Posts tagged ‘dakar’

April 5, 2016

Gestion des ressources hydriques : De la nécessité de jeter les ponts de coopération sur les eaux partagées

Idrissa SANE (Dakar/Sénégal) 

 Le premier Ministre, Mahammed Boun Abdallah Dionne a lancé un appel pour construire les ponts de coopération sur la gestion des eaux partagées. Il a présidé ce mardi 5 avril 2016 le panel mondial sur l’eau et paix.

Les membres du panel au cours de la rencontre

Les membres du panel au cours de la rencontre

L’eau la source de stabilité. Le premier Ministre du Sénégal, Mahammed Boun Abdallah Dionne invite à l’amorce d’un virage où les pays vont jeter des ponts de coopération sur les ressources hydriques partagées. Le chef du gouvernement a fait ce plaidoyer le mardi 5 avril lors de l’ouverture du Panel mondial sur l’eau et la paix créé en novembre 2015 à l’initiative de la Suisse et d’autres pays comme le Sénégal. « Il s’agira d’amorcer un partenariat mondial visant à faire de l’eau un instrument de paix et non une source de potentiels conflits et crises », a lancé le chef du gouvernement qui était entouré par l’ancien président de la Slovénie, Danilo Turk,  du président du Groupe stratégique et prospectives, Sundeep Waslekar et du ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement du Sénégal, Mansour Faye.  Face aux incertitudes qui pourraient naître de la rareté de cette ressource, il serait judicieux selon le premier Ministre de sensibiliser les décideurs sur les rapports entre l’eau et la paix. C’est tout le sens qu’il faudra donner à l’engagement du président de la République d’introduire pour la première fois cette problématique au Conseil de sécurité de l’Onu. Il est impérieux d’entreprendre une initiative politique de haut niveau pour  plus de prise de conscience de la corrélation entre l’eau et la paix. « C’est le sens qu’il faut donner à la décision du président de la République de son Excellence, Macky Sall d’introduire la thématique eau, paix et sécurité dans l’agenda du Conseil de sécurité des  Nations Unies », a évoqué le chef du gouvernement.  Cette volonté politique est fondée sur l’occurrence des conflits et des crises qui sont directement ou indirectement liés à la gestion ou à la rareté de cette ressource. Selon les statistiques des institutions internationales 70 foyers de tension dans le monde ont pour racine la répartition ou la gestion des ressources hydriques entre les pays ou au sein des pays. Déjà en 1995, la Banque mondiale attirait l’attention de la communauté internationale en ces termes : « le pétrole a été à l’origine  de nombreux conflits lors du  siècle écoulé, ainsi l’eau sera la source des conflits dans le siècle à venir ». Cette prédiction alarmiste est malheureusement confirmée par  les Nations Unies. Aujourd’hui plus que par le passé, les conditions sont  plus favorables pour que l’eau déclenche plus de crises et de conflits et jette des milliers de personnes sur le chemin de l’émigration.

L’eau, une nouvelle arme de guerre

L’humanité doit s’attendre à des flux migratoires de l’ordre de 150 à 200 millions de personnes entraînés par des pénuries du liquide précieux. « La dialectique paix et eau ne date pas certainement d’aujourd’hui. Cependant elle est assurément plus prégnante dans le contexte actuel où la raréfaction  de l’eau semble être inéluctable du fait des changements climatiques et de la rareté de l’eau et de l’accroissement démographique », a estimé le premier Ministre. A ces facteurs, les intervenants ajoutent les foyers de tension, le terrorisme à travers le monde. Les groupes terroristes se servent déjà cette ressource comme une arme de guerre pour mettre la pression sur les populations et sur  les camps adverses. « Entre 150 et 200 millions de personnes devraient migrer à cause des pénuries d’eau d’ici à 2050. Il s’y ajoute que l’eau et les infrastructures sont utilisées comme une arme de guerre lors des conflits armés et des attaques terroristes », a relevé le chef du gouvernement.  La résolution de ces problèmes passe aussi par l’actualisation des textes juridiques afin d’avoir des instruments qui vont prendre en aval les obstacles à la gestion concertée des eaux partagées. « Nous devons œuvrer  au renforcement  du régime juridique international  pour protéger des ressources hydriques en particulier dans des zones en conflit. Ainsi nous apporterons une contribution de l’objectif  6 ODD lié à la sécurité de l’eau », a préconisé Mahammed Boun Abdallah Dionne. En tout état de cause, l’ancien président de la Slovénie, Danilo Turk estime qu’il faut aller vers des solutions concrètes pour prévenir les crises. Il a lancé : « Il faut comprendre les efforts mais aussi il faut résoudre les problèmes ».

 

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April 1, 2016

IMPACT DE LA POLLUTION SUR LA SANTE DES POPULATIONS : Les deux tiers des patients souffrent de maladies diarrhéiques ou respiratoires

Youssouph Bodian (Dakar Sénégal)

A Petit Mbao le deuxième motif de consultation demeure les maladies liées à l’eau telle que les diarrhées. Elles sont devenues très fréquentes dans la zone. «Il a été constaté ces dernières semaines une recrudescence des gastros avec au moins quinze cas en deux jours. Les patients sont pour la plupart des enfants» révèle l’Infirmier chef de Poste du dispensaire qui fait face au quartier Petit Mbao Pheul, le plus touché par les déchets liquides. Une situation inquiétante selon Mame Biram Thioune qui a tenu à préciser qu’à ce jour il n’y a pas d’études qui confirment que l’accentuation des maladies diarrhéiques dans la zone est liée à déchets liquides déversés par l’usine.

Toutefois le premier motif de consultation demeure les maladies respiratoires.  Nous l’avons trouvé sur une natte négligemment adossé sur un mur dégarni par la brise marine. A notre arrivée le vieux Idy Dia la soixantaine, s’efforce à se redresser, respire profondément avant de répondre à notre salutation. «Je m’excuse mon fils, depuis la tabaski (Ndlr: au mois d’octobre 2015), j’ai été terrassé par mon asthme qui persiste toujours. Comme le délégué de quartier ils sont des milliers d’habitants de Petit Mbao à traîner au dispensaire de Petit Mbao selon l’infirmier chef de poste. « Lors des six derniers mois nous avons reçu 1500 cas de malades souffrant de problèmes respiratoires » ajoute le docteur Thioune.

January 28, 2016

REUNION DE PLANIFICATION POUR LES TROIS PROCHAINES ANNEES:WaterAid tient une journée d’engagement avec les parties prenantes du secteur eau, assainissement, hygiène

Jacques Ngor SARR (Dakar) WaterAid Afrique de l’Ouest réunit depuis hier à Dakar ses leaders Pays, l’équipe régionale senior et des collaborateurs issus de ses différents départements à Londres pour une réunion de planification pour les trois prochaines années à partir de 2016. 

Rencontre Dakar

Ainsi durant cette journée les différents acteurs se sont informés des enjeux et perspectives pour l’accès durable et équitable à des services assainissement, eau et hygiène au Sénégal et dans la sous-Région. Ils ont aussi discuté des priorités des différentes parties prenantes du Secteur avant d’identifier les collaborations possibles et les actions pour les réaliser.

De toute façon la stratégie de WaterAid est claire : «Nous voulons des changements mondiales et c’est possible s’il y a des leaderships appropriés », a déclaré le Chargé Régional du Plaidoyer de WaterAider Apollos Nwafor. Ce dernier pense aussi  qu’il faut que les populations demandent des comptes à leurs responsables et, en même temps adapter de bons comportements d’hygiène. Et ce n’est pas tout, car M. Nwafor ajoute aussi que les gouvernements doivent assurer leur responsabilités face aux citoyens pour permettre à tout le monde d’avoir accès à l’eau potable ».

 

October 6, 2015

Ville de Dakar : Des projets qui sécuriseront l’alimentation en eau potable de Dakar

Idrissa SANE (Dakar)

La sécurisation de l’alimentation en eau potable (Aep) de Dakar est dans une phase opérationnelle. Plusieurs forages ont été construits. Des travaux sont en cours pour remettre à flot l’Usine de Keur Momar Sarr. L’Agence française de développement ( Afd) a apporté un financement de 6, 5 milliards de francs Cfa pour le programme de sécurisation. La construction de la 3e Usine à Keur Momar,  de deux usines de dessalement  de l’eau de mer et d’un réservoir stratégique avec l’appui d’autres partenaires vont concourir à sécuriser davantage l’approvisionnement en eau potable de Dakar.

signature d'une convention entre le ministre de l'Hydraulique et de l'Assainissement du Sénégal, Mansour Faye et la ministre déléguée du Maroc en charge de l'eau
Signature de la  convention entre le ministre de l’Hydraulique du Sénégal, Mansour F. et la ministre déléguée du Maroc en charge de l’eau

Plusieurs quartiers de Dakar ont connu des perturbations d’approvisionnement en eau ce week-end. Ces dysfonctionnements ne sont pas liés à une panne des Usines de Ngnith ou  de Keur Momar Sarr ( Kms). Ils sont liés à la recherche de solutions durables pour couvrir les besoins en eau de Dakar. Les travaux en cours à Keur Momar Sarr (Kms) visent à prévenir d’éventuelles défaillances. « Les dysfonctionnements enregistrés ce week-end à Keur Momar Sarr ne relèvent pas d’une panne, mais plutôt d’une amélioration du service dans le cadre d’un Programme de sécurisation initié par le Gouvernement du Sénégal, avec l’appui de l’Agence française de   développement (Afd) pour un coût global de 6,5 milliards Cfa », lit-on dans le communiqué de la Sones, parvenu à la rédaction. En réalité depuis les incidents de l’Usine de Keur Momar Sarr en septembre 2013, l’Etat du Sénégal a lancé un programme contre « les vulnérabilités du système d’alimentation en eau potable de Dakar ». « L’AEP se fonde sur la détermination, pour les autorités sénégalaises, notamment de Monsieur le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Mansour Faye, de formuler des réponses durables à des questions techniques qui affectent le système d’alimentation en eau potable de Dakar », indique un communiqué de la Sones, parvenu à la rédaction. La couverture des besoins en eau de Dakar capitale administrative, siège des activités économiques est assurée en grande partie  par les Usines de Ngnith et Keur Momar Sarr. Les autorités ont entamé la radioscopie du système. Ainsi suite à ce diagnostic entamé depuis avril 2014, 7 programmes ont été définis. « Un diagnostic a été fait. Au bout des études entamées en avril 2014, 7 programmes ont été définis, notamment le renouvellement des conduites qui mènent au dispositif anti-bélier(mécanisme de lutte contre le refoulement des eaux de la conduite vers les pompes de KMS). Ce programme explique les travaux du week-end », indique le communiqué.

Remise à flot du système

Au demeurant, le projet Aep Dakar repose sur l’urgence de remettre à flot le système d’alimentation en eau potable de Dakar. Da façon concrète, la réhabilitation et la protection de l’usine de Ngnith est en cours depuis juillet, un groupe électrogène d’une capacité de 900 Kva a été installé depuis novembre alors que depuis juillet le processus de fourniture et de pose d’un transformateur est en cours au suppresseur de Carmel. A cela s’ajoute le renouvellement des conduites du point D des Madeleines qui a démarré depuis septembre. Selon le communiqué, les travaux d’alimentation en haute tension de Kms et ceux du système anti-refoulement seront lancés en décembre.  Les autorités ont aussi pris l’option de réduire la dépendance de l’approvisionnement en eau de Dakar à partir du Lac de Guiers. C’est ainsi en plus de la construction d’une troisième usine de Keur Momar Sarr d’une capacité de 200.000 mètres cube par jour, deux usines de dessalement de l’eau de mer verront le jour. Il a été retenu la réalisation de 7 forages dans le cadre de la mise en œuvre du Programme eau et assainissement en milieu urbain (Paemu).

Un réservoir stratégique

En outre l’Etat du Sénégal a un projet de construction d’un réservoir stratégique à Dakar pour porter l’autonomie à 24 heures au lieu de 3 heures. A cet effet, un protocole d’accord a été signé le vendredi 02 octobre 2015 entre la Sones et la Société nationale de l’eau de la Mauritanie. « Cet accord accorde une place importante à la sécurisation de l’alimentation en eau potable de Dakar dans un contexte où la volonté des autorités sénégalaises, notamment le Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Monsieur Mansour Faye, de construire un réservoir stratégique permettant à la capitale sénégalaise, qui consomme 72% de la production, de bénéficier d’une autonomie de 24 heures au lieu de 3 heures en cas de dysfonctionnement sur le réseau », rapportent les rédacteurs du communiqué.

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June 24, 2015

Cheikh tidiane fall, Coordonnateur de Water association (Iwa) : « Le développement de l’assainissement est illusoire en Afrique sans ressources humaines appropriées »

Le coordonnateur de International Water Association (Iwa), Cheikh Tidiane Fall, n’entrevoit pas le développement du secteur de l’assainissement sans des ressources humaines qualifiées. Dans cet entretien, il approfondit certaines questions soulevées lors de son intervention sur une session axées sur : « Engagements pour l’assainissement : réduire le manque de capacité professionnelle ».

 Lors de la 4ème édition de Africasan vous avez participé à la session « Engagement pour l’assainissement : réduire le manque de capacités professionnelles ».  Peut-on déduire qu’il y a un manque criant de ressources professionnelles dans le secteur ? 

C’est évident. Le secteur de l’assainissement est à la traîne des objectifs d’assainissement à atteindre et fait face à la détérioration due à un manque de concentration sur la durabilité. Les discussions post-2015 ont mis l’accent sur la durabilité à travers, par exemple, l’exploitation et l’entretien des installations. Cependant pour progresser durablement beaucoup de ressources (humaines et financières) sont nécessaires. Selon l’étude de l’International water association (Iwa) sur les écarts des ressources humaines -des évaluations effectuées dans 15 secteurs de Wash en Asie et Afrique dont le Sénégal- cette capacité en ressources humaines dans le secteur de l’assainissement est faible et l’arrivée future de professionnels de l’assainissement pose problème.

Pour dynamiser le leadership et l’action, les engagements sont nécessaires pour combler ce manque de capacité professionnelle de l’assainissement. Malgré ce constat, le tableau est inquiétant et sans une meilleure prise en compte de cette dimension relative aux ressources humaines, le développement du secteur de l’assainissement dans beaucoup de pays africains est illusoire. Certains pays ont élaboré des engagements sur ce plan, mais ceux-ci sont-ils clairs et transformables en actions ?

Pouvez-vous nous faire l’économie de votre présentation sur la capacité de l’assainissement en Afrique ?

La session organisée par IWA à AfricaSan 4 en collaboration avec Swa (Sanitation and water for all) visait à sensibiliser sur l’importance de s’occuper de la capacité professionnelle relative à l’assainissement au niveau national. Elle avait aussi pour objectif d’avoir des recommandations d’engagements réalisables  pour combler le manque de capacité professionnelle de l’assainissement.

En partageant les résultats de l’étude d’Iwa sur 9 pays africains (Sénégal, Niger, Mali, Burkina Faso, Ghana, Zambie, Afrique du Sud, Mozambique, Tanzanie), nous avons mis l’accent sur le fait que le secteur de l’assainissement n’est pas attractif pour différentes raisons. On peut citer les salaires qui ne sont pas compétitifs, la perception négative du travail, le manque de curricula spécifiques à l’assainissement dans les instituts de formation professionnelle, l’absence d’une stratégie nationale de développement des ressources humaines etc. Il est cependant possible de changer ce tableau sombre.

Comment combler le manque de capacité professionnelle dans l’assainissement ?

Il est indispensable, à partir d’une volonté politique au plus haut niveau, d’avoir dans chaque pays une stratégie nationale de développement des capacités de l’assainissement. Elle doit être axée sur les actions suivantes qui sont clairement mises en exergue dans l’étude d’Iwa : La clarification des responsabilités institutionnelles pour mieux prendre en question les ressources humaines d’une manière coordonnée au plan national, la coordination et la planification entre le secteur de l’assainissement et le secteur de l’éducation. Cela devrait permettre le développement de programmes d’études au niveau universitaire et professionnel basé sur les besoins du secteur de l’assainissement. Il faudra aussi améliorer l’image de l’assainissement pour attirer davantage de jeunes professionnels dans le secteur, tenir compte des besoins différents en zones urbaine et rurale, car dans cette dernière les installations sont moins complexes et les qualifications requises différentes, créer de nouveaux postes etc.

Quelle est la place des ressources bien formées dans  la prise en charge des besoins du secteur dans ce contexte de transition vers les Objectifs du développement durable (Odd) ? 

Il a été démontré lors de la session que les installations d’assainissement sont devenues plus complexes avec des innovations et un environnement changeant et exigeant. Pour les faire fonctionner, il faut des professionnels bien formés et très compétents. Malheureusement le secteur de l’assainissement est freiné dans son développement par l’insuffisance de ressources humaines de qualité. Le professionnel bien formé et motivé est au cœur du dispositif. Cet aspect doit être mieux pris en compte si on veut réellement améliorer les taux d’accès et permettre à un plus grand nombre d’Africains de bénéficier d’un assainissement amélioré afin de pouvoir vivre dans la dignité.

Propos recueillis par Idrissa SANE

 

 

 

June 2, 2014

Clôture de la Semaine africaine de l’eau: Le nouveau président de Amcow dévoile sa feuille de route

Idrissa SANE (Dakar)

Le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement du Sénégal, Pape Diouf a été élu nouveau président du Conseil des ministres africains  en charge de l’eau (Amcow). C’était le samedi dernier. Il  s’est engagé à travailler pour la maîtrise de l’eau, l’exploitation du potentiel hydroélectrique et le renforcement de la coopération.

Remise de temoin au nouveau Pdt Pape Diouf

Remise de témoin au nouveau Pdt Pape Diouf

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement du Sénégal, Pape Diouf est le nouveau président du Conseil des ministres africains  en charge de l’eau (Amcow). Il a été choisi par ses pairs  de 28  pays africains. Le ministre Pape Diouf qui  a transmis les encouragements du président de la République, Macky Sall,  aux autres ministres africains a promis de marcher sur les pas de son prédécesseur, la ministre nigériane, Sarah Reng Ochekpe. Sous ma présidence, affirme-t-il, notre Conseil va garder le cap en renforçant sa politique de gestion intégrée des ressources en eau, affiner ses stratégies et réaliser les actions nécessaires pour relever les défis auxquels l’Afrique fait face. Durant son mandat, Pape Diouf s’est engagé à faire évoluer des indicateurs aussi bien  pour les composantes accès à l’eau potable que pour l’assainissement. De plus, le bien de la nature sera exploité de manière rationnelle aux fins de soutenir le développement économique du continent.« L’accent sera mis sur la maîtrise de l’eau pour le développement de l’agriculture irriguée pour l’après 2015. A cet effet, nous travaillerons à un rapprochement avec le Conseil des Ministres africains en charge de l’Agriculture pour un plaidoyer et des actions communes pour l’atteinte de cet objectif », s’est-il exprimé.

Le ministre compte aussi donner une nouvelle impulsion à l’exploitation  hydroélectrique de l’Afrique qui n’a exploité que 7 % de son potentiel. L’exploitation de ce potentiel aurait aux yeux du ministre des effets positifs en termes de lutte contre la pauvreté, contre les maladies et contribuerait à la préservation de l’environnement. « Le deuxième facteur qui me semble essentiel est l’accès à l’énergie hydroélectrique. Il ne fait aucun doute qu’aujourd’hui, les ressources énergétiques ont un effet multiplicateur sur l’atteinte des objectifs relatifs à la réduction de la pauvreté, à l’éducation, à la santé et à l’environnement », fait-il remarquer.

La Gire

Le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement du Sénégal a lancé un appel pour la consolidation de la coopération autour de la gestion intégrée de la ressource eau. La gestion intégrée est la voie pour assurer la durabilité de ce bien de la nature. L’Amcow est un instrument idéal pour promouvoir sa préservation. « Amcow n’est pas une panacée ni un remède miracle. Elle reflète la volonté politique collective des Etats membres ainsi que le souci de prendre en compte leur intérêt dans le renforcement de la coopération multilatérale de nos pays. Nous devons être ensemble, et gérer en commun ce qui nous est tous indispensable : l’eau », argumente-t-il.  Le ministre a félicité le secrétaire exécutif, Mbaï Mass Taal et son équipe ainsi que le comité d’organisation de la 5e édition de la Semaine africaine de l’eau. La prochaine édition aura lieu en Tanzanie.

Idrissa SANE

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May 31, 2014

Disponibilité de l’eau au Sénégal: Le premier Ministre invite à une utilisation judicieuse de la ressource

Idrissa SANE (Dakar)

Le premier Ministre, Aminata Touré considère que la disponibilité de l’eau dans l’avenir dépendra des comportements de l’homme. Le chef du gouvernement a fait cette déclaration, le vendredi dernier, lors de la cérémonie de clôture de la Semaine africaine de l’eau tenue à Dakar du 26 au 30 mai.

Aminata Touré, Premier ministre du Sénégal

Aminata Touré, Premier ministre du Sénégal

 

 

 

 

 

« L’eau ne peut pas être considérée comme un don inépuisable de la nature. ». Ces propos du premier Ministre du Sénégal, Aminata Touré est une invite à une culture d’un usage judicieux de ce bien de la nature source de vie, en passe de devenir source de conflits. En réalité des milliers de personnes vivant dans des régions du globe plongées dans un stress hydrique se démènent tous les jours pour trouver ce bien de la nature.
L’homme est au centre de sa rareté. « Nous portons tous une part de responsabilité de l’avenir de l’eau sur notre planète », a laissé entendre Aminata Touré. Elle a plaidé pour une utilisation judicieuse de cette ressource pour les différents usages y compris pour la consommation humaine. Pour le chef du gouvernement, le temps est venu de revoir les modes de consommation. « Il y a donc un besoin urgent de changement dans les modes de production et de consommation pour réduire les gaspillages et améliorer l’efficience dans l’utilisation des ressources en eau », plaide Aminata Touré.
Elle suggère la gestion concertée entre les Etats pour à la fois assurer sa disponibilité à long terme et aussi pour la prévention des conflits. « A l’évidence, « l’or bleu » est devenu un bien de production et de consommation dont les multiples usages renvoient à un impératif de concertation et de coopération entre Etats, de régulation et de règlementation en leur sein », défend Aminata Touré. C’est à juste raison, que les différentes politiques recommandent une gestion intégrée de ce bien. Sa rareté est aujourd’hui une réalité. Le lit du Lac Tchad ne cesse de se rétrécir laissant derrière un lot de désolation. L’assèchement progressif du plus grand lac au monde est l’une des manifestations emblématiques du changement climatique.
Les intervenants lors de la cérémonie de clôture, comme la ministre nigériane des ressources en eau, Sarah Rengocheck, ont plaidé pour une reconsidération de l’assainissement et de l’hygiène dans l’agenda post 2015. La prise en compte de ces questions contribuera à la prévention des maladies hydriques et celles liées à l’insalubrité.
La société civile sénégalaise milite pour la mobilisation des financements au niveau interne avant de compter sur l’appui extérieur. « Sans investissement adéquat dans l’assainissement, les efforts en santé seront vains. L’assainissement doit cesser d’être le parent pauvre de la politique de l’hydraulique. Nos Etats doivent être les premiers à investir dans l’assainissement et l’hygiène montrant ainsi la priorité accordée à ce secteur », lit-on dans le communiqué de la société sénégalaise.
Les experts sont revenus sur les recommandations qui ont sanctionné les conférences axées entre autres sur : « l’eau, l’assainissement et l’hygiène », « la gestion des ressources en eau pour le développement durable », « la gestion des eaux usées et qualité de l’eau », « la gestion de l’eau et des risques de catastrophes ».
Le premier Ministre a visité les stands pour voir les bonnes pratiques des différents pays africains en matière de politique d’accès à l’eau et à l’assainissement.

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May 27, 2014

Semaine africaine de l’eau : Les experts sonnent l’alerte pour la préservation de la ressource précieuse

Tata SANE et Idrissa SANE (Envoyés Spéciaux)

Le partage de l’eau est source de conflit dans plusieurs parties du globe et surtout sur le continent africain. La preuve, le Nil suscite toutes les inquiétudes sur la côte orientale de l’Afrique. Les différents intervenants ont fait des plaidoyers aux relents de plaidoirie pour la préservation de cette ressource qui se raréfie. Au jour d’aujourd’hui, le continent noir compte plus de 300 millions de personnes qui n’ont pas accès au liquide précieux. . C’est ce qui ressort hier de l’ouverture de la 5e Semaine africaine de l’eau.

La 5e Semaine africaine de l’eau est ouverte sur fond de plaidoyer pour la préservation de cette ressource. Aujourd’hui, il est accepté de tous que l’accès à cette ressource est un luxe pour des millions d’Africains. D’où tous les enjeux de sa sauvegarde. Le Haut commissariat pour l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal ( Omvs), Kabinet Komara, a largement abordé cette problématique. Pour ce dernier, la préservation de cette ressource appelle à des actions concertées. « L’eau est à la fois la base pour l’agriculture, la santé et l’énergie. C’est pourquoi qu’il faut se donner la main pour faire une gestion partagée. D’où l’intérêt de la semaine de l’eau qui doit mette l’accent sur la préservation de la ressource ; mais surtout sur la définition de nouveaux modes d’actions de façon à faire en sorte que cette gestion soit durable », estime Kabinet Komara.
En réalité, plusieurs scénarii concordent sur l’imminence d’une raréfaction de ce bien commun suite à une augmentation de l’évaporation, elle-même consécutive à une hausse des températures. « Il ne faut pas baisser les bras jusqu’à ce que ce produit devienne de plus en plus rare avec les changements climatiques. Les besoins deviennent conflictuels avec l’augmentation de la population, avec le développement industriel, l’augmentation des superficies cultivables et sa mobilisation pour la production de l’énergie. Longtemps considérée comme une denrée gratuite dans beaucoup de pays ; l’eau ne peut plus être gratuite », défend le Haut commissariat de l’OMVS.
La présidente de l’Amcow, Hon Sarah Reng Ochekpe a abondé dans le même sens. L’eau dit-elle est vitale pour garantir la sécurité alimentaire et l’énergie. Elle ajoute que son développement et sa gestion efficace et efficience est un instrument pour atténuer les impacts prévus du changement climatique.
Prenant la parole, le chef du gouvernement sénégalais estime que la rencontre de Dakar doit servir d’occasion pour donner une nouvelles orientations aux politiques de ce secteur.« C’est l’occasion de statuer sur nos performances, de les évaluer, de ressortir les difficultés rencontrées à la mise en œuvre de nos politiques publiques pour l’atteinte des OMD et d’en tirer toutes les leçons pour de meilleurs résultats dans la mise en œuvre de l’Agenda post 2015 », a souligné le premier Ministre, Aminata Touré, lors de l’ouverture de la 5e semaine africaine de l’eau organisée par le Comité exécutif et le Conseil des ministres africains de l’eau ( Amcow). Elle invite à bâtir des politiques de gestions favorisant un raffermissant des relations entre les différents Etats. « Ce bien commun doit être un facteur de paix, d’union, d’intégration et de coopération économiques entre nos Etats », a laissé entendre le premier Ministre du Sénégal. Pour le chef du gouvernent, le moment est venu pour les pays d’élaborer une politique plus efficace tournée vers une exploitation judicieuse de ce bien de la nature qui se raréfie. « Cette 5ème semaine africaine de l’eau offre une opportunité pour discuter de l’amélioration et de la performance de nos différents organismes de gestion des bassins transfrontaliers afin de tirer un meilleur profit économique de cette ressource », ajoute le chef du gouvernement.

Des actions concertées

Pour le secrétaire exécutif de l’Agence intergouvernementale panafricaine pour l’eau et l’assainissement en Afrique ( Eaa), Idrissa Doucouré, l’Afrique gagnerait à se projeter sur l’avenir avec plus d’ambitions. « C’est aujourd’hui, l’occasion ; pour le continent de jeter un regard critique dans le rétroviseur afin de faire le point des engagements pris depuis 2000 aux niveaux international et national. Nous devons poursuivre cette dynamique enclenchée et travailler de manière commune à adopter un programme beaucoup plus ciblé pour le secteur », recommande le secrétaire exécutif de l’Agence intergouvernementale panafricaine pour l’eau et l’assainissement en Afrique ( Eaa), Idrissa Doucouré.

May 19, 2014

Le Technopole de Dakar : La survie sur le fil d’eau d’une dépression

Idrissa SANE (Dakar)

La nappe phréatique qui affleure est une aubaine pour des chercheurs d’espoir dans le Technopole. Dans la zone des Niayes, véritable poumon dakarois, à l’ombre du béton, du bitume et du fer, le Technopole est la respiration de pêcheurs et de maraîchers. Emplis du message de la protection des ressources, les pêcheurs se battent contre la pollution pendant que les maraîchers adoptent, à petite échelle, des stratégies d’économie d’eau. L’horizon est, malgré tout, chargé de nuages pour toutes ces activités.

Une vue de technopole, la zone humide dakaroise

Une vue de technopole, la zone humide dakaroise

Ici, l’affleurement de la nappe phréatique et la disponibilité de l’eau durant toute l’année conditionnent la vie humaine, végétale et animale. Cette cuvette est, par la force des choses, le refuge des réfugies climatiques du Sénégal et des oiseaux migrateurs menacés dans le monde. Chaque jour est une espérance renouvelée. Chaque jour est une aurore dont le soleil devient encore plus radieux lorsque la corbeille s’emplit de quelques espèces de poissons. Pas très loin, les vrombissements des moteurs, sur la nouvelle Autoroute à péage Dakar-Diamniadio, produit un vacarme entre dans le quotidien des riverains. En contrebas, la Nationale 1, réhabilitée, regarde défiler le lot de voitures ayant préféré le service public gratuit de la circulation. Derrière nous, la Cité Sotiba sert de tampon entre le reste de la populeuse Pikine et cette portion du cours d’eau, à hauteur du Technopole. En levant les yeux, sur la droite, les hauteurs de Pikine-Canada et Guédiawaye renvoient au souvenir de l’appellation courante de « Ravin », pour décrire cette dépression.
Le panorama est une somptueuse verdure en cette matinée du samedi 9 mai 2014. C’est un régal des yeux, ce tableau de la nature qui ne porte pas encore la nudité des espaces visités par la main destructrice du béton et du fer. Majestueux, les cocotiers et les herbes hautes ignorent encore les échos polémiques d’une arène nationale pour la lutte, en bordure des deux nouvelles voies de dégagement reliant Pikine à Guédiawaye en un temps record. La vie suit donc son cours… sur ce cours d’eau. L’espoir est un filet sans cesse jeté dans l’eau afin de prendre de précieux poissons. Trouver les moyens de vivre est un défi quotidien qui ne connaît pas d’âge. C’est le filet de la survie. Cet ensemble de mailles, préparé à l’ombre des pirogues sur le sol ferme, assure la prise de l’espoir.
La survie est un sourire que ne ternit pas ce ciel loin d’être dégagé en cette matinée. Entre des vases à fleurs, arrosoirs fermement tenus à la main, un jeune homme, sous les yeux de son maître, Aliou Youm, à la noirceur marquée, se faufile entre des plantes ornementales comme les ficus et les « borneras ». Comme une machine programmée pour rendre à la nature exubérante une partie de la nourriture qu’elle produit elle-même, le jeune homme fait des allers-retours presque en courant. Son dynamisme est un hymne à l’effort. C’est un rituel du travail auquel il sacrifie, sans discontinuité, depuis une dizaine d’années. Le Technopole est devenu sa seconde demeure. « Je suis originaire de Diourbel. Depuis mon installation à Dakar, j’ai investi dans la floriculture dans cette zone parce que nous n’avons pas de problème d’eau », confesse-t-il. Un bassin en ciment, de forme cylindrique, est attenant à un puits d’au moins un mètre de profondeur. Cette retenue d’eau est sa solution au casse-tête des exploitants des périmètres maraîchers du Technopole. L’ingéniosité, avec du matériau sommaire, est une source de revenus, à travers les plants de choux, de salades, de tomates.
UN NID D’EXODE RURAL POUR LES HOMMES
L’expérience des périmètres maraîchers est une solution commune à beaucoup de jeunes. A l’entrée du Technopole, près du local de la Sonatel, des jardins sécurisés à l’aide des palissades de typhas longent la voie latéritique, elle-même, s’étire. Sara Diouf, est en faction devant ces périmètres. Il vient d’arroser 13 plants de salades, des pieds de manguiers et des haies d’ananas. Ici, il a l’eau en permanence, contrairement à la situation en vigueur dans son village natal. Il garde encore en mémoire les transitions difficiles, dans son Sine natal, entre la saison des pluies et la saison sèche. C’est la seule fausse note du bel hymne à la beauté de son terroir de Fissel Mbadane, dans la région de Fatick (150 kilomètres de Dakar). Dans cette dépression naturelle, verte et humide, il a aménagé une excavation en guise de retenue d’eau. « Vous voyez, lorsqu’il pleut, elle se remplit d’eau. Je peux arroser, durant plusieurs mois, avec l’eau de pluie. Ce procédé nous évite de creuser tout temps pour avoir de l’eau », dévoile le maraîcher. Ces « céannes » sont des retenues d’eau aménagées par une simple excavation atteignant la nappe. Ces aménagements sont assez larges avec, au moins, un mètre de profondeur. Au-dessus de ces « céannes », des branches d’arbres forment une voûte pour limiter les évaporations. Depuis une dizaine d’années, Fara Diouf tire les moyens de subsistance de sa famille de l’exploitation de ces parcelles. La survie est un pont qu’emprunte aussi son voisin Fara Diouf. La barbe bien fournie, le regard avenant, M. Diouf, fait du maraîchage sa principale activité. Sous un vent frisquet qui balaie le site, cet homme exprime les marques de satisfaction.
La nature a ses incertitudes, malgré ses splendeurs. Vivre ou survivre dans ce nid de la nature, aussi bien pour les oiseaux migrateurs que pour les hommes ayant choisi l’exode rural, reste un défi dans la précarité. L’équilibre de l’écosystème n’est pas garanti dans l’absolu. De ce fait, l’angoisse habite les cœurs, sous les traits de rideaux de typhas tapissant l’horizon, sur la terre ferme, vers la nouvelle bretelle menant vers Pikine. En contrebas de la route, le peuplement de cocotiers se réduit peu à peu. Les maraîchers, eux, attendent le pire. L’horizon est peuplé des craintes de voir des lutteurs s’adonner à leurs joutes du week-end si près de leurs exploitations, dans une nouvelle cuvette. Celle-ci ne sera pas comparable à ce ravin à la nature épanouie. Il s’agit plutôt d’une infrastructure en béton, hissé sur de la terre remblayée. La supplique est formulée par une amazone de la terre. Retrouvée sur les lieux, Ngoné Diop confie : « La construction de l’arène nationale, dans le site du Technopole, n’est pas la meilleure chose pour nous parce qu’il y aura une perturbation de nos activités Nous ne pourrons plus mener nos activités et, en conséquence, cela va accentuer la pauvreté. Ici, nous avons facilement accès à l’eau soit avec les mares soit avec la nappe phréatique. Nous ne sommes pas sûrs d’obtenir ces faveurs de la nature ailleurs ». Courbée sur ses pépinières, Ngoné Diop racle la superficie pour faciliter l’infiltration de l’eau. La dame n’est pas une néophyte en agronomie. Elle se relève et dévoile sa technique d’économie d’eau et d’énergie avec un sourire. « C’est vrai, il y a de l’eau, mais nous n’avons pas besoin d’arroser tous les jours certaines cultures. Parfois, je peux rester deux à trois jours sans arroser. Ce qui permet de biner ou de faire d’autres aménagements », dit-elle.
DE L’IMAGINATION POUR DES ECONOMIES D’EAU
Le site découvre ses atours authentiques à mesure que nous avançons. Au coin d’une pénétrante latéritique, le jardin est entouré de plusieurs herbacées et de formations arbustives. Un micro climat emplit le lieu d’une fraîcheur bienfaisante. Nous sommes bien dans les Niayes, avec ses conditions climatiques particulières, disons plutôt avec son micro climat. Celles-ci font de ce site le refuge des migrants climatiques. Ngor Niang, un homme de forte corpulence, originaire de Loulou Sessène (un village de Fatick) ne peut pas refuser sa condition de migrant climatique. « Je pratiquais l’agriculture en saison des pluies et le maraichage en saison sèche mais, à cause de la salinité et de la pauvreté des terres ajoutées à l’insuffisance des pluies, je ne pouvais pas obtenir des productions pour subvenir à mes besoins », dit-il. Il plie bagages et débarque à Dakar, grossissant les rangs des demandeurs d’emploi. La quête est un véritable parcours du combattant. Ce Sérère s’impatiente dans les fils d’attente. « Je suis venu à Dakar pour chercher du travail, comme je n’ai pas trouvé, je me suis lancé dans le maraichage dans cette zone où, à grâce à l’eau, nous pouvons faire plusieurs récoltes dans l’année », confesse-t-il. Une petite dénivellation laisse voir l’eau verdâtre de la « céanne ». Ses collègues et lui ne font pas un mésusage de ce liquide précieux. « Ici, tout le monde a conscience de l’importance de l’eau. C’est la raréfaction de ce liquide qui nous poussé à quitter nos villages pour venir à Dakar loin de nos parents. Durant la saison des pluies, je fais des excavations pour récupérer le maximum d’eau pour un usage s’étalant sur un minimum de six moins. La remontée de la nappe phréatique me facilite les choses », s’exprime le producteur.
Un peu plus au Nord, sur les bas-côtés de la route de Cambérène, juste après l’Ecole nationale de Formation en Horticulture, d’autres exploitants travaillent paisiblement dans leur jardin. En plus de ces « céannes », à une période de l’année, ils ont recours aux eaux usées traitées par l’Office national de l’assainissement du Sénégal (Onas). « Au mois de mai, les eaux des nappes deviennent salées. A partir de cette période, l’ONAS nous fournit les eaux usées traitées qui nous permettent d’avoir plusieurs récoltes avec peu d’eau », se félicite Fatma Bâ.
La pêche en eau trouble
La vie continue, près des « céannes », mais au bout d’un filet à épervier. Au milieu d’un bosquet, des fumées s’échappent des huttes en raphias. Près de la piste, Joseph Bora, les jambes allongées, discute avec un ses camarades. Ce dernier rapièce le filet à épervier. Depuis plus de cinq ans, leur vie est liée au Technopole. « Je peux gagner 2.500 francs Cfa, 3000 francs Cfa, voire 6.000 francs Cfa par jour après la vente des poissons », révèle, Joseph Bora, un sénégalais originaire de la région d’Oussouye, au Sud du Sénégal. Leur activité est menacée. La population de typha explose au milieu des cours d’eau. C’est la menace anthropique. Au loin, au bout de la grande piste latéritique qui s’étire vers la grande mare, sur un coin faisant office de poste de débarquement, Moussa Kamara, les filets à la main, sort de la vase. Agé 67 ans, il remonte difficilement la berge. Il est trempé jusqu’aux os. Le sexagénaire est d’un abord facile. Un sentiment de désastre l’enserre. « Depuis 15 ans, je pêche dans les mares du Technopole. Je gagne 2.000 francs Cfa, 3.000 ou 5.000 francs Cfa par jour. Depuis mon départ à la retraite, je ne vis que de cette activité. Aujourd’hui, nous avons des craintes relatives à la construction de l’Arène nationale. Nous devons continuer à nous organiser pour trouver un terrain d’entente avec les autorités », confesse Moussa Kamara, un ancien militaire sénégalais. Augustin Gomez un autre pêcheur n’a que des prières pour que le projet ne voit pas le jour sur des points qui vont perturber l’écosystème. Le choix du site a suscité une controverse entre les autorités et des habitants ou associations. Même si le projet a ses défenseurs, l’Etat poursuit le dialogue et cherche un « site consensuel » pour reprendre la formule du Premier ministre Aminata Touré dans sa Déclaration de politique générale en octobre 2013.
Sur le point le plus avancé dans la grande mare, plus de dix pêcheurs raccommodent cinq filets. Tous les jours, ils se retrouvent sur les différentes mares pour traquer les poissons. Au fil des années, ils s’emploient à la protection de ce site. « Les pêcheurs qui sont ici ont, à plusieurs reprises, renvoyé des charretiers qui veulent transformer ce site en dépotoirs d’ordures. Nous savons que si l’eau est polluée, il n’y aura plus de poissons dans ces mares. Nous devons la protéger, cette eau parce c’est ici que nous tirons nos revenus », rapporte Antoine Lambal.
Sur cette pointe, nous avons le regard suspendu sur les légers mouvements ondulatoires de l’eau. Des bandes d’oiseaux survolent la grande mare et se reposent paresseusement. Plus de 172 espèces d’oiseaux menacés y vivent. Une colonie de goélands attire des visiteurs. Des spatules, des barges volent et se retournent. Leur présence est indissociable avec la disponibilité des mares. Dès lors, nous comprenons l’attraction que le site exerce sur les scientifiques et sur les touristes. La nature, ici, est poésie. Oui, parce qu’elle est vie, dans toute sa splendeur. « Nous appelons nos partenaires de la Société civile à faire un lobbying pour maintenir cette zone humide et sauver des oiseaux migrateurs », prêche le Directeur des Parcs nationaux du Sénégal, Soulèye Ndiaye.

Les graines de l’éveil d’une conscience environnementale
Un élan pour la nature. Un vaste de mouvement de sympathie pour préserver la vie. Les organisations de défense de l’environnement, l’Association des étudiants diplômés de l’Institut des sciences de l’environnement, des organismes intervenants dans le domaine de l’environnement, les maraîchers, les riverains avaient fait front commun contre ce projet de construction de l’Arène nationale par la République de Chine au profit de l’Etat sénégalais. Les menaces sur cette zone humide sont encore en débats, dans un processus de concertations pour trouver une solution consensuelle.

Le président Macky Sall au chevet Des Niayes
En plus des espèces guinéennes, on y retrouve des espèces dominantes comme Chloris barbata, Cenchrus biflorus, Dactyloctenium aegyptium, Phragmistes australis, Avicennia germinans, Typha domingensis, Tamarix senegalensis recensées par Nadia Tih, dans le cadre de la réalisation de son mémoire de Master II en sciences de l’environnement en 2013. Le Technopole est l’un des rares sites dakarois de concentration de la biodiversité, une sorte de hotspot pour reprendre la formule de nos professeurs de l’Institut des sciences de l’environnement de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Mais, pour combien de temps ces mares et ces lacs seront-ils encore les sources de vie pour les hommes, les oiseaux, et les espèces végétales ? Personne ne le sait. La progression des habitats et l’expansion des grands travaux ont déjà perturbé les écoulements des mares. Les maraichers, les pêcheurs, les environnementalistes et les organismes se battent pour sa sauvegarde. Le président de la République, Macky Sall, conscient des fonctions économiques, écologiques, et sociales, a invité les services compétents à sauver les Niayes qui est le grand ensemble où se trouve le technopole. « Pour faire face à ce phénomène d’émiettement continu des terres de cultures dans cette zone des Niayes, le président de la République a décidé de mettre en application une réglementation adaptée, qui va désormais organiser la non-cessibilité des assiettes foncières pour usage d’habitation », lit-on dans le communiqué du Conseil des ministres publié dans l’édition du « Soleil » datée du jeudi 15 mai 2014.
Le technopole fait partie des Niayes qui fournissent 80 % de la production totale des légumes aux marchés de Dakar et de l’intérieur du Sénégal selon l’étude intitulée : « Manuel des bonnes pratiques de l’utilisation saine des eaux usées dans l’agriculture urbaine ».