Archive for May, 2014

May 31, 2014

Disponibilité de l’eau au Sénégal: Le premier Ministre invite à une utilisation judicieuse de la ressource

Idrissa SANE (Dakar)

Le premier Ministre, Aminata Touré considère que la disponibilité de l’eau dans l’avenir dépendra des comportements de l’homme. Le chef du gouvernement a fait cette déclaration, le vendredi dernier, lors de la cérémonie de clôture de la Semaine africaine de l’eau tenue à Dakar du 26 au 30 mai.

Aminata Touré, Premier ministre du Sénégal

Aminata Touré, Premier ministre du Sénégal

 

 

 

 

 

« L’eau ne peut pas être considérée comme un don inépuisable de la nature. ». Ces propos du premier Ministre du Sénégal, Aminata Touré est une invite à une culture d’un usage judicieux de ce bien de la nature source de vie, en passe de devenir source de conflits. En réalité des milliers de personnes vivant dans des régions du globe plongées dans un stress hydrique se démènent tous les jours pour trouver ce bien de la nature.
L’homme est au centre de sa rareté. « Nous portons tous une part de responsabilité de l’avenir de l’eau sur notre planète », a laissé entendre Aminata Touré. Elle a plaidé pour une utilisation judicieuse de cette ressource pour les différents usages y compris pour la consommation humaine. Pour le chef du gouvernement, le temps est venu de revoir les modes de consommation. « Il y a donc un besoin urgent de changement dans les modes de production et de consommation pour réduire les gaspillages et améliorer l’efficience dans l’utilisation des ressources en eau », plaide Aminata Touré.
Elle suggère la gestion concertée entre les Etats pour à la fois assurer sa disponibilité à long terme et aussi pour la prévention des conflits. « A l’évidence, « l’or bleu » est devenu un bien de production et de consommation dont les multiples usages renvoient à un impératif de concertation et de coopération entre Etats, de régulation et de règlementation en leur sein », défend Aminata Touré. C’est à juste raison, que les différentes politiques recommandent une gestion intégrée de ce bien. Sa rareté est aujourd’hui une réalité. Le lit du Lac Tchad ne cesse de se rétrécir laissant derrière un lot de désolation. L’assèchement progressif du plus grand lac au monde est l’une des manifestations emblématiques du changement climatique.
Les intervenants lors de la cérémonie de clôture, comme la ministre nigériane des ressources en eau, Sarah Rengocheck, ont plaidé pour une reconsidération de l’assainissement et de l’hygiène dans l’agenda post 2015. La prise en compte de ces questions contribuera à la prévention des maladies hydriques et celles liées à l’insalubrité.
La société civile sénégalaise milite pour la mobilisation des financements au niveau interne avant de compter sur l’appui extérieur. « Sans investissement adéquat dans l’assainissement, les efforts en santé seront vains. L’assainissement doit cesser d’être le parent pauvre de la politique de l’hydraulique. Nos Etats doivent être les premiers à investir dans l’assainissement et l’hygiène montrant ainsi la priorité accordée à ce secteur », lit-on dans le communiqué de la société sénégalaise.
Les experts sont revenus sur les recommandations qui ont sanctionné les conférences axées entre autres sur : « l’eau, l’assainissement et l’hygiène », « la gestion des ressources en eau pour le développement durable », « la gestion des eaux usées et qualité de l’eau », « la gestion de l’eau et des risques de catastrophes ».
Le premier Ministre a visité les stands pour voir les bonnes pratiques des différents pays africains en matière de politique d’accès à l’eau et à l’assainissement.

Advertisements
Tags: , ,
May 28, 2014

NEGLIGENCE DU SECTEUR DE L’ASSAINISSEMENT : Les vérités de M. Girish Menon, Directeur International des Programmes et DGA de WaterAid

Par Jacques Ngor SARR- Dakar, Sénégal-  Le Panel de discussions sur l’agenda post-2015, organisé hier, a servi de tribune pour le Directeur International des Programmes et DGA de WaterAid pour dire aux différents délégués présents à cette rencontre ses quatre vérités. A travers une déclaration pointue, M. Menon se dit convaincu que l’eau, l’assainissement et l’hygiène vont de pair.

 Image

Le  Directeur International des Programmes et DGA de WaterAid a déclaré d’emblée : «L’assainissement ne faisait pas partie des Objectifs du Millénaire pour le Développement jusqu’en 2002. C’est dire qu’avant cette date ce sous secteur était négligé, oublié en somme un ‘parent pauvre. Une douzaine d’années après, nous vivons les dures conséquences de cette négligence. En effet, l’Afrique au sud du Sahara compte 644 millions d’âmes qui vivent sans un accès à une latrine décente. Si une telle tendance se poursuit, il faudra à cette partie du continent plus de 130 années pour réaliser cet objectif d’assainissement. Il y a des coûts à payer dans une vie sans accès à une toilette décente. On estime qu’en Afrique, la moitié des lits d’hôpitaux sont occupés par des patients souffrant de maladies diarrhéiques.  

Ces coûts à payer ne s’expriment pas seulement en termes sanitaires mais aussi notre dignité en tant qu’être humain. Je me souviens encore des propos suivants de cette vieille femme lors de ma visite à Luapula, un village Zambien : «Notre vie était très difficile. En effet, pour nous les femmes, trouver un lieu pour se soulager était un véritable cauchemar. Il fallait se contenir toute la journée, pour attendre l’obscurité ou la tombée de la nuit et se rendre en brousse avec une peur permanente des risques qui nous guettent (animaux sauvages, serpents ou même les hommes qui en profitent. Dieu merci tout cela a changé. Tous les ménages disposent maintenant d’une latrine propre et les femmes en particulier retrouvent leur intimité. Nos enfants ne tombent plus malades ou meurent de suite de diarrhée, choléra ou autres maladies. C’est dire que nos vies ont changé…ont été transformées».

 «L’Afrique sud du Sahara compte 644 millions d’âmes qui vivent sans un accès à une latrine décente »

Ce changement dont parle cette zambienne montre comment l’assainissement avec l’eau peut transformer les vies. Il est de notre intérêt de s’assurer cette transformation. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), chaque dollar investi dans l’assainissement rapporte entre 5 et 8 dollars. Les discussions d’aujourd’hui nous demandent d’opposer l’eau à l’assainissement et moi je rejette fermement cette manière de voir les choses, car nous savons tous que l’eau, l’assainissement et l’hygiène vont de pair. Fournir aux populations des latrines décentes qui éloignent les déchets des ressources en eau augmente l’impact d’accès à l’eau. Avoir un monde ou l’eau et l’assainissement sont disponibles n’empêche en rien le rôle que joue l’eau. En réalité, avec la croissance de la population et le phénomène de l’urbanisation, le lien entre l’eau et l’assainissement est plus que jamais d’actualité. Nous soutenons un objectif global portant sur l’eau et l’assainissement et qui prend en compte toutes les différentes utilisations de l’eau. WaterAid en particulier soutient des objectifs qui  alignent les extractions d’eau douce avec les réserves renouvelables et qui augmentent la quantité des plans d’eau pour répondre aux besoins humains et des écosystèmes et ainsi cadrer avec le cadre global sur la sécurité des ressources en eau.

Très récemment cette année, j’ai eu l’insigne honneur de représenter les ONG à travers une allocution aux Etats membres du système des Nations Unies, juste avant leurs discussions sur le rôle de l’eau, l’assainissement et l’énergie dans le processus post-2015. A côté de moi était le Président de l’AG des Nations Unies, Mr Ashe, qui dit ceci aux représentants: ’L’accès universel aux services d’eau de boisson et d’assainissement conduit à un monde plus sain, plus juste et sauvera la vie de plus 3000 enfants qui meurent au quotidien’.   

«Opposer l’eau à l’assainissement, moi, je rejette fermement cette manière de voir les choses»

Les propos du président Ashe reflètent ma conviction suivante sur les Objectifs de Développement Durable: ‘une approche axée sur les personnes et capable de sauver et renforcer des vies. A l’heure actuelle, il nous faut un engagement clair qui stipule que l’assainissement sera pris en compte dans ces objectifs. Nos discussions de Dakar ne se déroulent pas de manière isolée, car en ce moment même il y a deux événements majeurs qui sont en cours: Premièrement: cette nuit, (Ndlr : hier nuit) les co-présidents du Groupe International de réflexion des 70 Etats membres vont publier la version finale des principaux domaines. Ces domaines ne se dissocient pas de l’appel que j’ai lancé avant. Ils recommandent un domaine réservé à l’eau et l’assainissement avec des objectifs/cibles sur l’accès universel à l’eau, l’hygiène et l’assainissement mais aussi une série de mesures sur l’extraction des ressources d’eau douce et la gestion des déchets. Nous devons nous atteler à voir comment développer et garantir les meilleures cibles possibles et non reformuler un titre qui a reçu le soutien de plus de 60 pays dont les représentants du Burkina, Benin, Madagascar et le Mali pour ne citer que ceux-ci. Deuxièmement: ce SG adjoint se prépare à lancer la toute première campagne onusienne sur la fin de la défécation en plein air. L’on devrait se poser la question de savoir comment tirer profit de cette campagne et non la laisser en marge. Il nous reste un peu plus d’une année pour définir les ODD. En parlant d’une seule et même voix, nous pourrons définir un objectif sur l’eau et l’assainissement pour tous. Nous pouvons corriger nos erreurs passées pour construire un avenir durable pour tous. L’eau et l’assainissement sont les fondements du développement socio économique et environnemental et partant essentiel pour un développement durable».  

May 28, 2014

EAU-ASSAINISSEMENT : Plaidoyer pour mieux porter la voix de l’Afrique à la prochaine rencontre de New-York.

Par Tata Sane- Dakar Sénégal- Le président de la structure de coordination des questions d’Eau dans les systèmes  des Nations unies (Onu Eau), Michel Jarraud préconise le renforcement du plaidoyer sur l’eau et l’assainissement pour mieux porter la voix de l’Afrique à la prochaine rencontre de New-York.

Dans son intervention, le président de la structure de coordination des questions d’Eau dans les systèmes  des Nations unies  (Onu Eau), par ailleurs secrétaire général de l’organisation météorologique mondiale, Michel Jarraud a relevé  les aspects multidimensionnels que reflète l’eau. C’est pourquoi il a estimé que ces aspects gérés de façon indépendante doivent être revus  de manière beaucoup plus intégrée de peur de résoudre un problème en créant un autre. L’idée d’un développement durable selon lui, c’est que tous ces aspects qui interagissent les uns avec les autres doivent avoir une perspective à plus  long terme. C’est tout le sens de la discussion qui a porté sur le fait de savoir comment trouver la meilleure manière de présenter ces objectifs pour l’Eau. «La vrai question c’est de savoir comment être le plus efficace possible. Sur ce plan, il faut dire que les leçons des Omd telles que l’accès à l’eau potable, l’assainissement, à l’hygiène entre autres, ont été  bien tirées », a expliqué le coordonateur de Onu Eau. Pour M. Jarraud, cette semaine de l’eau à Dakar vient à point nommé en ce sens, qu’elle va redonner aux participants de tous les horizons des utilisateurs de l’eau, d’avoir l’opportunité de renforcer leur  plaidoyer en vue de la nouvelle réunion de New-York. «Cette rencontre de Dakar permettra à l’Afrique de faire porter sa voix lors de cette  réunion. Les 193  Etats  membres des Nations unies vont définir à cette occasion, quels sont  les objectifs de développement pour le millénaire », a-t-il indiqué. Non sans déplorer le fait que les objectifs ne soient  pas atteints dans la plus part des pays membres. Le secrétaire général de l’organisation météorologique mondiale met cet aspect dans le manque de coordination des actions. Michel Jarraud est d’avis qu’il faut mettre en avant l’intérêt de l’assainissement pour les autres points. «L’assainissement permet de minimiser le nombre d’enfants qui meurent de certaines maladies, de minimiser la pollution des nappes phréatiques somme toute, il faut traiter cette question de manière  plus globale », a-t-il estimé.

Tags: , ,
May 28, 2014

Restructuration des marchés de boues de vidange: Le tarif de la vidange chute à Pikine et à Guédiawaye

Idrissa SANE (Dakar)

Dans les quartiers de Pikine et de Guédiawaye situés dans la banlieue dakaroise ; les ménages dépensent moins pour vider leurs fosses septiques. Le centre d’appel mis en place  dans le cadre du Projet de restructuration des marchés des boues de vidange a ouvert la voie à la concurrence qui tire profit aux ménages. Le tarif de la vidange est ainsi passé de 30.000 francs Cfa à 23.500 francs Cfa.

Le Projet de la restructuration des marchés des boues de vidange a des répercussions positives et directes sur le panier de la ménagère des ménages des quartiers de Pikine et de Guédiawaye dans la banlieue dakaroise. La création d’un centre d’appel a ouvert la voie à une concurrence entre les vidangeurs.

Le centre reçoit les demandes des ménages qu’il transmet aux vidangeurs. Ces derniers proposent des prix. Après cette épate, une sorte de seconde chance est concédée aux vidangeurs qui reçoivent une grille tarifaire de propositions. « L’opératrice cible une dizaine de vidangeurs. Chacun fait une proposition de prix. Après la réception, l’opératrice revient vers les vidangeurs pour les  informer sur les prix et leur dire que c’est de temps de faire d’autres offres. Ainsi le ménage a la possibilité de choisir  le tarif le plus concurrentiel », explique le coordonnateur du Projet de la Restructuration du marché des boues de vidange, Dr. Mbaye Mbuéguré. Plus de 650.000 ménages sont informés de l’existence de ce centre d’appel et du numéro vert. Cette mise à concurrence a eu comme conséquence une réduction des dépenses des ménages destinées à la gestion de leurs ouvrages individuels d’assainissement. « Aujourd’hui ; le coût moyen de la vidange est passé de 30.000 francs Cfa à 23.500 francs Cfa. Sans finir la certification, il y a eu des prix de 16.000 francs Cfa » , rapporte le coordonnateur du projet. Faudrait-il aussi le rappeler que la délégation de la gestion des stations aux opérateurs privés ouvre de belles perspectives. L’Onas comme les acteurs privés trouvent leur compte. Les charges d’exploitation de l’Onas ont connu une baisse. Elles sont 50.210.270 francs Cfa  contre 63.711.600 francs Cfa. « Nous voulons tendre vers la gratuité de la vidange. Notre souhait, c’est qu’à l’avenir que nous partions acheter ces boues auprès des ménage », s’est exprimé Léna Fall qui présentait une communication sur « le secteur privé et la gestion des boues de vidange au Sénégal ».

Au-delà de l’amélioration du cadre de vie, le projet a permis aux ménages de réduire leurs dépenses pour la vidange.

La certification

L’organisation du secteur est aussi sur la bonne voie. Des critères pour exercer ce métier sont définis de façon consensuelle avec les acteurs clés de la vidange. « Pour exercer le métier de vidange, il faut avoir une licence délivrée par l’Onas. Ce projet a permis aux vidangeurs de se mettre aux normes, de renforcer les textes juridiques », ajoute Dr Mbaye Mbuéguéré.

Ce projet pilote a été soutenu par la Fondation Bill et Melinda Gates. Dans sa communication  Bryan de la Fondation Bill et Melinda Gates, est largement revenu sur les défis de la gestion de ces boues. Il a rappelé qu’une partie de ces boues dans certains pays n’arrivent pas dans les stations.

May 27, 2014

ACCES A L’EAU POUR TOUS LES AFRICAINS D’ICI 2030 : Wateraid publie une nouvelle carte interactive qui indique que l’objectif est «réaliste et réalisable»

Par Jacques Ngor SARR- Dakar Sénégal- L’accès à l’eau pour tous les africains d’ici 2030 est bien « réaliste et réalisable ». L’organisation caritative internationale de développement WaterAid vient de démontrer la possibilité. A travers la publication d’une nouvelle carte interactive, lancée en ligne, il a été démontré que 14 gouvernements africains sont sur la bonne voie ou à deux doigts d’atteindre le moment historique où tous les habitants de leurs pays respectifs auront accès à l’eau potable salubre d’ici à 2030.

Image

Laquelle carte a été publiée le jour de l’arrivée à Dakar, Sénégal, des ministres de l’Eau et des délégués africains pour assister à la conférence de la Semaine africaine de l’eau, durant laquelle ils prendront part à des pourparlers cruciaux sur la question de savoir s’ils devraient appuyer un nouvel Objectif de développement durable mondial relatif à l’accès universel à l’eau, l’assainissement et l’hygiène d’ici à l’an 2030.

 WaterAid fait pression sur les ministres et autres délégués présents à la conférence pour que le communiqué de la conférence fasse figurer un engagement dans ce sens. Selon Nelson Gomonda, responsable du programme panafricain de WaterAid,

« Cette carte montre qu’un nouvel Objectif de développement durable relatif à l’eau, l’assainissement et l’hygiène qui place l’Afrique sur la bonne voie pour que chacun et chacune ait accès à ces services essentiels d’ici à 2030 est réaliste et réalisable.

« Nombre de pays africains sont déjà sur la bonne voie pour atteindre ce jalon historique si les progrès se poursuivent au rythme actuel, et la plupart des autres pays africains peuvent y parvenir avec des améliorations relativement modestes de l’accès parmi leurs habitants ». Pour lui, « les ministres présents à la conférence de la Semaine africaine de l’eau devraient saisir cette occasion de préparer le terrain pour un avenir plus heureux, plus sain et plus prospère pour tous les habitants du continent». Cette carte est apparemment le premier projet en ligne de représentation interactive de données élaboré à l’intention d’un public principalement africain, public qui est de plus en plus connecté à Internet et à l’aise avec les médias sociaux. D’après l’Union internationale des télécommunications, on compte actuellement quelque 177 millions d’internautes en Afrique (5), et plus de 50 millions d’Africains ont des comptes Facebook. La Carte africaine de l’eau indique qu’en moyenne, 28 millions de personnes accèdent à l’eau tous les ans dans l’ensemble de l’Afrique, mais que si ce chiffre augmentait de 17 millions de personnes de plus, tous les habitants du continent auraient accès à l’eau salubre d’ici à 2030.

May 27, 2014

SEMAINE AFRICAINE DE L’EAU: Le gouvernement du Sénégal prône l’union autour de la gestion de l’eau

Par P. Kadja- Dakar Sénégal- Les Etats africains doivent respecter leurs engagements concernant l’accessibilité de l’eau potable à tous. Pour y parvenir, le Premier ministre du Sénégal, Aminata Touré, a invité les décideurs africains à une unité autour de la gestion durable de l’eau, relevant le rôle et les vertus liés à ce bien commun entre pays d’Afrique.

«Nous partageons des cours d’eau qui dessinent nos frontières dont la gestion relève d’organismes régionaux et sous-régionaux au sein desquels s’expriment nos différentes politiques publiques. Ce bien commun doit être un facteur de paix, d’union, d’intégration et de coopération économique. Ce souhait a été émis hier par le Premier ministre Aminata Touré, lors de la cérémonie d’ouverture de la 5ème Semaine africaine de l’eau. Pour Mme Touré, cette rencontre organisée par le Conseil africain des ministres en charge de l’eau offre l’opportunité pour «discuter de l’amélioration de nos différents mécanismes de gestion des bassins transfrontaliers, afin d’en tirer le meilleur profit économique». «C’est l’occasion de statuer sur nos performances, de les évaluer, de ressortir les difficultés rencontrées dans la mise en œuvre des politiques publiques dans l’atteinte des objectifs, et d’en tirer toutes les leçons pour de meilleurs résultats dans l’agenda post-2015», a-t-elle ajouté. Elle souhaite que la rencontre de Dakar permette d’orienter la mise en œuvre de ces politiques, afin d’assurer la réalisation de programmes de valorisation des ressources en eau dans les délais compatibles avec l’exigence d’un développement accéléré de l’économie des pays concernés. Abordant dans le même sens, le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Pape Diouf, dira que la rencontre de Dakar est l’occasion pour les participants de partager leurs expériences en vue de trouver des solutions durables à la gestion de l’eau. Le ministre déclare également que le débat sur la mobilisation des ressources est une question qui préoccupe l’Afrique. «Les gouvernements africains sont conscients que les financements alloués à l’eau doivent êtres considérablement améliorés », dit-il.

Un avis partagé par le Premier ministre qui ajoute que «cela doit être pris en compte dans les prévisions d’investissement, pour la réalisation d’infrastructures hydrauliques permettant de mieux maîtriser les conséquences externes, notamment les inondations». Mme Touré a noté avec satisfaction que le Sénégal assurera la présidence de l’AMCOW pour la période 2014-2016. «C’est certes une grande responsabilité au regard des nombreux défis liés à la gestion des ressources en eau, notamment en ce qui concerne la mobilisation, l’accès à une eau potable, à l’assainissement, à la sécurité alimentaire et à la production d’énergie, mais cela témoigne de l’importance accordée par le Sénégal à ce secteur particulièrement vital et sensible».

May 27, 2014

EAU, ASSAINISSEMENT ET HYGYENE : Pour un programme plus global après 2015

Par B.B.SANE- Dakar Sénégal- La centralité de l’eau pour le développement est revenue à plusieurs reprises dans les allocutions prononcées respectivement par Baï Mass Taal, Secrétaire exécutif du conseil des ministres africains en charge de l’eau, et Sarah Reng Ochekpe, ministre des ressources en eau du Nigéria, qui assure l’intérim de la présidence du conseil. 

 Mme Sarah Reng Ochekpe, présidente intérimaire du conseil des ministres africains de l’eau a, d’emblée, souligné que le thème, «mettre l’eau au cœur de l’agenda du développement post 2015», a été choisi à un moment propice, alors que le monde s’approche de 2015, et au moment où nous faisons le bilan des résultats engrangés et les activités à entreprendre après 2015 pour engendrer un développement durable. Pour cette dernière, la centralité de l’eau a été prouvée à travers l’histoire. Et pourtant, note-t-elle, la valeur sociale, économique et environnementale de l’eau est souvent sous-estimée. Se basant sur la conférence de Rio+20 en juin 2012 et celles des principaux forums de développement qui l’ont suivie, elle précise que l’eau est cœur du développement durable en raison de son lien primordial à la résolution d’un certain nombre de défis mondiaux  tels que la réduction de la pauvreté, l’assainissement et une vie humaine saine, ainsi que son lien au bien-être et à la productivité de la population. Elle a néanmoins signalé que plusieurs processus aux niveaux régional et mondial, liés aux Objectifs de l’eau pour le développement durable (Odd), commencent à converger vers un programme plus global pour l’après 2015. C’est pourquoi elle invite les gouvernants à accorder la priorité à l’eau comme un objectif de développement dans l’agenda post 2015. Le Secrétaire exécutif du conseil des ministres africains de l’eau, Baï Mass Taal, a abondé dans le même sens, en invitant ainsi les participants à se fédérer à travers le réseautage et l’établissement de partenariats pour l’accès à l’eau et à l’assainissement. Pour ce dernier, la rencontre de Dakar qui réunit près de 1000 participants venant de gouvernements, du secteur privé, de la société civile, y compris les jeunes et les femmes, de la communauté des bailleurs de fonds et de développement, va être une excellente plateforme pour être présente au rendez-vous de 2025.

 

 

May 27, 2014

ACCÈS A L’EAU POTABLE A LA POPULATION AFRICAINE: Pourquoi les décideurs doivent s’ouvrir à d’autres formes de financements

Par Paule Kadja TRAORE- Dakar Sénégal- En Afrique, en dépit des efforts considérables des gouvernements et des traditionnels partenaires au développement, environ 400 millions de personnes vivant sur notre continent sont contraintes de consommer de l’eau provenant de sources peu fiables et plus de 250 millions de personnes n’ont pas les commodités minimales de toilettes. «La conséquence en est que plus de 70% des lits d’hôpitaux en Afrique sont occupés par des personnes souffrant de maladies évitables liées à la qualité de l’eau et de l’assainissement», s’alarment les experts en l’eau.«Nous devons tous être conscients que fournir l’eau potable et l’assainissement à nos populations et leur faire adopter de bonnes pratiques d’hygiène, c’est impulser le développement de notre continent », disent-ils.

Ces défis, selon eux, confèrent aux ministres chargés de l’Hydraulique un rôle primordial de sensibilisation des populations et de mobilisation des ressources auprès des bailleurs de fonds, pour l’accès des collectivités et des villes en Afrique à des services améliorés d’assainissement et d’approvisionnement en eau potable.

En effet, lors de la tenue du 3ème Forum de Haut niveau sur l’eau et l’assainissement en Afrique, tenu en novembre, à Abidjan, le 17ème congrès de l’Association africaine de l’eau (Aae), le Secrétaire exécutif de ladite structure Idrissa Doucouré a invité les Etats africains à recourir  à d’autres types de financements, afin de pouvoir disposer des ressources nécessaires pour réaliser les infrastructures de production et de distribution d’eau potable, ainsi que celles d’assainissement.

 «Il faudrait maintenant chercher d’autres types de financements dans le cadre du partenariat public-privé qui peuvent apporter les capitaux massifs qu’il faut pour investir en Afrique. Pour y arriver, l’Afrique aura besoin au minimum de 45 milliards de dollars américains par an pour pouvoir atteindre cet objectif», a-t-il soutenu.

 Les dirigeants du continent devraient mettre les bouchées doubles, afin de faciliter l’accès aux services sociaux de base au risque d’assister à l’annihilation des efforts engagés en faveur du développement. «Nous parlons de l’Afrique émergente à 2020 ou 2025, mais cette émergence n’aura lieu que lorsque toute personne en Afrique aura accès à l’eau potable», estime le Secrétaire exécutif.

 L’investissement dans les infrastructures en général favorise la création des emplois et l’augmentation de la croissance économique. Les infrastructures d’eau potable et d’assainissement ont la particularité de contribuer à l’amélioration des conditions de vie des populations.

Dans la majorité des pays africains, les infrastructures de production ou de distribution d’eau potable ont été construites depuis près de cinq décennies, si bien que l’on assiste à une faible capacité d’alimentation dans certaines villes, zones périurbaines et bidonvilles. « Nous devons faire des efforts pour renouveler et étendre les réseaux, pour que ces populations des zones périphériques puissent avoir accès à l’eau potable», explique-t-il.

Ainsi, la question du financement de l’eau sera au cœur du débat durant la semaine africaine de l’eau de Dakar

 

 

May 27, 2014

SEMAINE AFRICAINE DE L’EAU 2014: Les Etats africains en conclave à Dakar

 

Par Paule Kadja TRAORE Dakar Sénégal- «Placer l’eau au cœur de l’agenda de développement post-2015 ». C’est le thème autour duquel les ministres et experts de l’eau vont cogiter pour apporter des réponses durables sur sa faisabilité durant la semaine nationale africaine de l’eau qui démarre aujourd’hui à Dakar.

 Dakar, la capitale sénégalaise abrite à partir d’aujourd’hui la 5e édition de la semaine nationale africaine  de l’eau. Une rencontre qui se fixe comme objectif de créer une dynamique pour l’atteinte des Omd en matière d’accès à l’eau potable et à l’assainissement à l’horizon 2025. Ainsi, conformément à la décision du Conseil des ministres africains en charge de l’eau (Amcow), cette importante rencontre verra la participation de 54 pays. Il est attendu 1.000 participants représentant les gouvernements, les institutions régionales, les partenaires internationaux, le secteur privé, la communauté scientifique, entre autres.

 

Les participants échangeront sur les solutions aux défis en matière d’eau et d’assainissement de l’Afrique. «Nous sommes dans une étape de transition. C’est pour ces raisons que la rencontre de Dakar revêt un caractère particulier. Elle permettra de définir les priorités et les engagements de l’Afrique pour lutter contre la pauvreté. D’où l’intérêt de l’accès à l’eau pour tous d’ici à 2025», avait déclaré le Secrétaire exécutif de l’Amcow, Baï Mass Taal, lors du lancement de ladite semaine.

A cette occasion, le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Pape Diouf, a rappelé le caractère vital de ce liquide précieux. «L’eau, c’est la vie. L’accès à cette ressource est un défi pour beaucoup de pays africains. C’est pourquoi il est normal que les Africains eux-mêmes conjuguent leurs efforts pour trouver ensemble des solutions », a suggéré le ministre Pape Diouf qui a présidé la cérémonie officielle de lancement de cet événement.

Pour cette cinquième édition portant sur le thème : «Placer l’eau au cœur de l’agenda de développement post-2015 », les participants aborderont quatre sous thèmes. Il s’agit de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène ; de la gestion des ressources en eau pour le développement durable ; de la gestion des eaux usées et de la qualité de l’eau ; et de la gestion de l’eau et des risques de catastrophe.

Dans le but de mieux prendre en charge l’équation de l’eau dans les pays africains, il a été accordé au Conseil des ministres africains de l’eau (Amcow) le statut de Comité technique spécialisé de l’Union africaine (Ua) en matière d’eau et d’assainissement. Il doit produire un rapport à chaque sommet des chefs d’Etat et de gouvernement sur les progrès réalisés dans la mise en œuvre des engagements de Sharm El Sheikh sur l’eau et l’assainissement dans le continent. Selon le ministre sénégalais Pape Diouf, la rencontre de Dakar permettra au Sénégal de prendre d’autres engagements pour que l’ensemble des Sénégalais aient accès à l’eau. «Le nouveau défi à partir de 2015 avec les 10 années à venir, c’est que tous les Sénégalais accèdent à l’eau potable. C’est l’objectif que nous visons, nonobstant le fait que le Sénégal ait atteint les Omd en ce qui concerne l’hydraulique urbaine », a précisé M. Diouf.

 

May 27, 2014

MARIANE DEM, DIRECTRICE REGIONALE WATERAID AFRIQUE DE L’OUEST : «La Sae-5 est une opportunité pour rappeler nos engagements, au premier rang ceux des gouvernements»

Par Jacques Ngor SARR- Dakar Sénégal- La 5e édition de la semaine nationale africaine  de l’eau a servi de prétexte à la Directrice régionale de Waiteraid pour l’Afrique de l’Ouest, Marianne Dem, de rappeler les engagements pris de part et d’autre pour l’atteinte des objectifs du millénaire pour le développement dans secteur de l’eau, l’hygiène et l’assainissement. Dans l’entretien qu’elle nous a accordé, M. Dem a invité tous les acteurs à travailler ensemble pour trouver les meilleures solutions. Non sans manquer de rappeler aux gouvernements à repenser leur façon de faire et à reconsidérer les priorités.

Image

La semaine africaine de l’eau s’ouvre aujourd’hui à Dakar, pouvez-vous revenir sur les objectifs de la rencontre ?

Je crois que le Conseil ministériel africain sur l’eau (Amcow) est mieux placé pour parler de cette semaine , mais pour ce qui nous concerne au niveau de Wateraid, nos objectifs sont en droite ligne avec le thème central de la semaine africaine de l’eau qui est de mettre au centre de l’après 2015 notamment des objectifs post 2015, de mettre l’accès à l’eau potable l’hygiène l’assainissement au centre.

Alors le thème, vous l’avez dit, c’est de mettre l’eau au cœur de l’agenda de développement post 2015. Qu’est-ce qui justifie un tel choix ?

Je crois que le monde, notamment les leaders du monde, réalise que l’accès à l’eau potable, j’ajouterai à l’assainissement et à l’hygiène, est au centre du développement humain. Si vous regardez le lien entre l’accès à l’eau potable et l’éducation, le lien entre l’accès à l’eau et la santé, le lien entre l’accès à l’eau potable ou le développement économique des femmes, vous vous rendrez compte que c’est intimement lié. On ne peut pas parler de développement durable si on ne réalise pas ce besoin de base pour l’ensemble des fils et des filles de nos pays. Je crois que c’est pour ça que le conseil ministériel de l’eau et l’assainissement organise cette rencontre tous les deux ans. On sait que maintenant le droit à l’eau et à l’assainissement est un droit reconnu par les Nations unies. On sait aussi que la plupart de nos pays africains ont reconnu maintenant l’importance de ce secteur et certains d’entre eux l’ont placé dans leurs priorités de développement.

Pourtant malgré toutes ces volontés, il est clair que certains pays ne vont pas atteindre les Omd d’ici à 2015, en tout cas pour ce qui concerne le secteur de l’eau et d’assainissement…

Cela est vrai. Je crois que d’une part, c’est lié à la façon dont les OMD ont été définis. Je crois qu’il n’y a pas suffisamment d’appropriation de ces objectifs par nos décideurs quand on les décidait en 2000. Même s’ils ont signé et accepté, ils n’ont pas à temps mis en place tous les mécanismes, y compris les politiques nationales qui permettaient de réaliser ces objectifs. Donc, c’est un peu sur le tas que ces politiques ou ces stratégies ont été mises en place. D’autre part, il faut savoir que quelles que soient les bonnes intentions que vous avez, si vous ne vous donnez pas les moyens de les réaliser, ça restera de bonnes intentions. Et je crois que la question du financement des programmes d’accès à l’eau potable, et particulièrement de l’assainissement, a été le parent pauvre par rapport à ces objectifs du millénaire. Je crois qu’il n’y a pas eu cette volonté politique de trouver l’argent, d’abord dans le budget national, et en plus que l’argent reçu ailleurs soit investi de manière efficace pour atteindre les objectifs.

Donc ne faudrait-il pas revisiter la gouvernance liée au secteur de l’eau, afin de corriger les disparités pour garantir le droit à l’eau ?

Tout a fait, je crois qu’il faut même asseoir une gouvernance transparente. Mais avant la gouvernance, il faut d’abord réaffirmer la volonté politique en disant que ça, c’est un secteur prioritaire, en regardant son impact sur les autres secteurs, sur le développement de nos pays. Une fois que cela est fait, je pense aussi qu’il faut se donner les moyens de cette volonté politique, en ayant un budget clair avec des dotations précises. Je rentre du Niger, quand on a rencontré le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, il nous a expliqué que son département retravaillait sur les stratégies de l’assainissement, parce qu’on leur a demandé de donner une valeur chiffrée de ce qu’il a prévu de faire. Souvent on fait des programmes, mais on n’estime pas le coût. Mais une fois qu’on a estimé ces coûts, il s’agira de dire d’où viendra l’argent et que l’on s’assure que cet argent va venir. Si l’argent arrive, c’est là où la gouvernance transparente a son importance, parce qu’à ce moment on s’assure que l’argent va là où on a prévu qu’il aille, tout en regardant les questions d’équités, de bonne gestion, etc. Donc, pour moi, il faut la volonté politique, la traduire en engagement concret, y compris cet engagement de donner l’allocation budgétaire nécessaire pour réaliser les investissements et les objectifs fixés pour l’accès à l’eau potable, à l’hygiène et à l’assainissement.

Alors avec la présence des ministres africains de l’Hydraulique, n’est-ce pas là une occasion pour les différents acteurs du secteur de l’eau de leur livrer un message afin d’accélérer la cadence ?

Absolument ! En fait, nous n’avons même pas attendu la semaine africaine de l’eau pour livrer ce message. La semaine passée, j’étais avec le directeur de notre programme international, j’étais aussi au Niger comme je vous l’ai dit et nous avons eu des discussions. Avant cela, nous avons rencontré le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement du Sénégal, Pape Diouf, et nous avons parlé de nos actions. J‘étais très heureuse d’entendre le ministre sénégalais dire que, pour eux, leur date butoir de l’accès universel, c’est 2020. Il ne parle pas de 2030 qui est la date butoir au niveau mondial pour l’accès universel à l’eau et l’hygiène. Donc, c’est un message continue pour cette rencontre qui est un moment fort, où tous les acteurs, qui ont un rôle à jouer et qui sont engagés sur ce secteur, se retrouvent pendant cinq jours à Dakar. C’est une grande opportunité pour rappeler nos engagements que nous avons pris les uns les autres, au premier rang desquels les engagements des gouvernements. Mais aussi travailler ensemble pour trouver les bonnes solutions pour réaliser ces engagements en étant très objectifs et très critiques avec nous-mêmes, nous les Africains. On rappelle toujours que certains pays asiatiques étaient au même niveau de développement que nos pays à l’indépendance, pourquoi aujourd’hui ils nous ont dépassés ? Il faut qu’on s’organise et qu’on ait la volonté politique et que l’on accepte que tous les acteurs doivent être ensemble, y compris la société civile qui a un rôle à jouer, et qu’on lui donne la place qu’il faut. Que les gouvernements soient ouverts à repenser leur façon de faire et à reconsidérer les priorités.

Quelle lecture faites-vous des priorités post 2015 ?

Nous savons que le Conseil ministériel africain sur l’eau (Amcow) met l’accent sur un but de développement humain après 2015 sur l’eau. Pour nous, il faut parler de l’eau et de l’assainissement, c’est important. Vous ne pouvez pas détacher la question de l’assainissement à celle de l’eau. On espère, dans certains pays sud du Sahara, atteindre l’objectif du millénaire pour l’eau, même si on sait que cet objectif n’est que de réduire de moitié. Mais pour l‘assainissement, on est loin de réaliser cet objectif. Donc, on ne peut pas ne pas mettre l’assainissement au cœur de nos actions. Notre appel aux gouvernements, au Conseil ministériel africain sur l’eau (Amcow), aux ministres de l’Hydraulique, c’est de leur dire que l’assainissement doit être couplé avec l’eau. Nous devons chercher un but après 2015 pour l’eau et l’assainissement.

 

May 27, 2014

Semaine africaine de l’eau : Les experts sonnent l’alerte pour la préservation de la ressource précieuse

Tata SANE et Idrissa SANE (Envoyés Spéciaux)

Le partage de l’eau est source de conflit dans plusieurs parties du globe et surtout sur le continent africain. La preuve, le Nil suscite toutes les inquiétudes sur la côte orientale de l’Afrique. Les différents intervenants ont fait des plaidoyers aux relents de plaidoirie pour la préservation de cette ressource qui se raréfie. Au jour d’aujourd’hui, le continent noir compte plus de 300 millions de personnes qui n’ont pas accès au liquide précieux. . C’est ce qui ressort hier de l’ouverture de la 5e Semaine africaine de l’eau.

La 5e Semaine africaine de l’eau est ouverte sur fond de plaidoyer pour la préservation de cette ressource. Aujourd’hui, il est accepté de tous que l’accès à cette ressource est un luxe pour des millions d’Africains. D’où tous les enjeux de sa sauvegarde. Le Haut commissariat pour l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal ( Omvs), Kabinet Komara, a largement abordé cette problématique. Pour ce dernier, la préservation de cette ressource appelle à des actions concertées. « L’eau est à la fois la base pour l’agriculture, la santé et l’énergie. C’est pourquoi qu’il faut se donner la main pour faire une gestion partagée. D’où l’intérêt de la semaine de l’eau qui doit mette l’accent sur la préservation de la ressource ; mais surtout sur la définition de nouveaux modes d’actions de façon à faire en sorte que cette gestion soit durable », estime Kabinet Komara.
En réalité, plusieurs scénarii concordent sur l’imminence d’une raréfaction de ce bien commun suite à une augmentation de l’évaporation, elle-même consécutive à une hausse des températures. « Il ne faut pas baisser les bras jusqu’à ce que ce produit devienne de plus en plus rare avec les changements climatiques. Les besoins deviennent conflictuels avec l’augmentation de la population, avec le développement industriel, l’augmentation des superficies cultivables et sa mobilisation pour la production de l’énergie. Longtemps considérée comme une denrée gratuite dans beaucoup de pays ; l’eau ne peut plus être gratuite », défend le Haut commissariat de l’OMVS.
La présidente de l’Amcow, Hon Sarah Reng Ochekpe a abondé dans le même sens. L’eau dit-elle est vitale pour garantir la sécurité alimentaire et l’énergie. Elle ajoute que son développement et sa gestion efficace et efficience est un instrument pour atténuer les impacts prévus du changement climatique.
Prenant la parole, le chef du gouvernement sénégalais estime que la rencontre de Dakar doit servir d’occasion pour donner une nouvelles orientations aux politiques de ce secteur.« C’est l’occasion de statuer sur nos performances, de les évaluer, de ressortir les difficultés rencontrées à la mise en œuvre de nos politiques publiques pour l’atteinte des OMD et d’en tirer toutes les leçons pour de meilleurs résultats dans la mise en œuvre de l’Agenda post 2015 », a souligné le premier Ministre, Aminata Touré, lors de l’ouverture de la 5e semaine africaine de l’eau organisée par le Comité exécutif et le Conseil des ministres africains de l’eau ( Amcow). Elle invite à bâtir des politiques de gestions favorisant un raffermissant des relations entre les différents Etats. « Ce bien commun doit être un facteur de paix, d’union, d’intégration et de coopération économiques entre nos Etats », a laissé entendre le premier Ministre du Sénégal. Pour le chef du gouvernent, le moment est venu pour les pays d’élaborer une politique plus efficace tournée vers une exploitation judicieuse de ce bien de la nature qui se raréfie. « Cette 5ème semaine africaine de l’eau offre une opportunité pour discuter de l’amélioration et de la performance de nos différents organismes de gestion des bassins transfrontaliers afin de tirer un meilleur profit économique de cette ressource », ajoute le chef du gouvernement.

Des actions concertées

Pour le secrétaire exécutif de l’Agence intergouvernementale panafricaine pour l’eau et l’assainissement en Afrique ( Eaa), Idrissa Doucouré, l’Afrique gagnerait à se projeter sur l’avenir avec plus d’ambitions. « C’est aujourd’hui, l’occasion ; pour le continent de jeter un regard critique dans le rétroviseur afin de faire le point des engagements pris depuis 2000 aux niveaux international et national. Nous devons poursuivre cette dynamique enclenchée et travailler de manière commune à adopter un programme beaucoup plus ciblé pour le secteur », recommande le secrétaire exécutif de l’Agence intergouvernementale panafricaine pour l’eau et l’assainissement en Afrique ( Eaa), Idrissa Doucouré.

May 27, 2014

Idrissa Doucouré, secrétaire exécutif de EAA : « L’Afrique est prête à acquérir des technologies innovantes pour accélérer la cadence »

Le secrétaire exécutif de l’Agence intergouvernementale panafricaine pour l’eau et l’assainissement pour l’Afrique, ( Eaa), Idrissa Doucouré a soutenu que plus de 300 millions d’africains n’ont pas accès à l’eau potable alors que 500 millions n’ont pas d’infrastructures de base pour l’assainissement. Pour ce dernier, ces contraintes peuvent être surmontées si d’une part cette ressource sera placée au cœur de l’agenda post-2015 et d’autre part par l’introduction des technologies prenant en compte nos réalités socioculturelles. « Les enseignements tirés au cours des années précédentes confirment qu’il est impératif que ces défis soient posés dès maintenant si nous voulons réaliser les objectifs qui seront fixés pour l’Agenda post-2015. L’Afrique est prête et dispose des ressources humaines compétentes pour acquérir les technologies innovantes et accéder la cadence », a soutenue le secrétaire exécutif de EAA.

 

Propos receuillis par T.SANE et I.SANE

May 24, 2014

Perturbations climatiques à Adjohoun (Bénin) : Quand la terre ne nourrit plus son homme

Alain TOSSOUNON (Bénin)

Dans la commune d’Adjohoun où les communautés sont condamnées ces dernières années à subir la furie des eaux, la vie tourne de plus en plus au cauchemar. Face au feuilleton aux mêmes épisodes des inondations, les populations impuissantes et dans la psychose, craignent chaque année le pire. Désormais, même si des réponses sont apportées pour conjurer le sort, la nouvelle vie avec la variabilité climatique est tout simplement devenue une lutte pour la survie.

Des femmes du village Houèdo-wô au cours des inondqtions

Des femmes du village Houèdo-wô au cours des inondqtions

90 mm de pluie. C’est la quantité d’une seule pluie enregistrée ce 12 mars 2013 dans le village de Houèdo-Wo dans la commune d’Adjohoun. Du jamais vu dans cette localité de l’avis des anciens de cette localité. Une pluie qui aura fait partie en fumée, plus de 50 ha de productions laissant les communautés dans un profond désarroi. Loin d’être anecdotique, les communautés de ce village s’habituent à connaitre chaque année, la même situation et dans la même période. Mais, elles ne sont pas les seules à vivre ces pires inondations devenues régulières.
Car, à quelques encablures, dans le village d’Agonlin-Lowé, toujours dans la commune d’Adjohoun, la pluie, autrefois porteuse de prospérité est aussi redoutée.
Aujourd’hui, “dès la tombée de la pluie, j’ai peur et je suis inquiète”, confie Élisabeth Kpossou, une habitante du village. C’est le même sentiment chez sa voisine et amie, Alice Codjo.
Pourtant, il y a encore quelques années, les inondations cycliques faisaient partie de la vie de ces paisibles communautés. Et loin d’être une fatalité, elles en avaient fait une opportunité en profitant de la fertilité du sol après le retrait des eaux pour obtenir de bons rendements des cultures. Depuis peu, cette époque est révolue et actuellement, “tout a changé”, raconte le chef de village, Samuel Boton qui, nous apprend que “maintenant, les inondations sont plus ravageuses”. Et de faire remarquer qu’avec les grandes pluies de ces derniers temps, ses inquiétudes sont plus grandes. “Cette année encore (2013), nous avons davantage peur avec les grandes pluies”. Car, le chef de village comme beaucoup d’habitants de sa localité,redoute la catastrophe de 2010. Une année exceptionnelle qui aura marqué tous les esprits dans ce village par l’ampleur jamais égalée, des dégâts enregistrés par les inondations dans cette partie méridionale du Bénin.
En effet, à l’instar de ces deux villages de la commune d’Adjohoun comptant 56 455 habitants, c’est tout le pays tout entier qui a été durement frappé par cette catastrophe. Sur l’ensemble du pays, le bilan était lourd et les dégâts importants. On a dénombré 46 morts avec plus de la moitié des communes sinistrées (55 communes sinistrées sur les 77 que compte le Bénin). Au total, 21 communes étaient sévèrement affectées, 680.000 personnes touchées et de vastes superficies de champs englouties par les eaux. Sans oublier les maladies hydriques telles que les diarrhées et vomissements, les affections cutanées, les affections gastro-intestinales et respiratoires et les maladies endémiques comme le paludisme qui ont durement affecté les populations.
Ainsi, ces pires inondations ont causé des dégâts au niveau des logements, écoles, centres de santé, routes, places de marché, lieux de cultes, réseaux d’approvisionnement en eau potable et d’assainissement, et sur d’autres biens et services publics. Selon le rapport de l’Evaluation des besoins post catastrophes produit par le gouvernement et le Système des Nations Unies en 2011, l’ensemble des dommages occasionnés par les inondations sur l’économie béninoise s’élève à près de 78,3 milliards de FCFA (près de 160 millions USD).
Dans ce rapport devenu un rapport de référence, le sous-secteur agricole a été le plus touché du fait des pertes d’emblavures de cultures vivrières et de rente : 50,764 ha de cultures toutes spéculations confondues sont détruites.Pour des localités essentiellement agricoles comme celles d’Adjohoun (90% rurale), les dégâts sont énormes.”On a trop de problème actuellement parce qu’il pleut trop, on produit mais on ne récolte plus rien”, nous signale Hounsou Fidèle, pêcheur et agriculteur, âgé de 40 ans. “On s’attend toujours au scénario chaque année”, se désole le chef de village.

Les perturbations  climatiques, un obstacle à la sécurité alimentaire

Il n’y a plus de doute. Les inondations sévères enregistrées ces dernières années sont le fait des perturbations climatiques. Les scientifiques expliquent
qu’en plus de cette pluviométrie importante, l’hydrogéologie des plaines d’inondation et surtout de la plaine littorale favorise dès les premières pluies de la grande saison pluvieuse, la remontée des eaux souterraines. L’évaluation concertée de la vulnérabilité des populations effectuée dans le cadre du projet d’élaboration du Programme d’Action National aux fins de l’Adaptation aux changements climatiques, a ainsi révélé qu’au niveau national, on distingue trois risques climatiques majeurs à savoir (i) la sécheresse, (ii) les pluies tardives et violentes, (iii) les inondations. Mais dans ce spectre de dégâtscausés par les changements climatiques, l’agriculture est exposée et l’avenir prédit par les scientifiques est bien sombre. Pour le professeur EulogeOgouwalé duLaboratoire de Climatologie de l’Université d’Abomey-Calavi, les différents scénarii attestent la vulnérabilité agricole du Bénin. Les rendements pour certaines cultures comme le riz, le maïs, le manioc…selon le scenario SRES/B2 chuteront de l’ordre de -14,6 ; -38,2 et -19,2%. Dans un tel contexte, poursuit-il, 50% et 60% des populations du Bénin méridional auquel appartient les communautés d’Adjohoun seraient dans l’insécurité alimentaire. En conclusion, le climatologue indique que « les changements climatiques sont en train de se révéler comme le défi le plus important au développement en Afrique du 21e siècle. Il s’agit d’un grave risque pouvant handicaper la réduction de la pauvreté et menacer d’anéantir des décennies d’efforts de développement ».
En effet, selon la deuxième enquête sur les conditions de vie des ménages ruraux au Bénin, 33% au moins des ménages sont incapables de satisfaire leurs besoins minima alimentaires malgré le niveau élevé des dépenses alimentaires (70%) sur leur budget, la prévalence de la malnutrition aiguë au sein des enfants de 06 à 23 mois est de 19%.

Une difficile lutte pour la survie
Afin de voler au secours de ces communautés condamnées désormais à vivre entre inondations sévères, chaleur excessive, pluies tardives, vents violents, le village de Houèdo-wo dans la commune d’Adjohoun a été choisie parmi les six localités représentatives des zones agro-écologiques les plus exposées aux risques climatiques dans le cadre du Programme d’action national d’adaptation aux changements climatiques du Bénin. Un programme destiné à renforcer les capacités des communautés agricoles pour s’adapter aux changements climatiques dans quatre zones agro-écologiques vulnérables au Bénin. Ainsi, loin d’apporter des réponses toutes faites, le Coordinateur National du PANA1, Daniel Z. Loconon, au cours d’une de ses visites de terrain, a soutenu que le programme vient tout simplement “accompagner” les producteurs et communautés pour promouvoir les savoirs endogènes.
Pour améliorer leur résilience aux changements climatiques, un train de mesures prioritaires a été mis en marche sur le terrain à travers les différentes composantes du projet. Au titre des réalisations depuis la mise en œuvre effective du projet (réel démarrage en avril 2011), le PANA1 a contribué dans toutes les communes bénéficiaires, à la mise en place des Comités Communaux de Coordination Technique (CCCT) dans les neuf communes bénéficiaires et l’appui à la mise en œuvre des plans d’actions.
A ce jour dans ce village, en termes de réponses, le programme a mis à la disposition des communautés dans le domaine de l’agriculture, 3200 kg de semences de maïs à cycle court pour 101 producteurs pour une emblavure totale de 160ha. De même dans le domaine des cultures maraichères, elles ont bénéficié de 800.000 plantules de piment de variété locale au profit de 40 maraichers dont 7 femmes pour 20 ha. Encouragées également à une reconversion, pour développer la pisciculture, un train de 4 cages flottantes a été mis à leur disposition pour la production de poisson tilapia du Nil. Pour la cuniculture, divers matériels ont été acquis pour les accompagner avec l’achat de 80 lapines et 20 lapins. Et ce n’est pas tout. Le couvert végétala été reboise avec 17.800 plants d’Acacia pour l’implantation d’une forêt communautaire sur une superficie d’environ 2 ha sans oublier la culture de palmier à huile sélectionné sur 20 ha.
Au niveau des communautés, les effets se font sentir et les pertes subies autrefois sont progressivement amorties.
“Avant quand on plantait, l’eau venait prendre tout. On était soumis à la bonne volonté de la pluie. On faisait avec nos moyens. Et on ne connaissait que la grande saison”, nous raconte le chef de village, Félicien Houessou, qui se rappelle encore comme hier toute leur souffrance avant le programme. L’adoption de semences à cycle court est de l’avis de ces communautés, une bonne option. Et au Responsable communal pour la production agricole, Adango Étienne, de témoigner que c’est grâce au programme que par exemple, les producteurs utilisent des variétés de maïs de 70 jours en remplacement de la variété de 105 jours. En temps de contre saison, des techniques endogènes sont un recours. C’est le cas de la technique qui consiste à abandonner les herbes après le défrichage pour éviter ou limiter la perte d’eau. Ces différents procédés permettent d’améliorer le rendement à l’hectare. Une amélioration de rendement qui influe positivement sur les revenus des producteurs. De 30.000 FCFA la saison, Lucien Houessou témoigne qu’il gagne aujourd’hui jusqu’ à 500.000 FCFA pour la culture du piment.

Un bénéficiaire du Programme PANA sur son champ de riz

Un bénéficiaire du Programme PANA sur son champ de riz

Face aux résultats non négligeables, le Directeur général de l’environnement, Césaire Gnanglé, confie que les acquis enregistrés par le programme sont le résultat de l’approche participative fondée sur le renforcement des savoirs endogènes. Du même avis, le Responsable communal pour la production agricole, Adango Étienne, ne cache pas sa satisfaction quant à la pérennisation des acquis. “Ces résultats sont obtenus parce que le programme n’a pas importé des technologies et a fondé son approche sur les anciennes pratiques agricoles des producteurs”.
Face à la colère de la nature ou à la « malédiction » du ciel comme le pensent certaines populations, les producteurs immigrent progressivement vers la production du riz pour davantage se tirer d’affaire.
Ainsi, la vie qui s’arrêtait avec les inondations, reprend timidement avecles activités diverses qui occupent désormais les communautés : le recyclage des producteurs sur le piquetage, la trouaison et la plantation; l’entretien de la forêt villageoise, l’appui à la conduite de pépinières du riz et de piment, le labour et le repiquage du riz par l’approche SRI (Système de Riziculture intensive).
Seulement, comme le soutient le CoordonnateurDaniel Z. Loconon, les actions sont loin de satisfaire tous les besoins et de répondre efficacement aux effets de la variabilité climatique. « Il est même trop tôt et nous sommes dans l’action », se défend-t-il.
Pendant ce temps, les communautés attendent toujours des mesures hardies et efficaces pour répondre aux affres des inondations. Désormais, avec ces inondations, la lutte contre la pauvreté est devient plus complexe que jamais pour le malheur des communautés.

Encadré : Des ressources en eau en diminution
Alors que les communautés de la partie méridionale subissent la dure réalité des inondations, les ressources en eau connaissent une diminution. Un vrai paradoxe que révèlent plusieurs études de scientifiques. C’est en effet ce que nous enseignent les travaux du Géophysicien et hydro climatologue, TotinVodounon S. Henri, qui indiquent que sur le bassin de l’Ouémé, le plus grand au Bénin, par exemple, un déficit pluviométrique de l’ordre de 20 % a conduit à une diminution d’environ 40 % des ressources en eau de surface. Il en est de même dans les autres bassins hydrologiques : Mono, Couffo, Pendjari, etc. mais à des proportions variées.
Avant lui, le professeur Abel Afouda, l’un des experts en changement climatique avait déjà tiré la sonnette d’alarme dans une interview donnée au journal Le Municipal en 2009 faisant observer que la diminution de 20% observée depuis les années 70 au niveau des précipitations se traduit au niveau des ressources en eau dans les rivières, par une diminution d’environ 40% . Des études que corroborent les données climatologiques du professeur Michel Bokorévélant une diminution du nombre de jours de précipitation. Le climatologue averti signale que l’analyse comparée de ces données entre les normales 1971-2000 et 1941-1970, montre globalement que les précipitations ont baissé de 16% à 28% dans le Bénin méridional et central.
Ainsi, « Si on ne fait rien des maintenant, nous sacrifions et nous enterrons les générations avant qu’elles ne voient jour. Ce serait le plus grand échec de notre civilisation », déclare le professeur Michel Boko. De l’avis de beaucoup d’experts à l’instar du Dr Ernest Amoussou, les actions qui sont en cours dans le pays sont encore insuffisantes. Et pour l’heure, face aux contraintes qu’imposent le changement et la variabilité climatique sur la disponibilité, l’accessibilité, l’approvisionnement et la demande en eau au Bénin, « l’anticipation qui pourrait résulter de la prise en compte des phénomènes climatiques ne constitue pas encore une priorité de décision dans les secteurs de l’eau et de l’énergie », regrette l’hydroclimatologueTotinVodounon S. Henri. Pendant ce temps, les communautés assistent impuissantes à la nouvelle réalité avec des réponses qui sont loin de combler toutes leurs attentes. Pour le professeur Michel Boko, il manque à la politique nationale actuelle « des approches cohérentes ». A cela, il ajoute « le manque d’approche participativedes médias, de la société civile et même de la population ». Ainsi, seuls un engagement des décideurs et l’avènement de nouveaux programmes d’adaptation en cohérence avec ceux en cours et dans une synergie d’actions pourront sortir les communautés de l’angoisse des inondations et des autres effets des changements climatiques.

May 22, 2014

In tackling water crisis, Kossoh dam needs a sub-dam

By Mustapha Sesay, Water & Sanitation Media Network S/L, Email: mustaphasesay25@yahoo.com
Kosseh town is located along the Freetown-Waterloo Highway about thirteen miles on the outskirt of the Capital City of Freetown. The town with a population of over five thousand inhabitant, is divided into seven sections; namely- Youth Farm, Woreh section, New London to name but a few.
Prior to the rebel war, the people in that community had benefited considerably from Pipe born water and by then the population was not as big as it is presently. After the war, there was a massive migration of the people from provincial Towns into these areas, especially Kossoh Town which has resulted into the deforestation of part of the reserved forest areas and the total vandalisation of most of the water service delivery facilities. This encroachment and the acquisition of Land has caused serious problems in certain areas with low breeding shortage of water and the lost of valuable site that holds the dignity of the country. Many areas are now suffering from water shortages due to the increase of population and the Kossoh Town is no exception, only saved by a German humanitarian Organization, Welt Hunger Hilfe.

water
Today, Kossoh Town is one of the fastest growing places which housed the Freetown Teachers College, the College of Medicine and Allied Health Sciences, the Chinese Hospital and other institutions.
One serious challenge being faced by the citizens in this part of the country is the need for a sub- dam and a water tank to preserve excess water for the dry season.
As a way of identifying the challenges faced by this community, members of the Water and Sanitation Media Network Sierra Leone Chapter visited this place on Saturday 3rd May, 2014, to ascertain the trend at which community people access pure water.
The coordinator of the organization Mr. Sesay expressed gratitude for the opportunity accorded them to get first hand information about the history of the dam and the challenges encountered with respect to the people accessing pure and affordable water and clean environment.
The coordinator disclosed that Sierra Leone like many other developing countries failed to meet the Millennium Development Goal because much priority was not placed on the issue of water and sanitation. Furthermore, a lot of advocacy work was not done in raising awareness on the holistic approach to properly utilize the natural gift of God for generations yet unborn.
It is with this backdrop that Water and Sanitation Media Network Sierra Leone WASH Jn. is touring various dams, water wells and catchment areas right through the country to amplify the challenges of water service delivery system.
The Head Man for Kossoh town, Mr. Victor Haffner disclosed that with the rapid expansion of his town, the issue of water deserves the utmost attention.
In assuming the leadership mantle in 2010, one of his promises was to protect the catchment areas so that water is constantly to the people. With this, he halted all those who had wanted to encroach on reserved forest area around the dam.
Mr. revealed that with the destruction of the old dam that used to supply pipe born water before the war, in 2011, a representation was made to WHH, a German organization. According to the Headman, there were a lot of seminars and workshops held for the construction of the current dam that is supplying water.
The natural dam supplies pure water to most institutions and the community around. It is five feet deep and built with concrete.
Mr. Haffner furthered that when it rains, the water overflows its bank unto the month of January.
During this period, there is constant supply of water to the private houses, the public through the street pipes, the Freetown Teachers College, the College of Medicine and Allied Health Sciences, and other agencies. During the dry season, though there is a constant flow of water, there is a drop in its volume. As such, the water from the dam is rationed at specific times to the public, the tertiary institutions which the private people benefit from constant supply of water.
The Councilor, Mr. Williams Jones stated as a way of alleviating the plight of his people in accessing pure and affordable drinking water, dry the season he used his own resources to rehabilitate two of the non functional hand pumps at Kossoh town.
Another area where the Government and other agencies working on water related issues need to come in and assist the Kossoh town community is the rehabilitation of the water tank for preservation of water. We were made to understand from the public that the tank was constructed during the era when their program was folding up. As soon as the tank was constructed, it was not allowed to dry up within a space of twenty one to thirty days before pumping water into it for distribution to the general public, As a result, the volume of the water made a lot of cracks resulting it into a state on unworthiness for its intended purpose.
Another problem identified was that though the water is pure, the water rubber pipes from the dam to the respective distribution places need some replacement as bush fire destroy them and the heavy volume of the water during the rainy season also affect them.
On the area of maintenance and sustainability of the constant flow of water, most people are of the notion that water service should be free and it is their right to get free waters so any form of payment is void.
Little are the people realizing that there is need to pay some amount at the end of the month for the management to repair the worn out equipment, pay staff for their services and expand work to other areas.
As deforestation of the reserved forest affects the constant flow of water, a committee should be empowered to constantly monitor the catchment areas so that people are kept off these areas.

tank
Unlike other dams that have been encroached upon for the construction of houses, community leaders must take up the challenge to protect this dam area.
More sensitization work must be done on the need to pay a minimal amount for at the end of the month for water service delivery.
With some leakages identified at the dam, agencies working on water related issues can contribute to the sustainability of this dam by rehabilitating the wall or increasing its height.
There is the need for the community to be thinking of exploring new areas for the construction of a new dam that will in the future match with the challenges of the growing population.
One notable feature about our visit to this community is the flow of water from the dam to the pipes for the consumption of the public.

May 22, 2014

Zambia hosts first African Water Integrity Learning Summit

By Mustapha Sesay, Water & Sanitation Media Network S/L    

AS a way of working towards an “Accelerating Water Secure World, the Water Integrity Network has concluded its first African Water Integrity workshop in Zambia Lusaka from 29-30 April,2014.

Through partnership with ECOWAS, EAC-Lake Victoria Basin Commission and SADC, the programmed trained around 500 water professionals.

This first African Water Integrity Summit brought together 90 experts and stakeholders from 22 African countries

and 30 in total, to share their experiences, lessons learned and identify integrity challenges as we move forward.

To build a water secure future for all, the summit finds

Header-WI-Summit-web

Stakeholders across the regions have successfully pioneered initiatives for more integrity, sometimes in the face of strong resistance. Their courageous actions have created visible improvements for the benefit of their communities and societies at large. Decision-makers at the highest level should take note of their successes, demonstrate clear commitment

to the promotion of water integrity, support integrity ambassadors and ensure that anti-corruption policies are developed, and effectively implemented. Condemning corruption in public is not sufficient when implementation and enforcement of rules is neglected, undermined or obstructed at the same time.

The challenges posed by depleting water resources are; fast population growth and urbanization, rapid destruction of productive aquatic ecosystems and climate change all threaten to overwhelm water management systems. Managing and maintaining the integrity of water resources is part and parcel of managing water with integrity.

 

As water is a fundamental resource for sustainable development. It is essential to economic growth, to eradicate poverty, to secure water, food and energy for a rapidly growing population and sustaining ecosystems for future generations. In most countries, water crises are not due to resource scarcity but primarily due to governance failures. Fragmented institutions obstruct accountability

in a sector with high investment and aid flows, making it particularly vulnerable to corruption. Lack of water-related integrity

incurs huge cost for societies, in lives lost, stalling growth, wasted talent and degraded resources. There is no sustainability without integrity.

The extent of the African water challenge was summarized in AMCOW’s 2012 snapshot: 344 million people in Africa rely on unimproved water sources. Corruption drains billions from the water sector, while more than 300 million people in sub Saharan.

Africa live in water-scarce environments and 115 people die every hour from diseases linked to poor sanitation, poor hygiene and contaminated water.

In 2000, the African Water Vision 2025 named inappropriate governance and institutional arrangements as one core ‘human threat’ to sustainable water management: The vision called for fundamental changes in policies, strategies and institutional arrangements, for the adoption of participatory approaches, as well as for openness, transparency and accountability in decision making processes. The importance of good water governance has been recognized in the preparations of the Sustainable

Development Goals (SDGs), in numerous international and regional declarations and conventions, as well as in stakeholder for a including the 6th World Water Forum, the Water Integrity Forum 2013 and the OECD Water Governance Initiative.

The UNDP-Water Governance Facility together with its partners UNDP Cap-Net, WaterNet, WIN and SIWI, implemented the 3-year Regional Capacity Building Programme promoting and developing water integrity in Sub-Saharan Africa from 2011-2014.

Ongoing water reforms in many countries and regions in Africa offer a unique opportunity to improve the integrity of

the water sector. Poverty and vulnerability to corruption are fundamentally linked; and integrity is a condition for financially viable and sustainable water service delivery. Therefore, water security, poverty eradication and economic growth can only be achieved if water policies go hand in hand with promoting integrity. Water integrity should be mainstreamed

in all sector policies and institutions, in legislation, regulation at various levels, in investment projects and

programmes, and in business models in water service provision. Organizations, including our own, need to consider water integrity in the development of organizational policies, strategies and action plans

Participation of informed stakeholders and a strong civil society are driving forces for change towards integrity. Water governance has to be inclusive, actively carry the debate to weak stakeholders, and address the opportunities and challenges that come with the inclusion of the private sector. Data and information should be freely accessible, understandable and usable, as the basis of transparency and accountability. Clear results frameworks and integrity indicators need to be developed to support both decision making, and to monitor integrity levels. Basic standards of financial management and accounting should be required and enforced by all donors and fund providers as a condition for their support.

The lack of integrity reflects a multi-dimensional capacity gap across all African regions: gaps in basic skills and capacities of local communities, needed for meaningful participation, in professional skills for informed decision making and efficient service delivery, and in technical skills for dedicated integrity professionals tasked with developing organizational frameworks, enforcing rules and building organizational cultures. Beyond personal capacities, institutional capacities present a significant bottleneck and hamper the ability of national and regional bodies to effectively coordinate their efforts. Investment in capacity development is required across all levels, for communities, policy-makers, administrators, water professionals and the private sector. The momentum created by the regional capacity development programme should be translated into a sustained movement and expanded to neighboring regions.

Integrity challenges go beyond corruption. Integrity affects water governance in terms of who gets what water, when

and how. Lack of integrity undermines how costs and benefits are distributed among individuals, society and the environment.

It also increases transaction cost, and discourages appropriate investment in infrastructure. Procedures that ensure integrity are not for free; continuous communication of rights and processes to stakeholders is critical to enforce rules in big investment projects, as is real-time monitoring of infrastructure to uncover problems. But investments in integrity can reap high returns in improved revenues, efficiency gains, increased investment and growth.Regional bodies are well placed to act as drivers of change; raising awareness; linking and harmonizing efforts across regions; support capacity development, and nourish political will in member countries. They play a critical role in advocating

for the inclusion of water integrity in international and regional fora, including AMCOW, the 7th World Water Forum, and the international consultations on the post-2015 development agenda. Future capacity development efforts should also include regional technical agencies and implementing bodies such as regional development banks, transboundary river basin organizations and regional courts.

The costs of inaction are too high to remain passive. The Summit and its partners call on governments, regional bodes and international organizations, the corporate sector and civil society to promote water integrity. The regional programme has laid the groundwork for capacities in the regions; now the momentum created by the first generation of African water integrity ambassadors need to be maintained, sustained and nourished, and build upon to ensure a water secure world for all.

Lusaka.

May 19, 2014

Le Technopole de Dakar : La survie sur le fil d’eau d’une dépression

Idrissa SANE (Dakar)

La nappe phréatique qui affleure est une aubaine pour des chercheurs d’espoir dans le Technopole. Dans la zone des Niayes, véritable poumon dakarois, à l’ombre du béton, du bitume et du fer, le Technopole est la respiration de pêcheurs et de maraîchers. Emplis du message de la protection des ressources, les pêcheurs se battent contre la pollution pendant que les maraîchers adoptent, à petite échelle, des stratégies d’économie d’eau. L’horizon est, malgré tout, chargé de nuages pour toutes ces activités.

Une vue de technopole, la zone humide dakaroise

Une vue de technopole, la zone humide dakaroise

Ici, l’affleurement de la nappe phréatique et la disponibilité de l’eau durant toute l’année conditionnent la vie humaine, végétale et animale. Cette cuvette est, par la force des choses, le refuge des réfugies climatiques du Sénégal et des oiseaux migrateurs menacés dans le monde. Chaque jour est une espérance renouvelée. Chaque jour est une aurore dont le soleil devient encore plus radieux lorsque la corbeille s’emplit de quelques espèces de poissons. Pas très loin, les vrombissements des moteurs, sur la nouvelle Autoroute à péage Dakar-Diamniadio, produit un vacarme entre dans le quotidien des riverains. En contrebas, la Nationale 1, réhabilitée, regarde défiler le lot de voitures ayant préféré le service public gratuit de la circulation. Derrière nous, la Cité Sotiba sert de tampon entre le reste de la populeuse Pikine et cette portion du cours d’eau, à hauteur du Technopole. En levant les yeux, sur la droite, les hauteurs de Pikine-Canada et Guédiawaye renvoient au souvenir de l’appellation courante de « Ravin », pour décrire cette dépression.
Le panorama est une somptueuse verdure en cette matinée du samedi 9 mai 2014. C’est un régal des yeux, ce tableau de la nature qui ne porte pas encore la nudité des espaces visités par la main destructrice du béton et du fer. Majestueux, les cocotiers et les herbes hautes ignorent encore les échos polémiques d’une arène nationale pour la lutte, en bordure des deux nouvelles voies de dégagement reliant Pikine à Guédiawaye en un temps record. La vie suit donc son cours… sur ce cours d’eau. L’espoir est un filet sans cesse jeté dans l’eau afin de prendre de précieux poissons. Trouver les moyens de vivre est un défi quotidien qui ne connaît pas d’âge. C’est le filet de la survie. Cet ensemble de mailles, préparé à l’ombre des pirogues sur le sol ferme, assure la prise de l’espoir.
La survie est un sourire que ne ternit pas ce ciel loin d’être dégagé en cette matinée. Entre des vases à fleurs, arrosoirs fermement tenus à la main, un jeune homme, sous les yeux de son maître, Aliou Youm, à la noirceur marquée, se faufile entre des plantes ornementales comme les ficus et les « borneras ». Comme une machine programmée pour rendre à la nature exubérante une partie de la nourriture qu’elle produit elle-même, le jeune homme fait des allers-retours presque en courant. Son dynamisme est un hymne à l’effort. C’est un rituel du travail auquel il sacrifie, sans discontinuité, depuis une dizaine d’années. Le Technopole est devenu sa seconde demeure. « Je suis originaire de Diourbel. Depuis mon installation à Dakar, j’ai investi dans la floriculture dans cette zone parce que nous n’avons pas de problème d’eau », confesse-t-il. Un bassin en ciment, de forme cylindrique, est attenant à un puits d’au moins un mètre de profondeur. Cette retenue d’eau est sa solution au casse-tête des exploitants des périmètres maraîchers du Technopole. L’ingéniosité, avec du matériau sommaire, est une source de revenus, à travers les plants de choux, de salades, de tomates.
UN NID D’EXODE RURAL POUR LES HOMMES
L’expérience des périmètres maraîchers est une solution commune à beaucoup de jeunes. A l’entrée du Technopole, près du local de la Sonatel, des jardins sécurisés à l’aide des palissades de typhas longent la voie latéritique, elle-même, s’étire. Sara Diouf, est en faction devant ces périmètres. Il vient d’arroser 13 plants de salades, des pieds de manguiers et des haies d’ananas. Ici, il a l’eau en permanence, contrairement à la situation en vigueur dans son village natal. Il garde encore en mémoire les transitions difficiles, dans son Sine natal, entre la saison des pluies et la saison sèche. C’est la seule fausse note du bel hymne à la beauté de son terroir de Fissel Mbadane, dans la région de Fatick (150 kilomètres de Dakar). Dans cette dépression naturelle, verte et humide, il a aménagé une excavation en guise de retenue d’eau. « Vous voyez, lorsqu’il pleut, elle se remplit d’eau. Je peux arroser, durant plusieurs mois, avec l’eau de pluie. Ce procédé nous évite de creuser tout temps pour avoir de l’eau », dévoile le maraîcher. Ces « céannes » sont des retenues d’eau aménagées par une simple excavation atteignant la nappe. Ces aménagements sont assez larges avec, au moins, un mètre de profondeur. Au-dessus de ces « céannes », des branches d’arbres forment une voûte pour limiter les évaporations. Depuis une dizaine d’années, Fara Diouf tire les moyens de subsistance de sa famille de l’exploitation de ces parcelles. La survie est un pont qu’emprunte aussi son voisin Fara Diouf. La barbe bien fournie, le regard avenant, M. Diouf, fait du maraîchage sa principale activité. Sous un vent frisquet qui balaie le site, cet homme exprime les marques de satisfaction.
La nature a ses incertitudes, malgré ses splendeurs. Vivre ou survivre dans ce nid de la nature, aussi bien pour les oiseaux migrateurs que pour les hommes ayant choisi l’exode rural, reste un défi dans la précarité. L’équilibre de l’écosystème n’est pas garanti dans l’absolu. De ce fait, l’angoisse habite les cœurs, sous les traits de rideaux de typhas tapissant l’horizon, sur la terre ferme, vers la nouvelle bretelle menant vers Pikine. En contrebas de la route, le peuplement de cocotiers se réduit peu à peu. Les maraîchers, eux, attendent le pire. L’horizon est peuplé des craintes de voir des lutteurs s’adonner à leurs joutes du week-end si près de leurs exploitations, dans une nouvelle cuvette. Celle-ci ne sera pas comparable à ce ravin à la nature épanouie. Il s’agit plutôt d’une infrastructure en béton, hissé sur de la terre remblayée. La supplique est formulée par une amazone de la terre. Retrouvée sur les lieux, Ngoné Diop confie : « La construction de l’arène nationale, dans le site du Technopole, n’est pas la meilleure chose pour nous parce qu’il y aura une perturbation de nos activités Nous ne pourrons plus mener nos activités et, en conséquence, cela va accentuer la pauvreté. Ici, nous avons facilement accès à l’eau soit avec les mares soit avec la nappe phréatique. Nous ne sommes pas sûrs d’obtenir ces faveurs de la nature ailleurs ». Courbée sur ses pépinières, Ngoné Diop racle la superficie pour faciliter l’infiltration de l’eau. La dame n’est pas une néophyte en agronomie. Elle se relève et dévoile sa technique d’économie d’eau et d’énergie avec un sourire. « C’est vrai, il y a de l’eau, mais nous n’avons pas besoin d’arroser tous les jours certaines cultures. Parfois, je peux rester deux à trois jours sans arroser. Ce qui permet de biner ou de faire d’autres aménagements », dit-elle.
DE L’IMAGINATION POUR DES ECONOMIES D’EAU
Le site découvre ses atours authentiques à mesure que nous avançons. Au coin d’une pénétrante latéritique, le jardin est entouré de plusieurs herbacées et de formations arbustives. Un micro climat emplit le lieu d’une fraîcheur bienfaisante. Nous sommes bien dans les Niayes, avec ses conditions climatiques particulières, disons plutôt avec son micro climat. Celles-ci font de ce site le refuge des migrants climatiques. Ngor Niang, un homme de forte corpulence, originaire de Loulou Sessène (un village de Fatick) ne peut pas refuser sa condition de migrant climatique. « Je pratiquais l’agriculture en saison des pluies et le maraichage en saison sèche mais, à cause de la salinité et de la pauvreté des terres ajoutées à l’insuffisance des pluies, je ne pouvais pas obtenir des productions pour subvenir à mes besoins », dit-il. Il plie bagages et débarque à Dakar, grossissant les rangs des demandeurs d’emploi. La quête est un véritable parcours du combattant. Ce Sérère s’impatiente dans les fils d’attente. « Je suis venu à Dakar pour chercher du travail, comme je n’ai pas trouvé, je me suis lancé dans le maraichage dans cette zone où, à grâce à l’eau, nous pouvons faire plusieurs récoltes dans l’année », confesse-t-il. Une petite dénivellation laisse voir l’eau verdâtre de la « céanne ». Ses collègues et lui ne font pas un mésusage de ce liquide précieux. « Ici, tout le monde a conscience de l’importance de l’eau. C’est la raréfaction de ce liquide qui nous poussé à quitter nos villages pour venir à Dakar loin de nos parents. Durant la saison des pluies, je fais des excavations pour récupérer le maximum d’eau pour un usage s’étalant sur un minimum de six moins. La remontée de la nappe phréatique me facilite les choses », s’exprime le producteur.
Un peu plus au Nord, sur les bas-côtés de la route de Cambérène, juste après l’Ecole nationale de Formation en Horticulture, d’autres exploitants travaillent paisiblement dans leur jardin. En plus de ces « céannes », à une période de l’année, ils ont recours aux eaux usées traitées par l’Office national de l’assainissement du Sénégal (Onas). « Au mois de mai, les eaux des nappes deviennent salées. A partir de cette période, l’ONAS nous fournit les eaux usées traitées qui nous permettent d’avoir plusieurs récoltes avec peu d’eau », se félicite Fatma Bâ.
La pêche en eau trouble
La vie continue, près des « céannes », mais au bout d’un filet à épervier. Au milieu d’un bosquet, des fumées s’échappent des huttes en raphias. Près de la piste, Joseph Bora, les jambes allongées, discute avec un ses camarades. Ce dernier rapièce le filet à épervier. Depuis plus de cinq ans, leur vie est liée au Technopole. « Je peux gagner 2.500 francs Cfa, 3000 francs Cfa, voire 6.000 francs Cfa par jour après la vente des poissons », révèle, Joseph Bora, un sénégalais originaire de la région d’Oussouye, au Sud du Sénégal. Leur activité est menacée. La population de typha explose au milieu des cours d’eau. C’est la menace anthropique. Au loin, au bout de la grande piste latéritique qui s’étire vers la grande mare, sur un coin faisant office de poste de débarquement, Moussa Kamara, les filets à la main, sort de la vase. Agé 67 ans, il remonte difficilement la berge. Il est trempé jusqu’aux os. Le sexagénaire est d’un abord facile. Un sentiment de désastre l’enserre. « Depuis 15 ans, je pêche dans les mares du Technopole. Je gagne 2.000 francs Cfa, 3.000 ou 5.000 francs Cfa par jour. Depuis mon départ à la retraite, je ne vis que de cette activité. Aujourd’hui, nous avons des craintes relatives à la construction de l’Arène nationale. Nous devons continuer à nous organiser pour trouver un terrain d’entente avec les autorités », confesse Moussa Kamara, un ancien militaire sénégalais. Augustin Gomez un autre pêcheur n’a que des prières pour que le projet ne voit pas le jour sur des points qui vont perturber l’écosystème. Le choix du site a suscité une controverse entre les autorités et des habitants ou associations. Même si le projet a ses défenseurs, l’Etat poursuit le dialogue et cherche un « site consensuel » pour reprendre la formule du Premier ministre Aminata Touré dans sa Déclaration de politique générale en octobre 2013.
Sur le point le plus avancé dans la grande mare, plus de dix pêcheurs raccommodent cinq filets. Tous les jours, ils se retrouvent sur les différentes mares pour traquer les poissons. Au fil des années, ils s’emploient à la protection de ce site. « Les pêcheurs qui sont ici ont, à plusieurs reprises, renvoyé des charretiers qui veulent transformer ce site en dépotoirs d’ordures. Nous savons que si l’eau est polluée, il n’y aura plus de poissons dans ces mares. Nous devons la protéger, cette eau parce c’est ici que nous tirons nos revenus », rapporte Antoine Lambal.
Sur cette pointe, nous avons le regard suspendu sur les légers mouvements ondulatoires de l’eau. Des bandes d’oiseaux survolent la grande mare et se reposent paresseusement. Plus de 172 espèces d’oiseaux menacés y vivent. Une colonie de goélands attire des visiteurs. Des spatules, des barges volent et se retournent. Leur présence est indissociable avec la disponibilité des mares. Dès lors, nous comprenons l’attraction que le site exerce sur les scientifiques et sur les touristes. La nature, ici, est poésie. Oui, parce qu’elle est vie, dans toute sa splendeur. « Nous appelons nos partenaires de la Société civile à faire un lobbying pour maintenir cette zone humide et sauver des oiseaux migrateurs », prêche le Directeur des Parcs nationaux du Sénégal, Soulèye Ndiaye.

Les graines de l’éveil d’une conscience environnementale
Un élan pour la nature. Un vaste de mouvement de sympathie pour préserver la vie. Les organisations de défense de l’environnement, l’Association des étudiants diplômés de l’Institut des sciences de l’environnement, des organismes intervenants dans le domaine de l’environnement, les maraîchers, les riverains avaient fait front commun contre ce projet de construction de l’Arène nationale par la République de Chine au profit de l’Etat sénégalais. Les menaces sur cette zone humide sont encore en débats, dans un processus de concertations pour trouver une solution consensuelle.

Le président Macky Sall au chevet Des Niayes
En plus des espèces guinéennes, on y retrouve des espèces dominantes comme Chloris barbata, Cenchrus biflorus, Dactyloctenium aegyptium, Phragmistes australis, Avicennia germinans, Typha domingensis, Tamarix senegalensis recensées par Nadia Tih, dans le cadre de la réalisation de son mémoire de Master II en sciences de l’environnement en 2013. Le Technopole est l’un des rares sites dakarois de concentration de la biodiversité, une sorte de hotspot pour reprendre la formule de nos professeurs de l’Institut des sciences de l’environnement de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Mais, pour combien de temps ces mares et ces lacs seront-ils encore les sources de vie pour les hommes, les oiseaux, et les espèces végétales ? Personne ne le sait. La progression des habitats et l’expansion des grands travaux ont déjà perturbé les écoulements des mares. Les maraichers, les pêcheurs, les environnementalistes et les organismes se battent pour sa sauvegarde. Le président de la République, Macky Sall, conscient des fonctions économiques, écologiques, et sociales, a invité les services compétents à sauver les Niayes qui est le grand ensemble où se trouve le technopole. « Pour faire face à ce phénomène d’émiettement continu des terres de cultures dans cette zone des Niayes, le président de la République a décidé de mettre en application une réglementation adaptée, qui va désormais organiser la non-cessibilité des assiettes foncières pour usage d’habitation », lit-on dans le communiqué du Conseil des ministres publié dans l’édition du « Soleil » datée du jeudi 15 mai 2014.
Le technopole fait partie des Niayes qui fournissent 80 % de la production totale des légumes aux marchés de Dakar et de l’intérieur du Sénégal selon l’étude intitulée : « Manuel des bonnes pratiques de l’utilisation saine des eaux usées dans l’agriculture urbaine ».

May 16, 2014

Sommet de la Coalition des Premières Dames d’Afrique pour l’Assainissement : L’évènement se tient finalement le 30 mai

Alain TOSSOUNON (Bénin)

Prévu pour le 9 mai 2014, le sommet inaugural de la Coalition des Premières Dames d’Afrique pour l’Assainissement (CPDA) aura finalement lieu le 30 mai 2014 à Ouagadougou sous le leadership de la Première Dame du Faso, Madame Chantal COMPAORE. Une véritable occasion pour elles, de donner un coup de pouce au plaidoyer en faveur de l’hygiène et de l’assainissement dans nos pays.

Mme Chantal Compaoré, Première dame du Burkina-Faso

Mme Chantal Compaoré, Première dame du Burkina-Faso (Photo site AWEPA)

Les Premières Dames d’Afrique ne veulent plus jouer les seconds rôles dans le combat pour l’Assainissement pour tous en Afrique. C’est le principal enjeu de leur rassemblement et de leur mobilisation à travers le sommet qu’elles organisent. Avec pour vocation d’être une plateforme nouvelle de plaidoyer et un tremplin pour porter en public, les questions d’assainissement et d’hygiène, la coalition des Premières Dames d’Afrique entendent lancer un appel pour plus de ressources et d’investissements pour l’assainissement.

Avec le sommet de Ouagadougou, la Coalition veut interpeller la communauté nationale, régionale et internationale sur le besoin urgent de faire face à la crise affectant le secteur de l’assainissement et de l’hygiène en Afrique, impulser des investissements ou financements d’infrastructures d’assainissement en Afrique, favoriser une meilleure intégration des questions d’assainissement et d’hygiène dans l’agenda des politiques des différentes institutions d’intégration et de développement Africaines. Et enfin, leur cri d’appel vise à promouvoir l’appropriation des meilleures pratiques en matière d’hygiène pour toutes les couches de la population dans les pays membres de la coalition.

En tant que femmes, les premières Dames d’Afrique à travers leur engagement, montrent leur solidarité envers toutes les femmes du continent et les jeunes filles dont la dignité est atteinte par le manque de toilettes et l’absence d’assainissement.
Car aujourd’hui, si elles se félicitent des progrès majeurs enregistrés dans le domaine de l’accès à l’eau potable, dans leur communique de presse, elles fustigent la situation de l’assainissement qui demeure « critique ».
Ainsi, elles invitent leurs maris présidents et tous les à considérer le secteur de l’assainissement comme une priorité dans l’agenda des gouvernements africains.
Notons que la Coalition des Premières Dames d’Afrique pour l’Assainissement est conjointement initiée par l’agence inter-gouvernementale panafricaine Eau et Assainissement pour l’Afrique (EAA) et le Conseil Consultatif des Nations Unies sur l’Eau et l’Assainissement (UNSGAB). Elle a pour objectif principal de mobiliser et impliquer les Premières Dames d’Afrique dans la résolution de la problématique de l’assainissement.

May 14, 2014

Lancement du Prix panafricain « OR BLEU » : Célébrer l’excellence dans la préservation des ressources en eau

Alain TOSSOUNON (Bénin) 

Avec le soutien de ses partenaires, Le cabinet Eau Afrique au Bénin, a lancé la 2e édition du Prix pour la préservation de l’eau, «OR BLEU». Une compétition destinée à mettre en lumière les meilleures initiatives de préservation des ressources en eau et à récompenser les acteurs, détenteurs de projets innovants et originaux en matière de développement durable.

Nadine Maryse KPONDJO, lauréate du Prix ORBLEU 2013, catégorie "Recherches Appliquées"

Nadine Maryse KPONDJO, lauréate du Prix ORBLEU 2013, catégorie “Recherches Appliquées”

Distinguer et valoriser chaque année, les initiatives qui font école pour la préservation des ressources en eau. C’est l’objectif du Prix Or bleu qui après une première édition réussie, prend désormais une dimension panafricaine. Ouvert aux Maires, Chercheurs et Innovateurs de notre continent africain, trois principaux prix sont ouverts. En premier, le prix « Leadership Municipal » qui récompense la ville africaine qui se dote d’un système performant de gestion et de préservation de l’eau ou qui développe en faveur des communautés, de meilleures pratiques de protection des ressources en eau. Le deuxième prix destiné aux chercheurs des universités et centres de recherches, intitulé « Recherches appliquées », honore les travaux de recherches scientifiques ou techniques publiés et/ou des publications de portée scientifique ayant permis de faire progresser significativement la résolution d’un problème spécifique relatif à la protection des ressources en eau. Enfin, le prix « Innovations éco-technolo¬giques » récompense un acteur ou un groupe d’acteurs ayant inventé ou mis sur le marché, une innovation en matière de produit, de pro¬cédé ou de service dans l’un des six domaines du concours. Au nombre des domaines, nous avons l’Approvisionnement en eau potable, l’économie de l’eau, la Gestion intégrée des ressources en eau, l’hygiène et l’assainissement de base, l’eau et la sécurité alimentaire, le changement climatique, l’eau et énergie, l’eau et biodiversité. Pour garantir la transparence et une meilleure sélection, le Cabinet Eau Afrique a mobilisé un jury composé d’universitaires et spécialistes du secteur de l’eau. Dans ses choix, le jury se laissera impressionner par les initiatives innovantes dans les huit (8) domaines énumérés. Pour la première édition, le Jury était présidé par Euloge Agbossou, Professeur Titulaire CAMES des Sciences de l’Eau, directeur du Laboratoire d’Hydraulique et de Maitrise de l’Eau (Faculté des Sciences Agronomiques de l’Université d’Abomey-Calavi-Bénin). Ce jury avait examiné près de 1000 candidatures dans les différentes catégories. La date limite de dépôt des candidatures est pour le 31 juillet 2014.

Tags: , , ,
May 12, 2014

Forum national sur la sécurisation des droits fonciers irrigué : Valoriser l’agriculture à travers les périmètres irrigués

Services information REJEA/Niger

Les officiels au cours de la séance

Les officiels au cours de la séance

Du 7 au 8 mai 2014, Global Water Initiative (GWI) avec la collaboration du Ministère de l’Agriculture a organisé à Konni dans la région de Tahoua, un forum national sur la sécurisation des droits fonciers sur l’irrigation. Cette rencontre a permis à tous les acteurs dans le secteur de l’agriculture irriguée (HC3N, ONAHA, Code Rural du Niger, UICN, IIED et AFD) de réfléchir et faire des propositions non seulement dans la sécurisation des droits fonciers mais aussi de la valorisation et la sécurisation de la production agricole. La présence des autorités régionales et coutumières a donné un cachet particulier à ce forum.

 
En effet, Global Water est une initiative pour l’Afrique de l’ouest dans l’utilisation rationnelle de l’eau. Ce programme est mis en œuvre par l’Institut International pour l’environnement et le développement (IIED) et l’Union Internationale pour la conservation de la nature (UICN). Il concerne le Mali, le Niger, le Burkina-Faso, le Sénégal et la Guinée.
Le programme se développe autour de la thématique de la production agricole liée aux grands barrages et périmètres, et place les producteurs au centre des politiques de gestion de l’eau efficace et la sécurité alimentaire.
Ce forum a été place sous la présidence du Directeur de cabinet du ministre d’Etat et de l’agriculture Dr Seydou Oumarou, représentant le ministre Abdou Labo empêché. Pour le directeur de cabinet, la gouvernance foncière en tant que mécanisme d’accès, d’utilisation et de dévolution des droits sur la terre, apparaît aujourd’hui comme un enjeu majeur.
Or, les terres cultivables sont de moins en moins fertiles et les tailles de plus en réduites pour les besoins de l’exploitation tandis que la population augmente. Cette situation est exacerbée par le fait que les périmètres réalisés ne soient pas délimités ni immatriculés dans le livre foncier ce qui rend la sécurisation juridique des périmètres difficiles.
A titre d’exemple dans le domaine de l’irrigation, l’Etat du Niger dispose d’environ 16.300ha de terres irriguées sur 73 aménagements hydro agricoles (AHA). A travers l’initiative 3N, « Le programme accroissement des productions sous irrigation », il a été prévu la réalisation de 10.000ha de nouvelles terres et la réhabilitation de 10.000 ha d’anciens périmètres à l’horizon 2015.
Pour corriger ces erreurs sur le foncier rural, Global Water Initiative a mené plusieurs études sur la gestion du foncier sur le site aménagé de Kandadji où 30.000ha seront engloutis par les eaux. Cette étude a permis de concéder aux personnes concernées une compensation juste des pertes. C’est dans cet esprit que l’Etat a prévu d’élaborer un « bail emphytéotique ». C’est un bail à long terme qui inclut le droit de le vendre, de prêter, de louer ou de mettre en gage la parcelle octroyée.
Dr Seydou Oumarou a demandé aux participants et aux partenaires de continuer les réflexions afin d’orienter les politiques et stratégies nationales vers une harmonisation des pratiques qui permettraient de sécuriser à la fois l’Etat et les producteurs sur les périmètres publics.
Quant au Coordonnateur régional du programme Eau et Zone Humide, Pr Awaïss Aboubacar, il a réitéré l’engagement de GWI (consortium IIED/UIN, appuyé par la fondation HGB) à soutenir l’Etat dans la recherche d’une compensation juste des populations. Il est convaincu que le respect des droits et les obligations des uns et des autres (Etat +paysans) conduiront à une meilleure sécurisation des terres. L’objectif serait d’aider l’Etat à mettre en valeur 45.000 ha d’irrigation dans la vallée du fleuve au profit des populations a-t-il conclu.
Au terme des deux jours de réflexion, les participants au forum ont formulé des recommandations et des suggestions pour le respect des droits des populations à jouir pleinement des compensations justes qui leur seront octroyé.

May 12, 2014

Une mission de haut niveau de WATER AID au Niger : Evaluer les efforts pour une meilleure intervention

 REJEA/Niger

Du 5 au 9 mai 2014, le Directeur des programmes internationaux M. GiRSIH Menon et la directrice régionale Afrique de l’ouest Mme Mariame DEM étaient au Niger pour une visite de travail. Pour les deux responsables, c’est une occasion de voir de près les réalisations du Bureau WaterAid Niger, rencontré les autorités, les communautés, les partenaires et la coalition wash.

La Direction régionale de WaterAid (A gauche) avec les collègues du Niger

La Direction régionale de WaterAid (A gauche) avec les collègues du Niger

En effet, en 2009, lorsque WaterAid s’installait en tant que projet pilote au Niger, l’enjeu de son installation se précisait déjà par la situation du pays. Le niveau de pauvreté était bas avec un indice de développement humain (186), le taux d’accès aux infrastructures d’assainissement et d’hygiène était également très bas et la situation environnementale exige un appui constant pour la sécurité alimentaire.

En 2010, le bureau s’est finalement installé et a fait un bon résultat en matière de réalisation. Cette visite de 5 jours des deux responsables de WaterAid a été une occasion pour les responsables du bureau du Niger de faire un point sur la situation du Niger, les forces, les faiblesses, les goulots d’étranglement et les solutions envisageables.

M. GiRSIH Menon et Mme Mariame DEM ont saisi l’occasion pour rencontrer le Ministre de l’hydraulique et de l’Assainissement et les autorités régionales des zones d’interventions de WaterAid dès les premières heures de leur arrivée au Niger. Au cours des différentes rencontres, ils ont été frappé par la disponibilité et l’engament des autorités et des communautés à faire mieux.
Ils ont salué l’équipe de Hamani Oumarou, directeur Water Aid Niger dont le dynamisme n’est plus à prouver. D’ailleurs, la réputation de Water Aid fait d’elle l’élite des ONG au Niger
Dans un entretien avec la presse, M. GiRSIH Menon et Mme Mariame DEM ont salué les efforts de tous les partenaires et réitérés le soutien de WaterAid dans les actions de l’eau et l’Assainissement pour la réduction de la pauvreté au Niger