Posts tagged ‘Africaine’

July 19, 2016

ACCES UNIVERSEL A L’EAU ET A L’ASSAINISSEMENT: Les organisations de la société civile mettent la pression sur les gouvernements africains

Par Jacques Ngor SARR (envoyé spécial en Tanzanie)

La 6ème semaine africaine de l’eau qui se tient actuellement en Tanzanie a servi de tribune aux organisations de la société civile, réunies au sein du Réseau africain de la société civile sur l’eau et l’assainissement, pour demander au Conseil des ministres africains en charge de l’eau (AMCOW), de mener à bien l’agenda 2030.

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Sur la base des différents engagements pris dans le secteur de l’eau, l’assainissement et l’hygiène, notamment la Déclaration de N’gor, la Vision Africaine pour l’Eau à l’horizon 2025, l’Agenda de l’UA pour l’Afrique à l’horizon 2063, le Réseau africain de la société civile sur l’eau et l’assainissement, dans une déclaration, a demandé au conseil des ministres de mener à bien l’accès universel à l’eau et l’assainissement.

Le Réseau, qui a remis ladite déclaration au président de l’AMCOW en l’occurrence le ministre de l’hydraulique sénégalais Mansour Faye lors de la cérémonie d’ouverture de la semaine de l’eau, reste convaincu que le développement de l’Afrique, notamment la santé et la dignité des populations passe par des mesures et actions concrètes de ceux qui « nous gouvernent ». «Et cela ne sera possible qu’à travers la priorisation de l’Objectif de Développement Durable numéro 6 portant sur l’eau et l’assainissement».

Par conséquent, il demande aux gouvernements et ministères Africains de faire de l’eau, l’assainissement et l’hygiène une composante essentielle dans la mise en œuvre et la réalisation des ODD; de reconnaitre le rôle central de l’Objectif 6 dans la réalisation de tous les autres Objectifs de Développement Durable en favorisant les échanges inter sectoriels, la collaboration pour réussir cet agenda. Aussi elle demande aux gouvernements et ministres  de veiller à la mise en œuvre des engagements contenus dans la Déclaration de N’gor, la plateforme mondiale Eau et Assainissement pour Tous (SWA) en les alignant avec les plans nationaux d’exécution des ODD qui seront développés et d’accorder un plus grand rôle aux OSC qui doivent être impliqués à tous les niveaux, notamment dans la coordination, la mise en œuvre et la communication sur l’ODD 6.

Les organisations de la société civile ont en outre demandé aux gouvernements de renforcer la mobilisation des ressources au niveau national pour réaliser des services durables et performants, tout en améliorant la performance des institutions compétentes par des mandats clairs et des mécanismes adéquats de responsabilisation et de transparence pour une bonne gouvernance du secteur.  Mais aussi intégrer la gestion des ressources en eau dans tous les projets de développement, notamment les initiatives industrielles et extractives dans le but d’assurer une utilisation durable des ressources en eau.

Tout en s’engageant à travailler en synergie pour surmonter les défis communs, l’ensemble des organisations de la société civile, appellent les gouvernements à reconnaitre la nécessité de collaborer pour trouver des solutions capables de tirer le meilleur parti des opportunités disponibles.

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July 18, 2016

6ème SEMAINE AFRICAINE DE L’EAU : L’Afrique avec ses partenaires élaborent des stratégies pour la réalisation des ODD

Jacques Ngor SARR (envoyé spécial en Tanzanie)

La 6ème semaine Africaine de l’eau, qui se tient à Dar Es Salaam (Tanzanie)  du 18 au 22 juillet constitue un tournant décisif en ce sens qu’elle offre à l’Afrique avec ses partenaires, l’occasion d’élaborer des stratégies pour la réalisation des ODD.

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La 6ème semaine Africaine de l’eau, qui se déroule à Dar Es Salaam (Tanzanie), offre l’occasion pour l’Afrique avec ses partenaires d’élaborer des stratégies et des bases solides, en vue d’assurer la traduction des engagements de hauts niveaux, notamment la déclaration de Ngor sur la sécurité en matière d’eau et d’assainissement en des actions concrètes aux niveaux national, sous régional et continental. C’est la conviction du Conseil des ministres africains de l’eau (Amcow) relatée par son président, Mansour Faye, ministre de l’hydraulique du Sénégal.  Sous le thème : «la réalisation des ODDs à travers la sécurité de l’eau et l’assainissement», l’Afrique et ses partenaires ont amorcé donc une réflexion pour la mise en place d’un plan pour l’exécution de la déclaration de Ngor. Cela devrait conduire à la mise en place de politiques appropriées, des actions innovantes, avec une forte motivation pour leur mise en œuvre et un investissement accru à différents niveaux, a déclaré le ministre Mansour Faye qui présidait la cérémonie d’ouverture avec le Premier ministre de la Tanzanie Kassim Majaliwa et l’envoyé spécial de l’Unesco pour l’eau en Afrique, l’ancien président Kenya Mwai Kibaki, au Centre de Conférences internationales Julius Nyerere à Dar Es Salaam.

Le ministre demeure optimiste que les programmes émanant de ces politiques contribueront à la réduction de la pauvreté, à l’amélioration de la santé, au développement social et à la croissance économique de l’Afrique. Il souligne qu’aujourd’hui, la question est de savoir quelles sont les mesures à prendre pour réaliser les objectifs fixés pour atteindre l’accès universel à l’eau et à l’assainissement. A ce propos, il déclare que l’Amcow a noté les leçons tirées de l’expérience des objectifs du millénaire pour le développement tout en soulignant l’influence des conditions initiales sur la progression à l’atteinte des OMD. C’est pourquoi note-t-il, « il faut se féliciter de l’acte posé par les chefs d’Etat lors du dernier sommet de l’UA à Kigali qui ont entériné la déclaration de Ngor sur la sécurité en matière d’eau et d’assainissement en tant qu’instrument pour mobiliser nos Etats en vue de réaliser la vision africaine de l’eau à l’horizon 2025, l’ODD6 en 2030 et l’agenda 2063 de l’UA».

June 1, 2014

5ièm SEMAINE AFRICAINE DE L’EAU : WaterAid félicite AMCOW pour la priorisation de l’assainissement dans la « Déclaration de Dakar »

Par Jacques Ngor SARR- Dakar/Sénégal – De tout ce qu’on aura retenu de plus dans la 5ième semaine africaine de l’eau, dont les rideaux sont tombés hier à Dakar, c’est la déclaration duconseil des ministres africains de l’eau, communément appelée « la déclaration de Dakar ». L’ors de la cérémonie de clôture de la rencontre, les Ministres Africains ont décidé de proposer un objectif de développement durable portant sur l’eau et l’assainissement. Une décision accueillie avec satisfaction par l’ONG internationale WaterAid qui félicite les responsables de cette structure pour leur leadership à trouver des solutions à la crise de l’assainissement. Dans un communiqué rendu publique, WaterAid estime que cette Déclaration marque l’aboutissement de 5eme Semaine africaine de l’eau conjointement organisée par AMCOW et la Commission de l’union africaine et qui a connu la participation de 1000 délégués venus de tout le continent.

« En demandant un objectif de développement durable portant sur l’eau et l’assainissement , la Déclaration s’inscrit en droite ligne avec le axes prioritaires du groupe de réflexion international des Nations Unies sur les objectifs de développement durable ». WaterAid précise que « cet organisme des Etats membres des Nations Unies publiera son rapport en aout pour proposer les nouveaux objectifs de développement qui suivront les OMD dont l’échéance est en 2015 ».

Dans le même ordre d’idée le responsable Pan-Africain de WaterAid Nelson Gomonda déclare: «la Déclaration de Dakar fait ressortir clairement le message des ministres africains que la crise de l’assainissement ne saurait être éradiquée sans un objectif global dédié à l’eau et l’assainissement. Avec 7 africains sur 10 sans accès à un assainissement adéquat, coupler l’assainissement avec l’eau et dans les objectifs de développement durable s’avère essentiel pour réaliser une vision d’un continent plus sain, économiquement productif et qui vit le bonheur».

L’ONG précise qu’à coté de ce processus, certains pays africains vont finaliser leur position sur le groupe international de réflexion des Nations Unies sur le Développement durable lors de l’avant dernière rencontre du 16 au 20 juin. « L’eau et l’assainissement figurent en bonne place dans l’actuel rapport provisoire et il est heureux de constater que la Déclaration de Dakar s’aligne avec un consensus global qui est que le cadre de développement durable doit intégrer un objectif sur l’eau et l’assainissement ».

Ainsi la Déclaration de Dakar publiée samedi 31 mai 2014 devance celle sur la ‘position de l’Afrique’ sur le cadre post-2015 qui sera connue le jeudi 3 juin lors de la réunion de l’Union africaine à Addis Abéba en Ethiopie.

May 27, 2014

MARIANE DEM, DIRECTRICE REGIONALE WATERAID AFRIQUE DE L’OUEST : «La Sae-5 est une opportunité pour rappeler nos engagements, au premier rang ceux des gouvernements»

Par Jacques Ngor SARR- Dakar Sénégal- La 5e édition de la semaine nationale africaine  de l’eau a servi de prétexte à la Directrice régionale de Waiteraid pour l’Afrique de l’Ouest, Marianne Dem, de rappeler les engagements pris de part et d’autre pour l’atteinte des objectifs du millénaire pour le développement dans secteur de l’eau, l’hygiène et l’assainissement. Dans l’entretien qu’elle nous a accordé, M. Dem a invité tous les acteurs à travailler ensemble pour trouver les meilleures solutions. Non sans manquer de rappeler aux gouvernements à repenser leur façon de faire et à reconsidérer les priorités.

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La semaine africaine de l’eau s’ouvre aujourd’hui à Dakar, pouvez-vous revenir sur les objectifs de la rencontre ?

Je crois que le Conseil ministériel africain sur l’eau (Amcow) est mieux placé pour parler de cette semaine , mais pour ce qui nous concerne au niveau de Wateraid, nos objectifs sont en droite ligne avec le thème central de la semaine africaine de l’eau qui est de mettre au centre de l’après 2015 notamment des objectifs post 2015, de mettre l’accès à l’eau potable l’hygiène l’assainissement au centre.

Alors le thème, vous l’avez dit, c’est de mettre l’eau au cœur de l’agenda de développement post 2015. Qu’est-ce qui justifie un tel choix ?

Je crois que le monde, notamment les leaders du monde, réalise que l’accès à l’eau potable, j’ajouterai à l’assainissement et à l’hygiène, est au centre du développement humain. Si vous regardez le lien entre l’accès à l’eau potable et l’éducation, le lien entre l’accès à l’eau et la santé, le lien entre l’accès à l’eau potable ou le développement économique des femmes, vous vous rendrez compte que c’est intimement lié. On ne peut pas parler de développement durable si on ne réalise pas ce besoin de base pour l’ensemble des fils et des filles de nos pays. Je crois que c’est pour ça que le conseil ministériel de l’eau et l’assainissement organise cette rencontre tous les deux ans. On sait que maintenant le droit à l’eau et à l’assainissement est un droit reconnu par les Nations unies. On sait aussi que la plupart de nos pays africains ont reconnu maintenant l’importance de ce secteur et certains d’entre eux l’ont placé dans leurs priorités de développement.

Pourtant malgré toutes ces volontés, il est clair que certains pays ne vont pas atteindre les Omd d’ici à 2015, en tout cas pour ce qui concerne le secteur de l’eau et d’assainissement…

Cela est vrai. Je crois que d’une part, c’est lié à la façon dont les OMD ont été définis. Je crois qu’il n’y a pas suffisamment d’appropriation de ces objectifs par nos décideurs quand on les décidait en 2000. Même s’ils ont signé et accepté, ils n’ont pas à temps mis en place tous les mécanismes, y compris les politiques nationales qui permettaient de réaliser ces objectifs. Donc, c’est un peu sur le tas que ces politiques ou ces stratégies ont été mises en place. D’autre part, il faut savoir que quelles que soient les bonnes intentions que vous avez, si vous ne vous donnez pas les moyens de les réaliser, ça restera de bonnes intentions. Et je crois que la question du financement des programmes d’accès à l’eau potable, et particulièrement de l’assainissement, a été le parent pauvre par rapport à ces objectifs du millénaire. Je crois qu’il n’y a pas eu cette volonté politique de trouver l’argent, d’abord dans le budget national, et en plus que l’argent reçu ailleurs soit investi de manière efficace pour atteindre les objectifs.

Donc ne faudrait-il pas revisiter la gouvernance liée au secteur de l’eau, afin de corriger les disparités pour garantir le droit à l’eau ?

Tout a fait, je crois qu’il faut même asseoir une gouvernance transparente. Mais avant la gouvernance, il faut d’abord réaffirmer la volonté politique en disant que ça, c’est un secteur prioritaire, en regardant son impact sur les autres secteurs, sur le développement de nos pays. Une fois que cela est fait, je pense aussi qu’il faut se donner les moyens de cette volonté politique, en ayant un budget clair avec des dotations précises. Je rentre du Niger, quand on a rencontré le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, il nous a expliqué que son département retravaillait sur les stratégies de l’assainissement, parce qu’on leur a demandé de donner une valeur chiffrée de ce qu’il a prévu de faire. Souvent on fait des programmes, mais on n’estime pas le coût. Mais une fois qu’on a estimé ces coûts, il s’agira de dire d’où viendra l’argent et que l’on s’assure que cet argent va venir. Si l’argent arrive, c’est là où la gouvernance transparente a son importance, parce qu’à ce moment on s’assure que l’argent va là où on a prévu qu’il aille, tout en regardant les questions d’équités, de bonne gestion, etc. Donc, pour moi, il faut la volonté politique, la traduire en engagement concret, y compris cet engagement de donner l’allocation budgétaire nécessaire pour réaliser les investissements et les objectifs fixés pour l’accès à l’eau potable, à l’hygiène et à l’assainissement.

Alors avec la présence des ministres africains de l’Hydraulique, n’est-ce pas là une occasion pour les différents acteurs du secteur de l’eau de leur livrer un message afin d’accélérer la cadence ?

Absolument ! En fait, nous n’avons même pas attendu la semaine africaine de l’eau pour livrer ce message. La semaine passée, j’étais avec le directeur de notre programme international, j’étais aussi au Niger comme je vous l’ai dit et nous avons eu des discussions. Avant cela, nous avons rencontré le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement du Sénégal, Pape Diouf, et nous avons parlé de nos actions. J‘étais très heureuse d’entendre le ministre sénégalais dire que, pour eux, leur date butoir de l’accès universel, c’est 2020. Il ne parle pas de 2030 qui est la date butoir au niveau mondial pour l’accès universel à l’eau et l’hygiène. Donc, c’est un message continue pour cette rencontre qui est un moment fort, où tous les acteurs, qui ont un rôle à jouer et qui sont engagés sur ce secteur, se retrouvent pendant cinq jours à Dakar. C’est une grande opportunité pour rappeler nos engagements que nous avons pris les uns les autres, au premier rang desquels les engagements des gouvernements. Mais aussi travailler ensemble pour trouver les bonnes solutions pour réaliser ces engagements en étant très objectifs et très critiques avec nous-mêmes, nous les Africains. On rappelle toujours que certains pays asiatiques étaient au même niveau de développement que nos pays à l’indépendance, pourquoi aujourd’hui ils nous ont dépassés ? Il faut qu’on s’organise et qu’on ait la volonté politique et que l’on accepte que tous les acteurs doivent être ensemble, y compris la société civile qui a un rôle à jouer, et qu’on lui donne la place qu’il faut. Que les gouvernements soient ouverts à repenser leur façon de faire et à reconsidérer les priorités.

Quelle lecture faites-vous des priorités post 2015 ?

Nous savons que le Conseil ministériel africain sur l’eau (Amcow) met l’accent sur un but de développement humain après 2015 sur l’eau. Pour nous, il faut parler de l’eau et de l’assainissement, c’est important. Vous ne pouvez pas détacher la question de l’assainissement à celle de l’eau. On espère, dans certains pays sud du Sahara, atteindre l’objectif du millénaire pour l’eau, même si on sait que cet objectif n’est que de réduire de moitié. Mais pour l‘assainissement, on est loin de réaliser cet objectif. Donc, on ne peut pas ne pas mettre l’assainissement au cœur de nos actions. Notre appel aux gouvernements, au Conseil ministériel africain sur l’eau (Amcow), aux ministres de l’Hydraulique, c’est de leur dire que l’assainissement doit être couplé avec l’eau. Nous devons chercher un but après 2015 pour l’eau et l’assainissement.