1% du budget national est consacré au secteur de l’assainissement a déploré le représentant da la Direction nationale de la santé publique, Achille Kangni. Passant en revue les résultats du secteur, il a fait noter les timides avancées et les réels défis dont le plus important reste le financement du secteur. Assurer le pilotage du sous-secteur par le renforcement de la concertation et de la performance des acteurs institutionnels ; améliorer équitablement l’accès durable aux services adéquats d’assainissement de base, ainsi que les conditions d’hygiènes ; améliorer les conditions de mise en œuvre du cadre règlementaire et des mesures incitatives et de coercition sont les trois objectifs déclinés dans le secteur de l’hygiène et de l’assainissement de base. Pour atteindre les objectifs visés, au nombre des enjeux, se situent la réduction de 40% du taux de défécation à l’air libre, augmentation du pourcentage de ménages ayant réalisé des latrines conformes aux Omd et Odd, le déploiement sur l’ensemble du territoire du plan de surveillance de la qualité de l’eau et des activités autonomes de préservation de l’eau à domicile. Les résultats obtenus dans la réalisation de ces objectifs sont très faibles selon les chiffres se rapportant à la mise en œuvre du Bpo 2014 de la Dnsp. Ainsi, 2.324 nouvelles cabines de latrines ont été construites inclus celles qui étaient sur le point d’être terminées en 2013, portant le taux de desserte de 66,9% en 2013 à 68% en 2014. Pour ce qui est de la construction des latrines, 2.574 latrines ont été construites sans subvention en 2014 contre 7.181 prévues. De ce fait, le nombre de localités certifié fin de défécation à l’air libre (Fdal) est de 764 pour une population totale estimée à 194.500 habitants. En ce qui concerne la surveillance de la qualité de l’eau en 2014, 1538 échantillons d’eau sur 4600 prévus, répartis dans les 77 communes du pays ont été prélevés et analysés par le laboratoire de la Dnsp. Ces chiffres montrent que les progrès sont restés faibles dans le secteur de l’hygiène et l’assainissement de base. Le représentant de la Dnsp a lancé un appel au ministre des finances pour l’augmentation du budget de l’assainissement dans le budget national. Consacré le montant suffisant à l’hygiène et l’assainissement de base permettrait au Bénin d’avoir 50 milliards de gain a-t-il soutenu.

 

Tags: , , ,
March 4, 2015

Ateliers national et régional sur l’économie et la gestion des écosystèmes humides et la sécurité alimentaire : Sauver les zones humides de la dégradation

Alain TOSSOUNON (Bénin) 

Le panel d'experts au cours des échanges

Le panel d’experts au cours des échanges

Après l’organisation en novembre 2014, des ateliers national et régional sur l’économie et la gestion des écosystèmes humides et la sécurité alimentaire avec le soutien de UNESCO-IHE, l’IUCN et plusieurs organismes et partenaires locaux (UAC, ABE, PNE…), le Réseau des Journalistes du Bénin pour l’Eau et l’Assainissement (RJBEA) a dans le cadre de l’initiative Café Média WASH, invité des experts pour partager avec le acteurs des médias, les résultats et recommandations de ces deux grandes rencontres. Face aux journalistes, le panel d’experts constitué, a   alerté l’opinion sur  l’état de dégradation de nos zones humides et  l’urgence d’agir  pour  une gestion durable de ces écosystèmes indispensables pour assurer la sécurité alimentaire.

 

Avant  de partager les  conclusions des deux ateliers, les experts sont revenus sur les objectifs poursuivis par ces rencontres qui ont mobilisé plusieurs participants que sont les étudiants-chercheurs, formateurs chercheurs, les cadres administratifs et techniques mais aussi des organisations de la société civile qui militent pour la sauvegarde de l’environnement au Bénin.

Pour le premier atelier, il s’agissait d’aider les participants à appréhender les concepts et les fondements de l’économie et du développement des zones humides, échanger sur la dynamique des écosystèmes humides, leurs fonctions et leurs services et se familiariser  avec les outils de développement de l’économie des écosystèmes humides et particulièrement l’économie agricole de ces écosystèmes. Pour le deuxième atelier à caractère régional, qui a réuni des participants venus du Bénin, du Togo, du Ghana, de la Guinée, du Sénégal, du Burkina Faso, de la république Démocratique du Congo, du, Mali, de la Côte d’Ivoire, et des formateurs provenant du Mexique et des Pays-Bas, l’objectif  était  d’identifier les services écosystémiques qui permettront  d’établir des règles de pratiques qui contribueront à soutenir les politiques  de gestion durable des Zones Humides au niveau local, en réponse à l’accroissement de la pression anthropique.

L’un des temps forts de l’atelier régional a été la visite du complexe lac Nokoué-lagune de Porto-Novo, le plus grand lac du Bénin avec une superficie de 150 Km2. Une visite d’étude aura permis  aux participants, de toucher du doigt la réalité de cette zone humique et  de cerner les aspects socio-économiques de son exploitation. Elle a également permis aux participants d’appréhender les services éco systémiques et de recueillir la perception des acteurs locaux et des populations locales.

Mais face aux médias, les experts ont apporté leur éclairage sur ce qu’il convient d’appeler zones humides et surtout, leur état actuel. Sans détour, ils ont signalé que les zones humides dans notre pays connaissent un état de dégradation avancé.

En effet, si elles ne sont pas envahies par les populations  pour l’agriculture, elles sont fortement polluées et subissent une gestion incontrôlée.  C’est le cas du lac  Nokoué qui selon l’enseignant-chercheur Flavien Dovonou, connait des problèmes de pollution dus à sa proximité avec le marché Dantokpa, le manque d’assainissement au niveau de la cite lacustre Ganvié, le transport des hydrocarbures… « Aujourd’hui, le lac Nokoué est pollué et ses sédiments aussi comme les poissons, huitres et autres », se désole-t-il. Les techniques de pèche pratiquées sont aussi nuisibles à cette ressource a ajouté le directeur général de l’Agence béninoise pour l’environnement (ABE), Edmond Sossoukpè.

Au niveau de la vallée de l’Ouémé, les constats sont les mêmes.  Avec une forte pression anthropique, l’enseignant-chercheur a indiqué que « les ressources s’amenuisent et l’environnement  est en pleine dégradation ». « Il faut absolument renverser cette tendance à la dégradation de nos zones humides », soutient-il.

Car, les zones humides qui sont un réservoir  de la biodiversité  contribuent à la lutte contre l’insécurité alimentaire, en particulier dans les pays ou les ressources en eau sont très limitées.

Une vue partielle des journalistes

Une vue partielle des journalistes

Comme solution, il convient de recourir à l’approche de Gestion Intégrée des Ressources en Eau (GIRE) qui de par ses principes, propose une gestion qui prend en compte tous les acteurs et tous les besoins en vue de leur satisfaction.

L’un des grands centres d’intérêt de ces rencontres a aussi été le partage des outils d’évaluation des écosystèmes. Parce que, soutient le Dr Fabien Hountondji, « connaitre la valeur des zones humides permet de connaitre les options de développement pour les pays ».

Aujourd’hui que les problèmes sont connus et que notre pays s’est engagé sur la voie de la GIRE,  il convient que tous les acteurs se mobilisent pour que l’approche de gestion adoptée de nos ressources en eau soit effective. Pour le professeur Euloge Agbossou, si nous voulons développer notre agriculture, il faut maîtriser et dompter l’eau ». Et cela n’est possible que si la GIRE ne devienne pas la chose la mieux partagée de tous.

 

RECOMMANDATIONS ET PERSPECTIVES DES ATELIERS

  • Les recommandations formulées à la fin des ateliers portent notamment sur :
  • les besoins de renforcement de capacités sur l’économie des écosystèmes humides à travers l’organisation d’ateliers thématiques ;
  • les perspectives d’application de l’économie des écosystèmes dans l’enseignement et dans les politiques, stratégies et plans de développement des écosystèmes humides;
  • la dynamisation de la recherche vers une évaluation des services éco systémiques à travers les formations diplomantes postuniversitaires et le développement de collaboration dans le développement de l’économie des écosystèmes.
  • Perspectives

– Actualiser toutes les zones humides potentielles du Bénin

– Cartographier ces zones humides

– Développer des méthodologies adéquates à la valorisation des zones humides du Bénin

– Evaluer les services écosystémiques de nos zones humides

– Former les journalistes spécialisés dans le fonctionnement des zones humides.

 

 

 

 

December 3, 2014

Atelier sur la problématique de la GIRE dans le bassin du Mono : Poser les jalons d’une coopération intercommunale

Alain TOSSOUNON (Bénin)
Fidèle à son engagement de soutenir les communes dans la mise en pratique de la Gestion intégrée des ressources en eau (GIRE) et le renforcement des concertations entre les structures concernées pour une gestion durable des ressources en eau au Bénin, l’ONG belge PROTOS et ses partenaires ont organisé un atelier de réflexion du 27 au 28 novembre 2014 à Lokossa. Grand moment de partage d’informations et d’expériences sur  l’intercommunalité et la mise en route de la GIRE, l’atelier a permis de pousser la réflexion sur la pertinence et l’intérêt d’une intercommunalité dans le domaine de la GIRE autour du bassin du Mono.

 

Photo de famille des participants aux travaux

Photo de famille des participants aux travaux

Autorités communales, représentants des structures intercommunales, cadres et agents des services techniques des mairies, représentants des services déconcentrés de l’Etat, représentants des projets et programmes… tous ont répondu présents à l’appel. Avec pour principal objectif de poser les jalons d’une collaboration intercommunale autour de la GIRE dans le bassin du fleuve Mono dans les départements du Mono et du Couffo, cet atelier s’inscrit dans le cadre du Partenariat Flamand pour l’Eau et le Développement (VPvWO), le Port d’Anvers (HvA), l’Association Flamande des Villes et Municipalités (VVSG) et PROTOS pour le projet concernant six communes (Lokossa, Athiémé, Dogbo, Bopa, Lalo et Toviklin) et est parfaitement intégré dans les programmes triennaux (MYP) 2011-2013 et 2014-2016 cofinancés par le gouvernement belge.
En ouvrant les travaux de cette réflexion, le Représentant-résident de Protos au Bénin, Harald van der Hoek s’est réjoui de la forte présence de tous les acteurs. Une preuve selon lui, que le sujet ne manque pas d’intérêt. « Si l’eau est une richesse, c’est aussi un risque avec les inondations », a-t-il signifié pour montrer la nécessité pour les communes, qui ne peuvent agir individuellement, de conjuguer leurs efforts afin d’intervenir en synergie. C’est un atelier plein d’espoir pour la problématique qu’il aborde et cet appel à une action concertée qu’il facilite, a souligné le 2e adjoint au maire de Lokossa, qui a ouvert officiellement les travaux.

Dans une première série de communications, les participants ont eu droit à un éclairage sur le cadre légal et règlementaire de l’intercommunalité et les expériences de regroupement de communes au Bénin et dans les départements du Mono et du Couffo.
En revenant sur la genèse des regroupements des communes au Bénin, l’expert en décentralisation et eau de l’Association Nationale des Communes du Bénin (Ancb), Sègla Lihoussou, a indiqué que la nécessité de rassemblement des communes est apparue aux premières heures de la décentralisation. Une volonté qui s’est manifestée par la création de l’ANCB et de l’UCOZ en 2003, et d’autres associations dans les départements et régions de notre pays. Seulement, quelques années après leur mise en place, ces différentes associations mises en place avant l’avènement de la loi sur l’intercommunalité et avec l’accompagnement de partenaires divers, vont tomber dans la léthargie. Aujourd’hui, avec la loi sur l’intercommunalité, à l’exception de la communauté des communes de Kouandé, Kérou et Péhunco (2KP), ces associations et regroupements des communes évoluent en marge des dispositions de cette loi. De même, elles restent confrontées à une faible volonté de leurs membres pour le paiement de leurs cotisations et à une guerre de leadership préjudiciable à la vie des associations comme c’est le cas de l’Association des communes du Mono/Couffo (Acmc). Somme toute, si ces différents regroupements doivent encore leur existence à la loi de 1901, il reste qu’elles peinent à se conformer à la nouvelle loi et mises à rude épreuve face à la récupération politique.
Malgré tout, tour à tour, chacun de ces regroupements de communes a partagé son expérience et surtout présenté le bilan de ses activités menées. De l’Union des communes du Zou (Ucoz), au Groupement Intercommunal (GI) Mono, au Territoire des Communes de l’ouémé supérieur (TDOS) ou encore le Conseil intercommunal d’éco développement (Cied), il ressort que les associations des communes régionales ou départementales, embrassent plusieurs domaines (environnement, ressources en eau, économie locale, tourisme…). Pour la communauté des 2KP qui constitue le seul Etablissement public à caractère intercommunal (Epci), les trois communes membres ont transféré cinq (5) domaines de compétences sur lesquels, elle mène des activités avec le soutien des partenaires et les subventions de ses membres.
Contrairement à l’intercommunalité au Bénin qui reste un processus jeune, elle est très vieille en Belgique. C’est le cas de l’intercommunalité en Flandre qui regroupe 5 provinces et 308 communes (de petite taille). Avec une première législation spécifique en 1922 et une dernière loi belge qui date de 1986, la coopération intercommunale en Flandre concerne plusieurs domaines dont la collecte et la gestion des déchets, le traitement des eaux résiduelles, l’approvisionnement en eau potable…Avec des capitaux propres d’une valeur de plus de 13 milliards d’euro, l’intercommunalité en Flandre constitue sans doute, une force économique et politique à l’image de plusieurs coopérations intercommunales en Europe. Une source d’inspiration pour les communes béninoises qui pour y arriver, selon les participants, devront revoir les raisons de création, leur raison d’être et créer les conditions pour assurer la viabilité de leur coopération. Surtout, comme le soutient Christof Delatter de l’Association des villes et communes flamandes, « il faut prendre le recul nécessaire pour asseoir une organisation qui peut résister à l’influence politique et aux changements de gouvernements locaux dans les communes ». Un conseil important pour les communes du Mono et Couffo dont l’association, de l’avis du Maire de Dogbo, Vincent Acakpo, est plombée par un faible engagement des membres et surtout une récupération de l’organisation à des fins politiques.

Les enjeux de la GIRE dans le bassin versant du Mono

Pour la deuxième journée consacrée aux enjeux de la GIRE dans le bassin du Mono, les échanges ont permis aux participants, de mieux appréhender les concepts de GIRE et de bassins versants, le fonctionnement du bassin versant du Mono et les impacts des barrages sur le fonctionnement hydrologique. Dans le contexte actuel, il ressort que l’action humaine amplifie les risques et la dégradation du couvert végétal est préjudiciable pour la ressource. De même, les mauvaises pratiques avec l’envahissement des berges pour la production sont à proscrire pour une meilleure protection de la ressource. Mais, il n’y a pas que l’homme qui a une influence néfaste sur les ressources en eau et la vie des communautés. En effet, ces dernières années, le Bénin comme plusieurs pays de la sous-région, fait face aux inondations acerbes avec pour corollaire, parfois des pertes en vie humaine et de nombreux hectares de production qui partent en fumée. En réponse, le gouvernement avec le soutien des partenaires, a initié le Projet de Système d’alerte précoce (SAP) afin de produire des informations et données indispensables pour la prévention. Aujourd’hui, grâce au projet, un dispositif est rendu fonctionnel et l’alerte aux inondations est désormais possible. Mais, si ce système d’alerte est d’apparition recentre et reste à renforcer, ailleurs en Belgique, dans la région flamande, c’est un plan qui a été conçu depuis 1977 pour faire face aux marées. Depuis, ce plan di Sigma, permet de gérer les voies navigables et les terrains avoisinants, de stimuler l’utilisation multifonctionnelle de la voie navigable, d’assurer la sécurité des voies navigables et de protéger les populations contre les inondations.

Une fois la phase d’éclairage sur les concepts d’intercommunalité terminée et les expériences des associations et/ou communauté des communes partagées, les participants se sont prononcés sur la nécessité ou non de mettre en place une intercommunalité autour du bassin du Mono. Pour les uns, il n’y a pas de doute. L’intercommunalité est indispensable pour mutualiser les ressources, défendre les intérêts des communes face aux infrastructures hydrauliques, protéger les berges et surtout développer des outils de planification pour la bonne gestion de la ressource au niveau du bassin. Pour les autres, il faut bien se conformer au cadre institutionnel GIRE prévu notamment le comité de bassin et les Comités locaux de l’eau (Clés) ou encore renforcer les structures intercommunales qui existent. Dans le cas de la mise en place d’une coopération intercommunale pour le bassin du Mono, la plupart des participants proposent le transfert des compétences relatives à la gestion des inondations, l’Approvisionnement en eau potable, l’environnement, la protection des berges…
Au terme des échanges, tous les participants dans leur ensemble, ont salué l’avènement de cet atelier pour la pertinence du sujet abordé. C’est pourquoi, ils recommandent de donner une suite à cet atelier. Car, selon le consultant de la Giz et ancien Directeur général adjoint de l’eau, Anatole Fassinou, « il faut continuer à creuser parce que la GIRE au Bénin est partie d’en haut alors qu’elle devrait émaner de la base ». Ainsi, « le temps est arrivé de partir de la base même si le cadre institutionnel est venu des grands classiques qui viennent d’ailleurs », a soutenu Dominique Fougeirol avant d’ajouter qu’il faut régler les problèmes dans les communes. Au total, pour les participants à cet atelier, il faut poursuivre la réflexion sur les thématiques et surtout « réinventer la GIRE en partant de la base ». Dans le même temps, il faudra continuer une vulgarisation des textes de loi sur la gestion de l’eau et la GIRE afin d’orienter les interventions.
En conséquence, si l’atelier de Lokossa n’a pas débouché sur une décision unanime de fonder une nouvelle coopération intercommunale autour du bassin du Mono, elle aura beaucoup apporté en matière d’éclairage sur l’état actuel de l’intercommunalité au Bénin et surtout révéler la volonté manifeste pour tous les acteurs communaux, de s’impliquer résolument dans la gestion du bassin du Mono. Désormais, la réflexion se poursuit sur comment y arriver pour garantir la défense des intérêts des communes qui ne veulent plus jouer le second rôle.

October 19, 2014

Le lavage des mains: Un geste pour rester en bonne santé

Makéba TCHIBOZO (Bénin) 

Aussi banal que cela pourrait paraitre, le lavage des mains à l’eau et au savon est le moyen le plus efficace et le moins coûteux pour prévenir les maladies diarrhéiques, les pneumonies et les maladies infectieuses. Il devient encore plus important dans le contexte actuel où le virus Ebola sévit en Afrique de l’Ouest. En ce jour où le monde entier célèbre la journée mondiale du lavage des mains, il est nécessaire de rappeler aux populations les bienfaits de ce geste afin de sauver des vies.

 

???????????????????????????????Selon les statistiques, 5000 enfants de moins de cinq ans décèdent chaque année des suites d’une maladie diarrhéique alors que le “remède” est connu et simple à mettre en œuvre: se laver les mains après avoir été aux toilettes ou avant de manger. Même si elles sont propres en apparence, les mains peuvent être porteuses de germes. Les microorganismes (germes) aboutissent sur les mains de différentes manières.  Lorsqu’un malade éternue ou tousse, les germes de la maladie sont expulsés dans l’air sous forme de minuscules gouttelettes. Si elles atterrissent sur vos mains et que vous touchez votre bouche, vos yeux ou votre nez sans d’abord éliminer les germes, vous devenez porteur de la maladie. Le fait de ne pas se laver les mains, avant et après la préparation des aliments, après avoir manipulé de la viande crue ou être allé aux toilettes peut également rendre malade. En plus d’aider à prévenir la maladie, le fait de se laver les mains réduit le risque d’infecter d’autres personnes. Si vous ne vous lavez pas les mains convenablement avant d’entrer en contact avec d’autres, vous risquez de leur transmettre les germes présents sur vos mains. Le virus peut aussi se propager par les germes que des mains non lavées déposent sur des objets communs comme une poignée de porte, un clavier, un appareil ménager ou professionnel. Le contact par les mains peut propager des troubles bénins comme le rhume, mais aussi des maladies plus graves, voire mortelles. Les très jeunes enfants, les personnes âgées, celles qui sont atteintes d’une maladie préexistante ou celles dont le système immunitaire est affaibli, notamment par le VIH ou le sida, sont particulièrement vulnérables aux maladies infectieuses.

Même si se laver les mains peut paraître simple, il est recommandé de suivre les étapes suivantes pour éliminer complètement les germes. Il suffit de vous laver souvent les mains à l’eau savonneuse pendant au moins 20 secondes. À défaut d’eau et de savon, vous pouvez recourir aux désinfectants à base d’alcool pour les mains. Dans la plupart des cas, il n’est pas nécessaire d’utiliser du savon antibactérien pour avoir les mains propres. Retirez vos bagues et bijoux et mouillez-vous les mains à l’eau chaude. Avec du savon régulier, faites mousser partout sur les mains et frottez pendant au moins 15 secondes. Lavez la paume et le dessus des mains ainsi que les sections entre les doigts et sous les ongles. Rincez-vous ensuite les mains à fond à l’eau courante chaude en les frottant l’une contre l’autre. Après cette étape, essuyez-vous doucement les mains avec un essuie-tout ou une serviette propre. Un séchage vigoureux peut endommager la peau. Vous devez vous servir de l’essuie-tout pour fermer le robinet afin d’éviter toute recontamination. Dans les toilettes publiques, conservez l’essuie-tout pour ouvrir la porte en sortant. Si la peau s’assèche, utilisez une lotion hydratante. Cependant, si vous avez la peau sensible ou que votre emploi exige que vous laviez souvent les mains (comme un agent de santé), vous pourriez envisager l’utilisation d’un désinfectant à base d’alcool.

Réduire les risques de contamination par les mains

Voici quelques mesures qui vous permettront de protéger votre famille. Il faut souvent se laver les mains, surtout après avoir toussé, éternué ou utilisé un papier-mouchoir, avant et après les repas, avant de préparer des aliments, après avoir manipulé de la viande crue, après avoir touché à un animal et après être allé aux toilettes. Lorsque vous toussez ou éternuez, utilisez un papier-mouchoir ou faites-le dans le creux de votre bras. Il faut surtout éviter d’éternuer dans la main et n’oubliez pas de jeter les mouchoirs souillés à la poubelle. À la maison et au bureau, il est nécessaire de nettoyer les surfaces pour éliminer les germes, notamment les poignées de porte, les interrupteurs de lumière, les téléphones et les claviers. Si vous avez des enfants, enseignez-leur les mesures d’hygiène élémentaires et comment se laver les mains adéquatement. Évitez d’utiliser le même linge humide pour nettoyer les mains de plusieurs enfants, de se rincer les mains dans une cuvette ou un bassin d’eau, de partager le même essuie-main. N’utilisez pas d’éponges ou de torchons réutilisables, à moins de les changer tous les jours et de les laver avec du détergent car les germes prolifèrent sur les surfaces mouillées.

En l’absence d’eau et de savon, il est possible d’utiliser un désinfectant à base d’alcool. Si vos mains sont visiblement souillées, il est préférable d’utiliser de l’eau et du savon. Si ce n’est pas possible, enlevez la saleté à l’aide de lingettes avant d’utiliser un désinfectant à base d’alcool. Les mains doivent être sèches lorsque vous appliquez le produit, car l’eau dilue le produit. Il faut utiliser assez de désinfectant pour couvrir toute la surface des mains et des doigts et bien les frottez jusqu’à ce que le produit se soit évaporé. Si la peau s’assèche, utilisez une lotion hydratante.

Makeba Tchibozo

September 10, 2014

Signature du nouvel accord de siège de l’ONG belge PROTOS : Une reconnaissance de sa contribution au secteur AEPHA au Bénin

Alain TOSSOUNON (Bénin) 

Implantée au Bénin depuis 20 ans, l’ONG belge Protos œuvre pour une gestion équitable, participative et durable des ressources en eau à travers plusieurs projets et programmes. En reconnaissance de son engagement, le gouvernement du Bénin a signé un nouvel accord de siège au cours d’une cérémonie qui s’est déroulée le  lundi 8 septembre 2014 au Ministère des affaires étrangères.

 

 Poignée de main entre le représentant résident de Protos (à gauche) et                                       le représentant du gouvernement (à droite)

Poignée de main entre le représentant résident de Protos (à gauche) et le représentant du gouvernement (à droite)

« Par cet acte, le Gouvernement béninois réitère sa confiance en votre institution, pour vous accompagner dans la volonté de votre ONG de poursuivre l’entreprise dans laquelle nous nous sommes engagés depuis la signature du premier accord de siège le 22 novembre 1996 ». C’est en ces termes que le secrétaire général  par intérim du Ministère des Affaires Etrangères, de l’Intégration africaine, de la Francophonie et des Béninois de l’extérieur, Eusèbe Agbangla  s’est exprimé au cours de cette cérémonie de signature.   Pour le représentant du gouvernement, le renouvellement de l’accord de siège est un mérite pour cette organisation qui milite pour une amélioration de l’accès des populations béninoises à l’eau et à l’assainissement  et  une meilleure gestion des ressources en eau dans notre pays.

Ainsi, il a rappelé  par exemple,  les interventions de l’organisation dans le Sud du Bénin visant un meilleur accès ou une meilleure utilisation de l’eau, à travers l’approvisionnement en eau potable et l’assainissement, les aménagements hydro-agricoles, etc. Plus encore, il  a signalé son engagement pour la Gestion Intégrée des Ressources en Eau (GIRE) à travers son « précieux soutien »  au Partenariat National de l’Eau (PNE).   Dans  le secteur des aménagements hydro-agricoles au Bénin, les activités  de Protos ont  permis le renforcement  les capacités des Organisations paysannes et des acteurs d’appui en matière de valorisation intégrée des sources en eau à des fins agricoles. Un programme qui a contribué à l’aménagement de plus d’une soixantaine de sites dans douze (12) communes des départements du Mono/Couffo et de l’Atacora/Donga, à travers la réalisation d’infrastructures d’irrigation et de drainage, le développement des filières porteuses comme le maraichage, la riziculture, etc.

Surtout, les interventions de l’ONG belge Protos ont été saluées parce qu’elles contribueront à l’atteinte des objectifs du Millénaire pour le développement (Objectif 7 relatif  à l’accès à l’eau potable) par le Bénin en 2015.

Très heureux de cette confiance renouvelée, le Représentant résident de Protos au Bénin, Harald Van Der Hoek,  a rappelé les raisons qui motivent les interventions de son organisation au Bénin. Il s’agit de sa stabilité sociopolitique et économique mais aussi  « son hospitalité et sa crédibilité ».

Au total, il a souligné qu’au Bénin, PROTOS intervient dans 22 communes de l’Atacora Donga et du Mono Couffo. Il met en œuvre plusieurs projets de développement dans les secteurs  d’ Approvisionnement en Eau Potable, Hygiène et Assainissement (AEPHA) et valorisation de l’eau  par l’agriculture dans un cadre global de Gestion Intégrée des Ressources en Eau (GIRE).  Il a précisé que ces projets sont financés par différents bailleurs tels que la coopération belge au développement, le Fonds Belge de Sécurité Alimentaire, l’Union Européenne, la Facilité Africaine de l’Eau de la Banque Africaine de Développement et l’Alliance Wash néerlandaise.

Avec ces projets et financements, plusieurs objectifs ont été atteints ces cinq dernières années. Il s’agit entre autres, de  l’amélioration de l’accès à l’eau potable et à l’assainissement; de l’ amélioration des connaissances et mise en œuvre de la gestion intégrée des ressources en eau, en protégeant les réserves en eau; du renforcement des capacités des communes dans la maîtrise d’ouvrage.

En matière de réalisation des ouvrages d’Approvisionnement en Eau Potable et d’assainissement, on retient la construction de 290 points d’eau potable, 150 blocs de latrines institutionnelles et publiques et de 1.050 latrines familiales. Des réalisations qui ont  favorisé  l’accès de 80.000 personnes à l’eau potable et 91.800 personnes ont bénéficié d’assainissement amélioré.

En matière d’aménagement hydro-agricole, une superficie de 645 ha ont été aménagés augmentant ainsi la production de riz de 700 à 3.700 kg/ha. Par ailleurs, 89 groupes de paysans et organisation de 2.500 producteurs ont bénéficié d’un renforcement de capacités.

Tout en rappelant que ces actions et résultats sont le fruit d’une collaboration et d’un partenariat avec les institutions que sont le Ministère en charge de l’Eau, le Ministère de l’Agriculture et de la santé, des services déconcentrés de l’Etat et les communes, Harald van Der Hoek, a indiqué que pour les prochaines années, l’objectif de PROTOS est de « contribuer à une gestion adéquate du développement local dans un contexte de décentralisation et de renforcement de la société civile ». Ce qui passe par le développement et la promotion de méthodes novatrices avec des acteurs  plus engagés.  L’aventure se poursuit.

 

Tags: , , ,
August 11, 2014

Epidémie d’Ebola: Une opportunité pour renforcer la sensibilisation sur le lavage des mains au Bénin

Alain TOSSOUNON (Bénin) 

Malgré les cas suspects signalés à Tanguiéta ou à Porto-Novo, aucun cas d’Ebola n’a été confirmé officiellement encore par les autorités béninoises. Contrairement aux quatre pays (La Guinée-Conakry, le Libéria, la Sierra-Leone,) qui ont déclenché l’état d’urgence ce week-end, le Bénin n’a pas encore enregistré son premier cas. Pour l’heure, cette épidémie à l’ origine de 1000 morts déjà, inquiète les Béninois et avec eux tout le monde entier.

Le lavage des mains, un geste simple qui sauve des vies

Le lavage des mains, un geste simple qui sauve des vies

Dans les pays voisins de l’Afrique de l’ouest, une partie de l’Afrique où les migrations entre populations sont particulièrement grandes, plusieurs mesures parfois dures pour les économies nationales, sont désormais envisagées pour limiter les risques de contamination entre les populations. Des dispositions de filtrage au niveau des frontières, à l’instauration de zones de quarantaine et l’interdiction des rassemblements publics comme en Sierra-Léone, certains pays comme la Côte d’ivoire interdisent désormais des vols en direction des pays touchés par l’épidémie.
Face à la situation, l’Organisation Mondiale de la Santé a décrété « l’urgence de santé publique de portée mondiale » pour sonner la mobilisation de la communauté internationale afin de trouver les moyens scientifiques et financiers de barrer la route à cette fièvre au taux de décès variant entre 25 à 90 %.
Ainsi, si pour le moment le Bénin attend d’enregistrer son premier cas -ce qui n’est pas souhaitable- il y a lieu d’intensifier et de renforcer la sensibilisation pour l’appropriation par les populations, des règles d’hygiène sanitaire comme le lavage des mains.
Car, en l’absence de traitement efficace et de vaccin pour l’homme, la sensibilisation aux facteurs de risque et la connaissance des mesures de protection à prendre à titre individuel sont le seul moyen de réduire l’infection et la mortalité chez l’être humain. Et l’une des mesures recommandées en dehors de toutes les autres par l’OMS, c’est la diffusion de messages éducatifs de santé publique visant le lavage régulier des mains à l’eau et au savon. Un geste fort simple mais qui depuis plusieurs années, a du mal à faire fortune dans notre pays au niveau des populations béninoises.
En effet, seulement 3 personnes sur 10 se lavent les mains à l’eau et au savon aux moments critiques à savoir avant de manger et après les toilettes. Pourtant, toutes les études montrent que le lavage des mains bloque la transmission d’agents pathogènes qui sont à l’origine de plusieurs maladies dont la diarrhée, la typhoïde, le choléra… Une étude récente (Curtis et Cairncross, 2003) indique que le lavage des mains au savon, en particulier après un contact avec les excréments peut réduire l’incidence diarrhéique de 42% à 47%.
Avec un taux de lavage des mains très bas au Bénin, l’apparition du virus Ebola pourrait avoir des conséquences désastreuses. Avant qu’il ne soit trop tard, le gouvernement et toutes ses structures déconcentrées, devraient promouvoir dans le contexte de psychose et dans la hantise de l’apparition du premier cas d’Ebola, des programmes de lavage des mains. Si par le passé, le lavage des mains à l’eau et au savon avait du mal à passer, avec le virus Ebola, le moment devrait être saisi pour que nos populations comprennent tout le bien fondé de ce geste simple, qui constitue à lui seul un vaccin contre plusieurs maladies.

July 24, 2014

Suivi-budgétaire des finances publiques dans le secteur  WASH au Bénin : Les membres du CANEA affûtent leurs armes 

Alain TOSSOUNON (Bénin) 

Afin d’intensifier leur plaidoyer et de contribuer efficacement à l’amélioration de l’accès durable des populations aux services d’eau, d’hygiène et d’assainissement (WASH), les membres du Cadre de Concertation des Acteurs Non Étatiques de l’Eau et d’Assainissement (CANEA) étaient en session de formation les 17 et 18 juillet 2014 à Porto-Novo. Portant sur le suivi budgétaire des finances de l’Etat dans le secteur WASH, cette session ouvre la voie au renforcement des actions du plaidoyer de ce cadre pour une meilleure priorisation et gestion des ressources publiques au profit du secteur vital.

Les membres du bureau du CANEA et le Coordonnateur de l'Alliance WASH

Les membres du bureau du CANEA et le Coordonnateur de l’Alliance WASH

Partager avec les membres le processus d’élaboration et les familiariser avec la lecture du budget général de l’Etat surtout dans le secteur de l’eau et de l’assainissement. C’est tout l’enjeu de cette session de formation des membres de ce cadre mis en place pour influencer les grandes orientations et décisions au profit des communautés.

A l’ouverture de la session, le coordonnateur de l’Alliance Wash-Bénin, Albert Eteka, s’est félicité de la tenue de cette session avant de convier les participants à suivre attentivement le contenu de la formation en matière de suivi budgétaire.

En ouvrant officiellement les travaux, le Président du CANEA et Coordonnateur du PNE-Benin, André Zogo, s’est réjoui de la présence effective de tous les membres à cette session qui constitue la deuxième grande activité après la marche organisée dans le cadre de la JME 2014. En justifiant la session de formation, il a signifié qu’elle constitue « une réponse aux difficultés rencontrées » par le cadre dans la mise en œuvre de ces actions de plaidoyer visant à mettre en priorité les secteurs de l’eau, l’hygiène et l’assainissement dans notre pays. Pour lui, à terme, cet atelier permettra à la société civile WASH, une fois outillée, de « mieux influencer le budget alloué au secteur de l’eau et de l’assainissement ». En souhaitant plein succès aux travaux, il a lancé un appel aux participants à plus d’engagement autour des activités du CANEA.

une vue partielle des participants au cours de la formation

Au cours des deux jours de formation, les participants ont eu droit à plusieurs communications de deux consultants à savoir Frédéric de SOUZA, de la Direction Générale du budget et Dieu-donné HOUINSOU de Social Watch.

Dans une première série de communications, les participants ont pu se familiariser avec les principes budgétaires, le processus d’élaboration du budget général de l’Etat, les procédures d’exécution des dépenses de l’Etat, les mécanismes de contrôle avec des cas pratiques de décryptage. Dans une seconde phase de la formation, ils ont eu droit aux outils et techniques de lecture du budget et au partage de l’expérience de Social Watch Bénin en matière de suivi sectoriel par les OSC.
Lors de la session, l’intérêt des participants a été manifeste avec des discussions sur les mécanismes de contrôle de la gestion des ressources publiques et surtout les dysfonctionnements observés dans l’inobservance des sanctions prévues par la loi en cas de dérives.
Au total, pour les uns comme pour les autres, le thème de la session était pertinent parce qu’il aura permis de « démystifier » la lecture du budget et surtout de mieux appréhender comment les ressources sont affectées aux différentes dépenses de l’Etat. Désormais capables de comprendre et de lire le budget de l’Etat, les participants ont fait des recommandations au terme de la formation. Dans leur ensemble, ils ont souhaité une deuxième session qui portera sur le suivi budgétaire dans les communes et les mécanismes de transfert des ressources de l’Etat aux communes. Une véritable préoccupation pour les participants dont les structures interviennent dans les communes.
Par ailleurs, ils ont pris l’engagement de se mobiliser pour affiner la feuille de route élaborée afin de passer à sa mise en œuvre pour que désormais, le suivi budgétaire dans le secteur de l’eau et de l’assainissement soit une réalité au Bénin.

Tags: , ,
July 22, 2014

Agossou Brice TENTE, Maître de Conférences de Géographie, Biogéographe : « Il faut une politique bien pensée pour préserver notre biodiversité»

Face aux menaces qui pèsent sur la diversité biologique dans le monde, en Afrique et au Bénin, nous avons rencontré le Professeur Agossou Brice TENTE qui est par ailleurs Chef du département de Géographie et de l’Aménagement du Territoire (DGAT) à l’Université d’Abomey-Calavi (UAC). Si selon lui, le Bénin dispose d’une riche diversité biologique et des efforts de recherche sont faits pour mieux la connaitre, il reste que l’on ne dispose pas d’une politique efficace bien « pensée » pour la préserver pour les générations futures.

Prof Brice TENTE, Enseignant-chercheur

Prof Brice TENTE, Enseignant-chercheur

Aujourd’hui, est-ce qu’on peut dire que la biodiversité se porte bien au Bénin ? Avant tout il convient de clarifier d’abord la notion de biodiversité. En réalité, c’est un concept vraiment complexe. Le mot biodiversité ou diversité biologique regroupe trois aspects. C’est d’abord l’ensemble des gènes, des espèces et l’ensemble des écosystèmes d’une région donnée. Autrement dit, c’est la variabilité des organismes vivants de toute une région y compris les écosystèmes terrestres, marins et autres. Donc, vouloir parler de la biodiversité, c’est trop englobant. On peut se poser la question de comment se porte les gènes de façon générale, les espèces, et les écosystèmes. Selon vous, en considérant ces trois aspects, est-ce que la biodiversité du Bénin est riche? Notre biodiversité fait partie des plus riches. Je le dis parce qu’à voir la complexité des milieux que nous avons (si nous voulons parler des milieux phytogéographiques) et cette biodiversité varie tout au long du Bénin jusque dans le département de l’Atacora. Par exemple, si nous prenons la côte, nous avons une variété. Si nous prenons la zone de transition, nous avons une autre variété. Et si nous prenons surtout la chaîne de l’Atacora, nous avons aussi une variété de milieux, d’espèces, d’écosystèmes et de gènes qui se développent dans ces milieux. C’est-à-dire que c’est la complexité, la morphologie même du territoire qui offre cette variété d’espèces en fonction des zones phyto géographiques du Bénin. Est-ce qu’aujourd’hui nous avons une bonne connaissance de notre biodiversité ? Même au niveau mondial aussi, le problème de la connaissance de la biodiversité se pose. Si nous prenons les animaux, il y a une connaissance limitée. On peut estimer à 10 millions d’espèces mais à peine le tiers est connu. Mais, je peux dire que si nous revenons au Bénin, en matière de connaissances, on a quand même une idée générale des espèces que ce soit floristique ou faunique. Il y a 4 ou 5 ans de cela, on a produit un document sur la flore analytique du Bénin qui est un document qui fait le point de tout ce qu’on a comme espèces floristiques et même les espèces qu’on n’a jamais identifiées nulle part ont pu être identifiées. Est-ce à dire que la recherche joue un rôle important dans la connaissance de la biodiversité dans notre pays ? Il faut dire que dans le monde universitaire, il y a plusieurs laboratoires qui s’investissent aussi bien à la Faculté des Lettres, Arts et Sciences Humaines (FLASH) au département Géographie mais aussi à la Faculté des Sciences Techniques (FAST) au niveau de la Botanique, en agronomie… Il y a des recherches menées de manière concertée pour cerner ce que nous avons comme richesses aussi bien sur le plan faunique que sur le plan floristique et quel est leur état actuel. Autrement dit, il y a des indicateurs qui favorisent de mieux voir de quoi il est question. Donc, je peux vous dire que la connaissance de la diversité biologique du Bénin n’est pas mal. Nous évoluons aujourd’hui dans un contexte de changement climatique et nous savons très bien que ce phénomène a des impacts sur la diversité biologique. Est-ce que la recherche s’intéresse à cette problématique? La recherche s’intéresse énormément à ces questions du moment où nous avons plusieurs de laboratoires et des collègues qui s’intéressent à cette problématique. Et de manière combinée, nous essayons de voir quels sont les impacts de ces variabilités climatiques et des changements climatiques. Mais cela reste une problématique complexe. Autrement dit, ces paramètres ont des influences considérables sur le maintien de nos écosystèmes et des espèces. Est-ce qu’il y a des espèces menacées au Bénin ? On a plein d’espèces menacées aussi bien sur le plan faunique et sur le plan floristique. Sur le plan faunique, nous avons l’espèce qui constitue l’espèce endémique, le singe à ventre rouge qui est menacé comme espèce phare et cela fait partie des espèces menacées. Et sur le plan floristique, vous êtes sans doute au courant de tout ce qu’il y a comme bradage au niveau de nos forêts, de certaines espèces qui sont coupées en désordre sans contrôle. Ce qui constitue de véritables problèmes au niveau de nos forêts classées. Donc, on a des espèces menacées. Maintenant, il est question de voir quelle politique menée pour préserver ces essences qui, de nos jours, sont vraiment menacées suite à la pression humaine. On parle de changements climatiques mais à côté, il faut dire aujourd’hui que c’est l’homme qui est l’acteur numéro 1 dans la régression de nos ressources notamment biologique. Est-ce que les spécialistes et chercheurs qui travaillent sur la question donnent des alertes pour que des réponses soient trouvées ? Il faut dire qu’il faut avant tout une politique. Bien sûr, elle existe mais il faut qu’elle soit vraiment fonctionnelle du moment où la question que vous posez n’est pas seulement limitée à notre niveau. Au plus haut niveau, on essaye quand même d’attirer leur attention. L’année passée, le recteur de l’université, le professeur Brice Sinsin, a été invité au Conseil Economique et Social pour parler de l’état de la diversité floristique, faunique et autres. Il a présenté des communications mais il reste la suite. Même à l’Assemblée Nationale, il y a des interpellations. Donc, la science essaie de parler, de tout faire pour montrer de quoi il est question. Mais, il reste à la politique d’accompagner et de mener les actions qu’il faut pour réellement assurer. La science d’accord mais nous n’avons pas les moyens de préservation qu’il faut. Si on doit dire que pour une forêt classée, il faut tel nombre de forestiers pour préserver, ce n’est pas à la science, aux universitaires de recruter ces forestiers et autres. Donc, il faut une politique vraiment développée autour de la question pour préserver un tant soit peu ces ressources sinon nous tendons vraiment vers une situation qui risque d’être irréversible. Est-ce que vous êtes accompagné par l’Etat pour renforcer les travaux de recherche ? On ne peut pas dire qu’on n’est pas encouragé par l’Etat. Car, il y a les laboratoires, on a quelques appuis même si ce n’est pas ce qu’il faut. On a des appuis par moment, des conférences et colloques organisés. Et l’année passée, l’Association Interprofessionnelle de Coton (AIC), l’Association Internationale des Climatologues qui ont organisé des conférences et cela a été plus ou moins financé par l’Etat. Donc, on est accompagné mais si on a les résultats, il faudra les mettre en application. Mais très souvent, les résultats des travaux de recherche dorment dans vos laboratoires. Est-ce qu’il y a des espaces pour faire connaître et partager les résultats? On peut peut-être dire que dans le passé mais de nos jours, on organise très souvent des panels et des journées portes ouvertes. Il y a le Centre Béninois de la Recherche Scientifique et Technique (CBRST) et l’université qui organisent des colloques et on ne cesse de présenter au public, ce qu’on a obtenu comme résultats clés en matière de mesures de préservation. Il faudra comme je l’ai dit tantôt que l’Etat accompagne plus en mettant les moyens qu’il faut pour régulièrement appliquer les approches de solutions que nous souhaitons. Selon vous, quel est l’avenir de la diversité biologique au Bénin ? L’avenir n’est pas trop sombre mais il faut dire que si on s’y prend vite, on pourra vraiment préserver. Le tout dépend des mesures d’accompagnement, c’est-à-dire de comment on s’y prend pour régler de façon définitive la question. Ce qui est un peu gênant est que quand vous voyagez en Europe ou dans d’autres pays, vous voyez combien de fois les actions sont mises en route pour la préservation de la biodiversité. On accompagne toute une stratégie qu’on développe et on sait déjà qu’on doit replanter tel espace en compensation de tel autre. La situation n’est pas trop alarmante mais c’est alarmant quand même. Il faudra vite prendre les mesures qu’il faut pour réellement penser assurer l’avenir des générations futures.

 

Propos recueillis par Alain TOSSOUNON

February 28, 2014

Mission d’information sur le Projet « Eau pour la croissance et la réduction de la pauvreté » : Le président Abel Afouda satisfait de l’intérêt porté au projet par le Bénin

Le président du Partenariat Ouest-africain de l’Eau (Gwp/Ao), Abel Afouda, a effectué une mission d’information au Bénin du 26 au 28 Février dans le cadre du Projet « Eau pour la croissance et la réduction de la pauvreté dans le sous-bassin transfrontalier du Mékrou ». Les échanges avec les autorités des divers ministères impliqués ont été très fructueux selon ses déclarations à la presse hier, 27 février au cours d’une interview.

Béatrice Koumènougbo (Bénin)

Abel Afouda, Président du GWP/AO

Abel Afouda, Président du GWP/AO

Les autorités béninoises ont porté un grand intérêt aux échanges avec le président du Partenariat ouest-africain de l’eau, Abel Afouda, dans le cadre de la mission d’information sur le projet « Eau pour la croissance et la réduction de la pauvreté dans le sous-bassin transfrontalier de la Mékrou ». Dans une interview accordée à la presse, hier, 27 Février, il a expliqué les objectifs du projet et exprimé sa satisfaction quant à la disponibilité et l’écoute des autorités béninoises.

En effet, le président du Partenariat Ouest-africain pour l’eau a rencontré les autorités et cadres des ministères en charge de l’agriculture, de l’enseignement supérieur, de l’eau, de l’environnement. «Les échanges ont été très fructueux » a-t-il déclaré. Il a estimé que cet intérêt manifeste des autorités béninoises contribuera à une bonne mise en œuvre du projet au Bénin. Le 1er responsable du partenariat ouest africain de l’eau est revenu sur l’importance du projet.

Le projet « Eau pour la croissance et la réduction de la pauvreté dans le sous-bassin transfrontalier de la Mékrou », a été initié par le Partenariat mondial de l’eau et  soutenu financièrement par l’Union Européenne. Il sera mis en œuvre dans trois pays que sont le Bénin, le Burkina-Faso et le Niger. Selon Abel Afouda, ce projet permettra d’améliorer  les connaissances en matière de ressources en eau  au profit des populations, des maires et décideurs.  Le président du Gwp/ Ao a rappelé que l’eau c’est la vie. A cet effet, il est important de maîtriser la ressource eau pour éviter les catastrophes telles que les inondations. Pour illustrer l’importance du projet, il a rappelé les inondations qui ont lieu régulièrement dans le nord du Bénin. Selon lui, si les populations étaient suffisamment informées, elles prendraient les mesures nécessaires pour éviter les désagréments. C’est le cas des agriculteurs qui ont besoin de l’information nécessaire sur la ressource eau pour mieux planifier  leur production. Il est donc important d’informer non seulement les populations mais aussi les maires et autorités concernées. Ce projet permettra aux maires de mettre l’eau dans leur Plan de développement communal et aux décideurs, d’intégrer les programmes liés à l’eau dans les plans de développement. Abel Afouda a estimé que c’est un projet qui a de l’avenir étant donné que sa finalité est la réduction de la pauvreté à travers une meilleure connaissance des ressources en eau dans ce sous-bassin transfrontalier.

Interrogé sur la prochaine étape en ce qui concerne la mise en œuvre du projet, Abel Afouda a indiqué qu’après l’étape de l’information, le projet sera lancé au cours d’un atelier qui se tiendra à Ouagadougou en Mars 2014. Des ateliers  suivront dans tous les pays pour informer les populations et les décideurs. La première année du projet sera couronnée par la signature de convention pour une gestion harmonisée de la ressource eau entre les pays concernés.

June 6, 2013

Benin: Poor access to drinking water