Posts tagged ‘assainissement’

July 7, 2016

Stratégie 2017-2020 du WSSCC: De meilleures orientations pour le secteur de l`hygiène et de l`assainissement au Niger

Ousmane Dambadji (Niamey/Niger)

Dans le cadre de la mise en œuvre des Objectifs de  Développement Durable (ODD), notamment l`0bjectif 6.2 lie à l`eau, l`hygiène et l`assainissement, le Conseil de Concertation pour l’Approvisionnement en Eau et l`Assainissement (WSSCC) a organisé une journée de consultation de tous les partenaires sur sa stratégie 2017- 2020, en collaboration avec le Ministère de l`hydraulique et de l`assainissement. Cette journée qui s’est tenue, le mardi 28 juin 2016, au Palais des  Congrès de Niamey visait principalement la recherche d’une adéquation entre les orientations stratégiques du Niger en matière de promotion de l`hygiène et de l`assainissement et la stratégie 2017-2020 de WSSCC.  

Les officiels au cours de l'ouverture des travaux

Les officiels au cours de l’ouverture des travaux

Prenant la parole à cette occasion, la Coordinatrice nationale de WSSCC, Mme LADOUA Hadjia Aï s’est réjoui de l`engagement du Ministère de l`Hydraulique et de l`Assainissement, des différents  experts et de  tous les partenaires   en faveur du secteur de l’hygiène et de l’assainissement.   Selon elle, cette rencontre est une excellente tribune pour échanger, avec tous les membres et les principales parties prenantes, sur les choix stratégiques et les priorités auxquelles le WSSCC doit travailler avec le Niger.

Pour le Ministre de l’hydraulique et de l’Assainissement, Mr Barmou Salifou, l’initiative de WSSCC à la veille de la revue sectorielle de l’eau et de l`assainissaient  au Niger est très significative car elle répond non seulement à la politique du gouvernement en matière d’accès à l’eau, hygiène et assainissement mais aussi permettra-t-elle d’harmoniser la démarche pour une réelle efficacité d`intervention.  Le ministre a relevé que les objectifs de WSSCC cadrent parfaitement au programme de la Renaissance  notamment pour ce qui est de l’accès pour tous à l’eau et aux infrastructures adéquates d`hygiène et d`assainissement, avec pour finalités, entre autres, de mettre fin à  la défécation à l’aire libre. Au cours des travaux Dr Rija  LALANIRINA a fait un bel exposé sur le déclanchement  institutionnel. Un exercice qui a permis à tous les participants de bien comprendre les enjeux et les défis majeurs du secteur de l`hygiène et de l`assainissement au Niger. Les participants ont tous pris l`engagement d`apporter leur contribution pour la promotion des questions d`hygiènes et d`assainissement afin de permettre à notre pays d`être au rendez-vous de 2030. Très satisfait de l`exposé sur le déclanchement institutionnel, le Ministre de l`Hydraulique et de l`assainissement  a  pris l`engagement de rendre compte fidèlement au gouvernement  sur la nécessité  d`élaborer des véritables politiques publiques de développement dans  le secteur de l`assainissement.

Madame Ceridwen  JOHNSON de WSScc  Genève,  a bien expliqué aux participants  au cours de la réunion, le rôle et la détermination de son institution pour sa contribution au développement économique et social des pays en développement. Une contribution qui permettra à nos pays de lutter efficacement contre la pauvreté à travers la promotion des questions d`hygiènes et d`assainissement.

Au Niger, l`appui de WSSCC  a permis la réalisation de plusieurs activités : le financement des formations, le  renfoncement des capacités des représentants des structures membres de la Coalition Wash, la mise à l`échelle de l’assainissement Total piloté par la communauté, des actions de lobbying  et l’élaboration des projets de développement.  Cet appui a également contribué  d’importantes financement dans le domaine de l’eau et de l`assainissement ainsi que l’élaboration de la Stratégie Opérationnelle d’Hygiène et d’Assainissement de Base (SOPHAB).

Cette journée de consultation nationale sur la stratégie 2017-2020 du WSSCC a permis  aux participants de comprendre l’engagement des parties prenantes, ce qui à coup sûr permettra d’harmoniser les démarches pour la mise en œuvre des Objectifs pour le développement durable.  C’est là une action qui pourrait permettre au Niger de bénéficier d`importants financements pour le sous-secteur à partir de l`année 2017. D’ores et déjà, le WSSCC est désormais l’un des meilleurs partenaires du Niger dans le sous-secteur de l`hygiène et de l’assainissement.

A propos de WSSCC

Le Conseil de Concertation pour l’Approvisionnement en Eau et Assainissement (Water Supply and Sanitation Collaborative Concil-WSSCC) est une organisation  du système des Nations Unis qui vient en appui aux différents Etats dans la mise en œuvre des  politiques  publiques dans le secteur de l’eau, Hygiène et assainissement. Elle a pour mission d’accélérer et de renforcer l’accès aux populations pauvres et démunies aux services d’eau, d’hygiène et assainissement. WSSCC gère le Fonds mondial pour l’assainissement (Global Sanitation Find-GSF qui lui permet de financer les différents programmes d’assainissements et d’hygiène à l’échelle des pays en développement.

April 29, 2016

Plaidoyer sur l’hygiène et l’assainissement : Les journalistes de l’Afrique de l’ouest renforcent leurs capacités à Dakar

Alain TOSSOUNON (Dakar)

Photo de famille des participants

          Photo de famille des participants

Depuis le 25 avril 2016 se tient à  Dakar au Sénégal, un atelier de renforcement de capacités des hommes et femmes des médias membres du Réseau des journalistes de l’Afrique de l’ouest pour l’eau, l’hygiène et l’assainissement (WASH-JN). Organisée par WaterAid, une organisation mondiale qui s’est illustrée ces dernières années dans la transformation des vies des communautés les plus pauvres en améliorant l’accès à l’eau potable et a l’assainissement, cet atelier a permis  aux journalistes de mieux s’outiller dans le combat pour une meilleure priorisation du secteur de l’eau et de l’assainissement dans l’agenda de développement des pays de la sous-région.

Aujourd’hui, près de la moitié de la population mondiale qui n’a pas accès à des sources améliorées d’eau potable vit en Afrique subsaharienne et 700 millions de personnes de la région n’ont pas accès à des services d’assainissement. L’Afrique subsaharienne a les taux de couverture les plus bas. Une situation qui occasionne la mort de quelque 180.000 enfants de moins de 5 ans chaque année, soit à peu près 500 par jour à cause de maladies diarrhéiques imputables au manque de services d’eau, d’assainissement et d’hygiène (WASH).

Face à cette situation préoccupante, le plaidoyer pour une meilleure priorisation de l’assainissement et de ressources apparait comme une arme efficace pour apporter les changements. C’est l’objectif de cet atelier qui vise à maintenir la dynamique et aider à collecter les preuves nécessaires pour de meilleures actions d’influence sur le financement de l’assainissement dans la sous-région.  Mais, aussi cet atelier est destiné à doter les participants de connaissances sur les Approches basées sur les droits humains et les approches d’engagement citoyen qui leur seront utiles pour l’influence et la gouvernance du secteur (WASH) et notamment l’assainissement.

En ouvrant l’atelier le premier jour, Le Directeur régional des programmes en Afrique de l’Ouest  pour WaterAid, Joe Lambongang, a salué la mobilisation des journalistes pour cet atelier et surtout  rappelé les enjeux des nouveaux Objectifs du développement durables (ODD) pour les pays de la sous-région.  Pour lui, si le travail à accomplir est « immense », les ODD exigent des journalistes et des agents de développement plus d’engagement. En se référant à la stratégie mondiale dont la vision est que chacun doit avoir l’accès à l’eau et à l’assainissement partout où il est d’ici 2030, il a invité les acteurs des médias à contribuer à la réalisation de cette vision.  Pour terminer, il a lancé un appel aux journalistes qui doivent   rechercher des informations crédibles pour pouvoir influencer les politiques et surtout travailler avec passion. « Partout où vous êtes, …vous pouvez changer le monde », a-t-il s’est-il adressé aux journalistes.

Au cours de l’atelier, les participants ont suivi plusieurs présentations sur les progrès et avancées du secteur eau, hygiène et assainissement en Afrique de l’ouest, les grands défis du secteur, l’approche basée sur les droits humains, la communication et la recherche de données…Surtout, les participants ont partagé par pays leurs expériences et études de cas, et fait des exercices pratiques sur la collecte d’informations et de preuves nécessaires pour une efficacité en matière de plaidoyer et d’influence en faveur de l’assainissement.

Egalement, une visite de terrain a été organisée sur deux sites afin d’amener les participants à mieux appréhender la problématique de la pollution de la baie de Hann par les eaux usées et chimiques et celle du manque d’eau et d’assainissement dans Guédiawaye, une région de la ville de Dakar.

Au total, avec les réflexions sur les approches et outils de plaidoyer d’assainissement, sur la documentation, le rapportage, les participants repartent bien affûtés pour un plaidoyer efficace pour un accès de toutes les populations de l’Afrique de l’ouest à l’assainissement.

April 1, 2016

Dr MOMAR NIANG, MEDECIN CHEF DE DJIDDAD THIAROYE KAO SUR LE MANQUES D’HYGIENE : «La majorité des femmes vivant dans les zones inondées souffrent d’infections vaginales»

Paul Khadja Traoré (Dakar Sénégal)

Le médecin-chef, Dr Momar Niang de Djiddah Thiaroye Kaw, localité comptant près de 200 000 habitants, n’a pas mis de gangs pour faire des révélations qui jusqu’ici étaient tabou dans cette localité. «Je reçois en moyenne 20 cas de femmes souffrant de maladies infectieuses par jour», confie-t-il.

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D’après le praticien, «la majorité des femmes vivant dans les zones inondées souffrent d’infections vaginales. Une situation qui est causée par le manque d’hygiène corporelle». Selon le médecin, la plus fréquente de ces infections vaginales qui affectent les femmes de la banlieue est le germe pathogène, un champignon appelé «candida albicans». Il s’attaque aux organes génitaux provoquant des démangeaisons, mais le danger est que ces microbes sont facilement transmissibles par l’usage commun des serviettes, des éponges et autres sous-vêtements. D’après le médecin, la recrudescence de ces cas d’infections dans les zones inondées s’explique par la nonévacuation des blocs sanitaires des maisons. «La femme est très sensible, même en temps normal. Elle doit prendre soin de ses parties intimes pour ne pas attraper d’infections. Malheureusement, pour celles qui ont été victimes des inondations, et celles qui n’ont pas accès à des toilettes adéquats,  les moyens de se protéger font défaut», renseigne le médecin. Aussi, Momar niang estime que la famille doit disposer de toilettes qui répondent aux normes d’hygiène. Il soutient aussi qu’après chaque hivernage, l’Etat doit prendre les mesures idoines pour permettre aux victimes d’inondation d’assainir leurs blocs sanitaires afin de pouvoir préserver les femmes de certaines «maladies honteuses». Par ailleurs, les statistiques de l’organisation mondiale de la santé montrent que, aujourd’hui, en Afrique, plus de 75% des femmes ont une fois fait une mycose vaginale et 40 à 50% d’entre elles ont eu au moins 2 à 3 épisodes de l’infection. La tendance est actuellement à la hausse avec 10 à 20% des femmes qui font des candidoses vaginales à répétition et 20% qui sont porteuses de la maladie sans présenter des signes cliniques. Aussi, pour éviter les infections vaginales, les experts en santé sexuelle recommandent aux femmes une bonne hygiène corporelle. Pour épargner la gente féminine de ce malaise, les femmes doivent porter des vêtements propres et bien secs. Les régions vulvaires et les plis inguinaux doivent être soigneusement séchés après le bain et les sous-vêtements doivent être bien séchés, de préférence au soleil. Mais, elles doivent surtout accéder à des toilettes décentes.

April 1, 2016

ABSENCE D’ASSAINISSEMENT A DJIDAH THIAROYE KAO : Quand la population cohabite au quotidien avec les eaux usées

Paul Kadja Traoré(Dakar Sénégal)

Bâtie sur la nappe phréatique de Thiaroye, la commune de Djiddah Thiaroye Kao connaît un sérieux problème d’assainissement. Depuis maintenant plusieurs années, la population de la localité souffre de sa cohabitation avec les eaux usées.

Thiaroye

Impossible de rester quelques minutes dans les différentes ruelles de la commune de Djiddah Thiaroye Kao. En effet, dans presque toutes les ruelles des 21 grands quartiers qui constituent la commune, un énorme trou servant de canal est creusé pour contenir les eaux usées en provenance des fosses septiques des maisons du quartier. L’odeur nauséabonde qui s’y dégage rend l’endroit infréquentable. «Cette situation infernale dur depuis de nombreuses années, renseigne Codou Fall, une vieille dame qui vit au quartier Lansar. Pour éviter des maladies respiratoires, nous sommes obligés de verser quotidiennement de l’eau de javel dans tous les coins de la maison». Au quartier de Ainoumane 3, le constat est le même : eaux usées et ordures ornent le décor. Une situation qui, visiblement, ne dérange plus personne dans ce quartier. C’est le cas du jeune Demba Fall, trouvé assis tranquillement dans son atelier de menuiserie avec ses apprentis, en train de déguster son verre de thé, malgré l’odeur fétide qui fusse de partout. «Je suis né et j’ai grandi dans ce milieu il y a une trentaine d’années. Chaque jour, nous vivons cette situation avec tous les dangers que cela comporte, c’est comme si ça faisait partit de notre quotidien. Je suis habitué à cette odeur, cela ne peut pas m’empêcher de vaquer à mes activités dans ce quartier», soutient le menuisier. Toutefois, il précise : «Ce qui nous agace surtout, c’est le manque de réaction des autorités locales. Hormis les quelques travaux d’installation d’un station d’épuration faite par l’office national d’assainissement du Sénégal (Onas) qui n’est bénéfique qu’aux quartiers périphériques et la réhabilitation de la route principale qui d’ailleurs n’a pas résisté aux derniers inondations, rien n’a été réalisé par les autorités pour nous sortir de cette situation alarmante». Au quartier Touba-Pikine, c’est le même scénario. Trouvé devant la mosquée du quartier, le vieux Daouda Diallo se plaint des eaux usées mélangées à des déchets, le tout dégageant une odeur nauséabonde qui envahissent les maisons. «Mais ce qui est plus grave, souligne le sieur Diallo, c’est que maintenant, nous avons constaté des serpents sortir de ces déchets et de ces eaux qui bordent nos maisons. Et le danger est d’autant plus grave que nos enfants circulent tout autour sans la moindre surveillance. Ce qui du jour au lendemain risque d’avoir des conséquences incalculable». Aussi, lance-t-il un SOS aux autorités de sa localité.

 

April 1, 2016

PRINCIPALES CAUSES DU PROBLEME D’ASSAINISSEMENT A LA MEDINA : Vétusté du réseau, incivisme et extension des maisons

Mamadou Lamine Camara (Dakar Sénégal)

A la Médina, un des anciens quartiers de Dakar, le problème du système d’assainissement se pose avec acuité. La plupart des rues ont pour marque les flac d’eau usées qui coulent  durant  presque 12 mois sur 12. Dans cette  localité de  la capitale  du Sénégal, les résidants ont une analyse différentes des causes de cette équation presque insoluble qui est l’assainissement  de la Médina. Si certains indexent la vétusté du système d’assainissement qui ne peut contenir les eaux usées des ménages qui ne cessent d’augmenter d’années en année, d’autres par contre estiment que la cause est  liée à  la nature du sol de la localité dont la nappe n’est  pas  trop profonde.  Trouvé  devant une  boutique à la  Rue 41 X 22, Doudou Gueye a déclaré que le problème de l’assainissement de la Médina est en partie lié des matériaux utilisés pour l’aménagement des rues. «L’évacuation des eaux usées constitue l’éternel problème de la Médina» a renseigné M. Gueye, riverain de la Rue 41X 22.

De son analyse, il ressort que «le système de canalisation étroit et vétuste ne peut plus à lui seul évacuer les eaux usées d’une localité aussi peuplée comme la Médina». Plus  loin de la Rue 41 X 22, un autre  natif de la Médina explique, à son tour les causes de la problématique de l’Assainissement de la Médina. Pour le vieux Papa Gueye, le problème de l’assainissement au niveau de la Médina est lié  principalement à la nature du sol. «Ici, à la Médina, la nappe affleure parce qu’à l’origine cette localité était redonné par des marécages» a expliqué le vieux Guèye. A l’en croire, l’écoulement des eaux usées s’intensifie chaque jour. Les canaux se bouchent au niveau des habitants les plus élevés.

En dehors, de ces problèmes, beaucoup de personnes croisées dans la rue de la Médina ont mis sur le dos le problème de l’assainissement à l’inadéquation entre l’évolution rapide des immeubles et le système d’évacuation actuel. «Le réseau d’évacuation des eaux usées actuel ne peut plus contenir tout ce que les ménages déversent», a soutenu Pathé Diagne, résident à  la rue 22. Ainsi, il  a  invité  l’Office  nationale de l’assainissement du Sénégal (Onas) à faire en sorte que l’extension de leur réseau soit en conformité avec l’évolution de   l’habitat.

La majeure partie des personnes rencontrées ont aussi pointé du doigt l’incivisme des citoyens qui a le plus  contribué à accentuer  le  problème de l’assainissement à la Médina, et à la Gueul Tapée. La preuve, des tas d’ordures sont dispersés un peu partout au niveau des intersections du quartier. Ces ordures mélangées aux eaux usées provoquent une odeur nauséabonde qui constitue un problème de santé  pour les populations.

La preuve de l’incivisme des populations se voit au niveau de Soubédioune  ou prend fin le canal d’évacuation des eaux usées. Au niveau de Soubédioune, à la  place des eaux usées, le canal rejette dans l’océan des objets solides plus précisément, les carcasses d’animaux mais surtout le plastique qui constitue une menace l’environnement marin et  les espèces qui y vivent.

 

February 25, 2016

Hygiène et assainissement de base dans les projets de société des candidats :La grande déception

Alain TOSSOUNON (Cotonou)

Alors qu’on se plaignait que nos candidats favoris ont oublié la gestion des ressources en eau dans  leurs différents projets de société, le constat est amer quant au sous-secteur de l’hygiène et de l’assainissement. Pour le monde des acteurs du secteur de l’eau et de l’assainissement, la priorisation de ce sous-secteur attendu de tous les vœux par les politiques pour améliorer la situation dans notre pays n’est pas pour bientôt.

L'accès aux toilettes est encore un luxe pour plus de la moitié des Béninois

L’accès aux toilettes est encore un luxe pour plus de la moitié des Béninois

L’hygiène et l’assainissement n’a eu aucune chance de figurer dans les projets de société de nos candidats favoris à l’élection présidentielle de 2016. Dans leur ensemble, les cinq candidats qui paraissent avoir la chance d’emporter l’élection que sont Ajavon Sébastien, Patrice Talon, Aboudoulaye Bio Tchané et Lionel Zinsou ne reconnaissent nullement l’importance de ce sous-secteur toujours en panne de visibilité.

En dehors du candidat Aboudoulaye Bio Tchané qui dans le point 98 de son projet prévoit  des toilettes publiques à titre pilote à Cotonou (Ce qui n’est plus nécessaire puisque le PNUD l’a fait avec la mairie de Cotonou), les quatre autres candidats, ont  passé sous silence un sous-secteur aussi vital.  Les rares mesures relatives à l’assainissement sont relatives à la gestion et/ou  la valorisation des déchets solides ménagers ou liquides notamment chez les candidats Patrice Talon et Pascal Irénée Koupaki.

Pourtant, les chiffres sont alarmants. S’il est connu de tous que le Bénin a raté le rendez-vous des OMD dans ce sous-secteur, la situation est bien plus grave, Car, d’après l’Enquête de Démographie et de Santé du Ministère de la santé  2012 (EDS 2012), seulement 15% des ménages disposent de toilettes améliorées et non partagées. Et, les 2/3 des ménages n’ont accès qu’à des toilettes non améliorées et dans 54% des cas, les ménages ne disposent d’aucun type de toilettes.

En milieu rural, la situation est plus critique : 87% des ménages ruraux n’utilisent pas de toilettes considérées comme améliorées et 77% ne disposent d’aucun type de toilette.

En matière de lavage des mains, selon la même étude, le taux moyen de lavage de mains au Bénin est encore de 12% en 2012.

Dans ces conditions comment nos différents candidats favoris peuvent construire un Bénin gagnant (Zinsou),  triomphant (ABT), innovant (PIK) ? Ou encore comment pouvons-nous prendre un nouveau départ (Talon) ou réussir ensemble (Ajavon) alors que la défécation à l’air libre constitue encore le sport favori des Béninois ? Dans une étude réalisée en 2010 dans le cadre du Programme Eau et Assainissement, la Banque Mondiale avait déjà donné l’alerte en indiquant que plus de 7000 Béninois dont 4300 enfants de moins de 5 ans meurent chaque année de diarrhée.   Et ces décès sont à presque 90% lies à l’impureté de l’eau et au manque d’assainissement et d’hygiène.

Devons-nous attendre d’être un pays à économie prospère pour voler au secours de ces milliers d’enfants qui meurent ainsi chaque jour de maladies diarrhéiques et d’autres maladies transmises par l’eau ou causées par un manque d’assainissement et d’hygiène ?

Mais le désastre n’est pas qu’humain. Il est aussi économique. Puisque, dans cette même étude datant de 2010, la Banque Mondiale indiquait que le Bénin perd chaque année 52 milliards de francs CFA à cause d’un mauvais assainissement. Il est donc clair, que l’hygiène et l’assainissement, n’est plus simplement une question de sante publique mais aussi d’économie. Alors,  pour des candidats qui rivalisent de propositions ou de mesures pour booster notre économie, n’est-il pas judicieux avant toute chose de faire un gain de 52 milliards de francs CFA en aidant les populations à se doter de toilettes adéquates et de s’approprier les bonnes pratiques en matière d’hygiène et d’assainissement avant de mobiliser d’autres financements ?

En réalité, il ne s’agit pas de construire pour chaque ménage ou de subventionner la réalisation des toilettes appropriées mais de promouvoir des approches nouvelles qui font leur preuve ailleurs dans le monde pour amener progressivement les populations à faire de l’accès aux toilettes une priorité dans leur vie. Parce que, comme le soulignait la Directrice régionale de WaterAid, Marièm Dem, “il n’est plus admissible qu’au 21e siècle que les populations vivent sans toilettes”. Et mieux que par le passé, on comprend aujourd’hui, qu’un meilleur accès à l’hygiène et à l’assainissement se traduira par des performances scolaires et une productivité améliorées. Les enfants apprennent davantage quand ils ne sont pas obligés de manquer l’école pour cause de maladies diarrhéiques, et les travailleurs sont plus productifs lorsqu’ils ne sont pas malades ou ne restent pas à la maison pour soigner d’autres personnes qui le sont.

La gestion des eaux usées aussi oubliée  

L’un des défis majeurs en matière d’assainissement qui pouvait préoccuper nos candidats est la question de la gestion des eaux usées dans nos villes. Car, aujourd’hui, après une stratégie nationale en milieu urbain élaborée pour la période 2008-2015, la mise en œuvre du plan d’actions est toujours attendue. Même si on sait que la Banque Mondiale finance dans le cadre du Projet d’Urgence de Gestion Environnementale en Milieu Urbain  (PUGEMU), l’élaboration du Plan directeur d’assainissement des Eaux Usées des villes de Cotonou, Abomey-Calavi, Sèmè-Kpodji et Porto-Novo et la mise en œuvre d’un projet pilote de drainage et de traitement des Eaux Usées, il y a encore un besoin important d’investissement.

Pas de gestion des eaux usées dans les projets de société de nos candidats favoris

Pas de gestion des eaux usées dans les projets de société de nos candidats favoris

En tous cas pour l’heure, dans nos villes, les puisards construits  par les ménages sont connectés aux ouvrages de gestion des eaux pluviales (caniveaux et collecteurs).

La situation est bien préoccupante. Selon l’étude EDS 2012, 76% des populations au Bénin déversent les eaux usées dans la nature.

Pourtant, dans la sous-région des pays comme le Burkina-Faso investissent depuis peu pour améliorer la situation. L’office burkinabè de l’eau potable (ONEA) investit sous fonds propres chaque année 1,2 milliards de francs CFA dans le réseau d’égouts  ainsi que dans les stations de traitement et de vidange de la capitale. Si la ville de Cotonou est encore loin de celle de Casablanca au Maroc qui dispose désormais d’une station de traitement depuis mai 2015, il est quand même temps d’y penser.

Au total, il est clair que l’avenir du sous-secteur de l’hygiène et de l’assainissement de base s’assombrit avec des candidats qui dans leurs projets de société n’en font pas cas.

Ainsi, pour les acteurs du sous-secteur qui espèrent voir un jour l’hygiène et l’assainissement de base gagné en priorité avec des investissements conséquents, le chemin est encore long.  Le rêve n’est surtout pas permis avec nos candidats à la course. Ainsi va le Bénin !

 

 

October 5, 2015

Chris Williams, Directeur exécutif du Wsscc : « Je suis optimiste que dans les quinze prochaines années, les gouvernements en Afrique fassent des investissements efficaces pour mettre fin à la défécation à l’air libre »

Rencontré au cours de la 4ième Conférence africaine sur l’assainissement de Dakar, le Directeur  exécutif du Conseil de concertation pour l’assainissement et l’approvisionnement en eau (Wsscc), Christ Williams, nous a accordé un entretien sur l’avenir de l’assainissement en Afrique. Revenant sur l’importance de l’approche Community Led Total Sanitation (CLTS) et les résultats intéressants qu’elle permet d’obtenir dans les pays ou le programme du Fonds mondial pour l’assainissement (GSF) est mis en œuvre, il insiste dans cet entretien sur l’utilisation efficace des fonds publics et la nécessité d’inclure l’hygiène menstruelle dans le combat contre la défécation à l’air libre en Afrique.

Chris Williams, Directeur exécutif du Wsscc

Chris Williams, Directeur exécutif du Wsscc

Plusieurs pays  ne seront  pas au rendez-vous des OMD dans le secteur de l’hygiène et de l’assainissement. Selon vous, quelles sont les raisons de ce retard qu’accuse l’Afrique dans un secteur aussi important qu’est l’assainissement ?

 L’assainissement est l’un des objectifs malchanceux puisque dans plusieurs pays, il n’a pas été atteint. La question est de savoir  pourquoi  plusieurs pays n’ont pas réussi à réduire de moitié le nombre de personnes n’ayant pas accès à l’assainissement de base et à l’hygiène. Je pense que la raison principale de cet échec est qu’il n’y a pas eu d’investissements publics importants en matière d’assainissement. Aussi, le type d’investissement que nous avons eu a été inefficace. Il y a eu donc deux problèmes: l’investissement et son utilisation. Alors, concernant l’investissement, il y a des chiffres qui nous interpellent par rapport aux engagements pris à la précédente conférence sur l’assainissement. Maintenant,  nous sommes ici à nouveau pour une autre rencontre sur l’assainissement en Afrique, avec le privilège d’être au Sénégal.

Il est à souhaiter que la mauvaise utilisation des ressources ne se reproduise plus. Parce que je pense que cela a été un énorme problème et beaucoup d’efforts ont été déployés à l’échelle mondiale ainsi qu’en Afrique et dans les différents pays pour ensemble tenter d’orienter les financements dans l’assainissement. Ceci continue d’être un défi. Je pense qu’il y a des façons d’accroître les investissements publics. Le deuxième problème est l’utilisation des fonds. L’assainissement dans le monde rural est un domaine où il y a un grand besoin d’identification du problème. Plusieurs gouvernements et ONG pensent bien construire des toilettes pour les populations. Ils essayent d’appliquer l’approche par subvention directe dans l’assainissement mais cela se révèle inefficace puisque les gens ne  changent pas de comportements. Les gens ne comprennent pas l’importance de l’assainissement. Ils ne font pas le lien entre l’assainissement et leur santé,  l’hygiène et leur dignité. Et, je pense que cette approche regorge des dispositions pour améliorer l’assainissement au niveau des villages. De même, la subvention du gouvernement est très coûteuse et peu  de personnes peuvent seulement en bénéficier si le pays entier exprime la nécessité ou le besoin d’une amélioration de la situation de l’assainissement. Nous savons bien que les ressources du gouvernement ne sont pas trop efficaces parce qu’elles n’atteignent pas  souvent certaines populations.  Ce qui pose la question de la discrimination. Parce qu’il se trouve toujours des personnes qui n’ont pas reçu la subvention. Deuxièmement, les gens sont très disposés à faire des investissements dans le monde de l’assainissement en particulier pour mettre fin à la pratique de la défécation à l’air libre. C’est un investissement communautaire et le changement que le programme GSF avec certains gouvernements en Afrique nous permet de constater est que ces gouvernements ne donnent plus des subventions directes, et ils se rendent compte que la meilleure façon de bien gérer les fonds, l’investissement public, est de promouvoir les campagnes de sensibilisation d’assainissement et d’hygiène sur les lieux de travail et dans les villages. Puis partout où ils sont en mesure de sensibiliser les gens en mettant en exergue la relation entre l’assainissement et la santé de façon à réduire la transmission des maladies. Cela généralement  se fait dans chaque ménage et surtout dans les communautés pratiquant  la défécation à l’air libre. Cette campagne a été efficace dans plus de neuf (9) pays où nous travaillons, plus de sept millions (7 000 000) de personnes ont adopté cette approche et nous nous attendons à plus de vingt millions (20.000.000) de personnes dans les deux prochaines années. Donc, c’est une approche qui marche et la plupart des gouvernements se rendent maintenant compte que c’est  le moyen le plus efficace pour parvenir à une fin de défécation à l’air libre pour atteindre le résultat attendu. Donc, avec ce changement, il faut penser à comment utiliser les fonds publics pour des subventions directes qui auront un impact sur très peu de gens et une  approche communautaire (CLTS) qui affecte  des millions de personnes. Ainsi, c’est le changement de politique que nous voyons auprès de 30 gouvernements. Je suis optimiste que dans les quinze prochaines années, les gouvernements fassent des investissements efficaces pour mettre fin à la défécation à l’air libre. Maintenant, je viens d’expliquer la différence dans l’utilisation des fonds publics et comment ils doivent être utilisés efficacement. Je pense que la plupart des pays sont intéressés à changer la façon dont ils utilisent les ressources publiques limitées. Mais là encore, il y a un besoin d’investissements publics et un changement de cap doit intervenir. Pour cela, nous devons inviter les premiers ministres, les cabinets ministériels et parlementaires à prioriser  les investissements dans l’assainissement, afin qu’il y ait plus de ressources pour la sensibilisation des communautés pour l’éradication de la défécation  à l’air libre.

A vous écouter et tenant compte des résultats obtenus dans certains pays comme bien Madagascar; le Bénin, le Togo et d’autres pays. À votre avis, est-ce que l’ATPC est la solution d’avenir pour le combat efficace contre la défécation à l’air libre n Afrique ?  

Oui, c’est la solution. L’ATPC (ou le CLTS)  est la solution de l’assainissement au niveau rural. L’APTC est l’approche, mais comment la rendre fonctionnelle et efficace? Telle est la question. L’enjeu, c’est comment utiliser la méthode de l’ATPC et l’appliquer à la gestion des centaines de ménages dans un pays. Là est la question. A Madagascar, les acteurs ont trouvé la solution de contextualiser et de l’adapter  pour atteindre de centaines de ménages en trois ans et demi. Il y a soixante-dix mille villages dans le pays et dans les trois dernières années et demi, ils ont pu mettre fin à la défécation à l’air libre dans vingt mille villages. Donc la question est de savoir comment  sont-ils arrivés à le faire?  Chaque pays peut avoir  une méthodologie différente, mais cela nécessite de travailler directement avec le gouvernement central pour obtenir un peu de soutien du président,  du premier ministre ou des parlementaires. Le deuxième point est de développer une approche au niveau de la communauté. Une approche qui rassemble et sensibilise l’ensemble de la communauté et, un troisième point est de travailler avec les autorités gouvernementales locales pour faire en sorte que les autorités gouvernementales locales facilitent la discussion d’un village à l’autre de sorte que les approches et les bonnes pratiques dans un village puissent rapidement atteindre un autre village. Le quatrième point  est l’après ATPC lorsqu’un quartier ou un village est déclaré exempt de la défécation a l’air libre. Ainsi,  il faut faire en sorte d’obtenir l’attention et le soutien des parlementaires, des autorités gouvernementales et locales afin qu’ils deviennent sensibles aux services importants et qu’ils deviennent même la priorité des priorités. Un cinquième point résulte des leçons tirées de l’expérience de Madagascar qui est le suivi. Habituellement, une communauté peut être déclarée exempte de la défécation à l’air libre, mais elle doit poursuivre la pratique de changement de comportement au fil du temps pour que le résultat soit durable. Ainsi, la méthodologie utilisée prend en compte les autorités locales gouvernementales et des leaders naturels, les gens qui sortiront des villages qui sont devenus champions de l’assainissement et de l’hygiène locale.

Pour finir cette interview, est-ce que selon vous le CLTS ou l’ATPC est l’unique solution ou il faut ajouter quelque chose, de sorte que nous ayons  un accès de tous à l’assainissement dans toute l’Afrique d’ici 2030?

Lorsque nous parlons de la défécation à l’air libre, nous parlons de l’assainissement, de l’hygiène dans le pays entier. Nous ne pouvons pas nous limiter aux ménages, nous parlons des écoles, de la planification de la santé, des centres de formation, des petites villes comme des grandes villes, ce sont donc des nécessités qui ne sont pas limitées à l’ATPC. En plus de l’ATPC, il doit y avoir un engagement institutionnel pour les écoles, les parents, les associations d’enseignants avec les organisations internationales qui d’abord nous soutiennent avec les gouvernements. C’est donc la preuve qu’il faut une sensibilisation au niveau local. Donc, cela nécessite des approches différentes qu’il faut  élaborer en plus de l’ATPC. Dans le cas de la planification de la santé, il s’avère indispensable pour les ministères de la santé de se concentrer sur la qualité de l’assainissement et de l’hygiène en milieu rural. Souvent, la planification mondiale de la santé ne prend pas suffisamment en compte les installations de l’hygiène de l’eau et l’hygiène sanitaire de base. Donc, il y a des risques en matière de santé sexuelle et reproductive mais aussi la santé infantile et maternelle. C’est très important pour les institutions de santé. Dans les centres de formation et dans les villes aussi, nous ne devons pas seulement être préoccupés par l’accès à l’assainissement et l’hygiène, mais nous devons nous demander où vont les déchets? Quelle est la stratégie de gestion des déchets? Comment la ville gère-t-elle l’élimination des déchets ? Quelle est la gestion efficace des produits des déchets? Donc, je pense que ce sont des domaines où l’ATPC seule ne pourrait être utilisée et cela peut ralentir le processus. Mais, il faut une combinaison avec d’autres approches pour atteindre tous ces domaines et toutes les populations. En outre, je pense que l’ATPC est adaptable, elle n’est pas statique et la méthodologie s’améliore avec le temps. Une forme d’amélioration est d’être beaucoup plus sensible aux besoins des hommes et des femmes et en particulier des adolescentes. Les adolescentes peuvent être confrontées à divers défis de l’assainissement et l’hygiène pendant la période de grossesse, des menstruations où elles ont besoin de l’eau potable et de l’hygiène.

Elles ont besoin de bons dispositifs d’hygiène d’une importance directe pour leur sécurité. Cela leur permet de gérer le processus de la menstruation chaque mois à l’école où elles vont travailler mais aussi à la maison. Donc, je pense que l’accent doit être mis sur l’identification de l’hygiène dans son sens global pour inclure l’hygiène menstruelle. Nous y travaillons en étroite collaboration non seulement avec un programme favorisant l’ATPC mais aussi des programmes qui sont en partenariat avec les femmes des Nations Unies qui travaillent en Afrique de l’ouest y compris le Cameroun, le Niger, et le Sénégal. J’espère que le ministre du Niger et celui du Sénégal qui participent à la conférence africaine sur l’assainissement mis à part les délégués avec lesquels nous échangeons vont nous écouter. D’abord, nous allons commencer à aborder le problème en brisant les tabous puis parler des moyens sûrs pour la gestion de la menstruation des femmes, ensuite une gestion saine des produits d’hygiène. Ensuite, nous espérons que les expériences que nous promouvons avec des femmes des Nations Unies, avec l’UNFPA avec le gouvernement du Sénégal, avec de nombreuses organisations de femmes dans ces pays, nous permettront à nouveau de faire des innovations, de faire des expériences et de rassembler autour de cette approche qu’est l’ATPC ou le CLTS, des hommes et des femmes.

Prosos receuillis par Alain TOSSOUNON

June 24, 2015

Cheikh tidiane fall, Coordonnateur de Water association (Iwa) : « Le développement de l’assainissement est illusoire en Afrique sans ressources humaines appropriées »

Le coordonnateur de International Water Association (Iwa), Cheikh Tidiane Fall, n’entrevoit pas le développement du secteur de l’assainissement sans des ressources humaines qualifiées. Dans cet entretien, il approfondit certaines questions soulevées lors de son intervention sur une session axées sur : « Engagements pour l’assainissement : réduire le manque de capacité professionnelle ».

 Lors de la 4ème édition de Africasan vous avez participé à la session « Engagement pour l’assainissement : réduire le manque de capacités professionnelles ».  Peut-on déduire qu’il y a un manque criant de ressources professionnelles dans le secteur ? 

C’est évident. Le secteur de l’assainissement est à la traîne des objectifs d’assainissement à atteindre et fait face à la détérioration due à un manque de concentration sur la durabilité. Les discussions post-2015 ont mis l’accent sur la durabilité à travers, par exemple, l’exploitation et l’entretien des installations. Cependant pour progresser durablement beaucoup de ressources (humaines et financières) sont nécessaires. Selon l’étude de l’International water association (Iwa) sur les écarts des ressources humaines -des évaluations effectuées dans 15 secteurs de Wash en Asie et Afrique dont le Sénégal- cette capacité en ressources humaines dans le secteur de l’assainissement est faible et l’arrivée future de professionnels de l’assainissement pose problème.

Pour dynamiser le leadership et l’action, les engagements sont nécessaires pour combler ce manque de capacité professionnelle de l’assainissement. Malgré ce constat, le tableau est inquiétant et sans une meilleure prise en compte de cette dimension relative aux ressources humaines, le développement du secteur de l’assainissement dans beaucoup de pays africains est illusoire. Certains pays ont élaboré des engagements sur ce plan, mais ceux-ci sont-ils clairs et transformables en actions ?

Pouvez-vous nous faire l’économie de votre présentation sur la capacité de l’assainissement en Afrique ?

La session organisée par IWA à AfricaSan 4 en collaboration avec Swa (Sanitation and water for all) visait à sensibiliser sur l’importance de s’occuper de la capacité professionnelle relative à l’assainissement au niveau national. Elle avait aussi pour objectif d’avoir des recommandations d’engagements réalisables  pour combler le manque de capacité professionnelle de l’assainissement.

En partageant les résultats de l’étude d’Iwa sur 9 pays africains (Sénégal, Niger, Mali, Burkina Faso, Ghana, Zambie, Afrique du Sud, Mozambique, Tanzanie), nous avons mis l’accent sur le fait que le secteur de l’assainissement n’est pas attractif pour différentes raisons. On peut citer les salaires qui ne sont pas compétitifs, la perception négative du travail, le manque de curricula spécifiques à l’assainissement dans les instituts de formation professionnelle, l’absence d’une stratégie nationale de développement des ressources humaines etc. Il est cependant possible de changer ce tableau sombre.

Comment combler le manque de capacité professionnelle dans l’assainissement ?

Il est indispensable, à partir d’une volonté politique au plus haut niveau, d’avoir dans chaque pays une stratégie nationale de développement des capacités de l’assainissement. Elle doit être axée sur les actions suivantes qui sont clairement mises en exergue dans l’étude d’Iwa : La clarification des responsabilités institutionnelles pour mieux prendre en question les ressources humaines d’une manière coordonnée au plan national, la coordination et la planification entre le secteur de l’assainissement et le secteur de l’éducation. Cela devrait permettre le développement de programmes d’études au niveau universitaire et professionnel basé sur les besoins du secteur de l’assainissement. Il faudra aussi améliorer l’image de l’assainissement pour attirer davantage de jeunes professionnels dans le secteur, tenir compte des besoins différents en zones urbaine et rurale, car dans cette dernière les installations sont moins complexes et les qualifications requises différentes, créer de nouveaux postes etc.

Quelle est la place des ressources bien formées dans  la prise en charge des besoins du secteur dans ce contexte de transition vers les Objectifs du développement durable (Odd) ? 

Il a été démontré lors de la session que les installations d’assainissement sont devenues plus complexes avec des innovations et un environnement changeant et exigeant. Pour les faire fonctionner, il faut des professionnels bien formés et très compétents. Malheureusement le secteur de l’assainissement est freiné dans son développement par l’insuffisance de ressources humaines de qualité. Le professionnel bien formé et motivé est au cœur du dispositif. Cet aspect doit être mieux pris en compte si on veut réellement améliorer les taux d’accès et permettre à un plus grand nombre d’Africains de bénéficier d’un assainissement amélioré afin de pouvoir vivre dans la dignité.

Propos recueillis par Idrissa SANE

 

 

 

June 1, 2015

Mise en œuvre de l’ATPC en Afrique :Quand l’expérience du Bénin fait sensation à AfricaSan 4 (764 villages certifiés FDAL en 8 mois)  

Alain TOSSOUNON (Envoyé spécial à Dakar)

A la conférence  AfricaSan4 de Dakar, tous les pays bénéficiaires du Fonds mondial pour l’assainissement  se sont retrouvés pour échanger dans le cadre d’un processus mutuel d’apprentissage dans la mise en œuvre de l’’approche de l’Assainissement Total  piloté par les Communautés (ATPC). Même si le Bénin est le dernier pays à s’engager dans cette approche, son expérience a produit des résultats satisfaisants salués par tous les participants. 

Les membres de la délégation béninoise à AfricaSan4

Les membres de la délégation béninoise à AfricaSan4cc

Les inventeurs de l’Approche ATPC ne l’ont jamais voulu figée mais dynamique. Chaque pays ayant la possibilité de l’adapter à son contexte et à ses réalités. C’est le principal message du panel de discussion portant sur le partage d’expériences entre le Bénin, Madagascar et le Togo à la 4e Conférence africaine sur l’Assainissement (AfricaSan 4).

En effet des trois pays, le Bénin est le nouveau-né de ce programme qui a commencé avec Madagascar il y a cinq ans. Mise en œuvre par l’Agence MCDI comme au Bénin, ce pays par qui l’ATPC a conquis le reste du monde et surtout l’Afrique, a commencé son expérience avec tâtonnements. « Il a fallu se remettre en cause, à chaque problème, on a cherché des solutions. On a appris beaucoup de nos erreurs », a confié Joséa Ratsirarson de MCDI Madagascar. Aujourd’hui, les résultats sont concluants et le pays ambitionne  d’en finir avec la défécation à l’air libre.  Selon lui, les secrets de la réalisation d’une telle vision sont relatifs à la capacité des acteurs de mise en œuvre, à inventer un  propre modèle. « Au lieu d’un modèle prédéfini, on a migré vers un modèle communautaire », soutient-il. Les leçons de l’expérience du Togo avec Unicef sont aussi édifiantes.  Au modèle type, le Togo a appris à faire le « déclenchement institutionnel » qui favorise la prise en compte des préfets, les chefs traditionnels et religieux…De même, la réussite de la mise en œuvre de l’approche passe par le suivi après les formations et la nécessité d’une culture de résultats. Surtout, nous apprend, Salami Fataou de Unicef Togo, « il faut éviter les formations en cascades » et mettre en place un système de suivi post-formation et à chaque étape faire l’évaluation.

Ainsi, dans ces deux pays ancêtres de l’ATPC, l’approche est devenue un outil efficace pour créer et étendre un mouvement pour lutter contre la défécation à l’air libre.

Un record de 764 villages certifies FDAL en 8 mois au Bénin

Un ménage déclenché dans un village du Bénin

Un ménage déclenché dans un village du Bénin

Faisant le même exercice de partage de l’expérience béninoise de mise en œuvre de l’ATPC, Achille Kangni du Ministère de la santé, a indiqué que tout a commencé dans un contexte marqué par l’insuffisance d’accès aux ouvrages d’assainissement pour plusieurs milliers de personnes. Avec une ancienne approche et des interventions des projets axés sur la subvention et latinisation, il eut fallu une révolution des mentalités pour s’engager dans une approche ATPC qui refuse toute subvention aux communautés. Mais,  le processus a pris corps lorsque, les autorités ont été déclenchées les premiers. Cela a conduit à l’intégration de l’approche dans la Stratégie nationale (SNPHAB), à la réorientation de la Proposition du Programme Pays GSF et son alignement avec la SNPHAB, la création d’un Comité National de Pilotage des programmes du sous-secteur de l’HAB et le verrouillage pour éviter la défécation a l’air libre institutionnelle.

Au total, une fois sur le terrain, la mise en œuvre de l’approche a permis d’obtenir en l’espace de 8 mois, 848 localités déclenchées pour 764 villages certifiés FDAL (Fin de la défécation à l’air libre) dans huit communes du Bénin. Au regard des résultats qui forcent l’admiration, Achille Kangni a indiqué que désormais, à l’horizon 2020, le Bénin sera tout entier certifié FDAL.  Pour y arriver, et en tenant compte des autres programmes et pour une couverture intégrale du pays, il faudra combler un gap de 27 millions d’Euro.

Impressionné par les résultats produits dans les trois pays, la représentante de l’Ouganda à  ce side event,  a indiqué appliquer une approche similaire fondée sur la mise sur table des évidences et le non gaspillage des ressources.

En conclusion, le fondateur de l’approche ATPC, Kamal Kar, a précisé que ce qui importe dans le processus, c’est la collaboration dans sa mise en œuvre. Pour lui, la diversité des organes de mise en œuvre offre un espace de construction et de combinaison des expériences. Ce qui a ses yeux enrichit l’approche.

May 30, 2015

Dr Théophile, administrateur provisoire de EAA : « Nous allons revenir à nos fondamentaux »

Propos recueillis par Idrissa SANE   

L’administrateur provisoire de l’Agence intergouvernementale panafricaine pour l’eau et l’assainissement pour l’Afrique ( Eaa), Théophile Gnange lie la crise que traverse l’institution au dysfonctionnement du modèle et de la vision de celui qui était à la tête de l’institution durant ces 4 dernières années. En conséquence, l’institution va revenir à ses fondamentaux pour continuer à aider les populations à prendre en charge leurs besoins en matière d’accès à l’eau et à l’assainissement.

Dr Theophile, Administrateur provisoire de EAA

Dr Théophile, Administrateur provisoire de EAA

Monsieur l’administrateur provisoire de l’Agence intergouvernementale panafricaine pour l’Eau et l’Assainissement en Afrique (Eaa), votre institution a eu à traverser une crise. Comment cette crise a été gérée à l’interne ?

Je voudrais tout d’abord exprimer toute ma reconnaissance au Conseil des ministres et à son président, le ministre de l’Hydraulique, de l’Agriculture du Burkina Faso. Je voudrais également  remercier le gouvernement du Sénégal qui nous donne l’opportunité et au ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement du Sénégal  et au secrétariat d’Etat chargé de l’Hydraulique rurale, Diène Faye qui nous donnent  l’occasion de parler de EAA ou Ex-Crepa, qui est à sa 27e année d’existence.

L’institution EAA était confrontée à une crise majeure, à une crise profonde. Si une institution ferme ses portes pendant 8 mois cela veut dire que l’institution a traversé une crise majeure. Le Conseil des ministres  selon ses règles de fonctionnement a pu tenir un conseil des ministres extraordinaire, le 23 février 2015. Et, face à cette crise profonde, le conseil a pris des mesures profondes qui ont permis à EAA de revenir.

Si je suis ici pour présenter la vision, la contribution que EAA peut apporter au secteur de l’eau et de l’Assainissement, c’est grâce au Conseil des ministres qui a été tenu le 23 février 2015. Ce conseil a constaté des crises. Il a pris des décisions notamment en nommant comme administrateur provisoire pour un an et en me confiant cette administration provisoire. Le Conseil a voulu prendre quelqu’un de l’institution pour apporter au plus vite des changements opérationnels.

L’objectif de l’exercice c’est de dire que EAA est revenue. La crise est derrière nous. On ne sort pas  d’une telle crise pour atteindre 90 % de fonctionnement du jour au lendemain. Je pense que nous sommes sur la bonne lancée. Je remercie le gouvernement du Sénégal qui n’a pas voulu entrer dans la polémique. Le gouvernement a soutenu un de ses fils en 2010. Le gouvernement du Sénégal  par la suite a constaté que ce fils a failli. Je disais que l’institution  a été fermée. Si le gouvernement n’avait pas pris ses responsabilités, le 23 février 2025 on n’en serait pas là. Je voudrais le remercier d’avoir permis à ce que EAA puisse survivre. Sous les conseils des anciens, des partenaires, nous allons revenir aux fondamentaux de EAA, j’allais dire que nous allons  revenir aux fondamentaux du Crepa qui a toujours posé des actes pour les populations. En termes programmatiques, c’est d’aller à l’échelle communale, au niveau des sous-préfectures, de la base vers le haut pour fournir les services de l’eau et de l’assainissement aux populations.

 

Qu’est-ce qui est à l’origine de cette crise ?  

 

Les dettes sociales sont une conséquence directe de la crise que nous avons traversée. L’origine de la crise est simple. C’est la vision et le modèle de mon prédécesseur qui n’ont pas fonctionné peut-être c’est ce dysfonctionnement qui  nous a conduit à un défaut de paiement.

Je ne rentre pas dans d’autres détails mais c’est ce que je peux dire. Depuis 2013 et début 2014, on sentait venir cette crise. Parce qu’on arrivait plus à payer les fonctionnaires ni les agents. Ce sont des arriérés de salaires qui ont poussé les agents à observer une grève qui  a débouché sur le licenciement de 95 % du personnel. Le siège a fermé. Il a fallu le conseil des ministres de 23 février pour que le siège rouvre le 1er mars. Heureusement certains bureaux pays ont tenu, c’est ce qui nous a permis de redémarrer rapidement. On a repris le travail le 1er Mars. A moins de quelques mois on participe à Africasan  et on a pu organiser un Side Event. Je remercie les partenaires qui nous ont aidés à prendre part  à Africsan. Donc, c’est la vision et le modèle qui n’ont pas fonctionné.

 

Est-ce que les options de recherche de financement seront maintenues ?

Le conseil des ministres a pris ses responsabilités avec leur tête le gouvernement du Sénégal. C’est vrai que nous sommes dans une crise financière. Mais Eaa appartient aux gouvernements. Nous sommes en train de dérouler des stratégies auprès des gouvernements au plus haut niveau pour qu’ils nous apportent  l’appui nécessaire. Nous devons véritablement arriver à nous réconcilier pour que les partenaires puissent nous appuyer. Nous avons des ressorts pour rebondir parce que 27 ans d’expérience ce n’est pas rien. Il  y a beaucoup de choses qui ont été réalisées avant que Idrissa Doucouré  n’arrive à la tête de l’Institution. C’est pour cela que je dis que nous allons repartir sur nos de nouvelles bases. Nous allons revenir à nos fondamentaux. Nous allons faire appel à tous nos partenaires. Nous allons redoubler d’effort.

 

May 30, 2015

Hygiène menstruelle: Des élèves sensibilisés à briser les tabous

Florette MANEDONG (Cameroun)

C’est une initiative de Camerwash en partenariat avec Efacam, positive génération et Fapefe qui ont décidé de mener dans 02 établissements de la ville de Yaoundé, des causeries éducatives dans le sens de briser les tabous autour des menstruations. Ce en marge de la célébration de la journée internationale de l’hygiène menstruelle.

Photo de famille des élèves et les pairs éducateurs à la fin des activités

Photo de famille des élèves et les pairs éducateurs à la fin des activités

Aujourd’hui, sur le continent africain, une fille sur 10 ne va pas à l’école quand elle a ses règles. En inde, dans beaucoup de familles, et dans certaines familles musulmanes au Cameroun et ailleurs les femmes n’ont pas le droit d’entrer dans la cuisine pendant le temps de leurs règles, et tout ce qu’elles touchent sera nettoyé. Certains les enferment dans une chambre pendant des jours. Interdit également d’entrer dans un temple. Il y en a même un, au Kerala, qui interdit toute femme d’y mettre un pied entre le jour de ses premières règles adolescentes et sa ménopause ! L’hygiène menstruelle reste un sujet tabou.
Pourtant, il faut en parler. Le Water supply and sanitary collaborative council (Wsscc) considère que l’ignorance des besoins des femmes qui ont leurs règles représente une violation de leurs droits. Pour faire tomber le tabou qui entoure ce phénomène, il faut tout d’abord transmettre aux femmes et aux filles les informations et les connaissances qui leur permettront de parler librement de leurs menstruations. Ensuite, il faut satisfaire les besoins d’ordre pratique liés à leurs règles, tels que l’intimité, l’eau pour laver leurs vêtements, et des endroits où faire sécher les vêtements partout où des filles et des femmes jouent, étudient, travaillent ou se détendent. Ceci implique également de leur fournir des installations adaptées pour l’élimination décente des serviettes souillées.
Etre fières et non honteuses
C’est pour satisfaire à cette première exigence qu’un groupe d’Organisation non gouvernemental (Ong), notamment Camerwash et ses partenaires, ont décidé de sensibiliser les élèves et écoliers de 2 établissements scolaires de la ville de Yaoundé. Ce sont donc les écoliers de la classe de Cm2 de l’école primaire et maternelle bilingue privée Noula situé à Nkomo-awaé au lieu dit maison rouge et les élèves du collège Sigmund Freud, du quartier Mendong à Yaoundé ont bénéficiers des précieux conseils des paires éducateurs desdites associations les 18 et 19 mai 2015 dernier. Leur démarche s’inscrit dans le cadre de la célébration de la journée internationale de l’hygiène menstruelle qui se célèbre les 28 mai chaque année. Ils ont souhaité tenir leur activité en prélude à cette journée.
Ils ont de ce fait, articulé leurs présentations autour de la gestion de l’hygiène menstruelle. C’est ainsi que, les jeunes gens ont pu apprendre que, selon le Wsscc, Le cadre de gestion de l’hygiène menstruelle (Mhm) englobe trois dimensions interdépendantes de la gestion hygiénique des menstruations. Il s’agit dans un premier temps de briser le silence en promouvoir la compréhension du cycle menstruel comme un fait de la vie et un élément biologique féminin distinct dont les femmes doivent être fières, et non honteuses. Les jeunes filles doivent de ce fait être encouragées à s’exprimer et à discuter de ce phénomène biologique de manière enrichissante et positive afin de les préparer psychologiquement et physiquement à l’apparition de leurs règles et aux périodes de menstruation à venir. Selon le Coordonateur National de CAMERWASH, Leclère DIFFO, « l’activité organisée dans les deux établissements à Yaoundé, va s’intensifier à travers le pays, et qu’il invite toutes les organisations œuvrant dans le secteur de la santé humaine et du genre à se joindre à eux».
Préoccupations
Deuxièmement, gérer les menstruations de manière sûre et hygiénique, en s’assurant de la disponibilité d’une eau salubre en quantité suffisante, de produits de nettoyage et de lavage, ainsi que d’ espaces privés permettant de gérer les menstruations de façon hygiénique, dans l’intimité et avec dignité, au sein des foyers et dans les espaces publics. Et enfin, promouvoir des solutions sûres en vue de la réutilisation et de l’élimination, en s’assurant que des systèmes de réutilisation des serviettes hygiéniques, de collecte et d’élimination des déchets menstruels ne présentant aucun danger pour l’environnement sont mis en place. Des conseils sur le mécanisme de fonctionnement du cycle menstruel ainsi que de la puberté ont également été apportés aux élèves à leur demande. Ces derniers ont également été fortement préoccupés par les douleurs pendant les règles, à quel âge une fille devrait avoir ses règles et à quel âge ceux-ci disparaissent. Au terme de leurs échanges, des messages pour briser le silence autour des menstrues ont été rédigés avec l’aide de pairs éducateurs.

May 25, 2015

Ndeye Mingué Ndiaye Gacko sur la menstruation : « Tout ce qui concerne le sexe en général en Afrique est entouré de tabou… »

Honte, stress, crainte, tabous, silence…voilà autant de maux, qui entourent la gestion de l’hygiène menstruelle dans nos sociétés africaines. Coordinatrice de la Cellule genre au Ministère de la santé et de l’action Sociale du Sénégal, Mme Ndeye Mingué Ndiaye Gacko parle dans cette interview, de l’importance de la menstruation dans la vie d’une jeune fille et du rôle des parents dans la gestion de l’hygiène menstruelle au terme de la table ronde organisée par Onu femmes de Dakar et le Wsscc dans le cadre de AfricaSan 4.

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Quelle est l’enjeu de cette table ronde qui tourne autour de la menstruation?

Ce qui nous réunit ici est l’hygiène menstruelle. Ce que toute femme doit avoir dans sa vie. C’est un moment crucial dans la vie d’une femme parce que la femme de façon biologique est celle qui régénère la nature. Biologiquement, c’est elle qui porte une grossesse. Et pour porter cette grossesse, il faut d’abord que la fille commence par avoir ses règles. Chez nous au Sénégal « lorsqu’une fille a ses règles, on dit qu’elle n’est plus une jeune fille. Elle rentre dans la vie adulte ». Elle a donc commencé par avoir ce qu’on appelle « ovulation » qui est en fait le moment où quand elle fait des rapports sexuels, elle a tous les risques d’avoir une grossesse.

Tabou, honte, stress,  silence, crainte… entoure les menstruations. Comment peut-on briser ces barrières pour permettre à la jeune fille et aux femmes d’être plus à l’aise pendant cette période et pouvoir échanger librement ?

C’est parce qu’il s’agit de sexe que cette question est entourée de tous ces mythes. Tout ce qui concerne le sexe en général en Afrique est entouré de tabou et de croyances socioculturelles. D’abord, parce que dans nos cultures, ce qui accompagne la femme dans sa vie de progéniture est comme un cercle vicieux entouré d’une palissade où personne ne doit rentrer sauf les femmes. Mais avec l’évolution d’aujourd’hui (l’avènement des TIC…), il y a beaucoup de choses qu’il faut laisser en rade, prendre ce qui essentiel dans la culture et dégager ce qui n’est pas essentiel afin d’éviter certaines situations. Le monde d’antan n’est pas celui d’aujourd’hui. Lorsque nous étions encore petits, mes parents nous disaient ceci : « Si vous avez vos règles et vous saluez un homme, vous tomberez enceinte ». Tout le monde sait que ce n’est pas possible de cette manière. Avec la modernisation, les filles savent souvent tout. Elles apprennent le cycle mensuel soit à l’école, soit sur le net. Donc, elles savent de quoi il s’agit. Si les mamans ne leur parlent pas, ce sont les amis qui vont le faire, ou c’est l’internet ou la rue. Les temps ont changé. C’est pourquoi il faut essayer de lever tous ces tabous en parlant aux filles.

Selon vous, comment doit-on aborder la question avec les filles ?

Nous sommes dans un milieu familial. Je prends d’abord le coté urbain où les enfants vont souvent à l’école. Papa et maman doivent leur parler. Ils ont un rôle prépondérant à jouer afin de lever ces tabous. On dit souvent que même si tu as un répétiteur chez toi, l’enfant comprend mieux ce que tu lui dis quand le message vient du parent. Cette relation entre parents et enfant peut régler beaucoup de choses et l’enfant sera plus apte à recevoir. Démystifier un peu pour les enfants et leur donner des conseils qui leur permettront d’éviter des situations désastreuses et de prendre en charge la santé de la reproduction où il y a beaucoup de choses à comprendre. L’école fait son travail mais les parents doivent jouer leur rôle.

Le manque d’infrastructures dans les écoles amène souvent les filles à rester à la maison pendant leur menstruation.  Que faut-il faire pour remédier à cette situation ?

Il faut un engagement des pouvoirs publics. Nous avons osé aujourd’hui à faire l’audit genre dans notre département. C’est grâce à notre autorité de tutelle qui a créé un conseil technique sur cette thématique et qui a également demandé à tous les partenaires de nous accompagner dans le processus.  Aujourd’hui, nous sommes motivés à aller loin et à atteindre nos objectifs. Les politiques doivent prendre en charge cette question et mettre en place des programmes spécifiques. La volonté politique dépendra également des orientations stratégiques mises en place.

Propos recueillis par Makéba TCHIBOZO

 

May 24, 2015

BAI MASS TAAL, Secrétaire exécutif de AMCOW sur Africasan 4: « L’assainissement est devenu une priorité dans les politiques des gouvernements en Afrique »

Le secrétaire exécutif du Conseil des ministres africains de l’eau ( Amcow), Bai Mass Taal soutient au cours de cet entretien, que la rencontre de Dakar sera une occasion de faire le point sur le respect des engagements pris par les Etats et aussi d’évaluer en termes de réalisation les Objectifs du millénaire pour le développement ( Omd). La rencontre de Dakar, rappelle Bai Mass Tall se tient dans un contexte  de passage aux Objectifs du développement durable ( Odd). En tout état de cause ; Bai Mass Taal reste optimiste pour les années à venir. Il fonde son optimisme sur la prise de conscience des gouvernements. 

BAI MASS TAAL, Secrétaire exécutif de AMCOWLe secrétaire exécutif du Conseil des ministres africains pour l’eau. Quels sont les enjeux de la 4e édition de Africasan ?

L’année 2015 est une échéance  importante pour tous les pays du monde et pour l’Afrique. Parce que nous sommes à la fin des Objectifs du millénaire pour le développement ( Omd) et nous entrons dans l’agenda post- 2015. L’objectif, c’était de couvrir les besoins de 50 % de la population africaine en matière d’accès à  l’eau potable et à l’assainissement. Donc la rencontre de Dakar servira à évaluer tout ce qui a été fait par rapport aux engagements pris depuis eThekwini. La rencontre de Charm el-Cheikh a donné à Amcow, le mandat de faire une évaluation. Des progrès ont été réalisés. Amcow travaille à faciliter une bonne politique d’assainissement dans les pays. Sur ce plan, nous avons fait des progrès. Parce qu’avant 2002, aucun pays africain n’avait un ministère en charge de l’Assainissement et de l’Eau. Toutes ces problématiques étaient  prises en charge par les ministères de la santé. Aujourd’hui, les choses ont changé. Les pays comme le Burkina Faso, le Sénégal, et le Nigéria ont des ministères en  charge de l’assainissement et de l’eau. L’assainissement et l’eau sont devenus une priorité dans les politiques des gouvernements.

De façon concrète, quel bilan peut-on faire des engagements d’ eThekwini  et des OMD en Afrique?

Pour l’assainissement, ce n’est pas possible d’atteindre des Objectifs pour les pays africains sauf pour les pays du Maghreb. Dans cette partie de l’Afrique, d’importants progrès ont été réalisés. Ces pays ont donné de bons exemples. Si ces objectifs ne sont pas atteints, il y a aussi des raisons.

Tous les engagements de financement n’ont pas été respectés. Il n’y avait que quelques pays qui avaient des lignes budgétaires dédiées à l’assainissement. Le travail de sensibilisation doit continuer dans ce sens. Il y a une compétition entre les différents secteurs. Les gouvernements ont à la fois plusieurs priorités. Nous devons mener plus de plaidoyer en faveur du secteur. Nous devons davantage sensibiliser les hommes politiques. Lors de cette rencontre, nous avons la chance d’avoir des chefs d’Etat comme le Président de la République du Sénégal, Macky Sall qui sont engagés. Il était présent lors de la mise en place de Amcow en 2002. Il était le ministre chargé de l’hydraulique du Sénégal en ce moment.

Qu’est-ce qu’on peut s’attendre lors de cette rencontre de Dakar ?

L’eau et l’assainissement font partie des Objectifs 6. Les négociations sont en cours. J’ai espoir que les objectifs 6 seront retenus parmi les 17 objectifs de ODD. Les pays donateurs sont en phase avec les objectifs de l’eau et de l’assainissement.

Des ministres seront présents. Il y aura une déclaration de Dakar. Le président de la République du Sénégal va porter cette déclaration auprès de ses pairs.

Il y a des défis comme la défécation à l’air libre, le financement…

Je crois qu’à l’issue de la rencontre de Dakar, on aura une déclaration. Nous aurons une bonne feuille de route  qui va reprendre les besoins jusqu’en 2030. Il y a des objectifs. Nous ne rêvons pas. J’ai une philosophie. Ce n’est pas un rêve puisque nous allons élaborer une stratégie pour les atteindre. Aujourd’hui il y a un grand intérêt pour le secteur de l’assainissement. Nous avons tablé sur 700 participants. Actuellement nous sommes à 1000 participants et ce n’est pas fini. Il y a encore des personnes qui veulent s’inscrire. Il y a des participants qui sont venus d’Asie, ils veulent voir comment l’Afrique va s’y prendre pour accélérer le processus. Ils ont fait des progrès. Nous allons échanger. C’est pour vous dire que les choses bougent en Afrique. Il y a de grandes attentes pour cette rencontre.

Interview réalisée par Idrissa SANE/Alain TOSSOUNON

 

May 24, 2015

Bilan des engagements d’eThekwini à Africasan 4: Des progrès encore lents, de nouveaux engagements attendus

Alain TOSSOUNON (Envoyé spécial à Dakar)  

Le monde africain se retrouve au Sénégal sept (7) ans après les engagements pris à eThekwini pour la 4e grande conférence sur l’assainissement. Si le rendez-vous de Dakar permettra de prendre une fois encore, un nouveau départ. Mais, le bilan de la mise en œuvre des engagements d’eThekwini montre bien que certains pays ont fait des efforts appréciables pendant que d’autres sont toujours à la traîne. Désormais, un sursaut est nécessaire pour un accès universel à l’assainissement dans tous les pays du continent.

En 2008, 45 pays en Afrique avaient fait le pari de prioriser l’assainissement pour la réalisation des OMD. Depuis, 42 pays ont effectivement continué le processus de suivi des progrès pour la réalisation des engagements d’eThekwini, et plus de 30 pays ont préparé des plans d’action.
Sept (7) ans après, le bilan reste mitigé. Car, par exemple la région subsaharienne n’atteindra pas l’OMD en matière d’assainissement. Même si, le rapport indique que des progrès ont été réalisés en termes de respect des engagements dans l’ensemble des pays.
Dans le groupe des pays qui ont fait des progrès considérables, on retrouve entre autres le Bénin, le Burkina Faso, le Sénégal, le Niger, le Nigeria, l’Afrique du sud, le Zimbabwe… Si le rapport souligne que dans les Comores peu de progrès ont été enregistrés, la liste des pays où les progrès sont en cours est plus longue.
Au total cinq domaines d’engagements avaient été retenus à eThekwini, permettant ainsi aux pays, de créer un environnement favorable et de poser les bases pour l’accélération de l’accès aux services d’assainissement.
En matière de définition d’une Politique claire qui constitue le premier domaine, le bilan reste moyen. Mais dans bien des cas, l’adoption d’une politique cohérente a donné un coup d’accélérateur au combat pour l’amélioration de l’accès aux services d’assainissement dans les pays. De même, la mise en œuvre des systèmes et outils de suivi et d’évaluation du secteur de l’assainissement (2e domaine d’engagement), a favorisé la disponibilité des données susceptibles d’éclairer les décisions, les stratégies et l’affectation des ressources à l’assainissement pour plusieurs pays. Dans le cas du troisième domaine d’engagement concernant la revue annuelle sur la performance du sous-secteur de l’assainissement, le bilan reste appréciable pour l’ensemble des pays africains. Quant à l’existence d’une institution principale et transparente chargée de la gestion du portefeuille national d’assainissement (4e engagement), des efforts ont été aussi faits par plusieurs pays note le rapport.
Enfin, pour le dernier domaine d’engagement relatif à la coordination sectorielle impliquant toutes les parties prenantes, le score reste moyen.
Dans l’ensemble, si des efforts ont été faits dans plusieurs pays, le rapport indique que « les progrès sont lents ». Dans la plupart des pays en Afrique, cette lenteur est observée au titre de l’affectation des ressources financières et le renforcement des capacités pour la mise en œuvre des programmes d’assainissement et d’hygiène. Mais, ce n’est pas tout. Les faibles progrès sont aussi enregistrés en matière de suivi des engagements concernant les programmes sur les groupes vulnérables, et la prise en compte de la dimension genre ainsi que les aspects liés à la jeunesse.
Face à ce bilan mitigé mais qui porte en lui l’espoir, la conférence AfricaSan 4 de Dakar est attendue pour la prise des engagements plus forts en vue de «Faire de l’assainissement pour tous une réalité en Afrique » et de mettre fin à la défécation en plein air dans tous les pays africains.

March 31, 2015

SECURISATION DES BESOINS EN EAU DE DAKAR ET DE CERTAINS CENTRES URBAINS: 75 % du financement des 600 milliards de F CFA bouclés pour les grands travaux

Par Idrissa Sane (Sénégal)
Le financement des ouvrages hydrauliques devant concourir à sécuriser les besoins en eau de Dakar et de certaines villes est bouclé à 75 %. Le plan global de financement est évalué à 600 milliards de francs Cfa. Déjà une 3e Usine sera construite à Keur Momar Sarr et mise en service en 1019. Elle aura une capacité de 200.000 mètres cubes par jour.
Le ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement du Sénégal, à travers la Société Nationale des Eaux du Sénégal (Sones), s’attaque à l’approvisionnement à moyen et long terme de Dakar et quelques centres urbains. Aujourd’hui, les autorités tirent un bilan très satisfaisant sur le plan de la mobilisation des ressources financières pour la construction d’une série d’ouvrages hydrauliques devant concourir à couvrir les besoins actuels et futurs de Dakar et de certaines villes. « Globalement, sur les 600 milliards F Cfa nécessaires aujourd’hui, le plan de financement est bouclé à 75% », révèle le Directeur général de la SONES, Charles Fall. Les partenaires comme la Banque mondiale, la Banque européenne d’investissement, la Banque ouest africaine de développement, la Banque africaine de développement, entre autres, vont accompagner le Sénégal dans la mise en œuvre des ouvrages hydrauliques.
C’est ce qui ressort de la présentation d’une étude liée à la construction d’une 3e usine de traitement, dans le périmètre de Keur-Momar Sarr.
La réalisation de cette infrastructure entre dans les perspectives de couvrir les besoins actuels et futurs de Dakar et des centres urbains. « Si rien n’est fait, nous allons revivre le déficit. C’est pour cela, nous avons pensé sécuriser la demande en eau de Dakar au moins jusqu’à l’horizon 2035 en allant vers un programme beaucoup plus ambitieux avec entre autres, la construction d’une 3e Usine à Keur Momar Sarr », a justifié le Directeur général de la SONES, Charles Fall. L’usine coûtera 203 milliards de francs Cfa et sera livrée en 2019. Selon les techniciens, du Groupe Merlin, le déficit pourrait atteindre 100.000 mètres cubes par jour dans les années à venir. Aujourd’hui, selon le conseiller technique au ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Moussa Sané, l’Etat a pris l’option de travailler sur des projets pouvant assurer la disponibilité des services sur une période plus longue. La réactualisation de la demande aidera à fournir plus d’informations pour une mobilisation rationnelle des ressources souterraines. «Cette étude de la réactualisation de la demande de la ressource en eau tient compte des nouveaux investissements mais aussi de la nouvelle stratégie du ministère qui voudrait dans un horizon temporaire proche préserver tout ce qui est ressource souterraine », précise le Directeur général de la SONES, Charles Fall.
Deux usines de dessalement de l’eau de mer
Au juste, la réduction de la pression sur les nappes remettent au goût du jour le dessalement de l’eau de mer qui, du reste, est une alternative coûteuse mais viable. En réalité, elle cadre avec le souci de la prise en compte des besoins des générations. De façon concrète, deux usines de dessalement seront construites, une aux Mamelles, l’autre sur la Petite Côte. «Nous avons des programmes de dessalement de l’eau de mer. Une usine sera construite par JICA sur le site des Mamelles, elle aura une capacité de 50.000 mètres cubes par jour et sera mise en service entre 2020 et 2021. En plus de cela, une deuxième usine de dessalement sera positionnée sur la Petite Côte et aura une capacité de 50.000 mètres cubes», avance le Directeur général de la SONES, qui précise : «Pour le dessalement de l’eau sur la Petite côte, nous allons le conduire sous le format de partenariat public-privé. L’Etat, avec l’appui de la Banque mondiale apportera la garantie financière en faveur de l’opérateur qui sera recruté par appel d’offre internationale ». A cela s’ajoute la construction de 7 forages à Tasset, et à Thiès pour une production de 20.000 mètres cubes et d’une dizaine de forages à Dakar et dans la zone de Pout.

March 31, 2015

SECTEUR DE L’EAU : La société civile exige plus d’effort en matière de gouvernance

Par Idrissa SANE (Sénégal)
Le président du Partenariat national de l’eau du Sénégal ( Pnes), Antoine Diokher Thiao a donné une note positive en matière de gouvernance dans le secteur de l’Hydraulique au Sénégal. Toutefois, il pense qu’il est possible de faire plus d’efforts en matière de gouvernance. Cet avis fait écho de la position de plusieurs acteurs de la société civile du Sénégal.
Le droit à l’eau est–il menacé ? La question peut paraître provocatrice mais elle constituait la lame de fond du débat sur le liquide précieux animé par plusieurs organisations de la société civile, sous l’égide du bureau régional de Wateraid en 2013. Tout compte fait, le nouveau président du Partenariat national de l’eau du Sénégal ( Pnes), Antoine Diokher Diaw, dans une interview qu’il vient de nous accorder déclare : « Le Sénégal a fait des efforts dans la gouvernance avec la restitution annuelle organisée par le Pepam. Mais je pense qu’il faut aussi systématiser ces revues au niveau décentralisé. Il nous faut faire plus d’efforts en matière de gouvernance », prêche le président du Pnes. Ses propos font écho à ceux tenus l’année dernière par Fatou Jagne de l’Ong Article 19 qui avait déclaré : « Les populations ont le droit de savoir le prix, de connaître la qualité par rapport à ce que l’Etat dépense. Il faut que la société civile continue à travailler sur cette question », prêche Fatou Jagne. Cette préoccupation est partagée par Malick Gaye d’Enda Rup qui aborde la question de la gouvernance sous l’angle de la disponibilité des informations fiables. « Nous devons changer les consciences. Au-delà de l’accès, nous devons avoir plus d’informations, sur la qualité, sur le prix de l’eau. Est-ce que l’actuelle tarification est juste ? », Suggère Malick Gaye.
Lors de cette table-ronde, la directrice régionale de WaterAid, Mariam Dem, a avancé que les déficits en financement sont évalués à 118 millions de dollars soit environ 500 milliards de francs Cfa. Même si au cours des vingt dernières années, des efforts considérables ont été consentis par les pays africains, il reste qu’aujourd’hui, 42 enfants meurent chaque jour en Afrique sub-saharienne faute d’un accès adéquat à l’eau potable. Rien que dans l’espace Cedeao, 107 millions de personnes n’ont pas encore accès au liquide précieux. D’où l’urgence de mettre en place des outils de la bonne gouvernance pour non seulement combattre les inégalités mais aussi pour restaurer l’équité. C’est à juste raison, que Amadou Mignane Diouf de l’Ong Paedd/CI-Sacsb, soutenait : « l’eau est une ressource collective qui ne doit pas être source de profits même si le constat fait état d’une gestion assurée par des sociétés privées internationales ».
La question qui s’impose aujourd’hui est la suivante à en croire M Diouf. Quel est le type de gouvernance qu’il faut privilégier pour que l’eau soit un baromètre de démocratie dans un contexte de changements climatiques et d’augmentation de la demande ?
En réponse à cette interrogation, cet acteur de la société civile suggère l’expérimentation d’une vraie gouvernance locale de cette ressource. « L’eau est un baromètre de la démocratie. Est-ce qu’il ne faut pas tester la gouvernance locale de l’eau ? Il faut une gestion concertée de cette ressource avec les populations », propose Mamadou Mignane Diouf.
En tout état de cause, beaucoup de spécialistes ont estimé que les grands défis du monde, les grandes guerres du 21 ème siècle pourraient provenir de la gestion de l’eau. C’est la raison pour laquelle les experts ont été unanimes à reconnaître que la ressource doit être gérée de manière concertée, dans le cadre d’une approche holistique, afin que les couches les plus vulnérables soient davantage protégées.

March 31, 2015

LANSANA GAGNY SAKHO, DIRECTEUR GENERAL DE L’OFOR : « Le monde rural aura désormais une eau de qualité à un prix conforme à son pouvoir d’achat »

Par Idrissa Sane (Sénégal)
L’Office des forages ruraux (Ofor) est une nouvelle structure. Qu’est-ce qu’elle va apporter en termes d’amélioration d’accès à l’eau potable ?
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J’aimerais faire un état des lieux avant de parler de l’Office des forages ruraux (Ofor). Aujourd’hui vous avez de l’eau qui coûte plus cher dans le monde rural que dans les villes. Cela veut dire que les populations qui ont un pouvoir d’achat plus faible paient l’eau plus chère que ceux qui en ont les moyens. Nous travaillerons à rétablir l’équité par rapport à ce dysfonctionnement. Nous allons donner de l’eau aux populations du monde rural à un prix acceptable. Le deuxième dysfonctionnement, il y a un problème de qualité de l’eau dans le monde rural. L’exploitation et la maintenance des ouvrages ruraux hydrauliques étaient confiées aux associations et usagers de forages. Ces associations n’ont pas pour métier l’exploitation et de la maintenance. La qualité de l’eau se pose dans certaines parties du pays. Le troisième dysfonctionnement, c’est la gestion des fonds générés par vente de l’eau dans les zones rurales. Le mètre cube de l’eau est à 300 francs Cfa. Si vous avez un volume de 100.000.000 de mètres cube, cela donne 30 milliards de francs Cfa. Aujourd’hui il n’y a pas de traçabilité des fonds générés par la vente de l’eau dans le monde rural, or si nous arrivions à capter la moitié de ce fonds, nous allons assurer la qualité et la continuité des services en milieu rural. C’est cela la situation globale de référence.
Quels sont vos objectifs à moyen terme ?
Tout est urgent. Notre objectif, c’est d’arriver à mettre en place les délégations des services publics sur l’ensemble des ouvrages. L’eau n’est pas la vie, c’est l’eau potable qui est la vie. L’objectif est à court terme. Il faut mettre de l’eau potable à la disposition des populations.

L’organisation actuelle de la gestion des ouvrages hydrauliques ne permet pas une gestion rationnelle de la ressource en eau. Les dysfonctionnements qui sont structurels pas conjoncturels. Mais nous devons les régler dans le court terme parce qu’il s’agit de l’eau, eau source de vie. Nous avons signé en novembre un premier contrat d’affermage qui va fournir de l’eau potable à 300.000 personnes.
Quelle sera la place des populations dans la mise en œuvre de votre feuille de route ?
Il faut regarder le problème à deux niveaux. Les ouvrages hydrauliques en milieu rural sont gérés par les Associations et Usagers de forages (ASUFORS) mais ces organisations ont montrées leurs limites. Cela étant dit nous ne sommes pas dans une logique d’exclusion. Dans le cadre de la réforme, elles joueront un rôle qui correspond à ce qu’elles savent faire : défendre les consommateurs pour une plus grande équité dans la gestion de la ressource avec l’introduction du secteur privé dans le secteur. Elles vont régler un problème crucial que nous connaissons dans le secteur urbain : l’absence de régulation. Les ASUFORS performantes resteront dans le système. Je tiens une fois encore à préciser que nous ne sommes pas dans une logique d’exclusion des ASUFORS. Mais chacun doit rester dans son cœur de métier.
Le second niveau d’analyse tourne autour de l’intérêt général. Que représentent quelques centaines d’ASUFORS par rapport à huit millions de Sénégalais. On ne devrait même pas se poser des questions sur la pertinence de la réforme. C’est dans un souci d’impliquer tous les acteurs nous menons une démarche inclusive pas pour expliquer le bon sens de la reforme mais plus tôt pour trouver les voies et moyens pour ‘aller vite’… Encore une fois il s’agit de la vie, il s’agit de huit millions de personnes, il s’agit d’un problème de justice sociale que nous allons nous atteler à résoudre.

March 31, 2015

JOURNEE MONDIALE DE L’EAU : Le Sénégal se prépare à couvrir les besoins futurs

Par Idrissa Sane (Sénégal)
Le Sénégal a atteint le taux universel d’accès à l’eau potable dans des villes à deux ans de l’échéance de 2015. Il lui reste à accroître des investissements pour toucher davantage de personnes vivant dans des zones rurales et consolider les acquis en milieu urbain où il faut prendre en compte l’évolution de la population. C’est ce qui est ressorti de la célébration de la journée mondiale de l’eau le week-end dernier.

Le Sénégal se garde d’autosatisfaction en débit de ses bons résultats en matière d’accès à l’eau potable dans des villes. Le secrétaire d’Etat en charge de l’Hydraulique rurale, Diène Faye, n’a pas perdu de vu les enjeux de la préservation des acquis au regard de l’augmentation de la population et de l’accroissement des usages. « Le Sénégal a atteint l’accès universel en milieu urbain. Nous sommes à 98 %. En milieu rural, nous sommes à 84 %. Mais nous devons préserver les acquis parce que la demande augmente à cause de l’accroissement de la population », souligne Diène Faye qui représentait le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Mansour Faye, lors de la cérémonie d’ouverture de la journée mondiale de l’eau dont l’organisation a été confiée à la Direction de la gestion et de la planification des ressources en eau (Dgpre). Le secrétaire chargé de l’Hydraulique rurale, Diène Faye a assuré que le gouvernement est sur la bonne voie pour satisfaire davantage les besoins des Sénégalais qui sont dans les zones rurales. « Nous allons maintenir le cap et faire d’autres investissement pour combler le gap en touchant plus de personnes dans des zones rurales », a fait savoir, Diène Faye, qui félicité Niokhor Ndour pour le travail que la Dgpre est en train d’abattre dans la discrétion. Au cours de cette cérémonie, il a été aussi question de la préservation de cette ressource qui se raréfie. Cette raréfaction est une sorte d’épée Damoclès suspendue au-dessus de plusieurs activités qui nécessitent une mobilisation de cette ressource. C’est pour cela, le Sénégal a déjà mis en place une panoplie d’outils de sa préservation. « Sur la problématique de la gouvernance de l’eau, des avancées significatives dans la conceptualisation et de la planification d’une gestion durable sont faites », a fait remarquer la représentante du ministre de l’Environnement et du Développement durable, Madame Ndiaye. Elle cite entre autres, le Plan d’action de la gestion intégrée de la ressource en eau (Pagire). Elle a aussi jeté une passerelle entre la préservation de cette ressource et la protection des zones humides qui en plus d’être des réserves, sont des zones de recharge de la nappe. Du reste, les zones humides assument des fonctions fondamentales dans le cycle de l’eau. « La gestion durable des zones humides est un de nos objectifs majeurs qui se reflète à travers l’élaboration récente, de façon participative, d’une politique nationale de gestion des zones humides », indique madame Ndiaye.
Des études pour guider ou éclairer les options
Le directeur de la Dgpre, Niokhor Ndour a remercié les différents partenaires qui apportent une contribution pour la réalisation des projets dans ce secteur. Cette direction a une mission essentielle à assumer aussi sur le plan de la mobilisation et que sur le domaine de sa préservation. Les différentes études qu’elles mènent, sur la base pour une prise décision judicieuse. Elle réalise une étude hydrogéologique pour l’évaluation des potentialités des ressources en eau des zones favorables pour leur transfert vers le bassin arachidier, l’étude d’évaluation et de suivi des eaux de surface, l’étude hydrogéologique de la nappe des sables alluvionnaires entre Bakel et Kidira et l’étude hydrogéologique de la Falémé dans la zone de Kidira entre autres. Le thème de cette année « Eau et de Développement durable » appelle bien à une utilisation rationnelle pour ne pas hypothéquer la satisfaction des besoins des générations futures.

March 31, 2015

DIENE FAYE SECRETAIRE D’ETAT A L’HYDRAULIQUE RURAL : « Il ne serait pas étonnant qu’à l’horizon 2017-2018 qu’on soit à 400 forages »

Par Jacques Ngor SARR (Sénégal)
Le programme de réalisation de 300 forages dans le monde rural que s’est fixé le gouvernement d’ici à 2017 sera largement atteint voire dépassé. L’assurance est faite par le secrétaire d’Etat à l’hydraulique Diène Faye qui se base sur le financement mobilisé tant au niveau des bailleurs de fonds, des partenaires techniques et financiers et au niveau du budget de l’Etat.

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Le programme de réaliser 300 forages d’ici 2017 par le gouvernement du Sénégal est en très bonne voie et « il ne serait pas étonnant qu’à l’horizon 2017-2018 qu’on soit à 400 forages ». C’est du moins ce qu’a fait le secrétaire d’Etat à l’Hydraulique rurale, Diène Faye. Entre le premier janvier 2013 et le 31 décembre, 147 forages ont été réalisés tout programme confondu au taux de 108 châteaux d’eau au niveau du monde rural. On est à mi-parcours pratiquement mais ce qui est important, c’est que le financement que nous avons mobilisé aujourd’hui tant au niveau des bailleurs de fonds, des partenaires techniques et financiers au niveau du budget de l’Etat pour nous permettre d’atteindre voire dépasser cet objectif. C’est vous dire que le programme est une réalité et se déroule normalement ». Mais au-delà de ces 300 forages, M. Faye a abordé les post OMD. A ce propos il déclare : «Ce qui est sûr qu’en 2020 on va largement dépasser les objectifs. Mais l’objectif final c’est l’universel et toutes les dispositions sont prises pour que dans un court délai que tout le monde puisse avoir accès à l’eau ». Il rassure que d’après ses prévisions, on doit avoir accès à l’eau en 2020 au plus tard grâce aux financements mobilisés, à la volonté politique et à la tendance qui se dégagent actuellement avec les partenaires techniques et financiers.
Par ailleurs le secrétaire d’Etat à l’Hydraulique a abordé les stratégies du secteur, en milieu rural. A ce propos il rappelle qu’ «au départ il n’y avait pas beaucoup de forages avant les années 80. Pour la première génération de forages, on n’avait pas des compteurs à consommation, les tarifs étaient forfaitaires. Quant on a introduit les concepts de compteur, chacun paie ce qu’il consomme. Mais parallèlement, cela a engendré une très grande économie : le nombre de pompage a baissé et le nombre de forage en panne a baissé parce qu’il y a eu moins de pompage ». Mais il explique que « le concept des Associations d’usagers de forages (Asufor) a permis de régler un certain nombre de problèmes. Mais il souligne que la faiblesse au niveau de l’Asufor « c’est que l’Etat ne pouvait plus contrôler la transparence dans la gestion et assurer une formation continue parce qu’on était à 700 forages ». Aujourd’hui le Sénégal compte 1550 forages gérés par l’Etat par le biais de la Direction de l’exploitation et de la maintenance (Dem) remplacée actuellement par l’Office des forages ruraux (Ofor). Une situation qui fait que « nous pensons qu’aujourd’hui, il est tant que des opérateurs privés s’occupent de cette gestion des forages. L’opérateur privé va se charger de la maintenance et de la production et en amont dans un premier temps on va vendre l’eau à l’Asufor qui va gérer la distribution. Maintenant le rôle de l’Etat est de faire en sorte que la facture soit supportable, et que les tarifs soient définis de manière supportable par les usagers. Une fois que le tarif est supportable tout le reste sera à la charge des opérateurs comme en ville ».
Interpellé sur le remplacement de la direction de l’exploitation par l’Office des forages ruraux (Ofor) qui pourrait être lié à une mauvaise gestion, le secrétariat à l’hydraulique balaie d’un revers de la main et explique : «Au moment où la direction passait le service à OFOR et pendant une bonne d’année, le taux de disponibilité à toujours était au-dessus de 90% des forages réalisés ». Mais fait-il souligner, « il faut reconnaître aussi que une des difficultés qui a été à l’origine de la mise en œuvre de ce programme Ofor, c’est que dans le service en milieu rural, on n’a pas encore intégré un fond de renouvellement pour remplacer les ouvrages structurant. On s’est surtout focalisé à faire en sorte que la pompe et le moteur marchent. Mais l’ouvrage à une durée de vie, quant il arrive à terme, il faut le replacer, le tarif de l’eau n’intègre pas cet aspect. Maintenant ça sera le cas car on va faire une tarification qui va prendre en compte, qui va alimenter en parti un fond de roulement que l’opérateur va reverser à Ofor. C’est avec ce fond, à partir des forages existants, on pourra de manière régulière densifier le réseau. Et on fera en sorte que le prix de l’eau soit acceptable », indique-t-il.

March 31, 2015

CONSEQUENCE DE L’UTILISATION DE L’EAU INSALUBRE ET DU MANQUE D’HYGIENE : Au Sénégal, 2500 nouveau-nés sont morts d’une septicémie, du tétanos ou d’une autre infection en 2013, selon Wateraid

Par Paule Kadja TRAORE (Sénégal)
WaterAid vient de lancer sa nouvelle campagne « Un départ sain : le premier mois de la vie » qui met en lumière l’impact dévastateur qu’a le manque d’accès à l’eau potable et aux installations sanitaires sur les enfants qui vivent dans les pays en développement.

Le document d’information qui accompagne ladite campagne intitulé: «Un départ sain : le premier mois de la vie», indique que près d’un demi-million de bébés meurent chaque année durant les quatre premières semaines de leur vie parce qu’ils sont nés dans des conditions non hygiéniques. Au Sénégal, rien que pour l’année 2013, 2500 nouveau-nés sont morts d’une septicémie, du tétanos ou d’une autre infection liée à l’utilisation d’une eau insalubre et au manque d’hygiène.
Cette campagne est lancée au moment où un rapport de l’Organisation mondiale de la santé révèle qu’en Afrique, près de la moitié des hôpitaux et cliniques n’ont pas accès à l’eau potable. Et sur les 58 % de structures de santé qui sont desservies d’une façon ou d’une autre, seulement la moitié peut compter sur un approvisionnement en eau potable fiable.
Ce rapport de l’Organisation mondiale de la santé précise que dans 18 pays d’Afrique sub-saharienne, le pourcentage des établissements de santé qui disposent d’un approvisionnement en eau n’est que de 20 % – comme c’est le cas au Mali. Il s’agit de la première enquête de ce type, qui montre que dans les 54 pays en développement étudiés, 38 % des structures de santé n’ont pas accès à l’eau potable, et 19 % n’ont pas de toilettes adéquates. Plus d’un tiers des hôpitaux et cliniques (35 %) n’ont aucun endroit pour que les personnels soignants et les patients se lavent les mains avec du savon.
Un hôpital ou clinique sur dix n’a pas accès à l’eau potable et un établissement sur huit n’a pas de toilettes adéquates
Selon le document, au Sénégal, un hôpital ou clinique sur dix (10 %) n’a pas accès à l’eau potable et un établissement sur huit (13 %) n’a pas de toilettes adéquates. Un sur dix (10 %) n’a aucun endroit pour se laver les mains. Ces chiffres sont d’autant plus choquants que même dans les hôpitaux et cliniques recensés comme ayant un accès à l’eau potable, l’approvisionnement se fait parfois grâce à un point d’eau situé jusqu’à 500 mètres de l’établissement, et non par un réseau qui dessert directement les locaux. Par ailleurs, peu de données permettent de savoir si les toilettes présentes dans les structures de santé fonctionnent et peuvent être utilisées à la fois par les personnels et par les patients.

Pour un nouveau-né sur cinq qui meurent au cours du premier mois de sa vie dans un pays en développement, le plus tragique est que ce décès si prématuré aurait pu être évité si l’enfant avait simplement été lavé avec de l’eau propre et pris en charge dans un environnement où les soignants se seraient lavés les mains. Au Sénégal, on estime qu’en moyenne une femme sur 42 va durant sa vie perdre un enfant au cours du mois qui suit sa naissance à cause d’une infection, un risque qui ne concerne qu’une femme sur 7 518 au Royaume-Uni.

Le document publié par WaterAid met en évidence les risques que les structures de santé font courir aux enfants quand les accouchements se déroulent dans un environnement où les règles d’hygiène ne sont pas respectées. Il précise ce qui doit être fait pour aider les agences et ministères en charge de la santé et les pays donateurs à mettre le mot « propre » au cœur des systèmes de soins, en faisant en sorte que chaque établissement de santé ait accès à l’eau potable courante et dispose de sanitaires adéquats et de lavabos avec du savon pour le personnel soignant et les patients.
Cette publication marque le début de la campagne baptisée « Un départ sain », l’axe de plaidoyer prioritaire de WaterAid pour les quatre années à venir qui va se focaliser sur l’impact dévastateur qu’ont le manque d’accès à l’eau potable et aux installations sanitaires, ainsi que les mauvaises pratiques d’hygiène, sur la santé des enfants.

La directrice générale de WaterAid sonne l’alerte

La directrice générale de WaterAid Barbara Frost, a déclaré que «Cela fait plus de 150 ans que l’on a fait le lien entre les mains sales, l’utilisation d’eau insalubre et la mortalité infantile. Il ne s’agit donc pas d’un problème qui attend une solution, mais d’une injustice qui attend qu’on agisse ».Selon elle, les mauvaises conditions d’hygiène à la naissance condamnent trop de bébés qui naissent dans les pays en développement à une mort tragiquement prématurée qui aurait pu être évitée, tout comme le déchirement que vivent leurs parents. La directrice général de WaterAid estime que «La capacité d’un hôpital ou d’une clinique à préserver un environnement propre est une exigence si fondamentale qu’on peut se demander si un établissement de santé qui n’a pas accès à l’eau courante ou à des sanitaires de base est apte à prendre en charge ses patients de manière adéquate ». Elle poursuit son propos en indiquant que « Nous avons besoin que tous les acteurs impliqués dans les décisions et l’organisation des services de santé travaillent ensemble pour que les membres les plus vulnérables de la société ne voient pas leur espérance de vie réduite à quelques semaines à peine parce que les structures qui les accueillent ne sont pas en mesure de respecter les normes les plus élémentaires de propreté et d’hygiène pour les soins».