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May 20, 2019

Dr Halidou Kouanda au sommet Africasan5 : «Il y a des initiatives et des expériences intéressantes à travers l’Afrique et le monde »

La 5e Conférence internationale sur l’hygiène, l’eau et l’assainissement (AfricaSan 5) s’est tenue en Afrique du Sud précisément à Cape Town du 18 au 24 février 2019. Le Burkina Faso y a participé. Le pays des Hommes intègres s’y est rendu avec des techniciens, des experts et des professionnels de l’eau, l’hygiène et l’assainissement. A la fin des travaux, nous avons saisi l’occasion pour échanger avec l’un d’entre eux. Il s’agit du Dr Halidou Kouanda, Directeur Pays de WaterAid Burkina Faso. Voici ce qu’il nous a confié. Lisez plutôt !

 

Dr Halidou Kouanda, Directeur Pays de WaterAid au Burkina-Faso (Crédit Photo: Faso.net)

Au terme de cette 5e Conférence qui vient de se tenir à Cape Town en Afrique du Sud, qu’est-ce qu’il faut retenir comme principaux enseignements ?

Le premier enseignement qu’il faut retenir, c’est l’engagement renouvelé des Etats africains et de l’ensemble des acteurs pour faire de l’assainissement une priorité. Car les bénéfices qu’on peut avoir avec un assainissement amélioré sont très importants surtout sur le plan économique et sanitaire. Pour que l’accès universel à l’assainissement soit une réalité d’ici 2030 partout sur le continent africain, il est nécessaire que les personnes actuellement exclues du service puissent être touchées par les différentes interventions. Le second enseignement est relatif aux innovations qui ont été présentées. On a vu toute cette semaine beaucoup d’innovations en matière d’assainissement surtout dans le domaine de la technologie. Pour un pays comme le Burkina Faso où les ressources en eau se font de plus en plus rares, il est impératif d’utiliser des technologies moins exigeantes en eau. Par exemple, il nous faut réduire les quantités d’eau (potable) utilisée par les toilettes à chasse. Nous en avons vues au niveau des stands d’exposition qui n’utilisent que 1,5 à 2 litres. Le troisième enseignement c’est l’apprentissage et le partage d’expériences. Nous avons eu l’opportunité d’échanger à travers les différentes communications et les sessions qui ont été organisées. Il y a des initiatives et des expériences intéressantes à travers l’Afrique et le monde. Elles ont été menées avec succès grâce à des hommes et des femmes qui ont assuré un leadership de haut niveau. En ce qui concerne le cas spécifique du Burkina Faso, nous attendons qu’à la suite du président du Faso le ministère en charge de l’eau et de l’assainissement assure un leadership clair, fort et sans relâche sur tous les maillons du secteur.

 

L’évaluation des engagements pris à Ngor au Sénégal a montré qu’il y a eu très peu de progrès par rapport à cette 5e conférence. Selon vous, comment les Etats peuvent-ils combler ce déficit d’engagement ?

Il y a des efforts qui ont été fournis par les Etats mais on est encore très loin des objectifs communément fixés. Tant que les départements ministériels qui gèrent les ressources financières de nos Etats ne vont pas consacrer un minimum de moyens pour le secteur de l’eau et l’assainissement, les engagements pris çà et là par les gouvernements ne seront pas tenus. Si pour une raison ou une autre, on réduit les budgets déjà insuffisants alloués au secteur, vous comprendrez que les indicateurs de progrès ne feront que stagner. S’engager c’est bien, se donner les moyens de réaliser ses engagements c’est encore mieux. Au-delà des ressources financières, il faut que les leaders donnent l’exemple. Il est très fréquent de voir dans nos villes des comportements qui trahissent les ambitions des plus hautes autorités de faire du Burkina Faso un pays moderne. Je veux parler de la défécation dans les caniveaux et autres espaces non bâtis, de jour comme de nuit, et à visage découvert. Fort heureusement, cette pratique est rarement observée chez les femmes. Chacun de nous a un parent cher ou une personne chère qui vit au village et que nous pouvons aider à disposer d’une latrine ne serait-ce que simple, plutôt que d’attendre que la mairie s’en charge. Un leadership fort et actif combiné à une solidarité agissante peuvent nous faire faire un bond significatif vers l’accès universel à l’assainissement dans les délais convenus.

 

Vous prenez le cas spécifique du Burkina Faso, que compte faire WaterAid pour aider les populations?

Nous allons renforcer ce que nous faisons déjà, notamment le plaidoyer pour davantage de budget pour l’assainissement, le renforcement des capacités des différents acteurs, notamment des communes, un leadership renforcé du ministère en charge de l’eau et de l’assainissement. Notre contribution c’est aussi des actions concrètes à travers les différents projets que nous mettons en oeuvre. Il va falloir accélérer la sensibilisation des populations pour l’adoption des bonnes pratiques d’hygiène et l’entretien des ouvrages. Nous continuerons de participer au dialogue sectoriel pour faire entendre la voix des communautés. Nous bénéficions pour cela de l’appui de partenaire, tels que la Coopération suédoise, la Coopération danoise, l’Union européenne, l’Unicef, les fondations Bill et Melinda Gates, Margarett A. Cargill, Helmsley Trust. Nous sommes reconnaissants de cet accompagnement sans lequel ce serait difficile d’agir sur le terrain. Une des résolutions prises à cette 5e conférence est l’interpellation des chefs d’Etat de l’UA par rapport aux engagements de Ngor, quel commentaire en faites-vous ? Vu le niveau de progrès de l’ensemble des pays, cette interpellation à l’endroit des gouvernements vient à point nommé parce qu’ils sont les chefs d’orchestre. Je pense que cette interpellation devrait véritablement pousser les Etats à faire davantage d’efforts pour que les engagements qui ont été pris à Ngor ne restent pas lettre morte puisque 2030 n’est pas si loin. C’était aussi une bonne plateforme pour le faire. La charge revient aux participants des différents pays y compris le Burkina Faso, une fois de retour, de rendre publique la déclaration de Cape Town. Il ne faudra pas se contenter de communiquer, mais il faut aussi mieux s’organiser, mutualiser les moyens pour mieux agir parce que le pays a besoin des efforts de toutes les catégories d’acteurs. Quelles sont concrètement les perspectives pour WaterAid dans les 6 prochains mois ? Pour ce qui nous concerne, nous allons poursuivre le plaidoyer en faveur de l’assainissement mais aussi accélérer la mise en œuvre des projets et programmes que nous conduisons déjà. Nous envisageons organiser au cours de l’année 2019, une conférence régionale sur la gestion des boues de vidange qui sont une problématique émergente pour l’ensemble de nos pays mais encore plus pour le Burkina Faso quand on sait que rien que dans la ville de Ouagadougou, les espaces qui sont offerts aux vidangeurs pour décharger les boues collectées au niveau des familles, se rétrécissent. En la matière, il y a urgence à agir et cette conférence va réunir l’ensemble des acteurs du Burkina Faso et des pays de l’Afrique de l’Ouest pour y réfléchir et partager les expériences. Nous espérons bénéficier de l’accompagnement de tous les acteurs au niveau du Burkina Faso mais aussi, des organisations sous régionales et internationales.

Le nerf de la guerre, c’est le financement, est-ce que vous bénéficiez de l’accompagnement des partenaires techniques et financiers pour ce projet ?

Pour cette conférence, nous avons déjà un soutien financier de la fondation Bill et Melinda Gates. Nous avons bon espoir que nous pourrons boucler le budget pour offrir les meilleures conditions de réflexion aux participants. Je suis très confiant que d’autres acteurs, tels que l’ONEA et certains ministères s’associeront à cette initiative. Ensemble, nous y arriverons.

 

                                       Propos recueillis par Ben Issa TRAORE/Journal le Pays

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March 4, 2019

Sommet Africasan5 : Les grandes résolutions

Alain TOSSOUNON (Cape Town, Afrique du sud)

Le ministre sud-africain au cours de son discours de clôture

Tenue du 18 au 22 février 2019 à Cape Town en Afrique du sud, la 5e conférence internationale  de l’assainissement qui a réuni 36 Etats venus du monde entier,  a tenu toutes ses promesses. Au-delà des résolutions prises, le sommet a été un véritable moment de partage d’expériences innovantes et prometteuses, permettant une fois encore aux acteurs, experts et décideurs locaux et centraux, de renouveler leurs engagements dans la marche pour l’hygiène et l’assainissement pour tous en Afrique.

Deux résolutions majeures ont sanctionné la fin des travaux de ce sommet. Il s’agit en premier, de la ferme résolution d’«accroître la visibilité de l’hygiène et de l’assainissement dans les programmes de développement » et deuxièmement, de «promouvoir l’excellence et l’innovation en matière d’initiatives audacieuses qui inspirent l’action des gouvernements». A cet effet, les acteurs ont au terme de leurs réflexions, décidé d’engager un plaidoyer  dans les prochaines semaines auprès de l’Union Africaine (l’UA) pour amener progressivement les Etats à faire de l’hygiène et de l’assainissement, une priorité dans l’agenda de développement.

En réalité, expliquait le Secrétaire Exécutif du Conseil des ministres africains de l’eau, Dr Canisius Kanangire, cette démarche de recourir à l’institution africaine a été envisagée depuis le précédent sommet qui a eu lieu en 2015 à Dakar au Sénégal.

Avec cette résolution, l’espoir de voir ce sous-secteur encore laissé-pour-compte dans plusieurs pays, gagné en priorité est permis. Pour le Secrétaire exécutif, Dr Canisius Kanangire, l’Union Africaine sera sollicitée pour accompagner les Chefs d’Etats  à inscrire la question de l’hygiène et de l’assainissement sur leur agenda de développement.  Mais plus encore, soutient le Secrétaire exécutif, les Etats et leurs gouvernements seront appelés à mener des politiques publiques pro-pauvres permettant de prendre en compte, les pauvres, les personnes vulnérables etc…vivant aussi bien en zone rurale qu’en zone urbaine. Dans la droite ligne des Objectifs de Développement Durable et des engagements de N’Gor, personne ne doit être laissé de côté pour atteindre l’accès universel.

Les participants venus de 36 Etats du monde entier

Un appel au respect des engagements de N’Gor a été lancé aux ministres de l’eau et de l’assainissement par le Président de la conférence sur la Gestion des boues de vidange qui se tenanit en même temps que le sommet, Doulaye Koné. Il a invité les ministres des Etats du continent, à redoubler d’efforts, à maintenir les relations avec AMCOW,  à travailler toujours ensemble pour faire face  à tous ces nombreux défis que rencontrent les pays africains dans le domaine de l’assainissement. « C’est ensemble que nous arriverons à  surmonter nos difficultés», a-t-il souligné.

A son tour, dans son discours de clôture, le Ministre sud-Africain en charge  de l’eau et de l’assainissement  Gugile Ernest Nkwinti, a pris l’engagement de s’ impliquer  fortement  dans la mise en œuvre de la politique de l’eau,  l’hygiène et  l’assainissement  dans son pays et au-delà de son pays,   sensibiliser au mieux  ses pairs ministres en charge de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement du continent pour le respect des engagements pris à N’Gor pour  l’ accès  à l’hygiène et à l’assainissement pour tous d’ici l’an 2030.

Lançant un appel à l’union de tous les pays africains pour  réussir ensemble, le ministre Gugile Ernest Nkwinti a insisté sur la nécessité pour  ses pairs, de  travailler en synergie avec tous les acteurs et experts de leurs pays. «De nombreux problèmes peuvent être résolus même à distance »,  a-t-il avant de rappeler que de belles  opportunités s’offrent aux pays. Mais pour les saisir, il soutient qu’il faut une organisation, un appel aux actions multipartites, au dialogue  pour encourager les partenaires techniques et  financiers en charge de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement à accompagner les pays africains.

Pour terminer, il a exhorté les représentants des 36 Etats  présents  à s’ouvrir aux innovations en se fondant sur la déclaration de N ’Gor pour que dans les six prochains mois, les choses changent positivement et soient  plus visibles.

 

Les Etats appelés à plus d’efforts

Le sommet a été une occasion de bilan  pour le Conseil des ministres africains de l’eau (AMCOW) qui, il y a  20 ans, s’est engagé à porter l’assainissement et l’hygiène au rang des priorités de développement aux plans mondial et national.

En effet, le processus AfricaSan remonte à 2002, année de sa tenue en Afrique du Sud. L’un des plus grands succès mentionnés par l’institution  est d’avoir réussi à faire pression par le biais du PNUE,  sur les Nations Unies pour l’adoption d’un objectif de développement spécifique pour l’assainissement dans les ODD. Aujourd’hui, le processus AfricaSan est devenu une plate-forme continentale pour générer un élan politique en faveur de l’hygiène et de l’assainissement.  Mais, les Etats doivent redoubler d’efforts parce que l’hygiène et l’assainissement, sont devenus des droits de l’homme.  C’est indéniablement un défi complexe de réaliser l’accès universel à l’assainissement en raison d’autres problèmes connexes tels que le changement climatique, la migration vers les villes… mais l’essentiel est que ces Etats doivent trouver des solutions durables quels que soient les défis auxquels ils sont confrontés. Car, au-delà d’être une question de santé, l’hygiène et l’assainissement constitue une question de dignité et doit être assurée en particulier pour les femmes et les filles. Le Conseil des ministres africains de l’eau à AfricaSan4 à Dakar (Sénégal) en 2015, avant l’avènement des ODD, a pris conscience de la nécessité de développer et d’approuver les dix engagements de N’gor que tous les gouvernements africains devraient respecter afin de réaliser l’accès universel à un assainissement durable et d’éliminer la défécation à l’air libre d’ici 2030.

En présentant les résultats de l’évaluation des progrès des pays, Kitch Bawa, du secrétariat de l’AMCOW, a indiqué que peu d’efforts ont été faits par les pays. Dans sa présentation, il a souligné que c’est seulement en matière de leadership et de coordination, que les pays ont obtenu des progrès.  Ce qui montre que de plus en plus, les Etats du continent ont identifié des ministères pour porter la problématique de l’hygiène et de l’assainissement et font des efforts pour organiser les principales parties prenantes. En dehors de cette seule bonne nouvelle, les autres indicateurs sont au rouge. C’est le cas des inégalités, du financement où les efforts sont encore insuffisants dans plusieurs Etats. Le défi est encore plus grand pour certains Etats où la disponibilité des données constitue un problème. Dans plus de la moitié des pays du continent, le chemin est encore long pour atteindre l’accès universel. Pour Kitch Bawa du secrétariat de l’AMCOW, il faut un mouvement d’ensemble de tous les acteurs dans les pays pour partager ensemble les connaissances et les expériences. Ce n’est qu’à ce prix que le défi sera relevé.

March 1, 2019

Sanitation Crisis In Africa: “No Data on Hygiene and 0.5% of GDP to Sanitation not met,” 2018 Progress Report on Ngor Commitments shows.

By Diana Coker (Capte Town, South Africa)

The first ever joint Africa Sanitation (AfricaSan5) and Feacal Sludge Management (FSM5) Conference held in Cape Town, South Africa from the 18th to 22nd February 2019, was an important gathering of all stakeholders that contribute to sanitation within the continent and was designed to positively impact the lives of people by ensuring that their sanitation and hygiene needs are adequately and sustainably addressed.

The event attracted government representatives, researchers, investors, innovators and other sector players across the continent who interfaced, formed partnerships in order to ensure that the ideas and knowledge gained from each other will be adequately utilized for the good of people in need of Sanitation services. South Africa was chosen as an ideal country for the event because of the innovative approach to sanitation related issues within the continent.

President of the Africa Ministers Council on Water (AMCOW), Emmanuel Tony Ondo in his address to participant affirmed that the conference was a significant milestone of a long journey that African countries have embarked on for almost 20yrs ago in a bid to prioritize sanitation and hygiene in both global and national development

He recalled that AfricaSan process can be traced back from 2002 when it was first held in South Africa and their biggest achievement was to successfully lobby the development community through UNEP and the United Nations to adopt a specific development target for sanitation which was captured in the Millennium Development Goals, adding that since then, the AfricaSan process has developed into a continental platform to generate political momentum to sanitation and hygiene. Sanitation, Hygiene and access to drinking water is a priority in all the African governments globally through the Sustainable Development Goals, but however inasmuch as they have agreed to the fact that it is a human rights  issue, they have still not been able to achieve it as many African countries are yet to provide sanitation for all their citizens. However, moving forward with the implementation of Sustainable Development Goals it is hoped that they will be able to achieve their set targets far more than they did with the Millennium Development Goals. Although it may be a complex challenge, as result of other related issues like climate change, migration to cities, but the bottom line is that they must find sustainable solutions regardless of the challenges they are experiencing. Sanitation is dignity and must be provided especially for women and girls. The African ministers Council on Water at AfricaSan4 in Dakar Senegal in 2015, held before the inception of the SDGs realized the need to develop and endorse the ten Ngor Commitments which all African governments are expected to meet in order to achieve universal access to sustainable sanitation and hygiene services and eliminate open defecation by 2030.

A member of the AMCOW Secretariat, Kitch Bawa in  presenting the outcomes of the monitoring of the Ngor Commitments on Sanitation and Hygiene which he described as the “center piece” of AfricaSan, informed the audience that the report was compiled and presented by the AfricaSan International task force, made up of key stakeholders, within the Africa Sanitation space.

The Africa-San International Task Force, he said, was restructured in 2017  to make it more effective to support sanitation across the continent and is consist of a sub-committee on monitoring, validation and reporting with a work plan that involves consultation with member states and ensure what is gathered is validated.

“We have 42 indicators in the Ngor Commitments divided into two stages and a clear-cut vision.

The first indicator – stage one, monitors the enabling environment, whilst the second indicator – stage two is different from one country to another and focuses on individual country’s set target. The vision indicator which tracks access to safely managed sanitation and hygiene and ending open defecation.

Giving a PowerPoint overview presentation of the performance on African countries through an analogy of traffic lights on the scoring of progress on the commitments, the red light showed very bad progress or no progress at all, yellow (Amber) showed some progress and green showed good progress. According to him, Africa has made very little progress from the chart as the yellow and red were visible everywhere, whilst the green was not that visible.

The result reached following the monitoring of the Ngor commitment provided the good news that the green light showed that there is very good progress that has been made on leadership and coordination which shows that increasingly across the continent more countries have identified ministries that leads Sanitation and Hygiene, and key stakeholders within the countries come together to share and learn from one another to move the sanitation sector forward.

However, the bad news is that they have done very poorly in the area of eliminating inequalities and access to sanitation services as governments are yet to look at how to provide access to sanitation services for the neglected poor, the downtrodden and people down the lowest quintile which happens to be the first commitments. He further disclosed that they have also done very badly on the issue of financing, as in 2008 when the Etiqwine Commitments were endorsed, there was a commitments made to allocate at least 0.5% to sanitation, but that up to the end of 2015 very little progress was made in that regard. This situation up to 2018 when the report was compiled has not changed as no progress has been recorded so far.

“It is even worse when it comes to the issue of safely managing sanitation and encouraging its productive re-use. It is really worse and it is for this reason we brought AfricaSan and FMS together so that by learning from each other, we can go back and see how we can encourage productive use of sanitation across the continent,”

Kitch Bawa said.

Adding, “We did very poorly in the area of creating enabling environment and therefore the country targets were not met. We expect that as we work towards improving the enabling environment we would begin to ensure that countries meet the target they set by themselves.”

The vision’ he furthered, is access to safely managed sanitation and hygiene for all and ending open defecation. The situation, he said, is very poor as less than half of the people in most African countries use at least basic sanitation facilities and open defecation remains very high as more than half of the people living predominantly in rural areas in 14 countries practice open defecation. “We are even far worse in the area of addressing the issue of hygiene as we discovered that many countries do not even have data,” he disclosed, adding that only 37 countries have data on hygiene.

In conclusion, Kitch Bawa stressed on the need to work hand in gloves, share and learn from one another and strengthen the multi-stakeholders partnership in order to ensure that everyone in Africa has access to safely managed sanitation and hygiene and eliminate open defecation.

February 22, 2019

Pius Cossi Gounadon au sommet Africasan5 : “Il est temps de changer de paradigme”

Pius Cossi Gounadon, Directeur national de la santé publique (DNSP) au ministère de la santé

A l’instar des autres pays, le Bénin est présent au sommet Africasan5 à travers plusieurs représentants provenant de plusieurs structures. Nous avons rencontré pour vous, le Directeur national de la santé publique (Dnsp) qui représente le ministre de la santé en charge de l’hygiène et de l’assainissement de base. Dans cet entretien, il nous confie son appréciation des échanges qui ont cours et surtout, nous révèle les prochains pas à faire après le sommet pour permettre au Bénin de relever le défi de ce sous-secteur en souffrance.

Vous prenez part à la 5eConférence panafricaine sur l’assainissement en tant que chef de délégation du Bénin. Que vous inspire une telle conférence qui concourt à amener les Etats africains à réaliser l’accès universel de tous aux services d’assainissement ?

C’est ma première participation à cette conférence et j’avoue qu’elle a un caractère instructif. Il y a beaucoup d’échanges, d’apprentissage et de partage d’expériences. Surtout, j’apprécie le niveau d’engagement de tous les acteurs ici présents. Je n’avais pas cette compréhension du niveau d’engagement des partenaires, des experts et de tous les acteurs. Cet évènement m’a permis de remettre en place l’idée que l’hygiène de l’assainissement de base bénéficie d’un engagement soutenu de plusieurs acteurs et partenaires dans le monde et en Afrique.

A l’ouverture du sommet, le ministre sud-africain de l’eau et de l’assainissement a invité tous les Etats à inscrire l’hygiène et l’assainissement au rang des priorités de leur agenda de développement. Est-ce qu’au Bénin, ce sous-secteur bénéficie d’une attention soutenue ?

Je partage l’exhortation du ministre sud-africain et je peux dire que le sous-secteur constitue une priorité dans le Programme d’Actions du Gouvernement. Le gouvernement travaille pour cela. Mais le paradigme doit changer. Souvent, on voit dans cette lutte que le ministère de la santé, du cadre de vie et celui de l’eau. Il faut que ce combat, pour être gagné, soit celui de tous les ministères à l’instar de ce que fait l’Inde.

A l’évaluation des engagements de Ngor, on se rend compte qu’il y a eu peu de progrès dans les pays. C’est le cas au Bénin également. Selon vous qu’est-ce qui explique une telle situation ?

Au Bénin on vient de terminer un plan quinquennal et il a été évalué en 2018. Nous avons vu les faiblesses et sur la base des défis identifiés, des orientations claires ont été prises dans la stratégie 2019-2030. Et au nombre des grandes orientations retenues, nous avons la gouvernance et le leadership, la coordination des interventions qui est importante et le problème des ressources humaines et financières. Souvent, on pense aux ressources financières alors que nous avons besoin de ressources humaines en quantité et en qualité. On peut mobiliser les ressources financières. Je salue les communes comme Za-Kpota, Malanville ou Abomey qui font déjà des efforts.

Au cours de ce sommet, l’un des messages forts est l’importance du leadership notamment les champions qui permettent d’impulser le mouvement. Vous comptez le faire aussi ?

Il faut mobiliser tous les acteurs. Il est important qu’ils se retrouvent pour partager les idées et les solutions et surtout prendre exemple sur les pays modèles en Afrique comme dans le monde. En Inde par exemple, l’hygiène et l’assainissement est un secteur porté par le premier ministre. Ainsi, chaque ministère est invité à agir et apporter sa contribution. Le leadership est au rendez-vous au haut niveau.

Vous avez participé au dialogue entre les pays. Qu’avez-vous retenu de cet exercice de partage d’expériences entre les pays ?

En dehors de quelques différences près en matière de leadership et de mobilisation de ressources financières, les pays ont les mêmes réalités. Nous avons beaucoup appris de cet exercice et nous avons compris qu’il y a certains pays qui sont en avance sur l’ancrage institutionnel. Dans la plupart des pays, l’eau et l’assainissement sont deux secteurs qui sont ensemble. C’est une stratégie qui permet de mutualiser les ressources vu qu’il y a souvent plus de ressources pour l’eau contrairement à l’assainissement. Les échanges ont été très fructueux.

A ce sommet, vous représentez le ministre de la santé en charge du sous-secteur de l’hygiène et de l’assainissement de base. Quel message lui porterez-vous une fois au pays pour impulser une nouvelle dynamique et faire en sorte que le Bénin tienne ses engagements ?

C’est en 2015 à Dakar que les engagements de Ngor ont été pris. A l’évaluation, il n’y a pas eu beaucoup d’avancées dans les pays en dehors de quelques pays qui ont eu des progrès. Nous souhaitons que notre participation ne soit pas seulement protocolaire mais qu’elle contribue à apporter des changements. Déjà, il nous faut mobiliser les cadres du service pour faire le lobbying au niveau de notre ministre pour lui présenter la situation. Il est temps de changer de paradigme. La façon dont nous fonctionnaires agissons doit être revue pour que nous soyons plus efficaces. Car, avec ce que nous faisons, nous ne pouvons pas atteindre les ODD dans ce sous-secteur. Une fois de retour, il nous faut faire un compte rendu fidèle, suggérer à l’autorité des propositions et partager avec lui ce qui se fait de bien ailleurs et qui peut être profitable à notre pays.

              Propos receuillis par Alain TOSSOUNON

February 22, 2019

Dialogue entre pays à Africasan5 : Un véritable moment de partage d’expériences

Alain TOSSOUNON (Cape Town, Afrique du sud)

Echanges des acteurs avec la délégation du Burkina au cours du dialogue pays

L’un des temps forts de ce 5e sommet est l’organisation d’un dialogue entre les pays sur l’évaluation des engagements de Ngor, les principaux défis, les actions entreprises et les leçons apprises. Tous les membres des délégations des différents pays présents se sont regroupés pour de vifs et riches échanges qui ont permis à chaque pays de mesurer ses propres progrès.

Dans l’ensemble des pays qui se sont donné à cœur joie à cet exercice de bilan, on s’aperçoit que les Etats présentent le même visage. Dans leur grande majorité, les Etats africains font face désespérément à la même réalité de la défécation à l’air libre aussi bien en milieu rural qu’en milieu urbain. Malgré cette situation préoccupante, les gouvernants manquent de volonté politique et trainent les pas à tenir leurs engagements pris en 2015 à Dakar. En dehors du faible engagement, les pays africains partagent aussi la réalité que d’aucuns appellent « confusion institutionnelle ». Ceci pour dire que le secteur de l’hygiène et de l’assainissement de base ne bénéficie pas d’un portage politique clair mais est partagé entre plusieurs ministères. Cette situation entraine une mauvaise coordination des interventions et un faible financement ne permettant pas de combattre efficacement le fléau de la défécation à l’air libre.

Mais, pour avoir pris des engagements dits de Ngor, des efforts bien que timides ont été enregistrés pratiquement au niveau de tous les pays. Ces petits pas sont relatifs à l’amélioration du cadre juridique et institutionnel, l’adoption de documents de politique de promotion de l’hygiène et l’assainissement ou encore la mise en œuvre d’initiatives de financement d’actions et de campagnes dans les communautés et les écoles. Au terme de ces initiatives, chaque pays a partagé avec les autres, des leçons apprises. Si par exemple au Burkina, on comprend désormais que l’harmonisation des approches et la coordination des interventions sont essentielles, en Côte d’Ivoire, la principale leçon est que la mise en place d’un cadre de suivi et d’évaluation est indispensable pour mesurer les progrès.

Une lueur d’espoir avec les plans d’actions

Les membres de la délégation béninoise en concertation

Au terme du diagnostic établi, des défis identifiés et des leçons apprises des interventions, chaque pays a pris l’engagement de mener des actions après le sommet afin de respecter les engagements de Ngor. Alors que le Bénin s’engage à faire un déclenchement institutionnel de haut niveau (gouvernement) et à faire adopter par le gouvernement la nouvelle Stratégie nationale de promotion de l’hygiène et de l’assainissement de base (SNPHAB), le Mali prévoit une table ronde pour le financement du Plan de renforcement des capacités des cadres en charge du secteur. Pour la Côte d’Ivoire qui fait figure de bon élève pour la mobilisation des ressources, l’une des actions phares est la recherche d’une coordination efficace des interventions. Au Burkina, les acteurs s’engagent à faire une évaluation nationale des inégalités pour mieux les combattre, intéresser le secteur privé et former les municipalités sur la mobilisation des ressources.

Somme toute, la session du dialogue entre les pays appréciée par tous les acteurs, a permis à chaque pays de se mirer et d’apprécier son niveau d’engagement par rapport aux autres. Après cet exercice qui aura montré que les pays partagent presque les mêmes réalités, « il faut passer au concret », a martelé un des participants.

 

February 21, 2019

Africasan5 : L’heure est au partage d’expériences entre les pays

Ibrahim D. Mahamadou (Cape Town/Afrique du sud)

Partage d’expériences dans le groupe de travail des pays francophones

Les travaux de la conférence AfricaSan5 centrée les boues de vidange se sont poursuivis ce mercredi 20 février 2019 à Cap Town en Afrique du Sud. Après la visite des posters qui dévoilent des expériences innovantes menées dans  différents pays, les participants ont été répartis en groupes de travail. La délégation du Niger a travaillé avec le groupe composé de la République Démocratique du Congo, du Sénégal, du Burundi, de la Guinée Conakry, du Togo, du Madagascar et du Tchad.

En effet, il s’agit pour ces pays d’échanger, de partager les expériences, les avancées, les échecs et les perspectives en matière d’accès à l’hygiène et à l’assainissement. Une occasion pour ces pays d’expliquer leurs expériences et d’exprimer leurs engagements pour l’atteinte des objectifs du développement durable notamment l’ODD N°6. Ci-dessous les engagements des pays dans les prochains six (6) mois à venir.

Au Burundi :

Le renforcement de la coordination interministérielle pour la mise en œuvre de l’approche Assainissement Total Piloté par les Communautés (ATPC),

  • L’établissement d’une base de données pour le suivi de la mise en œuvre de l’ATPC,
  • La mise en place d’un fond dénommé ‘’fond bleu’’ à l’image de l’initiative du Sénégal qui a une expérience en la matière.

En Guinée Conakry :

  • La mise en place d’une feuille de route pour la Fin de Défécation à l’Air Libre (FDAL),
  • La mise en place d’une plateforme de coordination nationale pour fédérer les interventions,
  • L’implication ou le déclenchement des plus hautes autorités pour la FDAL.

Au Madagascar :

  • La mise en place d’une feuille de route FDAL d’ici 2025 ;
  • La finalisation du plan sectoriel et le plan de financement du secteur ;
  • La mise en place du système de suivi et de coordination ;
  • La mise en place d’un fond décentralisé dédié aux communes ;

Au Niger :

La présentation du Niger a été faite par Monsieur Labo Madougou, Directeur de l’assainissement au Ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement et Mme Brigitte Pedro, Wash office à l’UNICEF-Niger en tant que partenaire au développement du Niger.

  • Finalisation et vulgarisation du nouveau guide d’Assainissement Total Piloté par les Communautés (ATPC) afin d’harmoniser les interventions ;
  • L’édition et la vulgarisation de la feuille de route auprès de l’ensemble des acteurs ;
  • L’ouverture d’une ligne spécifique dédiée à l’Assainissement Totale Pilotée par les Communautés à l’image de la Guinée Conakry car jusqu’ici aucune ligne n’est prévue pour prendre spécifiquement en charge cette approche.

Cependant, le Niger a consacré une ligne pour la prise en charge des ouvrages d’assainissement mais qui ne prend pas en compte l’ATPC.

Au Sénégal 

  • La validation et le partage de la feuille de route FDAL ;
  • L’organisation d’une table ronde des bailleurs de fonds pour le financement du secteur ;
  • La mise en place d’un mécanisme de coordination à l’image du Niger qui a une expérience en la matière ;
  • La mise en place d’un cadre de concertation pour le secteur ;
  • L’organisation d’un forum des acteurs sur l’ATPC.

Au Togo

Le Togo a retenu certaines actions à réaliser d’ici six (6) mois.

  • Assurer la durabilité des ouvrage ;
  • Revoir les dispositifs d’hygiène et d’assainissement dans les formations sanitaires et les lieux publics en prenant en compte l’équité ;
  • Le déclenchement des plus hautes autorités togolaises pour la FDAL.

Ces présentations des actions à mener d’ici six (6) mois ont été d’une grande utilité car elles ont permis aux différentes délégations de voire des expériences des autres pays pour l’atteinte des objectifs du développement durable (ODD) d’ici 2030 conformément aux engagements pris par les Etats consistants à assurer l’accès universel aux services d’eau potable, d’hygiène et  d’assainissement PAROUT et POUR TOUS.

February 17, 2019

Africasan5 : Le sommet des acteurs de l’hygiène et de l’assainissement  s’ouvre lundi 18 février à Cape Town (Afrique du Sud)

Alain TOSSOUNON (Cape Town, envoyé spécial)

Des toilettes de fortune dans la comme de Sô-Ava (Bénin)

La cinquième Conférence panafricaine sur l’Assainissement et l’Hygiène (AfricaSan 5) se tient du 18 au 22 février 2019 au Cap en Afrique du sud.  Cette initiative mise en place en 2004 par les ministres africains de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène (IMAEAH) est à sa 5ème édition. Elle vise essentiellement à inciter les Etats à faire un effort politique et à prendre leurs responsabilités afin de relever les défis en matière d’accès à l’eau, l’assainissement et l’hygiène qui se posent à l’Afrique. La recherche de solutions durables pour la gestion des boues de vidange sera au cœur des échanges et discussions de ce sommet.  

 Après la 4eme Conférence de Dakar qui a abouti à la Déclaration de Ngor réengageant les pays africains à l’atteinte de l’ODD 6, notamment l’accès universel à des services appropriés et durables d’hygiène et d’assainissement et à la fin de la défécation à l’air libre d’ici à 2030, la 5e édition se veut une occasion d’échanges entre experts en assainissement et en hygiène et les principales agences africaines et internationales concernées par le développement du secteur.

A l’instar des éditions passées, Africasan5, vise surtout à créer un élan pour remédier à l’épidémie persistante de manque d’accès à un assainissement sûr et à la défécation à l’air libre à grande échelle. En effet, 4,5 milliards de personnes dans le monde n’ont pas accès à des services d’assainissement durables. En Afrique Sub-Saharienne, 70% de personnes n’ont pas accès à l’assainissement soit 610 millions de personnes.

Face à cet état de lieux préoccupant, les ministres responsables de l’hygiène et de l’assainissement et les principales agences internationales travaillant dans les domaines de l’assainissement et de l’eau en Afrique sont attendues pour examiner et trouver de nouvelles possibilités de collaboration et de partenariat. Ce grand rendez-vous constitue une véritable occasion d’échanges et de partage d’expériences entre les ministres, décideurs politiques de haut niveau, les spécialistes sectoriels, les organisations internationales et les médias.

Au cœur de cette cinquième conférence, c’est la promotion et le partage de bonnes pratiques et des innovations afin d’améliorer la gestion des boues de vidange.  Une plate-forme est créée pour impulser davantage les acteurs à répondre aux demandes et aux défis du secteur de l’assainissement en Afrique. Une fois de plus, les professionnels du secteur, les gouvernements, les décideurs, les services publics, les partenaires du développement, les investisseurs, les industries et les fournisseurs de services auront l’occasion de coordonner, développer et partager leurs connaissances afin de proposer des solutions abordables et viables à grande échelle. Cette conférence mettra l’accent sur des solutions pratiques pour gérer de manière durable l’ensemble de la chaîne de services d’assainissement sans égouts, couvrant les toilettes, le confinement, la vidange, le transport, le traitement et la réutilisation, en tant que composante essentielle des services d’assainissement urbain dans toute la ville.