Posts tagged ‘assainissement’

March 4, 2019

Sommet Africasan5 : Les grandes résolutions

Alain TOSSOUNON (Cape Town, Afrique du sud)

Le ministre sud-africain au cours de son discours de clôture

Tenue du 18 au 22 février 2019 à Cape Town en Afrique du sud, la 5e conférence internationale  de l’assainissement qui a réuni 36 Etats venus du monde entier,  a tenu toutes ses promesses. Au-delà des résolutions prises, le sommet a été un véritable moment de partage d’expériences innovantes et prometteuses, permettant une fois encore aux acteurs, experts et décideurs locaux et centraux, de renouveler leurs engagements dans la marche pour l’hygiène et l’assainissement pour tous en Afrique.

Deux résolutions majeures ont sanctionné la fin des travaux de ce sommet. Il s’agit en premier, de la ferme résolution d’«accroître la visibilité de l’hygiène et de l’assainissement dans les programmes de développement » et deuxièmement, de «promouvoir l’excellence et l’innovation en matière d’initiatives audacieuses qui inspirent l’action des gouvernements». A cet effet, les acteurs ont au terme de leurs réflexions, décidé d’engager un plaidoyer  dans les prochaines semaines auprès de l’Union Africaine (l’UA) pour amener progressivement les Etats à faire de l’hygiène et de l’assainissement, une priorité dans l’agenda de développement.

En réalité, expliquait le Secrétaire Exécutif du Conseil des ministres africains de l’eau, Dr Canisius Kanangire, cette démarche de recourir à l’institution africaine a été envisagée depuis le précédent sommet qui a eu lieu en 2015 à Dakar au Sénégal.

Avec cette résolution, l’espoir de voir ce sous-secteur encore laissé-pour-compte dans plusieurs pays, gagné en priorité est permis. Pour le Secrétaire exécutif, Dr Canisius Kanangire, l’Union Africaine sera sollicitée pour accompagner les Chefs d’Etats  à inscrire la question de l’hygiène et de l’assainissement sur leur agenda de développement.  Mais plus encore, soutient le Secrétaire exécutif, les Etats et leurs gouvernements seront appelés à mener des politiques publiques pro-pauvres permettant de prendre en compte, les pauvres, les personnes vulnérables etc…vivant aussi bien en zone rurale qu’en zone urbaine. Dans la droite ligne des Objectifs de Développement Durable et des engagements de N’Gor, personne ne doit être laissé de côté pour atteindre l’accès universel.

Les participants venus de 36 Etats du monde entier

Un appel au respect des engagements de N’Gor a été lancé aux ministres de l’eau et de l’assainissement par le Président de la conférence sur la Gestion des boues de vidange qui se tenanit en même temps que le sommet, Doulaye Koné. Il a invité les ministres des Etats du continent, à redoubler d’efforts, à maintenir les relations avec AMCOW,  à travailler toujours ensemble pour faire face  à tous ces nombreux défis que rencontrent les pays africains dans le domaine de l’assainissement. « C’est ensemble que nous arriverons à  surmonter nos difficultés», a-t-il souligné.

A son tour, dans son discours de clôture, le Ministre sud-Africain en charge  de l’eau et de l’assainissement  Gugile Ernest Nkwinti, a pris l’engagement de s’ impliquer  fortement  dans la mise en œuvre de la politique de l’eau,  l’hygiène et  l’assainissement  dans son pays et au-delà de son pays,   sensibiliser au mieux  ses pairs ministres en charge de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement du continent pour le respect des engagements pris à N’Gor pour  l’ accès  à l’hygiène et à l’assainissement pour tous d’ici l’an 2030.

Lançant un appel à l’union de tous les pays africains pour  réussir ensemble, le ministre Gugile Ernest Nkwinti a insisté sur la nécessité pour  ses pairs, de  travailler en synergie avec tous les acteurs et experts de leurs pays. «De nombreux problèmes peuvent être résolus même à distance »,  a-t-il avant de rappeler que de belles  opportunités s’offrent aux pays. Mais pour les saisir, il soutient qu’il faut une organisation, un appel aux actions multipartites, au dialogue  pour encourager les partenaires techniques et  financiers en charge de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement à accompagner les pays africains.

Pour terminer, il a exhorté les représentants des 36 Etats  présents  à s’ouvrir aux innovations en se fondant sur la déclaration de N ’Gor pour que dans les six prochains mois, les choses changent positivement et soient  plus visibles.

 

Les Etats appelés à plus d’efforts

Le sommet a été une occasion de bilan  pour le Conseil des ministres africains de l’eau (AMCOW) qui, il y a  20 ans, s’est engagé à porter l’assainissement et l’hygiène au rang des priorités de développement aux plans mondial et national.

En effet, le processus AfricaSan remonte à 2002, année de sa tenue en Afrique du Sud. L’un des plus grands succès mentionnés par l’institution  est d’avoir réussi à faire pression par le biais du PNUE,  sur les Nations Unies pour l’adoption d’un objectif de développement spécifique pour l’assainissement dans les ODD. Aujourd’hui, le processus AfricaSan est devenu une plate-forme continentale pour générer un élan politique en faveur de l’hygiène et de l’assainissement.  Mais, les Etats doivent redoubler d’efforts parce que l’hygiène et l’assainissement, sont devenus des droits de l’homme.  C’est indéniablement un défi complexe de réaliser l’accès universel à l’assainissement en raison d’autres problèmes connexes tels que le changement climatique, la migration vers les villes… mais l’essentiel est que ces Etats doivent trouver des solutions durables quels que soient les défis auxquels ils sont confrontés. Car, au-delà d’être une question de santé, l’hygiène et l’assainissement constitue une question de dignité et doit être assurée en particulier pour les femmes et les filles. Le Conseil des ministres africains de l’eau à AfricaSan4 à Dakar (Sénégal) en 2015, avant l’avènement des ODD, a pris conscience de la nécessité de développer et d’approuver les dix engagements de N’gor que tous les gouvernements africains devraient respecter afin de réaliser l’accès universel à un assainissement durable et d’éliminer la défécation à l’air libre d’ici 2030.

En présentant les résultats de l’évaluation des progrès des pays, Kitch Bawa, du secrétariat de l’AMCOW, a indiqué que peu d’efforts ont été faits par les pays. Dans sa présentation, il a souligné que c’est seulement en matière de leadership et de coordination, que les pays ont obtenu des progrès.  Ce qui montre que de plus en plus, les Etats du continent ont identifié des ministères pour porter la problématique de l’hygiène et de l’assainissement et font des efforts pour organiser les principales parties prenantes. En dehors de cette seule bonne nouvelle, les autres indicateurs sont au rouge. C’est le cas des inégalités, du financement où les efforts sont encore insuffisants dans plusieurs Etats. Le défi est encore plus grand pour certains Etats où la disponibilité des données constitue un problème. Dans plus de la moitié des pays du continent, le chemin est encore long pour atteindre l’accès universel. Pour Kitch Bawa du secrétariat de l’AMCOW, il faut un mouvement d’ensemble de tous les acteurs dans les pays pour partager ensemble les connaissances et les expériences. Ce n’est qu’à ce prix que le défi sera relevé.

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February 24, 2019

Félix Adégnika, membre de la coalition de la société civile au Bénin à Africasan5 « Nous allons travailler pour que notre pays tienne ses engagements internationaux »

Félix Adégnika, Coordonnateur national du Wssc

Coordonnateur National du Conseil de concertation pour l’approvisionnement en eau et l’assainissement (Wsscc), Félix Adégnika est un membre actif du Cadre de concertation des acteurs non étatiques et l’eau et de l’assainissement (CANEA) au Bénin. Présent à toutes les éditions de la conférence panafricaine sur l’assainissement, il revient dans cet entretien sur l’importance pour les Etats de s’engager dans la bonne Gestion des boues de vidange (Gbv) et nous confie les prochaines actions qu’entrevoit la société civile active dans le secteur  au Bénin pour susciter un engagement des décideurs.

 Vous avez participé à toutes les éditions de la conférence Africasan et cette fois-ci, on a choisi de mettre au centre des discussions, la question de la Gestion des boues de vidange. Vous trouvez que c’est vraiment important ?

C’est vrai, j’ai participé à toutes les éditions de Africasan. C’est un privilège mais je viens à la recherche de l’information. La question de la Gestion des boues de vidange est une problématique urbaine. Parce que, d’ici 2050, plus de la moitié des populations des pays vivront dans les villes. C’est à la fois un problème et une opportunité. Dans une approche intégrée qui concerne le transport, le traitement et la valorisation, il faudra avoir les infrastructures et les équipements pour faire face à cette problématique. C’est une opportunité parce que cela peut profiter à l’agriculture urbaine. Notre système, celui du Bénin où il n’y a pas un réseau d’égout, c’est l’assainissement autonome. Il y a des défis à tous les niveaux qu’il faut relever très rapidement.

A l’ouverture de cette grande conférence, le ministre sud-africain, Gugile Ernest Nkwinti, a demandé aux Etats de changer de priorités et d’élever au rang des priorités, la question de l’Hygiène et de l’Assainissement de base. Est-ce que dans votre pays, l’hygiène et l’assainissement ne constitue pas encore une priorité ?

Le ministre sud-africain a dit effectivement qu’il faut changer de priorités et moi j’ajouterai qu’il faut changer de paradigme par rapport à l’HAB. Aujourd’hui, l’HAB n’est pas une priorité au Bénin. Le sous-secteur est totalement en bas de l’échelle des priorités. Parce que si c’est une priorité, cela devrait figurer clairement dans l’agenda de développement et les ressources qu’il faut mobiliser, devraient être disponibles. Mais, ce n’est pas encore le cas. En plus, ce sous-secteur ne bénéficie pas d’un bon positionnement institutionnel.

Mais qu’est-ce qui explique ce manque de priorisation et d’attention de la part des décideurs pour ce sous-secteur pourtant important pour la santé, l’éducation et la vite tout court?

C’est par manque d’informations et de connaissances. Je suis convaincu que les décideurs ne sont pas engagés parce que ‘ils n’ont pas pris la mesure de l’importance de ce sous-secteur. Et nous nous engageons à apporter la bonne information pour arriver au changement de paradigme.

Vous êtes un acteur de la société civile très actif au sein du Cadre de Concertation des acteurs Non Etatiques de l’eau et de l’assainissement, que faites-vous au sein de cette coalition pour relever le défi de la faible priorisation du sous-secteur au niveau du Bénin ?

Nous devons informer et amener les autorités à comprendre que nous devons agir maintenant. Nous avons deux outils, le plaidoyer et le lobbying. Mais, il semble que la société civile se trompe de cibles parce que, nous nous adressons  directement aux décideurs. Il semble que la première cible doit être les fonctionnaires qui sont chargés de présenter la situation aux autorités. Parce que je ne suis pas sûr que les autorités sont conscientes de la situation et de la problématique. C’est un impératif de travailler sur plusieurs fronts. Il faut comme cibles, en dehors des fonctionnaires du sous-secteur, des politiques et stratégies, les cabinets ministériels, les décideurs que sont les maires et autorités centrales. Et par rapport à cela, il nous faut beaucoup communiquer. Nous devons avoir un partenariat fort avec les médias pour provoquer un engagement de tous et permettre d’atteindre les objectifs.

Au niveau de l’Afrique, on retient que les engagements de Ngor n’ont pas été tenus par la plupart des pays. Comment faire pour que le Bénin relève le défi d’ici le prochain sommet?

Avec le temps que nous passons ici avec le Directeur national de la santé publique présent à cette conférence, nous n’avons pas une garantie ferme mais lui-même a vu ce que les autres pays font. Il a compris qu’il est possible de faire des petits pas et il a pris l’engagement de nous accompagner. Dès que nous allons rentrer, nous allons organiser un point de presse pour informer sur la situation en Afrique et dans notre pays. Et nous allons travailler pour que notre pays tienne les engagements qu’il a pris au niveau international.

Quel sera votre message concrètement au retour de ce sommet à Cotonou ?

Nous avons plusieurs cibles : les décideurs, les cadres et les communautés. Notre message pour les autorités locales, c’est de leur dire qu’elles ne perdent rien à s’engager dans l’hygiène et l’assainissement de base et à accompagner les efforts des ONG et de l’Etat central. Ensuite, nous devons communiquer sur les engagements pour ne pas attendre la veille des sommets et conférences pour courir et faire l’évaluation. Nous devons faire un suivi. Pour les autorités locales, c’est de faire en sorte que dans leurs budgets, qu’elles prévoient une ligne budgétaire pour le sous-secteur. Il y a eu déjà un déclenchement au niveau des préfets qui se sont engagés à désormais regarder ce qui est prévu pour le sous-secteur dans les budgets des communes. Enfin, il y a les Directeurs de la programmation et de la prospective (DPP) des ministères au cœur des prévisions et programmations. Il faut les amener également à s’ouvrir au sous-secteur au niveau des allocations dans les ministères.

                                                                             Propos recueillis par Alain TOSSOUNON depuis Cape Town

 

 

February 22, 2019

Pius Cossi Gounadon au sommet Africasan5 : “Il est temps de changer de paradigme”

Pius Cossi Gounadon, Directeur national de la santé publique (DNSP) au ministère de la santé

A l’instar des autres pays, le Bénin est présent au sommet Africasan5 à travers plusieurs représentants provenant de plusieurs structures. Nous avons rencontré pour vous, le Directeur national de la santé publique (Dnsp) qui représente le ministre de la santé en charge de l’hygiène et de l’assainissement de base. Dans cet entretien, il nous confie son appréciation des échanges qui ont cours et surtout, nous révèle les prochains pas à faire après le sommet pour permettre au Bénin de relever le défi de ce sous-secteur en souffrance.

Vous prenez part à la 5eConférence panafricaine sur l’assainissement en tant que chef de délégation du Bénin. Que vous inspire une telle conférence qui concourt à amener les Etats africains à réaliser l’accès universel de tous aux services d’assainissement ?

C’est ma première participation à cette conférence et j’avoue qu’elle a un caractère instructif. Il y a beaucoup d’échanges, d’apprentissage et de partage d’expériences. Surtout, j’apprécie le niveau d’engagement de tous les acteurs ici présents. Je n’avais pas cette compréhension du niveau d’engagement des partenaires, des experts et de tous les acteurs. Cet évènement m’a permis de remettre en place l’idée que l’hygiène de l’assainissement de base bénéficie d’un engagement soutenu de plusieurs acteurs et partenaires dans le monde et en Afrique.

A l’ouverture du sommet, le ministre sud-africain de l’eau et de l’assainissement a invité tous les Etats à inscrire l’hygiène et l’assainissement au rang des priorités de leur agenda de développement. Est-ce qu’au Bénin, ce sous-secteur bénéficie d’une attention soutenue ?

Je partage l’exhortation du ministre sud-africain et je peux dire que le sous-secteur constitue une priorité dans le Programme d’Actions du Gouvernement. Le gouvernement travaille pour cela. Mais le paradigme doit changer. Souvent, on voit dans cette lutte que le ministère de la santé, du cadre de vie et celui de l’eau. Il faut que ce combat, pour être gagné, soit celui de tous les ministères à l’instar de ce que fait l’Inde.

A l’évaluation des engagements de Ngor, on se rend compte qu’il y a eu peu de progrès dans les pays. C’est le cas au Bénin également. Selon vous qu’est-ce qui explique une telle situation ?

Au Bénin on vient de terminer un plan quinquennal et il a été évalué en 2018. Nous avons vu les faiblesses et sur la base des défis identifiés, des orientations claires ont été prises dans la stratégie 2019-2030. Et au nombre des grandes orientations retenues, nous avons la gouvernance et le leadership, la coordination des interventions qui est importante et le problème des ressources humaines et financières. Souvent, on pense aux ressources financières alors que nous avons besoin de ressources humaines en quantité et en qualité. On peut mobiliser les ressources financières. Je salue les communes comme Za-Kpota, Malanville ou Abomey qui font déjà des efforts.

Au cours de ce sommet, l’un des messages forts est l’importance du leadership notamment les champions qui permettent d’impulser le mouvement. Vous comptez le faire aussi ?

Il faut mobiliser tous les acteurs. Il est important qu’ils se retrouvent pour partager les idées et les solutions et surtout prendre exemple sur les pays modèles en Afrique comme dans le monde. En Inde par exemple, l’hygiène et l’assainissement est un secteur porté par le premier ministre. Ainsi, chaque ministère est invité à agir et apporter sa contribution. Le leadership est au rendez-vous au haut niveau.

Vous avez participé au dialogue entre les pays. Qu’avez-vous retenu de cet exercice de partage d’expériences entre les pays ?

En dehors de quelques différences près en matière de leadership et de mobilisation de ressources financières, les pays ont les mêmes réalités. Nous avons beaucoup appris de cet exercice et nous avons compris qu’il y a certains pays qui sont en avance sur l’ancrage institutionnel. Dans la plupart des pays, l’eau et l’assainissement sont deux secteurs qui sont ensemble. C’est une stratégie qui permet de mutualiser les ressources vu qu’il y a souvent plus de ressources pour l’eau contrairement à l’assainissement. Les échanges ont été très fructueux.

A ce sommet, vous représentez le ministre de la santé en charge du sous-secteur de l’hygiène et de l’assainissement de base. Quel message lui porterez-vous une fois au pays pour impulser une nouvelle dynamique et faire en sorte que le Bénin tienne ses engagements ?

C’est en 2015 à Dakar que les engagements de Ngor ont été pris. A l’évaluation, il n’y a pas eu beaucoup d’avancées dans les pays en dehors de quelques pays qui ont eu des progrès. Nous souhaitons que notre participation ne soit pas seulement protocolaire mais qu’elle contribue à apporter des changements. Déjà, il nous faut mobiliser les cadres du service pour faire le lobbying au niveau de notre ministre pour lui présenter la situation. Il est temps de changer de paradigme. La façon dont nous fonctionnaires agissons doit être revue pour que nous soyons plus efficaces. Car, avec ce que nous faisons, nous ne pouvons pas atteindre les ODD dans ce sous-secteur. Une fois de retour, il nous faut faire un compte rendu fidèle, suggérer à l’autorité des propositions et partager avec lui ce qui se fait de bien ailleurs et qui peut être profitable à notre pays.

              Propos receuillis par Alain TOSSOUNON

February 22, 2019

Dialogue entre pays à Africasan5 : Un véritable moment de partage d’expériences

Alain TOSSOUNON (Cape Town, Afrique du sud)

Echanges des acteurs avec la délégation du Burkina au cours du dialogue pays

L’un des temps forts de ce 5e sommet est l’organisation d’un dialogue entre les pays sur l’évaluation des engagements de Ngor, les principaux défis, les actions entreprises et les leçons apprises. Tous les membres des délégations des différents pays présents se sont regroupés pour de vifs et riches échanges qui ont permis à chaque pays de mesurer ses propres progrès.

Dans l’ensemble des pays qui se sont donné à cœur joie à cet exercice de bilan, on s’aperçoit que les Etats présentent le même visage. Dans leur grande majorité, les Etats africains font face désespérément à la même réalité de la défécation à l’air libre aussi bien en milieu rural qu’en milieu urbain. Malgré cette situation préoccupante, les gouvernants manquent de volonté politique et trainent les pas à tenir leurs engagements pris en 2015 à Dakar. En dehors du faible engagement, les pays africains partagent aussi la réalité que d’aucuns appellent « confusion institutionnelle ». Ceci pour dire que le secteur de l’hygiène et de l’assainissement de base ne bénéficie pas d’un portage politique clair mais est partagé entre plusieurs ministères. Cette situation entraine une mauvaise coordination des interventions et un faible financement ne permettant pas de combattre efficacement le fléau de la défécation à l’air libre.

Mais, pour avoir pris des engagements dits de Ngor, des efforts bien que timides ont été enregistrés pratiquement au niveau de tous les pays. Ces petits pas sont relatifs à l’amélioration du cadre juridique et institutionnel, l’adoption de documents de politique de promotion de l’hygiène et l’assainissement ou encore la mise en œuvre d’initiatives de financement d’actions et de campagnes dans les communautés et les écoles. Au terme de ces initiatives, chaque pays a partagé avec les autres, des leçons apprises. Si par exemple au Burkina, on comprend désormais que l’harmonisation des approches et la coordination des interventions sont essentielles, en Côte d’Ivoire, la principale leçon est que la mise en place d’un cadre de suivi et d’évaluation est indispensable pour mesurer les progrès.

Une lueur d’espoir avec les plans d’actions

Les membres de la délégation béninoise en concertation

Au terme du diagnostic établi, des défis identifiés et des leçons apprises des interventions, chaque pays a pris l’engagement de mener des actions après le sommet afin de respecter les engagements de Ngor. Alors que le Bénin s’engage à faire un déclenchement institutionnel de haut niveau (gouvernement) et à faire adopter par le gouvernement la nouvelle Stratégie nationale de promotion de l’hygiène et de l’assainissement de base (SNPHAB), le Mali prévoit une table ronde pour le financement du Plan de renforcement des capacités des cadres en charge du secteur. Pour la Côte d’Ivoire qui fait figure de bon élève pour la mobilisation des ressources, l’une des actions phares est la recherche d’une coordination efficace des interventions. Au Burkina, les acteurs s’engagent à faire une évaluation nationale des inégalités pour mieux les combattre, intéresser le secteur privé et former les municipalités sur la mobilisation des ressources.

Somme toute, la session du dialogue entre les pays appréciée par tous les acteurs, a permis à chaque pays de se mirer et d’apprécier son niveau d’engagement par rapport aux autres. Après cet exercice qui aura montré que les pays partagent presque les mêmes réalités, « il faut passer au concret », a martelé un des participants.

 

February 21, 2019

Africasan5 : L’heure est au partage d’expériences entre les pays

Ibrahim D. Mahamadou (Cape Town/Afrique du sud)

Partage d’expériences dans le groupe de travail des pays francophones

Les travaux de la conférence AfricaSan5 centrée les boues de vidange se sont poursuivis ce mercredi 20 février 2019 à Cap Town en Afrique du Sud. Après la visite des posters qui dévoilent des expériences innovantes menées dans  différents pays, les participants ont été répartis en groupes de travail. La délégation du Niger a travaillé avec le groupe composé de la République Démocratique du Congo, du Sénégal, du Burundi, de la Guinée Conakry, du Togo, du Madagascar et du Tchad.

En effet, il s’agit pour ces pays d’échanger, de partager les expériences, les avancées, les échecs et les perspectives en matière d’accès à l’hygiène et à l’assainissement. Une occasion pour ces pays d’expliquer leurs expériences et d’exprimer leurs engagements pour l’atteinte des objectifs du développement durable notamment l’ODD N°6. Ci-dessous les engagements des pays dans les prochains six (6) mois à venir.

Au Burundi :

Le renforcement de la coordination interministérielle pour la mise en œuvre de l’approche Assainissement Total Piloté par les Communautés (ATPC),

  • L’établissement d’une base de données pour le suivi de la mise en œuvre de l’ATPC,
  • La mise en place d’un fond dénommé ‘’fond bleu’’ à l’image de l’initiative du Sénégal qui a une expérience en la matière.

En Guinée Conakry :

  • La mise en place d’une feuille de route pour la Fin de Défécation à l’Air Libre (FDAL),
  • La mise en place d’une plateforme de coordination nationale pour fédérer les interventions,
  • L’implication ou le déclenchement des plus hautes autorités pour la FDAL.

Au Madagascar :

  • La mise en place d’une feuille de route FDAL d’ici 2025 ;
  • La finalisation du plan sectoriel et le plan de financement du secteur ;
  • La mise en place du système de suivi et de coordination ;
  • La mise en place d’un fond décentralisé dédié aux communes ;

Au Niger :

La présentation du Niger a été faite par Monsieur Labo Madougou, Directeur de l’assainissement au Ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement et Mme Brigitte Pedro, Wash office à l’UNICEF-Niger en tant que partenaire au développement du Niger.

  • Finalisation et vulgarisation du nouveau guide d’Assainissement Total Piloté par les Communautés (ATPC) afin d’harmoniser les interventions ;
  • L’édition et la vulgarisation de la feuille de route auprès de l’ensemble des acteurs ;
  • L’ouverture d’une ligne spécifique dédiée à l’Assainissement Totale Pilotée par les Communautés à l’image de la Guinée Conakry car jusqu’ici aucune ligne n’est prévue pour prendre spécifiquement en charge cette approche.

Cependant, le Niger a consacré une ligne pour la prise en charge des ouvrages d’assainissement mais qui ne prend pas en compte l’ATPC.

Au Sénégal 

  • La validation et le partage de la feuille de route FDAL ;
  • L’organisation d’une table ronde des bailleurs de fonds pour le financement du secteur ;
  • La mise en place d’un mécanisme de coordination à l’image du Niger qui a une expérience en la matière ;
  • La mise en place d’un cadre de concertation pour le secteur ;
  • L’organisation d’un forum des acteurs sur l’ATPC.

Au Togo

Le Togo a retenu certaines actions à réaliser d’ici six (6) mois.

  • Assurer la durabilité des ouvrage ;
  • Revoir les dispositifs d’hygiène et d’assainissement dans les formations sanitaires et les lieux publics en prenant en compte l’équité ;
  • Le déclenchement des plus hautes autorités togolaises pour la FDAL.

Ces présentations des actions à mener d’ici six (6) mois ont été d’une grande utilité car elles ont permis aux différentes délégations de voire des expériences des autres pays pour l’atteinte des objectifs du développement durable (ODD) d’ici 2030 conformément aux engagements pris par les Etats consistants à assurer l’accès universel aux services d’eau potable, d’hygiène et  d’assainissement PAROUT et POUR TOUS.

February 17, 2019

Africasan5 : Le sommet des acteurs de l’hygiène et de l’assainissement  s’ouvre lundi 18 février à Cape Town (Afrique du Sud)

Alain TOSSOUNON (Cape Town, envoyé spécial)

Des toilettes de fortune dans la comme de Sô-Ava (Bénin)

La cinquième Conférence panafricaine sur l’Assainissement et l’Hygiène (AfricaSan 5) se tient du 18 au 22 février 2019 au Cap en Afrique du sud.  Cette initiative mise en place en 2004 par les ministres africains de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène (IMAEAH) est à sa 5ème édition. Elle vise essentiellement à inciter les Etats à faire un effort politique et à prendre leurs responsabilités afin de relever les défis en matière d’accès à l’eau, l’assainissement et l’hygiène qui se posent à l’Afrique. La recherche de solutions durables pour la gestion des boues de vidange sera au cœur des échanges et discussions de ce sommet.  

 Après la 4eme Conférence de Dakar qui a abouti à la Déclaration de Ngor réengageant les pays africains à l’atteinte de l’ODD 6, notamment l’accès universel à des services appropriés et durables d’hygiène et d’assainissement et à la fin de la défécation à l’air libre d’ici à 2030, la 5e édition se veut une occasion d’échanges entre experts en assainissement et en hygiène et les principales agences africaines et internationales concernées par le développement du secteur.

A l’instar des éditions passées, Africasan5, vise surtout à créer un élan pour remédier à l’épidémie persistante de manque d’accès à un assainissement sûr et à la défécation à l’air libre à grande échelle. En effet, 4,5 milliards de personnes dans le monde n’ont pas accès à des services d’assainissement durables. En Afrique Sub-Saharienne, 70% de personnes n’ont pas accès à l’assainissement soit 610 millions de personnes.

Face à cet état de lieux préoccupant, les ministres responsables de l’hygiène et de l’assainissement et les principales agences internationales travaillant dans les domaines de l’assainissement et de l’eau en Afrique sont attendues pour examiner et trouver de nouvelles possibilités de collaboration et de partenariat. Ce grand rendez-vous constitue une véritable occasion d’échanges et de partage d’expériences entre les ministres, décideurs politiques de haut niveau, les spécialistes sectoriels, les organisations internationales et les médias.

Au cœur de cette cinquième conférence, c’est la promotion et le partage de bonnes pratiques et des innovations afin d’améliorer la gestion des boues de vidange.  Une plate-forme est créée pour impulser davantage les acteurs à répondre aux demandes et aux défis du secteur de l’assainissement en Afrique. Une fois de plus, les professionnels du secteur, les gouvernements, les décideurs, les services publics, les partenaires du développement, les investisseurs, les industries et les fournisseurs de services auront l’occasion de coordonner, développer et partager leurs connaissances afin de proposer des solutions abordables et viables à grande échelle. Cette conférence mettra l’accent sur des solutions pratiques pour gérer de manière durable l’ensemble de la chaîne de services d’assainissement sans égouts, couvrant les toilettes, le confinement, la vidange, le transport, le traitement et la réutilisation, en tant que composante essentielle des services d’assainissement urbain dans toute la ville.

October 9, 2017

Atelier régional des programmes francophones GSF: Vers une meilleure appropriation du cadre de suivi des résultats

Alain TOSSOUNON (Cotonou, Bénin)

L’hôtel Jeco de Dassa-Zoumè a accueilli du 02 au 06 octobre 2017, l’atelier régional qui a réuni tous les programmes nationaux francophones financés par le Fonds mondial pour l’assainissement (GSF) en Afrique. Cette rencontre a permis aux différents pays, de s’approprier le nouveau cadre des résultats et du système de reporting financier pour un meilleur suivi des performances des programmes destinés à l’éradication de la défécation à l’air libre dans leurs zones d’intervention.

 

Les officiels à l’ouverture de l’atelier

En ouvrant les travaux de cet atelier qui a mobilisé des participants venus de Madagascar, du Togo, du Sénégal et du Bénin, le Directeur adjoint de cabinet, Dr Landry Médéssé Yansunnu, a souligné toute l’importance que revêt cette rencontre. Rappelant que les programmes GSF visent essentiellement un changement de comportement en matière d’hygiène et d’assainissement contribuant ainsi à l’atteinte de l’objectif 6.2 des Objectifs de Développement Durables (ODD), il a indiqué que l’atelier répond à un besoin d’information et de documentation pour les acteurs de mise en œuvre des programmes. Ainsi, signale-t-il, l’objectif poursuivi est d’amener les participants à se familiariser avec le nouveau cadre de suivi des résultats du GSF, les directives, les outils et formats de reporting à utiliser à partir de fin 2017. Egalement, l’atelier permettra de former les participants à l’utilisation des nouveaux outils de suivi financier et de résultats et enfin, de permettre d’orienter et de former les autres collaborateurs des Agences d’exécution et de partenaires de mise en œuvre une fois de retour dans leurs pays respectifs. Vu l’importance de la rencontre, le Directeur adjoint de cabinet, a soutenu que les quelques jours que dureront l’atelier, sont très utiles et d’un « grand secours » parce qu’ils permettront, de lever les équivoques et d’avoir des points de convergence. Un avis partagé par  la Chargée de programme Apprentissage et Documentation du GSF, Carolien Van Der Vooden qui a renchérit sur la compréhension mutuelle du contenu du nouveau cadre de suivi des résultats visée par l’organisation de cet atelier.

La photo de famille des participants

Invitant les participants à puiser dans leurs expériences pour mieux s’approprier cette nouvelle boussole, elle s’est réjouie de la tenue de l’atelier qui permettra aux programmes nationaux, de contribuer efficacement à l’atteinte des ODD dans leurs pays. Pour le chef du Programme au Bénin, Yadjidé Adissoda Gbèdo, la rencontre se justifie par le nouveau défi que s’est lancé le GSF à savoir l’atteinte des ODD et particulièrement l’objectif 6.2. Pour elle, c’est visiblement « un autre challenge » que devront relever les différents programmes pays. Relever ce défi revient à mieux maitriser  et à décoder le contenu des documents relatifs au cadre de suivi des résultats et du système de reporting financier. « Je nous invite à fédérer toutes nos expériences de terrain et à s’approprier dans les moindres détails le fond de ces documents », a-t-elle recommandé à tous les participants.

En se félicitant de la tenue de l’atelier au Bénin, elle a souhaité que les participants retiennent à l’esprit durant les travaux, que c’est l’adoption de bonnes pratiques d’hygiène qui est au cœur des interventions des programmes nationaux et du GSF.

Il est important de rappeler  pour le Bénin, que depuis la mise en œuvre le Programme d’amélioration de l’accès à l’Assainissement et des Pratiques d’Hygiène en milieu Rural (PAPHyR) qui est le programme GSF, il y a seulement quinze mois, 1315 localités  ont été déclarées Fin de Défécation à l’Air Libre (FDAL) et pré-certifiées par les services déconcentrés de l’hygiène et de l’assainissement de base.  Ces premiers résultats ont été atteints grâce à l’Approche Assainissement Total Piloté par les Communautés (ATPC ) qui permet d’amener des localités à un état de Fin de Défécation à l’Air Libre (FDAL) en favorisant la construction sans subvention initiale et l’utilisation plus efficace d’installations d’assainissement par les communautés, notamment les latrines hygiéniques.

July 7, 2016

Stratégie 2017-2020 du WSSCC: De meilleures orientations pour le secteur de l`hygiène et de l`assainissement au Niger

Ousmane Dambadji (Niamey/Niger)

Dans le cadre de la mise en œuvre des Objectifs de  Développement Durable (ODD), notamment l`0bjectif 6.2 lie à l`eau, l`hygiène et l`assainissement, le Conseil de Concertation pour l’Approvisionnement en Eau et l`Assainissement (WSSCC) a organisé une journée de consultation de tous les partenaires sur sa stratégie 2017- 2020, en collaboration avec le Ministère de l`hydraulique et de l`assainissement. Cette journée qui s’est tenue, le mardi 28 juin 2016, au Palais des  Congrès de Niamey visait principalement la recherche d’une adéquation entre les orientations stratégiques du Niger en matière de promotion de l`hygiène et de l`assainissement et la stratégie 2017-2020 de WSSCC.  

Les officiels au cours de l'ouverture des travaux

Les officiels au cours de l’ouverture des travaux

Prenant la parole à cette occasion, la Coordinatrice nationale de WSSCC, Mme LADOUA Hadjia Aï s’est réjoui de l`engagement du Ministère de l`Hydraulique et de l`Assainissement, des différents  experts et de  tous les partenaires   en faveur du secteur de l’hygiène et de l’assainissement.   Selon elle, cette rencontre est une excellente tribune pour échanger, avec tous les membres et les principales parties prenantes, sur les choix stratégiques et les priorités auxquelles le WSSCC doit travailler avec le Niger.

Pour le Ministre de l’hydraulique et de l’Assainissement, Mr Barmou Salifou, l’initiative de WSSCC à la veille de la revue sectorielle de l’eau et de l`assainissaient  au Niger est très significative car elle répond non seulement à la politique du gouvernement en matière d’accès à l’eau, hygiène et assainissement mais aussi permettra-t-elle d’harmoniser la démarche pour une réelle efficacité d`intervention.  Le ministre a relevé que les objectifs de WSSCC cadrent parfaitement au programme de la Renaissance  notamment pour ce qui est de l’accès pour tous à l’eau et aux infrastructures adéquates d`hygiène et d`assainissement, avec pour finalités, entre autres, de mettre fin à  la défécation à l’aire libre. Au cours des travaux Dr Rija  LALANIRINA a fait un bel exposé sur le déclanchement  institutionnel. Un exercice qui a permis à tous les participants de bien comprendre les enjeux et les défis majeurs du secteur de l`hygiène et de l`assainissement au Niger. Les participants ont tous pris l`engagement d`apporter leur contribution pour la promotion des questions d`hygiènes et d`assainissement afin de permettre à notre pays d`être au rendez-vous de 2030. Très satisfait de l`exposé sur le déclanchement institutionnel, le Ministre de l`Hydraulique et de l`assainissement  a  pris l`engagement de rendre compte fidèlement au gouvernement  sur la nécessité  d`élaborer des véritables politiques publiques de développement dans  le secteur de l`assainissement.

Madame Ceridwen  JOHNSON de WSScc  Genève,  a bien expliqué aux participants  au cours de la réunion, le rôle et la détermination de son institution pour sa contribution au développement économique et social des pays en développement. Une contribution qui permettra à nos pays de lutter efficacement contre la pauvreté à travers la promotion des questions d`hygiènes et d`assainissement.

Au Niger, l`appui de WSSCC  a permis la réalisation de plusieurs activités : le financement des formations, le  renfoncement des capacités des représentants des structures membres de la Coalition Wash, la mise à l`échelle de l’assainissement Total piloté par la communauté, des actions de lobbying  et l’élaboration des projets de développement.  Cet appui a également contribué  d’importantes financement dans le domaine de l’eau et de l`assainissement ainsi que l’élaboration de la Stratégie Opérationnelle d’Hygiène et d’Assainissement de Base (SOPHAB).

Cette journée de consultation nationale sur la stratégie 2017-2020 du WSSCC a permis  aux participants de comprendre l’engagement des parties prenantes, ce qui à coup sûr permettra d’harmoniser les démarches pour la mise en œuvre des Objectifs pour le développement durable.  C’est là une action qui pourrait permettre au Niger de bénéficier d`importants financements pour le sous-secteur à partir de l`année 2017. D’ores et déjà, le WSSCC est désormais l’un des meilleurs partenaires du Niger dans le sous-secteur de l`hygiène et de l’assainissement.

A propos de WSSCC

Le Conseil de Concertation pour l’Approvisionnement en Eau et Assainissement (Water Supply and Sanitation Collaborative Concil-WSSCC) est une organisation  du système des Nations Unis qui vient en appui aux différents Etats dans la mise en œuvre des  politiques  publiques dans le secteur de l’eau, Hygiène et assainissement. Elle a pour mission d’accélérer et de renforcer l’accès aux populations pauvres et démunies aux services d’eau, d’hygiène et assainissement. WSSCC gère le Fonds mondial pour l’assainissement (Global Sanitation Find-GSF qui lui permet de financer les différents programmes d’assainissements et d’hygiène à l’échelle des pays en développement.

April 29, 2016

Plaidoyer sur l’hygiène et l’assainissement : Les journalistes de l’Afrique de l’ouest renforcent leurs capacités à Dakar

Alain TOSSOUNON (Dakar)

Photo de famille des participants

          Photo de famille des participants

Depuis le 25 avril 2016 se tient à  Dakar au Sénégal, un atelier de renforcement de capacités des hommes et femmes des médias membres du Réseau des journalistes de l’Afrique de l’ouest pour l’eau, l’hygiène et l’assainissement (WASH-JN). Organisée par WaterAid, une organisation mondiale qui s’est illustrée ces dernières années dans la transformation des vies des communautés les plus pauvres en améliorant l’accès à l’eau potable et a l’assainissement, cet atelier a permis  aux journalistes de mieux s’outiller dans le combat pour une meilleure priorisation du secteur de l’eau et de l’assainissement dans l’agenda de développement des pays de la sous-région.

Aujourd’hui, près de la moitié de la population mondiale qui n’a pas accès à des sources améliorées d’eau potable vit en Afrique subsaharienne et 700 millions de personnes de la région n’ont pas accès à des services d’assainissement. L’Afrique subsaharienne a les taux de couverture les plus bas. Une situation qui occasionne la mort de quelque 180.000 enfants de moins de 5 ans chaque année, soit à peu près 500 par jour à cause de maladies diarrhéiques imputables au manque de services d’eau, d’assainissement et d’hygiène (WASH).

Face à cette situation préoccupante, le plaidoyer pour une meilleure priorisation de l’assainissement et de ressources apparait comme une arme efficace pour apporter les changements. C’est l’objectif de cet atelier qui vise à maintenir la dynamique et aider à collecter les preuves nécessaires pour de meilleures actions d’influence sur le financement de l’assainissement dans la sous-région.  Mais, aussi cet atelier est destiné à doter les participants de connaissances sur les Approches basées sur les droits humains et les approches d’engagement citoyen qui leur seront utiles pour l’influence et la gouvernance du secteur (WASH) et notamment l’assainissement.

En ouvrant l’atelier le premier jour, Le Directeur régional des programmes en Afrique de l’Ouest  pour WaterAid, Joe Lambongang, a salué la mobilisation des journalistes pour cet atelier et surtout  rappelé les enjeux des nouveaux Objectifs du développement durables (ODD) pour les pays de la sous-région.  Pour lui, si le travail à accomplir est « immense », les ODD exigent des journalistes et des agents de développement plus d’engagement. En se référant à la stratégie mondiale dont la vision est que chacun doit avoir l’accès à l’eau et à l’assainissement partout où il est d’ici 2030, il a invité les acteurs des médias à contribuer à la réalisation de cette vision.  Pour terminer, il a lancé un appel aux journalistes qui doivent   rechercher des informations crédibles pour pouvoir influencer les politiques et surtout travailler avec passion. « Partout où vous êtes, …vous pouvez changer le monde », a-t-il s’est-il adressé aux journalistes.

Au cours de l’atelier, les participants ont suivi plusieurs présentations sur les progrès et avancées du secteur eau, hygiène et assainissement en Afrique de l’ouest, les grands défis du secteur, l’approche basée sur les droits humains, la communication et la recherche de données…Surtout, les participants ont partagé par pays leurs expériences et études de cas, et fait des exercices pratiques sur la collecte d’informations et de preuves nécessaires pour une efficacité en matière de plaidoyer et d’influence en faveur de l’assainissement.

Egalement, une visite de terrain a été organisée sur deux sites afin d’amener les participants à mieux appréhender la problématique de la pollution de la baie de Hann par les eaux usées et chimiques et celle du manque d’eau et d’assainissement dans Guédiawaye, une région de la ville de Dakar.

Au total, avec les réflexions sur les approches et outils de plaidoyer d’assainissement, sur la documentation, le rapportage, les participants repartent bien affûtés pour un plaidoyer efficace pour un accès de toutes les populations de l’Afrique de l’ouest à l’assainissement.

April 1, 2016

Dr MOMAR NIANG, MEDECIN CHEF DE DJIDDAD THIAROYE KAO SUR LE MANQUES D’HYGIENE : «La majorité des femmes vivant dans les zones inondées souffrent d’infections vaginales»

Paul Khadja Traoré (Dakar Sénégal)

Le médecin-chef, Dr Momar Niang de Djiddah Thiaroye Kaw, localité comptant près de 200 000 habitants, n’a pas mis de gangs pour faire des révélations qui jusqu’ici étaient tabou dans cette localité. «Je reçois en moyenne 20 cas de femmes souffrant de maladies infectieuses par jour», confie-t-il.

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D’après le praticien, «la majorité des femmes vivant dans les zones inondées souffrent d’infections vaginales. Une situation qui est causée par le manque d’hygiène corporelle». Selon le médecin, la plus fréquente de ces infections vaginales qui affectent les femmes de la banlieue est le germe pathogène, un champignon appelé «candida albicans». Il s’attaque aux organes génitaux provoquant des démangeaisons, mais le danger est que ces microbes sont facilement transmissibles par l’usage commun des serviettes, des éponges et autres sous-vêtements. D’après le médecin, la recrudescence de ces cas d’infections dans les zones inondées s’explique par la nonévacuation des blocs sanitaires des maisons. «La femme est très sensible, même en temps normal. Elle doit prendre soin de ses parties intimes pour ne pas attraper d’infections. Malheureusement, pour celles qui ont été victimes des inondations, et celles qui n’ont pas accès à des toilettes adéquats,  les moyens de se protéger font défaut», renseigne le médecin. Aussi, Momar niang estime que la famille doit disposer de toilettes qui répondent aux normes d’hygiène. Il soutient aussi qu’après chaque hivernage, l’Etat doit prendre les mesures idoines pour permettre aux victimes d’inondation d’assainir leurs blocs sanitaires afin de pouvoir préserver les femmes de certaines «maladies honteuses». Par ailleurs, les statistiques de l’organisation mondiale de la santé montrent que, aujourd’hui, en Afrique, plus de 75% des femmes ont une fois fait une mycose vaginale et 40 à 50% d’entre elles ont eu au moins 2 à 3 épisodes de l’infection. La tendance est actuellement à la hausse avec 10 à 20% des femmes qui font des candidoses vaginales à répétition et 20% qui sont porteuses de la maladie sans présenter des signes cliniques. Aussi, pour éviter les infections vaginales, les experts en santé sexuelle recommandent aux femmes une bonne hygiène corporelle. Pour épargner la gente féminine de ce malaise, les femmes doivent porter des vêtements propres et bien secs. Les régions vulvaires et les plis inguinaux doivent être soigneusement séchés après le bain et les sous-vêtements doivent être bien séchés, de préférence au soleil. Mais, elles doivent surtout accéder à des toilettes décentes.

April 1, 2016

ABSENCE D’ASSAINISSEMENT A DJIDAH THIAROYE KAO : Quand la population cohabite au quotidien avec les eaux usées

Paul Kadja Traoré(Dakar Sénégal)

Bâtie sur la nappe phréatique de Thiaroye, la commune de Djiddah Thiaroye Kao connaît un sérieux problème d’assainissement. Depuis maintenant plusieurs années, la population de la localité souffre de sa cohabitation avec les eaux usées.

Thiaroye

Impossible de rester quelques minutes dans les différentes ruelles de la commune de Djiddah Thiaroye Kao. En effet, dans presque toutes les ruelles des 21 grands quartiers qui constituent la commune, un énorme trou servant de canal est creusé pour contenir les eaux usées en provenance des fosses septiques des maisons du quartier. L’odeur nauséabonde qui s’y dégage rend l’endroit infréquentable. «Cette situation infernale dur depuis de nombreuses années, renseigne Codou Fall, une vieille dame qui vit au quartier Lansar. Pour éviter des maladies respiratoires, nous sommes obligés de verser quotidiennement de l’eau de javel dans tous les coins de la maison». Au quartier de Ainoumane 3, le constat est le même : eaux usées et ordures ornent le décor. Une situation qui, visiblement, ne dérange plus personne dans ce quartier. C’est le cas du jeune Demba Fall, trouvé assis tranquillement dans son atelier de menuiserie avec ses apprentis, en train de déguster son verre de thé, malgré l’odeur fétide qui fusse de partout. «Je suis né et j’ai grandi dans ce milieu il y a une trentaine d’années. Chaque jour, nous vivons cette situation avec tous les dangers que cela comporte, c’est comme si ça faisait partit de notre quotidien. Je suis habitué à cette odeur, cela ne peut pas m’empêcher de vaquer à mes activités dans ce quartier», soutient le menuisier. Toutefois, il précise : «Ce qui nous agace surtout, c’est le manque de réaction des autorités locales. Hormis les quelques travaux d’installation d’un station d’épuration faite par l’office national d’assainissement du Sénégal (Onas) qui n’est bénéfique qu’aux quartiers périphériques et la réhabilitation de la route principale qui d’ailleurs n’a pas résisté aux derniers inondations, rien n’a été réalisé par les autorités pour nous sortir de cette situation alarmante». Au quartier Touba-Pikine, c’est le même scénario. Trouvé devant la mosquée du quartier, le vieux Daouda Diallo se plaint des eaux usées mélangées à des déchets, le tout dégageant une odeur nauséabonde qui envahissent les maisons. «Mais ce qui est plus grave, souligne le sieur Diallo, c’est que maintenant, nous avons constaté des serpents sortir de ces déchets et de ces eaux qui bordent nos maisons. Et le danger est d’autant plus grave que nos enfants circulent tout autour sans la moindre surveillance. Ce qui du jour au lendemain risque d’avoir des conséquences incalculable». Aussi, lance-t-il un SOS aux autorités de sa localité.

 

April 1, 2016

PRINCIPALES CAUSES DU PROBLEME D’ASSAINISSEMENT A LA MEDINA : Vétusté du réseau, incivisme et extension des maisons

Mamadou Lamine Camara (Dakar Sénégal)

A la Médina, un des anciens quartiers de Dakar, le problème du système d’assainissement se pose avec acuité. La plupart des rues ont pour marque les flac d’eau usées qui coulent  durant  presque 12 mois sur 12. Dans cette  localité de  la capitale  du Sénégal, les résidants ont une analyse différentes des causes de cette équation presque insoluble qui est l’assainissement  de la Médina. Si certains indexent la vétusté du système d’assainissement qui ne peut contenir les eaux usées des ménages qui ne cessent d’augmenter d’années en année, d’autres par contre estiment que la cause est  liée à  la nature du sol de la localité dont la nappe n’est  pas  trop profonde.  Trouvé  devant une  boutique à la  Rue 41 X 22, Doudou Gueye a déclaré que le problème de l’assainissement de la Médina est en partie lié des matériaux utilisés pour l’aménagement des rues. «L’évacuation des eaux usées constitue l’éternel problème de la Médina» a renseigné M. Gueye, riverain de la Rue 41X 22.

De son analyse, il ressort que «le système de canalisation étroit et vétuste ne peut plus à lui seul évacuer les eaux usées d’une localité aussi peuplée comme la Médina». Plus  loin de la Rue 41 X 22, un autre  natif de la Médina explique, à son tour les causes de la problématique de l’Assainissement de la Médina. Pour le vieux Papa Gueye, le problème de l’assainissement au niveau de la Médina est lié  principalement à la nature du sol. «Ici, à la Médina, la nappe affleure parce qu’à l’origine cette localité était redonné par des marécages» a expliqué le vieux Guèye. A l’en croire, l’écoulement des eaux usées s’intensifie chaque jour. Les canaux se bouchent au niveau des habitants les plus élevés.

En dehors, de ces problèmes, beaucoup de personnes croisées dans la rue de la Médina ont mis sur le dos le problème de l’assainissement à l’inadéquation entre l’évolution rapide des immeubles et le système d’évacuation actuel. «Le réseau d’évacuation des eaux usées actuel ne peut plus contenir tout ce que les ménages déversent», a soutenu Pathé Diagne, résident à  la rue 22. Ainsi, il  a  invité  l’Office  nationale de l’assainissement du Sénégal (Onas) à faire en sorte que l’extension de leur réseau soit en conformité avec l’évolution de   l’habitat.

La majeure partie des personnes rencontrées ont aussi pointé du doigt l’incivisme des citoyens qui a le plus  contribué à accentuer  le  problème de l’assainissement à la Médina, et à la Gueul Tapée. La preuve, des tas d’ordures sont dispersés un peu partout au niveau des intersections du quartier. Ces ordures mélangées aux eaux usées provoquent une odeur nauséabonde qui constitue un problème de santé  pour les populations.

La preuve de l’incivisme des populations se voit au niveau de Soubédioune  ou prend fin le canal d’évacuation des eaux usées. Au niveau de Soubédioune, à la  place des eaux usées, le canal rejette dans l’océan des objets solides plus précisément, les carcasses d’animaux mais surtout le plastique qui constitue une menace l’environnement marin et  les espèces qui y vivent.

 

February 25, 2016

Hygiène et assainissement de base dans les projets de société des candidats :La grande déception

Alain TOSSOUNON (Cotonou)

Alors qu’on se plaignait que nos candidats favoris ont oublié la gestion des ressources en eau dans  leurs différents projets de société, le constat est amer quant au sous-secteur de l’hygiène et de l’assainissement. Pour le monde des acteurs du secteur de l’eau et de l’assainissement, la priorisation de ce sous-secteur attendu de tous les vœux par les politiques pour améliorer la situation dans notre pays n’est pas pour bientôt.

L'accès aux toilettes est encore un luxe pour plus de la moitié des Béninois

L’accès aux toilettes est encore un luxe pour plus de la moitié des Béninois

L’hygiène et l’assainissement n’a eu aucune chance de figurer dans les projets de société de nos candidats favoris à l’élection présidentielle de 2016. Dans leur ensemble, les cinq candidats qui paraissent avoir la chance d’emporter l’élection que sont Ajavon Sébastien, Patrice Talon, Aboudoulaye Bio Tchané et Lionel Zinsou ne reconnaissent nullement l’importance de ce sous-secteur toujours en panne de visibilité.

En dehors du candidat Aboudoulaye Bio Tchané qui dans le point 98 de son projet prévoit  des toilettes publiques à titre pilote à Cotonou (Ce qui n’est plus nécessaire puisque le PNUD l’a fait avec la mairie de Cotonou), les quatre autres candidats, ont  passé sous silence un sous-secteur aussi vital.  Les rares mesures relatives à l’assainissement sont relatives à la gestion et/ou  la valorisation des déchets solides ménagers ou liquides notamment chez les candidats Patrice Talon et Pascal Irénée Koupaki.

Pourtant, les chiffres sont alarmants. S’il est connu de tous que le Bénin a raté le rendez-vous des OMD dans ce sous-secteur, la situation est bien plus grave, Car, d’après l’Enquête de Démographie et de Santé du Ministère de la santé  2012 (EDS 2012), seulement 15% des ménages disposent de toilettes améliorées et non partagées. Et, les 2/3 des ménages n’ont accès qu’à des toilettes non améliorées et dans 54% des cas, les ménages ne disposent d’aucun type de toilettes.

En milieu rural, la situation est plus critique : 87% des ménages ruraux n’utilisent pas de toilettes considérées comme améliorées et 77% ne disposent d’aucun type de toilette.

En matière de lavage des mains, selon la même étude, le taux moyen de lavage de mains au Bénin est encore de 12% en 2012.

Dans ces conditions comment nos différents candidats favoris peuvent construire un Bénin gagnant (Zinsou),  triomphant (ABT), innovant (PIK) ? Ou encore comment pouvons-nous prendre un nouveau départ (Talon) ou réussir ensemble (Ajavon) alors que la défécation à l’air libre constitue encore le sport favori des Béninois ? Dans une étude réalisée en 2010 dans le cadre du Programme Eau et Assainissement, la Banque Mondiale avait déjà donné l’alerte en indiquant que plus de 7000 Béninois dont 4300 enfants de moins de 5 ans meurent chaque année de diarrhée.   Et ces décès sont à presque 90% lies à l’impureté de l’eau et au manque d’assainissement et d’hygiène.

Devons-nous attendre d’être un pays à économie prospère pour voler au secours de ces milliers d’enfants qui meurent ainsi chaque jour de maladies diarrhéiques et d’autres maladies transmises par l’eau ou causées par un manque d’assainissement et d’hygiène ?

Mais le désastre n’est pas qu’humain. Il est aussi économique. Puisque, dans cette même étude datant de 2010, la Banque Mondiale indiquait que le Bénin perd chaque année 52 milliards de francs CFA à cause d’un mauvais assainissement. Il est donc clair, que l’hygiène et l’assainissement, n’est plus simplement une question de sante publique mais aussi d’économie. Alors,  pour des candidats qui rivalisent de propositions ou de mesures pour booster notre économie, n’est-il pas judicieux avant toute chose de faire un gain de 52 milliards de francs CFA en aidant les populations à se doter de toilettes adéquates et de s’approprier les bonnes pratiques en matière d’hygiène et d’assainissement avant de mobiliser d’autres financements ?

En réalité, il ne s’agit pas de construire pour chaque ménage ou de subventionner la réalisation des toilettes appropriées mais de promouvoir des approches nouvelles qui font leur preuve ailleurs dans le monde pour amener progressivement les populations à faire de l’accès aux toilettes une priorité dans leur vie. Parce que, comme le soulignait la Directrice régionale de WaterAid, Marièm Dem, “il n’est plus admissible qu’au 21e siècle que les populations vivent sans toilettes”. Et mieux que par le passé, on comprend aujourd’hui, qu’un meilleur accès à l’hygiène et à l’assainissement se traduira par des performances scolaires et une productivité améliorées. Les enfants apprennent davantage quand ils ne sont pas obligés de manquer l’école pour cause de maladies diarrhéiques, et les travailleurs sont plus productifs lorsqu’ils ne sont pas malades ou ne restent pas à la maison pour soigner d’autres personnes qui le sont.

La gestion des eaux usées aussi oubliée  

L’un des défis majeurs en matière d’assainissement qui pouvait préoccuper nos candidats est la question de la gestion des eaux usées dans nos villes. Car, aujourd’hui, après une stratégie nationale en milieu urbain élaborée pour la période 2008-2015, la mise en œuvre du plan d’actions est toujours attendue. Même si on sait que la Banque Mondiale finance dans le cadre du Projet d’Urgence de Gestion Environnementale en Milieu Urbain  (PUGEMU), l’élaboration du Plan directeur d’assainissement des Eaux Usées des villes de Cotonou, Abomey-Calavi, Sèmè-Kpodji et Porto-Novo et la mise en œuvre d’un projet pilote de drainage et de traitement des Eaux Usées, il y a encore un besoin important d’investissement.

Pas de gestion des eaux usées dans les projets de société de nos candidats favoris

Pas de gestion des eaux usées dans les projets de société de nos candidats favoris

En tous cas pour l’heure, dans nos villes, les puisards construits  par les ménages sont connectés aux ouvrages de gestion des eaux pluviales (caniveaux et collecteurs).

La situation est bien préoccupante. Selon l’étude EDS 2012, 76% des populations au Bénin déversent les eaux usées dans la nature.

Pourtant, dans la sous-région des pays comme le Burkina-Faso investissent depuis peu pour améliorer la situation. L’office burkinabè de l’eau potable (ONEA) investit sous fonds propres chaque année 1,2 milliards de francs CFA dans le réseau d’égouts  ainsi que dans les stations de traitement et de vidange de la capitale. Si la ville de Cotonou est encore loin de celle de Casablanca au Maroc qui dispose désormais d’une station de traitement depuis mai 2015, il est quand même temps d’y penser.

Au total, il est clair que l’avenir du sous-secteur de l’hygiène et de l’assainissement de base s’assombrit avec des candidats qui dans leurs projets de société n’en font pas cas.

Ainsi, pour les acteurs du sous-secteur qui espèrent voir un jour l’hygiène et l’assainissement de base gagné en priorité avec des investissements conséquents, le chemin est encore long.  Le rêve n’est surtout pas permis avec nos candidats à la course. Ainsi va le Bénin !

 

 

October 5, 2015

Chris Williams, Directeur exécutif du Wsscc : « Je suis optimiste que dans les quinze prochaines années, les gouvernements en Afrique fassent des investissements efficaces pour mettre fin à la défécation à l’air libre »

Rencontré au cours de la 4ième Conférence africaine sur l’assainissement de Dakar, le Directeur  exécutif du Conseil de concertation pour l’assainissement et l’approvisionnement en eau (Wsscc), Christ Williams, nous a accordé un entretien sur l’avenir de l’assainissement en Afrique. Revenant sur l’importance de l’approche Community Led Total Sanitation (CLTS) et les résultats intéressants qu’elle permet d’obtenir dans les pays ou le programme du Fonds mondial pour l’assainissement (GSF) est mis en œuvre, il insiste dans cet entretien sur l’utilisation efficace des fonds publics et la nécessité d’inclure l’hygiène menstruelle dans le combat contre la défécation à l’air libre en Afrique.

Chris Williams, Directeur exécutif du Wsscc

Chris Williams, Directeur exécutif du Wsscc

Plusieurs pays  ne seront  pas au rendez-vous des OMD dans le secteur de l’hygiène et de l’assainissement. Selon vous, quelles sont les raisons de ce retard qu’accuse l’Afrique dans un secteur aussi important qu’est l’assainissement ?

 L’assainissement est l’un des objectifs malchanceux puisque dans plusieurs pays, il n’a pas été atteint. La question est de savoir  pourquoi  plusieurs pays n’ont pas réussi à réduire de moitié le nombre de personnes n’ayant pas accès à l’assainissement de base et à l’hygiène. Je pense que la raison principale de cet échec est qu’il n’y a pas eu d’investissements publics importants en matière d’assainissement. Aussi, le type d’investissement que nous avons eu a été inefficace. Il y a eu donc deux problèmes: l’investissement et son utilisation. Alors, concernant l’investissement, il y a des chiffres qui nous interpellent par rapport aux engagements pris à la précédente conférence sur l’assainissement. Maintenant,  nous sommes ici à nouveau pour une autre rencontre sur l’assainissement en Afrique, avec le privilège d’être au Sénégal.

Il est à souhaiter que la mauvaise utilisation des ressources ne se reproduise plus. Parce que je pense que cela a été un énorme problème et beaucoup d’efforts ont été déployés à l’échelle mondiale ainsi qu’en Afrique et dans les différents pays pour ensemble tenter d’orienter les financements dans l’assainissement. Ceci continue d’être un défi. Je pense qu’il y a des façons d’accroître les investissements publics. Le deuxième problème est l’utilisation des fonds. L’assainissement dans le monde rural est un domaine où il y a un grand besoin d’identification du problème. Plusieurs gouvernements et ONG pensent bien construire des toilettes pour les populations. Ils essayent d’appliquer l’approche par subvention directe dans l’assainissement mais cela se révèle inefficace puisque les gens ne  changent pas de comportements. Les gens ne comprennent pas l’importance de l’assainissement. Ils ne font pas le lien entre l’assainissement et leur santé,  l’hygiène et leur dignité. Et, je pense que cette approche regorge des dispositions pour améliorer l’assainissement au niveau des villages. De même, la subvention du gouvernement est très coûteuse et peu  de personnes peuvent seulement en bénéficier si le pays entier exprime la nécessité ou le besoin d’une amélioration de la situation de l’assainissement. Nous savons bien que les ressources du gouvernement ne sont pas trop efficaces parce qu’elles n’atteignent pas  souvent certaines populations.  Ce qui pose la question de la discrimination. Parce qu’il se trouve toujours des personnes qui n’ont pas reçu la subvention. Deuxièmement, les gens sont très disposés à faire des investissements dans le monde de l’assainissement en particulier pour mettre fin à la pratique de la défécation à l’air libre. C’est un investissement communautaire et le changement que le programme GSF avec certains gouvernements en Afrique nous permet de constater est que ces gouvernements ne donnent plus des subventions directes, et ils se rendent compte que la meilleure façon de bien gérer les fonds, l’investissement public, est de promouvoir les campagnes de sensibilisation d’assainissement et d’hygiène sur les lieux de travail et dans les villages. Puis partout où ils sont en mesure de sensibiliser les gens en mettant en exergue la relation entre l’assainissement et la santé de façon à réduire la transmission des maladies. Cela généralement  se fait dans chaque ménage et surtout dans les communautés pratiquant  la défécation à l’air libre. Cette campagne a été efficace dans plus de neuf (9) pays où nous travaillons, plus de sept millions (7 000 000) de personnes ont adopté cette approche et nous nous attendons à plus de vingt millions (20.000.000) de personnes dans les deux prochaines années. Donc, c’est une approche qui marche et la plupart des gouvernements se rendent maintenant compte que c’est  le moyen le plus efficace pour parvenir à une fin de défécation à l’air libre pour atteindre le résultat attendu. Donc, avec ce changement, il faut penser à comment utiliser les fonds publics pour des subventions directes qui auront un impact sur très peu de gens et une  approche communautaire (CLTS) qui affecte  des millions de personnes. Ainsi, c’est le changement de politique que nous voyons auprès de 30 gouvernements. Je suis optimiste que dans les quinze prochaines années, les gouvernements fassent des investissements efficaces pour mettre fin à la défécation à l’air libre. Maintenant, je viens d’expliquer la différence dans l’utilisation des fonds publics et comment ils doivent être utilisés efficacement. Je pense que la plupart des pays sont intéressés à changer la façon dont ils utilisent les ressources publiques limitées. Mais là encore, il y a un besoin d’investissements publics et un changement de cap doit intervenir. Pour cela, nous devons inviter les premiers ministres, les cabinets ministériels et parlementaires à prioriser  les investissements dans l’assainissement, afin qu’il y ait plus de ressources pour la sensibilisation des communautés pour l’éradication de la défécation  à l’air libre.

A vous écouter et tenant compte des résultats obtenus dans certains pays comme bien Madagascar; le Bénin, le Togo et d’autres pays. À votre avis, est-ce que l’ATPC est la solution d’avenir pour le combat efficace contre la défécation à l’air libre n Afrique ?  

Oui, c’est la solution. L’ATPC (ou le CLTS)  est la solution de l’assainissement au niveau rural. L’APTC est l’approche, mais comment la rendre fonctionnelle et efficace? Telle est la question. L’enjeu, c’est comment utiliser la méthode de l’ATPC et l’appliquer à la gestion des centaines de ménages dans un pays. Là est la question. A Madagascar, les acteurs ont trouvé la solution de contextualiser et de l’adapter  pour atteindre de centaines de ménages en trois ans et demi. Il y a soixante-dix mille villages dans le pays et dans les trois dernières années et demi, ils ont pu mettre fin à la défécation à l’air libre dans vingt mille villages. Donc la question est de savoir comment  sont-ils arrivés à le faire?  Chaque pays peut avoir  une méthodologie différente, mais cela nécessite de travailler directement avec le gouvernement central pour obtenir un peu de soutien du président,  du premier ministre ou des parlementaires. Le deuxième point est de développer une approche au niveau de la communauté. Une approche qui rassemble et sensibilise l’ensemble de la communauté et, un troisième point est de travailler avec les autorités gouvernementales locales pour faire en sorte que les autorités gouvernementales locales facilitent la discussion d’un village à l’autre de sorte que les approches et les bonnes pratiques dans un village puissent rapidement atteindre un autre village. Le quatrième point  est l’après ATPC lorsqu’un quartier ou un village est déclaré exempt de la défécation a l’air libre. Ainsi,  il faut faire en sorte d’obtenir l’attention et le soutien des parlementaires, des autorités gouvernementales et locales afin qu’ils deviennent sensibles aux services importants et qu’ils deviennent même la priorité des priorités. Un cinquième point résulte des leçons tirées de l’expérience de Madagascar qui est le suivi. Habituellement, une communauté peut être déclarée exempte de la défécation à l’air libre, mais elle doit poursuivre la pratique de changement de comportement au fil du temps pour que le résultat soit durable. Ainsi, la méthodologie utilisée prend en compte les autorités locales gouvernementales et des leaders naturels, les gens qui sortiront des villages qui sont devenus champions de l’assainissement et de l’hygiène locale.

Pour finir cette interview, est-ce que selon vous le CLTS ou l’ATPC est l’unique solution ou il faut ajouter quelque chose, de sorte que nous ayons  un accès de tous à l’assainissement dans toute l’Afrique d’ici 2030?

Lorsque nous parlons de la défécation à l’air libre, nous parlons de l’assainissement, de l’hygiène dans le pays entier. Nous ne pouvons pas nous limiter aux ménages, nous parlons des écoles, de la planification de la santé, des centres de formation, des petites villes comme des grandes villes, ce sont donc des nécessités qui ne sont pas limitées à l’ATPC. En plus de l’ATPC, il doit y avoir un engagement institutionnel pour les écoles, les parents, les associations d’enseignants avec les organisations internationales qui d’abord nous soutiennent avec les gouvernements. C’est donc la preuve qu’il faut une sensibilisation au niveau local. Donc, cela nécessite des approches différentes qu’il faut  élaborer en plus de l’ATPC. Dans le cas de la planification de la santé, il s’avère indispensable pour les ministères de la santé de se concentrer sur la qualité de l’assainissement et de l’hygiène en milieu rural. Souvent, la planification mondiale de la santé ne prend pas suffisamment en compte les installations de l’hygiène de l’eau et l’hygiène sanitaire de base. Donc, il y a des risques en matière de santé sexuelle et reproductive mais aussi la santé infantile et maternelle. C’est très important pour les institutions de santé. Dans les centres de formation et dans les villes aussi, nous ne devons pas seulement être préoccupés par l’accès à l’assainissement et l’hygiène, mais nous devons nous demander où vont les déchets? Quelle est la stratégie de gestion des déchets? Comment la ville gère-t-elle l’élimination des déchets ? Quelle est la gestion efficace des produits des déchets? Donc, je pense que ce sont des domaines où l’ATPC seule ne pourrait être utilisée et cela peut ralentir le processus. Mais, il faut une combinaison avec d’autres approches pour atteindre tous ces domaines et toutes les populations. En outre, je pense que l’ATPC est adaptable, elle n’est pas statique et la méthodologie s’améliore avec le temps. Une forme d’amélioration est d’être beaucoup plus sensible aux besoins des hommes et des femmes et en particulier des adolescentes. Les adolescentes peuvent être confrontées à divers défis de l’assainissement et l’hygiène pendant la période de grossesse, des menstruations où elles ont besoin de l’eau potable et de l’hygiène.

Elles ont besoin de bons dispositifs d’hygiène d’une importance directe pour leur sécurité. Cela leur permet de gérer le processus de la menstruation chaque mois à l’école où elles vont travailler mais aussi à la maison. Donc, je pense que l’accent doit être mis sur l’identification de l’hygiène dans son sens global pour inclure l’hygiène menstruelle. Nous y travaillons en étroite collaboration non seulement avec un programme favorisant l’ATPC mais aussi des programmes qui sont en partenariat avec les femmes des Nations Unies qui travaillent en Afrique de l’ouest y compris le Cameroun, le Niger, et le Sénégal. J’espère que le ministre du Niger et celui du Sénégal qui participent à la conférence africaine sur l’assainissement mis à part les délégués avec lesquels nous échangeons vont nous écouter. D’abord, nous allons commencer à aborder le problème en brisant les tabous puis parler des moyens sûrs pour la gestion de la menstruation des femmes, ensuite une gestion saine des produits d’hygiène. Ensuite, nous espérons que les expériences que nous promouvons avec des femmes des Nations Unies, avec l’UNFPA avec le gouvernement du Sénégal, avec de nombreuses organisations de femmes dans ces pays, nous permettront à nouveau de faire des innovations, de faire des expériences et de rassembler autour de cette approche qu’est l’ATPC ou le CLTS, des hommes et des femmes.

Prosos receuillis par Alain TOSSOUNON

June 24, 2015

Cheikh tidiane fall, Coordonnateur de Water association (Iwa) : « Le développement de l’assainissement est illusoire en Afrique sans ressources humaines appropriées »

Le coordonnateur de International Water Association (Iwa), Cheikh Tidiane Fall, n’entrevoit pas le développement du secteur de l’assainissement sans des ressources humaines qualifiées. Dans cet entretien, il approfondit certaines questions soulevées lors de son intervention sur une session axées sur : « Engagements pour l’assainissement : réduire le manque de capacité professionnelle ».

 Lors de la 4ème édition de Africasan vous avez participé à la session « Engagement pour l’assainissement : réduire le manque de capacités professionnelles ».  Peut-on déduire qu’il y a un manque criant de ressources professionnelles dans le secteur ? 

C’est évident. Le secteur de l’assainissement est à la traîne des objectifs d’assainissement à atteindre et fait face à la détérioration due à un manque de concentration sur la durabilité. Les discussions post-2015 ont mis l’accent sur la durabilité à travers, par exemple, l’exploitation et l’entretien des installations. Cependant pour progresser durablement beaucoup de ressources (humaines et financières) sont nécessaires. Selon l’étude de l’International water association (Iwa) sur les écarts des ressources humaines -des évaluations effectuées dans 15 secteurs de Wash en Asie et Afrique dont le Sénégal- cette capacité en ressources humaines dans le secteur de l’assainissement est faible et l’arrivée future de professionnels de l’assainissement pose problème.

Pour dynamiser le leadership et l’action, les engagements sont nécessaires pour combler ce manque de capacité professionnelle de l’assainissement. Malgré ce constat, le tableau est inquiétant et sans une meilleure prise en compte de cette dimension relative aux ressources humaines, le développement du secteur de l’assainissement dans beaucoup de pays africains est illusoire. Certains pays ont élaboré des engagements sur ce plan, mais ceux-ci sont-ils clairs et transformables en actions ?

Pouvez-vous nous faire l’économie de votre présentation sur la capacité de l’assainissement en Afrique ?

La session organisée par IWA à AfricaSan 4 en collaboration avec Swa (Sanitation and water for all) visait à sensibiliser sur l’importance de s’occuper de la capacité professionnelle relative à l’assainissement au niveau national. Elle avait aussi pour objectif d’avoir des recommandations d’engagements réalisables  pour combler le manque de capacité professionnelle de l’assainissement.

En partageant les résultats de l’étude d’Iwa sur 9 pays africains (Sénégal, Niger, Mali, Burkina Faso, Ghana, Zambie, Afrique du Sud, Mozambique, Tanzanie), nous avons mis l’accent sur le fait que le secteur de l’assainissement n’est pas attractif pour différentes raisons. On peut citer les salaires qui ne sont pas compétitifs, la perception négative du travail, le manque de curricula spécifiques à l’assainissement dans les instituts de formation professionnelle, l’absence d’une stratégie nationale de développement des ressources humaines etc. Il est cependant possible de changer ce tableau sombre.

Comment combler le manque de capacité professionnelle dans l’assainissement ?

Il est indispensable, à partir d’une volonté politique au plus haut niveau, d’avoir dans chaque pays une stratégie nationale de développement des capacités de l’assainissement. Elle doit être axée sur les actions suivantes qui sont clairement mises en exergue dans l’étude d’Iwa : La clarification des responsabilités institutionnelles pour mieux prendre en question les ressources humaines d’une manière coordonnée au plan national, la coordination et la planification entre le secteur de l’assainissement et le secteur de l’éducation. Cela devrait permettre le développement de programmes d’études au niveau universitaire et professionnel basé sur les besoins du secteur de l’assainissement. Il faudra aussi améliorer l’image de l’assainissement pour attirer davantage de jeunes professionnels dans le secteur, tenir compte des besoins différents en zones urbaine et rurale, car dans cette dernière les installations sont moins complexes et les qualifications requises différentes, créer de nouveaux postes etc.

Quelle est la place des ressources bien formées dans  la prise en charge des besoins du secteur dans ce contexte de transition vers les Objectifs du développement durable (Odd) ? 

Il a été démontré lors de la session que les installations d’assainissement sont devenues plus complexes avec des innovations et un environnement changeant et exigeant. Pour les faire fonctionner, il faut des professionnels bien formés et très compétents. Malheureusement le secteur de l’assainissement est freiné dans son développement par l’insuffisance de ressources humaines de qualité. Le professionnel bien formé et motivé est au cœur du dispositif. Cet aspect doit être mieux pris en compte si on veut réellement améliorer les taux d’accès et permettre à un plus grand nombre d’Africains de bénéficier d’un assainissement amélioré afin de pouvoir vivre dans la dignité.

Propos recueillis par Idrissa SANE

 

 

 

June 1, 2015

Mise en œuvre de l’ATPC en Afrique :Quand l’expérience du Bénin fait sensation à AfricaSan 4 (764 villages certifiés FDAL en 8 mois)  

Alain TOSSOUNON (Envoyé spécial à Dakar)

A la conférence  AfricaSan4 de Dakar, tous les pays bénéficiaires du Fonds mondial pour l’assainissement  se sont retrouvés pour échanger dans le cadre d’un processus mutuel d’apprentissage dans la mise en œuvre de l’’approche de l’Assainissement Total  piloté par les Communautés (ATPC). Même si le Bénin est le dernier pays à s’engager dans cette approche, son expérience a produit des résultats satisfaisants salués par tous les participants. 

Les membres de la délégation béninoise à AfricaSan4

Les membres de la délégation béninoise à AfricaSan4cc

Les inventeurs de l’Approche ATPC ne l’ont jamais voulu figée mais dynamique. Chaque pays ayant la possibilité de l’adapter à son contexte et à ses réalités. C’est le principal message du panel de discussion portant sur le partage d’expériences entre le Bénin, Madagascar et le Togo à la 4e Conférence africaine sur l’Assainissement (AfricaSan 4).

En effet des trois pays, le Bénin est le nouveau-né de ce programme qui a commencé avec Madagascar il y a cinq ans. Mise en œuvre par l’Agence MCDI comme au Bénin, ce pays par qui l’ATPC a conquis le reste du monde et surtout l’Afrique, a commencé son expérience avec tâtonnements. « Il a fallu se remettre en cause, à chaque problème, on a cherché des solutions. On a appris beaucoup de nos erreurs », a confié Joséa Ratsirarson de MCDI Madagascar. Aujourd’hui, les résultats sont concluants et le pays ambitionne  d’en finir avec la défécation à l’air libre.  Selon lui, les secrets de la réalisation d’une telle vision sont relatifs à la capacité des acteurs de mise en œuvre, à inventer un  propre modèle. « Au lieu d’un modèle prédéfini, on a migré vers un modèle communautaire », soutient-il. Les leçons de l’expérience du Togo avec Unicef sont aussi édifiantes.  Au modèle type, le Togo a appris à faire le « déclenchement institutionnel » qui favorise la prise en compte des préfets, les chefs traditionnels et religieux…De même, la réussite de la mise en œuvre de l’approche passe par le suivi après les formations et la nécessité d’une culture de résultats. Surtout, nous apprend, Salami Fataou de Unicef Togo, « il faut éviter les formations en cascades » et mettre en place un système de suivi post-formation et à chaque étape faire l’évaluation.

Ainsi, dans ces deux pays ancêtres de l’ATPC, l’approche est devenue un outil efficace pour créer et étendre un mouvement pour lutter contre la défécation à l’air libre.

Un record de 764 villages certifies FDAL en 8 mois au Bénin

Un ménage déclenché dans un village du Bénin

Un ménage déclenché dans un village du Bénin

Faisant le même exercice de partage de l’expérience béninoise de mise en œuvre de l’ATPC, Achille Kangni du Ministère de la santé, a indiqué que tout a commencé dans un contexte marqué par l’insuffisance d’accès aux ouvrages d’assainissement pour plusieurs milliers de personnes. Avec une ancienne approche et des interventions des projets axés sur la subvention et latinisation, il eut fallu une révolution des mentalités pour s’engager dans une approche ATPC qui refuse toute subvention aux communautés. Mais,  le processus a pris corps lorsque, les autorités ont été déclenchées les premiers. Cela a conduit à l’intégration de l’approche dans la Stratégie nationale (SNPHAB), à la réorientation de la Proposition du Programme Pays GSF et son alignement avec la SNPHAB, la création d’un Comité National de Pilotage des programmes du sous-secteur de l’HAB et le verrouillage pour éviter la défécation a l’air libre institutionnelle.

Au total, une fois sur le terrain, la mise en œuvre de l’approche a permis d’obtenir en l’espace de 8 mois, 848 localités déclenchées pour 764 villages certifiés FDAL (Fin de la défécation à l’air libre) dans huit communes du Bénin. Au regard des résultats qui forcent l’admiration, Achille Kangni a indiqué que désormais, à l’horizon 2020, le Bénin sera tout entier certifié FDAL.  Pour y arriver, et en tenant compte des autres programmes et pour une couverture intégrale du pays, il faudra combler un gap de 27 millions d’Euro.

Impressionné par les résultats produits dans les trois pays, la représentante de l’Ouganda à  ce side event,  a indiqué appliquer une approche similaire fondée sur la mise sur table des évidences et le non gaspillage des ressources.

En conclusion, le fondateur de l’approche ATPC, Kamal Kar, a précisé que ce qui importe dans le processus, c’est la collaboration dans sa mise en œuvre. Pour lui, la diversité des organes de mise en œuvre offre un espace de construction et de combinaison des expériences. Ce qui a ses yeux enrichit l’approche.

May 30, 2015

Dr Théophile, administrateur provisoire de EAA : « Nous allons revenir à nos fondamentaux »

Propos recueillis par Idrissa SANE   

L’administrateur provisoire de l’Agence intergouvernementale panafricaine pour l’eau et l’assainissement pour l’Afrique ( Eaa), Théophile Gnange lie la crise que traverse l’institution au dysfonctionnement du modèle et de la vision de celui qui était à la tête de l’institution durant ces 4 dernières années. En conséquence, l’institution va revenir à ses fondamentaux pour continuer à aider les populations à prendre en charge leurs besoins en matière d’accès à l’eau et à l’assainissement.

Dr Theophile, Administrateur provisoire de EAA

Dr Théophile, Administrateur provisoire de EAA

Monsieur l’administrateur provisoire de l’Agence intergouvernementale panafricaine pour l’Eau et l’Assainissement en Afrique (Eaa), votre institution a eu à traverser une crise. Comment cette crise a été gérée à l’interne ?

Je voudrais tout d’abord exprimer toute ma reconnaissance au Conseil des ministres et à son président, le ministre de l’Hydraulique, de l’Agriculture du Burkina Faso. Je voudrais également  remercier le gouvernement du Sénégal qui nous donne l’opportunité et au ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement du Sénégal  et au secrétariat d’Etat chargé de l’Hydraulique rurale, Diène Faye qui nous donnent  l’occasion de parler de EAA ou Ex-Crepa, qui est à sa 27e année d’existence.

L’institution EAA était confrontée à une crise majeure, à une crise profonde. Si une institution ferme ses portes pendant 8 mois cela veut dire que l’institution a traversé une crise majeure. Le Conseil des ministres  selon ses règles de fonctionnement a pu tenir un conseil des ministres extraordinaire, le 23 février 2015. Et, face à cette crise profonde, le conseil a pris des mesures profondes qui ont permis à EAA de revenir.

Si je suis ici pour présenter la vision, la contribution que EAA peut apporter au secteur de l’eau et de l’Assainissement, c’est grâce au Conseil des ministres qui a été tenu le 23 février 2015. Ce conseil a constaté des crises. Il a pris des décisions notamment en nommant comme administrateur provisoire pour un an et en me confiant cette administration provisoire. Le Conseil a voulu prendre quelqu’un de l’institution pour apporter au plus vite des changements opérationnels.

L’objectif de l’exercice c’est de dire que EAA est revenue. La crise est derrière nous. On ne sort pas  d’une telle crise pour atteindre 90 % de fonctionnement du jour au lendemain. Je pense que nous sommes sur la bonne lancée. Je remercie le gouvernement du Sénégal qui n’a pas voulu entrer dans la polémique. Le gouvernement a soutenu un de ses fils en 2010. Le gouvernement du Sénégal  par la suite a constaté que ce fils a failli. Je disais que l’institution  a été fermée. Si le gouvernement n’avait pas pris ses responsabilités, le 23 février 2025 on n’en serait pas là. Je voudrais le remercier d’avoir permis à ce que EAA puisse survivre. Sous les conseils des anciens, des partenaires, nous allons revenir aux fondamentaux de EAA, j’allais dire que nous allons  revenir aux fondamentaux du Crepa qui a toujours posé des actes pour les populations. En termes programmatiques, c’est d’aller à l’échelle communale, au niveau des sous-préfectures, de la base vers le haut pour fournir les services de l’eau et de l’assainissement aux populations.

 

Qu’est-ce qui est à l’origine de cette crise ?  

 

Les dettes sociales sont une conséquence directe de la crise que nous avons traversée. L’origine de la crise est simple. C’est la vision et le modèle de mon prédécesseur qui n’ont pas fonctionné peut-être c’est ce dysfonctionnement qui  nous a conduit à un défaut de paiement.

Je ne rentre pas dans d’autres détails mais c’est ce que je peux dire. Depuis 2013 et début 2014, on sentait venir cette crise. Parce qu’on arrivait plus à payer les fonctionnaires ni les agents. Ce sont des arriérés de salaires qui ont poussé les agents à observer une grève qui  a débouché sur le licenciement de 95 % du personnel. Le siège a fermé. Il a fallu le conseil des ministres de 23 février pour que le siège rouvre le 1er mars. Heureusement certains bureaux pays ont tenu, c’est ce qui nous a permis de redémarrer rapidement. On a repris le travail le 1er Mars. A moins de quelques mois on participe à Africasan  et on a pu organiser un Side Event. Je remercie les partenaires qui nous ont aidés à prendre part  à Africsan. Donc, c’est la vision et le modèle qui n’ont pas fonctionné.

 

Est-ce que les options de recherche de financement seront maintenues ?

Le conseil des ministres a pris ses responsabilités avec leur tête le gouvernement du Sénégal. C’est vrai que nous sommes dans une crise financière. Mais Eaa appartient aux gouvernements. Nous sommes en train de dérouler des stratégies auprès des gouvernements au plus haut niveau pour qu’ils nous apportent  l’appui nécessaire. Nous devons véritablement arriver à nous réconcilier pour que les partenaires puissent nous appuyer. Nous avons des ressorts pour rebondir parce que 27 ans d’expérience ce n’est pas rien. Il  y a beaucoup de choses qui ont été réalisées avant que Idrissa Doucouré  n’arrive à la tête de l’Institution. C’est pour cela que je dis que nous allons repartir sur nos de nouvelles bases. Nous allons revenir à nos fondamentaux. Nous allons faire appel à tous nos partenaires. Nous allons redoubler d’effort.

 

May 30, 2015

Hygiène menstruelle: Des élèves sensibilisés à briser les tabous

Florette MANEDONG (Cameroun)

C’est une initiative de Camerwash en partenariat avec Efacam, positive génération et Fapefe qui ont décidé de mener dans 02 établissements de la ville de Yaoundé, des causeries éducatives dans le sens de briser les tabous autour des menstruations. Ce en marge de la célébration de la journée internationale de l’hygiène menstruelle.

Photo de famille des élèves et les pairs éducateurs à la fin des activités

Photo de famille des élèves et les pairs éducateurs à la fin des activités

Aujourd’hui, sur le continent africain, une fille sur 10 ne va pas à l’école quand elle a ses règles. En inde, dans beaucoup de familles, et dans certaines familles musulmanes au Cameroun et ailleurs les femmes n’ont pas le droit d’entrer dans la cuisine pendant le temps de leurs règles, et tout ce qu’elles touchent sera nettoyé. Certains les enferment dans une chambre pendant des jours. Interdit également d’entrer dans un temple. Il y en a même un, au Kerala, qui interdit toute femme d’y mettre un pied entre le jour de ses premières règles adolescentes et sa ménopause ! L’hygiène menstruelle reste un sujet tabou.
Pourtant, il faut en parler. Le Water supply and sanitary collaborative council (Wsscc) considère que l’ignorance des besoins des femmes qui ont leurs règles représente une violation de leurs droits. Pour faire tomber le tabou qui entoure ce phénomène, il faut tout d’abord transmettre aux femmes et aux filles les informations et les connaissances qui leur permettront de parler librement de leurs menstruations. Ensuite, il faut satisfaire les besoins d’ordre pratique liés à leurs règles, tels que l’intimité, l’eau pour laver leurs vêtements, et des endroits où faire sécher les vêtements partout où des filles et des femmes jouent, étudient, travaillent ou se détendent. Ceci implique également de leur fournir des installations adaptées pour l’élimination décente des serviettes souillées.
Etre fières et non honteuses
C’est pour satisfaire à cette première exigence qu’un groupe d’Organisation non gouvernemental (Ong), notamment Camerwash et ses partenaires, ont décidé de sensibiliser les élèves et écoliers de 2 établissements scolaires de la ville de Yaoundé. Ce sont donc les écoliers de la classe de Cm2 de l’école primaire et maternelle bilingue privée Noula situé à Nkomo-awaé au lieu dit maison rouge et les élèves du collège Sigmund Freud, du quartier Mendong à Yaoundé ont bénéficiers des précieux conseils des paires éducateurs desdites associations les 18 et 19 mai 2015 dernier. Leur démarche s’inscrit dans le cadre de la célébration de la journée internationale de l’hygiène menstruelle qui se célèbre les 28 mai chaque année. Ils ont souhaité tenir leur activité en prélude à cette journée.
Ils ont de ce fait, articulé leurs présentations autour de la gestion de l’hygiène menstruelle. C’est ainsi que, les jeunes gens ont pu apprendre que, selon le Wsscc, Le cadre de gestion de l’hygiène menstruelle (Mhm) englobe trois dimensions interdépendantes de la gestion hygiénique des menstruations. Il s’agit dans un premier temps de briser le silence en promouvoir la compréhension du cycle menstruel comme un fait de la vie et un élément biologique féminin distinct dont les femmes doivent être fières, et non honteuses. Les jeunes filles doivent de ce fait être encouragées à s’exprimer et à discuter de ce phénomène biologique de manière enrichissante et positive afin de les préparer psychologiquement et physiquement à l’apparition de leurs règles et aux périodes de menstruation à venir. Selon le Coordonateur National de CAMERWASH, Leclère DIFFO, « l’activité organisée dans les deux établissements à Yaoundé, va s’intensifier à travers le pays, et qu’il invite toutes les organisations œuvrant dans le secteur de la santé humaine et du genre à se joindre à eux».
Préoccupations
Deuxièmement, gérer les menstruations de manière sûre et hygiénique, en s’assurant de la disponibilité d’une eau salubre en quantité suffisante, de produits de nettoyage et de lavage, ainsi que d’ espaces privés permettant de gérer les menstruations de façon hygiénique, dans l’intimité et avec dignité, au sein des foyers et dans les espaces publics. Et enfin, promouvoir des solutions sûres en vue de la réutilisation et de l’élimination, en s’assurant que des systèmes de réutilisation des serviettes hygiéniques, de collecte et d’élimination des déchets menstruels ne présentant aucun danger pour l’environnement sont mis en place. Des conseils sur le mécanisme de fonctionnement du cycle menstruel ainsi que de la puberté ont également été apportés aux élèves à leur demande. Ces derniers ont également été fortement préoccupés par les douleurs pendant les règles, à quel âge une fille devrait avoir ses règles et à quel âge ceux-ci disparaissent. Au terme de leurs échanges, des messages pour briser le silence autour des menstrues ont été rédigés avec l’aide de pairs éducateurs.

May 25, 2015

Ndeye Mingué Ndiaye Gacko sur la menstruation : « Tout ce qui concerne le sexe en général en Afrique est entouré de tabou… »

Honte, stress, crainte, tabous, silence…voilà autant de maux, qui entourent la gestion de l’hygiène menstruelle dans nos sociétés africaines. Coordinatrice de la Cellule genre au Ministère de la santé et de l’action Sociale du Sénégal, Mme Ndeye Mingué Ndiaye Gacko parle dans cette interview, de l’importance de la menstruation dans la vie d’une jeune fille et du rôle des parents dans la gestion de l’hygiène menstruelle au terme de la table ronde organisée par Onu femmes de Dakar et le Wsscc dans le cadre de AfricaSan 4.

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Quelle est l’enjeu de cette table ronde qui tourne autour de la menstruation?

Ce qui nous réunit ici est l’hygiène menstruelle. Ce que toute femme doit avoir dans sa vie. C’est un moment crucial dans la vie d’une femme parce que la femme de façon biologique est celle qui régénère la nature. Biologiquement, c’est elle qui porte une grossesse. Et pour porter cette grossesse, il faut d’abord que la fille commence par avoir ses règles. Chez nous au Sénégal « lorsqu’une fille a ses règles, on dit qu’elle n’est plus une jeune fille. Elle rentre dans la vie adulte ». Elle a donc commencé par avoir ce qu’on appelle « ovulation » qui est en fait le moment où quand elle fait des rapports sexuels, elle a tous les risques d’avoir une grossesse.

Tabou, honte, stress,  silence, crainte… entoure les menstruations. Comment peut-on briser ces barrières pour permettre à la jeune fille et aux femmes d’être plus à l’aise pendant cette période et pouvoir échanger librement ?

C’est parce qu’il s’agit de sexe que cette question est entourée de tous ces mythes. Tout ce qui concerne le sexe en général en Afrique est entouré de tabou et de croyances socioculturelles. D’abord, parce que dans nos cultures, ce qui accompagne la femme dans sa vie de progéniture est comme un cercle vicieux entouré d’une palissade où personne ne doit rentrer sauf les femmes. Mais avec l’évolution d’aujourd’hui (l’avènement des TIC…), il y a beaucoup de choses qu’il faut laisser en rade, prendre ce qui essentiel dans la culture et dégager ce qui n’est pas essentiel afin d’éviter certaines situations. Le monde d’antan n’est pas celui d’aujourd’hui. Lorsque nous étions encore petits, mes parents nous disaient ceci : « Si vous avez vos règles et vous saluez un homme, vous tomberez enceinte ». Tout le monde sait que ce n’est pas possible de cette manière. Avec la modernisation, les filles savent souvent tout. Elles apprennent le cycle mensuel soit à l’école, soit sur le net. Donc, elles savent de quoi il s’agit. Si les mamans ne leur parlent pas, ce sont les amis qui vont le faire, ou c’est l’internet ou la rue. Les temps ont changé. C’est pourquoi il faut essayer de lever tous ces tabous en parlant aux filles.

Selon vous, comment doit-on aborder la question avec les filles ?

Nous sommes dans un milieu familial. Je prends d’abord le coté urbain où les enfants vont souvent à l’école. Papa et maman doivent leur parler. Ils ont un rôle prépondérant à jouer afin de lever ces tabous. On dit souvent que même si tu as un répétiteur chez toi, l’enfant comprend mieux ce que tu lui dis quand le message vient du parent. Cette relation entre parents et enfant peut régler beaucoup de choses et l’enfant sera plus apte à recevoir. Démystifier un peu pour les enfants et leur donner des conseils qui leur permettront d’éviter des situations désastreuses et de prendre en charge la santé de la reproduction où il y a beaucoup de choses à comprendre. L’école fait son travail mais les parents doivent jouer leur rôle.

Le manque d’infrastructures dans les écoles amène souvent les filles à rester à la maison pendant leur menstruation.  Que faut-il faire pour remédier à cette situation ?

Il faut un engagement des pouvoirs publics. Nous avons osé aujourd’hui à faire l’audit genre dans notre département. C’est grâce à notre autorité de tutelle qui a créé un conseil technique sur cette thématique et qui a également demandé à tous les partenaires de nous accompagner dans le processus.  Aujourd’hui, nous sommes motivés à aller loin et à atteindre nos objectifs. Les politiques doivent prendre en charge cette question et mettre en place des programmes spécifiques. La volonté politique dépendra également des orientations stratégiques mises en place.

Propos recueillis par Makéba TCHIBOZO

 

May 24, 2015

BAI MASS TAAL, Secrétaire exécutif de AMCOW sur Africasan 4: « L’assainissement est devenu une priorité dans les politiques des gouvernements en Afrique »

Le secrétaire exécutif du Conseil des ministres africains de l’eau ( Amcow), Bai Mass Taal soutient au cours de cet entretien, que la rencontre de Dakar sera une occasion de faire le point sur le respect des engagements pris par les Etats et aussi d’évaluer en termes de réalisation les Objectifs du millénaire pour le développement ( Omd). La rencontre de Dakar, rappelle Bai Mass Tall se tient dans un contexte  de passage aux Objectifs du développement durable ( Odd). En tout état de cause ; Bai Mass Taal reste optimiste pour les années à venir. Il fonde son optimisme sur la prise de conscience des gouvernements. 

BAI MASS TAAL, Secrétaire exécutif de AMCOWLe secrétaire exécutif du Conseil des ministres africains pour l’eau. Quels sont les enjeux de la 4e édition de Africasan ?

L’année 2015 est une échéance  importante pour tous les pays du monde et pour l’Afrique. Parce que nous sommes à la fin des Objectifs du millénaire pour le développement ( Omd) et nous entrons dans l’agenda post- 2015. L’objectif, c’était de couvrir les besoins de 50 % de la population africaine en matière d’accès à  l’eau potable et à l’assainissement. Donc la rencontre de Dakar servira à évaluer tout ce qui a été fait par rapport aux engagements pris depuis eThekwini. La rencontre de Charm el-Cheikh a donné à Amcow, le mandat de faire une évaluation. Des progrès ont été réalisés. Amcow travaille à faciliter une bonne politique d’assainissement dans les pays. Sur ce plan, nous avons fait des progrès. Parce qu’avant 2002, aucun pays africain n’avait un ministère en charge de l’Assainissement et de l’Eau. Toutes ces problématiques étaient  prises en charge par les ministères de la santé. Aujourd’hui, les choses ont changé. Les pays comme le Burkina Faso, le Sénégal, et le Nigéria ont des ministères en  charge de l’assainissement et de l’eau. L’assainissement et l’eau sont devenus une priorité dans les politiques des gouvernements.

De façon concrète, quel bilan peut-on faire des engagements d’ eThekwini  et des OMD en Afrique?

Pour l’assainissement, ce n’est pas possible d’atteindre des Objectifs pour les pays africains sauf pour les pays du Maghreb. Dans cette partie de l’Afrique, d’importants progrès ont été réalisés. Ces pays ont donné de bons exemples. Si ces objectifs ne sont pas atteints, il y a aussi des raisons.

Tous les engagements de financement n’ont pas été respectés. Il n’y avait que quelques pays qui avaient des lignes budgétaires dédiées à l’assainissement. Le travail de sensibilisation doit continuer dans ce sens. Il y a une compétition entre les différents secteurs. Les gouvernements ont à la fois plusieurs priorités. Nous devons mener plus de plaidoyer en faveur du secteur. Nous devons davantage sensibiliser les hommes politiques. Lors de cette rencontre, nous avons la chance d’avoir des chefs d’Etat comme le Président de la République du Sénégal, Macky Sall qui sont engagés. Il était présent lors de la mise en place de Amcow en 2002. Il était le ministre chargé de l’hydraulique du Sénégal en ce moment.

Qu’est-ce qu’on peut s’attendre lors de cette rencontre de Dakar ?

L’eau et l’assainissement font partie des Objectifs 6. Les négociations sont en cours. J’ai espoir que les objectifs 6 seront retenus parmi les 17 objectifs de ODD. Les pays donateurs sont en phase avec les objectifs de l’eau et de l’assainissement.

Des ministres seront présents. Il y aura une déclaration de Dakar. Le président de la République du Sénégal va porter cette déclaration auprès de ses pairs.

Il y a des défis comme la défécation à l’air libre, le financement…

Je crois qu’à l’issue de la rencontre de Dakar, on aura une déclaration. Nous aurons une bonne feuille de route  qui va reprendre les besoins jusqu’en 2030. Il y a des objectifs. Nous ne rêvons pas. J’ai une philosophie. Ce n’est pas un rêve puisque nous allons élaborer une stratégie pour les atteindre. Aujourd’hui il y a un grand intérêt pour le secteur de l’assainissement. Nous avons tablé sur 700 participants. Actuellement nous sommes à 1000 participants et ce n’est pas fini. Il y a encore des personnes qui veulent s’inscrire. Il y a des participants qui sont venus d’Asie, ils veulent voir comment l’Afrique va s’y prendre pour accélérer le processus. Ils ont fait des progrès. Nous allons échanger. C’est pour vous dire que les choses bougent en Afrique. Il y a de grandes attentes pour cette rencontre.

Interview réalisée par Idrissa SANE/Alain TOSSOUNON