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June 30, 2016

Fourouyèkèrè et Okpara au Bénin: Ces cas écoles de bonnes pratiques de gestion des ressources en eau

Alain TOSSOUNON (Cotonou/Bénin) 

Face aux ressources en eau menacées de disparition, l’approche de Gestion Intégrée des Ressources en Eau (GIRE) longtemps promue, est apparue depuis peu comme la seule alternative pour passer à une gestion durable. Loin d’être désormais un slogan, la GIRE pour tous et pour tout devient de plus en plus une réalité au Bénin.

Le Fleuve Okpara (et le barrage de Kpassa) désormais à l'abri de la disparition, fruit de l'appropriation par tous les acteurs de l'approche GIRE

Le Fleuve Okpara désormais à l’abri de la disparition, fruit de l’appropriation  de l’approche GIRE

La rivière « Fourouyèkèrè », bras de la Yerpao, un fleuve qui traverse toute la ville de Natitingou située  au nord du Bénin, ne coulait plus comme par le passé. En 2008, plusieurs acteurs ont sonné l’alerte. Car, pour les uns comme pour les autres, cette rivière était tout simplement en voie de disparition. Pourtant, le fils du milieu et ancien Directeur des mines, de l’énergie et de l’eau de l’Atacora-Donga, Joachim Sama racontait : « il y a quelques années, on faisait la pêche mais depuis, deux semaines après une pluie, il n’y avait  plus une goutte d’eau dans la rivière ». Un constat amer qui traduisait bien, la gravité de la situation et les dangers auxquels s’exposaient les communautés de cette ville.

Toujours en 2008, à quelques kilomètres de cette ville, au nord du pays, le barrage de l’Okpara, principale source d’approvisionnement en eau potable pour les populations de la ville de Parakou, était aussi  dans un état de dégradation avancé.  En absence d’eaux souterraines, le seul recours reste les eaux de surface mobilisées à travers le barrage érigé sur le cours d’eau  d’Okpara long de 200 km. Si le barrage était dans un état préoccupant, le fleuve connaissait  de graves problèmes de pollution par les produits chimiques  utilisés par les producteurs de coton en amont du cours d’eau. Mais, la ressource était aussi devenue le déversoir des déchets solides et plastiques ménagers, des fientes et cadavres d’animaux.  Pour ces deux cours d’eau, la menace d’une disparition était bien réelle.

Pourtant, les communautés dont la vie est intimement liée aux ressources en eau, n’ignorent pas les avantages et profits qu’elles en tirent. « Ce n’est pas pour rien que nous vivons près du fleuve Okpara, nous connaissons bien ses bienfaits. Nous appelons en langue bariba (une langue locale du milieu), le fleuve, notre mère pour signifier toute son importance pour notre vie », nous confie un notable de la localité et premier ministre du roi de Parakou, Abouki Sarigui.

Des actions de sauvetage à l’avènement d’une bonne gestion

Afin de trouver des solutions efficaces et immédiates, le Partenariat National de l’Eau du Bénin a mis en route des initiatives pour voler au secours de ces ressources en eau en voie de disparition. Inscrites dans le cadre des actions pilotes, le fleuve Fourouyèkèrè », comme le barrage de Kpassa situé sur le fleuve Okpara ont été retenus comme plusieurs autres initiatives pour tester l’approche de Gestion intégrée des ressources en eau (GIRE). Pour les acteurs du secteur, ces deux situations constituaient des cas d’école qui posaient  toute la problématique de la gestion durable des ressources en eau.

Ainsi, dans les deux cas, les actions de sauvetage ont démarré par la mobilisation de tous les acteurs et usagers. Un travail de plaidoyer a été mené pour  réveiller la conscience citoyenne de tous les usagers et acteurs face aux différents problèmes que connaissaient des deux ressources. Grâce à la mise en place d’un cadre de concertation, principal creuset de dialogue entre acteurs locaux et usagers, plusieurs actions ont été menées autour des ressources pour assurer leur protection. Des couloirs de passage des animaux de transhumance et de commerce pour réduire la pollution à la construction des abreuvoirs, plusieurs mesures allant jusqu’à la restauration du couvert végétal autour des ressources en eau ont été prises.  Pour garantir la durabilité de la protection de la ressource, la gestion sectorielle a été abandonnée au profit de la gestion concertée. « Les problèmes que connaissaient le fleuve et son barrage sont le fait d’un manque de dialogue entre utilisateurs de l’eau. Beaucoup d’acteurs intervenaient. Eleveurs, agriculteurs, la SONEB qui est la société d’eau qui prélève l’eau de barrage pour alimenter les populations…tout le monde agissait de son côté. Il n’existait pas de cadre pour la concertation », explique l’ancien maire de Tchaorou, Bio Sounon Bouko. Cette entreprise de mobilisation qui promeut le dialogue entre les différents acteurs a conduit au développement et au renforcement des Associations des communes pour faire face au défi commun de protection des ressources en partage. Dans bien des cas, maintenant que les acteurs se parlent et se retrouvent, la gestion de la ressource est mieux suivie. « Avec cette initiative autour du barrage de Kpassa sur le fleuve Okpara, nous avons compris que tous les acteurs et usagers doivent contribuer à la protection de la ressource », signale l’ancien maire de Parakou, Soulé Alagbé. Passée l’étape de la structuration des usagers et du bureau du Conseil des Acteurs pour la Gestion Concertée (CAGC) du barrage, la matérialisation de 4,6 km de berges délimitées et reboisées sur  une superficie totale de 22 ha, la validation du plan d’aménagement du couloir de transit du bétail contournant la cuvette  du barrage, la proposition d’une feuille de route d’exécution du plan d’aménagement ou le plaidoyer pour l’appropriation des fonctions liées à la protection et au suivi du barrage par la SONEB, le fleuve Okpara et son barrage sont sauvés de la disparition. Plus encore ce plaidoyer a conduit à la mobilisation des partenaires pour un grand projet d’alimentation en eau potable de la ville de Parakou et ses environs d’un coût global de plus de 15 milliards de francs CFA dont le financement est acquis. « Toutes les mesures prises par l’initiative pour sauver le barrage et  protéger le fleuve n’ont pas de prix », soutient l’ancien directeur de la ferme de l’okpara, Dr Fataou Zakarie Touré.

Aujourd’hui, la ressource bénéficie d’un suivi rapproché par les services techniques communaux, la SONEB et le Secrétariat Exécutif permanent (SEP) du Territoire de Développement de l’Ouémé Supérieur (TDOS) regroupant les trois communes ayant en partage la ressource et au niveau national, un Comité d’Orientation et de Suivi (COS) est mis en place de même  que le Conseil National de Coordination et de Suivi des initiatives (CNCS) GIRE,  regroupant le PNE-Bénin avec la Direction Générale des Ressources en Eau et les Partenaires Techniques et Financiers. Les usagers sensibilisés abandonnent progressivement les mauvaises pratiques de pollution et, entre éleveurs et agriculteurs, les conflits sont rares à cause des couloirs de passage des animaux disponibles et respectés par tous.

Longtemps perçue comme une approche abstraite, avec ces différentes initiatives pilotes qui ont permis de voler au secours des ressources en eau menacées de disparition, la GIRE au Bénin est entrée dans sa phase concrète. Désormais, pour les ressources en eau, le professeur Abel Afouda, indique qu’il faut poser les bases solides d’une gestion durable de ces ressources. C’est pourquoi, le Bénin s’est doté d’un Plan National de Gestion Intégrée des Ressources en Eau (PANGIRE)  sur la période 2011-2025  qui repose sur une série de cinquante-cinq (55) actions dont « l’exécution vise à créer l’environnement favorable à une gestion durable et à une mise en valeur optimale des ressources en eau, facteurs de développement socioéconomique du Bénin ». Mais, il reste encore beaucoup à faire dans la mise en œuvre de ces actions identifiées pour être en phase avec la politique régionale de l’eau au niveau de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) qui recommande la GIRE pour  prendre en compte l’ensemble des usages et impliquer tous les acteurs autour de la ressource. Le chemin est encore long et l’un des défis majeures pour le Bénin, reste l’effectivité de la gestion par bassin de ces ressources en eau.

Pour l’heure, la mise en œuvre de toutes ces initiatives laisse derrière elle, au-delà des actions entreprises pour sauver les ressources en eau, des cadres de dialogue indispensables et fondamentales pour la préservation et une bonne gestion des ressources en eau en phase avec les principes promus par la GIRE.

 

 

Alain TOSSOUNON

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September 17, 2015

Mansour Faye, ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement : « Nous avons réduit le déficit à Dakar »

L’approvisionnement en eau n’était pas continu dans les quartiers de Ouest Foire, une partie de la Médina, dans certaines unités des Parcelles Assainies depuis plusieurs années. Aujourd’hui,  beaucoup d’eau a coulé sous ses les ponts. Le service est disponible entre 15 et 18 heures contrairement, il y a plus d’un an.  Les  habitants de ces quartiers pouvaient rester des  jours sans avoir qu’une goutte qui ne dégouline de leur robinet. « Nous avons réduit le déficit en eau grâce aux infrastructures réalisées dans le cadre du Programme d’urgence. La grosse difficulté, c’est le stockage. Nous avons une capacité de stockage de 75.000 mètres cubes. C’est une autonomie de 3 heures pour une ville comme Dakar », souligne le ministre, Mansour Faye. Pour des questions de sécurité et de continuité de services, le Sénégal va réduire sa dépendance de la sa principale source d’approvisionnement, le Lac de Guiers qui est à mille lieues de Dakar. C’est dans cette optique que le Sénégal se lancera dans la diversification des sources avec une nouvelle option du dessalement de l’eau de mer. La construction d’une usine aux mamelles d’une capacité de 50.000 mètres cubes et une autre sur la Grand Côte, d’une capacité de 75.000 mètres cubes ouvre de belles perspectives. « Nous aurons avec ces usines, 120.000 mètres cubes. Je pense que nous allons régler les problèmes de déficit d’ici à 3 ans », estime le ministre, Mansour Faye

 

Propos recueillis par Idrissa SANE

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May 11, 2015

6eme Assemblée Générale des partenaires du GWP/AO : Renforcer le rôle des partenariats face aux défis de développement post-2015 (Le Professeur Abel Afouda reconduit pour un mandat de deux ans)

Alain TOSSOUNON (Bénin) 

Le Bénin a abrité les 7 et 8 mai 2015, la 6eme Assemblée Générale des partenaires du Partenariat régional de l’eau de l’Afrique de l’ouest. Sous le thème « L’Afrique face aux défis du développement post-2015 : quel rôle pour les partenariats dans le contexte du changement climatique », cette rencontre qui se tient à quelques mois de l’Assemblée  Générale  des Nations Unies en septembre prochain, les participants ont débattu longuement sur l’importance et la nécessité pour les partenariats nationaux de l’eau, de s’investir résolument dans l’accompagnement des Etats pour la réalisation des Objectifs de développement durables (ODD) et la mobilisation pour l’inscription effective de l’eau comme un objectif spécifique dans les priorités. 

Photo de famille  des participants

Photo de famille des participants

A l’ouverture de cette rencontre qui a réuni les partenaires venus essentiellement de l’Afrique de l’ouest et de l’Europe, le Président du Partenariat National de l’Eau du Bénin (PNE-Bénin), André Toupé s’est réjoui de la tenue de cette Assemblée en terre béninoise pour la première fois.

En effet, l’organisation d’une telle rencontre dans le contexte de la transition des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) vers les Objectifs de développement durable est importante pour  dessiner un nouvel avenir au développement des pays de la sous-région. Et dans cette nouvelle marche vers les nouveaux objectifs, les partenariats comme le réseau en général devront jouer leur partition. « Le rôle de notre réseau dans la réussite de ces processus est éminemment important, non seulement pour la définition des priorités, notamment celles relatives à l’eau et à l’assainissement, mais aussi et surtout pour le respect des engagements une fois qu’ils seront pris ». De même, le contexte de changements climatiques appelle des acteurs, « des solutions innovantes » dans la gestion des ressources en eau. Pour terminer, il a rassuré les uns et les autres quant à l’engagement du PNE-Bénin (plus d’une centaine d’organisations membres), à consolider les acquis et à accompagner le Bénin dans les nouveaux défis auxquels il devra faire face.

En justifiant le choix du thème de cette Assemblée générale,  le Président du Partenariat régional de l’eau de l’Afrique de l’ouest, a rappelé qu’en ce qui concerne les OMD, « s’il y a des raisons de satisfaction globale, en Afrique le défi reste immense et le travail à abattre encore considérable ». Se référant au récent document du Partenariat mondial de l’eau et l’Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE) publié à l’occasion du 7ème Forum mondial de l’eau, intitulé « Garantir l’eau, soutenir la croissance », il a indiqué que les dommages dus aux inondations sont estimés à 120 milliards de dollars par an pour le milieu urbain seulement. De la même manière, les coûts liés aux services d’eau et d’installations sanitaires inadéquates dans les pays en développement sont estimés par l’organisation mondiale de la sante a 260 milliards de dollars par an.  Face à ces défis énormes, le professeur Abel Afouda soutient sans détour qu’il faut que les Etats s’engagent pour les « investissements plus conséquents dans la préservation, la protection et le développement de la ressource en eau ». Dans ce combat pour relever ces défis, il a réaffirmé le rôle des réseaux qui est « essentiel » dans l’amélioration des conditions de vie des populations.

Les officiels au cours de la cérémonie d'ouverture présidée par le Ministre en charge de l'eau du Bénin

Les officiels au cours de la cérémonie d’ouverture présidée par le Ministre en charge de l’eau du Bénin

En ouvrant officiellement les travaux de cette assemblée générale, le directeur de cabinet du ministère en charge de l’eau, agissant en lieu et place du ministre qui a écourté sa présence à cette cérémonie, s’est aussi réjoui du choix du Bénin pour abriter cette rencontre. Tout simplement, pour lui, c’est « un réel motif de satisfaction et d’encouragement à l’endroit du Bénin et de son Partenariat National de l’Eau ». Faisant la genèse  de l’adoption de la Gestion intégrée des ressources en eau (GIRE) au niveau international, il a rappelé qu’au niveau de l’Afrique de l’ouest, la Déclaration de Ouagadougou, a marqué un tournant décisif dans les approches de la gestion de l’eau. Sur le thème de la rencontre,  il a signalé qu’il vise « à mettre en exergue le rôle et la place des différents réseaux dans le combat pour relever les défis auxquels notre continent fait face actuellement et qui vont déterminer les objectifs de l’agenda de développement durable de l’après 2015.

Par ailleurs, faisant le constat que les priorités du continent africain sont en cohérence avec les domaines thématiques définis par le Partenariat Mondial de l’Eau (GWP) dans sa nouvelle Stratégie pour 2020, il a soutenu que toutes ces thématiques démontrent une inter dépendance. « L’eau joue un rôle central qui fait que toutes les activités de développement sont affectées par ce qui affecte cette ressource en bien ou en mal », a-t-il précisé. Pour terminer, il a souligné qu’en ce qui concerne le Bénin,  « il n’y a pas d’autres alternatives crédibles à reconnaître le rôle central de l’eau dans le développement durable et à lui accorder la place qui qui lui revient dans l’agenda de développement de l’après 2015 ». 

De riches panels pour de riches débats

En lien avec le thème de l’Assemblée Générale, plusieurs panels ont organisés pour  débattre des questions relatives au rôle des réseaux dans la reconstruction post-crise,  dans le changement climatique, le dialogue global pour le développement durable et une meilleure gestion des ressources naturelles.

Dans une Afrique en proie aux crises et aux catastrophes, le premier panel a permis aux participants d’appréhender les enjeux liés à la reconstruction après les crises. En se fondant sur les cas du Liberia ou encore du Mali, les échanges ont été utiles pour comprendre la complexité relative aux réponses adéquates qu’il convient d’apporter en tenant grand compte du contexte et en faisant prévaloir le dialogue entre toutes les parties prenantes. En matière de dialogue global pour le développement durable, les réseaux ont toute leur place et doivent pouvoir dans le contexte du lancement prochain des ODD, faire un plaidoyer efficace pour le maintien de l’eau comme objectif dans les 17 priorités mondiales. Selon Philippe Guettier du Partenariat français de l’eau, tout n’est pas encore acquis et il faut travailler à ce que l’eau ne soit pas noyée dans les objectifs comme dans le cas des OMD. Le réseau au niveau régional comme les partenariats doivent se mobiliser pour relever ce défi avant la prochaine Assemblée Générale des Nations Unies de septembre 2015. De même, le plaidoyer  est indispensable pour que dans le cadre de la COP 21, l’eau apparaît comme un point important de discussion au cours  des négociations. C’est pourquoi, le Partenariat français de l’eau se prépare dans le cadre de la COP 21, à mettre en lumière les solutions qui ont fait leurs preuves sur le terrain mais de sonner une grande mobilisation pour attirer toutes les attentions sur la nécessité de mettre l’eau au cours des échanges. Egalement, dans le débat sur le développement, les jeunes comme les femmes ont leur place. En saluant la stratégie jeunesse du GWP/AO qui fait la promotion de la jeunesse, les jeunes présents ont justifié à travers leurs interventions l’importance de leur engagement pour faire de l’eau, l’affaire de tous.

Un appel pour faire face aux enjeux du moment

Face aux enjeux lies à l’agenda de développement post-2015, les participants à l’Assemblée Générale des partenaires de Cotonou, ont lancé un appel aux gouvernements dans les pays de l’Afrique.

 

En effet, dans cet appel, les Partenariats nationaux pour l’eau, s’engagent résolument à « agir pour peser sur les prochaines décisions de la communauté internationale ». Il s’agit de l’obtention d’un Objectif et de cibles post 2015 spécifiques à l’eau ainsi que d’un système de suivi de leur mise en œuvre et de  l’obtention d’un volet relatif à l’adaptation dans l’Accord issu de la COP 21 intégrant une dimension Eau conséquente ainsi que les financements nécessaires ;

Pour y arriver, ils comptent sur leurs capacités à mobiliser  leurs réseaux internes et internationaux du secteur de l’eau et d’autres secteurs (parlementaires, les autorités locales et régionales,  les jeunes, les femmes)

Encadré : Le Professeur Abel Afouda reconduit à la tête du Partenariat régional de l’eau de l’Afrique de l’ouest

Au cours de l’Assemblée Générale, le Président du Partenariat régional de l’eau a présenté le bilan des activités de l’année 2014. On retient pour l’essentiel que pour le compte de l’année 2014 et conformément au programme de travail 2014-2016, il y a eu la poursuite de la consolidation de l’autonomie de gestion administrative et financière du secrétariat exécutif, la poursuite de la collaboration avec les partenaires stratégiques comme le CCRE/CEDEAO, l’IUCN, l’UEMOA, l’ABV…, l’effort soutenu de développement de projets. Surtout, l’année 2014 a été celle du lancement du projet Mékrou qui est rentré dans sa phase active de même que le projet pour la Gestion intégrée de la sècheresse en Afrique de l’ouest et le projet Eau, Climat et développement (WACDEP). Egalement au cours de l’année, il y a eu la contribution du GWP/AO au projet SITWA et la participation aux évènements importants que sont le pré-forum africain de l’eau 2014, la semaine africaine de l’eau de Dakar, l’Assemblée Générale du GWP à Trinidad et Tobago. Globalement, la mise en œuvre des activités programmes pour 2014 connait un très bon niveau d’exécution. C’est pourquoi sur recommandation du comité de pilotage et après approbation des participants, le président Abel Afouda a été reconduit à la tête de l’institution pour un mandat de  deux (2) ans.

Au terme de la rencontre, en dehors de l’appel de Cotonou, l’un des grands résultats est l’engagement pris par les partenariats et l’ensemble des participants, de coopérer avec les gouvernements des pays de l’Afrique de l’ouest pour que l’eau soit une priorité  dans les agendas de de développement.

 

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May 11, 2015

Eau et assainissement: Le GWP Afrique de l’Ouest en Assemblée Générale à Cotonou

Virgil HOUESSOU (Cotonou) 

L’assemblée générale du Partenariat régional de l’eau de l’Afrique de l’Ouest (GWP/AO) se tient à Cotonou du 7 au 8 mai 2015 au Bénin Royal Hôtel.  Le ministre béninois en charge de l’eau, Barthélémy Kassa,  a présidé la cérémonie d’ouverture. Au menu l’importance des partenariats dans le passage des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) aux Objectifs de Développement Durable (ODD). 

Les officiels au cours de la cérémonie d'ouverture présidée par le Ministre en charge de l'eau du Bénin

Les officiels au cours de la cérémonie d’ouverture présidée par le Ministre en charge de l’eau du Bénin

Les assises se tiennent sous le thème « L’Afrique face aux défis du développement post-2015 : quel rôle pour les partenaires dans le contexte du changement climatique ? ». Le choix de ce thème est révélateur de la volonté du GWP/AO à faire face aux évolutions et réalités du secteur de l’eau. Le président du Partenariat national de l’eau du Bénin, André Toupé, justifie le choix de ce thème par le rôle éminemment important du réseau GWP dans les processus pour la définition des priorités des Objectifs de développement durable (ODD) et surtout pour le respect des engagements une fois qu’ils seront pris. En effet, la rencontre de Cotonou se tient en l’an 2015 qui marque la fin des OMD et le début des ODD. La coïncidence de la tenue de l’AG et du lancement du processus pour la négociation des ODD illustrent la disponibilité des partenaires du GWP/AO à faire face efficacement aux préoccupations majeures que sont l’amélioration des ressources naturelles et de la biodiversité, la garantie d’un accès à l’eau potable pour tous, une réponse adaptée au changement climatique, la désertification, la réduction et la gestion des risques de catastrophes naturelles et les effets néfastes de la diversification, de la dégradation et de l’érosion des sols ainsi que les inondations et la sécheresse. « En Afrique, le défi reste immense et le travail à abattre encore considérable. […] La région de l’Afrique de l’Ouest est très vulnérable aux effets des changements climatiques et les investissements dans les mesures de l’adaptation restent très en deçà des attentes », s’inquiète Abel Afouda, Président du GWP Afrique de l’Ouest.

Aucun de ces défis ne peut connaître des réponses appropriées sans une action en partenariat. C’est sur cette précision que l’AG va encore une fois mettre l’accent en conciliant les différentes préoccupations des différents acteurs.  C’est pourquoi la rencontre de Cotonou va se focaliser sur la recherche de la synergie indispensable pour impulser une dynamique nouvelle aux thématiques sur l’eau et l’assainissement.

Le ministre en charge de l’eau a décerné un satisfécit au GWP Afrique de l’Ouest en lui reconnaissant sa place  de « véritable  réseau indépendant, ouvert et équilibré ont la mission fondamentale est de construire des alliances et de renforcer les capacités institutionnelles de ses membres afin d’encourager et de fortifier les réseaux de recherche, d’expertise et d’information sur la GIRE ». C’est au regard de cette réalité qu’il invite « tous les partenaires à joindre leurs voix à celle du GWP pour faire le plaidoyer afin que les Nations Unies identifient l’eau comme un élément central et lui consacre entièrement un des ODD ».

Dans l’agenda de l’Assemblée générale, il y a également le renouvellement des membres des organes dirigeants du GWP/AO et la présentation des rapports d’activités. Sont présents à l’AG de Cotonou les organisations partenaires du GWP/AO, les représentants du partenariat mondial pour l’eau (GWP), ceux des autres partenariats régionaux de l’eau en Afrique et des treize PNE membres du GWP/AO, les représentants des réseaux de jeunes, les PTF et autres intervenant dans le secteur de l’eau.

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May 1, 2015

Assemblée Générale des partenaires du GWP/AO: Les défis liés à l’agenda post-2015 à l’ordre du jour

Alain TOSSOUNON (Bénin) 

Le Bénin abritera du 6 au 8 mai 2015 la 6e Assemblée Générale des partenaires du Réseau ouest-africain de l’eau (GWP/AO). Une rencontre  attendue pour donner de nouvelles orientations stratégiques  dans la recherche de synergie  indispensable pour donner un coup d’accélérateur  au développement des pays de la région.

André TOUPE, Président du PNE-Bénin

André TOUPE, Président du PNE-Bénin

C’est sous le thème « L’Afrique face aux défis du développement post-2015 : quel rôle pour les partenariats dans le contexte du changement climatique »  que se déroulera les assises dans un contexte particulier.

En effet, l’année 2015 est une année cruciale pour la communauté internationale appelée à faire l’évaluation des OMD avant de lancer les Objectifs de Développement Durable (ODD). De même, elle s’apprête pour la 21e Conférence des Parties qui se tiendra en novembre à Paris pour la définition d’un nouvel accord sur les changements climatiques. En choisissant ce thème, le réseau entend préparer les Partenariats Nationaux à accompagner les pays dans cette nouvelle dynamique pour l’atteinte des nouveaux Objectifs de développement durable et ce, dans un contexte de changement climatique.

Se réjouissant du choix du Bénin pour abriter ce grand événement qui se tiendra pour la première fois en terre béninoise depuis l’avènement du Partenariat National de l’Eau du Bénin (PNE-Bénin), le Président du PNE-Bénin, André Toupé, souligne que le thème est en parfaite cohérence  avec les enjeux de l’heure. Il précise que l’Assemblée Générale sera constituée de deux grandes parties. Une première partie sera consacrée  au rapport d’activités du Président du réseau et le programme de travail pour 2015. En dehors de cette partie qu’il qualifie d’habituelle, les partenaires échangeront sur les préoccupations du moment. « Nous sommes appelés a tirer leçons des OMD afin de mieux s’engager pour les ODD », soutient André Toupé. Au-delà des réflexions qui seront faites, il insiste sur la nécessité de travailler ensemble avec tous les partenaires (OSC, parlementaires, journalistes, jeunes…) pour mettre en œuvre un plaidoyer fécond pour les ODD surtout que tous les points de vue convergent vers la nécessité de faire de l’eau, un Objectif parmi les 17 priorités retenues par le groupe de travail des Nations Unies.

Sur le plan des préparatifs, le PNE-Bénin ensemble avec ses membres, s’activent et se disent fin prêt pour faire de cette rencontre une réussite. Surtout, ils nourrissent l’espoir que les conclusions de cette Assemblée  contribuent à  booster  la marche irréversible du Bénin en matière  de  Gestion Intégrée des Ressources en Eau (GIRE).

March 25, 2015

GIRE : Des acteurs  et des journalistes du secteur formés à Ouagadougou

Ousmane DAMBADJI (Niger)

Photo de famille des participants

Photo de famille des participants

Du 09  au 20 février 2015  se sont tenus à Ouagadougou au Burkina Faso, les travaux de l’atelier de formation  des acteurs du secteur de l’eau et de l’environnement  ainsi que des  journalistes spécialisés sur la thématique. Financé entièrement par le Gouvernement Danois, développé par l’institut International d’ingénierie de l’eau et de l’environnement (2iE) et le cabinet DHI basé au Danemark en collaboration avec Danida  fellowship Centre (DFC),  cette formation  vise à renforcer les capacités des ces  différents acteurs à participer pleinement dans la gestion intégrée des ressource en eau communément appelé GIRE. C’est  une approche qui doit permettre ; une meilleure connaissance quantitative et qualitative de toutes nos ressources en eau; l’identification des sources de pollutions et la protection des ressources en eau et des écosystèmes qui leurs sont rattachés; Une exploitation optimale et équitable pour tous les usages; L’implication de tous les acteurs et à tous les niveaux. De manière à ce que l’eau soit un facteur de développement socio- économique pour les générations présentes et futures. Pendant deux (2) semaines, les participants du Niger, du Mali et du Burkina Faso ont suivi avec intérêt des communications très enrichissantes de la part d’éminents experts des questions de l’eau et de l’environnement. Le secteur de l’eau est censé subvenir à des besoins sociaux, environnementaux et économiques. Devant la pénurie croissante de l’eau exacerbée par l’explosion démographique et l’urbanisation, la mauvaise affectation des ressources, la dégradation de l’environnement et la mauvaise gestion des ressources en eau, le gouvernement Danois à travers  ses multiples appuis en Afrique  cherche à relever les  défis  par des  approches  nouvelles  de la gestion des ressources en eau. L’eau est une ressource unique aux usages concurrents. Les experts ont  amplement démontré que la gestion de l’eau est complexe, recouvre plusieurs niveaux et nécessite un cadre global. Ce cadre analytique facilitera l’examen des interactions entre l’écosystème et les activités socio-économiques dans les bassins fluviaux. Une approche intégrée devrait donc se substituer aux approches sectorielles ou sous sectorielles en prenant en compte les objectifs sociaux, économiques et environnementaux, en évaluant les ressources en eau dans chaque bassin,  en gérant la demande d’eau, et en cherchant à obtenir la participation des parties prenantes. La gestion des ressources en eau doit toujours s’opérer dans un cadre caractérisé par trois objectifs interdépendants sociaux, économiques et environnementaux et cherche à satisfaire, de manière équilibrée, les besoins correspondants. Tout au long de la formation les formateurs  ont largement entretenu les participants   sur  la situation actuelle dans le secteur de l’eau et  les différentes  politiques de gestion intégrée des ressources en eau  et de l’environnement dans nos pays africains. Les principaux défis identifiés dans le cadre  de cette démarche étaient la pénurie d’eau, la difficulté d’accès à l’eau potable, le manque  d’eau  pour les plus vulnérables, les pauvres, les femmes et les enfants et la montée du besoin en eau pour la production vivrière en vue d’une alimentation correcte. Les grandes causes de ces défis sont  les conséquences du changement climatique qui engendre la rareté des pluies, la détérioration de la qualité de l’eau douce liée à la dégradation de l’environnement, la concurrence et les disputes plus nombreuses qui entourent les ressources en eau communes, la baisse de l’investissement  dans  les ressources en eau à l’échelon local, national et régional .Il existe au moins cinquante quatre (54) masses d’eau qui traversent ou constituent des frontières internationales en Afrique. Très peu d’entre elles sont conjointement bien  gérées. La dépendance des pays situés en aval vis à vis de ceux qui se trouvent en amont pour ce qui est de l’accès à l’eau ou à sa mise en valeur constitue une menace potentielle pour la stabilité et la paix régionales. C’est pourquoi le gouvernement  Danois soutien  les efforts conjoints des pays Africain  visant à élaborer des stratégies en matière de gestion intégrée des ressources en eau et de l’environnement. Sur le plan environnemental si l’on veut éradiquer les effets pervers de la dégradation de l’environnement sur les ressources en eau, les mesures à prendre dans l’avenir devront englober des stratégies et des politiques environnementales précises afin de permettre une utilisation optimale et efficace de ces ressources mais aussi  de trouver des solutions matérielles et des mesures d’atténuation, il faudrait aussi envisager des politiques qui ont un impact indirect. Selon la vision du gouvernement Danois,  La gestion intégrée des ressources en eau exige une bonne coordination des activités des sous secteurs de l’eau qui permet de faire efficacement face aux questions de changement climatique et  de l’insécurité  alimentaire dans les pays en développement  particulièrement le sahel. Les participants à cette formation de Ouagadougou  se sont rendu sur le Barrage de loumbila l’un des plus grands du pays  pour apprécier les expériences du Burkina Faso en matière de la gestion intégrée des ressources en eau. Avant de quitter Ouagadougou les participants ont tous assimilé les outils de gestion intégrée des ressources en eau  et de l’environnement dont entre autres le logiciel  MIKE HYHRO BASIN qui est un outil très indispensable pour promouvoir la gestion intégrée des nos ressources en eau afin de lutter efficacement contre la pauvreté.