Posts tagged ‘Racine Kane’

March 15, 2013

Intégrité dans le secteur de l’eau, ACRA et WIN mettent en application de l’outil de diagnostic « Evaluation Annotée de l’Intégrité de l’Eau (EAIE) » dans la zone sud du Sénégal

L’ONG italienne ACRA (Cooperazione Rurale in Africa e America Latina), la Communauté Urbaine de Cherbourg Octeville et le Réseau International pour l’Intégrité de l’Eau (WIN) ont organisé, ce 6 mars 2013, un atelier de restitution des résultats de l’évaluation annotée de l’intégrité de l’eau. L’exercice a été conduit en novembre 2012 à Ziguinchor, en Casamance, notamment dans l’arrondissement de Tenghory et dans le cadre du Programme d’Eau Potable et d’Assainissement du Millénaire du Sénégal (PEPAM).

 

Quasiment, l’ensemble des acteurs du secteur de l’eau au Sénégal, en général et en Casamance, en particulier ont pris part à la rencontre d’échanges et de validation des résultats de l’évaluation. Présidant la cérémonie d’ouverture, M. Amadou Diallo, Coordonnateur du PEPAM a souligné que « la délivrance du service de l’eau requiert non seulement une mobilisation plus accrue de moyens pour améliorer les conditions d’accès des populations à une eau potable et à des services adéquats d’assainissement, la promotion d’une approche durable à travers le recours à la gestion intégrée des ressources en eau mais également et surtout la définition d’un cadre et des instruments adaptés pour une gouvernance vertueuse du secteur associant les différentes parties prenantes ». Le Sénégal, par exemple, a réalisé beaucoup d’investissements en milieux urbain et rural pour améliorer l’accès à l’eau potable et à l’assainissement des populations. Et des résultats importants ont été atteints en vue de l’atteinte des objectifs du Millénaire pour le Développement. Seulement, le contrôle des performances dans la délivrance du service, d’appui-conseil aux différents acteurs et de régulation, entre autres nécessitent plus d’implication et de rigueur.

« Dans cette perspective, l’étude réalisée par ACRA en collaboration avec Water Integrity Network est une initiative consistante et pertinente qu’il s’agit d’élever au rang d’instrument de référence que les pouvoirs publics, les autorités sectorielles notamment, devront promouvoir et surtout prendre en compte dans le cadre de l’élaboration de la Nouvelle Lettre de Politique Sectorielle dont le processus sera lancé prochainement en vue de la définition d’une vision à l’horizon 2025 » conclut M. Diallo.

Dans son mot de bienvenu, Monsieur Armand HOUANYE de WIN, a constaté, pour s’en désoler, que malgré les efforts consentis ici et là, « l’accès à l’eau potable et à un assainissement amélioré reste pour une grande partie de la population des pays dits en développement un défi majeur qu’il convient de relever. Au nombre des causes entravant cet accès, l’on peut citer entre autres la mauvaise gouvernance et la corruption qui font que les plus nécessiteux et les plus pauvres ne puissent pas jouir pleinement de ce droit ».  D’où l’ambition de WIN de développer, promouvoir et disséminer, avec ses partenaires, des outils et méthodologies visant à promouvoir l’intégrité de l’eau. L’un de ces outils et pas des moindres est l’« Evaluation Annotée de l’Intégrité de l’Eau (EAIE) » qui a été appliqué dans ce projet Pepam/ Acra à Tenghory, dans le sud du Sénégal. L’outil EAIE, présentée par Monsieur Demba Diallo de WIN,  fait une révision des règles et des mécanismes qui gouvernent le secteur. Elle se base sur l’analyse de 3 piliers d’intégrité que sont la Transparence, la Reddition des comptes et la Participation et cela, dans 5 domaines essentiels: Politique et Législation, Régulation, Projets et Programme d’Investissement, Prestation de Services et Législation Anti-corruption.

Le rapport a montré que de gros efforts ont été faits en matière d’intégrité et de gestion dans le projet mais que le chemin est encore long. Les interventions et autres échanges devront permettre de « peaufiner les activités de suivi et l’intégration des actions prioritaires dans les différents agendas et processus afin de faire de l’intégrité de l’eau, un levier de l’amélioration de l’accès à l’eau  potable dans la région de Ziguinchor et au Sénégal ». Tout un programme !

 

                                                                                                    Racine Kane

December 13, 2012

Cérémonie d’ouverture du forum : le Sénégal ambitionne de mobiliser 250 Milliards pour atteindre les OMD

Par Racine KANE

Le président de la république du Sénégal, Macky Sall, a présidé la cérémonie officielle d’ouverture du 2e Forum de l’Eau et de l’Assainissement d’EAA. Occasion pour le chef de l’Etat sénégalais d’appeler à la mobilisation pour de tous pour concrétiser les engagements pris à ce niveau.

Le Sénégal se positionne, selon son président, en leader dans le domaine de l’accès à l’eau et à un assainissement décent avec « une chance d’atteindre les OMD en eau avec « 88,5% de taux d’accès à l’eau potable à 3 ans de l’échéance». Toutefois, le Sénégal comme la quasi-totalité des pays africains, notamment de l’ouest, est loin du compte pour les objectifs fixés pour le sous secteur de l’assainissement victime d’une grande faiblesse de financement. Un gap que le Sénégal compte combler avec « la mobilisation de 250 milliards d’ici à 2015 » promet Macky Sall qui rappelle que 640 milliards d’africains n’ont toujours pas accès à un assainissement décent.

Le maire de Dakar, Khalifa Sall, avait auparavant porté la voix des élus locaux qui attendent que « les dispositions financières suivent le processus de décentralisation » afin qu’ils puissent prendre en charge les questions liées à l’accès à l’eau notamment dans les bidonvilles où on « paie l’eau à un prix supérieur à la moyenne ». Un fait dénoncé par le Vice Président du Libéria qui se désolé qu’on perde trop d’énergie et de temps pour trouver de l’eau.

Auparavant, un grand satisfecit a été, unanimement, décerné à EAA par les différents intervenants. Le président Macky Sall a félicité son Secrétaire Exécutif, le sénégalais Idrissa Doucouré qui a su impulser un nouveau souffle à l’institution qui « après 25 ans d’existence, poursuit sa phase de maturation et est devenu une institution de référence avec des résultats tangibles dans l’amélioration d’un accès durable à l’eau potable et à des infrastructures d’assainissement adéquats », souligne M. Issoufou Issaka, Président du Conseil des Ministres d’EAA. Toutes choses qui encouragent le Conseil des Ministres de l’Eau (AMCOW) à « poursuivre le partenariat avec EAA pour travailler à résorber le gap pour l’accès à l’eau et à un assainissement de qualité », selon son Secrétaire Exécutif, Baye Mass Tall. Ensemble, ils pourront arriver à « faire des déchets d’aujourd’hui les matières premières de demain » comme proposé par le maire Khalifa Sall. Tout un programme!

October 4, 2012

ACCES A L’EAU ET L’ASSAINISSEMENT EN AFRIQUE En attendant le réveil des gouvernants

300 millions d’Africains n’ont pas accès à des services d’eau potable améliorés et 640 millions à un assainissement décent. L’Unicef et l’Organisation mondiale pour la santé (OMS) sonnent ainsi l’alerte dans un rapport conjoint de 2012. Conséquence, selon Adama Mbaye, Directeur de l’assainissement, qui s’exprimait hier vendredi lors d’un déjeuner de presse à l’initiative de l’Agence intergouvernementale panafricaine Eau et assainissement pour l’Afrique (EAA, ex CREPA), l’investissement dans ce secteur est très rentable, 2000 enfants meurent en Afrique du fait du manque d’hygiène.
Donc, l’accès à l’eau potable reste un grand luxe pour de nombreuses populations africaines. Et, d’ici une vingtaine d’années, près de 60%, soit 5 milliards de personnes, seront des citadins. Cette croissance démographique s’effectuera pour l’essentiel dans les pays en développement où chaque mois 5 millions de personnes s’installent en ville. Ainsi, en Afrique et en Asie la population urbaine va doubler entre 2000 et 2030.
Or, selon les Nations Unies (ONU: UNW-DPAC) un citadin sur quatre, soit 789 millions de personnes, n’a pas accès des infrastructures d’assainissement améliorées et 141 millions de citadins n’ont pas accès à l’eau potable destinée à la consommation humaines ! Aujourd’hui encore, 497 millions de citadins partagent des sanitaires, contre 249 millions en 1990.
La situation est urgente dans les bidonvilles où vivent 828 millions de citadins : ces personnes n’ont pas accès à l’eau potable ni aux systèmes d’assainissement. Pire, comme elles sont rarement connectées à un réseau de distribution d’eau, ces populations doivent payer au-dessus des prix du marché pour obtenir de l’eau auprès des vendeurs privés.
Un dollar investi dans l’eau rapporte neuf autres
Pourtant, a souligné Adama Mbaye «un (1) dollars investi dans le domaine de l’eau et l’assainissement en ferait gagner neuf (9) autres. Ce qui constitue un gain dans le budget». C’est pourquoi, a en croire Idrissa Doucouré, Secrétaire exécutif EAA le forum de Dakar sera un cadre idéal, en cette période d’inondation, pour discuter des problèmes essentiels du secteur de l’au et l’assainissement et y apporter des solutions. Selon lui, il est temps que l’Afrique puisse faire des avancées significatives dans ce domaine. «Je croix qu’il nous faut que tous les Africains se retrouvent autour d’une table pour qu’on puisse discuter de cette problématique et apporter des solutions qu’il faut».
Et la clé du problème reste le financement du secteur. «Aujourd’hui en Afrique, nous savons nos problèmes, nous avons également les solutions. Nous avons l’expertise, mais c’est surtout les financements qui nous manquent. C’est pourquoi ce forum sera centralisé sur les financements du secteur, mais des financements innovants pour sortir du carcan traditionnel que nous avons connu jusque là», précise-t-il.
En outre, a-t-il indiqué, le volet des inondations sera pris en compte dans la mesure où lorsqu’on parle d’inondation, on fait référence aux questions d’assainissement. «C’est là encore où nous voulons trouver des solutions de façon holistique». Il ne s’agit pas seulement de «régler le problème d’assainissement de façon spécifique, mais aussi en apportant la réponse à cette problématique liée aux «questions de planification urbaine, d’aménagement du territoire ou d’habitat. Il y aura des sessions qui vont discuter de cela pour trouver des solutions avec des feuilles de routes pour nos gouvernements respectifs», a noté Idrissa Doucouré.
Vers des financements innovants
Auparavant, Mme Yacine Diène Traoré a rappelé que les Africains sont à trois ans de l’échéance des Objectifs du millénaire pour le développement et peu d’actions sont visibles en termes de réalisation dans le secteur de l’eau et l’assainissement. D’où la nécessité de concrétiser les engagements.
Elle est revenue sur les trois objectifs du forum. Il sera l’occasion de «définir des mécanismes innovants de financement au profit d’un secteur hygiène, assainissement et eau potable (HAEP) dynamique et performant en vue d’accélérer le processus d’accès à l’assainissement et à l’eau pour tous». Aussi aidera-t-il à «catalyser la collaboration entre les investisseurs et les innovateurs en vue de rendre disponible les services et produits HAEP au profit des populations sous servies et non servies » et à «traduire les engagements en action urgentes à travers l’institutionnalisation, la matérialisation des mécanismes de suivi des progrès et la revue des pairs».
La rencontre est organisée en perspective de la 2ième édition du forum de haut niveau sur «l’Eau et l’assainissement pour tous en Afrique» prévu à Dakar du 12 au 14 décembre, après celui du Burkina Faso. 700 participants sont attendus avec un budget d’environ 100 millions F Cfa. Les participant au face à face avec le presse ont eut à une projection de film sur la problématique de l’eau et l’assainissement en Afrique, notamment au Burkina Faso, au Bénin, au Ghana et au Sénégal.

August 4, 2011

L’AFRIQUE POURRAIT SE TROUVER A UN TOURNANT FACE A LA CRISE DE L’ASSAINISSEMENT

L’Afrique pourrait enfin se trouver à un tournant face à la crise de l’assainissement disent les groupes de la société civile ANEW et FAN, l’ONG WaterAid et le WSSCC, ainsi que la campagne End Water Poverty participant à AfricaSan 3 à Kigali.
Ces commentaires sont émis à la fin de la conférence dont l’objectif est de « replacer l’Afrique sur les rails pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) pour l’assainissement ». Ces groupes sont d’avis que le haut niveau de participation et l’engagement démontrés par les gouvernements africains nous permettent d’être optimistes.
Cependant le défi reste immense. Les données présentées montrent que le Rwanda – pays d’accueil de la conférence – fait partie des seuls quatre pays en Afrique subsaharienne qui sont en voie d’atteindre la cible sur l’assainissement. 584 millions de personnes en Afrique n’ont pas accès à un assainissement amélioré et les plus pauvres sont 18 fois plus susceptibles de pratiquer la défécation à l’air libre.
L’assainissement a toujours été l’OMD le plus négligé et le plus éloigné de l’atteinte de la cible, avec trop peu de financement, ressources diverses et volonté politique pour répondre à la crise. Or la conférence a connu un niveau de participation inégalé auparavant de la part de délégations de 42 pays africains. Ces dernières ont inclus les ministres de l’eau, de la santé, de l’environnement et de l’éducation. Les leaders de la société civile ont également joué un rôle essentiel et se sont engagés à travailler avec AMCOW (Conseil Ministériel Africain sur l’Eau) pour effectuer le suivi des progrès, identifier les défis et rechercher des solutions conjointes. Plus critique encore, les pays se sont pour la première fois mis d’accord sur des plans d’action détaillés pour répondre aux blocages clés au progrès.
Cependant le défi unique le plus important identifié pendant la conférence est le financement. Il y a eu peu ou pas de progrès dans l’atteinte de la cible d’investissement reconnue de 0.5% du PIB.
« Si l’Afrique veut avoir la moindre chance de revenir sur la bonne voie dans l’atteinte des OMD pour l’assainissement, ces plans et stratégies ont besoin d’un financement urgent », dit Lydia Zigomo, Cheffe de la région Afrique de l’Est de WaterAid, « Mais les ministres africains des finances et les bailleurs de fonds ont une opportunité de taille pour combler cet écart de financement au travers du partenariat Sanitation and Water for All (assainissement et eau pour tous). Des engagements financiers concrets de la part des deux parties sont essentiels pour sortir des millions d’Africains de la pauvreté, en particulier les femmes et les filles, et leur permettre de vivre leurs vies dans la dignité ».
Fin
Pour plus d’information veuillez contacter : meltompkins@wateraid.org +44 (0)779 328 2764, 250 (0)784870389 ou tatiana.fedotova@wsscc.org +41 79 903 78 18.