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October 5, 2015

Chris Williams, Directeur exécutif du Wsscc : « Je suis optimiste que dans les quinze prochaines années, les gouvernements en Afrique fassent des investissements efficaces pour mettre fin à la défécation à l’air libre »

Rencontré au cours de la 4ième Conférence africaine sur l’assainissement de Dakar, le Directeur  exécutif du Conseil de concertation pour l’assainissement et l’approvisionnement en eau (Wsscc), Christ Williams, nous a accordé un entretien sur l’avenir de l’assainissement en Afrique. Revenant sur l’importance de l’approche Community Led Total Sanitation (CLTS) et les résultats intéressants qu’elle permet d’obtenir dans les pays ou le programme du Fonds mondial pour l’assainissement (GSF) est mis en œuvre, il insiste dans cet entretien sur l’utilisation efficace des fonds publics et la nécessité d’inclure l’hygiène menstruelle dans le combat contre la défécation à l’air libre en Afrique.

Chris Williams, Directeur exécutif du Wsscc

Chris Williams, Directeur exécutif du Wsscc

Plusieurs pays  ne seront  pas au rendez-vous des OMD dans le secteur de l’hygiène et de l’assainissement. Selon vous, quelles sont les raisons de ce retard qu’accuse l’Afrique dans un secteur aussi important qu’est l’assainissement ?

 L’assainissement est l’un des objectifs malchanceux puisque dans plusieurs pays, il n’a pas été atteint. La question est de savoir  pourquoi  plusieurs pays n’ont pas réussi à réduire de moitié le nombre de personnes n’ayant pas accès à l’assainissement de base et à l’hygiène. Je pense que la raison principale de cet échec est qu’il n’y a pas eu d’investissements publics importants en matière d’assainissement. Aussi, le type d’investissement que nous avons eu a été inefficace. Il y a eu donc deux problèmes: l’investissement et son utilisation. Alors, concernant l’investissement, il y a des chiffres qui nous interpellent par rapport aux engagements pris à la précédente conférence sur l’assainissement. Maintenant,  nous sommes ici à nouveau pour une autre rencontre sur l’assainissement en Afrique, avec le privilège d’être au Sénégal.

Il est à souhaiter que la mauvaise utilisation des ressources ne se reproduise plus. Parce que je pense que cela a été un énorme problème et beaucoup d’efforts ont été déployés à l’échelle mondiale ainsi qu’en Afrique et dans les différents pays pour ensemble tenter d’orienter les financements dans l’assainissement. Ceci continue d’être un défi. Je pense qu’il y a des façons d’accroître les investissements publics. Le deuxième problème est l’utilisation des fonds. L’assainissement dans le monde rural est un domaine où il y a un grand besoin d’identification du problème. Plusieurs gouvernements et ONG pensent bien construire des toilettes pour les populations. Ils essayent d’appliquer l’approche par subvention directe dans l’assainissement mais cela se révèle inefficace puisque les gens ne  changent pas de comportements. Les gens ne comprennent pas l’importance de l’assainissement. Ils ne font pas le lien entre l’assainissement et leur santé,  l’hygiène et leur dignité. Et, je pense que cette approche regorge des dispositions pour améliorer l’assainissement au niveau des villages. De même, la subvention du gouvernement est très coûteuse et peu  de personnes peuvent seulement en bénéficier si le pays entier exprime la nécessité ou le besoin d’une amélioration de la situation de l’assainissement. Nous savons bien que les ressources du gouvernement ne sont pas trop efficaces parce qu’elles n’atteignent pas  souvent certaines populations.  Ce qui pose la question de la discrimination. Parce qu’il se trouve toujours des personnes qui n’ont pas reçu la subvention. Deuxièmement, les gens sont très disposés à faire des investissements dans le monde de l’assainissement en particulier pour mettre fin à la pratique de la défécation à l’air libre. C’est un investissement communautaire et le changement que le programme GSF avec certains gouvernements en Afrique nous permet de constater est que ces gouvernements ne donnent plus des subventions directes, et ils se rendent compte que la meilleure façon de bien gérer les fonds, l’investissement public, est de promouvoir les campagnes de sensibilisation d’assainissement et d’hygiène sur les lieux de travail et dans les villages. Puis partout où ils sont en mesure de sensibiliser les gens en mettant en exergue la relation entre l’assainissement et la santé de façon à réduire la transmission des maladies. Cela généralement  se fait dans chaque ménage et surtout dans les communautés pratiquant  la défécation à l’air libre. Cette campagne a été efficace dans plus de neuf (9) pays où nous travaillons, plus de sept millions (7 000 000) de personnes ont adopté cette approche et nous nous attendons à plus de vingt millions (20.000.000) de personnes dans les deux prochaines années. Donc, c’est une approche qui marche et la plupart des gouvernements se rendent maintenant compte que c’est  le moyen le plus efficace pour parvenir à une fin de défécation à l’air libre pour atteindre le résultat attendu. Donc, avec ce changement, il faut penser à comment utiliser les fonds publics pour des subventions directes qui auront un impact sur très peu de gens et une  approche communautaire (CLTS) qui affecte  des millions de personnes. Ainsi, c’est le changement de politique que nous voyons auprès de 30 gouvernements. Je suis optimiste que dans les quinze prochaines années, les gouvernements fassent des investissements efficaces pour mettre fin à la défécation à l’air libre. Maintenant, je viens d’expliquer la différence dans l’utilisation des fonds publics et comment ils doivent être utilisés efficacement. Je pense que la plupart des pays sont intéressés à changer la façon dont ils utilisent les ressources publiques limitées. Mais là encore, il y a un besoin d’investissements publics et un changement de cap doit intervenir. Pour cela, nous devons inviter les premiers ministres, les cabinets ministériels et parlementaires à prioriser  les investissements dans l’assainissement, afin qu’il y ait plus de ressources pour la sensibilisation des communautés pour l’éradication de la défécation  à l’air libre.

A vous écouter et tenant compte des résultats obtenus dans certains pays comme bien Madagascar; le Bénin, le Togo et d’autres pays. À votre avis, est-ce que l’ATPC est la solution d’avenir pour le combat efficace contre la défécation à l’air libre n Afrique ?  

Oui, c’est la solution. L’ATPC (ou le CLTS)  est la solution de l’assainissement au niveau rural. L’APTC est l’approche, mais comment la rendre fonctionnelle et efficace? Telle est la question. L’enjeu, c’est comment utiliser la méthode de l’ATPC et l’appliquer à la gestion des centaines de ménages dans un pays. Là est la question. A Madagascar, les acteurs ont trouvé la solution de contextualiser et de l’adapter  pour atteindre de centaines de ménages en trois ans et demi. Il y a soixante-dix mille villages dans le pays et dans les trois dernières années et demi, ils ont pu mettre fin à la défécation à l’air libre dans vingt mille villages. Donc la question est de savoir comment  sont-ils arrivés à le faire?  Chaque pays peut avoir  une méthodologie différente, mais cela nécessite de travailler directement avec le gouvernement central pour obtenir un peu de soutien du président,  du premier ministre ou des parlementaires. Le deuxième point est de développer une approche au niveau de la communauté. Une approche qui rassemble et sensibilise l’ensemble de la communauté et, un troisième point est de travailler avec les autorités gouvernementales locales pour faire en sorte que les autorités gouvernementales locales facilitent la discussion d’un village à l’autre de sorte que les approches et les bonnes pratiques dans un village puissent rapidement atteindre un autre village. Le quatrième point  est l’après ATPC lorsqu’un quartier ou un village est déclaré exempt de la défécation a l’air libre. Ainsi,  il faut faire en sorte d’obtenir l’attention et le soutien des parlementaires, des autorités gouvernementales et locales afin qu’ils deviennent sensibles aux services importants et qu’ils deviennent même la priorité des priorités. Un cinquième point résulte des leçons tirées de l’expérience de Madagascar qui est le suivi. Habituellement, une communauté peut être déclarée exempte de la défécation à l’air libre, mais elle doit poursuivre la pratique de changement de comportement au fil du temps pour que le résultat soit durable. Ainsi, la méthodologie utilisée prend en compte les autorités locales gouvernementales et des leaders naturels, les gens qui sortiront des villages qui sont devenus champions de l’assainissement et de l’hygiène locale.

Pour finir cette interview, est-ce que selon vous le CLTS ou l’ATPC est l’unique solution ou il faut ajouter quelque chose, de sorte que nous ayons  un accès de tous à l’assainissement dans toute l’Afrique d’ici 2030?

Lorsque nous parlons de la défécation à l’air libre, nous parlons de l’assainissement, de l’hygiène dans le pays entier. Nous ne pouvons pas nous limiter aux ménages, nous parlons des écoles, de la planification de la santé, des centres de formation, des petites villes comme des grandes villes, ce sont donc des nécessités qui ne sont pas limitées à l’ATPC. En plus de l’ATPC, il doit y avoir un engagement institutionnel pour les écoles, les parents, les associations d’enseignants avec les organisations internationales qui d’abord nous soutiennent avec les gouvernements. C’est donc la preuve qu’il faut une sensibilisation au niveau local. Donc, cela nécessite des approches différentes qu’il faut  élaborer en plus de l’ATPC. Dans le cas de la planification de la santé, il s’avère indispensable pour les ministères de la santé de se concentrer sur la qualité de l’assainissement et de l’hygiène en milieu rural. Souvent, la planification mondiale de la santé ne prend pas suffisamment en compte les installations de l’hygiène de l’eau et l’hygiène sanitaire de base. Donc, il y a des risques en matière de santé sexuelle et reproductive mais aussi la santé infantile et maternelle. C’est très important pour les institutions de santé. Dans les centres de formation et dans les villes aussi, nous ne devons pas seulement être préoccupés par l’accès à l’assainissement et l’hygiène, mais nous devons nous demander où vont les déchets? Quelle est la stratégie de gestion des déchets? Comment la ville gère-t-elle l’élimination des déchets ? Quelle est la gestion efficace des produits des déchets? Donc, je pense que ce sont des domaines où l’ATPC seule ne pourrait être utilisée et cela peut ralentir le processus. Mais, il faut une combinaison avec d’autres approches pour atteindre tous ces domaines et toutes les populations. En outre, je pense que l’ATPC est adaptable, elle n’est pas statique et la méthodologie s’améliore avec le temps. Une forme d’amélioration est d’être beaucoup plus sensible aux besoins des hommes et des femmes et en particulier des adolescentes. Les adolescentes peuvent être confrontées à divers défis de l’assainissement et l’hygiène pendant la période de grossesse, des menstruations où elles ont besoin de l’eau potable et de l’hygiène.

Elles ont besoin de bons dispositifs d’hygiène d’une importance directe pour leur sécurité. Cela leur permet de gérer le processus de la menstruation chaque mois à l’école où elles vont travailler mais aussi à la maison. Donc, je pense que l’accent doit être mis sur l’identification de l’hygiène dans son sens global pour inclure l’hygiène menstruelle. Nous y travaillons en étroite collaboration non seulement avec un programme favorisant l’ATPC mais aussi des programmes qui sont en partenariat avec les femmes des Nations Unies qui travaillent en Afrique de l’ouest y compris le Cameroun, le Niger, et le Sénégal. J’espère que le ministre du Niger et celui du Sénégal qui participent à la conférence africaine sur l’assainissement mis à part les délégués avec lesquels nous échangeons vont nous écouter. D’abord, nous allons commencer à aborder le problème en brisant les tabous puis parler des moyens sûrs pour la gestion de la menstruation des femmes, ensuite une gestion saine des produits d’hygiène. Ensuite, nous espérons que les expériences que nous promouvons avec des femmes des Nations Unies, avec l’UNFPA avec le gouvernement du Sénégal, avec de nombreuses organisations de femmes dans ces pays, nous permettront à nouveau de faire des innovations, de faire des expériences et de rassembler autour de cette approche qu’est l’ATPC ou le CLTS, des hommes et des femmes.

Prosos receuillis par Alain TOSSOUNON

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June 24, 2015

Cheikh tidiane fall, Coordonnateur de Water association (Iwa) : « Le développement de l’assainissement est illusoire en Afrique sans ressources humaines appropriées »

Le coordonnateur de International Water Association (Iwa), Cheikh Tidiane Fall, n’entrevoit pas le développement du secteur de l’assainissement sans des ressources humaines qualifiées. Dans cet entretien, il approfondit certaines questions soulevées lors de son intervention sur une session axées sur : « Engagements pour l’assainissement : réduire le manque de capacité professionnelle ».

 Lors de la 4ème édition de Africasan vous avez participé à la session « Engagement pour l’assainissement : réduire le manque de capacités professionnelles ».  Peut-on déduire qu’il y a un manque criant de ressources professionnelles dans le secteur ? 

C’est évident. Le secteur de l’assainissement est à la traîne des objectifs d’assainissement à atteindre et fait face à la détérioration due à un manque de concentration sur la durabilité. Les discussions post-2015 ont mis l’accent sur la durabilité à travers, par exemple, l’exploitation et l’entretien des installations. Cependant pour progresser durablement beaucoup de ressources (humaines et financières) sont nécessaires. Selon l’étude de l’International water association (Iwa) sur les écarts des ressources humaines -des évaluations effectuées dans 15 secteurs de Wash en Asie et Afrique dont le Sénégal- cette capacité en ressources humaines dans le secteur de l’assainissement est faible et l’arrivée future de professionnels de l’assainissement pose problème.

Pour dynamiser le leadership et l’action, les engagements sont nécessaires pour combler ce manque de capacité professionnelle de l’assainissement. Malgré ce constat, le tableau est inquiétant et sans une meilleure prise en compte de cette dimension relative aux ressources humaines, le développement du secteur de l’assainissement dans beaucoup de pays africains est illusoire. Certains pays ont élaboré des engagements sur ce plan, mais ceux-ci sont-ils clairs et transformables en actions ?

Pouvez-vous nous faire l’économie de votre présentation sur la capacité de l’assainissement en Afrique ?

La session organisée par IWA à AfricaSan 4 en collaboration avec Swa (Sanitation and water for all) visait à sensibiliser sur l’importance de s’occuper de la capacité professionnelle relative à l’assainissement au niveau national. Elle avait aussi pour objectif d’avoir des recommandations d’engagements réalisables  pour combler le manque de capacité professionnelle de l’assainissement.

En partageant les résultats de l’étude d’Iwa sur 9 pays africains (Sénégal, Niger, Mali, Burkina Faso, Ghana, Zambie, Afrique du Sud, Mozambique, Tanzanie), nous avons mis l’accent sur le fait que le secteur de l’assainissement n’est pas attractif pour différentes raisons. On peut citer les salaires qui ne sont pas compétitifs, la perception négative du travail, le manque de curricula spécifiques à l’assainissement dans les instituts de formation professionnelle, l’absence d’une stratégie nationale de développement des ressources humaines etc. Il est cependant possible de changer ce tableau sombre.

Comment combler le manque de capacité professionnelle dans l’assainissement ?

Il est indispensable, à partir d’une volonté politique au plus haut niveau, d’avoir dans chaque pays une stratégie nationale de développement des capacités de l’assainissement. Elle doit être axée sur les actions suivantes qui sont clairement mises en exergue dans l’étude d’Iwa : La clarification des responsabilités institutionnelles pour mieux prendre en question les ressources humaines d’une manière coordonnée au plan national, la coordination et la planification entre le secteur de l’assainissement et le secteur de l’éducation. Cela devrait permettre le développement de programmes d’études au niveau universitaire et professionnel basé sur les besoins du secteur de l’assainissement. Il faudra aussi améliorer l’image de l’assainissement pour attirer davantage de jeunes professionnels dans le secteur, tenir compte des besoins différents en zones urbaine et rurale, car dans cette dernière les installations sont moins complexes et les qualifications requises différentes, créer de nouveaux postes etc.

Quelle est la place des ressources bien formées dans  la prise en charge des besoins du secteur dans ce contexte de transition vers les Objectifs du développement durable (Odd) ? 

Il a été démontré lors de la session que les installations d’assainissement sont devenues plus complexes avec des innovations et un environnement changeant et exigeant. Pour les faire fonctionner, il faut des professionnels bien formés et très compétents. Malheureusement le secteur de l’assainissement est freiné dans son développement par l’insuffisance de ressources humaines de qualité. Le professionnel bien formé et motivé est au cœur du dispositif. Cet aspect doit être mieux pris en compte si on veut réellement améliorer les taux d’accès et permettre à un plus grand nombre d’Africains de bénéficier d’un assainissement amélioré afin de pouvoir vivre dans la dignité.

Propos recueillis par Idrissa SANE

 

 

 

May 30, 2015

Dr Théophile, administrateur provisoire de EAA : « Nous allons revenir à nos fondamentaux »

Propos recueillis par Idrissa SANE   

L’administrateur provisoire de l’Agence intergouvernementale panafricaine pour l’eau et l’assainissement pour l’Afrique ( Eaa), Théophile Gnange lie la crise que traverse l’institution au dysfonctionnement du modèle et de la vision de celui qui était à la tête de l’institution durant ces 4 dernières années. En conséquence, l’institution va revenir à ses fondamentaux pour continuer à aider les populations à prendre en charge leurs besoins en matière d’accès à l’eau et à l’assainissement.

Dr Theophile, Administrateur provisoire de EAA

Dr Théophile, Administrateur provisoire de EAA

Monsieur l’administrateur provisoire de l’Agence intergouvernementale panafricaine pour l’Eau et l’Assainissement en Afrique (Eaa), votre institution a eu à traverser une crise. Comment cette crise a été gérée à l’interne ?

Je voudrais tout d’abord exprimer toute ma reconnaissance au Conseil des ministres et à son président, le ministre de l’Hydraulique, de l’Agriculture du Burkina Faso. Je voudrais également  remercier le gouvernement du Sénégal qui nous donne l’opportunité et au ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement du Sénégal  et au secrétariat d’Etat chargé de l’Hydraulique rurale, Diène Faye qui nous donnent  l’occasion de parler de EAA ou Ex-Crepa, qui est à sa 27e année d’existence.

L’institution EAA était confrontée à une crise majeure, à une crise profonde. Si une institution ferme ses portes pendant 8 mois cela veut dire que l’institution a traversé une crise majeure. Le Conseil des ministres  selon ses règles de fonctionnement a pu tenir un conseil des ministres extraordinaire, le 23 février 2015. Et, face à cette crise profonde, le conseil a pris des mesures profondes qui ont permis à EAA de revenir.

Si je suis ici pour présenter la vision, la contribution que EAA peut apporter au secteur de l’eau et de l’Assainissement, c’est grâce au Conseil des ministres qui a été tenu le 23 février 2015. Ce conseil a constaté des crises. Il a pris des décisions notamment en nommant comme administrateur provisoire pour un an et en me confiant cette administration provisoire. Le Conseil a voulu prendre quelqu’un de l’institution pour apporter au plus vite des changements opérationnels.

L’objectif de l’exercice c’est de dire que EAA est revenue. La crise est derrière nous. On ne sort pas  d’une telle crise pour atteindre 90 % de fonctionnement du jour au lendemain. Je pense que nous sommes sur la bonne lancée. Je remercie le gouvernement du Sénégal qui n’a pas voulu entrer dans la polémique. Le gouvernement a soutenu un de ses fils en 2010. Le gouvernement du Sénégal  par la suite a constaté que ce fils a failli. Je disais que l’institution  a été fermée. Si le gouvernement n’avait pas pris ses responsabilités, le 23 février 2025 on n’en serait pas là. Je voudrais le remercier d’avoir permis à ce que EAA puisse survivre. Sous les conseils des anciens, des partenaires, nous allons revenir aux fondamentaux de EAA, j’allais dire que nous allons  revenir aux fondamentaux du Crepa qui a toujours posé des actes pour les populations. En termes programmatiques, c’est d’aller à l’échelle communale, au niveau des sous-préfectures, de la base vers le haut pour fournir les services de l’eau et de l’assainissement aux populations.

 

Qu’est-ce qui est à l’origine de cette crise ?  

 

Les dettes sociales sont une conséquence directe de la crise que nous avons traversée. L’origine de la crise est simple. C’est la vision et le modèle de mon prédécesseur qui n’ont pas fonctionné peut-être c’est ce dysfonctionnement qui  nous a conduit à un défaut de paiement.

Je ne rentre pas dans d’autres détails mais c’est ce que je peux dire. Depuis 2013 et début 2014, on sentait venir cette crise. Parce qu’on arrivait plus à payer les fonctionnaires ni les agents. Ce sont des arriérés de salaires qui ont poussé les agents à observer une grève qui  a débouché sur le licenciement de 95 % du personnel. Le siège a fermé. Il a fallu le conseil des ministres de 23 février pour que le siège rouvre le 1er mars. Heureusement certains bureaux pays ont tenu, c’est ce qui nous a permis de redémarrer rapidement. On a repris le travail le 1er Mars. A moins de quelques mois on participe à Africasan  et on a pu organiser un Side Event. Je remercie les partenaires qui nous ont aidés à prendre part  à Africsan. Donc, c’est la vision et le modèle qui n’ont pas fonctionné.

 

Est-ce que les options de recherche de financement seront maintenues ?

Le conseil des ministres a pris ses responsabilités avec leur tête le gouvernement du Sénégal. C’est vrai que nous sommes dans une crise financière. Mais Eaa appartient aux gouvernements. Nous sommes en train de dérouler des stratégies auprès des gouvernements au plus haut niveau pour qu’ils nous apportent  l’appui nécessaire. Nous devons véritablement arriver à nous réconcilier pour que les partenaires puissent nous appuyer. Nous avons des ressorts pour rebondir parce que 27 ans d’expérience ce n’est pas rien. Il  y a beaucoup de choses qui ont été réalisées avant que Idrissa Doucouré  n’arrive à la tête de l’Institution. C’est pour cela que je dis que nous allons repartir sur nos de nouvelles bases. Nous allons revenir à nos fondamentaux. Nous allons faire appel à tous nos partenaires. Nous allons redoubler d’effort.

 

May 27, 2015

Hadi Jagué, formatrice  en gestion de l’hygiène menstruelle : C’est tout à fait naturel et humain de parler de menstrues aux filles

Enseignante à la retraite et formatrice  en gestion de l’hygiène menstruelle sur le site de Louga (Sénégal), Hadi Jagué a plus de cent (100) ans. Dans cet entretien, elle revient sur tout le mystère qui a entouré la question des menstruations. Après une reconversion des mentalités, elle  invite désormais les femmes à parler à leur fille d’hygiène menstruelle.

 

Hadi Jagué, enseignante et formatrice  en gestion de l’hygiène menstruelle

Hadi Jagué, enseignante et formatrice en gestion de l’hygiène menstruelle

Parlez-nous de votre première discussion relative à l’hygiène menstruelle avec vos enfants ?

Cela n’a pas été facile à cause du poids des traditions. Ma mère ne m’a jamais parlé. Je suis enseignante mais j’ai hérité de cette construction sociale. C’est incroyable, je n’ai jamais pu parler à ma fille. Il y a des mots, des expressions et des termes qui ne pouvaient pas sortir de ma bouche. Mais après la formation, on a brisé le silence. On a pris notre courage à deux mains, j’ai fait d’abord un test. J’en ai parlé autour de moi et cela a marché. J’en ai parlé à mes petites filles et  à mes élèves et j’ai constaté que l’information est passée. J’ai alors élargi mes champs d’action, mes élèves ont écouté et je me suis dit que cela peut marcher. J’y ai cru. Aujourd’hui nous sommes en train de sillonner les départements de Louga qui sont au nombre de trois pour prêcher la bonne nouvelle.

 

Quels conseils avez-vous à l’endroit des mères qui n’ont pas encore le courage de discuter de ce sujet avec leurs filles ?

Ce n’est pas difficile. On dit souvent qu’on veut uriner. C’est un besoin naturel. On dit aussi qu’on va aux toilettes. Ce n’est pas ridicule. On dit bien à sa fille d’aller faire sa toilette. Il faut bien trouver les mots. Donc, pourquoi ne peut-on pas lui dire qu’elle est à un tournant de sa vie et la préparer à l’arrivée des règles à l’âge de 12, 13 ou 14 ans. Pourquoi ne peut-on pas dire « Est-ce que tu as vu tes règles ». C’est tout à fait naturel et humain. Et je ne vois pas pourquoi il y a un mystère autour des menstrues d’autant plus que c’est la société dans ses démembrements qui rend les choses difficiles. Il n’y a aucune difficulté à demander à ses enfants si elles ont déjà eu leurs règles. Et leur donner des conseils pratiques lorsqu’elles les auront car avoir ses règles, c’est avoir l’espoir d’être mère, c’est avoir l’espoir de porter un enfant et d’être heureuse dans la vie.

 

Propos recueillis par Makéba Tchibozo

May 26, 2015

From eThekwini to Ngor: a bumpy road for sanitation

By Raphael Mweninguwe in Daker, Senegal

The road from eThekwini in Durban, South Africa to Ngor, in Daker, Senegal has been a very rough and bumpy one in as far as improving access to billions of people in Africa is concerned, experts admit.

20150526_114219[1]eThekwin is where African Ministers and experts met in 2008 to commit themselves to improving the sanitation and hygiene in Africa. Since then little progress has been done.

The Snegalese Preaident Macky Sall said Tuesday when he opened the the 4th African Conference on Sanitation and Hygiene in Daker that the road from eThekwina has not been in vain. He said some achievements have been made but the road has been bumpy.

He said as Africa now changes its road map from eThekwini to Ngor “I dont think we will miss another opportunity to have our people fail to have access to improved sanitation.”

“As we come up with new Sustainable Development Goals (SDGs) after 2015 Africa can no longer afford to miss again on the SDGs by 2030,” he said.

The eThekwini Declaration included a number of commitments such as bringing the messages, outcomes and commitments made at AfricaSan 2008 to the attention of the African Union; and establishing, reviewing, updating and adopting national sanitation and hygiene policies within 12 months of AfricaSan 2008.

There were a number of further commitments made including financing and monitoring of progress of the commitments themaelves.

Unfortunately water, sanitation and hygiene (WASH) sector is the least funded of all the sectors by a mojority of governments in Africa. This explains why the eThekwini Declaration has failed to meet the desired goals.

The Ngor Declaration which will officially come out on Wednesday after African Ministers’ meeting will likely to face the same funding challenges as the eThekwini Declaration mainly because political will is lacking within the WASH sector.

African Ministers’ Council on Water (AMCOW) Executive Secretary Bai-Mass Taal explained that the eThekwini Declaration has come to an end with the AfricanSan4 Conference in Daker. He said the name Ngor came in after the Senegalese Minister opted for the name instead of the original agreed name of Teranga Declaration.

Taal said the sanitation and hygiene remains a challange to one third of people in the continent whom he said are without proper toilet facilities.

He said access to safe sanition remains a challenge and he said there was need for political will to achieve sanitation for all by 2030.

Catarima de Albuquerque President of the Sanitation for All (SWA) although contries have been tracking and monitoring progress on the eThekwini Declaration there are still a lot of things that need to be done.

She said an estimated 1.1 billion people in Africa are without toilets and these she said are the people who help themselves openly.

She said monitoring and follow-up is important in sanitation and as a result putting in place proper sanitation monitoring systems are key.

It now remains to be seen whether the Ngor Declaration will be translated into actions. Otherwise the road after Daker will still remain bumpy.

May 25, 2015

Ndeye Mingué Ndiaye Gacko sur la menstruation : « Tout ce qui concerne le sexe en général en Afrique est entouré de tabou… »

Honte, stress, crainte, tabous, silence…voilà autant de maux, qui entourent la gestion de l’hygiène menstruelle dans nos sociétés africaines. Coordinatrice de la Cellule genre au Ministère de la santé et de l’action Sociale du Sénégal, Mme Ndeye Mingué Ndiaye Gacko parle dans cette interview, de l’importance de la menstruation dans la vie d’une jeune fille et du rôle des parents dans la gestion de l’hygiène menstruelle au terme de la table ronde organisée par Onu femmes de Dakar et le Wsscc dans le cadre de AfricaSan 4.

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Quelle est l’enjeu de cette table ronde qui tourne autour de la menstruation?

Ce qui nous réunit ici est l’hygiène menstruelle. Ce que toute femme doit avoir dans sa vie. C’est un moment crucial dans la vie d’une femme parce que la femme de façon biologique est celle qui régénère la nature. Biologiquement, c’est elle qui porte une grossesse. Et pour porter cette grossesse, il faut d’abord que la fille commence par avoir ses règles. Chez nous au Sénégal « lorsqu’une fille a ses règles, on dit qu’elle n’est plus une jeune fille. Elle rentre dans la vie adulte ». Elle a donc commencé par avoir ce qu’on appelle « ovulation » qui est en fait le moment où quand elle fait des rapports sexuels, elle a tous les risques d’avoir une grossesse.

Tabou, honte, stress,  silence, crainte… entoure les menstruations. Comment peut-on briser ces barrières pour permettre à la jeune fille et aux femmes d’être plus à l’aise pendant cette période et pouvoir échanger librement ?

C’est parce qu’il s’agit de sexe que cette question est entourée de tous ces mythes. Tout ce qui concerne le sexe en général en Afrique est entouré de tabou et de croyances socioculturelles. D’abord, parce que dans nos cultures, ce qui accompagne la femme dans sa vie de progéniture est comme un cercle vicieux entouré d’une palissade où personne ne doit rentrer sauf les femmes. Mais avec l’évolution d’aujourd’hui (l’avènement des TIC…), il y a beaucoup de choses qu’il faut laisser en rade, prendre ce qui essentiel dans la culture et dégager ce qui n’est pas essentiel afin d’éviter certaines situations. Le monde d’antan n’est pas celui d’aujourd’hui. Lorsque nous étions encore petits, mes parents nous disaient ceci : « Si vous avez vos règles et vous saluez un homme, vous tomberez enceinte ». Tout le monde sait que ce n’est pas possible de cette manière. Avec la modernisation, les filles savent souvent tout. Elles apprennent le cycle mensuel soit à l’école, soit sur le net. Donc, elles savent de quoi il s’agit. Si les mamans ne leur parlent pas, ce sont les amis qui vont le faire, ou c’est l’internet ou la rue. Les temps ont changé. C’est pourquoi il faut essayer de lever tous ces tabous en parlant aux filles.

Selon vous, comment doit-on aborder la question avec les filles ?

Nous sommes dans un milieu familial. Je prends d’abord le coté urbain où les enfants vont souvent à l’école. Papa et maman doivent leur parler. Ils ont un rôle prépondérant à jouer afin de lever ces tabous. On dit souvent que même si tu as un répétiteur chez toi, l’enfant comprend mieux ce que tu lui dis quand le message vient du parent. Cette relation entre parents et enfant peut régler beaucoup de choses et l’enfant sera plus apte à recevoir. Démystifier un peu pour les enfants et leur donner des conseils qui leur permettront d’éviter des situations désastreuses et de prendre en charge la santé de la reproduction où il y a beaucoup de choses à comprendre. L’école fait son travail mais les parents doivent jouer leur rôle.

Le manque d’infrastructures dans les écoles amène souvent les filles à rester à la maison pendant leur menstruation.  Que faut-il faire pour remédier à cette situation ?

Il faut un engagement des pouvoirs publics. Nous avons osé aujourd’hui à faire l’audit genre dans notre département. C’est grâce à notre autorité de tutelle qui a créé un conseil technique sur cette thématique et qui a également demandé à tous les partenaires de nous accompagner dans le processus.  Aujourd’hui, nous sommes motivés à aller loin et à atteindre nos objectifs. Les politiques doivent prendre en charge cette question et mettre en place des programmes spécifiques. La volonté politique dépendra également des orientations stratégiques mises en place.

Propos recueillis par Makéba TCHIBOZO

 

May 25, 2015

Gestion de l’hygiène menstruelle (GHM) : Des esquisses de solutions pour briser les tabous

Idrissa SANE (Dakar)
La déconstruction des préjugés qui entourent les menstruations est le sujet de préoccupation des organisations commune Onu-femmes et le Conseil de concertation pour l’approvisionnement en eau et l’assainissement (Wsscc) , qui ont organisé un panel sur cette problématique. Les intervenants ont invité les mères à aborder le sujet avec leurs filles. Ils ont aussi suggéré l’élaboration d’un argumentaire convainquant et la formation des enseignants. Certains pensent que l’école est une bonne porte d’entrée pour poser le débat.

Une forte mobilisation des femmes militantes et acteurs du secteur WASH

Une forte mobilisation des femmes militantes et acteurs du secteur WASH

Le débat est désormais posé sur la Gestion de l’hygiène menstruelle rompant ainsi avec le silence qui entourait cette question. « Il y a un problème de communication qui se pose sur des choses normales. Il faut élaborer un bon argumentaire de communication. Il nous faut des arguments convainquants », suggère la chargée de l’égalité des genres au Ministère de la Femme, de Famille et de l’Enfance, Absa Wade.
La députée Awa Diagne abonde dans le même sens en mettant l’accent sur l’intensification dans la sensibilisation. Il propose comme porte d’entrée l’école. « Je pense que nous devons parler de la gestion des menstruations dans les établissements scolaires », plaide la députée. Mais il y a un préalable : la formation des éducateurs alors que d’autres intervenants pensent qu’il faut poser le débat au sein de l’espace familial. « En Afrique tout se décline en termes de problèmes. Nous devons transformer ces problèmes en opportunités, il faudra qu’on accepte de parler et d’en parler», a argumenté la directrice régionale de WaterAid, Marième Dem.
Le représentant du ministre de l’hydraulique et de l’assainissement, M. Ly invite les uns et les autres, à prendre en compte le contexte. Il a rappelé que 6 pays africains atteindront les Omds liés à l’assainissement. « Les menstruations sont des problématiques nouvelles. Dans tous les cas, elles ne doivent pas être des tabous pour l’Etat. Nous devons travailler à les prendre en considération », a laissé entendre M. Ly, directeur de Cabinet du ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement.

Le Directeur exécutif du Wsscc, Christ Williams délivrant son message

Le Directeur exécutif du Wsscc, Christ Williams délivrant son message

L’un des consultants, M. Kébé est revenu sur le drame que vivent les jeunes filles durant ces périodes. Dans plusieurs contrées, reculées, elles sont à la mise à l’écart de leur famille. « Les menstruations sont synonymes d’isolement, d’exclusion, de restriction alimentaire. Les écoles favorisent l’absentéisme de filles car elles n’ont pas de toilettes réservées aux filles », fait remarquer M. Kébé. Selon une récente étude réalisée à Louga, 36 % des personnes interrogées vont rarement à l’école et de 68 % partent rarement aux champs, ou chercher de l’eau ou ramasser du bois lorsqu’elles sont en règles.
L’organisation de ce panel se tient dans un contexte où deux études réalisées dans les régions de Kédougou et de Louga viennent d’être rendues publiques. Elles révèlent toutes la persistance des tabous un fait biologique logique. Selon l’enquête menée dans la région de Kédougou près des deux tiers (65, 2 %) des enquêtées ont indiqué n’avoir jamais interrogé qui que ce soit au sujet des menstruations. « Les règles sont tabous dans la région, les jeunes filles et femmes ne consultent qu’en cas de retard ou de perturbation de leur cycle menstruel et de leurs inquiétudes portent sur d’éventuelles grossesses », rapporte un gynécologue de la région. Au total, 85, 6 % des jeunes filles et femmes interrogées ont exprimé le besoin d’avoir plus d’informations sur les menstruations. Il est apparu dès leurs premières règles, les mères au lieu de donner la bonne information à leurs filles, les mette en garde contre la compagnie avec des hommes. « Généralement les premières explications données aux filles concernent d’une part la protection hygiénique qui permettra d’absorber le sang et d’autre part le risque de grossesse. Elles interdisent aux jeunes filles la compagnie des hommes pour éviter qu’elles ne tombent enceintes », indique l’étude.
La persistance des préjugés a poussé les organisations de la société civile et les organismes à poser le débat sur ce sujet tabou. Les intervenants ne se font pas d’illusion, il faudra encore plus de temps pour changer les mentalités. « Nous sommes présents en Afrique de l’Ouest parce qu’il y a encore les tabous sur ces sujets. C’est difficile mais nous devons essayer d’en parler », reconnaît Dr Christ Williams, directeur exécutif de Wsscc.
Idrissa SANE

May 24, 2015

Bilan des engagements d’eThekwini à Africasan 4: Des progrès encore lents, de nouveaux engagements attendus

Alain TOSSOUNON (Envoyé spécial à Dakar)  

Le monde africain se retrouve au Sénégal sept (7) ans après les engagements pris à eThekwini pour la 4e grande conférence sur l’assainissement. Si le rendez-vous de Dakar permettra de prendre une fois encore, un nouveau départ. Mais, le bilan de la mise en œuvre des engagements d’eThekwini montre bien que certains pays ont fait des efforts appréciables pendant que d’autres sont toujours à la traîne. Désormais, un sursaut est nécessaire pour un accès universel à l’assainissement dans tous les pays du continent.

En 2008, 45 pays en Afrique avaient fait le pari de prioriser l’assainissement pour la réalisation des OMD. Depuis, 42 pays ont effectivement continué le processus de suivi des progrès pour la réalisation des engagements d’eThekwini, et plus de 30 pays ont préparé des plans d’action.
Sept (7) ans après, le bilan reste mitigé. Car, par exemple la région subsaharienne n’atteindra pas l’OMD en matière d’assainissement. Même si, le rapport indique que des progrès ont été réalisés en termes de respect des engagements dans l’ensemble des pays.
Dans le groupe des pays qui ont fait des progrès considérables, on retrouve entre autres le Bénin, le Burkina Faso, le Sénégal, le Niger, le Nigeria, l’Afrique du sud, le Zimbabwe… Si le rapport souligne que dans les Comores peu de progrès ont été enregistrés, la liste des pays où les progrès sont en cours est plus longue.
Au total cinq domaines d’engagements avaient été retenus à eThekwini, permettant ainsi aux pays, de créer un environnement favorable et de poser les bases pour l’accélération de l’accès aux services d’assainissement.
En matière de définition d’une Politique claire qui constitue le premier domaine, le bilan reste moyen. Mais dans bien des cas, l’adoption d’une politique cohérente a donné un coup d’accélérateur au combat pour l’amélioration de l’accès aux services d’assainissement dans les pays. De même, la mise en œuvre des systèmes et outils de suivi et d’évaluation du secteur de l’assainissement (2e domaine d’engagement), a favorisé la disponibilité des données susceptibles d’éclairer les décisions, les stratégies et l’affectation des ressources à l’assainissement pour plusieurs pays. Dans le cas du troisième domaine d’engagement concernant la revue annuelle sur la performance du sous-secteur de l’assainissement, le bilan reste appréciable pour l’ensemble des pays africains. Quant à l’existence d’une institution principale et transparente chargée de la gestion du portefeuille national d’assainissement (4e engagement), des efforts ont été aussi faits par plusieurs pays note le rapport.
Enfin, pour le dernier domaine d’engagement relatif à la coordination sectorielle impliquant toutes les parties prenantes, le score reste moyen.
Dans l’ensemble, si des efforts ont été faits dans plusieurs pays, le rapport indique que « les progrès sont lents ». Dans la plupart des pays en Afrique, cette lenteur est observée au titre de l’affectation des ressources financières et le renforcement des capacités pour la mise en œuvre des programmes d’assainissement et d’hygiène. Mais, ce n’est pas tout. Les faibles progrès sont aussi enregistrés en matière de suivi des engagements concernant les programmes sur les groupes vulnérables, et la prise en compte de la dimension genre ainsi que les aspects liés à la jeunesse.
Face à ce bilan mitigé mais qui porte en lui l’espoir, la conférence AfricaSan 4 de Dakar est attendue pour la prise des engagements plus forts en vue de «Faire de l’assainissement pour tous une réalité en Afrique » et de mettre fin à la défécation en plein air dans tous les pays africains.