Archive for January, 2013

January 20, 2013

Promotion de l’intégrité dans le secteur Wash au Bénin: Les professionnels des médias et les OSC affûtent leurs armes

Avec le soutien financier du réseau WIN, le Partenariat national de l’eau du Bénin (PNE-Bénin) en collaboration avec le Réseau des Journalistes du Bénin pour l’Eau et l’Assainissement (RJBEA), a organisé une formation au profit  des femmes et hommes des médias et des acteurs des Organisations de la société civile (OSC) du secteur Wash. Au terme de cette session portant sur le thème : « Promotion de l’intégrité pour l’effectivité du droit à l’eau et à l’assainissement : cadre de mise en œuvre et rôles des médis et de la société civile au Bénin », les participants ont pris l’engagement désormais, d’être des défenseurs de l’intégrité et de militer pour le respect du droit à l’eau et à l’assainissement.  C’était du 27 au 28 décembre à l’hôtel Bel Azur de Grand-Popo.

Alain TOSSOUNON (Bénin)

Photo winRenforcer les capacités des professionnels des médias et des Organisations de la société civile sur l’intégrité et la lutte contre la corruption dans le secteur de l’eau et l’assainissement. C’est l’objectif de cette session de formation destinée également, à amener les participants à s’approprier le concept du droit à l’eau et à l’assainissement, et à s’engager pour l’intégrité, la lutte contre la corruption et le plaidoyer dans ce secteur. De même, au terme de cette session, les participants devront se familiariser avec les méthodes et outils d’analyse prospective de la corruption et de l’intégrité dans le secteur de l’eau, notamment l’outil de diagnostic “Evaluation Annotée de l’Intégrité de l’Eau (EAIE)” développé par le réseau WIN.

En initiant cet atelier de renforcement de capacités, le PNE-Bénin ambitionne d’outiller les deux catégories d’acteurs sur les meilleures stratégies de lutte contre la corruption et de promotion de l’intégrité dans le secteur de l’eau. Une façon de les encourager à internaliser leur rôle en matière de promotion de l’intégrité et de lutte contre la corruption dans le secteur Wash.

En ouvrant les travaux, le coordonnateur du PNE-Bénin, Armand Houanyé, a signalé que la session de formation s’inscrit dans le cadre de la collaboration fructueuse entre le PNE-Bénin et  le Réseau des Journalistes du Bénin pour l’Eau et l’Assainissement (RJBEA) qui a démarré depuis octobre 2007. Un partenariat dynamique rendu possible grâce au soutien financier de l’ambassade des Pays-Bas au Bénin. Se félicitant de la présente session soutenue par le Réseau pour l’intégrité dans le secteur de l’eau (WIN, Water integrity network), il a précisé qu’elle permettra de faire des journalistes et des OSC intervenant dans le secteur Wash, de s’investir dans la promotion de l’intégrité dans le secteur de l’eau et assainissement et de combattre la corruption qui gangrène le secteur. Pour le coordonnateur, la corruption est un phénomène international qui touche tous les secteurs et qui constitue un facteur de privation  du droit à l’eau et à l’assainissement surtout pour les plus pauvres. Un grand défi à relever, a-t-il ajouté.

La brève intervention du coordonnateur a laissé place aux différentes modules qui pendant deux jours, ont permis aux professionnels des médias et aux OSC, d’améliorer leur compréhension du concept d’intégrité et de leur rôle. Il s’agit du «Droit à l’eau et à l’assainissement au Bénin, réalités, défis, et approches de mise en œuvre » , « Evaluation de la perception de la corruption et de ses impacts dans le secteur de l’eau et de l’assainissement, pertinence, approche, méthodes et outils ». Après ce deuxième module qui a permis de mieux appréhender les principales formes de corruption dans le secteur Eau et assainissement avec quelques exemples, les impacts de la corruption, les principaux moteurs et ressorts de la corruption. Sur la base des connaissances acquises, les participants en groupe de travail, ont procédé à la « Cartographie des risques de corruption dans le secteur de l’eau et l’assainissement ». Un exercice qui a permis d’identifier les niveaux possibles de risques de corruption au niveau du secteur au Bénin. La quatrième session de formation a mis fin à la journée. Elle a porté sur le thème « Evaluation de l’intégrité dans le secteur  de l’eau et de l’assainissement au moyen de l’EAIE et restitution des résultats de l’application de l’outil au secteur de l’eau potable en milieu rural  » présenté par le coordonnateur du PNE Bénin, Armand Houanyé.

Une feuille de route pour des engagements

Edifiés par les exposés et après  avoir suivi le module portant sur le thème du « Plaidoyer pour l’eau et l’assainissement, stratégie, approche, méthodes et outils », les participants ont décidé dorénavant de combattre la corruption et de défendre l’intégrité dans le secteur.

Un engagement qui s’est traduit par l’élaboration et la mise en œuvre d’une feuille de route. Alors que les acteurs des Organisations de la société civile ont décidé de réaliser des études pour identifier les risques de corruption dans certaines communes cibles et faire la promotion des outils de l’intégrité et valeurs de WIN, les professionnels des médias, se sont engagés à alerter l’opinion sur les cas de corruption à travers des productions. Les deux acteurs projettent également de mener un plaidoyer pour plus de transparence dans la gestion du secteur Wash au Bénin. La session a pris fin sur une note de satisfaction et les participants sont repartis aguerris prêts  à combattre la corruption et militer pour l’intégrité et la transparence dans le secteur Wash.

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January 20, 2013

Insalubrité des quartiers le long de la berge lagunaire de Cotonou : Quand les populations payent un lourd tribut sanitaire et économique

Photo 1Aujourd’hui encore, dans plusieurs quartiers et villages du Bénin , les populations vivent dans une insalubrité chronique et de mauvaises conditions d’hygiène. Enormes sont les conséquences sur la santé de ces populations condamnées à payer cher pour se soigner. L’assainissement et l’adoption des bonnes pratiques d’hygiène et d’assainissement demeurent un luxe chez de nombreux individus.

 Alain TOSSOUNON (RJBEA/Bénin)

Nous sommes dans le 6ème arrondissement de la plus grande ville du Bénin. A quelques encablures de la voie pavée traversant le quartier Sainte Cécile, le passage devient de plus en plus étroit. Au fur et à mesure, en contournant les flaques d’eau après les récentes pluies, on plonge dans une volute d’odeurs fortes qui ne vous escortent sur une vaste étendue e d’habitats précaires.

Entre les déchets ménagers posés çà et là, partout et autour des habitats coincés les uns contre les autres,  des enfants jouent le long des petites ruelles jonchées de débris d’aliments et de sachets plastiques. Non loin, d’autres tentent vaille que vaille, de se frayer un espace dans un dépotoir sauvage pour déféquer sous le regard bienveillant de leurs parents spectateurs. Ici, on s’accommode avec les ordures  : l’insalubrité est la règle.  Quelques pas de plus suffisent pour nous retrouver au bord de la lagune.  Mais, difficile de poursuivre notre marche avec les déchets mis en dépôt qui longent toute la lagune derrière les habitats. Toutes les berges lagunaires de Cotonou de l’ouest à l’est, offrent le même spectacle affolant d’insalubrité. «Nous n’avons nulle part ici où mettre les ordures. Il n’y a aucun point de collecte», justifie Damien MISSIHOUN, un habitant du quartier Ladji. . Et, sans qu’on lui pose la question, il déballe : «Il y a aussi le problème de manque de latrines. Ici, des gens défèquent dans des sachets et les jettent partout parce qu’ils ne savent où aller au coin».

Dans ce grand quartier de Cotonou, l’insalubrité est la chose la mieux partagée. Mais le plus grave, c’est le fatalisme de tous les habitants. Installé à la devanture de sa maison, lui-même au cœur de tas d’ordures de toutes sortes, le chef quartier de Ladji, Antoine Agossou TCHINA, n’est pas gêné de compter son quartier comme l’un des plus insalubres de Cotonou, . «Le quartier Ladji est sale et puisque nous n’avons pas les ONG de pré-collecte, on jette nos ordures n’importe comment et n’importe où», déclare-t-il.

De même, avec seulement 4 latrines privées et une seule latrine publique pour tous les 100 000 habitants de ce quartier, la défécation à l’air libre ne peut qu’être le sport favori de la localité.  «Je reconnais que les gens défèquent ici n’importe comment. Ils le font à la fois dans le lac et sur la terre ferme. Surtout nos enfants !», souligne-t-il avec une pointe d’amertume. Le drame de Ladji se joue aux yeux des autorités locales et surtout des responsables sanitaires restés impuissants face à l’absence d’un système de ramassage des ordures, de latrines et de caniveaux.

Un lourd fardeau sanitaire

Empêtrés quotidiennement dans une  insalubrité sans nom , les habitants du quartier Ladji comme tous  ceux situés le long des berges lagunaires, font face chaque jour aux conséquences qu’engendre une telle situation.

Selon Flore Viviane Ogoubiyi Aklassato, directrice départementale de la santé de l’Atlantique/Littoral (DDS), , les liens entre l’insalubrité et les maladies du péril fécal sont étroits : «Lorsque l’hygiène et l’assainissement font défaut et partout où il y a insalubrité, cela constitue un sérieux problème de santé pour les populations».

A Ladji, le péril est dans tous les ménages. «Il se pose ici de grands problèmes sanitaires», réagit sans détour le Docteur Théophile HOUNHOUEDO, médecin en santé publique, directeur exécutif de La vie nouvelle ONG qui a un centre médico-social en plein cœur de Ladji. Et de  signaler que «la plupart des maladies rencontrées ici sont liées au péril hydro fécal». Notamment, il cite les maladies diarrhéiques dont le choléra et les infections respiratoires aigues. Mais, ce n’est pas tout, il va plus loin en indiquant que « le Paludisme  e est le premier motif de consultation à Ladji vu les marécages et les moustiques qui pullulent». Le paludisme au niveau des départements du Littoral et de l’Atlantique constitue environ 33% de la fréquence des maladies, selon les chiffres de la DDS. «C’est le paludisme qui nous attaque très souvent. A part cela, il y a les diarrhées et vomissement et d’autres maladies pour lesquelles nous allons à l’hôpital», renchérit Claude Dohougbo, pêcheur de son état, qui, le visage triste et larmoyant  , raconte avoir perdu l’un de ses 8 enfants à la suite d’une diarrhée chronique. Un souvenir douloureux mais ne l’a cependant pas encore obligé à quitter les lieux. «Très souvent, les gens meurent. Surtout nos frères qui sont au bord de l’eau. C’est des pertes énormes que nous connaissons. On enregistre beaucoup de cas», ajoute, le chef du quartier, la rage au ventre. Autre témoin de la situation, le Docteur Théophile HOUNHOUEDO, avoue que plusieurs cas graves sont souvent transférés dans les hôpitaux de référence.  «Le centre que nous avons ici, c’est un centre de premier niveau. Avec les cas graves, lorsque nous voyons que nos capacités sont dépassées, nous référons tout de suite, soit vers le CNHU, soit vers l’hôpital de zone ou les hôpitaux tels que Bethesda ou Saint Luc». Dans ce quartier de Ladji, tristement célèbre pour son insalubrité, la mort côtoie est devenue familière  par manque d’hygiène et d’assainissement Mais malheureusement au Bénin, Ladji n’est pas qu’un cas isolé.

Selon les chiffres du Programme Eau et Assainissement de la Banque Mondiale, «Environ 7000 Béninois, notamment 4300 enfants de moins de 5 ans, meurent chaque année de diarrhée : ces décès sont à presque 90% directement attribués à l’impureté de l’eau et au manque d’assainissement et d’hygiène (WASH)». Et d’ajouter que le mauvais assainissement est un facteur contributif, de par son impact sur les taux de malnutrition, aux autres causes principales de mortalité infantile, notamment le paludisme, les maladies respiratoires graves et la rougeole.

Malheureusement, ces populations pour la plupart pauvres, doivent encore débourser beaucoup d’argent pour se faire soigner.

Des coûts économiques énormes pour le Bénin

Au-delà du lourd fardeau sanitaire, la situation d’insalubrité et le manque d’assainissement coûtent très cher aux populations et à notre pays tout entier.

Selon l’étude sur le gain socioéconomique de l’investissement dans l’assainissementau Bénin réalisée par l’Agence panafricaine pour l’Eau et l’Assainissement (EAA, ex CREPA) en juillet 2009, dans les ménages ayant bénéficié des actions de la PHA, les gains en termes monétaires par rapport aux soins de santé sont estimés à 37000 FCFA par ménage et par an lorsque la prise en charge est immédiate.

Ramenée au plan national, l’étude révèle que «si tous les ménages sont pourvus de latrines adéquates, les gains sont estimés à 2985807500 FCFA par an. En termes de gain de temps, c’est au moins 56 jours gagnés par chaque ménage et par an sur les jours passés à l’hôpital. Pour le Bénin, ce gain de temps est évalué à 45190600 jours qui auraient pu être investis dans des activités génératrices de revenus et dans l’éducation des enfants.

Au plan national, le taux de couverture des ménages en ouvrage d’évacuation des excrétas reste encore faible en 2012. Selon l’Aide Mémoire de la dernière revue des secteurs Eau et Assainissement 2011, ce taux est encore de 42% (Source DPP/MS).

L’étude documentaire faite par le Programme Eau et Assainissement (WSP) de la Banque Mondiale, vient confirmer davantage les pertes énormes relatives que subit notre pays face au  manque d’assainissement.

En effet, selon cette étude réalisée en 2010,  « le Bénin perd 52 milliards F CFA chaque année, ce qui est équivalent à 104 millions $, Cette somme est équivalente à 12 $ par personne au Bénin et par an, ou 1,5% du PIB national». Un montant très élevé à première vue. Mais, l’étude va plus loin pour nous indiquer que 2,5 millions de Béninois utilisent encore des latrines insalubres ou partagées, 5,2 millions n’ont pas de latrines du tout et font leurs besoins en plein air. La défécation en plein air, quant à elle, selon la même étude, coûte au Bénin, plus de 75 millions $ par an – pourtant l’élimination de cette pratique nécessiterait la construction et l’usage de moins de 1 million de latrines.

A ces différents coûts, il convient d’ajouter ceux liés au temps mis pour trouver un endroit isolé pour déféquer (2,5 jours par ans et 21 millions $ de perte), à la mort prématurée (79 millions $chaque année),  aux soins de santé (3,1 millions $ chaque année).

Mais ce n’est pas tout. Car, il y a lieu d’inclure également les coûts supplémentaires considérés comme significatifs tels que les coûts des flambées épidémiques, les coûts funéraires, les coûts des pollutions des eaux…

Par ailleurs, l’étude nous apprend que le poids économique d’un mauvais assainissement pèse beaucoup plus sur les pauvres. Ainsi, elle souligne que le coût moyen associé à un mauvais assainissement constitue une proportion beaucoup plus grande du revenu d’une personne pauvre que celle d’une personne plus riche. Tout simplement parce que les plus pauvres qui représentent 20% de la population (en moyenne), sont 25 fois plus susceptibles de pratiquer la défécation en plein air que les 20% des plus riches de la population. De ce point de vue, il est clairement établi que si les pauvres sont plus susceptibles d’avoir une mauvaise hygiène, ils doivent aussi payer proportionnellement plus pour faire face aux mauvaises conditions d’hygiène et d’assainissement. 

Engager une thérapie  de choc

Vivant dans le milieu et témoin du désastre sanitaire, le Docteur Théophile HOUNHOUEDO, du centre médico-social de Ladji, préconise sans détour en termes de solutions efficaces, la prévention. «La première chose qu’on peut faire, c’est la prévention. Si nous mettons l’accent sur la prévention, on peut corriger beaucoup de choses». Car soutient-il, «La plupart des maladies rencontrées ici, sont les maladies de comportement».

Il faut absolument, selon lui, “un bon programme d’éducation à la santé”. Un avis partagé par la Directrice départementale de la santé de l’Atlantique/Littoral qui martèle  : «il faut intensifier l’éducation de la population, la communication pour un changement de comportements ». Avant de lancer un cri de cœur aux populations : « Ce n’est pas parce qu’on est pauvre qu’on ne pourrait pas avoir les habitudes élémentaires d’hygiène et d’assainissement. Cela contribuera à l’amélioration de la situation».

Et si elle soutient que ces dernières années, des efforts ont été entrepris dans le cadre des campagnes de sensibilisation pour la promotion d’une bonne pratique d’hygiène et d’assainissement, il y a lieu de ne pas baisser la garde.

En dehors de la communication pour un changement de comportement au niveau des populations, l’étude de la Banque Mondiale recommande d’allouer de grands investissements au secteur de l’assainissement. Un défi que, depuis plusieurs années, le Bénin peine à relever. Si selon les chiffres de la revue 2011 des secteurs eau et assainissement, il faut se féliciter de la hausse significative des ressources mobilisées au titre du budget de 2011 par rapport à celui de 2010 de l’hygiène et assainissement de base (soit 2,090 milliards de FCFA en 2011 contre 1,252 milliards de FCFA en 2010), le Bénin est encore loin des recommandations d’AfricaSan 2008. Car, quatre ans après,  la part du budget propre du Ministère de la Santé (MS) allouée à l’Hygiène et l’Assainissement de Base n’a toujours pas atteint les 8% que recommande la Déclaration des Ministres à cette Conférence de Durban en Afrique du Sud. Malheureusement, il n’est actuellement que de 0,4% du budget global du Ministère de la Santé. De même, comme solutions, l’étude souligne la nécessité d’éliminer les goulots d’étranglement dans le mode de prestation de services, de cibler les plus pauvres pour mettre fin à la question d’iniquité sanitaire, et enfin, de prioriser l’élimination de la défécation à l’air libre.

 

January 19, 2013

Access to clean and safe water is a big problem for rural communities in the North

By Ishmael Kindama Dumbuya with fellowship from the West Africa Water and Sanitation Journalists Network and partnership from WaterAid, and the Water Supply and Sanitation Collaborative Council

It is the end of the rainy season and the soil keeps drying and water losing on it. This is marking the start of the struggle to get clean and affordable drinking water for communities in remote areas of Sierra Leone. Children and their mothers are greasing up their feet and stretching up their heads to start searching for any source of water they can set eyes on for their domestic uses.

As part of a fellowship from the West Africa Water and Sanitation Journalists Network, I traveled 248km North of Sierra Leone to get an information on how rural communities are coping up to access safe and clean water in their localities. On my arrival at Kamabala in the Tonkoh Limba Chiefdom of Kambia District, the situation is very much appalling seeing community of more than 7000 people struggling to fetch water from a more deplorable water source dug by an 18 year old village boy.

Clean and affordable water is now regarded as a great commodity by the international community. A 2007 statement from the Office of the UN High Commissioner for Human Rights states that “it is now time to consider access to safe drinking water and sanitation as a human right, defined as the right to equal and non-discriminatory access to a sufficient amount of safe drinking water for personal and domestic uses—drinking, personal sanitation, washing of clothes, food preparation and personal and household hygiene—to sustain life and health. States should prioritize these personal and domestic uses over other water uses and should take steps to ensure that this sufficient amount is of good quality, affordable for all and can be collected within a reasonable distance from a person’s home.”

Madam Fudia Conteh scooping water for their domestic use in Kamabala Village. She is one of the many rural women in the North that suffers to get clean and safe drinking water for their homes

Madam Fudia Conteh scooping water for their domestic use in Kamabala Village. She is one of the many rural women in the North that suffers to get clean and safe drinking water for their homes

The statement above is not the real situation for rural communities in Sierra Leone. The water source for the Kamabala community was dug below the Bamboo canes and located down a hilly route from the village. There is no electricity to help purify water in major provincial communities in the country and digging a well in Bamboo trees like this will certainly help get natural coldness of water for the community. A visit and sit of half an hour made me to see more than 100 women and children struggling to fetch water in the well.

The distance is about 200 meters from the last house in the community and during the raining season, all the debris and filthy including human wastes from the community are transported to this downstream valley. The dung beetles are rolling balls of human feces whilst the flies are dancing around and singing praises to a child who has just deposited some human wastes about 5 feet from the water well.

The local water-village-savior, Sieh M Dumbuya attending the Wesleyan Secondary School, Kamabala has been searching for water points during the past years and “when I discovered that people have started to suffer for clean and affordable water, I came to this water-find which I believe will serve a long way this year” he said. All residents in the Kamabala Community depend on this water for both their drinking and domestic use as confirmed by Sieh and the Chief of the community. Sieh said he dug the well so that he can save the health problem of the community.

Even the school going children like Rugiatu get the taste of water shortage in Kamabala, Northern Sierra Leone

Even the school going children like Rugiatu get the taste of water shortage in Kamabala, Northern Sierra Leone

A 45 year old Fudia Conteh said “this water source will soon dry up and after such; we will start to fetch water at the tap provided through the assistance of a local NGO in the district.

But all these taps are not reliable for the community. The Banekeh River is dividing Kambia and Bombali Districts and it is also flowing North of Kamabala settlement. When the tap water and some major water source in the community dry up, the only source for the women at the peak of the dry season is to walk a distance of 4km to get water for their homes. “Even if you want to cook or drink, you must walk this distance to get water or else you stay with none” the 45 year old Fudia said. She said “the water is not clean but it is the only source which has been keeping us alive for the past thirty years”.

A 25 year old house wife, Sallaymatu Kargbo also confirmed that there is no other means of getting clean water for the community and because of this situation they must adopt to the water system. They are used to drinking red-dish water in the community with no official health problem reported from them. “We have no way to do” she said.

School going Children in the Kamabala Community will first fetch water for their parents in the morning and probably wash their mouths at the water well before they can think of going for their schooling on week days. If they try to avoid such task for a day, they will be meted with a lesson that they will never forget in their life time. “I fetch water before going to school and after school also” a class 4 school pupil said.

The official service providers for water supply in Sierra Leone are the government owned Guma Valley Water Company in Freetown and the Sierra Leone Water Company (SALWACO) and the Local Councils. With a new decentralization policy, embodied in the Local Government Act of 2004, responsibility for water supply in areas outside the capital city was passed from the central government to local councils.

Official reports at the Sierra Leone Water Company indicates that as of 2012, SALWACO only provides piped water in Lungi in the Port Loko District, Makeni in the Bombali District, Bo and Kenema districts and was in the process of providing for residents in part of Pujehun and Koinadugu Districts. Officials at the SALWACO and Local Council in Kambia out of anonymity revealed that there is yet no ways for providing pipe-borne water in many major towns of Kambia District, not to mention of smaller ones. The Water Company is supposed to transfer water service provision to Local Councils and this has not happened so far because of little capacity to do so.

There are still many people in the world that still do not have sufficient access to safe drinking water. Official United Nations report indicates that about 884 million people don’t have access to clean water of which about 340 million people live in Africa.

Globally and on a daily basis, 200 million hours of women’s time is used in fetching water and official statements indicate that this leaves them extremely vulnerable.

Results also highlight that 3.6 million people die annually from water-related diseases. Sub-Saharan countries only store 4% of their annual renewable flows. Compare to 70-90% in developed countries. In Sierra Leone, the Government of President Ernest Bai Koroma has just separated the Ministry of Energy from the Ministry of Energy and Water Resources to further responsible for water and sanitation policy in the country.

With the unavailability of plastic and bottled water supply in the rural town of Kamabala, it is not yet clear when these rural women will stop drinking red colored water that has great potential of making them and their children get sick.

Besides the fact of the government Sierra Leone’s key and importance role towards ensuring clean and affordable water for its citizens in the country, sons of the soil of Kamabala may come in for assistance towards this trend. The town itself is a producer of prominent descendants presently living in the city with some working and holding vital positions at the University of Sierra Leone and the National Revenue Authority but they hardly come back to the village and help to the water or whatever assistance the Community may need.

Definitely and most certainly, if all these personalities come out and start mobilizing to save their Community, the crisis the Kamabala is facing will obviously be a thing of the past one day and rural women will breathe a sigh of relief.

Written by Ishmael Kindama Dumbuya with fellowship from the West Africa Water and Sanitation Journalists Network and partnership from WaterAid, and the Water Supply and Sanitation Collaborative Council. Email: kindamadumbuya@yahoo.com, Mobile: +23276897169

 

 

January 19, 2013

$8 million Water Project: 300 taps for Kambia

By Mustapha Sesay, Water and Sanitation Media Network Sierra Leone

Residents of Kambia Town, northern Sierra Leone have commended the Government of Sierra Leone for providing them with pipe -born water after forty years to address the acute shortage of water and reduce the spread of water born diseases.

The Kambia Water Supply Project was made possible through a grant -aid from the people of Japan as a token of friendship and corporation to the tune of eight million dollars through the Japan International Corporation Agency (JICA).

ALWACO and JICA Officials testing some of the  taps in Kambia Town

ALWACO and JICA Officials testing some of the taps in Kambia Town

Officers of the Sierra Leone Water Company (SALWACO), the Contractor of the Kambia Water Supply Project Dai Nippon Construction Japan and the Consultants from Eight-Japan Engineering Consultants Incorporated have ended a working visit to the completed Kambia Water Supply Project, installed distribution network and staff quarters.

Briefing the delegation the SALWACO Kambia District Engineer Yankuba Tarawalley said the Kambia water supply project is now ready for use by the local authorities.

He said the source of water for the Kambia Water Supply Project is the Kollenten River, which provides a treated water of 1,200 cubic meters of water per day to an elevated tank of 400 cubic meters.

The SALWACO Engineer said the project constructed three hundred taps of one hundred stand post at a distance of 100 meters range, he added that the 2,300 household have also been registered to enable them benefit from the pipe born water.

 The JICA project Manager Kazumi Matsuda said the Kambia water treatment plant and its distribution network has state of the art technologies that ensure the delivery of safe drinking water to households.

He said the treatment plant has an automated system that diagnosis faults on the machinery as local staff will also be trained on the use and maintenance of the Kambia water supply facilities to ensure sustenance of the project.

The Ag. Director General of SALWACO Victor Hastings Spaine after a conducted tour of the facilities said the Kambia Water Supply Project is one of the best in the country and calls on Kambia residents to embrace the project.

He said SALWACO will provide seed money for the commencement of water distribution within the Kambia Township for a period of three months and called on the Kambia Local Council and the water management Board to support the project.

The Ag. Director General of SALWACO Victor Hastings Spaine also stated that his company will also provide technical and managerial assistance towards the Kambia water supply project and also promised to construct toilet facilities within the project site.

The Chairman of the Kambia Water Supply and Sanitation Board Ibrahim S. Njai said the people of Kambia have not received pipe born water for the past forty years and assured that the water project will be sustained for the benefit of residents.

He appealed to the Management of SLWACO for a continued support towards the water supply project and to also train the technical staff of the project for the use and maintenance of the facilities.

Mr. Ibrahim S. N’jai also appealed for transportation in the areas of vehicles or motor bikes as the Kambia water supply project site is a long distance from the township.

The Chief Administrator of the Kambia District Council Victor Kalie Kamara expressed thanks and appreciation to the government of Japan and SALWACO for their support and pledged council’s determination to provide a subsidy towards the water project to ensure its sustenance.

A resident of Kambia Town who runs the council’s restaurant Adama Turay said the Kambia water supply project is a blessing to the district as they have been suffering to get pipe born water for years which also costs them a lot of money to buy packet water for drinking and domestic use at their homes.

She said they are willing to pay for the pipe –born water provided by the Kambia Water Supply Project as it will reduce the financial burden on families and also deaths on water born disease related ailments.

 This article is produced by Water and Sanitation Media Network, Sierra Leone Chapter in partnership with West Africa WaterAid and Water Supply and Sanitation Collaborative Council.

January 19, 2013

Sorie Town battles with Water shortage

By Salifu Conteh, Water and Sanitation Media Network S/L

The world’s great Philosophers after critically studying the significance of water in the daily sustenance of humans as they patch to find it, hold the fact that this natural substance is the main nourishment of life. This accepted fact has become the universal truth and its shortage or inaccessibility or affordability has become a global concern.

As the population continues to grow, the search for water not mentioning it purification and hygiene unabatedly continues to hit the world. Many qualities have been couched or converted about water and all these when critically looked at, it worth its meaning, and candidly there is nowhere in the world, where the use of water is not visible or on the contrary its shortage creates an herculean problem which can be easily seen on the faces of the victims.

The trek for pure water is slowly becoming very difficult for the world population breeding in bad sanitation which at the end gives birth to the acute health hazards. Pure drinking water and proper sanitary system are like two bed fellows and the lack or shortage of one leads to unwanted problems, forms part of the world’s Human Development Index which is globally now an impetus used to rate a country or nation.

The Donwell constructed close to a running gutter in the Community

The Donwell constructed close to a running gutter in the Community

Pure drinking water and improved sanitation is the backbone for proper health system and better living standard, as scientist have confirmed that a healthy body system can ably resist any incoming virus that may wants to invade the body. Meaning, especially in the third world countries (predominantly Africa) communities has the zest for pure drinking water and good sanitation many of these deplorable community despite the frantic efforts of the government suffers the brunt for proper water.

Though some have attributed such mishaps to the location of such community but the underlying note is that access to proper water and sanitation for every human being is a must and it absence is a violation and the consequences could not over emphasized, taking into cognizance communities like the KrooBay, Moe Wharf, Big Wharf, Sorie Town, Sumaila Town among others. It will be interesting that it is opined that water comes down from the hill up to the flat land, interestingly in some of these communities it is the reverse as the hillside areas which supposed to spill fresh water are the most affected and most deprived, investigations have shown that any outbreak will be disastrous especially for the children and lactating mother.

Taking a leg walk to the Sorie Town Community, back of the Pademba Road Maximum Prison, underlying the foot of the Fourah Bay College in the western area surrounded by Dwarzak Community, Sumaila Town Community etc., the patch for pure drinking water is alarming and touches the hearts as little children, pregnant women and others carrying containers trekking miles for water.

It has been like this for the past twenty-five(25) years now in this community leaving people somber  each day. The community is predominantly dominated by the third largest group in the country situated at Ward 375 Constituency 106 in the Central part of Freetown. The accessibility and affordability to pipe borne ware to them is impossible. Every year the period between December and the next rainy season is met by hordes of men, women and children scampering helter skelter at every hour of the day and night in search of clean drinking water.

When it rains the community piles all their utensils for water to easy the day’s trek, no matter how much.

Investigation revealed that the community initially source water from bore holes which they normally used for domestic purposes and trek miles in search of drinkable water.

According to information, some people who could not make it for drinking water had no option but to use those bore holes water to drink. ‘We’ve used to the water and we preferred them than the water. In fact it ease the burden of trekking miles away for a container or bucket of drinking water’, an old woman told me. She said, her age would not allow her to cover those distance for pure drinking water unless from the bore holes few yards from her house which she uses and she never complaint about any illness.

The dried water running site at Sorie Town

The dried water running site at Sorie Town

Mamie Ndeamor, further said, prior to this period when she and her late husband first settled in the community water was not a problem as there was fresh and good water running from the hill top. The surrounding communities were even jealous of Sorie Town as they usually come to fetch water from the community. It was because of the sufficiency of water in the community, lures inhabitants to engage in farming as most of the fresh leaves and crops were coming from Sorie Town.

Appallingly as things unraveled and with the influx of people putting structures everywhere without proper planning and preservation of the catchment areas the water has dried up and the site is almost like a dumping site oozing out little water.

It is sad, a young girl intimated this press, that during the dry season when the bore holes and dug out wells is dried people queued in those areas to fetch water.

Faced with such alarming situation, the community which is almost over populated dug out series of wells approximately closed to the narrow gutters for water and most of these wells the water there are not hygienic for human being. This menace affects most of the youths and school going pupils who had to tote a gallon or more depending on the size of the family everyday up and down the hill. For the school going pupils, they had to wake up very early in the morning in search of water and sometimes missed their first periods in class, whilst other get hits by motor bikes, for the young girls even get pregnant along the line since they have to trek miles and hours to fetch water before and after school. It is a serious problem in the community.

Joseph Turay, a middle age man, said the water problem in the community is not a new thing as it has been the usual talk and they have made many moves for an improvement but to no avail. He added that the politicians who normally visited the community are au- fait with these problems but have failed to help as they usually make vague promises. Prior to this period, a certain politician started the construction of a proper water system, but ceased to continue the work because the community refused to vote him as honourable Member of Parliament. ‘Basically, the project was like abate for the community people undertaken by the then politician’ he emphasized.

The Donwell, which is the major source of water in the community, was constructed this year by on Mr. Gerbar to salvage the problem. The well  though below the hygienic standards is always over crowded as community people both young and old had to throng with their containers to fetch  water back home in order to save time off the miles trek for water. But the million question that runs down the mind is how pure is the water since it is coming from an open well, is it normally treated by the community or the Health and Sanitation Ministry?. Suffice to say that many of our wells in the different communities round the country only received treatment when there is an outbreak, like the cholera outbreak that engulfed many lives.

The plight faced by the Sorie Town Community, is also visible in the other surrounding communities like the Sumaila Town, Dwarzak among others, where people had to walk miles off their houses to fetch water for diverse purposes. Visiting these communities will you will feel poverty, therefore one would not bother to talk about the purchase of packet water.

It will interest readers to note that despite the suffering of the people, there has not been any proper community mobilization and advocacy programmes put in place for pure water system in the community, neither from the government nor donors. And the looming danger is, had there been any outbreak of disease likes the cholera which had left nearly many homes in tears, it will be disastrous. Secondly, because of the unchecked encroachment of catchment areas the country will soon be faced with serious drought and there is also the possibility of landslide in these areas if nothing is done speedily. Meaning, it is not just about water insufficiency but the possibility of herculean problem hovering the communities in this country.

For instance, the slums areas, KrooBay, Big Wharf, Moa Wharf, Kanikay Wharf among others where people are using sticks and stones to bank the sea water, no pure drinking water, no proper sanitary system etc. had there been any flooding as happened elsewhere in the world it will be disastrous.

Coming back to my case study, which is Sorie Town, due to the unhygienic water, dug close to gutters and the poor sanitary system, the most prevalence disease in the community is Typhoid and Malaria. For the little children, they most often died of diarrhea and vomiting, not to mention pregnant women who normally gave birth under strenuous conditions. Many of those, whom this author was fortunate to run through (especially school going pupils) expressed their frustration and disappointment on the undue suffering they are faced with in search of pure water, which seriously affects their studies.

It is obvious, that there is an urgent need for government through the line Ministries to come up with a comprehensive programme of action to adequately address the crying needs affecting the hillside and hilltop communities. ‘What we need is for government to take on Water and Sanitation with a sense of urgency and make it a national concern’ a young school girl emphasized.

This article is produced by Water and Sanitation Media Network, Sierra Leone Chapter in partnership with West Africa WaterAid and Water Supply and Sanitation Collaborative Council .

January 19, 2013

Government must focus on WASH Situation at Allentown

BY SAHR DUMBAR MATTURI, Water and Sanitation Media Network S/L

Allen Town community is said to be one of the fastest developing communities on the outskirt of the City in the Western Rural Area. It has the fastest growing population who are affected with the accessibility and affordability of pure water and good sanitation.

This community is located along the Freetown –Waterloo Highway, approximately, thirteen miles from the capital city and divided into two half that is the lower part and upper part.

In the lower part of Allentown, most of the residence depends mainly on swamp water fetched from the wells as most are unable to access pipe borne water.

Visiting the community in the dry season, it will astonish one to see lots of people moving with rubber gallons from one point to another in search of pure drinking water.

Sanitation and Hygiene is another worrisome issue as there is a major area where a pit toilet and a borehole are very closer, this in effect affects the health statues of most of the people in the community. Those living along the valley are prone to deceases as waste materials are deposited in the  lower part of the stream which is later used by others.

Big water Well at Ojoku Community

Big water Well at Ojoku Community

One major source of water that is exhausted by thousands of people within the community and it surroundings is the “Big Water well” and in an interview with Amadu Kamara (Papay) the Care taker of the well, said most people from Portee, Brima Lane, Calaba Town and Allentown usually form a long queue to secure drinking water during the dry season. This is so in these communities simply because the Big water well for the past years now has been the main source of fetching pure drinking water. This implies that for one to get at least a gallon you need to wake up early or stay behind very late for a gallon. This trek affects many people and cause unwanted death and problems within the community. Interestingly, he went on the each of these surrounding communities have a large population and the well frequently dried up and this worsen the situation in these communities as the only alternative left is for them to revert to fetch untreated waters in their different communities.

 He further stated that the well was dug years back to salvage the water scarcity in the community. Today with the quest for affordable water to deprive and marginalize communities, Mr. Kamara is calling on development partners to help improve the status of Big Water Well.

In an interview with Chief Pa. Alimamy Sankoh  of Lower Allentown, he disclosed that access to pure drinking water is a major challenge as their main  source of drinking water is the Big Water Well. The Orogu Dam which was dug as an alternative or supplement to the big water well is not effective as the water there can’t serve the community especially those in the Upper Allentown area.

It is unfortunate that children most often involved in accident as they get encountered with vehicles along the highway whilst trying to cross to the other side to access pipe born water, which most times is hard to locate only they damaged running pipes belonging to private houses or government quarters.

Chief Pa. Alimamy Sankoh concluded by urging well meaning organizations, Government and Health Development partners for support as the community grows in a very unprecedented manner. He said the community is predominantly crowded with women and children who are the most affected in all the hazardous happenings engulfing the community.

 This article is produced by Water and Sanitation Media Network, Sierra Leone Chapter in partnership with West Africa WaterAid and Water Supply and Sanitation Collaborative Council.

January 17, 2013

Hillside Residents frown at poor water supply

 

By Salifu Conteh

Water and Sanitation Media Network Sierra Leone

Residents of the Hillsides and Hilltops communities in Freetown have registered their infuriation on the spate of water shortage and poor Electricity supply facing their respective communities of late. The aggrieved residents who have been battling with this menace condemned the undue suffering in accessing pure drinking water and frequent blackout engulfing them, heaping the blame on the ministry who for the past days has refused to explain the reasons.

Mariama Jalloh, a suckling mother resident at Ginger Hall said they been without electricity for the past months now and very close to each month, workers from the National Power Authority brings a huge bill, not to talk about the shortage of water in the community which is almost as old as most of the indigenes of that community. ‘Every year between December and the next rainy season, residents in the capital city are met by hordes of men, women and children scampering here and there every hour of the day and night in search of clean drinking water. Sometimes we had to damage other people’s water pipe in the main line or dug wells that are not hygienic in a bid to fetch water’, Mariama said.

A pregnant woman who was carrying a five gallon container of water, Rugiatu Kamara said it is incumbent on the government to reintroduce the water tankers system to supply large crowded communities, if not everyday but twice or thrice a week to ease the burden of water shortages in the communities. She said, water is very important in one’s life and it is prudent for it to be accessible to all, it inadequacy should not be treated with levity by any individual or the state as it endangers the very existence of life. She added that government should also come up with a programme of action to address the issue of water and electricity adequately before it goes out of control. ‘We can’t be suffering in silence and on monthly bases pay bills for blackout, this is unfair’ she stressed.

Sources from the corridors of the Ministry said, some of the pipes are outdated and needs to be changed even the water dam at Babadoriee do not have sufficient reserve for residents in the city, with regards the power supply, it went on of late most of the transformers do encounters problems in the different communities.

Talking to a group of community people at Sumaila Town, noted that the main thrust of water shortage is due to lack of adequate storage facilities in the country as the very Guma Dam can no longer supply the quantity of water needed and most of the pipes are worn-out pipe that damaged on a daily basis by either vehicles or the people themselves when panting for water, adding that, even Guma sometimes have the culture of not repairing some of these worn-out and damaged pipes, and a times entertained illegal connections.  Citing a particular locality in the East End of Freetown, that is Kuntulor where the usual a lantern light is brighter than the electricity supply that comes after every forthnight, not to mention appliances.

This situation is seriously hitting the city and government needs to set up to salvage this menace before it is too late.

This article is produced by Water and Sanitation Media Network, Sierra Leone Chapter in partnership with West Africa WaterAid and Water Supply and Sanitation Collaborative Council .

hillside

 

 

January 11, 2013

Félix Adégnika, expert eau/assainissement: «Il faut une politique et une stratégie spéciales pour faire face à la problématique de l’accès à l’eau potable et à l’assainissement des zones lacustres et périurbaines»

Felix Adégnika.1Au Bénin, les communautés qui vivent dans les zones lacustres et périurbaines ont difficilement accès à l’eau potable et aux toilettes. Compte tenu de la particularité de ces zones, l’Etat et sa stratégie nationale ne les prennent pas en compte. Dans le plaidoyer que fait l’expert en eau et assainissement, Félix Adégnika dans cet entretien, il appelle à un programme spécial pour voler au secours de ces populations défavorisées. Pour lui, des technologies adaptées doivent être trouvées pour réponde aux défis que présentent ces zones. C’est tout simplement une question de justice au regard du droit à l’eau et à l’assainissement.

 

On constate depuis un certain nombre d’années que les populations des zones périurbaines et des zones lacustres sont laissés-pour-compte en matière d’accès à l’eau potable et à l’assainissement. Quelle est votre appréciation par rapport à cette situation ?

 

C’est la situation en réalité que vous venez de dépeindre. Les zones marginalisées et défavorisées sont effectivement les zones périurbaines et les zones lacustres. Parce que la stratégie que nous avons au Bénin, ne prend pas en compte ces zones et les communautés qui y vivent. L’argument que les gens avancent, c’est que ce sont des zones difficiles, des zones non structurées ou l’on ne peut investir pour qu’après, on revienne tout changer. Mais, c’est faux. Je vous dis qu’on peut adapter à chaque zone, une technique ou trouver des technologies appropriées. Ceux qui vivent dans ces zones sont des Béninois à part entière et donc, ne sont pas entièrement à part. Il y a des technologies adaptées à toutes les situations. Et donc l’Etat devrait œuvrer avec ses partenaires pour que ces zones-là soient couvertes. L’essentiel, c’est d’avoir une stratégie spéciale. A partir du moment où vous avez une documentation qui présente la difficulté de ces zones, vous aurez des bailleurs de fonds pour vous financer. Par exemple, la Banque d’investissement a accepté appuyer la ville de Cotonou pour permettre les extensions vers les zones périurbaines. Alors que la SONEB disait qu’elle ne peut pas mettre ses installations pour qu’après quand on va restructurer, qu’elle ne puisse récupérer ses tuyaux et autres. Pourtant, les communautés qui y vivent vont consommer et payer la TVA et comme cela, tout le monde gagne. L’Etat doit en conséquence avoir une politique et trouver les ressources pour ces personnes défavorisées.

Sur le terrain, on constate qu’avec le manque d’eau et le mauvais assainissement, que ces populations paient beaucoup pour se soigner. Vous pensez qu’il faut sensibiliser davantage les autorités centrales et locales sur cette problématique ?

Je pense que les autorités ne mesurent pas tous les contours du développement. Comme vous l’avez souligné, ce sont les populations de ces zones défavorisées qui achètent l’eau plus chère parce que l’eau étant un bien vital. Elles sont obligées de parcourir de longues distances pour s’en procurer. Le plus dangereux, c’est 44 jours de maladie par an. Mieux, une personne malade dans une famille du fait de l’absence d’eau et qui doit acheter des médicaments, cela affecte le travail quotidien de 5 autres membres de cette famille. En termes de coût financier, c’est important et c’est le développement qui prend un coup. Si vous calculez ce que l’Etat va mettre pour donner l’eau et ce qu’on gagne en retour en termes d’heures de travail, de stress, de médicaments, c’est l’Etat qui gagne. Malheureusement, nos autorités n’ont pas encore compris l’intérêt de fournir l’eau et d’assurer le bien-être de ces populations. Ce qui encore relève d’un devoir constitutionnel.

Avez-vous un message à l’endroit de ces autorités centrales, et aussi des autorités locales qui ont aujourd’hui la compétence en matière de fourniture d’eau potable ?

Vous me donnez l’opportunité de m’adresser aux autorités locales, plus particulièrement aux maires. Je suis convaincu qu’ils peuvent faire plus qu’ils ne font aujourd’hui. Quand on prend l’exemple des pays développés, des pays où ils vont chercher l’argent, ce sont ces maires qui s’investissent dans la fourniture de l’eau et de l’assainissement. Ce sont des services qu’ils ont l’obligation de rendre à leurs populations. En milieu rural, c’est surtout sur l’eau qu’ils seront jugés. En milieu urbain, c’est surtout l’assainissement, la gestion des déchets. Donc, les maires doivent savoir que c’est sur les services essentiels qu’ils rendent aux populations qu’ils seront jugés. Je pense qu’il y a une opportunité aujourd’hui. Le monde est en train d’évoluer et ils gagneraient à s’investir dans ces domaines porteurs pour le bien-être des populations. Aux autorités centrales, il y a un problème. Il faut qu’ils puissent permettre que le droit à l’eau soit une réalité dans notre pays.

Propos receuillis par Alain TOSSOUNON

January 10, 2013

Hygiène et assainissement de base: L’insalubrité fait des dégâts à Vecky Dogbodji


Photo Article VirgilAssainissement de base quasi-inexistant. Des latrines insuffisantes, des animaux en divagation. Bouses de vache et autres fientes d’animaux jonchent le sol ; de la boue, etc. Voilà l’image que présente le village lacustre de Vecky Dogbodji. Avec de nombreux préjudices.

A. P. Virgil HOUESSOU

« Le village est sale, il y a des tas d’ordures et des fientes d’animaux partout. C’est pour cela qu’il y a des cas fréquents de paludisme », indique Hubert Ahouansou, instituteur à l’école primaire publique de Vecky Dogbodji. « L’année dernière, un enfant atteint du paludisme n’a pas pu terminer l’année. Cela a joué sur sa scolarité », regrette-t-il. « Je n’ai même pas encore pu payer la totalité des frais liés aux soins donnés à mon enfant, il y a moins d’une semaine », fait remarquer Rémi Tognini, le gestionnaire de la fontaine. « C’est la maladie la plus fréquente ici », déclare Solange Godonou Dossou Kokoyè, infirmière. Elle attribue la cause à l’environnement insalubre qui est favorable aux moustiques ». Aux alentours du seul point d’eau, à une dizaine de mètres de la rivière, des cochons en divagation se tortillent dans la boue mélangée aux fientes de divers animaux. Une odeur nauséabonde et pestilentielle alourdit l’air. « Rien que pour l’entretien de l’environnement immédiat du point d’eau, personne ne m’a jamais écouté. Imaginez ce qui en est des fientes d’animaux qui envahissent le village entier et rendent nos enfants malades parce qu’ils doivent ramasser chaque matin les bouses vaches et de bœufs avant d’aller au cours », fait observer Rémi Tognini. La cour de l’école primaire publique de Vecky Dogbodji étant tapissée chaque nuit de bouses de vache. « Le fait que les enfants ramassent les bouses de vaches a pour conséquences les maladies dont ils souffrent et nous enregistrons souvent de nombreux cas par semaine », soupçonne Hubert Ahouansou.

Vecky Dogbodji est un parc d’animaux pour l’ensemble de la commune de Sô-Ava. « Ce sont les gens des autres localités qui nous inondent d’animaux. Et c’est dangereux parce que ces animaux sont en divagation, défèquent partout. Ce qui peut polluer l’eau », s’énerve Yvette Anaboui, ménagère. Les nombreuses démarches vers les élus locaux notamment la mairie n’ont pas connu de suite. « Il faut que la mairie agisse très vite. Ce n’est pas pendant les élections qu’il faut se rendre compte de notre existence », lance le chef du village de Vecky Dogbodji qui demande aux députés et aux conseillers communaux d’effectuer une fois par mois une visite dans les villages pour vivre et découvrir la réalité. « Quand il en parle et qu’il n’y a pas de réaction, il abandonne. Même lui, le chef de village, possède des animaux », dénonce Yvette Anaboui. Elle soupçonne une complicité avec les propriétaires d’animaux qui refusent de construire des enclos pour parquer leurs animaux.

Le péril fécal aussi…                                                                                                                                                 

A l’insalubrité due aux activités d’un élevage incontrôlé, s’ajoute les questions d’existence et de pratiques d’infrastructures d’assainissement. La pénurie est criarde dans l’ensemble de la commune de So-Ava. « Nous n’en avons pas. C’est pourquoi nous allons dans la brousse. Aux alentours immédiats des concessions », précise le chef de village. Si à Vecky Dogbodji, on peut compter seulement deux blocs de trois ou quatre latrines (à l’école primaire et au marché). Ailleurs, il n’y en a pas du tout. « Lorsqu’il y en a, les enfants refusent d’aller aux latrines et il faut les forcer », expose Hubert Ahouansou, instituteur. C’est encore plus grave pendant la période de crue où ils n’ont pas du tout accès aux latrines.  Cela justifie une augmentation du nombre de malades de diarrhée pendant la période de crue», notre l’infirmière. « Les populations de So-Ava, lacustres, n’avaient pas l’habitude des latrines qui sont d’ailleurs insuffisantes », avoue Aminou Atidékoun, Chef Service Eau Hygiène et Assainissement de la mairie pour justifier le manque d’intérêt des populations pour les latrines.

Les différentes sensibilisations n’ont pas eu de résultats. « Nous sommes très peu écoutés en tant qu’enseignants. Quand vous en parlez, les gens pensent que vous vous érigez en donneurs de leçons à cause des pesanteurs sociaux. Ce qui fait que les écoliers qui reçoivent les cours d’hygiène à l’école ont du mal à attirer l’attention de leurs parents sur ces faits au risque d’être brimés », s’inquiète impuissant l’instituteur. L’élaboration du Plan d’Hygiène et d’Assainissement Communal (PHAC) et du Plan et leur exécution constitue désormais l’espoir pour toute la commune.

January 10, 2013

Villages lacustres de Vecky: Si près et si loin de l’eau

L’eau potable existe à Vecky. Mais, elle est malheureusement encore mal distribuée et en quantité insuffisante. Les populations s’adaptent aux contraintes diverses avec de nombreuses conséquences sur les plans sanitaire, social et économique.          

A. P. Virgil HOUESSOU (RJBEA/Bénin)Article 1 Virgil

« Devant moi les gens abandonnent l’eau potable de la fontaine pour boire l’eau de la rivière, même quand je leur refuse cela ». C’est visiblement résignée et impuissante que Solange Godonou Dossou Kokoyè, infirmière au centre de santé Béthel de Vecky Daho, expose son désarroi face aux comportements des populations. Depuis vingt ans, elle est témoin de ce paradoxe pendant chaque période de crue. Notre entretien se déroule à une dizaine de mètres du cours d’eau, un groupe de gamins barbote dans la rivière. A quelques pas, une maman se lave avec son enfant au savon et y fera sûrement sa toilette intime. Sur et sous cette même eau de la rivière, circulent, par des pirogues cargo, des bidons d’essence de la contrebande en provenance du Nigéria. Des débris de tronc d’arbre et des détritus ménagers planent sur l’eau  et jonchent les abords immédiats de l’eau. Le retrait très récent de la crue a laissé sur l’ensemble de la berge, un mélange de boue et de bouses de bovins qui dégage une odeur fétide. Pendant la période de la crue – d’août à novembre de chaque année – de nombreuses personnes laissent l’eau potable de la pompe pour se servir de l’eau de la rivière pour toutes sortes d’usage domestique. Même pour la boisson. « Selon eux, si on dit que l’eau de la fontaine n’est pas salée et qu’on la considère comme potable, il n’y a pas de doute que l’eau de la rivière ou du lac qui n’est pas non plus salée, mais douce pendant la crue, doit être aussi potable », explique l’infirmière. Rémi Tognini, le gestionnaire du seul point d’eau potable des deux villages, appuie sans étonnement : « C’est une pratique fréquente chez nous », dit-il en se référant à l’histoire du village et du forage de la fontaine. Joachim Hègbé, Chef du village de Vecky Dogbodji, raconte: « Avant que l’archevêché de Cotonou ne vienne nous faire ce forage, il y a vingt ans, c’est un bas-fonds appelé ‘’Dan-to’’, creusé par nos grands-parents, un peu loin du canal, qui nous fournissait de l’eau pour tous types d’usages». « Cette eau était souvent trouble ou bien tarissait en saison sèche. Ce qui conduisait nos parents à recourir à l’eau du canal pour suppléer au manque », poursuit-il. La tendance à adopter encore aujourd’hui ces mêmes habitudes laissent des dégâts. Des dizaines de cas de diarrhée sont observées lors de la dernière de la crue, reconnaît l’infirmière. « Hors période de crue, nous ne recevons pas des cas de diarrhée liés à l’eau », avoue-t-elle. Le Chef du service Eau, Hygiène et Assainissement  de la mairie de So-Ava compte sur les partenaires techniques et financiers pour aider à l’élaboration d’un plan pour servir de guide de sensibilisation.  En attendant, la résistance continue malgré le temps et aux séances de sensibilisation animées par les ONG sur l’eau potable et l’assainissement.

De l’eau insuffisante et mal distribuée

Une résistance que favorise aussi la faible couverture en eau potable des villages de Vecky Dogbodji et de Vecky Daho. Une seule fontaine – presque centrée entre Vecky Dogbodji et Vecky Daho, distants de moins de cent mètres et séparés par la rivière Sô – pour servir plus de …….. âmes réparties entre plusieurs villages de part et d’autre des deux rives. Les difficultés d’approvisionnement sont alors nombreuses. « La fontaine est à un seul endroit et il n’y a pas de canalisation », se plaint Rémi Tognini. Certaines personnes viennent de Vecky Nouvi, à deux kilomètres de la fontaine pour s’approvisionner par la pirogue.  Des bagarres naissent souvent entre les femmes et entre les enfants. Des bagarres qui menacent même parfois la cohabitation entre les villages bénéficiaires. « Aux heures de pointe, les matins et les soirs, tout le monde veut se faire servir au même moment et des conflits naissent », témoigne le gestionnaire de la fontaine. Pour éviter ces conflits, une ramification artisanale est faite vers un point d’eau annexe au milieu de la rivière. Ce qui facilite la tâche aux populations de Vecky Daho et ailleurs se servent de pirogues pour l’approvisionnement en eau. Malgré cela, l’absence du chef de famille, aller loin sur le lac pêcher des poissons avec la pirogue, amène les femmes et les enfants à se servir de l’eau du canal pour les besoins. La situation devient plus complexe quand l’eau de la fontaine cesse parfois de couler – la source d’énergie pour son fonctionnement étant un panneau solaire de faible capacité qui tombe très souvent en panne. Pas de soleil donc, pas d’eau donc. La fontaine n’étant pas gérée par la communauté, mais par l’archevêché, il faut attendre la décision des autorités religieuses. Recours donc aux corvées d’eau par la pirogue. Cap est mis sur les sources alternatives d’eau potable à Ganvié, Sô-Tchanhoué, Sô-Zounko, Sô-Ava. Plusieurs kilomètres à parcourir, un rationnement de l’eau potable. «  Il nous faut quatre heures pour l’aller-retour et nous devons payer les piroguiers. Cela revient donc cher », avoue Bina Avocètien, une ménagère. Le chef du village l’appuie « Quand il y a panne, c’est l’eau du canal que nous essayons de désinfecter avec de l’alun pour la boisson et les besoins domestiques. Pour ceux qui n’ont pas une pirogue ou les moyens financiers d’aller s’approvisionner si loin, c’est le recours immédiat à l’eau de la rivière ». Parfois sans désinfection. L’absence de l’eau a aussi des répercussions sur l’économie locale. Yvette Anaboui, ménagère, vend du thé et autres divers pour subvenir aux besoins de la famille « Sans eau, il n’y a pas de thé à vendre. Le temps de perdre quatre heure pour aller chercher de l’eau le matin agit sur le service aux clients et mes revenus diminuent », reconnaît-elle.

L’espoir est permis…

Face à ce tableau sombre que présente Vecky, entouré, comme tous les autres villages, par la rivière Sô, le fleuve Ouémé et le lac Ahémé,  Aminou Atindékoun, Chef Service Eau, Hygiène et Assainissement de la mairie de Sô-Ava, établit le contraste : « Sô-Ava est une commune lacustre où l’eau ne devrait pas poser problème, mais notre problème majeure, c’est l’eau ». « Nous n’avons pas de l’eau de qualité », poursuit-il. La plupart des infrastructures de fourniture d’eau potable érigées dans la commune – d’ailleurs insuffisantes – sont en panne. Le taux de desserte de la commune en eau potable est de moins de 19% contre une moyenne nationale de 62%. Quelques initiatives en cours pourront changer les données dans les mois à venir. Fin novembre dernier, il y a eu la remise de chantier de 6 AEV pour renforcer la capacité d’approvisionnement en eau de la commune. L’ambition, selon le Chef service Eau, Hygiène et Assainissement est de parvenir à 40%. Mais par manque de moyens, la commune doit compter sur l’aide extérieure. Les partenaires techniques et financiers se faisant désirer.

 

 

 

 

 

January 10, 2013

Accès à l’eau et à l’assainissement en milieu lacustre: Le faible engagement des autorités locales

Assurer aux populations un accès équitable à l’eau potable et à un assainissement adéquat est encore une réalité non comprise par  les autorités de la commune de Sô-Ava. Dans cette localité lacustre, le secteur de l’eau et de l’assainissement est toujours relégué au second plan des priorités Les investissements consacrés au secteur restent encore faibles.

Bonaventure KITI (RJBEA/Bénin)Photo article Kiti

Dans la feuille de route de mise en œuvre du PDC (2007-2009) de la commune, la part des investissements consacrée à l’environnement (y compris le secteur de l’eau potable et de l’assainissement) s’élève à 37,4 millions de francs CFA sur 571,4 millions de francs CFA.  Soit un taux de 7% comparativement aux domaines de la gouvernance, du social et de l’économie qui engouffrent entre 49,7 millions et 317,7 millions. Des chiffres qui témoignent du peu d’intérêt  accordé à un  secteur aussi vital que celui de l’eau et de l’assainissement de base.. Pourtant, les taux d’accès à l’eau et à l’assainissement restent encore faibles.  Si le taux de desserte en eau potable est de 19%, celui de l’accès à l’assainissement n’atteint pas 10%.

A ce jour, la commune de So-Ava compte deux forages équipés de pompe à motricité humaine dont un en panne, quatre puits modernes, 48 bornes fontaines dont 4 en panne et 05 postes d’eau autonomes pour une population estimée à  101 975 habitants à partir du Recensement Général de la Population et par Habitat (RGPH 3). La commune est classée 7ème sur huit dans le département de l’Atlantique avec un taux de desserte de 19% contre une moyenne de 52% au plan départemental et 61,0% au plan national. Bien qu’étant donc située sur  l’eau, la commune de Sô-Ava manque encore d’eau potable.

Des autorités encore dans la profession de foi

A la mairie de So-Ava, interrogé, le chef service eau et assainissement, Aminou Attindékou, confirme le faible taux de desserte et revient sur le chemin de croix des populations encore en proie dans leur grande majorité au manque d’eau et de toilettes. « La situation en matière d’hygiène et d’assainissement est très criarde », raconte-t-il.  Ce que confirme Nicolas Tognini, habitant de Vekky Dogbodji.  « Dans le village,  il n’y a qu’une latrine pour le marché. Ici, on fait tout dans l’eau. Les ménages ne disposent pas de latrines et défèquent en plein air» déclare-t-il d’un air préoccupé. Pour se défendre, la mairie évoque la prise en compte de l’hygiène et de l’assainissement dans le Plan de Développement Communal (PDC) et dans le Plan Annuel d’Investissement (PAI). De même, une commission communale Eau et Assainissement créée et dirigée par le deuxième- adjoint au maire est évoquée pour marquer la volonté du conseil communal à faire face à la situation.

Mais, en dépit des déclarations, le ferme engagement des autorités locales pour sortir les populations de cette cité lacustre de l’angoisse de la soif et du manque de toilettes tarde à venir.

Car, dans la réalité, la part du budget communal affectée à l’hygiène et l’assainissement en 2012 est de deux millions de francs CFA sur 120 millions. Et ce, malgré les besoins pressants évoqués aussi bien par les autorités elles-mêmes que par les populations. A ce jour, la commune de Sô-Ava ne dispose pas encore d’un Plan d’Hygiène et d’Assainissement Communal (PHAC). Un document qui constitue un instrument de planification et de plaidoyer pour mieux trouver des solutions aux problèmes d’hygiène et d’assainissement des communautés de cette localité. Plus encore, il permet d’apprécier l’importance qu’accordent les gouverneurs locaux au secteur. Par manque de ressources propres, les autorités locales sont en attente des réponses des partenaires au développement à qui elles ont adressé des demandes pour l’élaboration du PHAC.  « Nous avons écrit aux Partenaires Techniques et Financiers. Nous espérons qu’ils vont se manifester », déclare le chef service eau et assainissement de la mairie. En attendant, le conseil communal donne des gages de sa bonne volonté. Conformément aux propositions de la commission communale Eau et Assainissement, la part du budget communal 2013 consacrée aux investissements dans l’assainissement devrait dépasser 10 millions de francs CFA soit un taux d’accroissement de 400%.  Mais, cela reste encore des prévisions et seul un ferme engagement des autorités locales peut contribuer efficacement à sortir ces communautés du stress de la soif et leur permettre de disposer de toilettes.

 Urgence à agir

Il est vrai que les activités économiques telles que la pêche, l’agriculture, le tourisme, le commerce et l’artisanat sont à promouvoir. Parce qu’elles constituent des potentialités devant contribuer à améliorer les revenus des ménages. Seulement,  le faible accès à l’eau potable et l’insuffisance d’infrastructures d’assainissement de base et d’hygiène  constituent des obstacles au mieux-être des populations et peuvent ralentir l’amélioration des revenus des ménages. Les questions  d’eau potable, d’hygiène et d’assainissement de base doivent à ce titre, être considérées au même degré de priorités que les infrastructures économiques.. Face  à la situation peu reluisante du secteur de l’eau et de l’assainissement dans la commune de Sô-Ava, d’importantes actions concrètes sont nécessaires voire urgentes pour répondre à l’insuffisance d’infrastructures d’assainissement et d’hygiène.   Bien que le concours des partenaires au développement soit encore nécessaire malgré les efforts consentis, il est temps pour les autorités locales de rentrer dans un partenariat public privé et de prendre en compte la durabilité financière  dans la mise en œuvre des actions Wash. Il faut donc mettre en place de meilleures politiques de bonne gouvernance et des mécanismes de financement efficaces. Ce sont des initiatives qui pourraient encourager la mise en place de crédits pour les Activités Génératrices de Revenus (AGR) dans le domaine de l’assainissement avec épargne pour la réalisation de latrines ECOSAN. C’est une option technologique d’assainissement qui semble adaptée aux zones hydrogéologiques difficiles comme celle du milieu lacustre de Sô-Ava. D’autres initiatives orientées en amont vers les actions de sensibilisation des populations pour une prise de conscience des risques sanitaires liés à une mauvaise hygiène peuvent être  une réponse aux problèmes en matière d’assainissement de base et d’amélioration du cadre de vie des populations.