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October 11, 2017

Lancement du Fonds ANE du programme OmiDelta : La page « Affaire PPEA II » désormais tournée

Alain TOSSOUNON (Cotonou, Bénin)

Après le fonds de transition Eau, la coopération néerlandaise dans le secteur de l’eau et de l’assainissement qui a connu des moments difficiles avec l’affaire PPEA II, est relancée avec le lancement  jeudi dernier du Fonds des Acteurs Non Étatiques du Programme de financement néerlandais OmiDelta. Géré par la SNV, ce fonds est destiné à soutenir la société civile  et le secteur privé actifs dans le secteur  à travers un appel à projets dans les domaines de l’Approvisionnement en Eau Potable, Hygiène et Assainissement (AEPHA), la GIRE et la Gouvernance afin d’améliorer l’accès, l’utilisation et la durabilité des services.

Quand l’accès à l’eau potable est encore un luxe au Bénin

Avec le lancement le jeudi 5 octobre 2017 à Azalai Hôtel de Cotonou du Fonds des Acteurs Non Etatiques (ANE) qui marque la mise en œuvre effective du Programme OmiDelta financé par l’ambassade du Royaume de Pays-Bas, l’affaire PPEEA II qui a ébranlé le secteur de l’eau et de l’assainissement au Bénin en 2015, est définitivement conjuguée au passée. Ce lancement intervient après la mise en œuvre du programme Fonds de transition Eau qui a permis d’assurer l’accès à l’eau potable à près de 170.000 personnes dans 21 communes. Juste après, le gouvernement du Bénin a signé avec l’Ambassade du Royaume des Pays-Bas, un accord de coopération pour la mise en œuvre d’un nouveau vaste programme dénommé OmiDelta pour garantir l’accès de tous à l’eau et l’assainissement et assurer une gestion durable des ressources en eau.

Au cours de cette cérémonie qui a connu la participation de toutes les Organisations de la société civile et des acteurs du secteur privé actifs dans le secteur, la directrice de la SNV Bénin-Burkina, Jeannette  de Regt a justifié l’initiative du programme OmiDelta. Soutenant qu’il est inconcevable qu’en 2017, de milliers de personnes vivent encore sans accès à l’eau surtout des petits enfants qui meurent à cause d’un manque de qualité de l’eau, elle s’est réjoui du lancement du fonds ANE qui constitue le 2e guichet de ce programme. « Ce programme vient corriger cette injustice », a-t-elle signalé avant de souligner l’importance de la contribution des Organisations de la société civile (Osc) dans ce secteur vital pour les populations. Appelant tous à baser la collaboration qui doit régner entre la SNV et les OSC sur la confiance, elle a salué la présence du ministre en charge de l’eau, Dona Jean-Claude Houssou qui témoigne de l’engagement du gouvernement pour ce secteur. Pour l’Ambassadeur des Pays-Bas au Bénin, Harry Van Dijk, « partout dans le monde, il est démontré que la gestion de l’eau et les services d’approvisionnement d’eau potable, d’hygiène et d’assainissement atteignent des résultats durableS seulement si les différents acteurs collaborent et assument des responsabilités qui collent bien à leurs missions ». Dans son intervention, il a rappelé également l’importance des Acteurs Non Etatiques (ANE) dans le secteur avant d’indiquer que l’accompagnement du programme de financement néerlandais OmiDelta se fait à travers travers trois instruments : le Fonds Acteurs Etatiques géré par la Caisse Autonome d’Amortissement, le Fonds Acteurs Non-Etatiques géré par la SNV et l’Assistance Technique gérée par le consortium COWI – Royal HASKONINGDHV. Selon l’ambassadeur, ce programme qui vient après le PPEA II et le fonds transitoire, vise essentiellement à travers l’ensemble des trois instruments, à desservir en eau potable  500.000 personnes, à assurer à 1.000.000 de personnes  un accès aux services d’assainissement et de promotion de l’hygiène  et à faire bénéficier à  600.000 personnes d’une meilleure gestion des ressources en eau dans la basse vallée, notamment le delta de l’Ouémé. « Sans vouloir être prétentieux, OmiDelta voudrait aussi promouvoir/contribuer à l’emploi et à la participation des jeunes et des femmes aux décisions », a préciser l’ambassadeur  avant d’insister sur la nécessité de prendre en compte la durabilité des résultats du programme. Il faudra aussi bien gérer les ressources du programme a martelé l’ambassadeur tout en rappelant « les moments durs » que le secteur a connu ces dernières années.  Selon son intervention, cette gouvernance transparente et intègre des ressources recherchée passera par  le renforcement de la coopération entre la société civile et le gouvernement. Pour le gouvernement représenté par le Ministre chargé du secteur de l’eau, le lancement de ce fonds ANE pour les OSC revêt une importance particulière. Car, soutient le Ministre Dona Jean-Claude Houssou, l’accès à l’eau et aux services d’hygiène et d’assainissement est l’un des secteurs prioritaires du Programme d’Actions du Gouvernement (PAG). Arguant que 3 des 45 projets de ce PAG sont consacrés au secteur de l’eau, il a également ajouté que ces projets sont soutenus par des réformes dont la création de l’Agence destinée à la réalisation des ouvrages en milieu rural. Faisant remarquer que la stratégie du programme OmiDelta cadre bien avec celle su gouvernement qui ambitionne d’atteindre l’accès universel à l’eau d’ici 2021, il a indiqué que dans ce contexte, « aucun appui ne sera de trop ». En terminant ces propos, il a recommandé que dans la réalisation des ouvrages, trois choses soient rigoureusement prises en compte : la qualité, l’implication des communautés pour une meilleure appropriation et les compétences qui doivent être au cœur des interventions.

Le ministre en charge de l’eau Jean-Claude Houssou,entouré de l’ambassadeur des Pays-Bas (extrême droite), de la directrice de la SNV et du représentant du ministère du cadre de vie

Au cours de la séance, les participants ont suivi des exposés sur la présentation de OmiDelta Fonds ANE, le cadre logique et de suivi-évaluation, les procédures administratives et financières. Des échanges, on retient que les points d’intérêt des acteurs présents sont relatifs à la cohérence avec les réformes en cours notamment la création de l’Agence, la nécessité d’une synergie avec les Acteurs Etatiques, les informations sur le cadre de suivi, le respect des stratégies nationales dans le secteur, la valorisation des ressources en eau, la sélection des acteurs…A toutes ces préoccupations, le staff technique de la SNV appuyé par le Directeur général de l’eau (DGEau) ont rassuré les uns et les autres quant à la synergie avec tous les acteurs et la complémentarité avec le guichet étatique qui seront recherchées. La séance a pris fin avec la proposition d’un sous-comité constitué des représentants de la SNV, CANEA, DGEau, DNSP, INE, ANCB, PNJEA et du Comité du bassin de l’Ouémé.

 Le fonds ANE en quelques mots

D’un montant de 14.750.000 Euro pour une durée allant de 4 à 5 ans pour la période 2017-2021, le Fonds des Acteurs Non Etatiques (ANE) fait partie des trois guichets du Programme OmiDelta financé par l’Ambassade du Royaume des Pays-Bas au Bénin. Il vise à financer les Organisations de la société civile active dans le secteur de l’eau et l’assainissement afin d’améliorer l’accès, l’utilisation, la qualité et la durabilité des services d’Approvisionnement en Eau Potable, Hygiène et Assainissement (AEPHA). Egalement, ce fonds est destiné à opérationnaliser la Gestion Intégrée des Ressources en Eau (GIRE) et il prend en compte des aspects transversaux tels que le Genre, la jeunesse, les changements climatiques et la promotion de la gouvernance et de l’intégrité dans le secteur de l’eau et de l’assainissement. Ce projet ambitionne d’impacter au moins 150.000 personnes pour la fourniture de services d’eau durables de qualité, au moins 275.000 personnes pour les services d’hygiène et d’assainissement et 300.000 personnes pour la GIRE dans le Delta de l’Ouémé. Il revient aux OSC, ONG, au secteur privé et aux institutions de recherche non gouvernementale, nationale et internationale de soumettre des propositions de projets au financement du fonds. Les thèmes prioritaires sont :  la promotion de l’hygiène et de l’assainissement, l’amélioration du service public de l’eau, l’amélioration de la gestion des eaux usées et excréta, l’amélioration de l’accès à l’eau potable et aux services d’hygiène et d’assainissement (AEPHA) ; la valorisation des ressources en eau, la résilience et l’adaptation de la population aux changements climatiques (GIRE) ; la promotion de la gouvernance dans le secteur AEPHA, la gouvernance des ressources en eau dans le sous-bassin de la Basse Vallée de l’Ouémé.

 

 

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August 11, 2017

Juste H. Nansi sur les réformes dans le secteur de l’eau au Bénin: « …le PPP est un moyen pour réaliser les services universels et pérennes»

Alain TOSSOUNON (Cotonou/Bénin)

Depuis son installation, le régime du Président Patrice Talon a fait du Partenariat Public Privé (PPP), son modèle privilégié de gestion dans plusieurs secteurs. Comptant sur ce modèle au cœur de la mise en œuvre du Programme d’Actions du Gouvernement (PAG), le gouvernement a fait le pari de réaliser l’accès universel à l’eau d’ici 2021 soit neuf ans avant l’échéance fixée par la communauté internationale pour l’atteinte des Objectifs du Développement Durable (ODD). Face aux interrogations et craintes qu’expriment certains acteurs du monde du secteur de l’eau, nous avons donné la parole à une personne ressource très avertie de la problématique du PPP dans le secteur de l’eau. Expert principal Afrique de l’Ouest et du Centre  à  IRC (International Water and Sanitation Center), Juste NANSI, dans cet entretien, s’est prononcé sur les réformes engagées dans le secteur  par le gouvernement avant de donner son appréciation du PPP qui constitue l’un des moyens en vogue pour accélérer les investissements et améliorer rapidement l’efficacité des services publics.

Juste Hermann NANSI, Expert principal Afrique de l’Ouest et du Centre à IRC

Quelle lecture faites-vous des réformes engagées par le régime actuel dans le secteur de l’eau à savoir la création d’une agence dédiée à la réalisation des ouvrages en milieu rural mais aussi le recours aux PPP comme dans plusieurs secteurs?

Le recours à une agence dédiée me semble être un choix compréhensible du gouvernement béninois, pour répondre aux impératifs de résultats et de célérité. Réformer l’administration publique est un chantier très vaste et très complexe et on peut comprendre qu’il ne faille pas pénaliser les populations qui attendent la fourniture des services le plus tôt que possible. Mon observation est néanmoins qu’on manque de visibilité sur l’avenir de la Direction Générale de l’Eau (DGEAU). Le positionnement de l’agence directement à la présidence de la République est aussi un signal fort et positif de l’importance accordée par l’autorité politique au plus haut niveau à la problématique de l’eau. C’est le souhait de la communauté technique internationale. Néanmoins, il importe de clarifier alors le mandat du Ministère en charge de l’eau avec cette nouvelle configuration. Faisant la synthèse, on peut se demander l’avenir qui est réservé à l’ancien instrument gouvernemental pour l’action publique en matière d’eau. Cela devrait se préciser dans les années à venir.

Pour ce qui concerne le PPP, c’est l’un des moyens en vogue pour accélérer les investissements et améliorer rapidement l’efficacité des services publics. Mais, il faut savoir que ce n’est pas une nouveauté, ni dans les différents secteurs de l’action publique, ni dans le secteur spécifique de l’eau. Plusieurs pays ont expérimenté plusieurs modalités de PPP sur des périodes suffisamment longues pour apprécier l’efficacité et les conditions de succès. Pour ma part, j’observe que le cadre législatif et règlementaire du Bénin mérite d’être mieux étoffé. C’est ce cadre qui définit la gouvernance et la régulation permettant à toutes les parties prenantes, autorités publiques, partenaires au développement, opérateurs privés et citoyens, de collaborer sereinement et de préserver leurs intérêts spécifiques et de respecter par-dessus tout l’intérêt public. Il y a plusieurs manières de procéder. Soit, on commence à construire le cadre le plus complet et le plus robuste possible en s’appuyant sur les expériences des autres et ensuite on exécute, soit on commence à exécuter avec un cadre incomplet ou imparfait et on améliore au fur et à mesure. Les deux options ont leurs avantages et leurs inconvénients. Mais, ce sont les autorités publiques qui en décident et aussi en répondent. Je pense que les autres parties prenantes devraient tous contribuer au mieux, à la réussite des choix des autorités en place tout en restant vigilant sur l’efficacité et l’efficience.

La volonté de réformer du gouvernement répond à un engagement de réaliser l’accès universel à l’eau d’ici 2021 soit neuf ans avant les ODD.  Selon vous, est-ce une bonne décision ?

Bien évidemment, c’est une bonne décision. Tout est possible avec la volonté politique et les moyens (humains, intellectuels technologiques, matériels et financiers). Il suffit de regarder la vitesse fulgurante à laquelle se construit Dubaï pour confirmer que tout est possible.

Seulement, tout dépend aussi de la définition que l’on donne à l’atteinte de l’ODD6. Pour ma part, je n’ai pas encore eu accès à la documentation technique détaillée sur les plans du gouvernement béninois. Il serait indiqué de se conformer aux orientations définies au niveau international. L’idéal visé par les Nations Unies, c’est l’eau potable disponible à tout moment à domicile et sur tous les lieux de vie. Selon les données JMP publiées en 2017, 33% de la population béninoise n’a pas accès à un service basique d’eau potable. Cela représente 3,5 millions de personnes à satisfaire. A cela s’ajoute la croissance démographique de 2,8% par an et les besoins d’investissements pour maintenir la qualité de service pour toute la population déjà couverte (67% soit 7,3 millions de personnes). Il faut enfin compter que l’accès doit être continu et durable, ce qui suppose une exploitation efficace des équipements et systèmes et des solutions pérennes pour les investissements futurs. Il faut se rendre à l’évidence que stabiliser l’accès universel une fois atteint à un coût et que la responsabilité de l’autorité publique est aussi la durabilité. Voilà quelques repères pour appréhender le défi de l’accès universel. Ce qui me semble essentiel et primordial, c’est de ne pas tronquer cette définition de l’accès universel avec des raccourcis simplistes car ce serait contraire à l’intérêt public. Quant à savoir si cela est réaliste et réalisable, je suis de nature ambitieuse et intrépide donc par principe, je souscris à l’engagement des autorités publiques d’accélérer les progrès. Il suffit de s’en donner les moyens.

 

Pour le gouvernement, le PPP apparaît comme la solution miracle pour atteindre l’accès universel. Quand on sait que les expériences de PPP de la Banque Mondiale dans le secteur de l’eau dans certains pays comme le Mali ou le Niger dans le milieu urbain ont montré quelques limites, comment le gouvernement doit s’y prendre pour éviter de faire les mêmes expériences ?

Les solutions ne valent que ce que les hommes qui les conçoivent et les exécutent arrivent à en faire. C’est ainsi que certains peuvent faire des miracles et d’autres peuvent échouer. Le PPP ne doit pas être une fin en soi, mais un moyen pour une finalité : des services universels et pérennes. Il faut donc garder cette claire définition de la finalité et se disposer à ajuster ou changer les moyens pour y parvenir. Les résultats positifs, négatifs ou mitigés des PPP dans le secteur de l’eau sont nombreux. Les causes sont multiples et ne tiennent pas seulement au modèle. De nombreuses publications fiables analysent de nombreuses expériences et devraient inspirer les nouvelles initiatives. Pour ma part, le plus important pour toutes les parties, en particulier les autorités publiques et les citoyens, est de rester vigilant sur la finalité et sur l’efficacité et non d’idéaliser le PPP qui n’est qu’un moyen.

Est-ce que dans un contexte où la communauté internationale appelle à l’effectivité du droit à l’eau et à l’assainissement, le PPP dans le secteur de l’eau permet de garantir à tous les Béninois de l’eau potable à un prix acceptable et de respecter ce droit?

Je ne suis pas de la logique qui oppose systématiquement la présence du secteur privé avec l’accessibilité financière des services publics. La preuve est que des secteurs plus marchands que l’eau, comme la téléphonie mobile, ont pu se démocratiser et s’adapter à toutes les bourses. La question du prix se gère à travers une régulation efficace et transparente, indépendamment du statut juridique de l’opérateur (public ou privé). Mais encore une fois, ma conviction est que c’est la finalité qui doit guider le choix des moyens. Une fois que la finalité est convenue pour la réalisation des droits humains à l’eau et à l’assainissement, il faudrait créer les conditions pour ajuster les moyens (dont le PPP) pour y parvenir. Si les moyens humains, intellectuels technologiques, matériels et financiers, sont effectivement dédiés pour que le PPP assure à tous les Béninois de l’eau potable à un prix acceptable et dans le respect du droit de l’homme, il est bien possible que le gouvernement réussisse son pari.

Quelle doit être la position de la société civile et que doit-elle faire pour défendre le caractère social du secteur de l’eau potable au profit des populations pauvres  dans ce contexte de réformes et de PPP?

Le rôle de la société civile est de veiller à la finalité : la réalisation des droits humains à travers des services de qualité satisfaisante et à un coût abordable dans le respect de l’équité. Elle doit donc être vigilante à tous les détails relatifs au moyen (dont le PPP) qui pourraient compromettre cette finalité.

Pour ma part, les autorités publiques restent libres et responsables du choix des moyens en se disposant à répondre de leur échec ou de leur succès. Leur responsabilité est autant politique que juridique et la société civile devrait veiller à ce que chacun réponde de ses actes en bien ou en mal.

Face aux ODD plus ambitieux que les OMD, comment les Etats doivent-ils s’y prendre pour les intégrer au mieux dans les stratégies de développement pour une mise en œuvre efficace ?

Nos gouvernants doivent prendre leurs responsabilités, être proactifs et en cela, le Bénin est dans la bonne démarche. Nos Etats ont besoin d’être profondément réformés, nos administrations publiques doivent être repensées et nos services publics restructurés. Nous devons oser changer de modèle. Il n’y a plus de compromis à faire sur l’efficacité et l’efficience.

Nos Etats ont néanmoins besoin de faire des choix avertis et bien informés. Il serait regrettable de commettre des erreurs déjà commises par d’autres et bien documentées. Il y a bien de nombreux pays où l’accès à l’eau et à l’assainissement est universel et permanent depuis des décennies. Nous n’avons donc pas besoin de réinventer la roue. Si on s’y prend avec précaution, on devrait trouver la combinaison gagnante pour chaque pays. Au final, il faut de la volonté, de la rigueur, du dynamisme et certainement beaucoup de changements.

Pour vous, en définitive, les PPP sont-ils l’avenir du secteur de l’eau en Afrique ?

Je donnerai au PPP toutes ses chances. Je crois profondément à la valeur ajoutée du secteur privé, mais me garderai d’une conclusion aussi hâtive. Le secteur de l’eau a une obligation de résultat, une obligation d’efficacité et d’efficience. Les autorités publiques ont l’obligation de chercher et de trouver les meilleurs moyens pour parvenir aux résultats convenus. Le PPP peut être un des moyens, mais n’est certainement pas l’unique.

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May 3, 2017

AEP en milieu Rural : Les acteurs du secteur valident la stratégie nationale 2017-2030

Alain TOSSOUNON (Cotonou/Bénin)

Après la Stratégie nationale d’Approvisionnement en Eau potable en milieu rural venue à terme en 2015, un processus a été engagé pour l’élaboration et la validation du nouveau document pour la période 2017-2030. C’était le 27 avril à Azalai Hôtel de Cotonou, en présence de toutes les catégories d’acteurs venus nombreux pour apprécier le document avant de le valider.

Manque d’eau potable dans le village de Pessagou dans la commune de Tanguiéta (Photo DT)

En ouvrant les travaux de cet atelier, le Secrétaire Général du Ministère en charge de l’eau représentant le ministre, Jean-Claude Gbodogbé, a rappelé que la Stratégie Nationale de l’Approvisionnement en Eau Potable en milieu rural est l’instrument de la mise en œuvre de la politique du gouvernement en matière de distribution d’eau potable de la zone rurale. Elle permet, soutient-il, d’orienter son action dans le sous-secteur de l’approvisionnement en eau potable en milieu rural par des principes directeurs.

Après la génération de la Stratégie Nationale de l’Approvisionnement en Eau Potable 2005-2015 basée surtout sur l’atteinte des OMD, il était devenu impérieux pour le Bénin, de se doter d’une nouvelle stratégie pour la période 2017-2030 mais aussi pour relever de nouveaux défis notamment les Objectifs du développement durables dont le cap est fixé pour 2030. Mais plus encore, la définition d’une nouvelle stratégie s’impose pour coller au Programme d’Actions du Gouvernement (PAG) qui prévoit l’accès universel d’ici 2021.

« En dépit des résultats appréciables que sa mise en œuvre a permis d’atteindre en dix ans, elle a montré des limites par rapport au cadre législatif et réglementaire marqué par les lois de décentralisation et la nouvelle loi portant gestion de l’eau en République du Bénin avec leurs décrets d’application et les orientations du nouveau Gouvernement », a-t-il signalé.

En fixant les objectifs de l’atelier, il a indiqué que les défis que la nouvelle stratégie devra relever ont pour noms : l’assistance-conseil, la bonne gouvernance à tous les niveaux et la régulation du secteur en milieu rural.

Intervenant au nom des membres, le président  du Comité ayant dirigé les travaux, a souligné que le présent atelier est l’aboutissement d’un processus qui a démarré en novembre 2016 par l’élaboration de la note méthodologique sur les options stratégiques.  En présentant le document, le Directeur Général de l’eau, Adamou Worou Wara, a indiqué qu’il se fonde sur le diagnostic du secteur d’AEP en milieu rural issu de l’évaluation de la mise en œuvre de la Stratégie 2005-2015, des échanges et rencontres avec les différents acteurs à travers des enquêtes,  la politique nationale de l’eau et la Loi sur la gestion de l’eau. Mais aussi, la nouvelle stratégie intègre les Objectifs de Développement Durable (ODD 6.1 secteur de l’eau et de l’assainissement qui vise l’accès universel à l’eau potable horizon 2030) et la vision du gouvernement du Bénin avec le Programme d’Action Gouvernemental 2017-2021 qui ambitionne l’accès universel à l’eau potable pour toute la population béninoise d’ici 2021.

Mobiliser  566,7 milliards FCFA pour réaliser l’accès universel en 2021

Avec l’objectif d’assurer à toute la population rurale un accès à l’eau potable de façon équitable, durable et de qualité, à un coût abordable, la nouvelle stratégie prévoit un cadre institutionnel  avec un partage de rôles et de responsabilités. Le modèle de fourniture et de gestion du service public de l’eau potable se base sur la maîtrise d’ouvrage communal et la délégation du service a des professionnels spécialisés. Dans ce modèle, le suivi des indicateurs de performance de la fourniture du service se fera en faisant recours aux Technologies d’Information et de Communication (TIC) pour la collecte des données sur la gestion des points d’eau. Ce qui permettra de disposer en temps réel des données d’exploitation et de gestion de la fourniture du service aux usagers. Egalement, dans cette nouvelle stratégie, il est prévu l’utilisation du service d’appui professionnel (SAP) pour mettre en place des systèmes pérennes de production de données exploitables dans les missions de suivi, de régulation et de gestion, et disposer de données régulières et fiables sur l’exploitation technique et financière des réseaux indispensables pour la régulation. En accordant un grand prix au renforcement des capacités des acteurs publics et privés, le cadre stratégique est fondé sur quatre objectifs : assurer l’accès à une source d’eau potable améliorée à toute la population rurale du Bénin, garantir la disponibilité de l’eau potable de façon continue et durable, assurer en permanence la qualité de l’eau de consommation,  garantir la bonne gouvernance du sous-secteur. Le Plan d’Actions élaboré pour atteindre ces objectifs comporte l’accélération de l’investissement pour atteindre en 2021 l’accès universel, la professionnalisation de la gestion des ouvrages à travers une délégation de la gestion, le renforcement de la maitrise d’ouvrage communal et la gouvernance sectorielle.

Au total, pour mettre en œuvre ce plan, il faut mobiliser pour la période 2017- 2030, un montant de 566,7 milliards FCFA soit 344,1 milliards FCFA (68,8 /an) pour la période 2017-2021 afin de répondre à la vision du gouvernement. Un mécanisme de suivi-évaluation est mis en place pour garantir une gestion performante.

Au cours du bouillon d’échanges qui a suivi la présentation, les participants ont recommandé que le bilan de l’ancienne stratégie soit mieux étoffé dans le document. Les échanges ont aussi permis de revenir sur la problématique de la prise en compte dans les statistiques, des postes d’eau autonome privés et de faire le débat sur la méthode de calcul du taux de desserte pour mieux être proche de la réalité. Surtout, les maires ont voulu avoir un éclairage sur la réforme relative à la création de l’Agence de réalisation des ouvrages en milieu rural. Là-dessus, le représentant du Bureau de l’Auditeur Interne, Moïse Houssou,  a martelé qu’avec la réforme, la maîtrise d’ouvrage est toujours une compétence des communes. « La responsabilité demeure à la commune avec le Plan Communal Eau comme outil », soutient-il. Dans son intervention ; il a expliqué que la réforme se justifie par la nécessité de contourner la lourdeur administrative liée à la procédure de passation des marchés publics.

Au terme des échanges, le document a été validé à l’unanimité des participants sous réserve de la prise en compte des observations et recommandations.

 

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April 21, 2017

Réunion de Haut Niveau de Washington: Le Bénin fortement représenté, une première depuis 2012

Alain TOSSOUNON (Bénin)

Les Réunions de Haut Niveau (RHN) du partenariat Assainissement et eau pour tous  (SWA) se sont déroulés à Washington DC, aux États-Unis les 19 et 20 avril 2017. Se tenant en même temps que la réunion des ministres des finances organisée par la Banque mondiale, la réunion des ministres du secteur eau et assainissement offre la possibilité aux participants, de lancer un débat politique, d’échanger sur les enseignements tirés et de rendre des comptes sur les progrès accomplis dans l’amélioration de l’accès à l’assainissement et à l’eau potable pour tous. Absent depuis 2014, le Bénin a été cette fois-ci représenté par les deux ministres en charge respectivement de l’eau et de l’assainissement.

Les deux ministres dans la salle de Réunion de Haut Niveau de Washington

C’est une première depuis 2012. Deux ministres présents à la rencontre de haut niveau de Washington. Une présence saluée par  les acteurs du secteur de l’eau et de l’assainissement qui ont toujours déploré, l’absence remarquable du Bénin à cette haute tribune d’échanges sur les progrès et les défis des pays en matière d’accès durable des populations à l’eau et à l’assainissement.

Initiées depuis 2010, ces réunions ministérielles visent à susciter des prises de conscience parmi les ministres au sujet des défis posés par les cibles EAH (eau, assainissement et hygiène) des Objectifs de Développement Durable (ODD) et les changements nécessaires pour les atteindre, à permettre le suivi et l’apprentissage mutuel au sujet des dispositifs fondamentaux nécessaires pour parvenir à un secteur solide (en ce qui concerne le financement, les institutions, les capacités, la planification et les politiques et stratégies) qui favorise le progrès et l’efficacité du développement afin de mettre fin aux inégalités et de parvenir à un accès universel durable. Aussi, les réunions donnent l’occasion aux ministres et aux hauts représentants de partenaires de développement de discuter des comportements collaboratifs essentiels qui plaident en faveur d’une plus grande efficacité du développement et permettent l’établissement des dispositifs fondamentaux et enfin, d’échanger sur les méthodes pour attirer et utiliser des financements adéquats en amont de la réunion des ministres des finances.

La rencontre de cette année 2017 qui a duré une journée et demie s’est appuyée sur les discussions menées à Addis-Abeba en mars 2016. Les ministres ont ainsi évoqué en particulier les dispositifs fondamentaux nécessaires à la construction de bases solides pour le secteur.

Organisées en présence de hauts représentants des agences de développement et de l’ONU et des dirigeants de la société civile, le secteur privé et les organismes de recherche et d’apprentissage, ces réunions sont une véritable occasion pour les pays de mobiliser des financements pour le secteur.

Ainsi, portée sur l’atteinte des Objectifs de développement durable qui visent d’ici 2030, l’accès universel à l’eau et à l’assainissement, chaque pays a été invité à faire le point des progrès et à prendre des engagements.

Le Bénin vise l’accès universel à l’eau potable d’ici 2021(9 ans plus tôt)

A cette haute tribune, le Ministre de l’Energie, de l’Eau et des Mines, Dona Jean-Claude HOUSSOU, a réitéré l’engagement du gouvernement à réaliser l’accès universel à l’eau potable pour les populations d’ici 2021, soit 9 ans plus tôt avant l’échéance de 2030. Ceci dans un contexte où le taux de desserte en milieu rural est de  67,6% et celui en milieu urbain de 84%. Pour atteindre cet objectif, les besoins de financement sont de 519 milliards FCFA et le gouvernement dit avoir déjà mobilisé et programmé 6.3 milliards FCFA soit un gap de financement de 512.7 milliards FCFA. Au nombre des actions et mesures inscrites dans le Programme d’actions du Gouvernement (PAG) pour atteindre cet objectif, figurent entre autres, la création d’une Agence nationale d’Approvisionnement en Eau Potable en Milieu Rural (ANAEPMR) placée sous la tutelle de la présidence de la République, l’élaboration d’une nouvelle stratégie d’AEP en milieu rural 2017-2030 intégrant les ODD, l’élaboration du Plan Directeur de Développement de AEP en milieu rural (2017-2021). Dans l’une de ces interventions, le ministre Houssou a aussi déclaré que le gouvernement entend ouvrir le secteur aux opérateurs privés surtout en milieu urbain en « revisitant les tarifs ». « Les réformes tarifaires sont incontournables pour qu’il y ait adéquation entre l’investissement apporté et le coût de l’eau », a-t-il soutenu. Son homologue de la santé, Alassane Seidou, a lui vanté l’approche Assainissement Total Piloté par les Communautés (ATPC) au cœur des actions du Programme d’amélioration de l’accès à l’Assainissement et des Pratiques d’Hygiène en milieu Rural (PAPHyR) financé par le Fonds mondial pour l’assainissement (GSF) qui intervient dans cinq départements que sont l’Alibori, l’Atacora, le Borgou, la Donga et les Collines.

Ces rencontres ministérielles sont initiées par l’organisation Assainissement et Eau pour Tous (SWA) qui est un partenariat mondial rassemblant des pouvoirs publics, des organisations du secteur privé et de la société civile, des organismes d’assistance extérieure, des instituts de recherche et d’enseignement et d’autres partenaires du développement issus de plus de 150 pays.

En attendant les résolutions et retombées de la participation remarquable du Bénin à travers ses deux ministres à cette grande rencontre, les acteurs du secteur de l’eau et de l’assainissement ne cachent pas leur satisfaction. Il reste que le gouvernement tienne parole et qu’il s’engage également pour l’accès universel à hygiène et à   l’assainissement.

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March 27, 2017

Accès à l’eau potable : L’urgence de corriger les disparités

Idrissa SANE (Dakar/Sénégal)

Le nombre de personnes qui n’ont pas accès à l’eau potable a diminué à travers le monde. Mais des disparités en termes d’accès persistent. C’est ce qui est ressorti hier, lors de la présentation du rapport sur l’état de l’eau dans le monde en 2017.

L’accès à l’eau potable reste un défi pour les populations au revenu modeste vivant en zone rurale. La persistance des disparités en termes d’accès reste une triste réalité dans plusieurs pays. C’est ce qui apparaît dans le rapport intitulé « Aléas hydrologiques, l’état de l’eau dans le monde 2017 » présenté hier par l’Ong WaterAid. Selon le technicien de cette organisation, Cheikh Tidiane Diallo, certaines personnes sont privées de leur droit en raison de leur statut social, leur ethnie, leur appartenance politique, leur handicap ou encore leur lieu de résidence.

La nouvelle contrainte, c’est le changement climatique qui affecte la disponibilité  de la ressource  avec ces extrêmes comme les inondations et les longues sécheresses. Les premiers événements peuvent polluer la source alors que les seconds augmentent la pression sur la ressource ou accélérer l’évaporation.

L’autre défi à relever, c’est d’inscrire l’accès à l’eau dans l’agenda des priorités des gouvernements. Il est apparu  que l’absence d’une politique de maintenance des ouvrages menace la sécurisation des besoins. « Il est nécessaire de prévoir un budget pour la maintenance et l’entretien pour assurer la sécurisation des services », a recommandé Cheikh Tidiane Diallo.

En réponse à ces incertitudes, cette organisation présente dans plusieurs pays du monde a formulé des recommandations. Il s’agit entre autres de l’augmentation des financements publics et privés alloués à l’Eau, à l’assainissement et à l’hygiène ( Eha), la mise en place d’une approche intégrée en prenant en compte les questions liées à la santé, le suivi des respects des engagements.

Du reste, ces défis n’occultent pas les performances réalisées à travers le monde où le nombre de personne qui n’a pas accès à l’eau potable a chuté au cours de ces 12 dernières années. « Grâce aux efforts communs des populations, des organisations de la société civile, du secteur privé, des agences de développement, et des gouvernements partout à travers la planète, ce chiffre a diminué de presque d’un tiers. Nous avons maintenant atteint le point où 9 personnes sur 10 ont accès à l’eau potable », a souligné la directrice générale de WaterAid, Barbara Frost dans un document remis à la presse.  La directrice régionale de WaterAid, Marème Dème a invité les médias à faire des productions qui amèneront les décideurs à faire de l’accès à l’eau une priorité.

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March 22, 2017

GESTION DES EAUX USEES : La directrice régionale de WaterAid prône le changement de comportement

Par Jacques Ngor SARR- (Dakar-Sénégal) La journée mondiale de l’eau célébrée cette année sous le thème : «Eaux usées et gestion durable de nos plans d’eau», a été l’occasion pour la Directrice régionale de Wateraid Mariame Dem d’insister sur la nécessité d’un changement de comportement pour faire face au besoin d’eau, d’hygiène et d’assainissement.

Lors d’un petit déjeuner de presse organisé ce mercredi dans les locaux de Wateraid, dans le cadre de la journée internationale de l’eau, Mariame Dem a déclaré que le changement de comportement devra être mis en exergue en ce qui concerne la gestion des eaux usées. «Si nous réglons la question de la gestion de l’eau, nous réglerons les questions liées au développement», insiste-t-elle. Saluant les efforts du gouvernement, par rapport à d’autres pays africains, concernant l’accès et la gestion de l’eau, même s’il reconnait que des efforts restent à faire, la Directrice a par la même occasion, souligné l’importance liée à l’information des populations en vue de relever certains défis.

Abondant dans le même sens, le conseiller technique du bureau régional de Wateraid, Tidiane Diallo  a rappelé que l’objectif recherché à travers ce thème est, d’arriver à réduire la production des eaux usées et de trouver des alternatives qui permettront de les traiter et de les réutiliser ensuite.

Monsieur Diallo soutient qu’en termes de priorité et d’investissement, le gouvernement du Sénégal est en train de faire des efforts considérables dans le traitement des eaux usées. Mais note-t-il, « si nous nous référons sur les indices de développements durables, nous constatons que des efforts devront être déployés d’avantages pour maintenir ce qui est acquis. C’est là où apparaît la durabilité des services et des investissements que nous avons consentis. Sur ce, l’Etat doit traiter toutes les couches de la société au même piédestal afin que l’éthique et de l’égalité soient respectés».

Le conseiller technique du bureau régional de wateraid, soutient que : « 80% des eaux que nous utilisons sont transformées en eau usée et sont rejetées dans la nature, polluant l’environnement et appauvrissant les sols. Notre objectif de développement durable est de mettre des dispositifs personnalisées d’infiltration pour pouvoir transformer, stocker et traiter l’eau pour protéger la nappe phréatique avant qu’elle n’arrive dans le sol. Cela permettra de diminuer les maladies telles que le paludisme, le choléra et autres maladies liées aux stagnations de l’eau dans les ruelles et aux manques d’assainissements».

March 16, 2017

Constitutionnalisation des Droits à l’eau et à l’assainissement: Les députés s’engagent  

Alain TOSSOUNON (Bénin) 

Les membres du bureau du Réseau des parlementaires pour l’Eau et l’Assainissement au sein de l’Assemblée Nationale ont eu une rencontre avec le Cadre de Concertation des Acteurs Non Etatiques de l’Eau et de l’Assainissement (CANEA), le 10 mars 2017. Au terme de leurs échanges, le CANEA a promis aider les parlementaires à s’approprier les enjeux et défis du secteur. Quant aux députés, ils se sont engagés à soutenir le plaidoyer  du  CANEA portant sur la constitutionnalisation des Droits à l’eau et a l’Assainissement.

Les députés et les membres du CANEA au cours des échanges

Mis en place le 12 janvier 2017 au palais des gouverneurs à Porto-Novo, le Réseau des parlementaires pour l’Eau et l’Assainissement a entamé les prises de contact avec les acteurs du secteur de l’eau et de l’assainissement. Première étape de cette  tournée, les parlementaires sont venus échanger avec les membres du bureau du Cadre de Concertation des Acteurs  Non Etatiques de l’Eau et de l’Assainissement (CANEA). Très honoré de cette visite d’échanges, le président du CANEA, André ZOGO, s’est réjoui de cette démarche du réseau des parlementaires. Avant tout, il a souligné que le CANEA est une plateforme qui regroupe les Organisations et associations de la société civile qui opèrent dans le secteur de l’eau et de l’assainissement et dont la mission, est de porter la voix des communautés et des populations. Il a ajouté que le CANEA, à travers la veille citoyenne, milite pour l’accès durable et universel à l’eau et à l’assainissement de tous les Béninois. A cet effet, le CANEA  s’est engagé pour la constitutionnalisation des Droits à l’Eau et à l’Assainissement dans le cadre des réformes politiques et institutionnelles annoncées par le nouveau régime. Pour terminer, le président du CANEA a sollicité le soutien du réseau des parlementaires pour faire aboutir ce plaidoyer mais aussi pour davantage, interpeller le gouvernement sur les questions touchant au secteur. « Nous comptons sur vous », a-t-il signalé. En réponse, le Coordonnateur du réseau a dit tout l’engagement des députés membres par rapport au combat pour l’accès de tous à l’eau et à l’assainissement. Indiquant qu’on ne parle pas de la bible à un prête, il a  souligné que cette rencontre vise à solliciter l’appui du CANEA pour des informations et des conseils pour un engagement efficace des parlementaires. Sur le plaidoyer du CANEA pour la constitutionnalisation des Droits à l’Eau et à l’Assainissement, le Coordonnateur du réseau, le député Léon F. Degny a rassuré le CANEA du soutien des membres et au-delà de tous les députés. « Tous les députés se sentent concernés par les questions d’eau et d’assainissement », a-t-il soutenu avant d’indiquer qu’à l’annonce de la création de ce réseau, plusieurs députés ont spontanément adhéré. Ainsi, il signale que dans le réseau, on retrouve des présidents de commissions et des députés qui ont une longue expérience parlementaire  comme le député, Idji Kolawolé et ceux qui se sont illustrés par des interpellations au gouvernement comme le député Eric Houndété et bien d’autres.

Des échanges édifiants

                         Photo de famille après la séance

Les échanges se sont poursuivis avec la présentation du Plan de Travail annuel du réseau aux membres du bureau du CANEA. Soutenant que les activités du réseau sont pertinentes pour faire avancer le secteur, le Coordonnateur du Wsscc, Félix Adégnika, a rassuré les parlementaires de la disponibilité des membres du CANEA à partager les informations sur  les enjeux du secteur pour permettre aux députés de jouer leur partition. Car, indique-t-il, les enjeux sont nombreux. En dehors de la constitutionnalisation des Droits à l’eau et à l’assainissement, il a évoqué les réformes en cours du gouvernement et surtout la situation du sous-secteur de l’hygiène et de l’assainissement qui reste encore le parent-pauvre.  Très avertie des  questions de l’eau et de l’assainissement, le député Mme Abiba Dafia Ouassangari, a salué le combat du CANEA avant de soutenir une fois encore, le plaidoyer sur les DEA. Car, selon elle, si on constitutionnalise les DEA, tous les présidents qui viendront à la tête de l’Etat seront dans l’obligation de faire de l’eau et de l’assainissement une priorité. « Le réseau constitue un lobbying, l’essentiel est que nous soyons informés », a indiqué le député Jérémie Adomahou. Evoquant la question de l’hygiène et de l’assainissement, il a signifié que c’est avant tout un problème institutionnel. Tout en soutenant comme ses collègues que l’eau et l’assainissement préoccupent tous les députés, il a conclu que  « c’est un combat commun ». Une rencontre d’informations des membres du réseau et des députés est envisagée pour favoriser une appropriation des enjeux et défis du secteur et permettre aux députés de commencer leur « combat ». L’alliance entre le Réseau des parlementaires pour l’eau et l’assainissement et le Cadre de concertation des acteurs non Etatiques de l’Eau et de l’Assainissement est désormais scellée pour une veille citoyenne plus efficace dans le combat pour l’accès à l’eau et l’assainissement pour tous au Bénin.

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December 2, 2016

Fin du 7e RWSN d’Abidjan: Les experts engagés pour une eau pour tous pour le monde rural

Alain TOSSOUNON (Abidjan/RWSN)

Les rideaux sont tombés ce jour jeudi 2 décembre sur le Forum international sur l’accès à l’eau en milieu rural (RWSN). Au cours de la cérémonie qui marque officiellement la fin des travaux de cette plateforme des experts de l’eau en milieu rural, les participants ont renouvelé leur engagement à relever les défis et lever les obstacles afin de permettre aux communautés des zones rurales, de disposer de l’eau potable sans exclusion.

ne vue partielle des participants à la cérémonie de clôture

Une vue partielle des participants à la cérémonie de clôture

Avant les interventions de fin des retrouvailles de cette grande famille des experts venus de partout dans le monde pour défendre la cause des personnes défavorisées, les participants ont eu droit à une synthèse des travaux suivie de vibrants témoignages. Pour tous ceux qui étaient à la première édition, il y a trente ans, les temps ont beaucoup changé. Parce que, tout simplement, les défis ne sont plus les mêmes. Alors qu’hier, on ne parlait que de la gestion communautaire, aujourd’hui plusieurs thématiques sont désormais à l’ordre du jour. Au nombre de ces thématiques, on peut citer le Partenariat-public-privé (Ppp), le suivi dans la gestion, la responsabilité des collectivités locales, l’utilisation des TIC et les droits humains. Ainsi, de plus en plus, on est convaincu que « sans le respect des droits à l’eau et à l’assainissement, on ne peut atteindre l’Odd6 ». En faisant la synthèse des trois jours de travaux, tous les participants ont été invités à réfléchir sur des questions clés qui constituent les défis majeurs à relever pour une eau pour tous en milieu rural. En premier, il s’agit de desservir tout le monde. Car, dans la recherche de l’accès universel, personne ne doit être oubliée. Si de progrès ont été accomplis ces dernières années, il reste que les politiques et stratégies mises en place doivent toucher toutes les communautés sans exclusion. Le deuxième défi est l’amélioration de la qualité du service. Parce qu’il faut faire en sorte que l’eau soit disponible dans les ménages et non plus seulement dans la localité afin d’éviter aux populations la corvée d’eau. L’autre défi majeur est celui de la durabilité. Et aujourd’hui, la durabilité ne doit plus être un slogan mais une action qui doit amener à rechercher des solutions efficaces pour assurer la pérennité du service. Enfin, la question des données fiables doit être au cœur des interventions. Leur disponibilité est importante pour prendre les bonnes décisions. Elles favorisent également le suivi et l’évaluation efficace des coûts.
Au total, le 7e RWSN aura été une occasion de mettre en débat les problématiques émergentes auxquelles sont confrontés les acteurs et experts qui travaillent pour l’approvisionnement en eau au profit des communautés du monde rural. Le principal message qui en ressort, est que toutes les approches et expériences réussies doivent contribuer à rendre professionnelle la gestion du secteur et améliorer la qualité du service. Des questions comme les changements climatiques et la qualité de l’eau ne doivent pas être négligées.
Face à la passion et à l’engagement de tous les participants, la Directrice du Secrétariat exécutif du réseau des experts, Dr Kerstin Danert, a indiqué que pour l’avenir, le réseau doit s’ouvrir à d’autres membres et aux nouvelles solutions. « Le voyage pour la recherche des meilleures approches et pratiques doit continuer », a-t-elle souligné. En clôturant le forum, le représentant du ministre des infrastructures économiques, Berté Ibrahima, a félicité tous les participants pour les fructueux échanges. Il a signalé que pour la Côte d’Ivoire, le forum a été une véritable opportunité d’apprentissage sur les approches innovantes et réussies qui lui permettront, d’affiner sa politique et ses stratégies pour rendre davantage professionnelle le secteur pour le bonheur des populations du monde rural.
Le forum qui se poursuit vendredi 2 décembre avec les visites de terrain et quelques sessions, a pris fin sur une note d’espoir qu’un monde rural dans lequel toutes les populations ont accès à l’eau potable est possible.

December 1, 2016

Petites villes et villes périurbaines: Quels modes de gestion efficace du service de l’eau ?

Alain TOSSOUNON (Abidjan/RWSN)

Dans les petites villes et les villes situées en milieu périurbain, les modes de gestion du service de l’eau utilisés jusque-là ont montré leurs limites. Au 7e forum international pour  l’accès à l’eau des populations du monde rural (RWSN), plusieurs approches aux résultats satisfaisants prouvent toute leur efficacité. 

De la gestion déléguée du s

Ouvrage réalisé dans un village de la commune rurale de Torodi (Niger) Photo: I.M

Ouvrage réalisé dans un village de la commune rurale de Torodi (Niger) Photo: I.M

ervice au co-financement avec un opérateur privé ou encore la gestion par des sociétés provinciales publiques, plusieurs modes de gestion se révèlent efficaces pour relever le défi de l’approvisionnement en eau des populations des petites villes ou villes périurbaines.

En Haïti où l’expérience de la gestion communautaire a été un échec dans les villes de petite taille (0 à 10.000 habitants) dans les années 1980, on est passé à la professionnalisation de la gestion du service. Sur la base d’un contrat qui lie la commune, l’opérateur privé et les usagers,  on assiste à une délégation de la gestion du service avec l’introduction du paiement de l’eau au volume. Si dans une telle approche, trouver des opérateurs privés compétents ou faire payer l’eau aux usagers restent des défis, la continuité du service est assuré avec efficacité. Dans le cas du Niger qui a été présenté par Idrissa Moussa de la fondation Swissaid, c’est l’expérience d’un système multi-villages qui est en marche.

En effet, dans ce pays où en 2015, le taux de desserte est encore de 50%, le recours au contrat d’affermage s’est avéré nécessaire. Dans cette approche de Partenariat-Public-Privé (PPP), il revient à l’opérateur privé d’assurer l’entretien et la maintenance des ouvrages. Au nombre des résultats de ce dispositif, on retient une réduction des charges de gestion au niveau de la commune et surtout, la baisse du taux de panne à 3,16%. Mais, comme dans le cas de Haïti, les défis de cette approche restent la faible capacité de certains délégataires, le respect des engagements contractuels et la réticence de poches de populations à accepter la gestion déléguée.

Contrairement à ces deux approches fondées sur le Partenariat-public-privé (Ppp) dans lequel l’opérateur ne participe pas à l’investissement, dans le cas de l’expérience de Madagascar, le privé participe au financement de la construction de l’ouvrage.  Appelé « investisseur-gestionnaire », l’opérateur privé participe à hauteur de 15% pendant que le projet d’appui apporte 85% du financement. Dans ce dispositif, Hertiana Alain R. de Helvetas swiss a indiqué que le partage de responsabilités est établi à travers une charte multiacteurs qui engage la commune qui fixe le prix de l’eau et les normes de construction de l’ouvrage, le privé qui gère et assure l’entretien et la maintenance de l’ouvrage, les usagers et le projet d’appui. S’il est important de rappeler que l’assurance de la rentabilité commerciale est exigée pour entreprendre une telle approche, l’investisseur-gestionnaire ne peut disposer d’une marge bénéficiaire qu’à partir de la 5e année de l’opération. Ainsi, pour cette aventure, il faut absolument que le privé ose investir et que les clients soient actifs et prêts à payer le service. Ailleurs au Vietnam où le secteur privé n’est pas trop développé, c’est une approche de marketing social qui est testée pour rendre efficace la gestion du service par des sociétés publiques installées au niveau provincial. Grâce à cette approche qui permet de travailler à la fois sur l’offre et la demande, 150.000 clients sont desservis par ces sociétés provinciales de distribution d’eau. La vente de l’eau est améliorée et le taux de branchement au réseau est passé de 43% à 102% de 2013 à 2016.

Au total, le Partenariat-public-privé (Ppp) apparaît de plus en plus comme un recours pour améliorer le service de l’eau aux populations des villes de petite taille ou des villes situées en milieu périurbain. Mais, la gestion par le public peut s’avérer efficace grâce à un marketing social qui permet d’agir à la fois sur la clientèle et le personnel.

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December 1, 2016

Gestion communautaire de l’eau: L’analyse financière et l’autonomisation des communautés comme clés de réussite

Alain TOSSOUNON (Abidjan/RWSN)

Dans plusieurs pays, la gestion communautaire de l’eau connaît des fortunes diverses. Pourtant, pour assurer la continuité du service, on ne peut se passer des communautés dont l’implication est indispensable pour garantir la durabilité du service.

Autonomiser les communautés pour rendre efficace la gestion du service

Autonomiser les communautés pour rendre efficace la gestion du service

Dans la session consacrée au travail avec les organisations communautaires,  plusieurs approches qui font école ont été présentées pour une gestion communautaire de l’eau plus efficace. La première approche est fondée sur l’analyse financière. Elle consiste avant toute chose, à identifier les différents coûts relatifs à la gestion de l’ouvrage: l’investissement, le fonctionnement, le suivi. Une fois les coûts estimés, il s’agit d’apprécier la capacité des communautés à faire face à chaque type de coûts. Dans tous les cas, il n’est pas recommandé de mettre en service une infrastructure si les communautés ne peuvent pas supporter les coûts liés au fonctionnement indispensables pour assurer la continuité du service. En règle générale, les ONG mènent des enquêtes préliminaires dont les données se révèlent insuffisantes pour apprécier cette capacité des communautés à faire face aux différents coûts alors que cela est nécessaire. Dans des pays fragiles comme la République Démocratique du Congo (RDC), la prise en compte des coûts relatifs au suivi est encore plus importante. C’est pourquoi, lorsque les communautés sont assez pauvres pour supporter les coûts, on peut faire recours aux Activités Génératrices de Revenus (AGR) pour leur permettre de disposer de ressources pour supporter les coûts d’entretien et de fonctionnement des équipements.

L’automisation des communautés, un gage de pérennisation du service

Avec l’approche basée sur la co-production institutionnelle présentée par Astor Suominen de Ramboll et expérimentée en Ethiopie, les communautés sont au cœur du dispositif institutionnel. « Nous devons toujours écouter les communautés. Elles doivent toujours avoir leur mot à dire », a-t-il martelé.

En effet, cette approche fait des communautés, les artisans de leur propre destin en matière de gestion des points d’eau. Car, la responsabilité de la gestion des fonds leur est confiée totalement pendant que les collectivités locales jouent un rôle de facilitation. Une telle approche, en plus du fait qu’elle met les communautés au centre du dispositif, favorise la reddition des comptes et les audits publics. Les assemblées de village permettent aux communautés de suivre au quotidien la gestion de leur point d’eau et les fonds générées par la vente de l’eau sont versées dans un compte ouvert dans les banques primaires ou structures de microfinance présentes dans les villages.  Chaque citoyen exerce alors  son droit de regard sur la gestion faite du point d’eau. Si cette approche permet d’avoir un fort taux de fonctionnalité des ouvrages, elle favorise aussi le renforcement de la démocratie locale.

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December 1, 2016

Pompes manuelles : BluePump et LifePump, deux innovations aux atouts séduisants

Alain TOSSOUNON (Abidjan/Forum RWSN)

Face aux problèmes que connaissent les pompes manuelles traditionnellement connues et répandues, des chercheurs ont tenté avec succès de trouver des solutions. Aujourd’hui, deux nouveaux types de pompes révélés au 7e RWSN présentant de nombreux atouts font leur apparition.

La pompe Livepump, une réponse à la corrosion

La pompe Livepump, une réponse à la corrosion

Dans plusieurs pays, l’utilisation des pompes manuelles connues sur le marché connaît des limites. Avec India Mk II, Afridev ou d’autres types de pompes, dans certaines régions, de nouveaux défis sont apparus ces dernières années. Au nombre de ces défis, on peut citer la corrosion avec des PH parfois elevés par rapport à la norme. Cette situation peut avoir des conséquences énormes parce qu’elle peut conduire à la perte des investissements. Si des solutions ont été trouvées pour relever ce défi en ce qui concerne les forages dont la profondeur n’excède pas 45m (avec l’utilisation des matières plastiques), au-delà, à cette étape de la technologie, rien n’était possible.
Mais, c’est sans compter avec les avancées de la recherche. Aujourd’hui, avec les résultats de l’évaluation de la BluePump développée par la Fondation Fairwater, présentés par Tim Foster de l’Université de Sydney, le monde des acteurs de l’eau peut se réjouir. Expérimentée dans 11 pays d’Afrique, la BluePump à tube PVC constitue une réponse à la corrosion qui était jusque-là, une difficulté majeure. Sur les 142 pompes inspectées, l’étude comparative a montré que les 72 BluePump présentaient les meilleurs résultats sur les aspects techniques, la perception des populations utilisatrices…Avec les résultats publiés cette semaine, on retient surtout que la marque BluePump obtient le taux de fonctionnalité le plus fort avec 67% alors que India MKII recueille 61%, le niveau de satisfaction des populations est de 97% et les communautés avouent avoir une facilité pour son utilisation. Avec ces résultats, la BluePump apparaît comme celle ayant une technologie « robuste ». C’est aussi le cas de LifePump qui est une nouvelle pompe apparue sur le terrain depuis trois ans.
Sortie par Design Outreach, LifePump est aussi une technologie innovante parce qu’elle est une pompe solide qui peut aller à une profondeur de plus de 100 m. Elle présente également des caractéristiques très intéressantes en matière d’acceptabilité, de capacité ou de durabilité. L’étude commanditée par World Vision au Malawi a prouvé les bons résultats. Les évaluateurs indépendants ont au terme de leurs travaux, concluent que LifePump ne présentant aucun signe d’usure après 30 mois d’utilisation quotidienne.

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November 30, 2016

7e Forum du RWSN: Assurer l’eau pour tous aux communautés du monde rural

Alain TOSSOUNON (Abidjan)

La ville d’Abidjan en Côte d’Ivoire accueille du 29 novembre au 2 décembre 2016, le 7e forum international sur l’accès à l’eau potable en milieu rural (RWSN). Une véritable occasion de rencontre pour l’ensemble des experts et acteurs qui travaillent dans le secteur pour construire un monde où toutes les populations rurales ont accès à des sources fiables et durables d’approvisionnement en eau. C’est le premier ministre du gouvernement de la Côte d’ivoire, Daniel Kablan Duncan, qui a ouvert les travaux de ce forum de l’espoir pour les communautés qui vivent encore dans l’angoisse de la soif.

Une pénurie d'eau à Boribansifa dans une localité au nord du Bénin

Une pénurie d’eau à Boribansifa dans une localité au nord du Bénin

Comment permettre à 663 millions de personnes dont 80% d’entre elles vivent dans les zones rurales, d’avoir accès à des sources d’eau potable de qualité. C’est le grand défi que s’engagent à relever près de 650 participants venus de tous les horizons pour participer à ce forum qui se tient cinq ans après celui de l’Ouganda en 2011.
En effet, le forum vise selon la Directrice du secrétariat du Rural Water Supply Network (RWSN), Dr Kerstin Danerk, à « s’assurer que tous les services d’approvisionnement en eau soient plus efficaces afin de fournir une eau potable, en quantité suffisante, à un prix abordable et à une distance raisonnable du domicile des usagers ». A la cérémonie d’ouverture des travaux, Dr Kerstin Danerk, a indiqué que le forum qui existe depuis 1982 est une plateforme qui comprend plus de 9000 membres dans le monde. « Nous sommes ici parce que nous voulons que chaque individu sur la planète ait accès à l’eau potable et que les droits humains à l’eau et à l’assainissement soient respectés », a-t-elle soutenu. Pour le chef de file des Partenaires Techniques et Financiers qui soutiennent le gouvernement de Côte d’Ivoire dans le secteur de l’eau, le 1er responsable pays de l’UNICEF, Aboubakar Kampo, le choix du thème du forum « L’eau pour tous » s’inscrit dans l’engagement international lié à l’Objectif de développement durable (ODD)6 relatif à l’accès universel à l’eau pour les populations. Surtout, il a indiqué que « si nous voulons atteindre cet objectif, il faut faire les choses différemment ». C’est ce que pense aussi le ministre d’Etat éthiopien de l’eau, qui dans son intervention, a salué l’initiative de ce forum qui offre une excellente occasion d’échanges sur la situation des populations du monde rural.

Les officiels à la cérémonie d'ouverture des travaux

Les officiels à la cérémonie d’ouverture des travaux

Promouvoir des approches innovantes et des technologies adaptées au monde rural
En ouvrant officiellement les travaux, le premier ministre du gouvernement de la Côte d’Ivoire, Daniel Kablan Dunclan, s’est félicité du choix de son pays pour abriter le forum. Car, la Côte d’Ivoire est le premier pays africain francophone qui accueille ce rendez-vous dédié exclusivement aux problématiques de l’accès à l’eau des populations du monde rural. Pour ce faire, il a signalé que les attentes sont grandes. Ainsi, pour lui, ce forum devrait contribuer à « promouvoir des approches innovantes, capitaliser les technologies à faible coût et accessibles aux ménages du monde rural ». A terme, le forum devrait permettre à la Côte d’Ivoire de relever le défi de l’accès à l’eau des populations rurales. Car, si 82 % des populations de son pays ont accès à l’eau potable, 49,2% des populations vivant en milieu rural n’ont pas accès au liquide précieux. Et cela, malgré un investissement de 200 milliards de francs CFA dans l’hydraulique urbaine ainsi que des programmes d’urgence ayant permis de réhabiliter près de 17000 points d’eau en milieu rural.
La première journée a été consacrée aux sessions portant entre autres, sur les modèles économiques pour un approvisionnement en eau rural durable, le développement des services et technologies à grande échelle, les forages et puits creusés manuellement, expériences locales de suivi-évaluation des services…

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September 27, 2016

IMMERSION DANS LA VALLÉE DU FLEUVE SÉNÉGAL ET LE DELTA :La nouvelle «vie» du lac de Guiers

Par Jacques Ngor SARR (Dakar-Sénégal)

Faites un tour dans le delta et la vallée du fleuve Sénégal, vous vous rendrez compte de l’existence d’une vie nouvelle. Le lac de Guiers si près des populations riveraines, jadis inaccessible, est devenu un lieu de vie et d’épanouissement du fait de la facilité d’accès à l’eau. Le Ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement, à travers l’Office du Lac de Guiers, a mis à exécution, la  promesse du Président Macky Sall en 2012, à Louga, lors du Conseil des ministres décentralisé, à savoir l’alimentation en eau potable des villages riverains du Lac, réparant ainsi, une injustice de plusieurs années.

lac

Sur les berges du lac de Guiers vit une population de 200 000 habitants dont 37 000 vivent autour de la dépression lacustre. Ce peuple dont le destin est intimement lié à celui du lac, a trouvé un nouveau souffle dans leurs activités économiques  mises en œuvre par le Projet de Restauration des Fonctions Ecologiques et Economiques du Lac de Guiers (Prefelag) pour un coût global de 14 milliards.

L’Office du lac de Guiers (OLAG), à travers ce projet, a réalisé de grands travaux qui ont permis, d’améliorer l’hydraulicité du plan d’eau, notamment sur le canal principal de la Taouey qui relie le lac de Guiers au fleuve Sénégal, et d’augmenter la disponibilité de la ressource. Ainsi grâce au curage et au désencombrement de la Taouey sur 17 km, mais aussi, à la réhabilitation de 10 km d’endiguement et d’ouvrages de régulation parmi lesquels celui de Mérinaghen, les digues de Keur Momar Sarr, de Temey, de Naéré, de Diokhor et de Pakh, les apports en eau ont  augmenté. Ils passent de 1,2 milliards de m3 par an à 2,34milliards de m3/an. Cette augmentation de la quantité d’eau, a permis d’irriguer près de 18 milles hectares emblavés autour du lac.

Ces investissements ont redonné vie à plusieurs localités comme Mbayène, dans la commune de Gnith. En témoigne Djiby Mbaye, producteur agricole : «Mbayene était un village à l’agonie, le typha avait obstrué les voies d’eau compromettant ainsi toutes la production agricole avec des préjudices estimés à plusieurs millions. Sur 1 ha on avait que 100 à 150 sacs de patate douce, aujourd’hui, après les travaux de l’Olag, on est à 400 sacs à l’hectare». Tout autour, 30 milles hectares de terres irrigables ont été valorisés grâce à l’alimentation et a des chenaux d’irrigation.

Pour une gestion optimale, rationnelle et une bonne planification des ressources en eau, l’Olag est en train de faire un maillage du réseau de suivi (quantité et qualité) des eaux du lac par la mise en place d’appareils hydrologiques permettant de recevoir, en dehors du niveau d’eau, des données sur neufs paramètres de qualité par télétransmission en temps réel. Ces paramètres renseignent entre autres sur le niveau d’eutrophisation, de concentration et de turbidité. D’autres analyses chimiques et bactériologiques sont faites d’une manière périodique (1 une fois par an) pour suivre les concentrations en micropolluants et poli formes fécaux.

Accès à l’eau potable des riverains: une injustice de plusieurs années réparée

La ville de Dakar, reçoit l’essentiel de son alimentation en eau potable du Lac de Guiers, depuis 1971, alors que la grande majorité des villages riverains, s’est toujours contentée de boire directement l’eau brute du lac. C’est pour réparer une telle injustice que le Président de la République avait promis, d’alimenter en eau potable, l’ensemble des villages riverains du lac. Un programme mis en œuvre par l’Olag et impacte positivement aujourd’hui quelques 50 000 personnes de la zone.

Les villages riverains situés dans les communes de Gnith, de Keur Momar Sarr, de Mbane et de Syer sont maintenant alimentés en eau potable. Ainsi, la corvée quotidienne pour trouver l’eau potable, est devenue un mauvais souvenir, confie la dame Ngossé Sarr qui vit dans le village de Thiarène situé à quelques encablures de l’usine de traitement de Gnith.

A cela vient s’ajouter l’ouverture des points d’accès permettant aux populations d’avoir une eau de meilleure qualité pour les besoins domestiques et au bétail de s’abreuver sans difficulté. Pour cela, 30 ha de typha ont été enlevés, ce qui correspond à 37 points d’accès au bénéfice des villages riverains. En sommes, c’est 37 000 habitants du pourtour immédiat du Lac qui ont un meilleur accès au plan d’eau.

Ce nettoiement a également permis de dégager des voies de passage et de redynamiser la pêche qui a connu un regain perceptible à travers les quantités de poissons débarquées et à leur taille. Ce que confirme le chef du Centre de pêche de Mbane Abdoulaye Thiam: «Les travaux effectués sur la Taouey ont engendré une augmentation du volume d’eau du lac entrainant ainsi le retour des espèces de poisson de grandes tailles comme le capitaine qui avait disparu. Tous les acteurs de la ressource halieutique ont vu leurs revenus augmenter». Pour un suivi permanent de l’entretien des sites aménagés, des rencontres périodiques se font avec les populations concernées.

A Ndombo, on voit enfin l’eau du lac

Les réalisations de l’Office à travers le Prefelag ont donc permis de satisfaire les besoins des populations. Le lac de Guiers, qui était si près, mais si loin des populations riveraines, à cause de l’envahissement des plantes aquatiques est devenu un lieu de vie et d’épanouissement. C’est le cas de Ndombo où des jeunes d’une vingtaine d’années, natifs du village n’ont jamais eu l’occasion d’entrer en contact direct avec l’eau du lac.

Le maire de Ndombo qui ne peut pas cacher sa satisfaction témoigne: «Franchement ce que l’Olag a fait ici, c’est du jamais vu. Toutes les personnes qui sont nées 30 ans en arrière, ne savaient pas qu’il y avait de l’eau ici à cause du typha qui avait fini par envahir toute la zone. Le tout dans une insécurité provoquée par les serpents qui circulaient un peu partout. Malheureusement la mairie ne pouvait rien faire faute de budget. Mais avec l’arrivée du nouveau Directeur en l’occurrence M. Bocoum, l’OLAG en a fait une priorité pour nous sortir de cette situation.

Les travaux effectués par l’OLAG, ont permis à Ndombo de respirer, l’eau est accessible et nous avons maintenant la plus belle île du Sénégal. Je vous informe qu’à un moment donné, je m’étais emporté tellement que la situation a été invivable. Mais en bon manager, le DG a réagi par les actes, en apportant des solutions, sans tambours ni trompettes. Actuellement, c’est l’ensemble des populations de Ndombo qui le remercie. De notre côté nous ne croisons pas les bras, nous assurons l’entretien régulier pour maintenir la rive propre et accessible».

51 concessions bénéficient de latrines, de fosses étanches, de bacs à laver et de poubelles

Pour une meilleure gestion de la qualité de l’eau, l’OLAG a procédé à l’identification et à la caractérisation des différentes formes de pollution. Suite au constat, sur la rive Ouest de la Taouey, de fosses septiques qui déversaient directement sur le canal, un programme d’assainissement est en cours de réalisation au bénéfice des populations riveraines. Ainsi, le long de la Taouey à Richard-Toll, 51 concessions ont déjà bénéficié de douches, latrines, fosses étanches, bacs à laver et de poubelles. Certaines d’entre elles ont été branchées directement au réseau de l’Onas.

Le délégué du quartier des pêcheurs de Godal Khout qui jouxte le canal de la Taouey, Ousmane Guèye trouvé chez lui, reconnait d’emblée qu’au début «les populations ont été réfractaires à ces latrines car elles avaient l’habitude de tout déverser dans la Taouey. Mais une fois installées, nous avons pris conscience de l’opportunité et de l’amélioration de nos conditions d’hygiène. Je crois que le mérite revient à l’Olag et à son directeur que nous remercions pour cette marque de considération». 1000 autres ouvrages sont prévus autour du lac. Afin d’éliminer la pollution de la Taouey par ordures ménagères et les hydrocarbures des véhicules stationnés, il a été également procédé au recasement de 64 cantines qui se trouvaient sur les bords immédiats de la Taouey, vers un nouveau site situé plus appropriés appelé « marché Thiabakh » ainsi que la distribution de poubelles dans le quartier Gadalkhout

Pour la gestion de la pollution agricole des plans d’eau, 300 producteurs autour du système du lac ont déjà été formés aux bonnes pratiques phytosanitaires.

40 ans après son assèchement, la réserve spéciale d’Avifaune du Ndiaël sera  remise en eau

La revitalisation de cet écosystème d’importance internationale, n’est plus un simple slogan. Il suffit de faire un tour dans la réserve du Ndiaël, qui n’avait  plus d’eau depuis une quarantaine d’années à cause des effets combinés de l’homme et des sècheresses des années 70 et 90, pour s’en rendre compte. Site Ramsar d’importance internationale, actuellement inscrit au registre de Montreux des sites en danger, le Ndiaël va bientôt changer de visage. Comme en atteste les travaux de reprofilage de Yéti Yone sur 13 Km entre la carrière de Thioub et la Grande Mare. Cette dernière subira également un aménagement avec la construction de deux (2) nichoirs, d’axes de navigation et des débarcadères, mais aussi la construction d’une piste d’accès de 7 km qui va désenclaver considérablement la zone. La construction d’un centre écotouristique, la formation des éco-guides et la mise à disposition de deux barques pour le transport des touristes sont bien parties pour favoriser la création d’emplois verts.

Dans la même perspective, le Prefelag appuie les initiatives économiques comme la pisciculture, la laiterie, l’embouche, etc. pour pérenniser les activités et ainsi sécuriser les emplois générés.

La prise en compte du genre permettra de générer des revenus au profit des femmes, par la réalisation de 9 étangs piscicoles, d’une laiterie et la mise en place d’un fonds de crédit revolving. Du moins, c’est ce qu’a laissé entendre la présidente de l’Union des femmes de Ross Bethio, Ndeye Gaye. Embauchant la même trompette, le Président AIV Ndiael, Amadou Sow ajoute que le Ndiael est bien parti pour avoir la même attraction que le parc des oiseaux de Djoudj.

Quant au Yéti Yone, cordon ombilical de la grande mare du Ndiaël et le lac de Guiers, il a été reprofilé sur 13 Km, permettant ainsi aux 32 villages d’avoir accès à l’eau douce. Ces populations qui, jadis, connaissaient, en hivernage, des difficultés de mobilité et d’accès aux infrastructures de santé voient leurs conditions améliorées avec la réalisation de 2 ouvrages de franchissement à Bélel Mbaye et à la carrière de Thioub et d’une case de santé équipée pour faire face à la recrudescence des maladies hydriques, témoigne le chef du village de la localité, Siley Sow.

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August 22, 2016

Symposium International sur la dynamique Eau et Energie : Les énergies renouvelables en Afrique au cœur des préoccupations

Ousmane Dambadji (Niamey/Niger)

Du 16 au 19 Aout 2016 se sont  tenus  à Ouagadougou au Burkina Faso, les travaux du Symposium  International sur la dynamique Eau et Energie  dans la région Ouest Africaine. Organisé par l`Université Internationale de Florida aux USA  à travers le programme de l`USAID WA- WASH  en collaboration avec l`Université Aube Nouvelle de Ouagadougou,  ce symposium  de haut niveau a été financé par le commandement des forces  Armées Américaines  pour l`Afrique (AFRICOM).

Photo de famille des participants

                  Photo de famille des participants

L`Objectif principal de cette rencontre est de faciliter les échanges d`expérience entre acteurs civils et militaires sur divers problèmes lies a la sécurité environnementale dans la région Ouest Africaine. Présidée  par le  Ministre  de l`eau et de l`assainissement  du Burkina Faso en présence du Directeur Régional du programme de l`USAID  WA-WASH  et du fondateur de l`Université Aube Nouvelle, cette réunion a vu  aussi la participation de plusieurs experts  Américains et Africains   venus de plusieurs pays pour la circonstance. On  peut noter  également la présence d`une forte délégation composée des représentants de l`Université Internationale de Floride, de AFRICOM, des chercheurs, des professeurs des Universités et centres de recherches, des Journalistes et des Etudiants. Pendant 4jours, les participants ont suivi avec intérêt  des présentations riches et variées sur entre autres thématiques, la sécurité environnementale,   les enjeux  relatifs à l`eau en Afrique,   l’eau et l`énergie renouvelable en Afrique de l`Ouest, la restauration de l`environnement, le changement climatique, la télé- détection, la situation de l`eau potable en Afrique  en lien avec la santé et le rôle de l`armée dans la protection de l`environnement.

Aujourd’hui, l`eau ne plus une thématique, mais un facteur de développement au regard de ses multiples usages. C`est  ce qui a amené d`ailleurs  la 70 eme Assemblée Générale des Nations Unies à faire de l`eau et l`assainissement un objectif à part entière dans l`agenda international de développement post 2015. Selon la synthèse régionale de l’état des lieux sur les ressources en eau en Afrique de l’Ouest de 2007, les eaux souterraines de la région de l’Afrique de l’Ouest sont estimées à 317 milliards m3 et les eaux de surface  étaient estimées à 1257 milliards de m3. Il y a une interdépendance plus ou moins forte entre les Etats en matière de ressources en eau L.es principaux cours d’eau de la région prennent leur source dans des régions bien arrosées avant de traverser les zones sahéliennes ou les déficits pluviométriques sont chroniques depuis le début des années 1970.  Ces cours d’eau permettent un transfert d’eau douce  des régions humides vers les régions arides, créant ainsi une forte interdépendance des pays ouest  africains en ce qui concerne l’utilisation et la gestion des ressources en eau douce  à l’exception du Cap Vert, chacun des pays de la région partage au moins un cours d’eau international. En juin 2015 environ 73% de la population utilise une source d’eau potable améliorée contre 45,2% en 1990.  Malgré une amélioration du taux d’accès a l’eau potable environ 100 millions de personnes dépendent toujours d’une source d’eau potable non améliorée  (puits non protégés, eau de surface, etc.).  Il faut préciser que 73 millions de personnes en milieu rural n’ont pas accès à l’eau potable contre environ 21 millions en  milieu urbain, disparité entre les Etats et entre les localités a l’intérieur des Etats.  En 1990,  seuls Le Burkina Faso, le Niger, le Mali,  la Guinée Bissau, la Sierra Leone, le Nigeria et la  Gambie avaient  un taux d’accès à l’eau inférieur à 50%. En juin 2015 on constate une amélioration globale du taux d’accès  à l’eau potable dans les états (excepte le Niger qui avait 58%, tous les états étaient  à plus de 60%). Le Cap vert, la Gambie et  le Ghana étaient à plus de 90% de taux de couverture en eau. C`est pourquoi  à  Ouagadougou, le docteur Boukerrou, Directeur Régional  de l`USAID WA-WASH a largement  entretenu les participants au symposium sur les enjeux relatifs à l`eau en Afrique, sa  répartition, sa consommation, sa situation actuelle en terme de couverture géographique et ses différents facteurs de pollution. Selon Boukerrou, malgré la disponible insuffisante de cette ressource, le problème de la qualité  se pose avec acuité dans nos pays. Ces défis sont très souvent liés aux activités humaines comme le mines, l`urbanisation et  l`industrialisation, la croissance des populations urbaines supérieure à la capacité d’adaptation des sociétés nationales de distribution d’eau potable , la gestion précaire des déchets solides causant la pollution des réserves d’eaux traitées pour la consommation humaines , le traitement inadéquat des eaux usées et excréta qui par la suite pollue les eaux souterraines et de surface , l`état vétuste des infrastructures d’assainissement causant des fuites qui par la suite pollue les puits et les forages, le mauvais état des infrastructures d’eau qui génèrent de la rouille  polluante, les insuffisances des laboratoires d’analyse de la qualité de l`eau ainsi que les  activités minières dégradant la qualité des eaux à cause du déversement d’arsenic, de cyanure, et d’autres substances toxiques. A toutes ces préoccupations, des solutions ont été proposées par Boukerrou. Selon lui, on peut améliorer la qualité des eaux en Afrique à travers entre autres solutions, la mobilisation des fonds pour la réhabilitation des infrastructures d’eau, l`amélioration du traitement des déchets liquides et solides ,le respect  de l’application effective des textes dans le domaine de l’industrie minière ,le renforcement des  capacité des organisations régionales et  panafricaines, le développement  des techniques et technologies innovantes et accessibles pour un approvisionnement en eau de qualité pour les populations , et la promotion de  la culture de la gestion des connaissances au sein des institutions Africaines. Parlant de la situation énergétique, il ressort de son exposé  que 2/3 de la population d`Afrique n`a pas accès a l`électricité. Une situation qui handicape le développement économique et social de nos pays. La transition vers les énergies renouvelables  à faible cout est la seule alternative pour garantir l`accès à nos populations à  des sources d`eau de qualité.  Le docteur Bakerrou a demandé à tous les  participants d`êtres des véritables ambassadeurs  de développement afin de faire le plaidoyer en faveur du partage des connaissances dans le domaine de la qualité de l’eau et pour la multiplication des laboratoires d’analyse de la qualité de l’eau auprès des gouvernements Africains et des partenaires techniques et financiers. Précisons  que, cette rencontre de Ouagadougou  a été une véritable occasion pour les différents acteurs civils et militaires de bien comprendre les différents enjeux et défis  lies a l’eau et l`énergie dans un contexte de changement climatique.

 

July 19, 2016

ACCES UNIVERSEL A L’EAU ET A L’ASSAINISSEMENT: Les organisations de la société civile mettent la pression sur les gouvernements africains

Par Jacques Ngor SARR (envoyé spécial en Tanzanie)

La 6ème semaine africaine de l’eau qui se tient actuellement en Tanzanie a servi de tribune aux organisations de la société civile, réunies au sein du Réseau africain de la société civile sur l’eau et l’assainissement, pour demander au Conseil des ministres africains en charge de l’eau (AMCOW), de mener à bien l’agenda 2030.

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Sur la base des différents engagements pris dans le secteur de l’eau, l’assainissement et l’hygiène, notamment la Déclaration de N’gor, la Vision Africaine pour l’Eau à l’horizon 2025, l’Agenda de l’UA pour l’Afrique à l’horizon 2063, le Réseau africain de la société civile sur l’eau et l’assainissement, dans une déclaration, a demandé au conseil des ministres de mener à bien l’accès universel à l’eau et l’assainissement.

Le Réseau, qui a remis ladite déclaration au président de l’AMCOW en l’occurrence le ministre de l’hydraulique sénégalais Mansour Faye lors de la cérémonie d’ouverture de la semaine de l’eau, reste convaincu que le développement de l’Afrique, notamment la santé et la dignité des populations passe par des mesures et actions concrètes de ceux qui « nous gouvernent ». «Et cela ne sera possible qu’à travers la priorisation de l’Objectif de Développement Durable numéro 6 portant sur l’eau et l’assainissement».

Par conséquent, il demande aux gouvernements et ministères Africains de faire de l’eau, l’assainissement et l’hygiène une composante essentielle dans la mise en œuvre et la réalisation des ODD; de reconnaitre le rôle central de l’Objectif 6 dans la réalisation de tous les autres Objectifs de Développement Durable en favorisant les échanges inter sectoriels, la collaboration pour réussir cet agenda. Aussi elle demande aux gouvernements et ministres  de veiller à la mise en œuvre des engagements contenus dans la Déclaration de N’gor, la plateforme mondiale Eau et Assainissement pour Tous (SWA) en les alignant avec les plans nationaux d’exécution des ODD qui seront développés et d’accorder un plus grand rôle aux OSC qui doivent être impliqués à tous les niveaux, notamment dans la coordination, la mise en œuvre et la communication sur l’ODD 6.

Les organisations de la société civile ont en outre demandé aux gouvernements de renforcer la mobilisation des ressources au niveau national pour réaliser des services durables et performants, tout en améliorant la performance des institutions compétentes par des mandats clairs et des mécanismes adéquats de responsabilisation et de transparence pour une bonne gouvernance du secteur.  Mais aussi intégrer la gestion des ressources en eau dans tous les projets de développement, notamment les initiatives industrielles et extractives dans le but d’assurer une utilisation durable des ressources en eau.

Tout en s’engageant à travailler en synergie pour surmonter les défis communs, l’ensemble des organisations de la société civile, appellent les gouvernements à reconnaitre la nécessité de collaborer pour trouver des solutions capables de tirer le meilleur parti des opportunités disponibles.

July 18, 2016

6ème SEMAINE AFRICAINE DE L’EAU : L’Afrique avec ses partenaires élaborent des stratégies pour la réalisation des ODD

Jacques Ngor SARR (envoyé spécial en Tanzanie)

La 6ème semaine Africaine de l’eau, qui se tient à Dar Es Salaam (Tanzanie)  du 18 au 22 juillet constitue un tournant décisif en ce sens qu’elle offre à l’Afrique avec ses partenaires, l’occasion d’élaborer des stratégies pour la réalisation des ODD.

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La 6ème semaine Africaine de l’eau, qui se déroule à Dar Es Salaam (Tanzanie), offre l’occasion pour l’Afrique avec ses partenaires d’élaborer des stratégies et des bases solides, en vue d’assurer la traduction des engagements de hauts niveaux, notamment la déclaration de Ngor sur la sécurité en matière d’eau et d’assainissement en des actions concrètes aux niveaux national, sous régional et continental. C’est la conviction du Conseil des ministres africains de l’eau (Amcow) relatée par son président, Mansour Faye, ministre de l’hydraulique du Sénégal.  Sous le thème : «la réalisation des ODDs à travers la sécurité de l’eau et l’assainissement», l’Afrique et ses partenaires ont amorcé donc une réflexion pour la mise en place d’un plan pour l’exécution de la déclaration de Ngor. Cela devrait conduire à la mise en place de politiques appropriées, des actions innovantes, avec une forte motivation pour leur mise en œuvre et un investissement accru à différents niveaux, a déclaré le ministre Mansour Faye qui présidait la cérémonie d’ouverture avec le Premier ministre de la Tanzanie Kassim Majaliwa et l’envoyé spécial de l’Unesco pour l’eau en Afrique, l’ancien président Kenya Mwai Kibaki, au Centre de Conférences internationales Julius Nyerere à Dar Es Salaam.

Le ministre demeure optimiste que les programmes émanant de ces politiques contribueront à la réduction de la pauvreté, à l’amélioration de la santé, au développement social et à la croissance économique de l’Afrique. Il souligne qu’aujourd’hui, la question est de savoir quelles sont les mesures à prendre pour réaliser les objectifs fixés pour atteindre l’accès universel à l’eau et à l’assainissement. A ce propos, il déclare que l’Amcow a noté les leçons tirées de l’expérience des objectifs du millénaire pour le développement tout en soulignant l’influence des conditions initiales sur la progression à l’atteinte des OMD. C’est pourquoi note-t-il, « il faut se féliciter de l’acte posé par les chefs d’Etat lors du dernier sommet de l’UA à Kigali qui ont entériné la déclaration de Ngor sur la sécurité en matière d’eau et d’assainissement en tant qu’instrument pour mobiliser nos Etats en vue de réaliser la vision africaine de l’eau à l’horizon 2025, l’ODD6 en 2030 et l’agenda 2063 de l’UA».

June 30, 2016

Fourouyèkèrè et Okpara au Bénin: Ces cas écoles de bonnes pratiques de gestion des ressources en eau

Alain TOSSOUNON (Cotonou/Bénin) 

Face aux ressources en eau menacées de disparition, l’approche de Gestion Intégrée des Ressources en Eau (GIRE) longtemps promue, est apparue depuis peu comme la seule alternative pour passer à une gestion durable. Loin d’être désormais un slogan, la GIRE pour tous et pour tout devient de plus en plus une réalité au Bénin.

Le Fleuve Okpara (et le barrage de Kpassa) désormais à l'abri de la disparition, fruit de l'appropriation par tous les acteurs de l'approche GIRE

Le Fleuve Okpara désormais à l’abri de la disparition, fruit de l’appropriation  de l’approche GIRE

La rivière « Fourouyèkèrè », bras de la Yerpao, un fleuve qui traverse toute la ville de Natitingou située  au nord du Bénin, ne coulait plus comme par le passé. En 2008, plusieurs acteurs ont sonné l’alerte. Car, pour les uns comme pour les autres, cette rivière était tout simplement en voie de disparition. Pourtant, le fils du milieu et ancien Directeur des mines, de l’énergie et de l’eau de l’Atacora-Donga, Joachim Sama racontait : « il y a quelques années, on faisait la pêche mais depuis, deux semaines après une pluie, il n’y avait  plus une goutte d’eau dans la rivière ». Un constat amer qui traduisait bien, la gravité de la situation et les dangers auxquels s’exposaient les communautés de cette ville.

Toujours en 2008, à quelques kilomètres de cette ville, au nord du pays, le barrage de l’Okpara, principale source d’approvisionnement en eau potable pour les populations de la ville de Parakou, était aussi  dans un état de dégradation avancé.  En absence d’eaux souterraines, le seul recours reste les eaux de surface mobilisées à travers le barrage érigé sur le cours d’eau  d’Okpara long de 200 km. Si le barrage était dans un état préoccupant, le fleuve connaissait  de graves problèmes de pollution par les produits chimiques  utilisés par les producteurs de coton en amont du cours d’eau. Mais, la ressource était aussi devenue le déversoir des déchets solides et plastiques ménagers, des fientes et cadavres d’animaux.  Pour ces deux cours d’eau, la menace d’une disparition était bien réelle.

Pourtant, les communautés dont la vie est intimement liée aux ressources en eau, n’ignorent pas les avantages et profits qu’elles en tirent. « Ce n’est pas pour rien que nous vivons près du fleuve Okpara, nous connaissons bien ses bienfaits. Nous appelons en langue bariba (une langue locale du milieu), le fleuve, notre mère pour signifier toute son importance pour notre vie », nous confie un notable de la localité et premier ministre du roi de Parakou, Abouki Sarigui.

Des actions de sauvetage à l’avènement d’une bonne gestion

Afin de trouver des solutions efficaces et immédiates, le Partenariat National de l’Eau du Bénin a mis en route des initiatives pour voler au secours de ces ressources en eau en voie de disparition. Inscrites dans le cadre des actions pilotes, le fleuve Fourouyèkèrè », comme le barrage de Kpassa situé sur le fleuve Okpara ont été retenus comme plusieurs autres initiatives pour tester l’approche de Gestion intégrée des ressources en eau (GIRE). Pour les acteurs du secteur, ces deux situations constituaient des cas d’école qui posaient  toute la problématique de la gestion durable des ressources en eau.

Ainsi, dans les deux cas, les actions de sauvetage ont démarré par la mobilisation de tous les acteurs et usagers. Un travail de plaidoyer a été mené pour  réveiller la conscience citoyenne de tous les usagers et acteurs face aux différents problèmes que connaissaient des deux ressources. Grâce à la mise en place d’un cadre de concertation, principal creuset de dialogue entre acteurs locaux et usagers, plusieurs actions ont été menées autour des ressources pour assurer leur protection. Des couloirs de passage des animaux de transhumance et de commerce pour réduire la pollution à la construction des abreuvoirs, plusieurs mesures allant jusqu’à la restauration du couvert végétal autour des ressources en eau ont été prises.  Pour garantir la durabilité de la protection de la ressource, la gestion sectorielle a été abandonnée au profit de la gestion concertée. « Les problèmes que connaissaient le fleuve et son barrage sont le fait d’un manque de dialogue entre utilisateurs de l’eau. Beaucoup d’acteurs intervenaient. Eleveurs, agriculteurs, la SONEB qui est la société d’eau qui prélève l’eau de barrage pour alimenter les populations…tout le monde agissait de son côté. Il n’existait pas de cadre pour la concertation », explique l’ancien maire de Tchaorou, Bio Sounon Bouko. Cette entreprise de mobilisation qui promeut le dialogue entre les différents acteurs a conduit au développement et au renforcement des Associations des communes pour faire face au défi commun de protection des ressources en partage. Dans bien des cas, maintenant que les acteurs se parlent et se retrouvent, la gestion de la ressource est mieux suivie. « Avec cette initiative autour du barrage de Kpassa sur le fleuve Okpara, nous avons compris que tous les acteurs et usagers doivent contribuer à la protection de la ressource », signale l’ancien maire de Parakou, Soulé Alagbé. Passée l’étape de la structuration des usagers et du bureau du Conseil des Acteurs pour la Gestion Concertée (CAGC) du barrage, la matérialisation de 4,6 km de berges délimitées et reboisées sur  une superficie totale de 22 ha, la validation du plan d’aménagement du couloir de transit du bétail contournant la cuvette  du barrage, la proposition d’une feuille de route d’exécution du plan d’aménagement ou le plaidoyer pour l’appropriation des fonctions liées à la protection et au suivi du barrage par la SONEB, le fleuve Okpara et son barrage sont sauvés de la disparition. Plus encore ce plaidoyer a conduit à la mobilisation des partenaires pour un grand projet d’alimentation en eau potable de la ville de Parakou et ses environs d’un coût global de plus de 15 milliards de francs CFA dont le financement est acquis. « Toutes les mesures prises par l’initiative pour sauver le barrage et  protéger le fleuve n’ont pas de prix », soutient l’ancien directeur de la ferme de l’okpara, Dr Fataou Zakarie Touré.

Aujourd’hui, la ressource bénéficie d’un suivi rapproché par les services techniques communaux, la SONEB et le Secrétariat Exécutif permanent (SEP) du Territoire de Développement de l’Ouémé Supérieur (TDOS) regroupant les trois communes ayant en partage la ressource et au niveau national, un Comité d’Orientation et de Suivi (COS) est mis en place de même  que le Conseil National de Coordination et de Suivi des initiatives (CNCS) GIRE,  regroupant le PNE-Bénin avec la Direction Générale des Ressources en Eau et les Partenaires Techniques et Financiers. Les usagers sensibilisés abandonnent progressivement les mauvaises pratiques de pollution et, entre éleveurs et agriculteurs, les conflits sont rares à cause des couloirs de passage des animaux disponibles et respectés par tous.

Longtemps perçue comme une approche abstraite, avec ces différentes initiatives pilotes qui ont permis de voler au secours des ressources en eau menacées de disparition, la GIRE au Bénin est entrée dans sa phase concrète. Désormais, pour les ressources en eau, le professeur Abel Afouda, indique qu’il faut poser les bases solides d’une gestion durable de ces ressources. C’est pourquoi, le Bénin s’est doté d’un Plan National de Gestion Intégrée des Ressources en Eau (PANGIRE)  sur la période 2011-2025  qui repose sur une série de cinquante-cinq (55) actions dont « l’exécution vise à créer l’environnement favorable à une gestion durable et à une mise en valeur optimale des ressources en eau, facteurs de développement socioéconomique du Bénin ». Mais, il reste encore beaucoup à faire dans la mise en œuvre de ces actions identifiées pour être en phase avec la politique régionale de l’eau au niveau de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) qui recommande la GIRE pour  prendre en compte l’ensemble des usages et impliquer tous les acteurs autour de la ressource. Le chemin est encore long et l’un des défis majeures pour le Bénin, reste l’effectivité de la gestion par bassin de ces ressources en eau.

Pour l’heure, la mise en œuvre de toutes ces initiatives laisse derrière elle, au-delà des actions entreprises pour sauver les ressources en eau, des cadres de dialogue indispensables et fondamentales pour la préservation et une bonne gestion des ressources en eau en phase avec les principes promus par la GIRE.

 

 

Alain TOSSOUNON

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June 23, 2016

Intégrité et lutte contre la corruption dans le secteur Eau et Assainissement: Les acteurs se dotent d’une Charte de bonne gouvernance

Alain TOSSOUNON (Cotonou/Bénin) 

Les acteurs du secteur de l’eau et de l’assainissement se sont retrouvés le 21 juin 2016 à l’Infosec de Cotonou, en présence de la Coordonnatrice Afrique francophone du réseau WIN, pour valider la Charte de bonne gouvernance pour l’intégrité. Au terme d’un processus qui aura  duré plusieurs mois, les acteurs disposent désormais d’un instrument de promotion de l’intégrité et de lutte contre la corruption. 

Photo de famille des participants avec le ministre en charge de l'eau, Dona Jean-Claude Houssou

Photo de famille des participants avec le ministre en charge de l’eau, Dona Jean-Claude Houssou                                        (Photo A.T)

Avec pour objectif d’améliorer le contenu de la Charte et son mécanisme d’opérationnalisation avant de passer à la validation, l’atelier a mobilisé plusieurs acteurs. En dehors des Organisations Non Gouvernementales (PNE-Bénin, Protos, Helvetas, CARE Bénin, Social Watch, ALCRER, Alliance Wash Bénin, EAA-Bénin) et les médias, les structures publiques en charge du secteur, les acteurs communaux, les acteurs privés et les Partenaires Techniques et Financiers (Ambassade des Pays-Bas, GiZ, PNUD) étaient tous représentés.

En ouvrant les travaux, le Secrétaire Général du Ministère représentant le ministre, Jean-Claude Gbodogbé, a rappelé que l’eau et l’assainissement constituent des priorités dans le Document de stratégie de croissance pour la réduction de la pauvreté. Plus encore, le président de la République s’est engagé à faire de l’accès à l’eau, un droit inaliénable.

Mais, il a surtout salué l’avènement de cette Charte qui intervient juste après « la crise liée aux irrégularités constatées dans la gestion financière de la 2ième phase du Programme pluriannuel d’appui au secteur de l’eau et de l’assainissement (PPEA2). « Cette crise nous donne l’occasion d’œuvrer à renforcer notre système de gouvernance », a-t-il soutenu.

Avant son intervention, le président du Partenariat National de l’Eau du Bénin (PNE-Bénin), André Toupé, a souligné que d’après le rapport mondial sur l’intégrité publié en 2008 par Transparency International et le réseau WIN, le manque d’intégrité constitue l’une des causes de la situation de manque d’eau des populations. Face à cette situation, il soutient que « la nécessité d’une bonne gouvernance et de l’instauration de mesures permettant de lutter contre la corruption pour améliorer les performances du secteur font l’unanimité ».

Invité surprise, le ministre en charge de l’eau, Dona Jean-Claude Houssou, est venu soutenir cette initiative qui pour lui, s’inscrit parfaitement dans la vision du gouvernement actuel qui fait de la bonne gouvernance son cheval de bataille. Dans sa brève intervention, il a indiqué également qu’il est important dans les actions à entreprendre, de prendre en compte le développement des capacités.

Des engagements de l’espoir

Avant les travaux en groupe qui ont permis d’examiner les aspects importants de la Charte, les participants ont eu droit à la présentation du processus ayant conduit à l’élaboration de la Charte. Un processus qui a démarré avec l’exercice de l’Evaluation annotée de l’Intégrité de l’Eau /AEP rural en 2011 et l’affaire du Programme Pluriannuel d’appui au secteur de l’Eau de l’Assainissement2ème phase (PPEA2) qui ont révélé un faible niveau d’intégrité. Egalement, cet état des lieux a mis à nu des manifestations de la corruption. A partir de ce moment, le combat pour l’intégrité et la lutte contre la corruption s’est imposé comme un défi majeur. Et ce, malgré l’existence de textes juridiques de répression de la mauvaise gouvernance. Une fois mis en route, le processus a conduit à l’élaboration de la Charte qui dans son contenu, rappelle les principes et valeurs d’une gouvernance pour l’intégrité, précise les engagements des parties prenantes (Etat, Collectivités, Privé, Sté civile et Partenaires) et les dispositions diverses de mise en œuvre. Comme principes cardinales de la Charte, on retient la transparence, la  responsabilité, l’obligation, la participation citoyenne et les valeurs fondamentales promues sont : l’équité, le sens de responsabilité, l’intégrité et la justice. L’originalité de cette Charte est à retrouver dans les engagements qu’elle contient pour les parties prenantes. Dans les engagements, si l’Etat central doit, entre autres, respecter et renforcer l’indépendance et la transparence du système de contrôle interne, les collectivités locales, se doivent de veiller à une répartition rationnelle et équitable des infrastructures, le secteur privé doit respecter le code d’éthique et de moralisation, et enfin, les ONG et associations doivent davantage se mobiliser pour renforcer les mécanismes, outils et initiatives de veille citoyenne.

Le ministre de l'eau, Dona Jean-Claude Houssou s'adressant aux participants

Le ministre de l’eau, Dona Jean-Claude Houssou s’adressant aux participants (Photo A.T)

Au total, les participants ont dans les groupes de réflexion, approfondi les questions relatives aux modes d’adoption et  d’adhésion; le cadre institutionnel de la mise en œuvre, le mode de financement proposé ou encore la formalisation de la charte, les sanctions et le cadre logique. Au terme de l’atelier, plusieurs recommandations ont été faites pour faciliter la mise en œuvre du mécanisme d’opérationnalisation qui a aussi été validé.

Alain TOSSOUNON (Coll.)

May 19, 2016

Pêche au Bénin : Vers le renouveau 

Alain TOSSOUNON (Bénin) 

Face à  la surpêche et aux problèmes  préoccupants de dégradation des écosystèmes aquatiques, d’utilisation des engins de pêche non sélectifs, le Bénin s’est doté en 2004, d’une Loi-Cadre sur la pêche et l’aquaculture. Un instrument juridique qui porte aujourd’hui l’espoir des acteurs de voir cette activité renaître.

Un pêcheur sur un plan d'eau

                 Un pêcheur sur un plan d’eau

Au Bénin, la pêche ne nourrit plus son homme. Cette activité qui occupe plus de 600 000 personnes de façon directe comme indirecte et contribue au PIB jusqu’à hauteur de 3% est en perte de vitesse. Le poisson devient rare dans les eaux continentales et marines béninoises au grand désarroi des pécheurs.  « Sans vous mentir, il n’y a plus de poissons dans les plans d’eaux. Les ressources sont en train de disparaître. L’activité de pêche est au ralenti », se désole le président de la Fédération nationale des acteurs de pêche du Bénin (FENAPECHE), David Hounguè.

Aujourd’hui, les pêcheurs sont obligés d’aller plus loin et de faire de gros efforts avant d’avoir une petite quantité de poissons. Une situation que confirme que le Directeur de la production halieutique à la Direction des pêches, Antoine Gaston Djivèdo. « Dans les années 1980 à 1990, les pêcheurs vont et reviennent plus vite de la pêche avec une grande quantité de poissons. Ce qui n’est pas le cas de nos jours. Aujourd’hui, les pêcheurs fournissent plus d’effort pour n’avoir que peu de poissons », souligne-t-il.

Les causes de la rareté des produits halieutiques sont pourtant bien connues de tous et surtout des pêcheurs qui sont  les principaux acteurs.  En dehors de la démographie galopante, il s’agit principalement, de l’utilisation des techniques prohibées de pêche et de la pollution des plans d’eau.  « Nous utilisons les engins que nous ne devons pas utiliser. Nous allons chercher les poissons dans leur dernier retranchement. Nous ramassons tout sur notre passage, petits comme grands poissons », se confesse le président de la Fédération nationale des acteurs de pêche du Bénin (FENAPECHE), David Hounguè. Ainsi, de façon unanime,  les pêcheurs pointent du doigt l’utilisation des filets « mèdokpokonou », qui sont des filets à petites mailles et même des moustiquaires pour la pêche. Sur les lacs, on retrouve aussi des rangées d’acadja sur plusieurs hectares. Au niveau de la pêche marine, la situation n’est guère reluisante. Contrairement aux années antérieures, le métier de pécheur est devenu difficile. Car, il faut aussi aller loin dans la mer  pour « attraper » du poisson. Mais, pour les acteurs notamment le  président de l’Union nationale des pêcheurs marins, artisans et assimilés du Bénin (UNAPEMAB), Victor Louis Amétépé, la construction de ports au niveau des eaux togolaises n’arrangent pas les pêcheurs situés au niveau des côtes béninoises, (dans les environs de Grand-Popo). Parce que, explique-t-il, les côtes béninoises reçoivent beaucoup d’eaux. Une situation pas favorable aux pêcheurs qui, envahis par ces eaux, sont obligés de se déplacer. De plus, au niveau de l’embouchure de Xwlacodji, les pêcheurs continentaux ont pris d’assaut les espaces de pêche réservés aux pêcheurs marins avec leurs engins prohibés et ramassent les alevins et autres petits poissons.

L’avènement de la Loi salué par tous les acteurs 

Face à cette situation alarmante, la Direction des pêches qui pendant longtemps a sensibilisé les pêcheurs sur ces mauvaises pratiques, est restée impuissante faute de Loi.

En effet, avant l’avènement de la Loi-Cadre adoptée par l’Assemblée Nationale le 06 juin 2014 et promulguée par le Chef de l’Etat le 07 août 2014, les textes qui régissaient le secteur étaient désuets. C’est pourquoi, avec la nouvelle Loi, les acteurs nourrissent l’espoir de voir la pêche renaître de ces cendres. Dans leur ensemble, les pêcheurs saluent l’adoption de cette Loi surtout pour les sanctions désormais prévues pour combattre les mauvaises pratiques. « Je pense que la nouvelle loi qui a été promulguée arrangera beaucoup de choses. Désormais,  «quiconque sera pris en flagrant délit d’utilisation de techniques interdites ou de pêche sans autorisation en répondra », signale le président David Hounguè. Parlant de sanctions,  l’article 112 qui condamne l’utilisation des engins prohibés pour la pêche de poissons et crevettes immatures, prévoit un emprisonnement de 3 à 12 mois avec une amende de 500.000 à 3 millions de francs CFA. Egalement, l’une des mesures importantes est l’avènement des permis de pêches qui permettra d’assainir le secteur.  Pour les associations des pêcheurs, c’est une bonne mesure et les pêcheurs qui ont été impliqués dans le processus d’adoption de cette Loi promettent de s’y conformer. Car, soutient David Hounguè, « si l’Etat ne prend pas ses responsabilités, des pêcheurs ne pourront plus aller pêcher en toute liberté ». Et au directeur de la production halieutique, Antoine Gaston Djivèdo de conclure : « Avec le vote de cette loi, le Bénin s’engage pour une pêche durable, une gestion des plans d’eaux de sorte à satisfaire les besoins de pêche d’aujourd’hui et assurer les besoins de l’avenir ».

 

 

 

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April 26, 2016

ACCES A L’EAU: WaterAid mise sur les droits pour influencer les décideurs

Mamadou L. Camara (Dakar- Sénégal)

Le Directeur régional des programmes en Afrique de l’Ouest  pour Water Aid, Joe Lambongang (photo) a dévoilé ce lundi la nouvelle stratégie que l’organisation compte désormais mettre en œuvre en Afrique de l’Ouest.

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« Nous voulons maintenant mettre l’accent le droit à l’accès à l’eau et à l’assainissement surtout pour les couches  vulnérables » a-t-il annoncé lors de la cérémonie d’un séminaire dédié au   journaliste qui a démarré ce lundi à Dakar. «Cette fois-ci, nous voulons mettre l’accent sur l’hygiène » a-t-il annoncé pour faciliter l’accès à  l’eau et l’assainissement  en Afrique.  Le  but  visé à  travers cette  nouvelle stratégie est de pousser les décideurs à  faire de l’assainissement une priorité dans  leurs politiques. Il faut noter qu’en Afrique de l’Ouest  où les taux d’accès sont respectivement de 72% pour l’eau et de 25% pour l’assainissement. Dès lors, Joe Lambongang a recommandé pour importation de technologies adaptées aux réalités africaines. «Il faut que les technologies importées pour faciliter l’accès à l’eau et à l’assainissement soient adaptés aux réalités du milieux » a-t-il recommandé.