Archive for ‘Senegal’

April 26, 2016

ACCES A L’EAU: WaterAid mise sur les droits pour influencer les décideurs

Mamadou L. Camara (Dakar- Sénégal)

Le Directeur régional des programmes en Afrique de l’Ouest  pour Water Aid, Joe Lambongang (photo) a dévoilé ce lundi la nouvelle stratégie que l’organisation compte désormais mettre en œuvre en Afrique de l’Ouest.

joe-lambongang

« Nous voulons maintenant mettre l’accent le droit à l’accès à l’eau et à l’assainissement surtout pour les couches  vulnérables » a-t-il annoncé lors de la cérémonie d’un séminaire dédié au   journaliste qui a démarré ce lundi à Dakar. «Cette fois-ci, nous voulons mettre l’accent sur l’hygiène » a-t-il annoncé pour faciliter l’accès à  l’eau et l’assainissement  en Afrique.  Le  but  visé à  travers cette  nouvelle stratégie est de pousser les décideurs à  faire de l’assainissement une priorité dans  leurs politiques. Il faut noter qu’en Afrique de l’Ouest  où les taux d’accès sont respectivement de 72% pour l’eau et de 25% pour l’assainissement. Dès lors, Joe Lambongang a recommandé pour importation de technologies adaptées aux réalités africaines. «Il faut que les technologies importées pour faciliter l’accès à l’eau et à l’assainissement soient adaptés aux réalités du milieux » a-t-il recommandé.

April 1, 2016

POMPAGE DE LA NAPPE SOUTERRAINE PAR L’USINE DANGOTE : Des experts révèlent de graves menaces sur la santé des populations

Jacques Ngor SARR (Dakar-Sénégal)

L’usine de la cimenterie Dangote, implantée à Pout depuis quelques années, est en train de pomper l’eau de la nappe phréatique pour ravitailler le système de refroidissent de ses machines. Des rapports réalisés par des experts révèlent de graves menaces sur les ressources hydrauliques de cette localité et sur la santé des populations locales.

 Cimenterie Dangote

Depuis que l’usine a commencé à exploiter des forages sur autorisation de l’Etat du Sénégal, à travers une lettre datée du 26 novembre 2012 délivrée par le ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement, dirigé à l’époque par Oumar Guèye, les rapports entre la population et les responsables de l’usine se détériorent de plus en plus. La cause : Le recours à la nappe qui ne serait pas sans conséquence sur l’environnement et sur la santé des populations de la zone.

Dans son rapport intitulé «Analyse critique des impacts quantitatifs et qualitatifs des prélèvements en eau de la nouvelle cimenterie de Pout sur les ressources en eaux souterraines», l’expert hydrogéologue, enseignant-chercheur à l’Ufr Sciences de l’ingénierie de l’Université de Thiès, le Dr Cheikh Hamidou Kane, a révèle que «pour sa production d’eau, la cimenterie de Pout et les carrières connexes de Tchicky et Pout Est exploitent actuellement 5 forages (sur 6 autorisés)».

Aussi, le Dr Kane fait observer que «dans la zone de Pout, il existe plusieurs infrastructures dédiées à l’Approvisionnement en eau potable (Aep) de Dakar qui exploitent les deux nappes du Paléocène et du Maastrichtien. Il s’agit notamment des centres de captage de Pout Nord, Pout Sud et de Pout Kirène».
Les agriculteurs exploitent également les eaux souterraines. Plus grave, «les prélèvements de la cimenterie Dangote vont s’ajouter à ceux de la Sénégalaise des eaux (Sde) qui, rien que pour la zone de Pout Nord, exploite neuf forages. Cette surexploitation des eaux souterraines risque de créer de la place aux eaux salées».

Dans un autre rapport intitulé : «Etude de la consommation en eau de la cimenterie de Dangote à Pout», réalisé par Emile Ngom, expert en énergie, qui a révélé que la cimenterie envisage de produire trois millions de tonnes de ciment, il est a indiqué que le prélèvement de ressources hydrauliques sur la nappe phréatique risque de connaître une hausse importante.

«En cas de réalisation du doublement de la capacité prévue (passage de 1,5 à 3 millions de tonnes avec extension de la puissance consommée de la centrale de 22 Mw à 44 Mw), la consommation annuelle en eau passera de 1 million 478 mille 520, à 2 millions 755 mille 560 m3, soit une augmentation de d’environ 87%», souligne M. Ngom.

 

Risques d’une infection respiratoire

Le rapport recommande à la cimenterie Dangote d’améliorer le design de la centrale thermique en remplaçant l’aéroréfrigérant par un aérocondenseur. Cette modification supprimerait le plus gros consommateur d’eau de la cimenterie et préserverait une nappe phréatique déjà très déficitaire dans cette zone.

Pour l’ingénieur environnementaliste Ibrahima Diaw, les préoccupations liées à l’eau se rapportent notamment au pompage, à l’eau de refroidissement, au traitement de l’eau, au traitement des eaux usées et à la pollution des sols. L’auteur de «L’Analyse de conformité de la procédure et examen du rapport d’évaluation environnementale du projet de cimenterie de Dangote à Pout», renseigne que les risques de biocides n’ont pas été clairement mentionnés dans le rapport d’évaluation environnemental.

Au-delà, détecte-t-il, la légionellose, qui est une infection respiratoire provoquée par les bactéries vivant dans l’eau douce, appelées légionelles, risque de voir le jour dans la zone. «L’infection se fait en général par inhalation de l’aérosol (gouttelettes sorties en tête des tours aéroréfrigérantes). C’est une infection qui peut être mortelle», indique le  document qui montre que «la seule approche technique pour maîtriser le risque de développement des légionelles dans ces systèmes s’appuie sur la mise en œuvre d’un suivi rigoureux et de procédures d’alerte en cas de franchissement de certains seuils».

En étudiant l’évaluation faite de l’environnement de la localité d’implantation de l’usine, il est découvert que «ce risque n’a jamais été mentionné dans le rapport d’Etude d’impact environnemental et social et les moyens de suivi et de contrôle de la qualité des eaux d’appoint de chaudière et du circuit de refroidissement ne sont pas explicités». «Sa prise en compte demande un investissement supplémentaire», recommande-t-il.

 

April 1, 2016

IMPACT DE LA POLLUTION SUR LA SANTE DES POPULATIONS : Les deux tiers des patients souffrent de maladies diarrhéiques ou respiratoires

Youssouph Bodian (Dakar Sénégal)

A Petit Mbao le deuxième motif de consultation demeure les maladies liées à l’eau telle que les diarrhées. Elles sont devenues très fréquentes dans la zone. «Il a été constaté ces dernières semaines une recrudescence des gastros avec au moins quinze cas en deux jours. Les patients sont pour la plupart des enfants» révèle l’Infirmier chef de Poste du dispensaire qui fait face au quartier Petit Mbao Pheul, le plus touché par les déchets liquides. Une situation inquiétante selon Mame Biram Thioune qui a tenu à préciser qu’à ce jour il n’y a pas d’études qui confirment que l’accentuation des maladies diarrhéiques dans la zone est liée à déchets liquides déversés par l’usine.

Toutefois le premier motif de consultation demeure les maladies respiratoires.  Nous l’avons trouvé sur une natte négligemment adossé sur un mur dégarni par la brise marine. A notre arrivée le vieux Idy Dia la soixantaine, s’efforce à se redresser, respire profondément avant de répondre à notre salutation. «Je m’excuse mon fils, depuis la tabaski (Ndlr: au mois d’octobre 2015), j’ai été terrassé par mon asthme qui persiste toujours. Comme le délégué de quartier ils sont des milliers d’habitants de Petit Mbao à traîner au dispensaire de Petit Mbao selon l’infirmier chef de poste. « Lors des six derniers mois nous avons reçu 1500 cas de malades souffrant de problèmes respiratoires » ajoute le docteur Thioune.

April 1, 2016

TEMOIGNAGE DE MARIAMA BALDE, VICTIME D’INFECTION : « Si mon mal persiste, je risque d’être répudiée par mon mari qui perd patience»

Paul Kadja Traoré (Dakar Sénégal)

La tête baissée, la voix tremblante, le regard hagard, Mariama Baldé peine à s’exprimer. La tristesse se lit sur son visage angélique. Mère de cinq enfants, Mariama Baldé est bouleversée par une maladie sexuelle qui entrave son existence depuis plus d’une année. La quarantaine, cette résidente du quartier populaire de Djiddah Thiaroye Kao, situé dans la commune de Pikine, souffre d’infection vaginale. Trouvée,  devant la porte du bureau du médecin chef du district sanitaire de son quartier, Mariama Baldé attend patiemment son tour pour se faire consulter.

«J’ai compris assez vite que je ne pouvais plus négliger ce problème. Effectivement, il commençait à bouleverser et à ruiner irrémédiablement la vie que j’avais vécue jusqu’à ce moment. Après avoir essayé divers traitements traditionnels, plantes, lotions et pommades qui, non seulement, n’ont pas résolu mon problème, mais m’ont aussi fait dépenser de l’argent inutilement, j’ai décidé de prendre rendez-vous avec le médecin du centre pour résoudre cette question difficile», explique-t-elle.

Après un bref moment d’hésitation, Mariama Baldé poursuit son récit en avouant : «Si mon mal persiste, je risque d’être répudiée par mon mari qui perd patience. Il menace de me quitter, si je continue à me refuser à lui. Alors que mon état ne me permet pas de remplir mes devoirs conjugaux. D’où mon empressement de retrouver la santé avant que l’irréparable ne se produise».

 

April 1, 2016

Dr MOMAR NIANG, MEDECIN CHEF DE DJIDDAD THIAROYE KAO SUR LE MANQUES D’HYGIENE : «La majorité des femmes vivant dans les zones inondées souffrent d’infections vaginales»

Paul Khadja Traoré (Dakar Sénégal)

Le médecin-chef, Dr Momar Niang de Djiddah Thiaroye Kaw, localité comptant près de 200 000 habitants, n’a pas mis de gangs pour faire des révélations qui jusqu’ici étaient tabou dans cette localité. «Je reçois en moyenne 20 cas de femmes souffrant de maladies infectieuses par jour», confie-t-il.

images

D’après le praticien, «la majorité des femmes vivant dans les zones inondées souffrent d’infections vaginales. Une situation qui est causée par le manque d’hygiène corporelle». Selon le médecin, la plus fréquente de ces infections vaginales qui affectent les femmes de la banlieue est le germe pathogène, un champignon appelé «candida albicans». Il s’attaque aux organes génitaux provoquant des démangeaisons, mais le danger est que ces microbes sont facilement transmissibles par l’usage commun des serviettes, des éponges et autres sous-vêtements. D’après le médecin, la recrudescence de ces cas d’infections dans les zones inondées s’explique par la nonévacuation des blocs sanitaires des maisons. «La femme est très sensible, même en temps normal. Elle doit prendre soin de ses parties intimes pour ne pas attraper d’infections. Malheureusement, pour celles qui ont été victimes des inondations, et celles qui n’ont pas accès à des toilettes adéquats,  les moyens de se protéger font défaut», renseigne le médecin. Aussi, Momar niang estime que la famille doit disposer de toilettes qui répondent aux normes d’hygiène. Il soutient aussi qu’après chaque hivernage, l’Etat doit prendre les mesures idoines pour permettre aux victimes d’inondation d’assainir leurs blocs sanitaires afin de pouvoir préserver les femmes de certaines «maladies honteuses». Par ailleurs, les statistiques de l’organisation mondiale de la santé montrent que, aujourd’hui, en Afrique, plus de 75% des femmes ont une fois fait une mycose vaginale et 40 à 50% d’entre elles ont eu au moins 2 à 3 épisodes de l’infection. La tendance est actuellement à la hausse avec 10 à 20% des femmes qui font des candidoses vaginales à répétition et 20% qui sont porteuses de la maladie sans présenter des signes cliniques. Aussi, pour éviter les infections vaginales, les experts en santé sexuelle recommandent aux femmes une bonne hygiène corporelle. Pour épargner la gente féminine de ce malaise, les femmes doivent porter des vêtements propres et bien secs. Les régions vulvaires et les plis inguinaux doivent être soigneusement séchés après le bain et les sous-vêtements doivent être bien séchés, de préférence au soleil. Mais, elles doivent surtout accéder à des toilettes décentes.

April 1, 2016

ACCES A L’EAU POTABLE AU SENEGAL: Quant les pauvres paient l’eau plus chère que les riches

Idrssa Sané- Dakar Sénégal

Le monde est fait de paradoxe. Les personnes issues des familles modestes paient l’eau plus chère que ceux qui ont un meilleur pouvoir d’achat résident dans des villes au Sénégal. Mais les prix les plus élevés sont enregistrés dans le département de Bakel, à Diwara, à Moudyry où les tarifications n’ont pas encore fini de susciter des commentaires.

Un paradoxe. Les personnes vivant dans le milieu rural paient l’eau plus chère que les résidents des villes. En outre, la grille tarifaire laisse apparaître des écarts sur le prix du mètre cube de l’eau par localité. La première incongruité, les Sénégalais du monde rural dépensent plus pour payer un mètre cube d’eau que ceux qui résident dans les centres urbains. En outre, des disparités tarifaires sont notées dans le monde rural. « Les zones les plus pauvres paient l’eau plus chère. Dans la région de Diourbel, l’indice de pauvreté de 71 %, le mètre cube est vendu à 378 francs Cfa pour la tranche sociale rurale », relève le directeur de l’Ofor, Lansana Gagny Sakho. L’orientation est claire. Il s’agit de réduire à néant les disparités à tous les niveaux entre les villes et les villages, entre les Sénégalais de Dakar et les Sénégalais des régions. « De façon très ramassée, l’objectif, c’est d’arriver à casser cette césure qui existe entre l’hydraulique urbaine et l’hydraulique rurale. Nous voulons qu’on parle simplement d’hydraulique avec la même qualité de services, d’eau, et avec un service d’eau optimalisé », a insisté le directeur de l’Ofor. A vrai dire, les sociétés qui ont contractualisé avec les Associations des usagers des forages (Asufor ), les critères de tarification laissent apparaître l’absence d’objectivité. Elles ont fixé le prix sur la base que les localités de Diawara, Yelingara, Moudiry, Tuabou situées dans le département de Bakel comptent beaucoup d’émigrés. C’est ce qui transparaît à travers l’analyse des grilles tarifaires en milieu rural sur toute l’étendue du territoire. La preuve, à Ourossogui, qui compte plus de 30.000 habitants, le mètre cube est vendu à 175 FCfa. Il en est de même à Bokidiawé.

Casser cette césure qui existe entre l’hydraulique urbaine et l’hydraulique rurale

A Kanel, il coûte 225 FCfa. La fixation du prix a fait l’objet d’âpres négociations entre la société concessionnaire et l’Asufor de Diawara. La société avait proposé, dans un premier temps, 600 F CFA alors que l’Asufor a opposé un prix d’au moins 300 F CFA. Les deux parties ont fait des concessions pour s’entendre sur 400 F CFA. « Au début, j’avais clamé tout haut que ce prix était très élevé pour les populations. Après les échanges et les interventions des partenaires, nous avons trouvé l’accord autour de 400 F CFA le mètre cube. Je reste sur ma position. Nous sommes pour la baisse du prix préconisé par l’Ofor », rapporte le président de l’Asufor de Diawara au cours d’une séance de travail à laquelle a pris part le préfet de Diawara Mansora Diallo.La cherté de cette source vitale se lit aussi sur les marges de recettes de la société concessionnaire. La masse salariale tourne autour de 2 millions de F CFA et aussi sur le fonds de roulement de l’Asufor qui s’élevait à près de 16 millions de F CFA. Les frais d’abonnement s’élèvent à 45.000 F CFA. « C’est avec ce montant que l’Asufor paie le compteur, le plombier et d’autres matériaux », dévoile  un membre de l’Asufor.

A quelques jets de pierre de Diawara, se trouve Moudyri. Ce village est aussi peuplé de Soninké. C’est l’une des zones où l’eau coûte plus cher au Sénégal. Le mètre cube s’échange à 450 F CFA. Ici, les Asufor et la société concessionnaire n’émettent pas sur la même longueur d’ondes. Les ménages paient aussi les frais des pannes des compteurs. Dans ces circonstances, la consommation des ménages est estimée. Les responsables de l’Asufor estiment que les ménages y trouvent leur compte. Mais rien n’est sûr.

 

March 22, 2016

JOURNEE MONDIALE DE L’EAU: Ces pays où il est le plus difficile d’accéder à l’eau potable

Jacques Ngor SARR (Dakar, Sénégal)

Un rapport faisant un nouvel état des lieux intitulé « L’eau : à quel prix ? Situation de l’accès à l’eau potable dans le monde », publié par WaterAid à l’occasion de la journée mondiale de l’Eau a permis de recenser les pays où il est le plus difficile d’accéder à l’eau potable. Mieux le dit rapport révèle que les habitants les plus pauvres de la planète consacrent souvent une part plus importante de leurs revenus à l’eau que ceux des pays industrialisés.

L’analyse effectuée par WaterAid montre en effet que dans les pays industrialisés, une facture d’eau classique ne représente qu’un pourcentage dérisoire de 0,1 % des revenus d’une personne payée au salaire minimum. À l’inverse, dans un pays comme Madagascar, une personne qui dépend d’un camion-citerne pour s’approvisionner en eau aurait à dépenser jusqu’à 45 % de ce qu’elle gagne par jour rien que pour acheter la quantité quotidienne minimum recommandée.

Au Mozambique, les familles qui doivent acheter leur eau à des revendeurs au marché noir vont dépenser 100 fois plus que celles qui sont desservies par des bornes-fontaines subventionnées par l’État.

Dans le monde, environ 650 millions de personnes n’ont toujours pas accès à l’eau potable et plus de 2,3 milliards n’ont pas accès à des sanitaires de base, avec les conséquences dévastatrices qui en résultent.

Près de 315 000 enfants de moins de cinq ans meurent chaque année de maladies diarrhéiques parce que ces droits fondamentaux ne sont pas appliqués. Et 50 % des cas de malnutrition sont liés aux diarrhées chroniques résultant d’un manque d’accès à l’eau potable et à de bonnes conditions d’assainissement et d’hygiène dont le lavage des mains au savon.

Le rapport établit par ailleurs le classement des pays selon le taux d’accès à l’eau des ménages et le nombre d’habitants non desservis en eau potable, et inclut une liste des pays qui ont progressé le plus ces 15 dernières années.

La Papouasie-Nouvelle-Guinée, la Guinée équatoriale et l’Angola sont les pays du monde où le taux de couverture en eau potable des ménages est le plus faible. En Papouasie-Nouvelle-Guinée, un habitant pauvre aurait à dépenser 54 % de son salaire pour payer la quantité d’eau minimum recommandée par l’Organisation mondiale de la santé pour satisfaire les besoins vitaux, soit 50 litres par personne et par jour.

L’Inde, la Chine et le Nigéria sont les pays qui comptent le plus grand nombre d’habitants en attente d’accès à l’eau potable. Quant au Cambodge, le Mali, le Laos et l’Éthiopie, ils sont les pays qui ont fait le plus de progrès par rapport aux autres s’agissant d’améliorer l’accès à l’eau potable pour leurs populations.

Malgré de nets progrès, le rapport constate que les inégalités persistent, y compris dans les pays qui ont fait de grandes avancées, les plus pauvres étant souvent ceux qui consacrent la plus grosse part de leurs revenus à l’eau.

Il reste 16 pays dans le monde où au moins 40 % des habitants n’ont pas accès à l’eau potable – parce que ce sujet n’est pas prioritaire pour le gouvernement, parce qu’il ne bénéficie pas des financements requis, ou à cause de moyens humains insuffisants, de la concurrence entre les différents usages de l’eau ou des effets accrus des changements climatiques.

January 29, 2016

EFFET DES CHANGEMENTS CLIMATIQUES SUR LA DISPONIBILITE DE L’EAU: Dr Abdoulaye Dème pose la problématique du suivi permanent de la qualité

Mamadou Lamine CAMARA (Dakar)  Plusieurs structures œuvrant pour  le bien-être  des  populations, surtout démunies, ont organisé, hier, à Dakar, une journée d’engagement avec  les parties prenantes du secteur eau, assainissement et hygiène.  Lors de cette journée organisée   par l’Ong Wateraid,  le Dr Abdoulaye Dème, enseignant   chercheur à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis (Ugb), par ailleurs  spécialiste de la physique du climat, a démontré comment les changements climatiques vont affecter aussi bien la qualité et la quantité de l’eau.

Dans sa  communication  axée sur «Changement climatique et sécurité de l’eau en Afrique de l’Ouest : enjeux et initiatives en cours», l’enseignant chercheurs a clairement faits part aux acteurs que les effets du changement climatique sur l’eau vont se fait sentir sous aspects. «Le trait fondamental du  changement climatique, c’est  qu’il y aura un réchauffement. Cela veut dire que les températures vont beaucoup augmenter. Le réchauffement thermique va créer beaucoup d’évaporation des eaux de surface. Et ça va changer la qualité de l’eau et surtout, on a des concertations en oxygène. Ça c’est  lié à  l’effet thermique» a expliqué Dr Dème.

D’après ce spécialiste de la physique du climat, la deuxième conséquence de l’effet du réchauffement climatique sur le liquide précieux reste la recrudescence «des avènements extrêmes» telles que la  survenue de très fortes pluies pendant des  temps très courts. «Ces très fortes pluies en temps très  courts vont donner beaucoup de  vitesse à  l’eau qui va charrier  toutes  les saletés, faire remonter  les défections de certains  endroits. Et il y aura beaucoup de transport de polluant qui vont affecter la qualité de l’eau» a encore expliqué l’universitaire.

S’agissant du troisième effet qui se matérialise  par  l’élévation du  niveau de la mer  qui avance sur  le continent, le Dr Dème de renseigner «qu’il y aura beaucoup d’intrusion d’eau salées dans les terres. Donc, les eaux de surface qui étaient des eaux douces, de plus en plus du sel qui arrive. Ça c’est dû au réchauffement climatique», a-t-il indiqué.

Hormis ces effets dû u changement climatique  sur  la qualité de l’eau, sa quantité   aussi va     être impacter  par   la forte canicule. A en croire, l’enseignant chercheur, cette  forte canicule qui  monte de plus en  plus va également accélérer   le  processus de l’évaporation des eaux   de  surface.   Raison pour laquelle, il a invité les décideurs à intégrer «cette double vision que la quantité de l’eau   va   diminuer   et la qualité va  être dû aux températures »

En outre, le Dr Dème a plaidé pour une orientation de  la   recherche   des effets du changement climatique sur  la qualité et   la quantité  de   l’eau.  «On  ne fait pas   beaucoup d’études   sur cette question mais de plus en plus, qu’on   se prépare à aller vérifier les  eaux  souterraines  dans les  villages  et   dans   les zones les  plus reculées pour voir si l’eau que les populations consomme est potable. Dans  les  prochaines années, on aura des températures  très élevées et  la solution, ce n’est pas  les climatiseurs. Il faut que l’eau soit accessible partout», a souligné le spécialiste.

De son coté, Kelly Ann Naylo représentant de l’Unicef à cette journée, a manifesté l’engagement de sa structure  pour la protection des populations les plus  vulnérabilité. «Il ne s’agit pas seulement d’une question de pauvreté mais d’une question de vulnérabilité avec plusieurs risques» a soutenu  Kelly Ann Naylor.

January 28, 2016

REUNION DE PLANIFICATION POUR LES TROIS PROCHAINES ANNEES:WaterAid tient une journée d’engagement avec les parties prenantes du secteur eau, assainissement, hygiène

Jacques Ngor SARR (Dakar) WaterAid Afrique de l’Ouest réunit depuis hier à Dakar ses leaders Pays, l’équipe régionale senior et des collaborateurs issus de ses différents départements à Londres pour une réunion de planification pour les trois prochaines années à partir de 2016. 

Rencontre Dakar

Ainsi durant cette journée les différents acteurs se sont informés des enjeux et perspectives pour l’accès durable et équitable à des services assainissement, eau et hygiène au Sénégal et dans la sous-Région. Ils ont aussi discuté des priorités des différentes parties prenantes du Secteur avant d’identifier les collaborations possibles et les actions pour les réaliser.

De toute façon la stratégie de WaterAid est claire : «Nous voulons des changements mondiales et c’est possible s’il y a des leaderships appropriés », a déclaré le Chargé Régional du Plaidoyer de WaterAider Apollos Nwafor. Ce dernier pense aussi  qu’il faut que les populations demandent des comptes à leurs responsables et, en même temps adapter de bons comportements d’hygiène. Et ce n’est pas tout, car M. Nwafor ajoute aussi que les gouvernements doivent assurer leur responsabilités face aux citoyens pour permettre à tout le monde d’avoir accès à l’eau potable ».

 

March 27, 2014

Accès à l’eau potable dans le Djolof: Le ministre de l’Hydraulique annonce la construction de 28 nouveaux forages entre 2014 et 2015

Durant deux jours, le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Pape Diouf, accompagné d’une forte délégation- dont son collègue de l’Industrie et des Mines, Aly Ngouille Ndiaye – a sillonné les localités de Nibodji, Téssékré, Pitél, Touba Linguère, Amali  et Loumbi. Ce, pour s’enquérir de la situation des ouvrages relevant de son département mais aussi pour cerner les problèmes d’eau auxquels les populations de Linguère sont confrontés.

Durant son périple, le ministre de l’Hydraulique a constaté que la plupart des forages sont incapables de satisfaire la demande parce qu’ils sont vieux et datent d’avant 1960. Pour renforcer l’alimentation correcte en eau dans la zone silvo-pastorale, Pape Diouf a rappelé l’engagement du gouvernement sénégalais de construire 28 forages dans le Djolof  pour renforcer ceux qui existent déjà. Les forages de Loumbi, Téssékré, et Amali seront réhabilités pour améliorer la production, a annoncé Pape Diouf. De son avis, il est prévu des châteaux d’eau dans ces endroits pour mieux prendre en charge les villages polarisés et démultiplier les abreuvoirs pour permettre aux animaux de ne pas se concentrer sur un même point d’eau.

Etant donné que la gestion des forages connaît de réels problèmes et que les populations des différentes localités visitées la déplorent, le ministre de l’Hydraulique a demandé la privatisation de la maintenance. Car, selon lui, les gérants des forages ne sont pas bien formés dans la maintenance. Ce qui crée souvent des problèmes.

Au terme de sa visite, le ministre Pape Diouf a accordé un entretien aux Associations des usagers des forages (Asufor) qui ont étalé leurs conditions de travail très difficiles. Une rencontre au cours de laquelle Pape Diouf a pris l’engagement, de concert avec les comités de gestion des forages, de voir à la hausse les salaires des membres des Asufor.

Par Jacques Ngor Sarr/Sénégal

March 23, 2014

Gouvernance dans le secteur de l’eau: La société civile alerte sur les tendances qui se dessinent sur la privatisation

Revisiter la gouvernance liée au secteur de l’eau afin de corriger les disparités, est une nécessité, selon la société civile qui tire la sonnette d’alarme.

«Le droit à l’eau est-il menacé »? Cette question qui était le thème de la table ronde sur la gouvernance de l’eau, organisée dans le cadre de la célébration de la journée mondiale sur l’eau, a trouvé une réponse au niveau des différents acteurs de la société civile, parmi lesquels Water Aid, Article 19, Enda et le réseau des journalistes en eau hygiène et assainissement. Lors de la rencontre, les acteurs ont insisté sur la nécessité de revisiter la gouvernance liée au secteur de l’eau afin de corriger les disparités et de garantir le droit à l’eau. Mignane Diouf, coordonnateur du forum social, pense que «cette journée est l’occasion pour alerter sur les tendances de privatisation qui se dessinent, de doutes sur la qualité de l’eau et les tendances de marchandisation de l’eau dans des sachets dans des conditions pas du tout bien. On ne sait pas qui donne l’autorisation et qui fait le suivi». M. Diouf indique aussi qu’il faut travailler à ce que la nappe phréatique des villes comme Dakar ne soit pas souillée, avec les usines et tout le mécanisme de l’écosystème qui peut constituer un danger dans la qualité de l’eau». Mignane Diouf reste convaincu que «le droit à de l’eau de qualité est menacé au Sénégal. Il explique : «Son eau potable vient de 200 km et rien n’est fait pour qu’en cas d’incident, comme celui qui s’est passé à Keur Momar Sarr, qu’on puisse avoir une issue de secours». Pour lui, « le droit à l’eau doit être conçu comme une question de souveraineté nationale».

La Directrice régionale de Water Aid pour l’Afrique de l’Ouest Mariame Dem, pense qu’il est «inacceptable» qu’au troisième millénaire que des gens continuent à mourir du fait du manque d’eau potable, d’hygiène et d’assainissement. Il y a urgence à changer cet Etat de fait». Car pour elle, «l’accès à l’eau n’est pas simplement ouvrir les robinets et de disposer du liquide précieux, cela va au-delà, il s’agit d’une question de démocratie, de développement et de dignité humaine». Elle renseigne qu’« il y a 107 millions de personnes qui n’ont pas accès à l’eau potable, à l’hygiène et à l’assainissement ». Mme Dem a aussi abordé la qualité de l’accès à l’eau et la question de l’accessibilité. «Il faut avoir un système qui permet que : quel que soit le niveau de revenu, quel que soit le milieu dans lequel on vit, quel que soit son sexe, qu’on ait accès aux conditions requises en termes de qualité, de quantité d’accès à l’eau potable. On dit souvent que l’eau est source de vie, mais elle est aussi source de maladie, de conflits et de sous-développement».

(Jacques Ngor SARR/Dakar)

November 21, 2012

Faire de l’intégrité de l’eau une réalité dans la région de Ziguinchor, Casamance, au Sénégal

Posted on November 16, 2012 by Water Integrity Network

Cet article blog a été écrit par Françoise Ndoume, coordonnatrice de programme de développement des capacités et d’Afrique Francophone au Réseau d’Intégrité de l’Eau (WIN)

D’après le Rapport Mondial sur la Corruption dans le secteur de l’eau 2008, « La crise de l’eau à travers le monde est avant tout une crise de la gouvernance du secteur », mais le lien entre l’intégrité de l’eau et un accès équitable à l’eau potable n’est pas toujours évident. Il s’avère en conséquence important d’œuvrer à une meilleure gouvernance dans le secteur, si l’on veut endiguer les mauvaises pratiques qui entravent son bon fonctionnement et garantir un accès équitable à l’eau aux populations surtout les plus démunies.
Dans le cadre de leurs efforts visant à promouvoir l’intégrité de l’eau, WIN et ACRA (Organisation pour la coopération en milieu rural en Afrique et en Amérique latine) ont organisé le 8 novembre 2012 un exercice sur l’Evaluation Annotée de l’Intégrité de l’Eau (EAIE) en milieu rural dans la région de Ziguinchor en Casamance, au Sénégal. L’EAIE est un outil diagnostic qui permet d’obtenir un bref aperçu de l’intégrité du secteur d’une part; et de cibler les zones prioritaires d’action d’autre part.
Les intervenants clefs du sous-secteur de l’eau potable de la région de Ziguinchor en Casamance issus des structures gouvernementales, telles que la Préfecture, la Direction Régionale de l’Hydraulique du Ministère en charge de l’Eau ; des collectivités locales ; des Associations des Usagers de Forage (ASUFOR) ; de la société civile (CONGAD, Forum Civil, etc.), des structures privées de prestataires de services ou opérateurs privés ; des partenaires techniques et financiers (WIN, ACRA, USAID, entre autre) ont pris part aux travaux de l’atelier
L’exercice , qui a duré une journée, a démarré par des notes de bienvenue des officiels et des organisateurs. Emboitant le pas aux officiels, les facilitateurs ont tour à tour présenté la trame de fond de l’exercice, fourni une explication du concept de l’Intégrité dans le cadre de l’outil en relation avec les trois (3) piliers fondamentaux à savoir : Transparence, Redevabilité (Reddition des comptes) et Participation (TRP) dans la prestation des services liés à l’Approvisionnement en Eau Potable en milieu rural à Ziguinchor en Casamance. Selon la méthodologie de l’exercice, les participants ont procédé à l’analyse des trois piliers en relation avec cinq domaines à risques de corruption :
Politique et législation ;
Régulation ;
Projets et programmes d’investissements ;
Prestation de services ;
Législation anti-corruption.
Se refusant de faire de l’atelier un exercice dont les résultats ne seraient pas capitalisés, les participants ont défini une feuille de route visant à promouvoir l’intégrité dans le sous-secteur de l’eau potable en milieu rural dans la sous-région de Ziguinchor autour des axes principaux suivants :
la facilitation du dialogue sur l’intégrité dans le sous-secteur à travers notamment : i) l’organisation de deux restitutions des résultats de l’atelier au niveau national et à l’échelle de la région de Ziguinchor ; ii) la tenue des Conférences d’harmonisation des Interventions dans la région par le Préfet de la Région ; iii) Plaidoyer, suivi de la mise en œuvre des recommandations du dialogue et capitalisation en collaboration avec le Forum Civil
l’approfondissement de la situation de l’intégrité assortie de propositions de chantiers à activer dans le cadre du processus de relecture du Livre Bleu sur l’Eau et l’Assainissement de 2ème Génération du Sénégal, qui serait en phase de démarrage selon le Représentant du CONGAD qui a pris part à l’atelier ;
la promotion des bonnes pratiques et instrument d’intégrité au sein du sous-secteur
le renforcement des capacités des structures centrales et régionales de l’Etat pour le suivi harmonieux de la mise en œuvre des politiques et législation du sous-secteur d’une part ; et une meilleure coordination des interventions au niveau de la région ;
le renforcement des capacités des communautés et de la société civile de base tant sur les textes qui régissent la gestion du sous-secteur que sur leur participation aux processus de reddition de compte à tous les niveaux.
Si les participants à l’atelier entendent faire de l’intégrité de l’eau une réalité dans la région de Ziguinchor, ils devraient à ce stade intégrer leurs efforts dans un cadre de suivi cohérent qui permettrait de venir à bout la corruption dans le secteur de l’eau et garantir un accès équitable et durable des populations à l’eau potable dans la sous-région de Ziguinchor. WIN, ACRA et les autres acteurs impliques se doivent d’œuvrer dans ce sens.

October 28, 2011

Sénégal: Assainissement et gestion des ordures: Les « miracles » d’une Commune pauvre

By Racine Kane avec sudonline.sn

 

Matam est en route pour constituer une exception en matière de gestion des déchets solides ménagers. Grâce au partenariat avec LUXDEV, une organisation Luxembourgeoise, l’équipe municipale a mis en place un système qui permet de maîtriser la collecte et le transport des ordures et par la même occasion, maintenir la capitale de la 11ième région du Sénégal propre.

Quid du drainage des eaux pluviales ? Un projet de plus d’un milliard qui a contribué à venir à bout des inondations dans les quartiers les plus exposés de la ville.
«Nous pouvons dire que tout n’est pas négatif dans le gestion de l’actuelle équipe municipale.

Du point de vue insalubrité, la mairie est en train de faire des efforts considérables. Le ramassage des ordures est régulier, et les jeunes qui s’occupent de la collecte des déchets solides ne se plaignent pas beaucoup, du point de vue de la rémunération. Ce qui est à saluer». C’est Mamadou Guèye, le président de la Plate-forme des Acteurs non étatiques de Matam qui salue ainsi les efforts de la nouvelle équipe municipale pour l’assainissement et le maintien de la ville propre, malgré les maigres moyens.

Follow

Get every new post delivered to your Inbox.

Join 1,179 other followers