Archive for March, 2014

March 27, 2014

Accès à l’eau potable dans le Djolof: Le ministre de l’Hydraulique annonce la construction de 28 nouveaux forages entre 2014 et 2015

Durant deux jours, le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Pape Diouf, accompagné d’une forte délégation- dont son collègue de l’Industrie et des Mines, Aly Ngouille Ndiaye – a sillonné les localités de Nibodji, Téssékré, Pitél, Touba Linguère, Amali  et Loumbi. Ce, pour s’enquérir de la situation des ouvrages relevant de son département mais aussi pour cerner les problèmes d’eau auxquels les populations de Linguère sont confrontés.

Durant son périple, le ministre de l’Hydraulique a constaté que la plupart des forages sont incapables de satisfaire la demande parce qu’ils sont vieux et datent d’avant 1960. Pour renforcer l’alimentation correcte en eau dans la zone silvo-pastorale, Pape Diouf a rappelé l’engagement du gouvernement sénégalais de construire 28 forages dans le Djolof  pour renforcer ceux qui existent déjà. Les forages de Loumbi, Téssékré, et Amali seront réhabilités pour améliorer la production, a annoncé Pape Diouf. De son avis, il est prévu des châteaux d’eau dans ces endroits pour mieux prendre en charge les villages polarisés et démultiplier les abreuvoirs pour permettre aux animaux de ne pas se concentrer sur un même point d’eau.

Etant donné que la gestion des forages connaît de réels problèmes et que les populations des différentes localités visitées la déplorent, le ministre de l’Hydraulique a demandé la privatisation de la maintenance. Car, selon lui, les gérants des forages ne sont pas bien formés dans la maintenance. Ce qui crée souvent des problèmes.

Au terme de sa visite, le ministre Pape Diouf a accordé un entretien aux Associations des usagers des forages (Asufor) qui ont étalé leurs conditions de travail très difficiles. Une rencontre au cours de laquelle Pape Diouf a pris l’engagement, de concert avec les comités de gestion des forages, de voir à la hausse les salaires des membres des Asufor.

Par Jacques Ngor Sarr/Sénégal

March 25, 2014

Autorité du Bassin du Niger: Un réseau de journalistes et communicateurs mis en place

Frédéric Gore-Bi (Abidjan)

L’Autorité du Bassin du Niger (ABN) a décidé de solliciter l’appui des journalistes et communicateurs pour mieux faire connaître ses activités et faire sa promotion auprès des usagers, a révélé, jeudi 20 mars, son expert en communication, Abdoulaye Kaya, au cours de l’atelier national de mise en place du Réseau de journalistes et communicateurs pour la promotion de l’ABN.

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‘’Nous sollicitons l’appui de la presse pour mieux faire connaître les activités de l’Autorité du Bassin du Niger et faire sa promotion auprès des usagers, car l’ABN souffre du manque de visibilité de ses activités qui sont peu ou pas connues‘’, a dit M. Kaya à l’ouverture de l’atelier national qui a regroupé des hommes de médias venus de toute la Côte d’Ivoire, et qui s’est tenue à Abidjan, la capitale économique ivoirienne.
‘’Porter le message et rendre visible les actions de l’Autorité du Bassin (ABN) telle est la mission que nous assignons à ce réseau de journalistes et de communicateurs dont nous avons ardemment désiré et contribué à la mise en place‘’, a-t-il déclaré.
M. Kaya a, en outre, indiqué que l’ABN veut véritablement ‘‘s’appuyer sur la disponibilité et l’apport des communicateurs afin de porter haut ses actions pour une large diffusion tant au plan local qu’au plan régional ‘‘ et mieux ‘‘faire sa promotion partout où besoin se fera.‘‘
‘‘Des plans de communication avec les moyens adéquats seront dégagés afin de mener à bien les objectifs que devra atteindre le réseau‘’, a-t-il ajouté.
Hilaire Doffou, coordonnateur régional du secrétariat exécutif de l’Autorité du Bassin du Niger (SE-ABN), a affirmé que ‘‘sa structure est en pleine réflexion depuis 4 ans pour trouver les mécanismes d’un financement durable afin de répondre aux attentes des pays membres ainsi que celles des populations dont les activités dépendent du Bassin du Niger ». Pour cela, « les hommes des médias seuls peuvent nous aider dans cette démarche’’, a-t-il admis.
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Cet atelier est organisé en collaboration avec le ministère ivoirien des Eaux et Forêts et devrait prendre fin le vendredi par une rencontre avec les députés de la deuxième législature de la deuxième République de Côte d’Ivoire, présidée par Son Excellence Monsieur Guillaume Soro dans un grand hôtel de la place.

Cette rencontre s’est achevée par l’élection par acclamations de Kanzli Mideh comme présidente des journalistes et communicateurs ivoiriens pour la promotion des actions de l’Autorité du Bassin du Niger (ABN).

 

 

 

 

March 25, 2014

Ratification de la Charte de l’eau: 120 milliards de FCFA d’investissements pour 4 regions de la Côte d’Ivoire

 Par Franck Ouraga (Côte d’Ivoire)

Le ministre des Eaux et Forêts, Mathieu Babaud Darret a ouvert le vendredi 21 mars à Abidjan un atelier d’informations et de sensibilisation sur la charte de l’Eau du bassin du fleuve Niger.

 DSC_6914Le ministre des Eaux et Forêts, Mathieu Babaud Darret a ouvert le vendredi 21 mars à Abidjan un atelier d’informations et de sensibilisation sur la charte de l’Eau du bassin du fleuve Niger. Cette session d’informations était à l’initiative des parlementaires et élus locaux de la portion nationale du bassin du Niger. Cette portion qui est située au nord-ouest de la Côte d’Ivoire, court sur 31000 km2, et concerne les régions de la Bagoué, du Folon, du Kabadougou et du Poro. Avec près de 800.000 habitants dans la zone. Mathieu Babaud Darret a souligné que la ratification, par la Côte d’Ivoire, de la charte de l’Eau devrait conduire à de nombreux projets dans la zone pour des investissements de l’ordre de 120 milliards FCFA. «Sur la totalité du Programme d’investissement (2008-2027), la Côte d’Ivoire bénéficiera d’un montant global de 101,3 milliards FCFA à travers la mise en œuvre de 36 projets (…) la Banque africaine de développement (BAD) vient d’approuver un Programme d’un montant de 20,5 milliards FCFA», a révélé le ministre. Et ces projets se déclinent en la construction de barrages, les aménagements de plaines, le développement hydro-agricole, de l’hydroélectricité et de la riziculture de bas-fonds. Sans oublier l’amélioration des techniques et pratiques culturales de l’agriculture non irriguée. C’est pour ces raisons, qu’il a rappelé les objectifs de l’atelier aux parlementaires. A savoir une sensibilisation en vue de faciliter l’appropriation de la Charte et aboutir à sa ratification lors du passage à l’hémicycle. Collins Ihekire, le Secrétaire exécutif de l’Autorité du bassin du Niger (ABN), a lui, souligné que l’objectif de la Charte vise à favoriser une coopération fondée sur la solidarité et la réciprocité, pour une utilisation durable, équitable et coordonnée de la ressource en eau du bassin du Niger. Puis d’indiquer que 8 Etats sur les 9 de l’Association ont déjà ratifié la Charte. Partenaire technique et financier à la Charte, la coopération allemande, à travers le GIZ, a marqué l’importance de la Charte pour le développement du bassin qui représente une diversité. «La ratification est capitale pour encourager les efforts conjoints de développement», a dit Mme Sacha.

 

March 25, 2014

Promotion des activités de L’ABN : Un réseau des Journalistes voit le jour à Abidjan

Parfait Zio (wash-jnci)
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Enfin le réseau des journalistes et communicateurs de l’ABN a été mis en place. Méconnu des populations, les hommes et femmes de médias ont été sollicités pour faire large écho des activités de l’Autorité du Bassin de Niger (ABN) lors d’un atelier le jeudi 20 mars dernier à Abidjan. Cet atelier avait pour but principal de mettre en place le réseau de journalistes et communicateurs pour une bonne promotion de l’ABN auprès des populations. L’ABN est en voie de prendre un envole et faire profiter des retombés du bassin à tous les pays qui en font partie. Fondé initialement le 21 novembre 1980 à farana, l’ABN procure des beaucoup d’avantage aux populations proche du bassin. Il permet aux populations l’accès facile à l’électricité, de faire l’agriculture, la pêche, l’industrie. L’ABN permet aux pays appartenant l’ABN une bonne intégration des peuples. Par ailleurs, le représentant du secrétaire exécutif de l’ABN , Drissa Kéita a encourager cette initiative.

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« Le réseau des journalistes dans ce domaine existe dans les autres pays      membres. Il était important pour la Côte d’Ivoire de mettre un tel réseau. », a-t-il lancé. Le ministre des Eaux et Forêts représenté par le colonel kodjo Adjoumani a affiché pleine volonté à accompagner ce projet. « Le ministère des Eaux et Forêts est prête à accompagner ce projet. Les hommes de médias feront en sorte que les activités du bassin de Niger soient connues de tous. », a-t-il soutenu. Notons que l’ABN, l’ABN est confronté a de multiples difficultés. Notamment, la pollution et d’autres activités destructives causées par l’homme. Enfin, un bureau de 6 membres a été formé dirigé par la présidente Kanzli Mideh coordinatrice de Wash. Ce bureau aura pour objectif de présider les travaux scientifiques du réseau.

 

 

 

 

March 24, 2014

Dr. Abou Thiam, enseignant chercheur: « Le développement excessif du Typha est l’un des gros problèmes environnementaux du Lac de Guiers »

La prolifération de certaines espèces  envahissantes sur les rives du Lac de Guiers et dans le Delta ne date pas d’hier. C’est ce que soutient, l’enseignant chercheur à l’Institut des sciences de l’environnement (Ise) et spécialiste des milieux humides, Dr.Abou Thiam. L’universitaire associe la prolifération  de ces plantes à des changements importants  dans  l’hydrologie et dans  la qualité de l’eau suite notamment  à la construction des barrages. Le spécialiste des milieux humides égrène au cours de cet entretien les conséquences de cette invasion sur les plans d’eaux comme celui du Lac de Guiers. 

Professeur vous avez présenté et soutenu à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar  une thèse de doctorat  d’Etat en sciences naturelles  sur la prolifération de certaines espèces  aquatiques  dans le Delta du Fleuve Sénégal. Pouvez-vous de nous faire l’économie de cette étude ? 

C’est un travail de recherche que j’ai mené dans le Nord du Sénégal depuis des années 80  et qui a  concerné  essentiellement la flore et la végétation des milieux humides du  Lac de Guiers  et le Delta, c’est-à-dire entre Saint Louis et Richard-Toll. Dans cette région nous avons effectué l’inventaire des macrophytes aquatiques, analysé les séquences des végétations, établi une typologie des espèces végétales des milieux humides, fourni des informations sur l’écologie, la biologie de plusieurs taxons et étudié la prolifération de certaines espèces végétales dans les milieux humides.  Il faut rappeler que  le Lac de Guiers est le plus grand réservoir d’eau douce de surface  du Sénégal et de la région du Delta constitue une importante zone de production agricole du pays. Ce travail a permis de faire un état des lieux   de la végétation des zones humides.

Les milieux humides sont  des  zones très importantes aux plans économique et écologique. Elles sont très productives.   Si nous prenons le Nord du Sénégal, nous avons le parc des oiseaux du Djoudj qui accueille des millions  d’oiseaux migrateurs. Ce parc  joue un rôle de premier plan  dans le développement du tourisme et le maintien de la diversité biologique de la région. De l’autre côté, nous avons aussi eu à nous intéresser à la biologie et à l’écologie de certaines espèces de plantes. Nous avons remarqué que depuis quelques années, certaines plantes se développent de manière anormale posant ainsi des problèmes. Nous avons  étudié un peu plus en détail certaines de ces espèces  comme la salade d’eau douce (Pistiastratiotes), le typha ( Typa domingensis), Potamogetonshweinfurthii et Salvinia molesta une invasive introduite accidentellement dans la zone à la fin des années 90. Toutes ces espèces ont causé en diverses périodes des problèmes du fait de leur grand développement et de leur extension. La prolifération des macrophytes peut rendre difficile l’accès à l’eau, freiner l’écoulement des eaux dans les canaux, bloquer les pompes, favoriser certaines maladies comme le paludisme, la bilharziose entre autres.

L’autre aspect, lorsque  l’on parle aujourd’hui de plantes aquatiques, surtout dans  la  région, du delta,  on fait allusion à l’abondance à certaines espèces de plantes dites  envahissantes. Nous préférons le terme proliférant à celui d’envahissant. Si Salvinia molesta peut certainement qualifiée d’invasive et d’envahissante, le Typha, Pistia, Potomogeton font partie de la flore autochtone dont le grand développement est consécutif à des changements écologiques. En plus de la connaissance des espèces, il y a lieu de s’intéresser également aux moyens de valorisation de contrôle de ces plantes.

A quand remonte l’invasion de ces plantes dans ces zones ? 

Les premières plantes aquatiques ont été signalées dans la région dans les années 50 après la construction barrage de     Richard Toll en 1947 qui a transformé le Lac en un réservoir d’eau douce pour notamment les usages agricoles. Cette modification a eu un impact parce qu’il a été suivi du développement exubérant de Typha. En 1956, Trochain a estimé à 1.000 ha, les superficies occupées par l’espèce dans le seul Lac de Guiers. En 2010, les superficies occupées par l’espèce étaient plus de 4.500 ha soit plus de 4, 5 fois de plus. Le problème posé donc par le Typa n’est pas récent. Les deux barrages érigés sur le fleuve Sénégal dans les années 80   par l’Organisation pour la mise en valeur du Fleuve Sénégal ( Omvs) ont profondément modifié l’hydrologie et la qualité de l’eau. Certaines espèces ont profité de ces conditions pour se développer.  La salade d’eau a proliféré dans les années 1990, et le Typha a poursuivi sa multiplication.

Aussi, l’un des facteurs qui a contribué au développement de la  végétation aquatique est la baisse de la salinité et la stabilisation du niveau de l’eau.

Les mouvements d’eau salée dans le Delta avant la construction des barrages  permettaient de contrôler le développement de la végétation aquatique adaptée aux eaux douces. Les études d’impacts réalisées lors de la construction des ouvrages  n’ont pas suffisamment pris en compte tous ces aspects.

Est-ce qu’il y a d’autres facteurs qui expliquent l’augmentation  incontrôlée de ces plantes dans cette zone ? 

Jus qu’ici, on a expliqué la prolifération des typhas par  l’adoucissement des eaux et les hauteurs des eaux élevées durant  toute l’année. Mais je pense qu’il y a d’autres facteurs qui sont susceptibles d’intervenir comme l’utilisation d’intrants chimiques comme l’engrais dans les périmètres agricoles. Aux Etats-Unis, on a observé une extension des peuplements en Floride due à la grande utilisation de ces produits. La relation entre la prolifération  de Typha et  les cultures irriguées devrait être étudiée. Mais on peut dire des quantités importantes de fertilisant  sont utilisées pour les cultures comme le riz, la canne à sucre. Mais une recherche approfondie pourrait nous permettre de se faire une religion sur cette question.

Est-ce qu’il y a des menaces pour le plan d’eau du Lac de Guiers ?

L’un des gros problèmes du Lac de Guiers  est l’existence d’un rideau dense de Typha  qui ceinture presque totalement le plan d’eau du  Lac de Guiers et qui rend difficile l’accès à cette ressource. Il y’a aussi le fait que les pêcheurs ne peuvent plus se déplacer facilement dans le Lac. Ils  ont du mal à se frayer un chemin dans cette végétation très dense. Il y’a aussi le développement de certaines maladies liées à l’eau comme le paludisme, la bilharziose. Donc le développement de ces espèces a des incidences négatives sur la vie des populations riveraines. Toutefois  les autorités ne sont pas restées les bras croisés. Il y a eu des actions de contrôle comme la lutte contre Pistiastratriotes dans le Lac de Guiers en 1993 et 1995, le faucardage de Typha en 1999 et à l’échelle du Delta, la lutte biologique contre Salvinia molesta, une fougère aquatique flottante en 1999 et 2000.

Le Typha est quand à elle, une plante fixée, avec des rhizomes qui sont très puissants et difficiles à enlever avec des techniques  et  méthodes classiques de lutte biologique. Tout en cherchant les meilleurs moyens de contrôle de la plante, il est aussi important de chercher les meilleurs moyens de l’utiliser. Les populations développement une utilisation artisanale du Typha pour la confection des nattes et des palissades  entre autres. Mais leur prélèvement est faible par rapport à la matière qui est disponible. Il faut aussi chercher d’autres moyens et voies de la valorisation du Typha.   Il y’a quelques années, un projet allemand s’était intéressé à  faire du charbon avec le typha. Il y a  eu des résultats intéressants, mais le problème dans la diffusion de cette technique et l’acception de ce produit par les populations comme substitut du charbon de bois. Il y a un étudiant qui travaille sur les possibilités de méthanisation du Typha. Il y a aussi des possibilités d’en faire une pâte à papier. Dans ce milieu où il y a un déficit de matière organique dans les sols pourquoi ne pas essayer de faire du compost avec le Typha ? Toutes ces solutions et d’autres sont à étudier.

Est-ce que les chercheurs sont à l’avant-poste dans la recherche des solutions à cette problématique ? 

La recherche est en retard par rapport à la problématique. On parle aujourd’hui  du typha dans le Delta. Je me rappelle, il y’a cela 15 ans, les mares  du  Parc du Niokolo Koba étaient envahis par  Mimosa pigra, une espèce exotique et invasive avec toutes les conséquences négatives sur le milieu du parc.

Ces plantes aquatiques rendent difficile l’accès aux mares  et accélèrent aussi le processus de leur sédimentation. C’est un problème qui est là, mais qui n’a pas été suffisamment étudié et  suivi. Il y a certes  quelques  projets tentatives, des tentatives localisées mais c’était trop ponctuelles et sporadiques. Il est temps d’accorder suffisamment d’attention et de moyen à cette problématique qui est devenue un problème  majeur pour notre pays. Il y a lieu de mettre en place un programme national de lutte contre les plantes envahissantes.

Au juste quel regard portez-vous sur l’utilisation des produits chimiques d’une manière générale et des pesticides  en particulier dans  des exploitations agricoles ? 

Il  y’a plusieurs éléments qu’il faut  considérer pour les aspects liés aux produits chimiques de façon générale.  Il y’a d’abord le type de produit chimique. Les pesticides sont une catégorie de produits, les engrais chimiques en sont d’autres. Quel que soit le type de produit ou d’intrant, l’aspect réglementaire est primordial. Lorsqu’on veut contrôler quelque chose, il faut disposer d’une réglementation. S’agissant des pesticides,  le Sénégal fait partie des pays du Comité permanent inter-Etats de lutte contre la sécheresse  au Sahel (Cills). Cette organisation a mis en place depuis plusieurs années  un système régional d’homologation des pesticides. En principe, tous les pesticides utilisés au Sénégal doivent avoir une autorisation de cette structure. Il y a une réglementation, mais c’est l’application qui pose problème. Les ressources affectées aux contrôles et aux suivis sont dérisoires au regard du problème. On ne connaît pas tous les produits chimiques agricoles qui circulent dans ce pays tant du point de vue de leur nature que leurs quantités.   De plus les normes internationales en matière de résidus de pesticides dans les aliments et dans les différentes matrices de l’environnement restent à établir ou à actualiser. Il y a un vaste champ d’actions à entreprendre. Toutefois il semble avoir une prise de conscience du public sur cette question. Quelques mouvements et des actions se mettent en place. Il y a des tentatives de développement de l’agriculture biologique, d’agro-écologique. Mais ces différentes formes d’agriculture ont besoin d’un cadre juridique approprié, du soutien des autorités publiques et administratives et d’une recherche efficace.

Vous avez beaucoup travaillé  sur les milieux humides. Depuis quelques temps, un débat s’est posé sur l’érection d’une arène nationale sur le site  du technopole qui est un milieu humide. Quelles sont les conséquences qui pourraient découler de la construction de cet ouvrage dans ce milieu fragile ?   

Je constate dans un premier temps, qu’il y’a une disparition des milieux humides aux alentours de Dakar.  Le site  du  technopole se trouve dans la Grande Niaye de Dakar. C’est  sans doute  la dernière zone humide qu’on a dans cette région. Dakar a un besoin crucial d’espaces verts. La pression du bâtiment est telle que tous les espaces susceptibles de jouer ce rôle disparaissent.

L’idée n’est pas de conserver cette  Niaye de façon qu’on ne l’utilise pas. Toutefois, il faut que l’aménagement se fasse de façon globale et que l’on tienne compte des différentes activités comme le maraîchage et la pêche. Des élèves et des étudiants avec leurs enseignants font  régulièrement des sorties pédagogiques sur le site, ce qui permet d’illustrer les enseignements théoriques délivrés dans les salles et les amphithéâtres.  Il faut préserver ces activités et utiliser cet espace de manière appropriée. Je pense qu’il faut d’abord  faire une étude exhaustive de la situation, analyser les différents scénarii d’aménagement avant de procéder à des affectations. Une étude d’impact environnement est indispensable avant toute décision. En plus de son rôle de  réceptacle des eaux de ruissellement, cet écosystème constitue  un cadre d’étude du milieu naturel pour beaucoup d’élèves et d’étudiants. Par conséquent il mérite d’être protégé.

Propos recueillis par Idrissa SANE et Ndiol Maka SECK  

March 23, 2014

Gouvernance dans le secteur de l’eau: La société civile alerte sur les tendances qui se dessinent sur la privatisation

Revisiter la gouvernance liée au secteur de l’eau afin de corriger les disparités, est une nécessité, selon la société civile qui tire la sonnette d’alarme.

«Le droit à l’eau est-il menacé »? Cette question qui était le thème de la table ronde sur la gouvernance de l’eau, organisée dans le cadre de la célébration de la journée mondiale sur l’eau, a trouvé une réponse au niveau des différents acteurs de la société civile, parmi lesquels Water Aid, Article 19, Enda et le réseau des journalistes en eau hygiène et assainissement. Lors de la rencontre, les acteurs ont insisté sur la nécessité de revisiter la gouvernance liée au secteur de l’eau afin de corriger les disparités et de garantir le droit à l’eau. Mignane Diouf, coordonnateur du forum social, pense que «cette journée est l’occasion pour alerter sur les tendances de privatisation qui se dessinent, de doutes sur la qualité de l’eau et les tendances de marchandisation de l’eau dans des sachets dans des conditions pas du tout bien. On ne sait pas qui donne l’autorisation et qui fait le suivi». M. Diouf indique aussi qu’il faut travailler à ce que la nappe phréatique des villes comme Dakar ne soit pas souillée, avec les usines et tout le mécanisme de l’écosystème qui peut constituer un danger dans la qualité de l’eau». Mignane Diouf reste convaincu que «le droit à de l’eau de qualité est menacé au Sénégal. Il explique : «Son eau potable vient de 200 km et rien n’est fait pour qu’en cas d’incident, comme celui qui s’est passé à Keur Momar Sarr, qu’on puisse avoir une issue de secours». Pour lui, « le droit à l’eau doit être conçu comme une question de souveraineté nationale».

La Directrice régionale de Water Aid pour l’Afrique de l’Ouest Mariame Dem, pense qu’il est «inacceptable» qu’au troisième millénaire que des gens continuent à mourir du fait du manque d’eau potable, d’hygiène et d’assainissement. Il y a urgence à changer cet Etat de fait». Car pour elle, «l’accès à l’eau n’est pas simplement ouvrir les robinets et de disposer du liquide précieux, cela va au-delà, il s’agit d’une question de démocratie, de développement et de dignité humaine». Elle renseigne qu’« il y a 107 millions de personnes qui n’ont pas accès à l’eau potable, à l’hygiène et à l’assainissement ». Mme Dem a aussi abordé la qualité de l’accès à l’eau et la question de l’accessibilité. «Il faut avoir un système qui permet que : quel que soit le niveau de revenu, quel que soit le milieu dans lequel on vit, quel que soit son sexe, qu’on ait accès aux conditions requises en termes de qualité, de quantité d’accès à l’eau potable. On dit souvent que l’eau est source de vie, mais elle est aussi source de maladie, de conflits et de sous-développement».

(Jacques Ngor SARR/Dakar)

March 23, 2014

Journée Mondiale de l’Eau (JME) 2014: La société civile exige plus d’informations sur la qualité et la tarification

(Mamadou L. DIATTA et Idrissa SANE/Dakar)

Plusieurs organisations de la société civile (Enda, forum social, Afao et Article 19) ont demandé hier à l’Etat du Sénégal d’améliorer la gouvernance de l’eau et de procéder à la hausse des financements pour l’accès des populations au liquide précieux. Le déficit du financement est d’ailleurs évalué à près de 500 milliards de francs CFA. Le plaidoyer a été fait à  la veille de la célébration de la journée mondiale de l’eau prévue ce samedi 22 mars 2014.

Le droit à l’eau est–il menacé ? La question peut paraître provocatrice mais elle constituait hier la lame  de fond du débat sur le liquide précieux animé par plusieurs organisations de la société civile, sous l’égide du bureau régional de Wateraid. Les spécialistes sont d’avis que le Sénégal a presque atteint l’objectif global de l’accès à l’eau potable en milieu urbain. Pour ces derniers, il temps de concentrer des efforts sur la qualité et d’avoir un regard critique sur les tarifications. Abordant le principe relatif à la transparence, Fatou Jagne de l’Ong Article 19,  affirme  que celui-ci est relatif à la qualité et aussi à la tarification. « Les populations ont le droit de savoir le prix, de connaître la qualité par rapport à ce que l’Etat dépense. Il faut que la société civile continue à travailler sur cette question », prêche Fatou Jagne. Cette préoccupation est partagée par Malick Gaye d’Enda Rup qui aborde la question de la gouvernance sous l’angle de la disponibilité des informations fiables. «  Nous devons changer les consciences. Au-delà de l’accès, nous devons avoir plus d’informations, sur la qualité, sur le prix de l’eau. Est-ce que l’actuelle tarification est juste ? », Suggère  Malick Gaye.

Mariame DEME, Directrice Régionale de WaterAid (Sénégal)

Mariame DEME, Directrice Régionale de WaterAid (Sénégal)

Au cours de cette rencontre, les intervenants ont reconnu qu’il faut accorder plus d’attention au milieu rural pour corriger le déséquilibre et corriger les disparités. Aujourd’hui, selon la directrice régionale de WaterAid, Mariam Dem, les déficits en financement sont évalués à 118 millions de dollars soit environ 500 milliards de francs Cfa.

La directrice  a rappelé d’ailleurs qu’en 2012, le gouvernement du Sénégal avait pris l’engagement de prendre en charge 20% du financement de l’eau mais jusque là, aucune évaluation n’a été faite dans ce sens. Même si  au cours des vingt dernières années, des efforts considérables ont été consentis par les pays africains, il reste qu’aujourd’hui, 42 enfants meurent chaque jour en Afrique sub-saharienne faute d’un accès adéquat à l’eau potable. Rien que dans l’espace Cedeao, 107 millions de personnes  n’ont pas encore accès au liquide précieux. « C’est inacceptable ! ». Le cri du cœur  est lancé  par la Directrice de Wateraid qui a souligné qu’il s’agit d’un droit humain dont la non satisfaction est en train  de plomber toutes les actions menées en faveur du développement économique et social. Pour Amadou Mignane Diouf de l’Ong Paedd/CI-Sacsb, l’eau est une ressource collective qui ne doit pas être source de profits même si le constat fait état d’une gestion assurée par des sociétés privées internationales.

La question qui s’impose aujourd’hui est la suivante à en croire M Diouf. Quel est le type de gouvernance qu’il faut privilégier pour que l’eau soit un baromètre de démocratie dans un contexte de changements climatiques et d’augmentation de la demande ?

En réponse à cette interrogation, cet acteur de la société civile suggère l’expérimentation d’une vraie gouvernance locale de cette ressource.   « L’eau est un baromètre de la démocratie. Est-ce qu’il ne faut pas tester la gouvernance locale de l’eau ? Il faut une gestion concertée de cette ressource avec les populations », propose Mamadou Mignane Diouf.

En tout état de cause, beaucoup de spécialistes ont estimé que les grands défis du monde, les grandes guerres du 21 ème siècle pourraient provenir de la gestion de l’eau. C’est la raison pour laquelle les experts ont été unanimes à reconnaître que la ressource doit être gérée de manière concertée, dans le cadre d’une approche holistique, afin que les couches les plus vulnérables soient davantage protégées. C’est tout le sens de l’intervention de Mme Khady Fall Tall, présidente de l’association des femmes de l’Afrique de l’ouest(Afao) pour qui l’urgence pour l’Etat, c’est de faire un « mapping », une  sorte de diagnostic global, en vue d’identifier les zones les plus touchées par le déficit en eau. Et Mme Tall de donner l’exemple de Gorom, zone maraîchère par excellence, située à moins de 30 km de Dakar et dont les habitants déplorent le fait que l’eau ne commence à couler qu’à 3 heures du matin.  Le Parlement mondial de jeunes pour l’eau ( Pmje), l’Eau, le droit humain, le Réseau national des journalistes spécialisés sur les questions d’eau et d’assainissement sont les autres organisations de la société civile qui ont pris part à cette table ronde. 

200 analyses bactériologiques réalisées tous les jours

En réponses aux  questions soulevées par des acteurs de la société civile, El Hadj Dieng de la SDE a fait savoir que celle-ci réalise tous les jours 200 analyses bactériologiques. « La SDE réalise 200 analyses bactériologiques pour contrôler la qualité de l’eau », a révélé El Hadj Dieng de la SDE qui informe que ce travail se fait aussi sous le contrôle de Caritas et de l’Institut Pasteur.

                                     M.L.DIATTA et I.SANE

March 18, 2014

Entretien avec Mark Willis, Chef de Programme du Fonds Mondial pour l’assainissement du Wsscc : « Je suis très satisfait de ma mission»

Mark Willis (Wsscc)

Mark Willis (Wsscc)

Au terme d’une mission au Bénin dans le cadre du lancement d’un programme pour le Bénin du Fonds Mondial pour l’Assainissement du Conseil de Concertation pour l’Approvisionnement en Eau et l’Assainissement (Wsscc), le Chef de Programme, Mark Willis nous a accordé un entretien. Très satisfait de la disponibilité des structures nationales et acteurs rencontrés, il lève un coin de voile sur les enjeux de ce programme et principaux défis à relever pour sa pérennité.

Vous êtes au Bénin dans le cadre d’une mission du Fonds Mondial pour l’Assainissement qui lancera dans les prochains jours un programme. Quels sont les enjeux de ce programme?

Depuis un an, nous avons engagé des négociations dans le cadre de ce fonds pour un don de 5 millions de dollar (2,5 milliards de francs CFA) pour améliorer la situation de l’assainissement des populations et leur faciliter l’accès à l’hygiène.

Avec les cadres du Ministère de la Santé en charge de l’hygiène et de l’assainissement, quatre (4) départements ont été identifiés et 25 communes la plupart dans le nord du pays. Et dans chaque commune, le travail sera de convaincre les gens que les problèmes d’assainissement, ils peuvent eux-mêmes les résoudre avec leurs propres moyens. Au cours des cinq ans du programme, on compte améliorer l’accès aux toilettes de 1 million de personnes dans le pays. Je pense que si on apporte cette contribution,  cela va avoir un impact sur la santé et réduire les risques de maladies hydriques comme la diarrhée ou le choléra.

Il y a actuellement un débat par rapport à l’approche ATPC  au cœur des interventions du Fonds et il y a certains acteurs au Bénin qui sont réticents. Es-ce que dans le cadre de ce programme, il y aura une flexibilité ou une adaptation de cette approche aux réalités du Bénin?

Au niveau du Fonds, nous travaillons dans 12 pays et avec cette approche, nous avons eu beaucoup de succès. Car, c’est une approche qui permet aux populations elles-mêmes de se convaincre de résoudre  leurs problèmes d’hygiène et d’assainissement. C’est le cas à Madagascar, au Népal, au Cambodge et au Sénégal tout près. Mais chaque programme connaît une adaptation. Et ici au Bénin, on aura un peu de différence. Il y aura une adaptation à la culture du pays mais la base reste la même. Si les populations sont convaincues, le programme sera une réussite comme dans les autres pays.

Qu’attendez-vous des autorités béninoises afin de garantir une réussite à ce programme?

Cela fait partie des objectifs de ma mission de parler avec les structures nationales pour  que le programme soit un succès. Je vois qu’il y a des commentaires intéressants au niveau des services en charge de l’assainissement au sein du ministère de la santé. Tous les services sont mobilisés et ont marqué leur disponibilité à soutenir le programme jusque dans les services déconcentrés et les communes. Aussi, il y aura l’implication des ONG locales qui ont une certaine expertise avec le travail communautaire, le secteur privé afin de mettre en place une chaine d’approvisionnement pour rendre disponible tout le matériel au niveau local.

Vous êtes au terme de votre mission, est-ce que vous êtes satisfait des discussions et échanges que vous avez eus avec les structures nationales et acteurs ?

Je suis très satisfait de ma mission après toutes les structures et institutions que j’ai rencontrées comme l’UNICEF, l’Ambassade des Pays-Bas, les structures nationales qui sont toutes engagées pour enrichir le programme avec leurs commentaires. C’est vrai, il y a des défis. On ne sait jamais s’il y a des capacités pour implémenter le programme. Le vrai défi aussi, c’est la pérennité du programme. Parce que si on arrive à avoir l’adhésion et l’engagement des populations par rapport à la Fin de la Défécation à l’Air Libre (FDAL), est-ce que cela va durer après le programme ? Et pour cela, il faut mettre en place des  structures capables de faire le suivi pour éviter que les gens changent de comportements dans l’autre sens. Mais, une fois que les gens sont convaincus dans leurs cœurs que c’est inacceptable de déféquer à l’air libre, je suis sûr que cela va marcher. J’espère que les médias vont aussi suivre ce processus et s’assurer que le Fonds Mondial pour l’Assainissement tient ses promesses.

                  Propos recueillis par Alain T. et Makéba T.

March 10, 2014

Ndèye Dagué Gueye sur la situation des femmes handicapées en matière d’accès aux toilettes: « Parfois, nous sommes obligées de ramper…c’est dur »

Ndèye Dagué Gueye, Fédération sénégalaise des Associations des personnes handicapées

Ndèye Dagué Gueye, Fédération sénégalaise des Associations des personnes handicapées

Le monde a célébré comme tous les 8 mars de chaque année, la Journée internationale de la femme. Une fois encore, la situation des femmes et de leurs droits a été largement évoquée dans tous les pays. Mais, comme dans les autres secteurs, les femmes handicapées restent encore vulnérables et vivent dans le silence des discriminations en matière d’accès aux toilettes. Nous publions ici le témoignage de dame Ndèye Dagué Gueye, Présidente nationale du Comité des femmes de la Fédération sénégalaise des Associations des personnes handicapées  sur le calvaire que vivent les femmes handicapées en matière d’accès aux toilettes. La non prise en compte de l’équité et de l’inclusion dans le secteur WASH est tout simplement une  injustice sociale à corriger.

Selon vous, quelles sont les difficultés que les personnes handicapées éprouvent en matière d’accès aux toilettes ?

La question de l’équité et de l’inclusion dans le secteur WASH est pertinente et importante pour nous, personnes handicapées. Les gens considèrent le problème de l’accès des personnes handicapées aux toilettes comme des détails. Alors que, en tant que femmes handicapées, l’accès aux toilettes est assez difficile. En général, les bâtiments ne sont pas accessibles. C’est le cas d’une femme handicapée sur chaise roulante qui doit entrer dans une toilette avec une porte étroit. Elle est obligée de descendre et de ramper. Maintenant, une fois dans les toilettes, il n’y a pas l’aménagement nécessaire, ni de support. Parfois, les toilettes sont assez isolées…  Et au niveau des toilettes, une femme qui rampe, c’est dur. Il y a des risques d’infections. Le dernier élément, c’est que parfois comme il y a souvent de l’eau qui traine, on a des femmes qui tombent et se retrouvent avec des fractures. Nous lançons un appel pour qu’en matière d’assainissement, ces situations soient prises en compte.

Est-ce que vous avez le soutien de l’Etat sénégalais par rapport aux difficultés que vous soulevez ?

Concernant la situation des personnes handicapées, le Sénégal dispose d’une loi d’orientation sociale votée en 2010 avec un décret d’application. Le Sénégal est allez loin. Il reste l’application et c’est à ce niveau que nous faisons notre plaidoyer. Il y a une volonté politique. Il y a par exemple, au niveau de certains nouveaux bâtiments, une volonté de les rendre accessibles.

Est-ce que la loi dans son application prend en compte la question des facilités d’accès des personnes handicapées aux toilettes ?

Il faut dire que nous avons une loi révolutionnaire au Sénégal. Nous y avons beaucoup travaillé pendant plusieurs années sur tout ce qui concerne les femmes, les enfants, les personnes handicapées… dans les différents domaines (Education, santé, emploi…). On n’a occulté aucune question. L’accès aux toilettes rentre dans le champ de l’accessibilité et la loi a consacré tout un chapitre là-dessus. Donc, si la loi est appliquée, l’accessibilité aux toilettes serait résolue.

Mais, il faut dire que si pour l’application de la loi, c’est d’abord l’Etat, tout le monde est aussi concerné. Il y a la société civile et aussi le patronat.

Avez-vous un appel à lancer ?

Nous avons une loi révolutionnaire, Mais il faut que tout le monde s’implique. Car, si nous réglons la question de l’accès des personnes handicapées, des femmes enceintes ou des personnes âgées, c’est tout le monde qui gagne.

    Propos recueillis par Alain TOSSOUNON/Dakar, le 15 septembre 2013

March 3, 2014

Publications de livres : L’Afrique, l’eau et la gestion de l’eau potable en période de guerre

 A. P. Virgil HOUESSOU (Envoyé spécial WASH-JN à Abidjan)

A travers cette titraille, se résume deux livres écrits par des acteurs de l’eau. Ce sont des ingénieurs, des managers de société de distribution d’eau, etc. Ils sont pour la plupart des Africains, mais ils ont reçu le soutien de certains de leurs pairs européens. C’est un renouveau dans le secteur de l’eau. Peut –être aussi une chance pour les générations futures d’avoir des points de repère à travers ce début foisonnant de la littérature sur l’eau. Pour la première fois, l’Association africaine de l’eau rend hommage à ses écrivains. Plus de cinq ouvrages ont révélés au public à l’occasion du congrès d’Abidjan. Nous vous présentons ici les deux livres écrits par des auteurs francophones.    

l'eau potableLe premier livre s’intitule « Le service public de l’eau potable en période de guerre ». C’est le cas de la Côte d’Ivoire qu’expose l’auteur, Descord Venance Yoboué. De nationalité ivoirienne, il est l’actuel directeur de l’exploitation intérieur à la Société de distribution de l’eau en Côte d’Ivoire (Sodeci). Au cœur de la stratégie de distribution de l’eau pendant la guerre, parle de ses expériences de distribution de l’eau pendant la guerre civile en Côte d’Ivoire. Il fait un témoignage sur le type de management et l’audace mis en œuvre pendant la guerre civile en Côte d’Ivoire pour assurer la distribution de l’eau potable aux populations des zones dites CNO. Ce sont les zones occupées par les rebelles des Forces nouvelles. C’est le préfacier qui résume l’ampleur de la situation. « Habituellement, les crises de la nature de celle qui a affecté notre pays (Ndlr : la Côte d’Ivoire), une décennie durant, entravent le bon fonctionnement des services publics et plus particulièrement ceux de l’eau potable et de l’électricité. Il s’en suit, dans la plupart des cas, une série de fléaux telles (sic) que les maladies hydriques, qui en entraînent  bien d’autres, où des ruptures profondes et durables dans l’organisation de la vie économique et sociale du pays. Dans le cas de la Côte d’Ivoire, les choses se sont passées autrement, heureusement. Mais peu de gens savent à quelles conditions et dans quelles circonstances la Côte d’Ivoire a pu échapper à ces catastrophes humaines ». C’est la révélation au public de ces conditions et de ces circonstances qui justifie le contenu de ce livre. Comment réussir à constituer une force neutre au milieu de deux camps armés ? Comment réussir à convaincre les forces en conflit à éviter d’utiliser la distribution de l’eau comme arme de combat ? Comment aider des groupes armés à considérer l’eau comme source de vie, s’exclure du système de distribution pour les laisser travailler les techniciens ? Dans quelles conditions travaillaient les agents de la Sodeci ? Comment réussissaient-ils à convaincre les rebelles les accepter pour fournir de l’eau aux populations de la zone sous contrôle des Forces nouvelles ? Voilà autant de questions dont les réponses se retrouvent dans les cent trente-huit (138) pages qui constituent le livre. Dexcord Venance Yoboué fait ce témoignage et explique la stratégie. Il explique à chacun que l’eau n’a pas d’ennemi et est indispensable à la survie de tous. Il soulève, à travers ses écrits sur la gestion, pendant les conflits armés, de la denrée vitale qu’est l’eau potable, les problèmes importants liés au droit humanitaire international, la lutte contre la pauvreté et les efforts pour atteindre les Omd. Cette conviction de l’auteur retient d’ailleurs l’attention du lecteur à la page couverture. Dans la caricature illustrative, on découvre, en train de se désaltérer autour d’un unique point d’eau, un soldat armé, amulettes aux bras, face à une femme avec un bébé au dos. D’un côté le puissant avec son arme capable de tuer des dizaines voire des milliers de gens ; de l’autre côté une femme et un enfant, habituellement, les premières victimes des conflits armés, donc les plus faibles. Et voilà le faible et le fort, autour d’une même et unique source pour assouvir leur soif, pour survivre ! Les deux font recours à l’eau et au même endroit. Pourquoi donc se battre et empêcher la distribution de l’eau ? Photos à l’appui, l’auteur raconte les missions dans la zone rebelle, les conciliables, les visites aux com’zones, les travaux de réfection, etc. Subdivisé en dix parties, le livre informe sur la configuration de l’exploitation de l’eau potable par la Sodeci avant la crise et pendant la guerre à partir du 19 septembre 2002. On y découvre les actions des comités de crise et des comités techniques mis en place pour répondre aux besoins des populations. Le lecteur prend également connaissance du système de communication mis en œuvre à Abidjan et en zones occupées à partir d’initiatives personnelles de l’auteur et de l’implication des responsables de la Sodeci pour rencontrer et discuter avec les chefs de guerre et la société civile. La gestion technique de l’exploitation pendant la crise, les résultats obtenus et l’impact financier de la crise sur l’activité commerciale liée à la distribution de l’eau ne sont pas occultées. C’est un livre qui a pour objectif, explique l’auteur  lors de la présentation du livre, à la faveur du 17ème congrès de l’Association africaine de l’eau, de donner aux autres pays africains les outils d’une gestion de la distribution de l’eau potable en cas de crise ou de guerre. L’eau en Afrique dans ses détails l'afrique et l'eau« L’Afrique et l’eau » est aussi le titre d’un autre livre. Outre la publication de Descord Venance Yoboué, la rencontre d’Abidjan a permis aux participants de découvrir la littérature foisonnante sur l’eau. C’est un ouvrage édité par l’Association africaine de l’eau (AAE), elle-même. Sous la direction de l’expert français, Claude Jamati, une vingtaine d’acteurs du secteur de l’eau ont écrit des articles sur différents aspects de l’eau. A travers 370 pages, toute l’Afrique est exposée dans les méandres les plus cachés de la problématique de l’eau. Parmi ces co-auteurs, il y les Béninois Félix Adégnika du WSSCC et du partenariat  pour le développement municipal et David Babalola, actuel Directeur Général de la Soneb. Le premier propose à travers son texte une méthodologie et des outils de gestion pour accompagner les villes secondaires dans la définition d’une stratégie municipale concertée pour répondre aux besoins importants en eau des populations. C’est un sujet d’un intérêt particulier et d’actualité qu’aborde Félix Adégnika. Dans sa publication N°2771 du 16 au 22 février 2014, l’hebdomadaire panafricain, Jeune Afrique titre « Distribution de l’eau et assainissement : les villes boivent la tasse ». Julien Clémençot, l’auteur de l’article écrit « Face à une population urbaine qui ne cesse de croître, les pays du continent peinent à satisfaire les besoins en eau de leurs populations, fautes de d’investissements publics suffisants. Certaines agglomérations tirent néanmoins leur épingle du jeu grâce à l’appui des partenaires privés ». Et Julien Clémençot de déduire, au regard de cette situation complexe, le risque existe que l’Afrique soit, en ce 21ème siècle, le théâtre des guerres de l’eau, des guerres incontrôlables issues des insurrections populaires des villes en manque d’eau. Les statistiques prévoient un accroissement spectaculaire des populations africaines urbaines dans les prochaines années. Félix Adégnika, en intelligence avec Christophe Le Jallé du programme Solidarité Eau et Claude Baehrel, définit dans l’ouvrage, comment développer des solutions pour l’accès à l’eau et à l’assainissement dans les villes secondaires en tant qu’enjeu majeur. Dans ce chapitre, il est question de la contribution au défi des Omd, des réponses aux besoins des quartiers urbains sous-équipés, de la dynamique de la décentralisation, de la participation des populations et des acteurs intervenant dans les services d’eau et d’assainissement et de l’élaboration de stratégies municipales concertées. David Babalola, quant à lui, « explique avec précision la situation hydrique et pose, dans une analyse sans concessions, les problèmes auxquels sont confrontées les populations non seulement africaines, mais aussi mondiales. Il envisage les comportements à tenir dans les années à venir. » David Babalola ne manque pas de décrire dans son texte le cas béninois pour expliquer pourquoi le Bénin sera en 2015 « vraisemblablement un des pays à réaliser les objectifs du millénaire pour le développement » dans le secteur de l’eau potable. Outre ces deux experts béninois, il y a aussi la présidente de l’Association africaine de l’eau, la Sud-Africaine Duduzile Myeni, et l’actuel Secrétaire général de l’AAE, l’Ivoirien Sylvain Usher, sont également sur la liste des co-auteurs.  C’est un livre qui se décline en deux parties : la problématique de l’eau en Afrique et la monographie de l’eau pour chaque pays. Dans son introduction, Claude Jamati, explique les raisons ayant fondé le choix de l’AAE d’éditer un ouvrage sur l’Afrique et l’eau. Il écrit : « L’Afrique est trop souvent l’objet d’une couverture médiatique réductrice : conflits, instabilité politique, mauvaise gouvernance, corruption, déforestation, désertification…Or il existe, sur ce continent frère, une richesse humaine, soif d’innovation et de progrès, des compétences et des motivations absolument exceptionnelles ». Pour lui donc ce livre leur « offre l’opportunité de relater leurs expériences », déclare-t-il lors de la présentation du livre en marge du 17ème congrès de l’AAE. Et les différents co-auteurs n’ont pas raté le coche. C’est un livre référence pour tous les acteurs du secteur de l’eau du contient. Sa grande originalité, écrit l’éditeur, « est d’avoir donné la parole aux Africains, sans lesquels aucune évolution positive ne peut être envisagée ». La plupart des experts ayant contribué à l’ouvrage ont dirigé l’Association africaine de l’eau. C’est un document qui maintient la flamme de l’espoir, car « tous les contributeurs, à travers leurs témoignages, montrent qu’il est possible, en Afrique, d’éviter la pénurie d’eau », poursuit l’éditeur. Le rendez-vous d’Abidjan a donné l’occasion aux congressistes et autres acteurs que les Africains commencent par occuper l’espace de la littérature sur l’eau avec une variété de thèmes abordés. En dehors de ces ouvrages écrits en français, trois auteurs anglophones ont également présenté aussi au public leurs chefs d’œuvre. Parmi eux, il y a l’Ougandais William T. Muhairwe, dirigeant de la National Water and Sewerage Corporation de l’Ouganda. Il a écrit sur la problématique de la gestion des entreprises d’eau et d’assainissement.

March 3, 2014

Restitution de l’atelier Wash et communication de Cotonou : Le président du REJEA partage les recommandations avec les membres

Le président du REJEA), Ousmane Dambadji (au milieu) avec deux membres du bureau

Le président du REJEA), Ousmane Dambadji (au milieu) avec deux membres du bureau

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le samedi 22 février 2014,  le président du Réseau des Journalistes pour l’Eau, l’Hygiène et L’Assainissement (REJEA), M. Ousmane Dambadji, était face à la presse pour la restitution des travaux de l’atelier régional sur le « Plaidoyer, Communication et Suivi des Engagements WASH », tenu à Cotonou au Bénin, du 18 au 20 février 2014. Organisé par WSSCC, cet atelier a réuni plus de 40 journalistes venus de 14 pays membres du Réseau Ouest Africain des Journalistes pour l’Eau, l’Hygiène et L’Assainissement (WASH-JN).

Amani Mounkaïla (Niger)

Cet exercice de compte rendu a permis  à la presse nigérienne de comprendre son rôle dans le cadre de l’atteinte des OMD et sa responsabilité en tant qu’acteur de développement. Pour le président du REJEA, il n’est pas question de dire au gouvernement ce qu’il doit faire mais plutôt de l’accompagner et de lui rappeler ses engagements, tout en suivant périodiquement les avancées.

Au cours de cet exercice, Ousmane Dambadji a informé la presse que les engagements souscrits par l’ensemble des pays n’ont pas été respectés dans leur totalité. C’est ainsi que les journalistes africains, spécialistes des questions de l’eau et de l’assainissement, se sont entendus sur une nouvelle approche dans leur pays respectifs. Cette approche, qui se veut participative en terme de communication et de production de qualité, pouvant inciter les décideurs pour plus d’engagement dans le secteur eau et assainissement. Le président du REJEA s’est appesantis sur le cas du Niger qui, comme beaucoup de pays à Washington en 2012, s’est engagé à injecter des ressources importantes dans le sous secteur eau et assainissement. C’est pourquoi dans le cadre de la politique nationale d’alimentation en eau potable, il a prévu de mobiliser 600 milliards de francs CFA, de 2011 à 2015, dans trois composantes essentielles à savoir :

–          La composante assainissement : 48 000 000.000 F.CFA ont été attribués dont l’objectif serait de favoriser la croissance de l’accès aux services d’hygiène et d’assainissement, la réduction des disparités, la pérennité des actions et la responsabilisation des populations. En termes de résultats attendus en 2015,  plus de 5000 latrines publiques et 200 000 latrines familiales seront construites, de même que 20 000 ouvrages d’évacuation des eaux grises à titre de démonstration.

–          La composante Hydraulique Rurale, qui bénéficie d’une bagatelle de 352 000 000 000 FCFA. Un investissement qui permettra de favoriser la croissance de l’accès à l’eau potable, de réduire les disparités, de pérenniser des actions tout en responsabilisant les populations  bénéficiaires. En ce qui concerne cette composante, le gouvernement espère atteindre un résultat significatif avec 14000 nouveaux équipements points d’eau modernes et 8250 à réhabiliter.

–           La composante Hydraulique urbaine, qui se retrouve avec une prévision de 200 000 000.00 FCFA pour un objectif devant permettre une croissance de l’accès à l’eau potable, la réduction des disparités, la pérennisation des actions et la responsabilisation des populations  bénéficiaires. Ce qui va permettre de porter le taux de desserte de 52 centres concédés en 2009 de 72,7% à 82,5%, ainsi que l’intégration de 40 nouveaux  centres et porter leur taux d’accès théorique de 64, 5% en 2010 à 82,5% en 2015.

Selon le président du REJEA, si l’Etat du Niger respecte ses engagements, le secteur de l’eau et de l’assainissement connaîtra une amélioration significative. Il espère que l’agenda post 2015 sera une opportunité pour tous les africains d’accéder facilement aux infrastructures d’eau potable d’hygiène et d’assainissement. L’eau doit être disponible dans toutes les écoles et dans toutes les formations sanitaires.

Il a aussi rappelé que chaque jour, 1600 enfants meurent suite à des problèmes liés à l’eau à l’hygiène et à l’assainissement et 800 millions de femmes ont leur « règle » chaque jours à travers le monde qui les empêche d’aller à l’école ou au travail parce qu’il manque des infrastructures adaptées à leur situation.

 

March 3, 2014

Acteurs de premier plan dans la chaîne de distribution de l’eau, les techniciens estiment que la réforme qui s’annonce devait être une source de motivation et non de découragement pour les travailleurs de l’hydraulique. Ces derniers sont aujourd’hui contraints de mener le combat pour la sauvegarde de leurs emplois. Sidy DIENG (Sénégal)

Un forage dans une localité du Sénégal

Un forage dans une localité du Sénégal

L’inquiétude est aujourd’hui le sentiment le mieux partagé par les techniciens du service de l’hydraulique. Lesquels ne savent plus où se donner de la tête avec la nouvelle réforme relative à la délégation des services de maintenance et de production des forages ruraux motorisés au secteur privé. Une réforme dont ils disent ignorer les tenants et aboutissants et qui leur fait craindre des lendemains sombres quant à leur avenir professionnel au sein du service de l’hydraulique. L’inquiétude des travailleurs est d’autant plus grande, ont-ils fait savoir à l’occasion d’une rencontre avec la presse tenue par leur syndicat, que leurs représentants ont été exclus de tout le processus de délégation. Pis, font-ils remarquer, le directeur de service  a refusé, lors de l’audience qu’il leur avait accordée, de les laisser prendre connaissance des textes affairant à ladite réforme aux motifs que «c’était classé confidentiel». Secrétaire général des travailleurs de l’hydraulique, Yely Coulibaly note que ce refus des autorités de les informer et de les impliquer dans le processus de délégation est source d’inquiétude pour les agents opérationnels qu’ils sont.  Il l’est d’autant que, fait-il savoir, au moment où l’Etat s’attèle à des réformes dans leur secteur, les travailleurs ont un jugement en leur faveur depuis le 27 février 2013 et qui est entre les mains de l’agent judiciaire de l’Etat. Lequel jugement porte sur le paiement des 45 millions 326 mille francs Cfa que l’Etat doit aux travailleurs, et la requalification de ces travailleurs dont les contrats à durée déterminée doivent passer en durée indéterminée ; en plus du dossier des retraités qui devaient partir depuis 2010 mais qui sont retenus sans dédommagement et qui sont restés huit mois sans que leur pension ne leur soit payée. Toutes situations qui expliqueraient peut-être, selon lui, leur mise à l’écart du processus de délégation alors que ses camarades ne sont mus que par une volonté de sauvegarder leurs emplois aujourd’hui menacés. Mais aussi de faire en sorte d’éviter que l’échec connu lors de la phase test de maintenance des forages ne se  reproduise. Laquelle phase test déroulée dans la zone centre regroupant les régions de Thiès, Diourbel, Fatick, Kaolack et Kaffrine a montré, selon lui, ses limites avec des défaillances notées dans ladite zone. De ces défaillances, ils retiendront, entre autres, des interventions non sécurisées sur les armoires de commandes, des chutes de pompes suite à un manque d’expérience au niveau des relevages entrainant une détérioration de l’ouvrage de captage, un coût élevé des prestations et  une absence de stock de pompes, de moteurs et de pièces de rechange. Aussi estiment-ils qu’il y a  nécessité d’impliquer le personnel de la Direction de l’exploitation et de la maintenance (Dem), qui constitue sans conteste un levier sur lequel l’Etat peut s’appuyer. Mieux, la Dem est une ressource de qualité certaine si tant est la volonté des autorités de réussir la réforme dite de délégation tendant à transférer la maintenance à un Office dite de gestion des forages ruraux (Ofor) qui est en voie de création. Pour dire, la place de choix que devaient avoir les agents de la Dem dans cette mutation consistant en la création dudit office. En somme, ces acteurs estiment que la réforme qui s’annonce devait être une source de motivation et non de découragement pour les travailleurs de l’hydraulique. Lesquels sont aujourd’hui contraints de mener le combat pour la sauvegarde de leurs emplois mais aussi éviter que les populations rurales se soient privées d’eau du fait d’un manque d’entretien de leurs forages ou d’un coût trop élevé des frais d’entretien qu’elles auront du mal à supporter.

March 3, 2014

Fin de la 11ième édition du stage intensif de recyclage d’EAA-Bénin: Une véritable contribution au développement du secteur HAEP

Alain TOSSOUNON (Bénin)

Les officiels au cours de la cérémonie de clôture

Les officiels au cours de la cérémonie de clôture

Ouverte le 17 février 2014 à l’hôtel le Miracle de Dassa-Zoumè,  la 11ième édition du stage intensif de recyclage des professionnels du secteur Hygiène, assainissement et eau potable (HAEP) a pris fin le 1er mars par une cérémonie de remise d’attestation aux participants. Une session de formation organisée tous les ans depuis 2003, par EAA-Bénin en collaboration avec le Centre d’expertise en traitement  et gestion de l’eau (CEBEDEAU), la Direction nationale de la santé publique (DNSP), le département communautaire et d’assainissement du milieu (DCAM-Bethesda) et la Wallonie Bruxelle internationale. Une véritable  contribution au développement du secteur dans notre pays.

En clôturant  la 11ième édition du stage intensif de recyclage des professionnels du secteur de l’hygiène, de l’assainissement et de l’eau potable, le Directeur national de la santé publique (Dnsp), Orou Bagou Yorou Chabi, a soutenu que « les compétences techniques, sociales et communicationnelles, les connaissances et le savoir-faire acquis permettront aux stagiaires d’exercer plus aisément avec professionnalisme leurs fonctions et d’atteindre les objectifs du secteur ». Surtout, il a ajouté que dans le contexte de la décentralisation où les communes sont désormais appelées à gérer le secteur, les stagiaires devront jouer auprès des acteurs locaux, leur rôle de conseillers techniques et d’agents de développement. Car, aujourd’hui encore, les défis sont encore nombreux. Et selon lui, l’accès insuffisant à une eau salubre, à l’assainissement et à l’hygiène est par ordre d’importance, le troisième facteur à risque pour les problèmes de santé. Plus encore, il a  cité la directrice générale de l’OMS, Dr Margaret Chan, qui déclarait que « si nous voulons réduire de façon drastique les maladies, il faut un accès à une source d’eau améliorée », avant de lancer un appel aux stagiaires à plus d’ardeur et d’abnégation au travail.

Intervenant à cette cérémonie qui marque la fin de deux semaines d’enseignements et de sorties pédagogiques, la Représentante résidente de l’Agence intergouvernementale Eau et Assainissement pour l’Afrique au Bénin, (EAA-Bénin), Mme Ndèye Coura Ndoye, a félicité l’ensemble des participants pour leur intérêt pour cette formation et,  les facilitateurs pour avoir été « très pointus et pertinents ». Faisant remarquer que la thématique de l’assainissement demeure encore un chantier à développer au niveau le plus haut, elle s’est félicitée également du contenu de la formation. «Pour réussir la mission de EAA qui est d’assurer un accès de tous à l’eau potable et à l’assainissement, il faut la performance qu’on ne peut avoir sans le renforcement des capacités des acteurs », a-t-elle signifié avant d’indiquer qu’elle est convaincue que les stagiaires sont dorénavant outillés pour faire face aux problématiques du secteur notamment en zone de socle.

Le DNSP (à droite) remettant à l'un des stagiaires son attestation

Le DNSP (à droite) remettant à l’un des stagiaires son attestation

Un avis que partage la porte-parole des stagiaires qui trouvant l’initiative du stage « louable » a ajouté qu’il a été « un moment d’intense partage d’expériences », Pour  Nouratou Salifou du service eau et assainissement de la mairie de Savè, en dehors de la réappropriation de plusieurs notions techniques en matière d’Approvisionnement en eau potable, le stage a permis de mieux appréhender la problématique de l’approvisionnement en eau potable dans les zones de socle.

Ainsi, au terme de cette session de formation, les participants comptent leurs acquis : «On a  compris que les zones de socle sont difficiles et l’approvisionnement en eau est complexe à cause de la nature du sol… », souligne Sandrine Laleye, Animatrice à la fondation Joseph the Worker. De même, au cours de ce stage riche d’enseignements, les participants se sont familiarisés avec les techniques  de traitement des eaux souterraines et des eaux de surface. Et déjà, pour les acteurs qui accompagnent les communautés, la formation offre des opportunités d’apprentissage. « Dans la pratique au niveau local, le stage nous permettra de renforcer notre accompagnement au profit des communautés afin de les amener à « valoriser les eaux usées à travers des techniques saines et appropriées », soutient  Armel Ahossi, Assistant technique au Partenariat National de l’Eau du Bénin (PNE-Bénin). Fiers d’avoir beaucoup appris de ce stage qui aura eu le mérite d’associer les enseignements théoriques aux sorties pédagogiques, les participants repartent outillés et comprennent désormais mieux la problématique de l’approvisionnement en eau potable en zone de socle pour le bien du secteur et des populations.