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July 19, 2019

Atelier d’échanges des acteurs de la composante AEPHA de OmiDelta Fonds ANE : Un moment fort enrichissant de partage d’expériences et d’apprentissage mutuel

Alain TOSSOUNON (Cotonou/Bénin)

L’Organisation Néerlandaise de Développement (SNV), gestionnaire du Fonds des Acteurs Non Etatiques (ANE) du Programme OmiDelta a organisé du 28 au 29 mai 2019, un atelier d’échanges à l’intention des Organisations Exécutantes (OE) des projets de la composante Approvisionnement en Eau, Hygiène et Assainissement (AEPHA) financés par le Fonds afin de promouvoir le partage d’expériences et de connaissances ainsi que l’apprentissage mutuel.  Cet atelier a été l’occasion pour les participants composés essentiellement de représentants des OE (AERAMR, Oxfam, SIA N’SON, Helvetas, Protos, ANAP, AProDESE), d’échanger  sur les résultats et enseignements, ainsi que sur les bonnes pratiques découlant de la mise en œuvre de leurs différents projets. Outre les OE, on note la présence des représentants des acteurs clés du secteur dont la Direction Générale de l’Eau (DGEau), l’Agence Nationale d’Approvisionnement en Eau Potable en Milieu Rural (ANAEP-MR), l’Association Nationale des Communes du Bénin (ANCB), l’Assistante Technique du Programme OmiDelta et la GIZ (ProSEHA).

     Photo de famille des participants aux travaux

Avec pour objectifs de renforcer l’échange d’expériences et de connaissances entre les Organisations Exécutantes sur les principaux progrès ; et de proposer des dispositions pratiques pour améliorer la performance des projets, la rencontre a été aussi une opportunité de capitaliser les résultats et bonnes pratiques enregistrés. Face aux représentants des différentes organisations engagées et récipiendaires, le Coordonnateur du Fonds ANE,  a indiqué que désormais, l’heure est aux résultats, sonnant ainsi la mobilisation de tous. Aussi, a-t-il  invité chaque OE, à une analyse critique de l’état d’avancement de son projet afin d’en ressortir les progrès réalisés, les difficultés et les défis à relever. Cette même préoccupation est d’ailleurs partagée de tous les participant(e)s qui, en exprimant leurs attentes vis-à-vis de l’atelier, en ont fait mention. C’est donc dans une ambiance conviviale et une atmosphère d’apprentissage mutuel que l’atelier a pris son envol avec à la clé, trois temps forts : le partage des résultats obtenus par chaque organisation avec les défis relevés (ou à relever) et difficultés rencontrées ; la recherche et l’identification des bonnes pratiques qui font tache d’huile ; les actions à entreprendre  pour améliorer la performance des projets.

La présentation des progrès réalisés a constitué l’un des temps forts de la rencontre. Elle a permis aux différentes organisations, de présenter tour à tour, les résultats saillants enregistrés. Au titre des progrès intermédiaires, on note essentiellement en matière d’AEP : la réalisation et la réhabilitation d’ouvrages, la pose de compteurs d’eau sur les Forages équipés de pompe à motricité humaine (FPM) et la réhabilitation de kiosques à eau en zone périphérique notamment dans la commune de Parakou par AProDESE. On retient aussi comme progrès, le renforcement des capacités des acteurs communaux (élus, cadres et agents) pour garantir la bonne gestion et la durabilité des ouvrages, la promotion de la redevabilité et de la veille citoyenne à travers l’appui aux Associations de Consommateurs d’Eau Potable (ACEP) dans certaines localités. En matière d’Hygiène et d’Assainissement de Base, les résultats sont tout aussi édifiants avec l’évolution du nombre de localités maintenant leur statut d’état FDAL avec les interventions de AERAMR dans la zone sanitaire de Djidja, Abomey, Agbangnizoun. Il en est de même dans les communes de Karimama, Malanville et Kandi avec SIA N’SON en matière de consolidation des acquis de l’ATPC. On note également en termes de résultats, la formation des maçons sur la construction de latrines et particulièrement les latrines à fosse étanche et le lancement du processus de construction d’une station de traitement des boues de vidanges avec Oxfam dans sa zone d’intervention (Ouidah, Kpomassè et Tori-Bossito), le lancement effectif du programme InnEAUvASSion par PROTOS avec comme focus le Sanimarketing dans 5 communes des départements des Collines, du Mono et du Couffo.

Un bouillon d’idées autour des résultats et expériences en cours

Au-delà d’une simple revue des progrès, l’atelier a surtout permis aux organisations récipiendaires, de mettre en débats, leurs défis et craintes parfois communs afin de réfléchir ensemble, sur la façon de les juguler. Au nombre des défis, on note entre autres, le respect des délais contractuels, l’engagement des acteurs communaux à assurer le suivi, la durabilité des investissements, l’atteinte des résultats de qualité, l’évaluation du nombre de personnes touchées par la Communication pour le Changement de comportement, l’emploi durable pour les jeunes et les femmes, … Des discussions et vifs échanges ont permis de mieux comprendre et d’appréhender les contours des approches et stratégies utilisées par chaque organisation. On retient essentiellement que dans leur ensemble, les acteurs sont préoccupés par la durabilité des investissements et les dispositifs et mécanismes à mettre en place pour l’assurer. Ainsi, en matière d’implication des acteurs communaux pour une appropriation et un exercice plein de leurs rôles et responsabilités, si la signature des protocoles ou pactes entre les acteurs clés (usagers, services techniques, délégataires, etc.) et chaque commune constitue une stratégie d’engagement des élus, il convient d’aller plus loin pour garantir la gestion durable des ouvrages et la continuité du service public de l’eau et de l’hygiène et l’assainissement. En d’autres termes, les 5 dimensions de la durabilité doivent être internalisés et opérationnalisés par les acteurs locaux et communaux. En plus de la reddition des comptes et de la veille citoyenne par les ACEP, il importe aussi de dynamiser les cadres de concertation au niveau communal pour un meilleur suivi et contrôle des engagements de chaque acteur et par conséquent de la durabilité.

Par ailleurs, pour mieux suivre l’évolution des progrès et l’atteinte des objectifs fixés, les participants ont eu droit à une présentation globale des résultats de l’étude de référence menée par le gestionnaire du Fonds au niveau des zones d’intervention des 7 projets. Les différents outils utilisés que sont les questionnaires et guides d’entretien ont permis de collecter les informations selon la nature du projet avec l’application Akvo Flow. Les résultats agrégés des projets pour l’année 2018 sont disponibles sur la plateforme IATI au niveau de la page OmiDelta Fonds ANE pour la composante AEPHA. Pour la suite, les points d’attention suggérés portent sur une meilleure définition des indicateurs, la qualité des données collectées et les preuves des résultats rapportés.

Vue partielle des participants au cours des travaux de groupe

Grand moment de partage des meilleures pratiques dénichées

Le partage de bonnes pratiques a constitué le deuxième temps fort de l’atelier au cours duquel, les différentes organisations ont été réparties en deux groupes à savoir celles qui s’investissent dans le sous-secteur AEP (Helvetas, ANAP, PROTOS, AProDESE) et celles qui ont pour champs d’action, l’Hygiène et l’Assainissement de base (Oxfam, AERAMR, SIA N’SON) pour identifier et partager leurs bonnes pratiques.  Cet exercice sur  des expériences qui font école, s’est avéré passionnant pour les participants qui ont partagé plusieurs bonnes pratiques. En matière d’AEP, on note par exemple, la pose de compteurs sur les Forages équipés de pompe à motricité humaine (FPM) de AProDESES permettant de suivre la gestion des délégataires et au-delà, les redevances mais aussi la quantité d’eau consommée par les populations. En outre cette pratique innovante pourrait être pourvoyeuse d’emplois durables pour les jeunes et les femmes chargés de suivre et de gérer les compteurs.

En matière d’HAB, le cas de l’expérience des « tontines latrines » pour la mutualisation des moyens par les ménages favorisant le passage à l’échelle dans les villages FDAL a aussi retenue l’attention des participants. A cela, il faut ajouter l’expérience de Helvetas en matière de transparence et de redevabilité avec des outils et mécanismes pour améliorer la collecte de la redevance au niveau des ouvrages d’AEP, la traçabilité des recettes issues de la vente de l’eau, etc.. A l’issue de cet exercice qui aura montré tout son intérêt pour les organisations mais aussi pour la SNV et le secteur dans son ensemble, les participants ont été invités à poursuivre la recherche de bonnes pratiques et surtout à les documenter.

En marge de la présentation de ces expériences écoles, plusieurs communications ont permis de nourrir les connaissances en matière de promotion d’emploi des jeunes dans le secteur AEPHA  avec Plan International Bénin, d’implication des femmes dans le secteur par la GIZ à travers le Programme ProSEHA, de durabilité avec Oxfam et l’Assistant Technique du programme OmiDelta. La communication sur la durabilité des investissements a montré toute l’importance des mesures à mettre en œuvre pour garantir la continuité du service au-delà de la vie des projets. A cet effet, l’expérience d’appui aux communes en personnel pour renforcer le travail des REHA au niveau du Fonds Acteurs Etatiques (AE) a été partagée. Egalement, les meilleures expériences dans certaines régions du Mali ont davantage permis, de remettre au centre des interventions de toutes les organisations, l’important défi de la durabilité. «C’est une responsabilité de tous, institutions et communautés», a conclu le coordonnateur du Fonds ANE, lançant ainsi un appel à tous pour documenter toutes mesures ou actions entreprises dans le but de garantir la durabilité.

Une feuille de route et des recommandations pour performer

Les participants se sont tournés vers l’avenir au cours du 3e et dernier temps forts de l’atelier. Partant du constat sur le retard dans la mise en œuvre des projets, chaque organisation a été invitée, à élaborer une feuille de route pour améliorer la performance de la mise en œuvre des activités en tenant compte des acquis de l’atelier. Le but n’est pas de reprendre les PTA (sans pour autant exclure des modifications lorsque cela est nécessaire), mais d’identifier les facteurs de réussite et surtout les goulots d’étranglement à la bonne exécution des PTA d’une part et de prévoir des actions à entreprendre pour améliorer la mise en œuvre des interventions. Egalement, les participants ont recommandé la nécessité d’une synergie d’action entre les organisations en matière de dynamisation des ACEP,  de suivi post-FDAL pour le maintien de l’état FDAL.

Au terme de l’atelier, les participant(e)s n’ont pas caché leur satisfaction pour la qualité des échanges. « Nous avons réellement appris. Les échanges que nous avons eus nous permettent de booster la mise en œuvre de nos projets voire d’initier d’autres projets », a indiqué Emmanuel Adjèran de l’ANAP, prenant la parole au nom  des ONG exécutant des projets de petite taille. Pour les projets de grande taille, c’est Edouard Akpinfa de Oxfam qui a pris la parole pour souligner que les expériences partagées permettent d’avoir un autre visage des projets. « Nous partons avec une autre énergie pour la mise en œuvre de nos projets. Nous partons requinqués », a-t-il confié. La représentante de l’ANCB, Euménique Alladatin, qui s’est réjouie également d’avoir participé à cette rencontre de partage de connaissances et d’expériences, a rassuré les organisations récipiendaires de la disponibilité des autorités locales qui pour elle, a désormais à cœur la promotion du secteur de l’eau et de l’assainissement. Pour le représentant de l’Agence Nationale d’Approvisionnement en Eau Potable en Milieu Rural, Joseph Oké, «l’équipe de la SNV a bien fait de n’avoir pas attendu la fin du projet pour capitaliser».

Se félicitant du bon déroulement de l’atelier tout en remerciant les participants pour leur disponibilité et contributions, le Coordonnateur du Fonds ANE a réitéré la disponibilité de la SNV à « continuer à apporter l’accompagnement nécessaire aux organisations exécutantes pour la mise en œuvre efficace et efficiente de leurs projets».

L’atelier a pris fin sur une note de satisfaction avec l’engagement pris par les organisations récipiendaires, d’œuvrer à améliorer la performance de la mise en œuvre des activités des projets et de travailler sur la durabilité qui est à la fois une préoccupation majeure pour les investissements dans le secteur et un engagement contractuel.

Le cap est désormais mis sur des visites d’échanges entre pairs et le rendez-vous est pris pour une séance annuelle d’apprentissage basée sur le vécu des OE pour renforcer le processus d’acquisition de connaissances.

Quelques recommandations de l’atelier :

  • Renforcer la synergie et la complémentarité entre les organisations récipiendaires ainsi qu’avec d’autres programmes/projets ou initiatives en cours
  • Poursuivre les réflexions et partage d’idées et d’expériences sur la durabilité des acquis et les documenter
  • Recourir à l’Association nationale des communes du Bénin (ANCB) en cas de difficultés au niveau des communes
  • Améliorer l’intégration des thèmes transversaux (Gouvernance/Genre/innovations/emploi des jeunes) dans les interventions
  • Améliorer la performance des projets
  • Utiliser efficacement et de façon efficiente les outils et mécanismes de suivi pour favoriser la collecte de données fiables.
  • Prendre des dispositions pour mieux informer les organisations récipiendaires du contenu des réformes en cours dans le secteur et des interventions de l’ANAEP-MR
  • Renforcer la visibilité du programme OmiDelta sur le terrain.
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May 23, 2019

Dialogue des partenaires sur la Gestion de l’Hygiène Menstruelle : Vers la prise en compte de la problématique dans les politiques publiques

Alain TOSSOUNON (Cotonou-Bénin)

Les officiels au cours du lancement des travaux

Du 23 au 24 mai 2019 se tient au Golden Tulip le Diplomate Hôtel de Cotonou, le Dialogue des parties prenantes sur la Gestion de  l’Hygiène Menstruelle (GHM) au Bénin. Initié par le Ministère de la santé en collaboration avec la Fondation Claudine Talon et le Conseil de Concertation pour l’Approvisionnement en eau et l’assainissement (WSSCC), ce dialogue  des partenaires qui rassemble plusieurs partenaires venus du Niger, du Sénégal et du Bénin constitue une étape importante d’un processus que tous les acteurs du sous-secteur de l’hygiène et de l’assainissement de base appelle de tous les vœux pour la prise en compte de la problématique de la Gestion de l’Hygiène Menstruelle dans notre pays dans les politiques et stratégies de développement.

 

Au Bénin, on estime que les contraintes liées à l’hygiène menstruelle sont parmi les causes d’abandon des classes de près de 11% des filles réglées. Selon les études récentes, une fille sur 10 manque l’école en raison de ses menstrues en Afrique saharienne. Egalement, de façon générale, les études menées au Bénin et dans la sous-région révèlent que les femmes et les filles en situation rencontrent les mêmes problèmes : la honte, le tabou, des absences du travail et de l’école et une souffrance silencieuse due au manque d’installations et de produits appropriés.

Face à cette situation préoccupante, le dialogue des partenaires a pour objectif, d’accompagner le gouvernement et les diverses parties prenantes pour une meilleure compréhension des enjeux liés à la GHM, tout en contribuant à l’amélioration des pratiques à travers un pool de formateurs en GHM qui multiplieront les sessions afin d’atteindre les populations du Bénin. Avant tout, la rencontre de Cotonou permettra de mieux comprendre l’étendue des défis auxquels font face les femmes et les filles en matière de GHM à l’école et en dehors, au travail, dans les marchés, à partir des études disponibles et des expériences vécues, d’identifier les acteurs sensibles et motivés pour promouvoir la problématique de la GHM dans les politiques, programmes et stratégies nationales, de fédérer les compétences et mutualiser les ressources pour une meilleure efficacité des interventions et enfin de disposer d’une masse critique de formateurs qui ont la connaissance requise et la compétence didactique en GHM.

A l’ouverture du dialogue, le Directeur de cabinet,  Pétas Enagnon Akogbéto, a rappelé  que suite à l’adoption des ODD par les gouvernements, une recommandation forte de ne laisser personne de côté a été faite au niveau de la cible 3 de l’Objectif 6.2. Selon cette recommandation,  une attention particulière doit être accordée aux femmes et aux filles ainsi qu’aux personnes vulnérables. Egalement, dans la course pour l’atteinte des ODD, le directeur de cabinet a précisé la nécessité de la prise en compte de la dimension de l’équité et de non-discrimination souvent oubliée et cachée par les statistiques globales. Précisant l’importance du dialogue, il a soutenu que le Ministère de la Santé a voulu jouer sa partition sur le sujet « sensible » que constitue la gestion de l’hygiène menstruelle. « Les menstruations sont encore un tabou avec les attitudes et croyances culturelles négatives qui freinent l’épanouissement de la femme. Les femmes et les adolescentes en période de menstruation sont souvent considérées comme «sales» ou «impures», et sont parfois contraintes à l’isolement forcé, à une mobilité réduite et à de restrictions alimentaires», a-t-il regretté. Constatant que plusieurs acteurs indépendants comme Catholic Relief Services, Fondation Claudine Talon, Plan Bénin, UNICEF interviennent de façon éparse, le directeur de cabinet a salué leur engagement avant de lancer un  appel à la recherche d’une meilleure connaissance du phénomène pour des actions plus concertées, plus coordonnées et donc plus efficaces.

Photo de famille des participants

Avant l’intervention du représentant du ministère en charge de la santé, Mme Sabine Vicentia Glèlè de la Fondation Caludine Talon, a reconnu que « la situation de la femme en menstrues est inacceptable ». Car, soutient-elle,  à l’école comme au travail ou en communauté, lorsque surviennent  les menstrues, la femme ou la fille est victime de l’isolement forcé, de l’exclusion des activités sociales ou scolaires, victime de la stigmatisation. Indiquant que c’est une violation de la Convention des Droits de l’Enfant, de la Convention pour l’élimination de toutes formes de discrimination à l’égard de la femme, elle a signalé que la Fondation Claudine Talon qui a pour vocation première d’améliorer les conditions de vie des femmes et des enfants en situation difficile au Bénin, s’investit depuis peu dans la gestion de l’hygiène menstruelle. Au total, 296 filles sont touchées par leurs interventions et 637 kits de serviettes ont été distribués dans 51 écoles au profit des filles.

Pour la chargée des programmes au niveau de l’Unité de l’Afrique de l’ouest du Conseil de Concertation pour l’approvisionnement en eau et l’assainissement (Wsscc),  Saskia Castelein, dont l’organisation intervient au Bénin à travers le Programme d’Amélioration de l’Accès à l’Assainissement et des Pratiques d’Hygiène en milieu Rural, les expériences du WSSCC en matière de Gestion de l’hygiène menstruelle ont permis de dégager plusieurs enseignements. Au nombre de ces enseignements, elle a souligné que la GHM est un sujet multidimensionnel qui nécessite une approche multisectorielle, elle a aussi des liens avec le secteur WASH, l’égalité des sexes, les droits des femmes, l’éducation, l’environnement, le travail, etc.

L’atelier se poursuit et devra à terme, déboucher sur une feuille de route après la mise en place d’une communauté d’acteurs institutionnels et opérationnels pour animer un dialogue entre parties prenantes. Egalement, les travaux permettront de mieux comprendre la problématique GHM et surtout sa prise en compte et sa priorisation dans des programmes et stratégies nationales adressant les ODD.

 

May 16, 2019

Félix Adégnika: «Il faut briser tous les tabous d’exclusion liés à l’hygiène menstruelle»

Félix ADEGNIKA, Coordonnateur national Wsscc-Bénin

La question de l’hygiène menstruelle est encore un tabou dans notre société et les écoles ne sont pas préparées à faire face à la problématique lorsque les menstrues surviennent. Dans cet entretien, le Coordonnateur du Conseil de concertation pour l’approvisionnement en eau et l’assainissement (Wsscc) dont l’organisation travaille sur cette problématique, lève un coin de voile sur la situation dans les établissements scolaires avant de proposer des pistes de solution pour que le Bénin encore en retard, rejoigne les pays de la sous-région qui ont fait de cette problématique, une priorité.

Que savez-vous de la gestion de l’hygiène menstruelle dans nos écoles au Bénin?

La problématique de la gestion de l’hygiène menstruelle est une problématique mondiale. D’ailleurs, la communauté internationale a vu l’importance de cette thématique en l’inscrivant dans les Objectifs de développement durable (Odd 6.2)  en accordant une attention particulière aux besoins des femmes et des filles et des personnes en situation vulnérable. Là où on parle d’équité et de la non-discrimination. Au plan mondial, les adolescentes surtout, perdent 4 à 5 jours d’école par mois. C’est une perte énorme. Une récente étude de la Fondation Claudine Talon a montré que 13% des cas d’abandon des filles dans les cours du primaire pour 50% sont liés à la question de la gestion de l’hygiène menstruelle et pour deux raisons fondamentales : la première, c’est les railleries, qui comptent pour 30%, et pour 70% les malaises  que les filles ressentent. Dès que la fille est tâchée à l’école, et les filles sont de plus en plus précocement réglées, les autres garçons pensent qu’elle « a fait voyou », et elle file droit à la maison, parce que les mamans, n’ont pas préparé les filles à connaître leur corps, à savoir que ça peut arriver à tel moment, et les dispositions qu’il faut prendre. On perd beaucoup de filles qui ne viennent pas à l’école pendant 5 jours et après, abandonnent l’école. Vous voyez tout ce que ça pose comme problème pour le maintien des filles à école ?  La deuxième raison, dans la communauté, c’est encore plus grave. Une femme qui a ses règles ne peut pas faire à manger à son mari ; elle ne peut même pas dormir près de son mari. Il faut briser tous ces tabous d’exclusion qui causent d’énormes préjudices au bien-être social.

Que peut-on faire pour briser les tabous?

A dire vrai, le Bénin est encore en retard par rapport à cette problématique parce qu’il n’y a pas encore de position officielle. Une bonne partie des ONG qui interviennent le font de façon isolée. La première structure qui s’en occupe au Bénin et dont on peut parler, c’est la Fondation Claudine Talon. Mais, Catholic relief service par le passé a fait une étude qui a montré l’importance de la question. Il n’y a pas de position officielle. Wsscc est en train de proposer un plan d’action pour 2019. Nous en avons discuté avec la première dame à qui nous avons demandé de parrainer cet événement. On veut même lui proposer d’être l’ambassadrice de la gestion de l’hygiène menstruelle au Bénin. Nous allons avoir, probablement vers la fin mai 2019, un dialogue des parties prenantes. Tous ceux qui interviennent dans le secteur vont se mettre autour d’une table pour faire la cartographie des interventions ; la cartographie des acteurs pour mesurer l’importance de la problématique. De cette rencontre on va sortir une feuille de route. Nous avons des idées par rapport à ce que Wsscc a fait au Sénégal, au Cameroun, au Niger et qui a porté des fruits.  Nous sommes en train de courir pour trouver d’autres partenaires, Unicef, Plan Bénin…pour qu’on puisse aller ensemble à ce dialogue afin d’élaborer la feuille de route. Pour le moment, on a assuré le financement de cette table ronde mais on n’est pas sûr de pouvoir couvrir les charges qui vont découler de la feuille de route que le Bénin va élaborer. Notre objectif, c’est d’attirer l’attention sur le sujet, de faire en sorte que la gestion de l’hygiène menstruelle puisse rentrer dans les politiques et les stratégies de développement. Vous avez vu ce que ça entraîne au niveau des écoles, au niveau des enfants, au niveau de la famille. On n’a pas fait une étude sérieuse pour mesurer l’importance économique et sociale du phénomène. Mais, il faudra le faire pour prendre conscience. Le deuxième point de l’action que nous envisageons de faire, c’est ce que les anglophones appellent le « TOT» (Training of trainers) en français « formation des formateurs ». Nous voulons avoir une masse critique de personnes qui sont déclenchées (journalistes, universitaires, acteurs de la société civile…), qui seront sensibilisées sur le sujet. On va avoir les experts d’Onu Femmes, les experts de Wsscc qui viendront de Genève et des pays africains qui ont déjà fait l’expérience et qui viendront nous former pour qu’on puisse retourner sur le terrain, au niveau infra national, au niveau communautaire pour pouvoir remuer la question. Notre souhait est que l’Etat puisse prendre conscience de cette problématique pour pouvoir l’intégrer. Cela n’existe nulle part. On a dû forcer pour qu’on puisse la mettre dans la stratégie nationale de promotion de l’hygiène et de l’assainissement de base. C’est juste marqué ‘’la Gestion de l’hygiène menstruelle est une préoccupation’’. On ne l’a pas déclinée en plan, en activités, en plan d’actions avec un financement précis pour adresser le problème. On va faire vers la table ronde des parties prenantes, on va faire la formation des formateurs qu’on veut leur proposer de mettre dans le plan d’actions. Si cela est retenu dans le plan d’actions, Wsscc pourra financer en cherchant des partenariats ; après on va organiser une table ronde de haut niveau pour amener les bailleurs de fonds à financer la feuille de route. La première dame a une idée claire dans sa tête, elle est très engagée sur les questions d’hygiène menstruelle et on peut compter sur elle.

Mais, il y a le problème du manque d’infrastructures adéquates  dans nos établissements scolaire pour faire face à la situation…

C’est un tout. Aujourd’hui, on dit que 89% des écoles sont dotées de latrines. Théoriquement, les latrines sont là mais, pour la moitié, ces latrines-là ne sont pas fonctionnelles, pour la moitié elles ne sont pas sexo-spécifiques. Dans une école, vous avez peut-être deux blocs mais un bloc est réservé aux enseignants et c’est un seul bloc qui est réservé à près de 300 élèves. Les gens font la queue, ceux qui ne peuvent pas supporter 15 minutes d’attente vont déféquer à l’air libre. Le plus grave, c’est les filles qui ont leurs règles. C’est très difficile pour elles de pouvoir se changer. Dans notre tête, et compte tenu de ce qu’on a fait dans les autres pays, nous savons ce qu’il faut faire mais on ne veut rien imposer au Bénin. Au Sénégal par exemple, dans chaque école on a des pairs/paires éducateurs/éducatrices. Dès que la fille a ses règles, elle va voir cette personne qui la prend en charge. Dans les écoles, on met à la disposition des filles, des kits qu’on appelle ‘’coin Ghm’’ où on sait que la fille peut se changer rapidement, qu’elle peut être prise en charge rapidement si elle a des malaises. Vous savez, les problèmes sont énormes et malheureusement ne sont pas adressés. Moins de la moitié des écoles, surtout en milieu rural ont un point d’eau. Pour se changer, pour se laver, il faut de l’eau propre. Il faut inclure cela dans une stratégie et j’aimerais qu’on puisse aller vers cela mais je ne peux rien vous dire aujourd’hui. C’est le Bénin qui va choisir sa voie. Si on se met autour de la table et qu’on discute, on va pouvoir gérer ce qui va en découler.

Propos recueillis par Alain TOSSOUNON

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March 18, 2019

Célébration de la Journée internationale de la Femme : De jeunes collégiennes sensibilisées aux métiers de l’eau

Alain TOSSOUNON (Cotonou/Bénin)

Une vue partielle des collégiennes en présence des femmes professionnelles

Avec le soutien du PROSEHA-GIZ, le Réseau Béninois des Femmes Professionnelles de l’Eau et de l’Assainissement (RBFPEA) était face aux jeunes filles du Collège Notre Dame des Apôtres de Cotonou dans le cadre de la Journée Internationale de la Femme. En marge des manifestations folkloriques et discours d’appel à l’action en faveur de la gent féminine, les femmes professionnelles ont invité leurs jeunes sœurs et filles à s’intéresser aux métiers de l’eau et de l’assainissement. La séance s’est déroulée dans l’enceinte du collège, le vendredi 15 mars 2019.

 

Susciter des vocations et préparer la relève dans un secteur où la femme est toujours laissée-pour-compte dans sa gestion. C’est le combat des femmes du réseau qui ont quitté temporairement leurs bureaux ou le terrain pour consacrer leur temps aux jeunes filles du collège Notre dame des apôtres. Fortement mobilisées à cette séance inédite, les curieuses jeunes filles avaient bien hâtes de savoir ce qu’elles ont à gagner en embrassant ce secteur où les hommes ont toujours décidés pour les femmes.

L’attente aura été de courte durée. Car, le temps de la récréation terminée à peine que les jeunes filles, ont rejoint dans une discipline caractérisant cette école de confession religieuse catholique, leur coupole pour y recevoir «la bonne nouvelle ».

D’entrée de jeu, les différentes interventions auront permis de faire comprendre  aux collégiennes, que la femme a un rôle très important dans le secteur de l’eau. Et parce qu’elle est la première à subir les affres de la pénurie de l’eau, elle doit s’engager résolument à corriger cette situation. Très heureuse de se retrouver au milieu de ces professionnelles en devenir, Mme Sow, chargée de programme à la GIZ n’a pas caché sa joie. « Pas de vie sans eau », a-t-elle convaincue son auditoire avant de lancer un appel au réseau pour poursuivre le combat de la promotion du leadership féminin dans le secteur de l’eau et de l’assainissement.

L’appel a été entendu par la Présidente du réseau, Mouminatou Adjibi, qui dans son intervention, a indiqué que les femmes professionnelles sont engagées à aller plus loin pour « faire découvrir aux jeunes collégiennes, les métiers de l’eau et de l’assainissement généralement réservés au sexe masculin ». «Vous devez savoir que les métiers de l’eau et de l’assainissement sont aussi faits pour les femmes et nous souhaitons susciter chez vous, la volonté de les exercer », s’est-elle  adressée aux jeunes collégiennes.

Quid des opportunités

Dans un bref exposé, Mme Yadjidé Adissoda Gbédo, Ingénieur en eau et assainissement et Responsable de l’un des grands programmes portant sur l’hygiène et l’assainissement au Bénin, a indiqué que le secteur eau et assainissement offre toute une gamme d’opportunités. En dehors des postes souvent ouverts dans les structures Etatiques (Ministère de l’eau et ses différentes entités), la SONEB, et non Etatiques (GIZ, PROTOS, Helvetas, PNE…), plusieurs autres opportunités s’offrent aux diplômés dans le secteur. Il s’agit par exemple de la possibilité de travailler dans les bureaux d’étude pour les études de faisabilité, les différentes entreprises de construction ou de gestion des ouvrages d’eau et d’assainissement, les projets ou programmes d’eau et d’assainissement…Mais pour les saisir, il faut bien se former. Et aujourd’hui, au Bénin, plusieurs entités concourent à la formation. C’est le cas de l’Institut National de l’Eau, l’Université Catholique de l’Afrique de l’Ouest (UCAO), l’Université de Parakou… qui disposent des filières eau, climat et société; sciences et techniques de l’eau et autres.

La Pdte du Réseau (à gauche) et la Représentante de la SONEB (à droite)

Face aux opportunités dévoilées et aux structures de formation énumérées, les jeunes collégiennes qui ont suivi attentivement ont voulu savoir si avant tout, le métier nourrit son homme ou plutôt sa femme. En professionnelles averties, les femmes du réseau ont rassuré les collégiennes que le métier paie bien et qu’il suffit de s’y engager. Egalement, dans leurs préoccupations, elles ont évoqué la question des eaux de surface, la rareté de l’eau dans certaines régions du Bénin…

Sur la question de la qualité de l’eau, la représentante de la Soneb, a rassuré les jeunes collégiennes de la qualité de l’eau de la SONEB. Elle a dans son exposé partagé avec les jeunes filles, les différentes étapes du traitement que subit l’eau avant d’être destinée à la consommation.

La séance a pris fin par  la remise des cadeaux aux plus audacieuses qui ont posé des questions. Les élèves sont reparties dans leurs salles respectives pour reprendre leurs cours dans l’espoir de décrocher leur BAC en fin d’année scolaire, un parchemin indispensable avant d’entamer une formation ouvrant la porte aux métiers auxquels elles ont été sensibilisées.

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February 22, 2019

Pius Cossi Gounadon au sommet Africasan5 : “Il est temps de changer de paradigme”

Pius Cossi Gounadon, Directeur national de la santé publique (DNSP) au ministère de la santé

A l’instar des autres pays, le Bénin est présent au sommet Africasan5 à travers plusieurs représentants provenant de plusieurs structures. Nous avons rencontré pour vous, le Directeur national de la santé publique (Dnsp) qui représente le ministre de la santé en charge de l’hygiène et de l’assainissement de base. Dans cet entretien, il nous confie son appréciation des échanges qui ont cours et surtout, nous révèle les prochains pas à faire après le sommet pour permettre au Bénin de relever le défi de ce sous-secteur en souffrance.

Vous prenez part à la 5eConférence panafricaine sur l’assainissement en tant que chef de délégation du Bénin. Que vous inspire une telle conférence qui concourt à amener les Etats africains à réaliser l’accès universel de tous aux services d’assainissement ?

C’est ma première participation à cette conférence et j’avoue qu’elle a un caractère instructif. Il y a beaucoup d’échanges, d’apprentissage et de partage d’expériences. Surtout, j’apprécie le niveau d’engagement de tous les acteurs ici présents. Je n’avais pas cette compréhension du niveau d’engagement des partenaires, des experts et de tous les acteurs. Cet évènement m’a permis de remettre en place l’idée que l’hygiène de l’assainissement de base bénéficie d’un engagement soutenu de plusieurs acteurs et partenaires dans le monde et en Afrique.

A l’ouverture du sommet, le ministre sud-africain de l’eau et de l’assainissement a invité tous les Etats à inscrire l’hygiène et l’assainissement au rang des priorités de leur agenda de développement. Est-ce qu’au Bénin, ce sous-secteur bénéficie d’une attention soutenue ?

Je partage l’exhortation du ministre sud-africain et je peux dire que le sous-secteur constitue une priorité dans le Programme d’Actions du Gouvernement. Le gouvernement travaille pour cela. Mais le paradigme doit changer. Souvent, on voit dans cette lutte que le ministère de la santé, du cadre de vie et celui de l’eau. Il faut que ce combat, pour être gagné, soit celui de tous les ministères à l’instar de ce que fait l’Inde.

A l’évaluation des engagements de Ngor, on se rend compte qu’il y a eu peu de progrès dans les pays. C’est le cas au Bénin également. Selon vous qu’est-ce qui explique une telle situation ?

Au Bénin on vient de terminer un plan quinquennal et il a été évalué en 2018. Nous avons vu les faiblesses et sur la base des défis identifiés, des orientations claires ont été prises dans la stratégie 2019-2030. Et au nombre des grandes orientations retenues, nous avons la gouvernance et le leadership, la coordination des interventions qui est importante et le problème des ressources humaines et financières. Souvent, on pense aux ressources financières alors que nous avons besoin de ressources humaines en quantité et en qualité. On peut mobiliser les ressources financières. Je salue les communes comme Za-Kpota, Malanville ou Abomey qui font déjà des efforts.

Au cours de ce sommet, l’un des messages forts est l’importance du leadership notamment les champions qui permettent d’impulser le mouvement. Vous comptez le faire aussi ?

Il faut mobiliser tous les acteurs. Il est important qu’ils se retrouvent pour partager les idées et les solutions et surtout prendre exemple sur les pays modèles en Afrique comme dans le monde. En Inde par exemple, l’hygiène et l’assainissement est un secteur porté par le premier ministre. Ainsi, chaque ministère est invité à agir et apporter sa contribution. Le leadership est au rendez-vous au haut niveau.

Vous avez participé au dialogue entre les pays. Qu’avez-vous retenu de cet exercice de partage d’expériences entre les pays ?

En dehors de quelques différences près en matière de leadership et de mobilisation de ressources financières, les pays ont les mêmes réalités. Nous avons beaucoup appris de cet exercice et nous avons compris qu’il y a certains pays qui sont en avance sur l’ancrage institutionnel. Dans la plupart des pays, l’eau et l’assainissement sont deux secteurs qui sont ensemble. C’est une stratégie qui permet de mutualiser les ressources vu qu’il y a souvent plus de ressources pour l’eau contrairement à l’assainissement. Les échanges ont été très fructueux.

A ce sommet, vous représentez le ministre de la santé en charge du sous-secteur de l’hygiène et de l’assainissement de base. Quel message lui porterez-vous une fois au pays pour impulser une nouvelle dynamique et faire en sorte que le Bénin tienne ses engagements ?

C’est en 2015 à Dakar que les engagements de Ngor ont été pris. A l’évaluation, il n’y a pas eu beaucoup d’avancées dans les pays en dehors de quelques pays qui ont eu des progrès. Nous souhaitons que notre participation ne soit pas seulement protocolaire mais qu’elle contribue à apporter des changements. Déjà, il nous faut mobiliser les cadres du service pour faire le lobbying au niveau de notre ministre pour lui présenter la situation. Il est temps de changer de paradigme. La façon dont nous fonctionnaires agissons doit être revue pour que nous soyons plus efficaces. Car, avec ce que nous faisons, nous ne pouvons pas atteindre les ODD dans ce sous-secteur. Une fois de retour, il nous faut faire un compte rendu fidèle, suggérer à l’autorité des propositions et partager avec lui ce qui se fait de bien ailleurs et qui peut être profitable à notre pays.

              Propos receuillis par Alain TOSSOUNON

June 18, 2018

Assemblée Générale ordinaire de l’Alliance Wash : Les membres font le bilan des activités

Alain TOSSOUNON (Cotonou/Bénin)

Deux ans après sa mise en place, les membres de l’Alliance Wash se sont retrouvés en Assemblée générale pour faire le point de leurs activités. Plus qu’un bilan, les membres ont pris de nouveaux engagements au cours de cette rencontre et procédé au renouvellement du bureau du Conseil d’Administration. C’était le jeudi 14 juin 2018 au siège de BUPDOS ONG.

Photo de famille des membres de l’Alliance                              Wash-Bénin

Mise sur les fonts baptismaux le 16 décembre 2015, l’Alliance Wash  a convié ses membres à une assemblée générale ordinaire. Conformément aux statuts, treize des quatorze membres attendus ont fait l’exercice du bilan pour tirer les enseignements et prendre un nouveau départ.

Dans son intervention à l’ouverture de la séance, le président du Conseil d’Administration, Roger Agbakli a rappelé le contexte de la création de cette alliance avant de partager avec les membres, les objectifs de la rencontre. Signifiant qu’en réalité que cette alliance existe depuis 2011, il a souligné qu’elle a bénéficié de l’accompagnement de l’Alliance Wash néerlandaise avant de se doter de textes fondamentaux conformément à la loi 1901 au Bénin.

Pour le Président Agbakli, l’Alliance Wash constitue une plateforme d’échanges pour les membres qui interviennent depuis plusieurs années dans le secteur de l’eau et de l’assainissement. Elle a essentiellement pour objectifs, de promouvoir le droit à l’eau et à l’assainissement, d’améliorer la capacité d’intervention de ses membres, de contribuer à l’amélioration de la Maîtrise d’Ouvrage Communal et de faciliter le dialogue entre OSC, l’Etat central, les Partenaires Techniques et Financiers  et les acteurs communaux. Après l’Assemblée Générale constitutive tenue le 16 décembre 2015, cette première assemblée générale ordinaire a été consacrée au bilan des activités mises en œuvre. Au nombre de ces activités, la Secrétaire Générale, Anne Floquet a rappelé tout le travail fait pour doter l’organisation d’un logo et d’un siège et les différentes rencontres avec les partenaires pour les informer de sa nouvelle orientation. Plusieurs rencontres ont été effectuées avec différentes structures dont l’Ambassades des Pays-Bas. Elle a aussi souligné la validation du Programme d’appui à la Gestion intégrée des ressources en eau (GIRE) dans les communes avant de se féliciter de la sélection de trois des membres de l’Alliance  pour le financement relatif au fonds Omidelta destiné aux Acteurs Non Etatiques (ANE).

Par ailleurs, elle s’est aussi félicitée du retour du Coordonnateur de l’Alliance qui a travaillé à maintenir le contact avec les autres alliances. Sur le plan de la représentation, elle a indiqué que l’Alliance Wash participe aux activités du Cadre de Concertation des Acteurs Non Etatiques de l’Eau et de l’Assainissement (CANEA) et du programme PAPHyR mis en œuvre par le consortium MCDI/ EAR G-Emergency.

Au terme des travaux, les membres ont pris de nouveaux engagements pour renforcer leur creuset et procédé au renouvellement des membres du bureau. Le président sortant Roger K.Agbakli a été reconduit à la tête de l’Alliance pour un mandat de deux ans.

Liste des nouveaux membres du bureau élus

POSTE Nom de la structure Nom du représentant
Président BUPDOS Roger K.AGBAKLI
Vice-Président SIA SON BALOGOUN Salomon
Secrétaire Général CEBEDES Anne FLOQUET
Secrétaire Adjoint EAA Edmond ATTAKIN
Trésorier Général PNE-Bénin André ZOGO
Trésorier Adjoint GRAIN Johny CODO
Responsable à la communication ICA Kasim

 

 

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June 13, 2018

Eau et assainissement au Bénin: Enfin une revue du secteur pour les bilans de gestion 2016 et 2017

Alain TOSSOUNON (Cotonou/Bénin)

Attendue depuis  deux ans, le secteur de l’eau et de l’assainissement tiendra enfin une revue. Après la dernière revue de 2016 qui a permis de faire le point des réalisations de 2015, la prochaine revue prévue pour les 28 et 29 juin 2018 permettra de revenir à la fois sur le bilan des gestions des années 2016 et 2017. Un grand moment pour tous les acteurs du secteur qui brûlent d’impatience de mieux s’informer sur les réformes engagées par le président Patrice Talon et surtout d’échanger sur leur contenu et l’avenir de ce secteur vital au Bénin.

Photo de famille de la dernière revue sectorielle 2016 pour la gestion 2015

Enfin, le secteur eau et assainissement tiendra sa revue. C’est la réponse de tous les acteurs au message d’invitation de cette revue. Car, tant souhaitée et désirée  depuis deux ans, les membres de la grande famille des acteurs ne cachent pas leur joie de se retrouver pour échanger sur le bilan mais aussi sur l’avenir de leur secteur.

Nul doute que cette revue sera riche en débats Car, c’est la première fois que le gouvernement à travers le nouveau ministre de l’eau, Samou Adambi, sera face à  l’ensemble du monde des acteurs qui interviennent dans le secteur. Et parlant de débats, il est important de rappeler après la revue 2016 qui a permis de faire le bilan de la gestion 2015 qui a clôturé l’ère des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), que les revues 2016 et 2017 se tiendront dans un contexte où les pays se sont désormais engagés pour les Objectifs de Développement Durables (ODD). Ainsi, chaque pays devrait donc aligner ses politiques publiques en ce qui concerne l’eau et l’assainissement sur les ODD pour être au rendez-vous de 2030.  Aussi, les revues prochaines sont attendues pour mieux éclairer les acteurs sur les réformes engagées par le président Patrice Talon surtout dans le sous-secteur de l’eau.

En effet, se fixant un objectif d’assurer l’accès universel à l’eau potable aux populations du Bénin à l’horizon 2021 (100% de desserte), le gouvernement de la rupture s’est donné comme moyens d’actions, entre autres, les réformes institutionnelles du secteur de l’eau, l’accélération de la réalisation des infrastructures hydrauliques tant en milieu urbain que rural, la mise en place d’une agence d’approvisionnement en eau potable en milieu rural et la réforme institutionnelle du sous-secteur de l’hydraulique urbaine, la coordination des initiatives avec les partenaires intervenant dans le secteur, le développement des capacités des acteurs…De façon concrète, les réformes concernent pour l’approvisionnement en eau potable en milieu rural, la création de l’Agence Nationale d’approvisionnement en eau potable en milieu rural, (Etablissement public placé sous la tutelle de la Présidence de la République), pour l’approvisionnement en eau potable en milieu urbain, la révision du cadre institutionnel et juridique de la société (scission de la SONEB en une Société de patrimoine et une Société de distribution), la redéfinition des missions de la DG Eau, l’optimisation des cadres de concertation du secteur de l’eau et la révision de la politique tarifaire.

Si des rencontres ciblées ont été organisées avec les différentes catégories d’acteurs pour présenter les réformes, jamais toutes les catégories d’acteurs n’ont pu se retrouver pour échanger sur ces réformes en cours de mise en œuvre. Depuis, nombreux sont les acteurs qui attendaient ce grand rendez-vous annuel pour mieux comprendre le contenu des réformes et échanger sur les mécanismes de leur mise en œuvre. Parce que dans la plupart des cas, ces réformes viennent bousculer l’ « ancien ordre » en ce qui concerne la maîtrise d’ouvrage communal qui pendant longtemps, a bénéficié de l’attention des Partenaires Techniques et Financiers qui ont accompagné les acteurs communaux à mieux l’exercer. De même, dans ce contexte  de réformes, les acteurs s’interrogent sur le nouveau partage des rôles entre l’Agence Nationale d’approvisionnement en eau potable en milieu rural et la Direction Générale de l’Eau d’une part, et d’autre part entre cette Agence et les communes.

Aux réformes dans le sous-secteur de l’eau, il faut ajouter celles dans le sous-secteur de l’hygiène et de l’assainissement à venir. Car, à l’image de l’Agence Nationale d’approvisionnement en eau potable en milieu rural, il est annoncé la création d’une nouvelle agence de soins primaires qui prendra en compte le sous-secteur de l’hygiène et de l’assainissement de base  au niveau du ministère de la santé en charge de ce sous-secteur.

Au-delà des grandes attentes, la tenue de cette revue pour les gestions 2016 et 2017 sera une véritable fête de retrouvailles aussi bien pour les acteurs que pour le ministre. Vivement que les attentes soient comblées.

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November 3, 2017

Rencontre d’échanges du CANEA avec les représentants des ONG et ACEP à Parakou : Renforcer la veille citoyenne pour de meilleurs services aux populations

Alain TOSSOUNON (Cotonou/Bénin)

        Photo de famille des  participants

Les membres du bureau du Cadre de Concertation des Acteurs Non Etatiques de l’Eau et de l’Assainissement (CANEA) ont entrepris  avec l’appui de Helvetas, une tournée de mobilisation des ONG et Associations actives dans le secteur Approvisionnement en eau potable, hygiène et assainissement (AEPHA) dans les départements. Dans les départements du Borgou et de l’Alibori, première étape de cette tournée, une séance a été tenue avec les représentants de la société civile engagée. Une occasion pour ceux-ci de manifester leur adhésion au combat du CANEA pour une veille citoyenne plus engagée au service des populations.

 A l’ouverture de cette séance, le représentant du Président du Partenariat National de l’Eau du Bénin (PNE-Bénin), Rachel Arayé, s’est réjoui de la mobilisation des ONG actives dans le secteur de l’eau et de l’assainissement. Indiquant que cette mobilisation augure de bonnes perspectives pour le CANEA, elle a souhaité que les échanges soient francs et sans tabou. De même, le Secrétaire Général, Alain Tossounon, a félicité les participants pour cette prompte mobilisation qui témoigne de leur engagement pour un accès durable à l’eau et à l’assainissement pour tous au Bénin. Surtout, il a rappelé que dans le contexte actuel où le gouvernement entreprend des réformes, la veille citoyenne doit être plus ferme et forte.

Au cours de la séance, les participants ont eu droit à un exposé sur le CANEA et les acquis de son combat. On retient essentiellement que le Cadre de Concertation des Acteurs Non Etatiques des secteurs de l’eau et de l’assainissement (CANEA) est une fédération des acteurs non étatiques intervenant dans le secteur  qui se veut une force de propositions et d’actions pour un accès universel et continu à l’eau potable et à l’assainissement et pour une gestion rationnelle de la ressource. Mise en place  en 2012, ce creuset des Acteurs Non Etatiques a pour objectif de contribuer à l’accès durable et équitable de la population béninoise aux services d’Alimentation en Eau Potable et d’assainissement et à la gestion des ressources en Eau. Ceci à travers plusieurs actions citoyennes qu’il mène sur le terrain. Au nombre de celles-ci, on peut citer l’organisation de séances de débat citoyen avec la presse dans le cadre des Journées internationales dédiées au secteur,  le renforcement des capacités  des membres  sur le suivi budgétaire  au niveau national et communal, l’introduction  des préoccupations des ANE aux séances du  Groupe sectoriel Eau et Assainissement (GSEA), l’animation d’un stand société civile au cours des revues  sectorielles annuelles avec la possibilité donnée désormais au CANEA, de présenter un rapport sur l’état du secteur, le plaidoyer sur le suivi des engagements et sur la constitutionnalisation des droits à l’eau et à l’assainissement…Aujourd’hui, soutient la présentatrice, le CANEA bénéficie d’une reconnaissance au sein des acteurs institutionnels pour porter la voix de la société civile.

Mais pour défendre davantage les intérêts des citoyens et exiger des services efficaces, le CANEA se propose d’organiser une rencontre nationale pour mieux affûter ses armes. L’occasion a été donnée au Coordonnateur Wsscc, Félix Adégnika de la délégation, de présenter les enjeux de l’atelier national qui permettra de dynamiser le CANEA en procédant à une restructuration institutionnelle et organisationnelle solide et compétente pour relever les défis et faire face aux challenges des ODD. Il a lancé un appel aux ONG et aux ACEP pour leur participation active au cours de cette rencontre très attendue. Réagissant au cours du bouillon d’échanges qui a suivi, les participants ont dit être honorés d’accueillir la délégation du CANEA avant de demander à en savoir plus sur son fonctionnement, ses moyens d’actions et son mécanisme de financement. Les participants ont surtout fait des propositions au CANEA pour des actions plus efficaces relatives au financement de l’hygiène et de l’assainissement de base, au plaidoyer pour la création d’u ministère de l’eau et de l’assainissement, la nécessité d’un partenariat fort pour le suivi du secteur au niveau des communes avec la contribution des ACEP…

Au terme des échanges, la cheffe de l’antenne nord de Helvetas, Alice Chabi Guiya, a indiqué que pour les départements du Borgou et de l’Alibori, c’était nécessaire de « ressusciter un espace pour parler des questions d’eau et d’assainissement ». «Décentraliser le CANEA est indispensable pour être à la pointe de l’information », a-t-elle ajouté avant de remercier les ONG présentes pour leur participation qui constitue à ses yeux un engagement pour le CANEA. La rencontre a pris fin sur une note de satisfaction avec les participants désormais engagés pour prendre part à l’atelier national et surtout, pour une veille citoyenne plus efficace.

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October 9, 2017

Atelier régional des programmes francophones GSF: Vers une meilleure appropriation du cadre de suivi des résultats

Alain TOSSOUNON (Cotonou, Bénin)

L’hôtel Jeco de Dassa-Zoumè a accueilli du 02 au 06 octobre 2017, l’atelier régional qui a réuni tous les programmes nationaux francophones financés par le Fonds mondial pour l’assainissement (GSF) en Afrique. Cette rencontre a permis aux différents pays, de s’approprier le nouveau cadre des résultats et du système de reporting financier pour un meilleur suivi des performances des programmes destinés à l’éradication de la défécation à l’air libre dans leurs zones d’intervention.

 

Les officiels à l’ouverture de l’atelier

En ouvrant les travaux de cet atelier qui a mobilisé des participants venus de Madagascar, du Togo, du Sénégal et du Bénin, le Directeur adjoint de cabinet, Dr Landry Médéssé Yansunnu, a souligné toute l’importance que revêt cette rencontre. Rappelant que les programmes GSF visent essentiellement un changement de comportement en matière d’hygiène et d’assainissement contribuant ainsi à l’atteinte de l’objectif 6.2 des Objectifs de Développement Durables (ODD), il a indiqué que l’atelier répond à un besoin d’information et de documentation pour les acteurs de mise en œuvre des programmes. Ainsi, signale-t-il, l’objectif poursuivi est d’amener les participants à se familiariser avec le nouveau cadre de suivi des résultats du GSF, les directives, les outils et formats de reporting à utiliser à partir de fin 2017. Egalement, l’atelier permettra de former les participants à l’utilisation des nouveaux outils de suivi financier et de résultats et enfin, de permettre d’orienter et de former les autres collaborateurs des Agences d’exécution et de partenaires de mise en œuvre une fois de retour dans leurs pays respectifs. Vu l’importance de la rencontre, le Directeur adjoint de cabinet, a soutenu que les quelques jours que dureront l’atelier, sont très utiles et d’un « grand secours » parce qu’ils permettront, de lever les équivoques et d’avoir des points de convergence. Un avis partagé par  la Chargée de programme Apprentissage et Documentation du GSF, Carolien Van Der Vooden qui a renchérit sur la compréhension mutuelle du contenu du nouveau cadre de suivi des résultats visée par l’organisation de cet atelier.

La photo de famille des participants

Invitant les participants à puiser dans leurs expériences pour mieux s’approprier cette nouvelle boussole, elle s’est réjouie de la tenue de l’atelier qui permettra aux programmes nationaux, de contribuer efficacement à l’atteinte des ODD dans leurs pays. Pour le chef du Programme au Bénin, Yadjidé Adissoda Gbèdo, la rencontre se justifie par le nouveau défi que s’est lancé le GSF à savoir l’atteinte des ODD et particulièrement l’objectif 6.2. Pour elle, c’est visiblement « un autre challenge » que devront relever les différents programmes pays. Relever ce défi revient à mieux maitriser  et à décoder le contenu des documents relatifs au cadre de suivi des résultats et du système de reporting financier. « Je nous invite à fédérer toutes nos expériences de terrain et à s’approprier dans les moindres détails le fond de ces documents », a-t-elle recommandé à tous les participants.

En se félicitant de la tenue de l’atelier au Bénin, elle a souhaité que les participants retiennent à l’esprit durant les travaux, que c’est l’adoption de bonnes pratiques d’hygiène qui est au cœur des interventions des programmes nationaux et du GSF.

Il est important de rappeler  pour le Bénin, que depuis la mise en œuvre le Programme d’amélioration de l’accès à l’Assainissement et des Pratiques d’Hygiène en milieu Rural (PAPHyR) qui est le programme GSF, il y a seulement quinze mois, 1315 localités  ont été déclarées Fin de Défécation à l’Air Libre (FDAL) et pré-certifiées par les services déconcentrés de l’hygiène et de l’assainissement de base.  Ces premiers résultats ont été atteints grâce à l’Approche Assainissement Total Piloté par les Communautés (ATPC ) qui permet d’amener des localités à un état de Fin de Défécation à l’Air Libre (FDAL) en favorisant la construction sans subvention initiale et l’utilisation plus efficace d’installations d’assainissement par les communautés, notamment les latrines hygiéniques.

May 3, 2017

AEP en milieu Rural : Les acteurs du secteur valident la stratégie nationale 2017-2030

Alain TOSSOUNON (Cotonou/Bénin)

Après la Stratégie nationale d’Approvisionnement en Eau potable en milieu rural venue à terme en 2015, un processus a été engagé pour l’élaboration et la validation du nouveau document pour la période 2017-2030. C’était le 27 avril à Azalai Hôtel de Cotonou, en présence de toutes les catégories d’acteurs venus nombreux pour apprécier le document avant de le valider.

Manque d’eau potable dans le village de Pessagou dans la commune de Tanguiéta (Photo DT)

En ouvrant les travaux de cet atelier, le Secrétaire Général du Ministère en charge de l’eau représentant le ministre, Jean-Claude Gbodogbé, a rappelé que la Stratégie Nationale de l’Approvisionnement en Eau Potable en milieu rural est l’instrument de la mise en œuvre de la politique du gouvernement en matière de distribution d’eau potable de la zone rurale. Elle permet, soutient-il, d’orienter son action dans le sous-secteur de l’approvisionnement en eau potable en milieu rural par des principes directeurs.

Après la génération de la Stratégie Nationale de l’Approvisionnement en Eau Potable 2005-2015 basée surtout sur l’atteinte des OMD, il était devenu impérieux pour le Bénin, de se doter d’une nouvelle stratégie pour la période 2017-2030 mais aussi pour relever de nouveaux défis notamment les Objectifs du développement durables dont le cap est fixé pour 2030. Mais plus encore, la définition d’une nouvelle stratégie s’impose pour coller au Programme d’Actions du Gouvernement (PAG) qui prévoit l’accès universel d’ici 2021.

« En dépit des résultats appréciables que sa mise en œuvre a permis d’atteindre en dix ans, elle a montré des limites par rapport au cadre législatif et réglementaire marqué par les lois de décentralisation et la nouvelle loi portant gestion de l’eau en République du Bénin avec leurs décrets d’application et les orientations du nouveau Gouvernement », a-t-il signalé.

En fixant les objectifs de l’atelier, il a indiqué que les défis que la nouvelle stratégie devra relever ont pour noms : l’assistance-conseil, la bonne gouvernance à tous les niveaux et la régulation du secteur en milieu rural.

Intervenant au nom des membres, le président  du Comité ayant dirigé les travaux, a souligné que le présent atelier est l’aboutissement d’un processus qui a démarré en novembre 2016 par l’élaboration de la note méthodologique sur les options stratégiques.  En présentant le document, le Directeur Général de l’eau, Adamou Worou Wara, a indiqué qu’il se fonde sur le diagnostic du secteur d’AEP en milieu rural issu de l’évaluation de la mise en œuvre de la Stratégie 2005-2015, des échanges et rencontres avec les différents acteurs à travers des enquêtes,  la politique nationale de l’eau et la Loi sur la gestion de l’eau. Mais aussi, la nouvelle stratégie intègre les Objectifs de Développement Durable (ODD 6.1 secteur de l’eau et de l’assainissement qui vise l’accès universel à l’eau potable horizon 2030) et la vision du gouvernement du Bénin avec le Programme d’Action Gouvernemental 2017-2021 qui ambitionne l’accès universel à l’eau potable pour toute la population béninoise d’ici 2021.

Mobiliser  566,7 milliards FCFA pour réaliser l’accès universel en 2021

Avec l’objectif d’assurer à toute la population rurale un accès à l’eau potable de façon équitable, durable et de qualité, à un coût abordable, la nouvelle stratégie prévoit un cadre institutionnel  avec un partage de rôles et de responsabilités. Le modèle de fourniture et de gestion du service public de l’eau potable se base sur la maîtrise d’ouvrage communal et la délégation du service a des professionnels spécialisés. Dans ce modèle, le suivi des indicateurs de performance de la fourniture du service se fera en faisant recours aux Technologies d’Information et de Communication (TIC) pour la collecte des données sur la gestion des points d’eau. Ce qui permettra de disposer en temps réel des données d’exploitation et de gestion de la fourniture du service aux usagers. Egalement, dans cette nouvelle stratégie, il est prévu l’utilisation du service d’appui professionnel (SAP) pour mettre en place des systèmes pérennes de production de données exploitables dans les missions de suivi, de régulation et de gestion, et disposer de données régulières et fiables sur l’exploitation technique et financière des réseaux indispensables pour la régulation. En accordant un grand prix au renforcement des capacités des acteurs publics et privés, le cadre stratégique est fondé sur quatre objectifs : assurer l’accès à une source d’eau potable améliorée à toute la population rurale du Bénin, garantir la disponibilité de l’eau potable de façon continue et durable, assurer en permanence la qualité de l’eau de consommation,  garantir la bonne gouvernance du sous-secteur. Le Plan d’Actions élaboré pour atteindre ces objectifs comporte l’accélération de l’investissement pour atteindre en 2021 l’accès universel, la professionnalisation de la gestion des ouvrages à travers une délégation de la gestion, le renforcement de la maitrise d’ouvrage communal et la gouvernance sectorielle.

Au total, pour mettre en œuvre ce plan, il faut mobiliser pour la période 2017- 2030, un montant de 566,7 milliards FCFA soit 344,1 milliards FCFA (68,8 /an) pour la période 2017-2021 afin de répondre à la vision du gouvernement. Un mécanisme de suivi-évaluation est mis en place pour garantir une gestion performante.

Au cours du bouillon d’échanges qui a suivi la présentation, les participants ont recommandé que le bilan de l’ancienne stratégie soit mieux étoffé dans le document. Les échanges ont aussi permis de revenir sur la problématique de la prise en compte dans les statistiques, des postes d’eau autonome privés et de faire le débat sur la méthode de calcul du taux de desserte pour mieux être proche de la réalité. Surtout, les maires ont voulu avoir un éclairage sur la réforme relative à la création de l’Agence de réalisation des ouvrages en milieu rural. Là-dessus, le représentant du Bureau de l’Auditeur Interne, Moïse Houssou,  a martelé qu’avec la réforme, la maîtrise d’ouvrage est toujours une compétence des communes. « La responsabilité demeure à la commune avec le Plan Communal Eau comme outil », soutient-il. Dans son intervention ; il a expliqué que la réforme se justifie par la nécessité de contourner la lourdeur administrative liée à la procédure de passation des marchés publics.

Au terme des échanges, le document a été validé à l’unanimité des participants sous réserve de la prise en compte des observations et recommandations.

 

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April 21, 2017

Réunion de Haut Niveau de Washington: Le Bénin fortement représenté, une première depuis 2012

Alain TOSSOUNON (Bénin)

Les Réunions de Haut Niveau (RHN) du partenariat Assainissement et eau pour tous  (SWA) se sont déroulés à Washington DC, aux États-Unis les 19 et 20 avril 2017. Se tenant en même temps que la réunion des ministres des finances organisée par la Banque mondiale, la réunion des ministres du secteur eau et assainissement offre la possibilité aux participants, de lancer un débat politique, d’échanger sur les enseignements tirés et de rendre des comptes sur les progrès accomplis dans l’amélioration de l’accès à l’assainissement et à l’eau potable pour tous. Absent depuis 2014, le Bénin a été cette fois-ci représenté par les deux ministres en charge respectivement de l’eau et de l’assainissement.

Les deux ministres dans la salle de Réunion de Haut Niveau de Washington

C’est une première depuis 2012. Deux ministres présents à la rencontre de haut niveau de Washington. Une présence saluée par  les acteurs du secteur de l’eau et de l’assainissement qui ont toujours déploré, l’absence remarquable du Bénin à cette haute tribune d’échanges sur les progrès et les défis des pays en matière d’accès durable des populations à l’eau et à l’assainissement.

Initiées depuis 2010, ces réunions ministérielles visent à susciter des prises de conscience parmi les ministres au sujet des défis posés par les cibles EAH (eau, assainissement et hygiène) des Objectifs de Développement Durable (ODD) et les changements nécessaires pour les atteindre, à permettre le suivi et l’apprentissage mutuel au sujet des dispositifs fondamentaux nécessaires pour parvenir à un secteur solide (en ce qui concerne le financement, les institutions, les capacités, la planification et les politiques et stratégies) qui favorise le progrès et l’efficacité du développement afin de mettre fin aux inégalités et de parvenir à un accès universel durable. Aussi, les réunions donnent l’occasion aux ministres et aux hauts représentants de partenaires de développement de discuter des comportements collaboratifs essentiels qui plaident en faveur d’une plus grande efficacité du développement et permettent l’établissement des dispositifs fondamentaux et enfin, d’échanger sur les méthodes pour attirer et utiliser des financements adéquats en amont de la réunion des ministres des finances.

La rencontre de cette année 2017 qui a duré une journée et demie s’est appuyée sur les discussions menées à Addis-Abeba en mars 2016. Les ministres ont ainsi évoqué en particulier les dispositifs fondamentaux nécessaires à la construction de bases solides pour le secteur.

Organisées en présence de hauts représentants des agences de développement et de l’ONU et des dirigeants de la société civile, le secteur privé et les organismes de recherche et d’apprentissage, ces réunions sont une véritable occasion pour les pays de mobiliser des financements pour le secteur.

Ainsi, portée sur l’atteinte des Objectifs de développement durable qui visent d’ici 2030, l’accès universel à l’eau et à l’assainissement, chaque pays a été invité à faire le point des progrès et à prendre des engagements.

Le Bénin vise l’accès universel à l’eau potable d’ici 2021(9 ans plus tôt)

A cette haute tribune, le Ministre de l’Energie, de l’Eau et des Mines, Dona Jean-Claude HOUSSOU, a réitéré l’engagement du gouvernement à réaliser l’accès universel à l’eau potable pour les populations d’ici 2021, soit 9 ans plus tôt avant l’échéance de 2030. Ceci dans un contexte où le taux de desserte en milieu rural est de  67,6% et celui en milieu urbain de 84%. Pour atteindre cet objectif, les besoins de financement sont de 519 milliards FCFA et le gouvernement dit avoir déjà mobilisé et programmé 6.3 milliards FCFA soit un gap de financement de 512.7 milliards FCFA. Au nombre des actions et mesures inscrites dans le Programme d’actions du Gouvernement (PAG) pour atteindre cet objectif, figurent entre autres, la création d’une Agence nationale d’Approvisionnement en Eau Potable en Milieu Rural (ANAEPMR) placée sous la tutelle de la présidence de la République, l’élaboration d’une nouvelle stratégie d’AEP en milieu rural 2017-2030 intégrant les ODD, l’élaboration du Plan Directeur de Développement de AEP en milieu rural (2017-2021). Dans l’une de ces interventions, le ministre Houssou a aussi déclaré que le gouvernement entend ouvrir le secteur aux opérateurs privés surtout en milieu urbain en « revisitant les tarifs ». « Les réformes tarifaires sont incontournables pour qu’il y ait adéquation entre l’investissement apporté et le coût de l’eau », a-t-il soutenu. Son homologue de la santé, Alassane Seidou, a lui vanté l’approche Assainissement Total Piloté par les Communautés (ATPC) au cœur des actions du Programme d’amélioration de l’accès à l’Assainissement et des Pratiques d’Hygiène en milieu Rural (PAPHyR) financé par le Fonds mondial pour l’assainissement (GSF) qui intervient dans cinq départements que sont l’Alibori, l’Atacora, le Borgou, la Donga et les Collines.

Ces rencontres ministérielles sont initiées par l’organisation Assainissement et Eau pour Tous (SWA) qui est un partenariat mondial rassemblant des pouvoirs publics, des organisations du secteur privé et de la société civile, des organismes d’assistance extérieure, des instituts de recherche et d’enseignement et d’autres partenaires du développement issus de plus de 150 pays.

En attendant les résolutions et retombées de la participation remarquable du Bénin à travers ses deux ministres à cette grande rencontre, les acteurs du secteur de l’eau et de l’assainissement ne cachent pas leur satisfaction. Il reste que le gouvernement tienne parole et qu’il s’engage également pour l’accès universel à hygiène et à   l’assainissement.

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March 16, 2017

Constitutionnalisation des Droits à l’eau et à l’assainissement: Les députés s’engagent  

Alain TOSSOUNON (Bénin) 

Les membres du bureau du Réseau des parlementaires pour l’Eau et l’Assainissement au sein de l’Assemblée Nationale ont eu une rencontre avec le Cadre de Concertation des Acteurs Non Etatiques de l’Eau et de l’Assainissement (CANEA), le 10 mars 2017. Au terme de leurs échanges, le CANEA a promis aider les parlementaires à s’approprier les enjeux et défis du secteur. Quant aux députés, ils se sont engagés à soutenir le plaidoyer  du  CANEA portant sur la constitutionnalisation des Droits à l’eau et a l’Assainissement.

Les députés et les membres du CANEA au cours des échanges

Mis en place le 12 janvier 2017 au palais des gouverneurs à Porto-Novo, le Réseau des parlementaires pour l’Eau et l’Assainissement a entamé les prises de contact avec les acteurs du secteur de l’eau et de l’assainissement. Première étape de cette  tournée, les parlementaires sont venus échanger avec les membres du bureau du Cadre de Concertation des Acteurs  Non Etatiques de l’Eau et de l’Assainissement (CANEA). Très honoré de cette visite d’échanges, le président du CANEA, André ZOGO, s’est réjoui de cette démarche du réseau des parlementaires. Avant tout, il a souligné que le CANEA est une plateforme qui regroupe les Organisations et associations de la société civile qui opèrent dans le secteur de l’eau et de l’assainissement et dont la mission, est de porter la voix des communautés et des populations. Il a ajouté que le CANEA, à travers la veille citoyenne, milite pour l’accès durable et universel à l’eau et à l’assainissement de tous les Béninois. A cet effet, le CANEA  s’est engagé pour la constitutionnalisation des Droits à l’Eau et à l’Assainissement dans le cadre des réformes politiques et institutionnelles annoncées par le nouveau régime. Pour terminer, le président du CANEA a sollicité le soutien du réseau des parlementaires pour faire aboutir ce plaidoyer mais aussi pour davantage, interpeller le gouvernement sur les questions touchant au secteur. « Nous comptons sur vous », a-t-il signalé. En réponse, le Coordonnateur du réseau a dit tout l’engagement des députés membres par rapport au combat pour l’accès de tous à l’eau et à l’assainissement. Indiquant qu’on ne parle pas de la bible à un prête, il a  souligné que cette rencontre vise à solliciter l’appui du CANEA pour des informations et des conseils pour un engagement efficace des parlementaires. Sur le plaidoyer du CANEA pour la constitutionnalisation des Droits à l’Eau et à l’Assainissement, le Coordonnateur du réseau, le député Léon F. Degny a rassuré le CANEA du soutien des membres et au-delà de tous les députés. « Tous les députés se sentent concernés par les questions d’eau et d’assainissement », a-t-il soutenu avant d’indiquer qu’à l’annonce de la création de ce réseau, plusieurs députés ont spontanément adhéré. Ainsi, il signale que dans le réseau, on retrouve des présidents de commissions et des députés qui ont une longue expérience parlementaire  comme le député, Idji Kolawolé et ceux qui se sont illustrés par des interpellations au gouvernement comme le député Eric Houndété et bien d’autres.

Des échanges édifiants

                         Photo de famille après la séance

Les échanges se sont poursuivis avec la présentation du Plan de Travail annuel du réseau aux membres du bureau du CANEA. Soutenant que les activités du réseau sont pertinentes pour faire avancer le secteur, le Coordonnateur du Wsscc, Félix Adégnika, a rassuré les parlementaires de la disponibilité des membres du CANEA à partager les informations sur  les enjeux du secteur pour permettre aux députés de jouer leur partition. Car, indique-t-il, les enjeux sont nombreux. En dehors de la constitutionnalisation des Droits à l’eau et à l’assainissement, il a évoqué les réformes en cours du gouvernement et surtout la situation du sous-secteur de l’hygiène et de l’assainissement qui reste encore le parent-pauvre.  Très avertie des  questions de l’eau et de l’assainissement, le député Mme Abiba Dafia Ouassangari, a salué le combat du CANEA avant de soutenir une fois encore, le plaidoyer sur les DEA. Car, selon elle, si on constitutionnalise les DEA, tous les présidents qui viendront à la tête de l’Etat seront dans l’obligation de faire de l’eau et de l’assainissement une priorité. « Le réseau constitue un lobbying, l’essentiel est que nous soyons informés », a indiqué le député Jérémie Adomahou. Evoquant la question de l’hygiène et de l’assainissement, il a signifié que c’est avant tout un problème institutionnel. Tout en soutenant comme ses collègues que l’eau et l’assainissement préoccupent tous les députés, il a conclu que  « c’est un combat commun ». Une rencontre d’informations des membres du réseau et des députés est envisagée pour favoriser une appropriation des enjeux et défis du secteur et permettre aux députés de commencer leur « combat ». L’alliance entre le Réseau des parlementaires pour l’eau et l’assainissement et le Cadre de concertation des acteurs non Etatiques de l’Eau et de l’Assainissement est désormais scellée pour une veille citoyenne plus efficace dans le combat pour l’accès à l’eau et l’assainissement pour tous au Bénin.

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June 30, 2016

Fourouyèkèrè et Okpara au Bénin: Ces cas écoles de bonnes pratiques de gestion des ressources en eau

Alain TOSSOUNON (Cotonou/Bénin) 

Face aux ressources en eau menacées de disparition, l’approche de Gestion Intégrée des Ressources en Eau (GIRE) longtemps promue, est apparue depuis peu comme la seule alternative pour passer à une gestion durable. Loin d’être désormais un slogan, la GIRE pour tous et pour tout devient de plus en plus une réalité au Bénin.

Le Fleuve Okpara (et le barrage de Kpassa) désormais à l'abri de la disparition, fruit de l'appropriation par tous les acteurs de l'approche GIRE

Le Fleuve Okpara désormais à l’abri de la disparition, fruit de l’appropriation  de l’approche GIRE

La rivière « Fourouyèkèrè », bras de la Yerpao, un fleuve qui traverse toute la ville de Natitingou située  au nord du Bénin, ne coulait plus comme par le passé. En 2008, plusieurs acteurs ont sonné l’alerte. Car, pour les uns comme pour les autres, cette rivière était tout simplement en voie de disparition. Pourtant, le fils du milieu et ancien Directeur des mines, de l’énergie et de l’eau de l’Atacora-Donga, Joachim Sama racontait : « il y a quelques années, on faisait la pêche mais depuis, deux semaines après une pluie, il n’y avait  plus une goutte d’eau dans la rivière ». Un constat amer qui traduisait bien, la gravité de la situation et les dangers auxquels s’exposaient les communautés de cette ville.

Toujours en 2008, à quelques kilomètres de cette ville, au nord du pays, le barrage de l’Okpara, principale source d’approvisionnement en eau potable pour les populations de la ville de Parakou, était aussi  dans un état de dégradation avancé.  En absence d’eaux souterraines, le seul recours reste les eaux de surface mobilisées à travers le barrage érigé sur le cours d’eau  d’Okpara long de 200 km. Si le barrage était dans un état préoccupant, le fleuve connaissait  de graves problèmes de pollution par les produits chimiques  utilisés par les producteurs de coton en amont du cours d’eau. Mais, la ressource était aussi devenue le déversoir des déchets solides et plastiques ménagers, des fientes et cadavres d’animaux.  Pour ces deux cours d’eau, la menace d’une disparition était bien réelle.

Pourtant, les communautés dont la vie est intimement liée aux ressources en eau, n’ignorent pas les avantages et profits qu’elles en tirent. « Ce n’est pas pour rien que nous vivons près du fleuve Okpara, nous connaissons bien ses bienfaits. Nous appelons en langue bariba (une langue locale du milieu), le fleuve, notre mère pour signifier toute son importance pour notre vie », nous confie un notable de la localité et premier ministre du roi de Parakou, Abouki Sarigui.

Des actions de sauvetage à l’avènement d’une bonne gestion

Afin de trouver des solutions efficaces et immédiates, le Partenariat National de l’Eau du Bénin a mis en route des initiatives pour voler au secours de ces ressources en eau en voie de disparition. Inscrites dans le cadre des actions pilotes, le fleuve Fourouyèkèrè », comme le barrage de Kpassa situé sur le fleuve Okpara ont été retenus comme plusieurs autres initiatives pour tester l’approche de Gestion intégrée des ressources en eau (GIRE). Pour les acteurs du secteur, ces deux situations constituaient des cas d’école qui posaient  toute la problématique de la gestion durable des ressources en eau.

Ainsi, dans les deux cas, les actions de sauvetage ont démarré par la mobilisation de tous les acteurs et usagers. Un travail de plaidoyer a été mené pour  réveiller la conscience citoyenne de tous les usagers et acteurs face aux différents problèmes que connaissaient des deux ressources. Grâce à la mise en place d’un cadre de concertation, principal creuset de dialogue entre acteurs locaux et usagers, plusieurs actions ont été menées autour des ressources pour assurer leur protection. Des couloirs de passage des animaux de transhumance et de commerce pour réduire la pollution à la construction des abreuvoirs, plusieurs mesures allant jusqu’à la restauration du couvert végétal autour des ressources en eau ont été prises.  Pour garantir la durabilité de la protection de la ressource, la gestion sectorielle a été abandonnée au profit de la gestion concertée. « Les problèmes que connaissaient le fleuve et son barrage sont le fait d’un manque de dialogue entre utilisateurs de l’eau. Beaucoup d’acteurs intervenaient. Eleveurs, agriculteurs, la SONEB qui est la société d’eau qui prélève l’eau de barrage pour alimenter les populations…tout le monde agissait de son côté. Il n’existait pas de cadre pour la concertation », explique l’ancien maire de Tchaorou, Bio Sounon Bouko. Cette entreprise de mobilisation qui promeut le dialogue entre les différents acteurs a conduit au développement et au renforcement des Associations des communes pour faire face au défi commun de protection des ressources en partage. Dans bien des cas, maintenant que les acteurs se parlent et se retrouvent, la gestion de la ressource est mieux suivie. « Avec cette initiative autour du barrage de Kpassa sur le fleuve Okpara, nous avons compris que tous les acteurs et usagers doivent contribuer à la protection de la ressource », signale l’ancien maire de Parakou, Soulé Alagbé. Passée l’étape de la structuration des usagers et du bureau du Conseil des Acteurs pour la Gestion Concertée (CAGC) du barrage, la matérialisation de 4,6 km de berges délimitées et reboisées sur  une superficie totale de 22 ha, la validation du plan d’aménagement du couloir de transit du bétail contournant la cuvette  du barrage, la proposition d’une feuille de route d’exécution du plan d’aménagement ou le plaidoyer pour l’appropriation des fonctions liées à la protection et au suivi du barrage par la SONEB, le fleuve Okpara et son barrage sont sauvés de la disparition. Plus encore ce plaidoyer a conduit à la mobilisation des partenaires pour un grand projet d’alimentation en eau potable de la ville de Parakou et ses environs d’un coût global de plus de 15 milliards de francs CFA dont le financement est acquis. « Toutes les mesures prises par l’initiative pour sauver le barrage et  protéger le fleuve n’ont pas de prix », soutient l’ancien directeur de la ferme de l’okpara, Dr Fataou Zakarie Touré.

Aujourd’hui, la ressource bénéficie d’un suivi rapproché par les services techniques communaux, la SONEB et le Secrétariat Exécutif permanent (SEP) du Territoire de Développement de l’Ouémé Supérieur (TDOS) regroupant les trois communes ayant en partage la ressource et au niveau national, un Comité d’Orientation et de Suivi (COS) est mis en place de même  que le Conseil National de Coordination et de Suivi des initiatives (CNCS) GIRE,  regroupant le PNE-Bénin avec la Direction Générale des Ressources en Eau et les Partenaires Techniques et Financiers. Les usagers sensibilisés abandonnent progressivement les mauvaises pratiques de pollution et, entre éleveurs et agriculteurs, les conflits sont rares à cause des couloirs de passage des animaux disponibles et respectés par tous.

Longtemps perçue comme une approche abstraite, avec ces différentes initiatives pilotes qui ont permis de voler au secours des ressources en eau menacées de disparition, la GIRE au Bénin est entrée dans sa phase concrète. Désormais, pour les ressources en eau, le professeur Abel Afouda, indique qu’il faut poser les bases solides d’une gestion durable de ces ressources. C’est pourquoi, le Bénin s’est doté d’un Plan National de Gestion Intégrée des Ressources en Eau (PANGIRE)  sur la période 2011-2025  qui repose sur une série de cinquante-cinq (55) actions dont « l’exécution vise à créer l’environnement favorable à une gestion durable et à une mise en valeur optimale des ressources en eau, facteurs de développement socioéconomique du Bénin ». Mais, il reste encore beaucoup à faire dans la mise en œuvre de ces actions identifiées pour être en phase avec la politique régionale de l’eau au niveau de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) qui recommande la GIRE pour  prendre en compte l’ensemble des usages et impliquer tous les acteurs autour de la ressource. Le chemin est encore long et l’un des défis majeures pour le Bénin, reste l’effectivité de la gestion par bassin de ces ressources en eau.

Pour l’heure, la mise en œuvre de toutes ces initiatives laisse derrière elle, au-delà des actions entreprises pour sauver les ressources en eau, des cadres de dialogue indispensables et fondamentales pour la préservation et une bonne gestion des ressources en eau en phase avec les principes promus par la GIRE.

 

 

Alain TOSSOUNON

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May 19, 2016

Pêche au Bénin : Vers le renouveau 

Alain TOSSOUNON (Bénin) 

Face à  la surpêche et aux problèmes  préoccupants de dégradation des écosystèmes aquatiques, d’utilisation des engins de pêche non sélectifs, le Bénin s’est doté en 2004, d’une Loi-Cadre sur la pêche et l’aquaculture. Un instrument juridique qui porte aujourd’hui l’espoir des acteurs de voir cette activité renaître.

Un pêcheur sur un plan d'eau

                 Un pêcheur sur un plan d’eau

Au Bénin, la pêche ne nourrit plus son homme. Cette activité qui occupe plus de 600 000 personnes de façon directe comme indirecte et contribue au PIB jusqu’à hauteur de 3% est en perte de vitesse. Le poisson devient rare dans les eaux continentales et marines béninoises au grand désarroi des pécheurs.  « Sans vous mentir, il n’y a plus de poissons dans les plans d’eaux. Les ressources sont en train de disparaître. L’activité de pêche est au ralenti », se désole le président de la Fédération nationale des acteurs de pêche du Bénin (FENAPECHE), David Hounguè.

Aujourd’hui, les pêcheurs sont obligés d’aller plus loin et de faire de gros efforts avant d’avoir une petite quantité de poissons. Une situation que confirme que le Directeur de la production halieutique à la Direction des pêches, Antoine Gaston Djivèdo. « Dans les années 1980 à 1990, les pêcheurs vont et reviennent plus vite de la pêche avec une grande quantité de poissons. Ce qui n’est pas le cas de nos jours. Aujourd’hui, les pêcheurs fournissent plus d’effort pour n’avoir que peu de poissons », souligne-t-il.

Les causes de la rareté des produits halieutiques sont pourtant bien connues de tous et surtout des pêcheurs qui sont  les principaux acteurs.  En dehors de la démographie galopante, il s’agit principalement, de l’utilisation des techniques prohibées de pêche et de la pollution des plans d’eau.  « Nous utilisons les engins que nous ne devons pas utiliser. Nous allons chercher les poissons dans leur dernier retranchement. Nous ramassons tout sur notre passage, petits comme grands poissons », se confesse le président de la Fédération nationale des acteurs de pêche du Bénin (FENAPECHE), David Hounguè. Ainsi, de façon unanime,  les pêcheurs pointent du doigt l’utilisation des filets « mèdokpokonou », qui sont des filets à petites mailles et même des moustiquaires pour la pêche. Sur les lacs, on retrouve aussi des rangées d’acadja sur plusieurs hectares. Au niveau de la pêche marine, la situation n’est guère reluisante. Contrairement aux années antérieures, le métier de pécheur est devenu difficile. Car, il faut aussi aller loin dans la mer  pour « attraper » du poisson. Mais, pour les acteurs notamment le  président de l’Union nationale des pêcheurs marins, artisans et assimilés du Bénin (UNAPEMAB), Victor Louis Amétépé, la construction de ports au niveau des eaux togolaises n’arrangent pas les pêcheurs situés au niveau des côtes béninoises, (dans les environs de Grand-Popo). Parce que, explique-t-il, les côtes béninoises reçoivent beaucoup d’eaux. Une situation pas favorable aux pêcheurs qui, envahis par ces eaux, sont obligés de se déplacer. De plus, au niveau de l’embouchure de Xwlacodji, les pêcheurs continentaux ont pris d’assaut les espaces de pêche réservés aux pêcheurs marins avec leurs engins prohibés et ramassent les alevins et autres petits poissons.

L’avènement de la Loi salué par tous les acteurs 

Face à cette situation alarmante, la Direction des pêches qui pendant longtemps a sensibilisé les pêcheurs sur ces mauvaises pratiques, est restée impuissante faute de Loi.

En effet, avant l’avènement de la Loi-Cadre adoptée par l’Assemblée Nationale le 06 juin 2014 et promulguée par le Chef de l’Etat le 07 août 2014, les textes qui régissaient le secteur étaient désuets. C’est pourquoi, avec la nouvelle Loi, les acteurs nourrissent l’espoir de voir la pêche renaître de ces cendres. Dans leur ensemble, les pêcheurs saluent l’adoption de cette Loi surtout pour les sanctions désormais prévues pour combattre les mauvaises pratiques. « Je pense que la nouvelle loi qui a été promulguée arrangera beaucoup de choses. Désormais,  «quiconque sera pris en flagrant délit d’utilisation de techniques interdites ou de pêche sans autorisation en répondra », signale le président David Hounguè. Parlant de sanctions,  l’article 112 qui condamne l’utilisation des engins prohibés pour la pêche de poissons et crevettes immatures, prévoit un emprisonnement de 3 à 12 mois avec une amende de 500.000 à 3 millions de francs CFA. Egalement, l’une des mesures importantes est l’avènement des permis de pêches qui permettra d’assainir le secteur.  Pour les associations des pêcheurs, c’est une bonne mesure et les pêcheurs qui ont été impliqués dans le processus d’adoption de cette Loi promettent de s’y conformer. Car, soutient David Hounguè, « si l’Etat ne prend pas ses responsabilités, des pêcheurs ne pourront plus aller pêcher en toute liberté ». Et au directeur de la production halieutique, Antoine Gaston Djivèdo de conclure : « Avec le vote de cette loi, le Bénin s’engage pour une pêche durable, une gestion des plans d’eaux de sorte à satisfaire les besoins de pêche d’aujourd’hui et assurer les besoins de l’avenir ».

 

 

 

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February 25, 2016

Hygiène et assainissement de base dans les projets de société des candidats :La grande déception

Alain TOSSOUNON (Cotonou)

Alors qu’on se plaignait que nos candidats favoris ont oublié la gestion des ressources en eau dans  leurs différents projets de société, le constat est amer quant au sous-secteur de l’hygiène et de l’assainissement. Pour le monde des acteurs du secteur de l’eau et de l’assainissement, la priorisation de ce sous-secteur attendu de tous les vœux par les politiques pour améliorer la situation dans notre pays n’est pas pour bientôt.

L'accès aux toilettes est encore un luxe pour plus de la moitié des Béninois

L’accès aux toilettes est encore un luxe pour plus de la moitié des Béninois

L’hygiène et l’assainissement n’a eu aucune chance de figurer dans les projets de société de nos candidats favoris à l’élection présidentielle de 2016. Dans leur ensemble, les cinq candidats qui paraissent avoir la chance d’emporter l’élection que sont Ajavon Sébastien, Patrice Talon, Aboudoulaye Bio Tchané et Lionel Zinsou ne reconnaissent nullement l’importance de ce sous-secteur toujours en panne de visibilité.

En dehors du candidat Aboudoulaye Bio Tchané qui dans le point 98 de son projet prévoit  des toilettes publiques à titre pilote à Cotonou (Ce qui n’est plus nécessaire puisque le PNUD l’a fait avec la mairie de Cotonou), les quatre autres candidats, ont  passé sous silence un sous-secteur aussi vital.  Les rares mesures relatives à l’assainissement sont relatives à la gestion et/ou  la valorisation des déchets solides ménagers ou liquides notamment chez les candidats Patrice Talon et Pascal Irénée Koupaki.

Pourtant, les chiffres sont alarmants. S’il est connu de tous que le Bénin a raté le rendez-vous des OMD dans ce sous-secteur, la situation est bien plus grave, Car, d’après l’Enquête de Démographie et de Santé du Ministère de la santé  2012 (EDS 2012), seulement 15% des ménages disposent de toilettes améliorées et non partagées. Et, les 2/3 des ménages n’ont accès qu’à des toilettes non améliorées et dans 54% des cas, les ménages ne disposent d’aucun type de toilettes.

En milieu rural, la situation est plus critique : 87% des ménages ruraux n’utilisent pas de toilettes considérées comme améliorées et 77% ne disposent d’aucun type de toilette.

En matière de lavage des mains, selon la même étude, le taux moyen de lavage de mains au Bénin est encore de 12% en 2012.

Dans ces conditions comment nos différents candidats favoris peuvent construire un Bénin gagnant (Zinsou),  triomphant (ABT), innovant (PIK) ? Ou encore comment pouvons-nous prendre un nouveau départ (Talon) ou réussir ensemble (Ajavon) alors que la défécation à l’air libre constitue encore le sport favori des Béninois ? Dans une étude réalisée en 2010 dans le cadre du Programme Eau et Assainissement, la Banque Mondiale avait déjà donné l’alerte en indiquant que plus de 7000 Béninois dont 4300 enfants de moins de 5 ans meurent chaque année de diarrhée.   Et ces décès sont à presque 90% lies à l’impureté de l’eau et au manque d’assainissement et d’hygiène.

Devons-nous attendre d’être un pays à économie prospère pour voler au secours de ces milliers d’enfants qui meurent ainsi chaque jour de maladies diarrhéiques et d’autres maladies transmises par l’eau ou causées par un manque d’assainissement et d’hygiène ?

Mais le désastre n’est pas qu’humain. Il est aussi économique. Puisque, dans cette même étude datant de 2010, la Banque Mondiale indiquait que le Bénin perd chaque année 52 milliards de francs CFA à cause d’un mauvais assainissement. Il est donc clair, que l’hygiène et l’assainissement, n’est plus simplement une question de sante publique mais aussi d’économie. Alors,  pour des candidats qui rivalisent de propositions ou de mesures pour booster notre économie, n’est-il pas judicieux avant toute chose de faire un gain de 52 milliards de francs CFA en aidant les populations à se doter de toilettes adéquates et de s’approprier les bonnes pratiques en matière d’hygiène et d’assainissement avant de mobiliser d’autres financements ?

En réalité, il ne s’agit pas de construire pour chaque ménage ou de subventionner la réalisation des toilettes appropriées mais de promouvoir des approches nouvelles qui font leur preuve ailleurs dans le monde pour amener progressivement les populations à faire de l’accès aux toilettes une priorité dans leur vie. Parce que, comme le soulignait la Directrice régionale de WaterAid, Marièm Dem, “il n’est plus admissible qu’au 21e siècle que les populations vivent sans toilettes”. Et mieux que par le passé, on comprend aujourd’hui, qu’un meilleur accès à l’hygiène et à l’assainissement se traduira par des performances scolaires et une productivité améliorées. Les enfants apprennent davantage quand ils ne sont pas obligés de manquer l’école pour cause de maladies diarrhéiques, et les travailleurs sont plus productifs lorsqu’ils ne sont pas malades ou ne restent pas à la maison pour soigner d’autres personnes qui le sont.

La gestion des eaux usées aussi oubliée  

L’un des défis majeurs en matière d’assainissement qui pouvait préoccuper nos candidats est la question de la gestion des eaux usées dans nos villes. Car, aujourd’hui, après une stratégie nationale en milieu urbain élaborée pour la période 2008-2015, la mise en œuvre du plan d’actions est toujours attendue. Même si on sait que la Banque Mondiale finance dans le cadre du Projet d’Urgence de Gestion Environnementale en Milieu Urbain  (PUGEMU), l’élaboration du Plan directeur d’assainissement des Eaux Usées des villes de Cotonou, Abomey-Calavi, Sèmè-Kpodji et Porto-Novo et la mise en œuvre d’un projet pilote de drainage et de traitement des Eaux Usées, il y a encore un besoin important d’investissement.

Pas de gestion des eaux usées dans les projets de société de nos candidats favoris

Pas de gestion des eaux usées dans les projets de société de nos candidats favoris

En tous cas pour l’heure, dans nos villes, les puisards construits  par les ménages sont connectés aux ouvrages de gestion des eaux pluviales (caniveaux et collecteurs).

La situation est bien préoccupante. Selon l’étude EDS 2012, 76% des populations au Bénin déversent les eaux usées dans la nature.

Pourtant, dans la sous-région des pays comme le Burkina-Faso investissent depuis peu pour améliorer la situation. L’office burkinabè de l’eau potable (ONEA) investit sous fonds propres chaque année 1,2 milliards de francs CFA dans le réseau d’égouts  ainsi que dans les stations de traitement et de vidange de la capitale. Si la ville de Cotonou est encore loin de celle de Casablanca au Maroc qui dispose désormais d’une station de traitement depuis mai 2015, il est quand même temps d’y penser.

Au total, il est clair que l’avenir du sous-secteur de l’hygiène et de l’assainissement de base s’assombrit avec des candidats qui dans leurs projets de société n’en font pas cas.

Ainsi, pour les acteurs du sous-secteur qui espèrent voir un jour l’hygiène et l’assainissement de base gagné en priorité avec des investissements conséquents, le chemin est encore long.  Le rêve n’est surtout pas permis avec nos candidats à la course. Ainsi va le Bénin !

 

 

February 19, 2016

Election présidentielle de 2016 au Bénin: Quelle place pour l’eau dans les projets de société des candidats?

Alain TOSSOUNON (Cotonou)

C’est désormais une réalité que les candidats à l’élection présidentielle du 28 février lèvent le voile sur leurs projets de société pour attirer les soutiens et convaincre les électeurs. Mais, si tous ne manquent pas de faire de l’emploi des jeunes ou de l’éducation des priorités, l’environnement et surtout les ressources en eau restent toujours des parents pauvres. Un choix qui contraste avec les enjeux actuels qui invitent à mettre l’environnement et la gestion des ressources en eau au cœur des enjeux de développement.

La bonne gestion des ressources en eau est un impératif pour le développement du Bénin

La bonne gestion des ressources en eau est un impératif pour le développement du Bénin

Les questions environnementales n’occupent pas une place de choix dans les projets de société des candidats à l’élection présidentielle de 2016. Si l’on retrouve quelques mesures ou actions envisagées dans les projets rendus publics, elles sont loin de figurer au rang des grandes priorités comme l’emploi des jeunes, l’éducation, la santé ; le sport…. Dans ces conditions, difficile de désigner un candidat vert ou écolo tant les projets de société sont pauvres en engagements environnementaux.
Dans les projets de société des candidats donnés favoris (Abdoulaye Bio Tchané, Lionel Zinsou, Pascal Irénée Koupaki, Patrice Talon, Sébastien Adjavon, par ordre alphabétique), on retrouve quelques actions préconisées pour répondre aux défis environnementaux dans notre pays.
Pourtant, les défis sont grands et les enjeux climatiques importants. Car, l’accord sur le climat adopté à Paris en décembre 2015 pour faire face au changement climatique a débouché sur une batterie de mesures pour un avenir résilient et durable. Plusieurs appels ont été lancés pour inviter les gouvernements à traduire en actes concrets, les engagements qui ont été pris. A cette occasion, chaque pays ayant présenté des Contributions prévues déterminées au niveau national (CDPN), devrait selon les termes de l’accord, passer à l’action en les intégrant dans les programmes de développement. A l’heure où les candidats font la promotion de leurs projets de société, l’on devrait dans cette logique, pouvoir retrouver ces mesures et engagements déclinés dans les projets de société de ceux-là qui aspirent gouverner le Bénin pour les cinq ans à venir.
Mais, on en est bien loin. Pour l’essentiel, le candidat Patrice Talon s’engage à renforcer la politique de reboisement, rétablir la subvention du prix de gaz à usage domestique au profit des ménages, voter une loi pour interdire à court terme l’usage des sachets plastiques, élaborer et mettre en œuvre un plan national climat et des plans climat territoriaux. Dans le cas du candidat Aboudoulaye Bio Tchané (ABT) qui avait partagé ses préoccupations par rapport au défi climatique mondial à la veille de la conférence de Paris sur le climat par une tribune parue dans l’hebdomadaire Jeune Afrique du 9 juillet 2015, il est retenu dans son projet au point 93, d’intégrer la problématique des changements climatiques dans les programmes et projets de développement. Egalement, l’ancien ministre des finances sous le président Mathieu Kérékou, se propose une fois à la Marina, de lancer un vaste programme de reboisement pour faire face à l’avancée du désert et recourir aux études d’impact environnemental dans tous les projets et programmes de développement. Figurant au dernier point des priorités de son projet de société, le candidat Pascal Irénée Koupaki, entend développer des stratégies d’adaptation aux changements climatiques en fonction des facteurs d’exposition aux risques naturels de chaque zone écologique et mettre en œuvre les résolutions de la COP 21, construire une grande ceinture verte dans les régions septentrionales pour arrêter l’avancée du désert. C’est assurément le seul candidat à avoir clairement fait mention de la COP 21 dans son projet de société marquant ainsi sa volonté à donner suite à l’Accord de Paris.
La gestion des ressources en eau, le parent pauvre
Dans le domaine de l’eau, tous les candidats favoris ont fait la part belle à l’accès à l’eau ignorant toute la problématique de la gestion durable des ressources en eau.
En effet, dans leur ensemble, ils font de l’accès à l’eau une grande priorité. A l’instar du candidat de la coalition républicaine, Lionel Zinsou qui s’engage pour un accès universel de tous les Béninois au liquide bleu, plusieurs autres promettent d’y consacrer beaucoup d’investissements. Dans le contrat social rendu public, le candidat ABT s’est engagé à allouer 100 milliards de francs CFA chaque année à la politique d’accès à l’eau potable et en plus, préfinancer les coûts de branchements à la SONEB.
Seulement, la question de la bonne gestion des ressources en eau reste le parent pauvre dans les projets de société. Alors que l’eau est la condition sine qua non de la réalisation de l’ensemble des Objectifs de développement durable.
En effet, en ces temps incertains où les effets du changement climatique sur les ressources en eau sont alarmants, et où le monde est aux prises avec une croissance démographique exponentielle, les défis relatifs à l’eau ne sauraient être négligés. Le degré d’utilisation et de pollution des ressources en eau par l’homme est tel que la viabilité de ces ressources s’en trouve menacée et que la rareté de l’eau et la dégradation de sa qualité qui en résulteront limiteront potentiellement la production alimentaire, réduiront les fonctions écosystémiques et entraveront la croissance économique.
Par ailleurs, les pressions subies par les ressources en eau ont considérablement augmenté au cours des dernières décennies en raison de la rapidité de la croissance démographique, de l’urbanisation, de l’augmentation des niveaux de consommation et du changement climatique. Les prélèvements d’eau ont triplé au cours des 50 dernières années et la demande a augmenté dans presque tous les pays du monde. Notre pays n’y échappe guère.
Si ces dernières années, dans notre pays, des efforts ont été faits pour améliorer le cadre légal et institutionnel et faire la promotion de la Gestion intégrée des ressources en eau (GIRE), l’on ne saurait négliger la bonne gestion et la protection des ressources en eau. Car, comment pourrait-on promouvoir ou développer l’agriculture sans garantir une disponibilité de l’eau ? Ou encore comment faire l’irrigation sans s’assurer que l’eau est disponible en tout temps ?
En réalité, l’eau est au cœur du développement puisque les problèmes de l’eau sont intrinsèquement liés aux questions de développement durable comme la pauvreté, la faim, la santé, l’éducation, l’inégalité des genres, le changement climatique…C’est pourquoi, dans l’agenda post-2015, au-delà de l’accès à l’eau, un objectif entier a été consacré dans les Objectifs de développement durable pour garantir sa sécurité et le développement durable. Parce que selon l’UNESCO, il est important pour chaque Etat et le monde entier, de veiller à la préservation des quantités suffisantes d’eau de qualité pour maintenir durablement la santé des êtres humains et des écosystèmes.
C’est donc clair que si les préoccupations environnementales et le défi de l’accès à l’eau pour tous les Béninois apparaissent dans les projets de société des candidats, la question de la gestion des ressources en eau est encore un enjeu ignoré et oublié des prétendants à la magistrature suprême.

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November 27, 2015

Journée Mondiale des Toilettes 2015: La société civile béninoise célèbre l’événement

Flore NOBIME (Bénin)

Mamadou Moctar Baldé (Unicef), André Zogo (CANEA)  et Richard Oussou (DNSP) à l'ouverture des échanges

Mamadou Moctar Baldé (Unicef), André Zogo (CANEA) et Richard Oussou (DNSP) à l’ouverture des échanges

La communauté internationale a célébré jeudi dernier, 19 novembre, la Journée mondiale des toilettes édition 2015 (Jmt 2015) autour du thème « Un meilleur assainissement pour une meilleure nutrition ». Au Bénin, l’événement a été commémoré par le Cadre de concertation des acteurs non étatiques du secteur de l’eau et de l’assainissement (CANEA), à travers son initiative Café média Wash, la 5e du genre, et dont les réflexions ont porté sur la question de l’assainissement au Bénin. L’événement, qui s’est déroulé à la Direction départementale de la santé de l’Atlantique et du Littoral, a réuni spécialistes des questions liées à l’eau, l’hygiène et l’assainissement et journalistes.

Mettre à la disposition des journalistes, des informations sur la stratégie nationale FDAL (Fin de la défécation à l’air libre) et les défis à relever pour satisfaire les besoins en ouvrages d’assainissement de base des populations béninoises. Ce sont-là quelques objectifs de cette rencontre marquée par l’allocution d’André Zogo, le président du CANEA. Qualifiant de « droit humain » l’accès à une eau salubre et à l’assainissement, le président du CANEA a repris des chiffres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour illustrer, les conséquences qu’entraine au plan de la santé l’absence de ce droit. Et selon l’OMS, 50% de la malnutrition est associée à des diarrhées fréquentes ou des infections intestinales vermineuses répétées du fait d’une eau insalubre, d’un assainissement inadapté ou de mesures d’hygiène insuffisantes. Soulignant la nécessité de « mettre en lumière ces milliards de personnes qui n’ont pas accès aux toilettes » au plan mondial, André Zogo a focalisé l’attention sur la situation nationale, appelant à la « mobilisation de tous les acteurs pour un débat citoyen autour de l’effectivité de la fin de la défécation à l’air libre ». A sa suite deux communications, « La stratégie Bénin FDAL 2030 : lien entre assainissement et nutrition » et les « Acquis du programme de promotion de l’hygiène et de l’assainissement et impact sur la nutrition » ont donné l’occasion aux participants de toucher du doigt la réalité de la question au Bénin.

Vue de la salle au cours des échanges avec les journalistes

Vue de la salle au cours des échanges avec les journalistes

Présentées respectivement par Richard Oussou de la Direction nationale de la santé publique (DNSP), et Mamadou Moctar Baldé, Spécialiste Wash à UNICEF/Bénin, les communications ont donné une idée pas reluisante du Bénin en la matière. Au Bénin, l’assainissement pose un véritable casse-tête avec 77% de la population rurale qui continue de déféquer à l’air libre et le pays, 4e sur 215, est en queue de peloton en matière de fin défécation à l’air libre. Par ailleurs, et selon la Banque mondiale, le mauvais assainissement de base fait perdre annuellement au pays 52 milliards de francs CFA. A ce rythme, l’engagement de la FDAL à l’horizon 2030 pris par le Bénin sera des plus difficiles à tenir. C’est ce qu’expliquera aux journalistes Félix Adégnika, le Coordonnateur national du Conseil de concertation pour l’approvisionnement en eau et l’assainissement (WSSCC). Dans son intervention axée sur les engagements du Bénin par rapport à l’hygiène et l’assainissement, Félix Adégnika, après l’avoir démontré, a fustigé le sous-financement que subit du secteur avant d’en appeler à la pleine implication des médias pour qu’enfin, le Bénin hisse l’accès à l’hygiène et à l’assainissement au rang des priorités.

August 5, 2015

Café Média Wash sur la gestion 2014 du secteur eau et assainissement : Entre avancées et défis

Béatrice KOUMENOUGBO (Bénin) 

Echanger avec les journalistes sur les résultats de la gestion 2014 du secteur de l’eau et de l’assainissement,  c’est l’objectif de ce 4ème numéro de Café média Wash. Il a été organisé par le Cadre de Concertation des Acteurs Non Etatiques  du secteur  de l’eau et de l’assainissement au Bénin (Canea). C’était  le jeudi 30 Juillet, à la Dds Atlantique littoral.

Les représentants des différentes structures autour du Pdt du CANEA

Les représentants des différentes structures autour du Pdt du CANEA

Permettre aux journalistes spécialistes des questions de l’eau et de l’assainissement de prendre connaissance des résultats, des difficultés et perspectives envisagés après la revue du Budget programme par objectif 2014, dans les secteurs eau et assainissement,  c’est ce qui justifie l’organisation de ce 4ème Numéro de Café Média Wash  par le  Cadre de Concertation des Acteurs Non Etatiques des secteurs de l’eau et de l’assainissement au Bénin (Canea). A cet effet, le Canea a invité les représentants des directions de l’eau et de la santé publique et le directeur général de la Soneb pour éclairer la lanterne des journalistes. Dans sa présentation, le représentant du directeur de l’eau, Bernadin Ellegbede, a rappelé les objectifs visés dans le secteur eau.  Ce ont entre autres, réduire de moitié les personnes qui n’ont pas accès à l’eau potable, assurer la disponibilité de l’eau en quantité et en qualité.  En  matière de résultats, il a informé qu’en 2014, 1289 nouveaux points d’eau ont été construits et 156 réhabilités, puis le taux d’accès à l’eau a atteint 68%. Mais ce taux cache des disparités, d’une commune à l’autre, et même à l’intérieur des communes a-t-il reconnu. En ce qui concerne la gestion de l’eau, la professionnalisation de ce secteur par les communes, maîtres d’ouvrage, constitue une des avancées soulignée par le représentant de la direction générale de l’eau. Des avancées sont aussi notées dans le cadre du transfert des ressources. Ainsi, en 2014, 2 milliards 6 millions ont été transférés aux communes. Cette somme est 4 fois supérieure au montant transféré en 2013. Mais malgré ces avancées, des difficultés existent notamment dans le cadre du transfert des ressources. En matière de défis, la création du Conseil national de l’eau à la tête du cadre institutionnel, la mise en place de l’agence de bassin pour favoriser la gestion de l’eau par bassin ont été cités par Bernardin Ellegbede.

La soneb ambitieuse et sur la voie de la certification Iso

La Société nationale des eaux du Bénin (Soneb) a connu des performances ces dernières années selon les propos de son directeur général David Babalola. Alors que le taux de desserte est fixé par les Omd est de 72% au 31 Décembre 2015, la Soneb selon ses projections atteindra 82%.  Pour un objectif de 197.000 abonnés, la Soneb a pu atteindre 213.000 abonnés en 2014. Ensuite, le taux  des eaux non comptabilisées, c’est-à-dire les eaux perdues,  est passé de 35% en  2004 à 23,83% en 2014. Ce qui place le Bénin en tête de peloton dans la sous-région, en ce qui concerne ce critère. En plus de ces avancées, la Société nationale des eaux du Bénin s’est inscrite dans la démarche qualité et ambitionne atteindre la norme Iso d’ici 18 mois. En ce qui concerne les perspectives, elles sont liées à l’atteinte d’un pourcentage supérieur ou égal à 90% de populations  ayant accès à l’eau potable en 2030. La présentation de ces avancées n’a pas empêché les journalistes de mentionner les problèmes rencontrés par les populations. Notamment la défaillance du service de dépannage de la Soneb, la lenteur observée dans le branchement une fois que les populations souscrivent, l’escroquerie occasionnée par les agents de la Soneb avant d’effectuer des réparations ou de faire le branchement. Le directeur général de la Soneb, a clarifié que le matériel existe en nombre suffisant à la Soneb pour les branchements. Ainsi, les agents ne devraient pas prétexter du manque de matériel pour retarder le branchement payé par un client. Pour ce qui est du service du dépannage, le directeur de la Soneb a reconnu des dysfonctionnements à ce niveau, mais a expliqué qu’ils tiennent de la mauvaise volonté de certains de ses agents. Il a invité les populations à dénoncer les agents qui font preuve de comportements d’escroquerie sur le terrain.

L’assainissement, le parent pauvre du budget national

Moins d’1% du budget national est consacré au secteur de l’assainissement a déploré le représentant da la Direction nationale de la santé publique, Achille Kangni. Passant en revue les résultats du secteur, il a fait noter les timides avancées et les réels défis dont le plus important reste le financement du secteur. Assurer le pilotage du sous-secteur par le renforcement de la concertation et de la performance des acteurs institutionnels ; améliorer équitablement l’accès durable aux services adéquats d’assainissement de base, ainsi que les conditions d’hygiènes ; améliorer les conditions de mise en œuvre du cadre règlementaire et des mesures incitatives et de coercition sont les trois objectifs déclinés dans le secteur de l’hygiène et de l’assainissement de base. Pour atteindre les objectifs visés, au nombre des enjeux, se situent la réduction de 40% du taux de défécation à l’air libre, augmentation du pourcentage de ménages ayant réalisé des latrines conformes aux Omd et Odd, le déploiement sur l’ensemble du territoire du plan de surveillance de la qualité de l’eau et des activités autonomes de préservation de l’eau à domicile. Les résultats obtenus dans la réalisation de ces objectifs sont très faibles selon les chiffres se rapportant à la mise en œuvre du Bpo 2014 de la Dnsp. Ainsi, 2.324 nouvelles cabines de latrines ont été construites inclus celles qui étaient sur le point d’être terminées en 2013, portant le taux de desserte de 66,9% en 2013 à 68% en 2014. Pour ce qui est de la construction des latrines, 2.574 latrines ont été construites sans subvention en 2014 contre 7.181 prévues. De ce fait, le nombre de localités certifié fin de défécation à l’air libre (Fdal) est de 764 pour une population totale estimée à 194.500 habitants. En ce qui concerne la surveillance de la qualité de l’eau en 2014, 1538 échantillons d’eau sur 4600 prévus, répartis dans les 77 communes du pays ont été prélevés et analysés par le laboratoire de la Dnsp. Ces chiffres montrent que les progrès sont restés faibles dans le secteur de l’hygiène et l’assainissement de base. Le représentant de la Dnsp a lancé un appel au ministre des finances pour l’augmentation du budget de l’assainissement dans le budget national. Consacré le montant suffisant à l’hygiène et l’assainissement de base permettrait au Bénin d’avoir 50 milliards de gain a-t-il soutenu.

 

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March 4, 2015

Ateliers national et régional sur l’économie et la gestion des écosystèmes humides et la sécurité alimentaire : Sauver les zones humides de la dégradation

Alain TOSSOUNON (Bénin) 

Le panel d'experts au cours des échanges

Le panel d’experts au cours des échanges

Après l’organisation en novembre 2014, des ateliers national et régional sur l’économie et la gestion des écosystèmes humides et la sécurité alimentaire avec le soutien de UNESCO-IHE, l’IUCN et plusieurs organismes et partenaires locaux (UAC, ABE, PNE…), le Réseau des Journalistes du Bénin pour l’Eau et l’Assainissement (RJBEA) a dans le cadre de l’initiative Café Média WASH, invité des experts pour partager avec le acteurs des médias, les résultats et recommandations de ces deux grandes rencontres. Face aux journalistes, le panel d’experts constitué, a   alerté l’opinion sur  l’état de dégradation de nos zones humides et  l’urgence d’agir  pour  une gestion durable de ces écosystèmes indispensables pour assurer la sécurité alimentaire.

 

Avant  de partager les  conclusions des deux ateliers, les experts sont revenus sur les objectifs poursuivis par ces rencontres qui ont mobilisé plusieurs participants que sont les étudiants-chercheurs, formateurs chercheurs, les cadres administratifs et techniques mais aussi des organisations de la société civile qui militent pour la sauvegarde de l’environnement au Bénin.

Pour le premier atelier, il s’agissait d’aider les participants à appréhender les concepts et les fondements de l’économie et du développement des zones humides, échanger sur la dynamique des écosystèmes humides, leurs fonctions et leurs services et se familiariser  avec les outils de développement de l’économie des écosystèmes humides et particulièrement l’économie agricole de ces écosystèmes. Pour le deuxième atelier à caractère régional, qui a réuni des participants venus du Bénin, du Togo, du Ghana, de la Guinée, du Sénégal, du Burkina Faso, de la république Démocratique du Congo, du, Mali, de la Côte d’Ivoire, et des formateurs provenant du Mexique et des Pays-Bas, l’objectif  était  d’identifier les services écosystémiques qui permettront  d’établir des règles de pratiques qui contribueront à soutenir les politiques  de gestion durable des Zones Humides au niveau local, en réponse à l’accroissement de la pression anthropique.

L’un des temps forts de l’atelier régional a été la visite du complexe lac Nokoué-lagune de Porto-Novo, le plus grand lac du Bénin avec une superficie de 150 Km2. Une visite d’étude aura permis  aux participants, de toucher du doigt la réalité de cette zone humique et  de cerner les aspects socio-économiques de son exploitation. Elle a également permis aux participants d’appréhender les services éco systémiques et de recueillir la perception des acteurs locaux et des populations locales.

Mais face aux médias, les experts ont apporté leur éclairage sur ce qu’il convient d’appeler zones humides et surtout, leur état actuel. Sans détour, ils ont signalé que les zones humides dans notre pays connaissent un état de dégradation avancé.

En effet, si elles ne sont pas envahies par les populations  pour l’agriculture, elles sont fortement polluées et subissent une gestion incontrôlée.  C’est le cas du lac  Nokoué qui selon l’enseignant-chercheur Flavien Dovonou, connait des problèmes de pollution dus à sa proximité avec le marché Dantokpa, le manque d’assainissement au niveau de la cite lacustre Ganvié, le transport des hydrocarbures… « Aujourd’hui, le lac Nokoué est pollué et ses sédiments aussi comme les poissons, huitres et autres », se désole-t-il. Les techniques de pèche pratiquées sont aussi nuisibles à cette ressource a ajouté le directeur général de l’Agence béninoise pour l’environnement (ABE), Edmond Sossoukpè.

Au niveau de la vallée de l’Ouémé, les constats sont les mêmes.  Avec une forte pression anthropique, l’enseignant-chercheur a indiqué que « les ressources s’amenuisent et l’environnement  est en pleine dégradation ». « Il faut absolument renverser cette tendance à la dégradation de nos zones humides », soutient-il.

Car, les zones humides qui sont un réservoir  de la biodiversité  contribuent à la lutte contre l’insécurité alimentaire, en particulier dans les pays ou les ressources en eau sont très limitées.

Une vue partielle des journalistes

Une vue partielle des journalistes

Comme solution, il convient de recourir à l’approche de Gestion Intégrée des Ressources en Eau (GIRE) qui de par ses principes, propose une gestion qui prend en compte tous les acteurs et tous les besoins en vue de leur satisfaction.

L’un des grands centres d’intérêt de ces rencontres a aussi été le partage des outils d’évaluation des écosystèmes. Parce que, soutient le Dr Fabien Hountondji, « connaitre la valeur des zones humides permet de connaitre les options de développement pour les pays ».

Aujourd’hui que les problèmes sont connus et que notre pays s’est engagé sur la voie de la GIRE,  il convient que tous les acteurs se mobilisent pour que l’approche de gestion adoptée de nos ressources en eau soit effective. Pour le professeur Euloge Agbossou, si nous voulons développer notre agriculture, il faut maîtriser et dompter l’eau ». Et cela n’est possible que si la GIRE ne devienne pas la chose la mieux partagée de tous.

 

RECOMMANDATIONS ET PERSPECTIVES DES ATELIERS

  • Les recommandations formulées à la fin des ateliers portent notamment sur :
  • les besoins de renforcement de capacités sur l’économie des écosystèmes humides à travers l’organisation d’ateliers thématiques ;
  • les perspectives d’application de l’économie des écosystèmes dans l’enseignement et dans les politiques, stratégies et plans de développement des écosystèmes humides;
  • la dynamisation de la recherche vers une évaluation des services éco systémiques à travers les formations diplomantes postuniversitaires et le développement de collaboration dans le développement de l’économie des écosystèmes.
  • Perspectives

– Actualiser toutes les zones humides potentielles du Bénin

– Cartographier ces zones humides

– Développer des méthodologies adéquates à la valorisation des zones humides du Bénin

– Evaluer les services écosystémiques de nos zones humides

– Former les journalistes spécialisés dans le fonctionnement des zones humides.

 

 

 

 

December 3, 2014

Atelier sur la problématique de la GIRE dans le bassin du Mono : Poser les jalons d’une coopération intercommunale

Alain TOSSOUNON (Bénin)
Fidèle à son engagement de soutenir les communes dans la mise en pratique de la Gestion intégrée des ressources en eau (GIRE) et le renforcement des concertations entre les structures concernées pour une gestion durable des ressources en eau au Bénin, l’ONG belge PROTOS et ses partenaires ont organisé un atelier de réflexion du 27 au 28 novembre 2014 à Lokossa. Grand moment de partage d’informations et d’expériences sur  l’intercommunalité et la mise en route de la GIRE, l’atelier a permis de pousser la réflexion sur la pertinence et l’intérêt d’une intercommunalité dans le domaine de la GIRE autour du bassin du Mono.

 

Photo de famille des participants aux travaux

Photo de famille des participants aux travaux

Autorités communales, représentants des structures intercommunales, cadres et agents des services techniques des mairies, représentants des services déconcentrés de l’Etat, représentants des projets et programmes… tous ont répondu présents à l’appel. Avec pour principal objectif de poser les jalons d’une collaboration intercommunale autour de la GIRE dans le bassin du fleuve Mono dans les départements du Mono et du Couffo, cet atelier s’inscrit dans le cadre du Partenariat Flamand pour l’Eau et le Développement (VPvWO), le Port d’Anvers (HvA), l’Association Flamande des Villes et Municipalités (VVSG) et PROTOS pour le projet concernant six communes (Lokossa, Athiémé, Dogbo, Bopa, Lalo et Toviklin) et est parfaitement intégré dans les programmes triennaux (MYP) 2011-2013 et 2014-2016 cofinancés par le gouvernement belge.
En ouvrant les travaux de cette réflexion, le Représentant-résident de Protos au Bénin, Harald van der Hoek s’est réjoui de la forte présence de tous les acteurs. Une preuve selon lui, que le sujet ne manque pas d’intérêt. « Si l’eau est une richesse, c’est aussi un risque avec les inondations », a-t-il signifié pour montrer la nécessité pour les communes, qui ne peuvent agir individuellement, de conjuguer leurs efforts afin d’intervenir en synergie. C’est un atelier plein d’espoir pour la problématique qu’il aborde et cet appel à une action concertée qu’il facilite, a souligné le 2e adjoint au maire de Lokossa, qui a ouvert officiellement les travaux.

Dans une première série de communications, les participants ont eu droit à un éclairage sur le cadre légal et règlementaire de l’intercommunalité et les expériences de regroupement de communes au Bénin et dans les départements du Mono et du Couffo.
En revenant sur la genèse des regroupements des communes au Bénin, l’expert en décentralisation et eau de l’Association Nationale des Communes du Bénin (Ancb), Sègla Lihoussou, a indiqué que la nécessité de rassemblement des communes est apparue aux premières heures de la décentralisation. Une volonté qui s’est manifestée par la création de l’ANCB et de l’UCOZ en 2003, et d’autres associations dans les départements et régions de notre pays. Seulement, quelques années après leur mise en place, ces différentes associations mises en place avant l’avènement de la loi sur l’intercommunalité et avec l’accompagnement de partenaires divers, vont tomber dans la léthargie. Aujourd’hui, avec la loi sur l’intercommunalité, à l’exception de la communauté des communes de Kouandé, Kérou et Péhunco (2KP), ces associations et regroupements des communes évoluent en marge des dispositions de cette loi. De même, elles restent confrontées à une faible volonté de leurs membres pour le paiement de leurs cotisations et à une guerre de leadership préjudiciable à la vie des associations comme c’est le cas de l’Association des communes du Mono/Couffo (Acmc). Somme toute, si ces différents regroupements doivent encore leur existence à la loi de 1901, il reste qu’elles peinent à se conformer à la nouvelle loi et mises à rude épreuve face à la récupération politique.
Malgré tout, tour à tour, chacun de ces regroupements de communes a partagé son expérience et surtout présenté le bilan de ses activités menées. De l’Union des communes du Zou (Ucoz), au Groupement Intercommunal (GI) Mono, au Territoire des Communes de l’ouémé supérieur (TDOS) ou encore le Conseil intercommunal d’éco développement (Cied), il ressort que les associations des communes régionales ou départementales, embrassent plusieurs domaines (environnement, ressources en eau, économie locale, tourisme…). Pour la communauté des 2KP qui constitue le seul Etablissement public à caractère intercommunal (Epci), les trois communes membres ont transféré cinq (5) domaines de compétences sur lesquels, elle mène des activités avec le soutien des partenaires et les subventions de ses membres.
Contrairement à l’intercommunalité au Bénin qui reste un processus jeune, elle est très vieille en Belgique. C’est le cas de l’intercommunalité en Flandre qui regroupe 5 provinces et 308 communes (de petite taille). Avec une première législation spécifique en 1922 et une dernière loi belge qui date de 1986, la coopération intercommunale en Flandre concerne plusieurs domaines dont la collecte et la gestion des déchets, le traitement des eaux résiduelles, l’approvisionnement en eau potable…Avec des capitaux propres d’une valeur de plus de 13 milliards d’euro, l’intercommunalité en Flandre constitue sans doute, une force économique et politique à l’image de plusieurs coopérations intercommunales en Europe. Une source d’inspiration pour les communes béninoises qui pour y arriver, selon les participants, devront revoir les raisons de création, leur raison d’être et créer les conditions pour assurer la viabilité de leur coopération. Surtout, comme le soutient Christof Delatter de l’Association des villes et communes flamandes, « il faut prendre le recul nécessaire pour asseoir une organisation qui peut résister à l’influence politique et aux changements de gouvernements locaux dans les communes ». Un conseil important pour les communes du Mono et Couffo dont l’association, de l’avis du Maire de Dogbo, Vincent Acakpo, est plombée par un faible engagement des membres et surtout une récupération de l’organisation à des fins politiques.

Les enjeux de la GIRE dans le bassin versant du Mono

Pour la deuxième journée consacrée aux enjeux de la GIRE dans le bassin du Mono, les échanges ont permis aux participants, de mieux appréhender les concepts de GIRE et de bassins versants, le fonctionnement du bassin versant du Mono et les impacts des barrages sur le fonctionnement hydrologique. Dans le contexte actuel, il ressort que l’action humaine amplifie les risques et la dégradation du couvert végétal est préjudiciable pour la ressource. De même, les mauvaises pratiques avec l’envahissement des berges pour la production sont à proscrire pour une meilleure protection de la ressource. Mais, il n’y a pas que l’homme qui a une influence néfaste sur les ressources en eau et la vie des communautés. En effet, ces dernières années, le Bénin comme plusieurs pays de la sous-région, fait face aux inondations acerbes avec pour corollaire, parfois des pertes en vie humaine et de nombreux hectares de production qui partent en fumée. En réponse, le gouvernement avec le soutien des partenaires, a initié le Projet de Système d’alerte précoce (SAP) afin de produire des informations et données indispensables pour la prévention. Aujourd’hui, grâce au projet, un dispositif est rendu fonctionnel et l’alerte aux inondations est désormais possible. Mais, si ce système d’alerte est d’apparition recentre et reste à renforcer, ailleurs en Belgique, dans la région flamande, c’est un plan qui a été conçu depuis 1977 pour faire face aux marées. Depuis, ce plan di Sigma, permet de gérer les voies navigables et les terrains avoisinants, de stimuler l’utilisation multifonctionnelle de la voie navigable, d’assurer la sécurité des voies navigables et de protéger les populations contre les inondations.

Une fois la phase d’éclairage sur les concepts d’intercommunalité terminée et les expériences des associations et/ou communauté des communes partagées, les participants se sont prononcés sur la nécessité ou non de mettre en place une intercommunalité autour du bassin du Mono. Pour les uns, il n’y a pas de doute. L’intercommunalité est indispensable pour mutualiser les ressources, défendre les intérêts des communes face aux infrastructures hydrauliques, protéger les berges et surtout développer des outils de planification pour la bonne gestion de la ressource au niveau du bassin. Pour les autres, il faut bien se conformer au cadre institutionnel GIRE prévu notamment le comité de bassin et les Comités locaux de l’eau (Clés) ou encore renforcer les structures intercommunales qui existent. Dans le cas de la mise en place d’une coopération intercommunale pour le bassin du Mono, la plupart des participants proposent le transfert des compétences relatives à la gestion des inondations, l’Approvisionnement en eau potable, l’environnement, la protection des berges…
Au terme des échanges, tous les participants dans leur ensemble, ont salué l’avènement de cet atelier pour la pertinence du sujet abordé. C’est pourquoi, ils recommandent de donner une suite à cet atelier. Car, selon le consultant de la Giz et ancien Directeur général adjoint de l’eau, Anatole Fassinou, « il faut continuer à creuser parce que la GIRE au Bénin est partie d’en haut alors qu’elle devrait émaner de la base ». Ainsi, « le temps est arrivé de partir de la base même si le cadre institutionnel est venu des grands classiques qui viennent d’ailleurs », a soutenu Dominique Fougeirol avant d’ajouter qu’il faut régler les problèmes dans les communes. Au total, pour les participants à cet atelier, il faut poursuivre la réflexion sur les thématiques et surtout « réinventer la GIRE en partant de la base ». Dans le même temps, il faudra continuer une vulgarisation des textes de loi sur la gestion de l’eau et la GIRE afin d’orienter les interventions.
En conséquence, si l’atelier de Lokossa n’a pas débouché sur une décision unanime de fonder une nouvelle coopération intercommunale autour du bassin du Mono, elle aura beaucoup apporté en matière d’éclairage sur l’état actuel de l’intercommunalité au Bénin et surtout révéler la volonté manifeste pour tous les acteurs communaux, de s’impliquer résolument dans la gestion du bassin du Mono. Désormais, la réflexion se poursuit sur comment y arriver pour garantir la défense des intérêts des communes qui ne veulent plus jouer le second rôle.