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March 4, 2019

Sommet Africasan5 : Les grandes résolutions

Alain TOSSOUNON (Cape Town, Afrique du sud)

Le ministre sud-africain au cours de son discours de clôture

Tenue du 18 au 22 février 2019 à Cape Town en Afrique du sud, la 5e conférence internationale  de l’assainissement qui a réuni 36 Etats venus du monde entier,  a tenu toutes ses promesses. Au-delà des résolutions prises, le sommet a été un véritable moment de partage d’expériences innovantes et prometteuses, permettant une fois encore aux acteurs, experts et décideurs locaux et centraux, de renouveler leurs engagements dans la marche pour l’hygiène et l’assainissement pour tous en Afrique.

Deux résolutions majeures ont sanctionné la fin des travaux de ce sommet. Il s’agit en premier, de la ferme résolution d’«accroître la visibilité de l’hygiène et de l’assainissement dans les programmes de développement » et deuxièmement, de «promouvoir l’excellence et l’innovation en matière d’initiatives audacieuses qui inspirent l’action des gouvernements». A cet effet, les acteurs ont au terme de leurs réflexions, décidé d’engager un plaidoyer  dans les prochaines semaines auprès de l’Union Africaine (l’UA) pour amener progressivement les Etats à faire de l’hygiène et de l’assainissement, une priorité dans l’agenda de développement.

En réalité, expliquait le Secrétaire Exécutif du Conseil des ministres africains de l’eau, Dr Canisius Kanangire, cette démarche de recourir à l’institution africaine a été envisagée depuis le précédent sommet qui a eu lieu en 2015 à Dakar au Sénégal.

Avec cette résolution, l’espoir de voir ce sous-secteur encore laissé-pour-compte dans plusieurs pays, gagné en priorité est permis. Pour le Secrétaire exécutif, Dr Canisius Kanangire, l’Union Africaine sera sollicitée pour accompagner les Chefs d’Etats  à inscrire la question de l’hygiène et de l’assainissement sur leur agenda de développement.  Mais plus encore, soutient le Secrétaire exécutif, les Etats et leurs gouvernements seront appelés à mener des politiques publiques pro-pauvres permettant de prendre en compte, les pauvres, les personnes vulnérables etc…vivant aussi bien en zone rurale qu’en zone urbaine. Dans la droite ligne des Objectifs de Développement Durable et des engagements de N’Gor, personne ne doit être laissé de côté pour atteindre l’accès universel.

Les participants venus de 36 Etats du monde entier

Un appel au respect des engagements de N’Gor a été lancé aux ministres de l’eau et de l’assainissement par le Président de la conférence sur la Gestion des boues de vidange qui se tenanit en même temps que le sommet, Doulaye Koné. Il a invité les ministres des Etats du continent, à redoubler d’efforts, à maintenir les relations avec AMCOW,  à travailler toujours ensemble pour faire face  à tous ces nombreux défis que rencontrent les pays africains dans le domaine de l’assainissement. « C’est ensemble que nous arriverons à  surmonter nos difficultés», a-t-il souligné.

A son tour, dans son discours de clôture, le Ministre sud-Africain en charge  de l’eau et de l’assainissement  Gugile Ernest Nkwinti, a pris l’engagement de s’ impliquer  fortement  dans la mise en œuvre de la politique de l’eau,  l’hygiène et  l’assainissement  dans son pays et au-delà de son pays,   sensibiliser au mieux  ses pairs ministres en charge de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement du continent pour le respect des engagements pris à N’Gor pour  l’ accès  à l’hygiène et à l’assainissement pour tous d’ici l’an 2030.

Lançant un appel à l’union de tous les pays africains pour  réussir ensemble, le ministre Gugile Ernest Nkwinti a insisté sur la nécessité pour  ses pairs, de  travailler en synergie avec tous les acteurs et experts de leurs pays. «De nombreux problèmes peuvent être résolus même à distance »,  a-t-il avant de rappeler que de belles  opportunités s’offrent aux pays. Mais pour les saisir, il soutient qu’il faut une organisation, un appel aux actions multipartites, au dialogue  pour encourager les partenaires techniques et  financiers en charge de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement à accompagner les pays africains.

Pour terminer, il a exhorté les représentants des 36 Etats  présents  à s’ouvrir aux innovations en se fondant sur la déclaration de N ’Gor pour que dans les six prochains mois, les choses changent positivement et soient  plus visibles.

 

Les Etats appelés à plus d’efforts

Le sommet a été une occasion de bilan  pour le Conseil des ministres africains de l’eau (AMCOW) qui, il y a  20 ans, s’est engagé à porter l’assainissement et l’hygiène au rang des priorités de développement aux plans mondial et national.

En effet, le processus AfricaSan remonte à 2002, année de sa tenue en Afrique du Sud. L’un des plus grands succès mentionnés par l’institution  est d’avoir réussi à faire pression par le biais du PNUE,  sur les Nations Unies pour l’adoption d’un objectif de développement spécifique pour l’assainissement dans les ODD. Aujourd’hui, le processus AfricaSan est devenu une plate-forme continentale pour générer un élan politique en faveur de l’hygiène et de l’assainissement.  Mais, les Etats doivent redoubler d’efforts parce que l’hygiène et l’assainissement, sont devenus des droits de l’homme.  C’est indéniablement un défi complexe de réaliser l’accès universel à l’assainissement en raison d’autres problèmes connexes tels que le changement climatique, la migration vers les villes… mais l’essentiel est que ces Etats doivent trouver des solutions durables quels que soient les défis auxquels ils sont confrontés. Car, au-delà d’être une question de santé, l’hygiène et l’assainissement constitue une question de dignité et doit être assurée en particulier pour les femmes et les filles. Le Conseil des ministres africains de l’eau à AfricaSan4 à Dakar (Sénégal) en 2015, avant l’avènement des ODD, a pris conscience de la nécessité de développer et d’approuver les dix engagements de N’gor que tous les gouvernements africains devraient respecter afin de réaliser l’accès universel à un assainissement durable et d’éliminer la défécation à l’air libre d’ici 2030.

En présentant les résultats de l’évaluation des progrès des pays, Kitch Bawa, du secrétariat de l’AMCOW, a indiqué que peu d’efforts ont été faits par les pays. Dans sa présentation, il a souligné que c’est seulement en matière de leadership et de coordination, que les pays ont obtenu des progrès.  Ce qui montre que de plus en plus, les Etats du continent ont identifié des ministères pour porter la problématique de l’hygiène et de l’assainissement et font des efforts pour organiser les principales parties prenantes. En dehors de cette seule bonne nouvelle, les autres indicateurs sont au rouge. C’est le cas des inégalités, du financement où les efforts sont encore insuffisants dans plusieurs Etats. Le défi est encore plus grand pour certains Etats où la disponibilité des données constitue un problème. Dans plus de la moitié des pays du continent, le chemin est encore long pour atteindre l’accès universel. Pour Kitch Bawa du secrétariat de l’AMCOW, il faut un mouvement d’ensemble de tous les acteurs dans les pays pour partager ensemble les connaissances et les expériences. Ce n’est qu’à ce prix que le défi sera relevé.

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March 1, 2019

Sanitation Crisis In Africa: “No Data on Hygiene and 0.5% of GDP to Sanitation not met,” 2018 Progress Report on Ngor Commitments shows.

By Diana Coker (Capte Town, South Africa)

The first ever joint Africa Sanitation (AfricaSan5) and Feacal Sludge Management (FSM5) Conference held in Cape Town, South Africa from the 18th to 22nd February 2019, was an important gathering of all stakeholders that contribute to sanitation within the continent and was designed to positively impact the lives of people by ensuring that their sanitation and hygiene needs are adequately and sustainably addressed.

The event attracted government representatives, researchers, investors, innovators and other sector players across the continent who interfaced, formed partnerships in order to ensure that the ideas and knowledge gained from each other will be adequately utilized for the good of people in need of Sanitation services. South Africa was chosen as an ideal country for the event because of the innovative approach to sanitation related issues within the continent.

President of the Africa Ministers Council on Water (AMCOW), Emmanuel Tony Ondo in his address to participant affirmed that the conference was a significant milestone of a long journey that African countries have embarked on for almost 20yrs ago in a bid to prioritize sanitation and hygiene in both global and national development

He recalled that AfricaSan process can be traced back from 2002 when it was first held in South Africa and their biggest achievement was to successfully lobby the development community through UNEP and the United Nations to adopt a specific development target for sanitation which was captured in the Millennium Development Goals, adding that since then, the AfricaSan process has developed into a continental platform to generate political momentum to sanitation and hygiene. Sanitation, Hygiene and access to drinking water is a priority in all the African governments globally through the Sustainable Development Goals, but however inasmuch as they have agreed to the fact that it is a human rights  issue, they have still not been able to achieve it as many African countries are yet to provide sanitation for all their citizens. However, moving forward with the implementation of Sustainable Development Goals it is hoped that they will be able to achieve their set targets far more than they did with the Millennium Development Goals. Although it may be a complex challenge, as result of other related issues like climate change, migration to cities, but the bottom line is that they must find sustainable solutions regardless of the challenges they are experiencing. Sanitation is dignity and must be provided especially for women and girls. The African ministers Council on Water at AfricaSan4 in Dakar Senegal in 2015, held before the inception of the SDGs realized the need to develop and endorse the ten Ngor Commitments which all African governments are expected to meet in order to achieve universal access to sustainable sanitation and hygiene services and eliminate open defecation by 2030.

A member of the AMCOW Secretariat, Kitch Bawa in  presenting the outcomes of the monitoring of the Ngor Commitments on Sanitation and Hygiene which he described as the “center piece” of AfricaSan, informed the audience that the report was compiled and presented by the AfricaSan International task force, made up of key stakeholders, within the Africa Sanitation space.

The Africa-San International Task Force, he said, was restructured in 2017  to make it more effective to support sanitation across the continent and is consist of a sub-committee on monitoring, validation and reporting with a work plan that involves consultation with member states and ensure what is gathered is validated.

“We have 42 indicators in the Ngor Commitments divided into two stages and a clear-cut vision.

The first indicator – stage one, monitors the enabling environment, whilst the second indicator – stage two is different from one country to another and focuses on individual country’s set target. The vision indicator which tracks access to safely managed sanitation and hygiene and ending open defecation.

Giving a PowerPoint overview presentation of the performance on African countries through an analogy of traffic lights on the scoring of progress on the commitments, the red light showed very bad progress or no progress at all, yellow (Amber) showed some progress and green showed good progress. According to him, Africa has made very little progress from the chart as the yellow and red were visible everywhere, whilst the green was not that visible.

The result reached following the monitoring of the Ngor commitment provided the good news that the green light showed that there is very good progress that has been made on leadership and coordination which shows that increasingly across the continent more countries have identified ministries that leads Sanitation and Hygiene, and key stakeholders within the countries come together to share and learn from one another to move the sanitation sector forward.

However, the bad news is that they have done very poorly in the area of eliminating inequalities and access to sanitation services as governments are yet to look at how to provide access to sanitation services for the neglected poor, the downtrodden and people down the lowest quintile which happens to be the first commitments. He further disclosed that they have also done very badly on the issue of financing, as in 2008 when the Etiqwine Commitments were endorsed, there was a commitments made to allocate at least 0.5% to sanitation, but that up to the end of 2015 very little progress was made in that regard. This situation up to 2018 when the report was compiled has not changed as no progress has been recorded so far.

“It is even worse when it comes to the issue of safely managing sanitation and encouraging its productive re-use. It is really worse and it is for this reason we brought AfricaSan and FMS together so that by learning from each other, we can go back and see how we can encourage productive use of sanitation across the continent,”

Kitch Bawa said.

Adding, “We did very poorly in the area of creating enabling environment and therefore the country targets were not met. We expect that as we work towards improving the enabling environment we would begin to ensure that countries meet the target they set by themselves.”

The vision’ he furthered, is access to safely managed sanitation and hygiene for all and ending open defecation. The situation, he said, is very poor as less than half of the people in most African countries use at least basic sanitation facilities and open defecation remains very high as more than half of the people living predominantly in rural areas in 14 countries practice open defecation. “We are even far worse in the area of addressing the issue of hygiene as we discovered that many countries do not even have data,” he disclosed, adding that only 37 countries have data on hygiene.

In conclusion, Kitch Bawa stressed on the need to work hand in gloves, share and learn from one another and strengthen the multi-stakeholders partnership in order to ensure that everyone in Africa has access to safely managed sanitation and hygiene and eliminate open defecation.

February 22, 2019

Pius Cossi Gounadon au sommet Africasan5 : “Il est temps de changer de paradigme”

Pius Cossi Gounadon, Directeur national de la santé publique (DNSP) au ministère de la santé

A l’instar des autres pays, le Bénin est présent au sommet Africasan5 à travers plusieurs représentants provenant de plusieurs structures. Nous avons rencontré pour vous, le Directeur national de la santé publique (Dnsp) qui représente le ministre de la santé en charge de l’hygiène et de l’assainissement de base. Dans cet entretien, il nous confie son appréciation des échanges qui ont cours et surtout, nous révèle les prochains pas à faire après le sommet pour permettre au Bénin de relever le défi de ce sous-secteur en souffrance.

Vous prenez part à la 5eConférence panafricaine sur l’assainissement en tant que chef de délégation du Bénin. Que vous inspire une telle conférence qui concourt à amener les Etats africains à réaliser l’accès universel de tous aux services d’assainissement ?

C’est ma première participation à cette conférence et j’avoue qu’elle a un caractère instructif. Il y a beaucoup d’échanges, d’apprentissage et de partage d’expériences. Surtout, j’apprécie le niveau d’engagement de tous les acteurs ici présents. Je n’avais pas cette compréhension du niveau d’engagement des partenaires, des experts et de tous les acteurs. Cet évènement m’a permis de remettre en place l’idée que l’hygiène de l’assainissement de base bénéficie d’un engagement soutenu de plusieurs acteurs et partenaires dans le monde et en Afrique.

A l’ouverture du sommet, le ministre sud-africain de l’eau et de l’assainissement a invité tous les Etats à inscrire l’hygiène et l’assainissement au rang des priorités de leur agenda de développement. Est-ce qu’au Bénin, ce sous-secteur bénéficie d’une attention soutenue ?

Je partage l’exhortation du ministre sud-africain et je peux dire que le sous-secteur constitue une priorité dans le Programme d’Actions du Gouvernement. Le gouvernement travaille pour cela. Mais le paradigme doit changer. Souvent, on voit dans cette lutte que le ministère de la santé, du cadre de vie et celui de l’eau. Il faut que ce combat, pour être gagné, soit celui de tous les ministères à l’instar de ce que fait l’Inde.

A l’évaluation des engagements de Ngor, on se rend compte qu’il y a eu peu de progrès dans les pays. C’est le cas au Bénin également. Selon vous qu’est-ce qui explique une telle situation ?

Au Bénin on vient de terminer un plan quinquennal et il a été évalué en 2018. Nous avons vu les faiblesses et sur la base des défis identifiés, des orientations claires ont été prises dans la stratégie 2019-2030. Et au nombre des grandes orientations retenues, nous avons la gouvernance et le leadership, la coordination des interventions qui est importante et le problème des ressources humaines et financières. Souvent, on pense aux ressources financières alors que nous avons besoin de ressources humaines en quantité et en qualité. On peut mobiliser les ressources financières. Je salue les communes comme Za-Kpota, Malanville ou Abomey qui font déjà des efforts.

Au cours de ce sommet, l’un des messages forts est l’importance du leadership notamment les champions qui permettent d’impulser le mouvement. Vous comptez le faire aussi ?

Il faut mobiliser tous les acteurs. Il est important qu’ils se retrouvent pour partager les idées et les solutions et surtout prendre exemple sur les pays modèles en Afrique comme dans le monde. En Inde par exemple, l’hygiène et l’assainissement est un secteur porté par le premier ministre. Ainsi, chaque ministère est invité à agir et apporter sa contribution. Le leadership est au rendez-vous au haut niveau.

Vous avez participé au dialogue entre les pays. Qu’avez-vous retenu de cet exercice de partage d’expériences entre les pays ?

En dehors de quelques différences près en matière de leadership et de mobilisation de ressources financières, les pays ont les mêmes réalités. Nous avons beaucoup appris de cet exercice et nous avons compris qu’il y a certains pays qui sont en avance sur l’ancrage institutionnel. Dans la plupart des pays, l’eau et l’assainissement sont deux secteurs qui sont ensemble. C’est une stratégie qui permet de mutualiser les ressources vu qu’il y a souvent plus de ressources pour l’eau contrairement à l’assainissement. Les échanges ont été très fructueux.

A ce sommet, vous représentez le ministre de la santé en charge du sous-secteur de l’hygiène et de l’assainissement de base. Quel message lui porterez-vous une fois au pays pour impulser une nouvelle dynamique et faire en sorte que le Bénin tienne ses engagements ?

C’est en 2015 à Dakar que les engagements de Ngor ont été pris. A l’évaluation, il n’y a pas eu beaucoup d’avancées dans les pays en dehors de quelques pays qui ont eu des progrès. Nous souhaitons que notre participation ne soit pas seulement protocolaire mais qu’elle contribue à apporter des changements. Déjà, il nous faut mobiliser les cadres du service pour faire le lobbying au niveau de notre ministre pour lui présenter la situation. Il est temps de changer de paradigme. La façon dont nous fonctionnaires agissons doit être revue pour que nous soyons plus efficaces. Car, avec ce que nous faisons, nous ne pouvons pas atteindre les ODD dans ce sous-secteur. Une fois de retour, il nous faut faire un compte rendu fidèle, suggérer à l’autorité des propositions et partager avec lui ce qui se fait de bien ailleurs et qui peut être profitable à notre pays.

              Propos receuillis par Alain TOSSOUNON

February 22, 2019

Dialogue entre pays à Africasan5 : Un véritable moment de partage d’expériences

Alain TOSSOUNON (Cape Town, Afrique du sud)

Echanges des acteurs avec la délégation du Burkina au cours du dialogue pays

L’un des temps forts de ce 5e sommet est l’organisation d’un dialogue entre les pays sur l’évaluation des engagements de Ngor, les principaux défis, les actions entreprises et les leçons apprises. Tous les membres des délégations des différents pays présents se sont regroupés pour de vifs et riches échanges qui ont permis à chaque pays de mesurer ses propres progrès.

Dans l’ensemble des pays qui se sont donné à cœur joie à cet exercice de bilan, on s’aperçoit que les Etats présentent le même visage. Dans leur grande majorité, les Etats africains font face désespérément à la même réalité de la défécation à l’air libre aussi bien en milieu rural qu’en milieu urbain. Malgré cette situation préoccupante, les gouvernants manquent de volonté politique et trainent les pas à tenir leurs engagements pris en 2015 à Dakar. En dehors du faible engagement, les pays africains partagent aussi la réalité que d’aucuns appellent « confusion institutionnelle ». Ceci pour dire que le secteur de l’hygiène et de l’assainissement de base ne bénéficie pas d’un portage politique clair mais est partagé entre plusieurs ministères. Cette situation entraine une mauvaise coordination des interventions et un faible financement ne permettant pas de combattre efficacement le fléau de la défécation à l’air libre.

Mais, pour avoir pris des engagements dits de Ngor, des efforts bien que timides ont été enregistrés pratiquement au niveau de tous les pays. Ces petits pas sont relatifs à l’amélioration du cadre juridique et institutionnel, l’adoption de documents de politique de promotion de l’hygiène et l’assainissement ou encore la mise en œuvre d’initiatives de financement d’actions et de campagnes dans les communautés et les écoles. Au terme de ces initiatives, chaque pays a partagé avec les autres, des leçons apprises. Si par exemple au Burkina, on comprend désormais que l’harmonisation des approches et la coordination des interventions sont essentielles, en Côte d’Ivoire, la principale leçon est que la mise en place d’un cadre de suivi et d’évaluation est indispensable pour mesurer les progrès.

Une lueur d’espoir avec les plans d’actions

Les membres de la délégation béninoise en concertation

Au terme du diagnostic établi, des défis identifiés et des leçons apprises des interventions, chaque pays a pris l’engagement de mener des actions après le sommet afin de respecter les engagements de Ngor. Alors que le Bénin s’engage à faire un déclenchement institutionnel de haut niveau (gouvernement) et à faire adopter par le gouvernement la nouvelle Stratégie nationale de promotion de l’hygiène et de l’assainissement de base (SNPHAB), le Mali prévoit une table ronde pour le financement du Plan de renforcement des capacités des cadres en charge du secteur. Pour la Côte d’Ivoire qui fait figure de bon élève pour la mobilisation des ressources, l’une des actions phares est la recherche d’une coordination efficace des interventions. Au Burkina, les acteurs s’engagent à faire une évaluation nationale des inégalités pour mieux les combattre, intéresser le secteur privé et former les municipalités sur la mobilisation des ressources.

Somme toute, la session du dialogue entre les pays appréciée par tous les acteurs, a permis à chaque pays de se mirer et d’apprécier son niveau d’engagement par rapport aux autres. Après cet exercice qui aura montré que les pays partagent presque les mêmes réalités, « il faut passer au concret », a martelé un des participants.

 

February 21, 2019

Africasan5 : L’heure est au partage d’expériences entre les pays

Ibrahim D. Mahamadou (Cape Town/Afrique du sud)

Partage d’expériences dans le groupe de travail des pays francophones

Les travaux de la conférence AfricaSan5 centrée les boues de vidange se sont poursuivis ce mercredi 20 février 2019 à Cap Town en Afrique du Sud. Après la visite des posters qui dévoilent des expériences innovantes menées dans  différents pays, les participants ont été répartis en groupes de travail. La délégation du Niger a travaillé avec le groupe composé de la République Démocratique du Congo, du Sénégal, du Burundi, de la Guinée Conakry, du Togo, du Madagascar et du Tchad.

En effet, il s’agit pour ces pays d’échanger, de partager les expériences, les avancées, les échecs et les perspectives en matière d’accès à l’hygiène et à l’assainissement. Une occasion pour ces pays d’expliquer leurs expériences et d’exprimer leurs engagements pour l’atteinte des objectifs du développement durable notamment l’ODD N°6. Ci-dessous les engagements des pays dans les prochains six (6) mois à venir.

Au Burundi :

Le renforcement de la coordination interministérielle pour la mise en œuvre de l’approche Assainissement Total Piloté par les Communautés (ATPC),

  • L’établissement d’une base de données pour le suivi de la mise en œuvre de l’ATPC,
  • La mise en place d’un fond dénommé ‘’fond bleu’’ à l’image de l’initiative du Sénégal qui a une expérience en la matière.

En Guinée Conakry :

  • La mise en place d’une feuille de route pour la Fin de Défécation à l’Air Libre (FDAL),
  • La mise en place d’une plateforme de coordination nationale pour fédérer les interventions,
  • L’implication ou le déclenchement des plus hautes autorités pour la FDAL.

Au Madagascar :

  • La mise en place d’une feuille de route FDAL d’ici 2025 ;
  • La finalisation du plan sectoriel et le plan de financement du secteur ;
  • La mise en place du système de suivi et de coordination ;
  • La mise en place d’un fond décentralisé dédié aux communes ;

Au Niger :

La présentation du Niger a été faite par Monsieur Labo Madougou, Directeur de l’assainissement au Ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement et Mme Brigitte Pedro, Wash office à l’UNICEF-Niger en tant que partenaire au développement du Niger.

  • Finalisation et vulgarisation du nouveau guide d’Assainissement Total Piloté par les Communautés (ATPC) afin d’harmoniser les interventions ;
  • L’édition et la vulgarisation de la feuille de route auprès de l’ensemble des acteurs ;
  • L’ouverture d’une ligne spécifique dédiée à l’Assainissement Totale Pilotée par les Communautés à l’image de la Guinée Conakry car jusqu’ici aucune ligne n’est prévue pour prendre spécifiquement en charge cette approche.

Cependant, le Niger a consacré une ligne pour la prise en charge des ouvrages d’assainissement mais qui ne prend pas en compte l’ATPC.

Au Sénégal 

  • La validation et le partage de la feuille de route FDAL ;
  • L’organisation d’une table ronde des bailleurs de fonds pour le financement du secteur ;
  • La mise en place d’un mécanisme de coordination à l’image du Niger qui a une expérience en la matière ;
  • La mise en place d’un cadre de concertation pour le secteur ;
  • L’organisation d’un forum des acteurs sur l’ATPC.

Au Togo

Le Togo a retenu certaines actions à réaliser d’ici six (6) mois.

  • Assurer la durabilité des ouvrage ;
  • Revoir les dispositifs d’hygiène et d’assainissement dans les formations sanitaires et les lieux publics en prenant en compte l’équité ;
  • Le déclenchement des plus hautes autorités togolaises pour la FDAL.

Ces présentations des actions à mener d’ici six (6) mois ont été d’une grande utilité car elles ont permis aux différentes délégations de voire des expériences des autres pays pour l’atteinte des objectifs du développement durable (ODD) d’ici 2030 conformément aux engagements pris par les Etats consistants à assurer l’accès universel aux services d’eau potable, d’hygiène et  d’assainissement PAROUT et POUR TOUS.

February 17, 2019

Africasan5 : Le sommet des acteurs de l’hygiène et de l’assainissement  s’ouvre lundi 18 février à Cape Town (Afrique du Sud)

Alain TOSSOUNON (Cape Town, envoyé spécial)

Des toilettes de fortune dans la comme de Sô-Ava (Bénin)

La cinquième Conférence panafricaine sur l’Assainissement et l’Hygiène (AfricaSan 5) se tient du 18 au 22 février 2019 au Cap en Afrique du sud.  Cette initiative mise en place en 2004 par les ministres africains de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène (IMAEAH) est à sa 5ème édition. Elle vise essentiellement à inciter les Etats à faire un effort politique et à prendre leurs responsabilités afin de relever les défis en matière d’accès à l’eau, l’assainissement et l’hygiène qui se posent à l’Afrique. La recherche de solutions durables pour la gestion des boues de vidange sera au cœur des échanges et discussions de ce sommet.  

 Après la 4eme Conférence de Dakar qui a abouti à la Déclaration de Ngor réengageant les pays africains à l’atteinte de l’ODD 6, notamment l’accès universel à des services appropriés et durables d’hygiène et d’assainissement et à la fin de la défécation à l’air libre d’ici à 2030, la 5e édition se veut une occasion d’échanges entre experts en assainissement et en hygiène et les principales agences africaines et internationales concernées par le développement du secteur.

A l’instar des éditions passées, Africasan5, vise surtout à créer un élan pour remédier à l’épidémie persistante de manque d’accès à un assainissement sûr et à la défécation à l’air libre à grande échelle. En effet, 4,5 milliards de personnes dans le monde n’ont pas accès à des services d’assainissement durables. En Afrique Sub-Saharienne, 70% de personnes n’ont pas accès à l’assainissement soit 610 millions de personnes.

Face à cet état de lieux préoccupant, les ministres responsables de l’hygiène et de l’assainissement et les principales agences internationales travaillant dans les domaines de l’assainissement et de l’eau en Afrique sont attendues pour examiner et trouver de nouvelles possibilités de collaboration et de partenariat. Ce grand rendez-vous constitue une véritable occasion d’échanges et de partage d’expériences entre les ministres, décideurs politiques de haut niveau, les spécialistes sectoriels, les organisations internationales et les médias.

Au cœur de cette cinquième conférence, c’est la promotion et le partage de bonnes pratiques et des innovations afin d’améliorer la gestion des boues de vidange.  Une plate-forme est créée pour impulser davantage les acteurs à répondre aux demandes et aux défis du secteur de l’assainissement en Afrique. Une fois de plus, les professionnels du secteur, les gouvernements, les décideurs, les services publics, les partenaires du développement, les investisseurs, les industries et les fournisseurs de services auront l’occasion de coordonner, développer et partager leurs connaissances afin de proposer des solutions abordables et viables à grande échelle. Cette conférence mettra l’accent sur des solutions pratiques pour gérer de manière durable l’ensemble de la chaîne de services d’assainissement sans égouts, couvrant les toilettes, le confinement, la vidange, le transport, le traitement et la réutilisation, en tant que composante essentielle des services d’assainissement urbain dans toute la ville.

June 13, 2018

Eau et assainissement au Bénin: Enfin une revue du secteur pour les bilans de gestion 2016 et 2017

Alain TOSSOUNON (Cotonou/Bénin)

Attendue depuis  deux ans, le secteur de l’eau et de l’assainissement tiendra enfin une revue. Après la dernière revue de 2016 qui a permis de faire le point des réalisations de 2015, la prochaine revue prévue pour les 28 et 29 juin 2018 permettra de revenir à la fois sur le bilan des gestions des années 2016 et 2017. Un grand moment pour tous les acteurs du secteur qui brûlent d’impatience de mieux s’informer sur les réformes engagées par le président Patrice Talon et surtout d’échanger sur leur contenu et l’avenir de ce secteur vital au Bénin.

Photo de famille de la dernière revue sectorielle 2016 pour la gestion 2015

Enfin, le secteur eau et assainissement tiendra sa revue. C’est la réponse de tous les acteurs au message d’invitation de cette revue. Car, tant souhaitée et désirée  depuis deux ans, les membres de la grande famille des acteurs ne cachent pas leur joie de se retrouver pour échanger sur le bilan mais aussi sur l’avenir de leur secteur.

Nul doute que cette revue sera riche en débats Car, c’est la première fois que le gouvernement à travers le nouveau ministre de l’eau, Samou Adambi, sera face à  l’ensemble du monde des acteurs qui interviennent dans le secteur. Et parlant de débats, il est important de rappeler après la revue 2016 qui a permis de faire le bilan de la gestion 2015 qui a clôturé l’ère des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), que les revues 2016 et 2017 se tiendront dans un contexte où les pays se sont désormais engagés pour les Objectifs de Développement Durables (ODD). Ainsi, chaque pays devrait donc aligner ses politiques publiques en ce qui concerne l’eau et l’assainissement sur les ODD pour être au rendez-vous de 2030.  Aussi, les revues prochaines sont attendues pour mieux éclairer les acteurs sur les réformes engagées par le président Patrice Talon surtout dans le sous-secteur de l’eau.

En effet, se fixant un objectif d’assurer l’accès universel à l’eau potable aux populations du Bénin à l’horizon 2021 (100% de desserte), le gouvernement de la rupture s’est donné comme moyens d’actions, entre autres, les réformes institutionnelles du secteur de l’eau, l’accélération de la réalisation des infrastructures hydrauliques tant en milieu urbain que rural, la mise en place d’une agence d’approvisionnement en eau potable en milieu rural et la réforme institutionnelle du sous-secteur de l’hydraulique urbaine, la coordination des initiatives avec les partenaires intervenant dans le secteur, le développement des capacités des acteurs…De façon concrète, les réformes concernent pour l’approvisionnement en eau potable en milieu rural, la création de l’Agence Nationale d’approvisionnement en eau potable en milieu rural, (Etablissement public placé sous la tutelle de la Présidence de la République), pour l’approvisionnement en eau potable en milieu urbain, la révision du cadre institutionnel et juridique de la société (scission de la SONEB en une Société de patrimoine et une Société de distribution), la redéfinition des missions de la DG Eau, l’optimisation des cadres de concertation du secteur de l’eau et la révision de la politique tarifaire.

Si des rencontres ciblées ont été organisées avec les différentes catégories d’acteurs pour présenter les réformes, jamais toutes les catégories d’acteurs n’ont pu se retrouver pour échanger sur ces réformes en cours de mise en œuvre. Depuis, nombreux sont les acteurs qui attendaient ce grand rendez-vous annuel pour mieux comprendre le contenu des réformes et échanger sur les mécanismes de leur mise en œuvre. Parce que dans la plupart des cas, ces réformes viennent bousculer l’ « ancien ordre » en ce qui concerne la maîtrise d’ouvrage communal qui pendant longtemps, a bénéficié de l’attention des Partenaires Techniques et Financiers qui ont accompagné les acteurs communaux à mieux l’exercer. De même, dans ce contexte  de réformes, les acteurs s’interrogent sur le nouveau partage des rôles entre l’Agence Nationale d’approvisionnement en eau potable en milieu rural et la Direction Générale de l’Eau d’une part, et d’autre part entre cette Agence et les communes.

Aux réformes dans le sous-secteur de l’eau, il faut ajouter celles dans le sous-secteur de l’hygiène et de l’assainissement à venir. Car, à l’image de l’Agence Nationale d’approvisionnement en eau potable en milieu rural, il est annoncé la création d’une nouvelle agence de soins primaires qui prendra en compte le sous-secteur de l’hygiène et de l’assainissement de base  au niveau du ministère de la santé en charge de ce sous-secteur.

Au-delà des grandes attentes, la tenue de cette revue pour les gestions 2016 et 2017 sera une véritable fête de retrouvailles aussi bien pour les acteurs que pour le ministre. Vivement que les attentes soient comblées.

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May 18, 2018

Nomination de G. Camille Dansou à la tête de la SONEB : Une prime à la compétence, les acteurs saluent le choix du gouvernement

Alain TOSSOUNON (Cotonou/Bénin)

Camille Dansou, nouveau Directeur Général                       de la Soneb (Bénin)

Depuis le Conseil des ministres du 16 mai, la Société nationale des eaux du Bénin (SONEB) a un nouveau Directeur Général. Après David Babalola qui a des ennuis avec la justice, Lucien Avohouémè avait été choisi pour lui succéder. Désormais, c’est Gougbé Camille Dansou qui jusqu’à cette date, était au poste d’Expert eau et assainissement à l’ambassade des Pays-Bas, qui a été préféré par le gouvernement. Sa nomination a été bien accueillie et saluée unanimement par tous les acteurs du secteur de l’eau et de l’assainissement. Car, le nouveau directeur général, au-delà de la compétence que tous lui reconnaissent, dispose d’une riche et longue expérience dans le secteur qui force l’admiration.

Diplômé de l’Institut International d’Ingénierie de l’Eau et de l’Environnement ; (2IE ex-E.I.E.R) de Ouagadougou, Camille Dansou dispose de compétences approfondies et confirmées en matière de planification, analyse, Gestion, suivi-Evaluation et audit de programmes de développement. Egalement, en tant qu’ingénieur en génie rural, il a des compétences en matière d’études techniques de conception, conduite de processus d’appel d’offres, réalisation, contrôle et suivi des travaux de Génie Rural / Génie Civil surtout dans les domaines des services d’eau potable en milieu urbain et rural, Hygiène et Assainissement en milieux urbain et rural, Gestion Intégrée des Ressources en Eau (GIRE), Planification Delta, Énergie, Environnement et Climat, Economie et Gestion de programmes/projets, Ingénierie civile d’Infrastructures urbaines et rurales ; Aménagements hydro agricoles.

En poste à l’ambassade des Pays-Bas depuis mars 2006 après avoir été entre autres, Directeur des travaux de construction de ponts, puits et routes à l’entreprise ADEOTI Sarl (1999-2002), Camille Dansou est resté Expert Eau et Assainissement/Point focal climat jusqu’à sa nomination. Un poste qui lui aura permis d’avoir une riche expérience d’identification, d’évaluation, d’administration/gestion et le suivi-évaluation des activités soutenues par les Pays-Bas dans le sous-secteur de l’eau, hygiène et assainissement en milieu rural et urbain; de la Gestion Intégrée des Ressources en Eau; et dans une moindre mesure sur les thèmes transversaux environnement / énergie / climat.

Durant ces années passées à l’ambassade des Pays-Bas, il a participé activement à la formulation et l’exécution de plusieurs projets et programmes en particulier les trois grands programmes pluriannuels, multi-composantes et multi-acteurs, PPEA-I / 2007-2012, PPEA-II / 2013-2015 et OmiDelta / 2017-2021.

Par ailleurs, apprécié de tous les acteurs du secteur, il a au cours de ces années développé une bonne collaboration avec les structures gouvernementales (ministères du plan, des finances, de l’eau, de la santé, DGEau, SONEB, DNSP, l’Institut National de l’Eau, etc.), les services déconcentrés, les communes; qu’avec plusieurs organisations non gouvernementales (SNV, EAA, PNE, etc.) et bien d’autres partenaires privés locaux et internationaux (assistance technique, évaluation, audit, etc.).  En dehors de ces structures, il faut souligner sa grande connaissance des interventions de la Banque mondiale dans le secteur de l’eau en ce qui concerne la professionnalisation de la fourniture de services d’eau, la politique d’assainissement urbain, le programme PPP de lavage des mains, le PEPRAU avec la nouvelle agence nationale de l’eau pour le milieu rural, le nouveau programme PforR AquaVie en cours de formulation, etc.. Un véritable atout pour le gouvernement qui pourra compter sur lui pour les programmes de la Banque mondiale dans le secteur de l’eau et de l’assainissement en cours de mise en œuvre.

Egalement, à l’heure où le gouvernement entreprend un vaste chantier de restructuration de la Soneb appelée à être scindée en deux sociétés (patrimoine et exploitation), il peut compter sur non seulement ses compétences et sa longue et riche expérience dans le secteur de l’eau et de l’assainissement.

Calme, pondéré avec une grande capacité d’écoute, Camille Dansou porte désormais en lui l’espoir d’assurer un accès durable à l’eau potable en milieu urbain et de combler les attentes des acteurs du secteur qui dans leur ensemble, ne manquent pas de lui manifester leur soutien et de lui souhaiter bonne chance dans ses nouvelles fonctions.

 

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October 11, 2017

Lancement du Fonds ANE du programme OmiDelta : La page « Affaire PPEA II » désormais tournée

Alain TOSSOUNON (Cotonou, Bénin)

Après le fonds de transition Eau, la coopération néerlandaise dans le secteur de l’eau et de l’assainissement qui a connu des moments difficiles avec l’affaire PPEA II, est relancée avec le lancement  jeudi dernier du Fonds des Acteurs Non Étatiques du Programme de financement néerlandais OmiDelta. Géré par la SNV, ce fonds est destiné à soutenir la société civile  et le secteur privé actifs dans le secteur  à travers un appel à projets dans les domaines de l’Approvisionnement en Eau Potable, Hygiène et Assainissement (AEPHA), la GIRE et la Gouvernance afin d’améliorer l’accès, l’utilisation et la durabilité des services.

Quand l’accès à l’eau potable est encore un luxe au Bénin

Avec le lancement le jeudi 5 octobre 2017 à Azalai Hôtel de Cotonou du Fonds des Acteurs Non Etatiques (ANE) qui marque la mise en œuvre effective du Programme OmiDelta financé par l’ambassade du Royaume de Pays-Bas, l’affaire PPEEA II qui a ébranlé le secteur de l’eau et de l’assainissement au Bénin en 2015, est définitivement conjuguée au passée. Ce lancement intervient après la mise en œuvre du programme Fonds de transition Eau qui a permis d’assurer l’accès à l’eau potable à près de 170.000 personnes dans 21 communes. Juste après, le gouvernement du Bénin a signé avec l’Ambassade du Royaume des Pays-Bas, un accord de coopération pour la mise en œuvre d’un nouveau vaste programme dénommé OmiDelta pour garantir l’accès de tous à l’eau et l’assainissement et assurer une gestion durable des ressources en eau.

Au cours de cette cérémonie qui a connu la participation de toutes les Organisations de la société civile et des acteurs du secteur privé actifs dans le secteur, la directrice de la SNV Bénin-Burkina, Jeannette  de Regt a justifié l’initiative du programme OmiDelta. Soutenant qu’il est inconcevable qu’en 2017, de milliers de personnes vivent encore sans accès à l’eau surtout des petits enfants qui meurent à cause d’un manque de qualité de l’eau, elle s’est réjoui du lancement du fonds ANE qui constitue le 2e guichet de ce programme. « Ce programme vient corriger cette injustice », a-t-elle signalé avant de souligner l’importance de la contribution des Organisations de la société civile (Osc) dans ce secteur vital pour les populations. Appelant tous à baser la collaboration qui doit régner entre la SNV et les OSC sur la confiance, elle a salué la présence du ministre en charge de l’eau, Dona Jean-Claude Houssou qui témoigne de l’engagement du gouvernement pour ce secteur. Pour l’Ambassadeur des Pays-Bas au Bénin, Harry Van Dijk, « partout dans le monde, il est démontré que la gestion de l’eau et les services d’approvisionnement d’eau potable, d’hygiène et d’assainissement atteignent des résultats durableS seulement si les différents acteurs collaborent et assument des responsabilités qui collent bien à leurs missions ». Dans son intervention, il a rappelé également l’importance des Acteurs Non Etatiques (ANE) dans le secteur avant d’indiquer que l’accompagnement du programme de financement néerlandais OmiDelta se fait à travers travers trois instruments : le Fonds Acteurs Etatiques géré par la Caisse Autonome d’Amortissement, le Fonds Acteurs Non-Etatiques géré par la SNV et l’Assistance Technique gérée par le consortium COWI – Royal HASKONINGDHV. Selon l’ambassadeur, ce programme qui vient après le PPEA II et le fonds transitoire, vise essentiellement à travers l’ensemble des trois instruments, à desservir en eau potable  500.000 personnes, à assurer à 1.000.000 de personnes  un accès aux services d’assainissement et de promotion de l’hygiène  et à faire bénéficier à  600.000 personnes d’une meilleure gestion des ressources en eau dans la basse vallée, notamment le delta de l’Ouémé. « Sans vouloir être prétentieux, OmiDelta voudrait aussi promouvoir/contribuer à l’emploi et à la participation des jeunes et des femmes aux décisions », a préciser l’ambassadeur  avant d’insister sur la nécessité de prendre en compte la durabilité des résultats du programme. Il faudra aussi bien gérer les ressources du programme a martelé l’ambassadeur tout en rappelant « les moments durs » que le secteur a connu ces dernières années.  Selon son intervention, cette gouvernance transparente et intègre des ressources recherchée passera par  le renforcement de la coopération entre la société civile et le gouvernement. Pour le gouvernement représenté par le Ministre chargé du secteur de l’eau, le lancement de ce fonds ANE pour les OSC revêt une importance particulière. Car, soutient le Ministre Dona Jean-Claude Houssou, l’accès à l’eau et aux services d’hygiène et d’assainissement est l’un des secteurs prioritaires du Programme d’Actions du Gouvernement (PAG). Arguant que 3 des 45 projets de ce PAG sont consacrés au secteur de l’eau, il a également ajouté que ces projets sont soutenus par des réformes dont la création de l’Agence destinée à la réalisation des ouvrages en milieu rural. Faisant remarquer que la stratégie du programme OmiDelta cadre bien avec celle su gouvernement qui ambitionne d’atteindre l’accès universel à l’eau d’ici 2021, il a indiqué que dans ce contexte, « aucun appui ne sera de trop ». En terminant ces propos, il a recommandé que dans la réalisation des ouvrages, trois choses soient rigoureusement prises en compte : la qualité, l’implication des communautés pour une meilleure appropriation et les compétences qui doivent être au cœur des interventions.

Le ministre en charge de l’eau Jean-Claude Houssou,entouré de l’ambassadeur des Pays-Bas (extrême droite), de la directrice de la SNV et du représentant du ministère du cadre de vie

Au cours de la séance, les participants ont suivi des exposés sur la présentation de OmiDelta Fonds ANE, le cadre logique et de suivi-évaluation, les procédures administratives et financières. Des échanges, on retient que les points d’intérêt des acteurs présents sont relatifs à la cohérence avec les réformes en cours notamment la création de l’Agence, la nécessité d’une synergie avec les Acteurs Etatiques, les informations sur le cadre de suivi, le respect des stratégies nationales dans le secteur, la valorisation des ressources en eau, la sélection des acteurs…A toutes ces préoccupations, le staff technique de la SNV appuyé par le Directeur général de l’eau (DGEau) ont rassuré les uns et les autres quant à la synergie avec tous les acteurs et la complémentarité avec le guichet étatique qui seront recherchées. La séance a pris fin avec la proposition d’un sous-comité constitué des représentants de la SNV, CANEA, DGEau, DNSP, INE, ANCB, PNJEA et du Comité du bassin de l’Ouémé.

 Le fonds ANE en quelques mots

D’un montant de 14.750.000 Euro pour une durée allant de 4 à 5 ans pour la période 2017-2021, le Fonds des Acteurs Non Etatiques (ANE) fait partie des trois guichets du Programme OmiDelta financé par l’Ambassade du Royaume des Pays-Bas au Bénin. Il vise à financer les Organisations de la société civile active dans le secteur de l’eau et l’assainissement afin d’améliorer l’accès, l’utilisation, la qualité et la durabilité des services d’Approvisionnement en Eau Potable, Hygiène et Assainissement (AEPHA). Egalement, ce fonds est destiné à opérationnaliser la Gestion Intégrée des Ressources en Eau (GIRE) et il prend en compte des aspects transversaux tels que le Genre, la jeunesse, les changements climatiques et la promotion de la gouvernance et de l’intégrité dans le secteur de l’eau et de l’assainissement. Ce projet ambitionne d’impacter au moins 150.000 personnes pour la fourniture de services d’eau durables de qualité, au moins 275.000 personnes pour les services d’hygiène et d’assainissement et 300.000 personnes pour la GIRE dans le Delta de l’Ouémé. Il revient aux OSC, ONG, au secteur privé et aux institutions de recherche non gouvernementale, nationale et internationale de soumettre des propositions de projets au financement du fonds. Les thèmes prioritaires sont :  la promotion de l’hygiène et de l’assainissement, l’amélioration du service public de l’eau, l’amélioration de la gestion des eaux usées et excréta, l’amélioration de l’accès à l’eau potable et aux services d’hygiène et d’assainissement (AEPHA) ; la valorisation des ressources en eau, la résilience et l’adaptation de la population aux changements climatiques (GIRE) ; la promotion de la gouvernance dans le secteur AEPHA, la gouvernance des ressources en eau dans le sous-bassin de la Basse Vallée de l’Ouémé.

 

 

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August 11, 2017

Juste H. Nansi sur les réformes dans le secteur de l’eau au Bénin: « …le PPP est un moyen pour réaliser les services universels et pérennes»

Alain TOSSOUNON (Cotonou/Bénin)

Depuis son installation, le régime du Président Patrice Talon a fait du Partenariat Public Privé (PPP), son modèle privilégié de gestion dans plusieurs secteurs. Comptant sur ce modèle au cœur de la mise en œuvre du Programme d’Actions du Gouvernement (PAG), le gouvernement a fait le pari de réaliser l’accès universel à l’eau d’ici 2021 soit neuf ans avant l’échéance fixée par la communauté internationale pour l’atteinte des Objectifs du Développement Durable (ODD). Face aux interrogations et craintes qu’expriment certains acteurs du monde du secteur de l’eau, nous avons donné la parole à une personne ressource très avertie de la problématique du PPP dans le secteur de l’eau. Expert principal Afrique de l’Ouest et du Centre  à  IRC (International Water and Sanitation Center), Juste NANSI, dans cet entretien, s’est prononcé sur les réformes engagées dans le secteur  par le gouvernement avant de donner son appréciation du PPP qui constitue l’un des moyens en vogue pour accélérer les investissements et améliorer rapidement l’efficacité des services publics.

Juste Hermann NANSI, Expert principal Afrique de l’Ouest et du Centre à IRC

Quelle lecture faites-vous des réformes engagées par le régime actuel dans le secteur de l’eau à savoir la création d’une agence dédiée à la réalisation des ouvrages en milieu rural mais aussi le recours aux PPP comme dans plusieurs secteurs?

Le recours à une agence dédiée me semble être un choix compréhensible du gouvernement béninois, pour répondre aux impératifs de résultats et de célérité. Réformer l’administration publique est un chantier très vaste et très complexe et on peut comprendre qu’il ne faille pas pénaliser les populations qui attendent la fourniture des services le plus tôt que possible. Mon observation est néanmoins qu’on manque de visibilité sur l’avenir de la Direction Générale de l’Eau (DGEAU). Le positionnement de l’agence directement à la présidence de la République est aussi un signal fort et positif de l’importance accordée par l’autorité politique au plus haut niveau à la problématique de l’eau. C’est le souhait de la communauté technique internationale. Néanmoins, il importe de clarifier alors le mandat du Ministère en charge de l’eau avec cette nouvelle configuration. Faisant la synthèse, on peut se demander l’avenir qui est réservé à l’ancien instrument gouvernemental pour l’action publique en matière d’eau. Cela devrait se préciser dans les années à venir.

Pour ce qui concerne le PPP, c’est l’un des moyens en vogue pour accélérer les investissements et améliorer rapidement l’efficacité des services publics. Mais, il faut savoir que ce n’est pas une nouveauté, ni dans les différents secteurs de l’action publique, ni dans le secteur spécifique de l’eau. Plusieurs pays ont expérimenté plusieurs modalités de PPP sur des périodes suffisamment longues pour apprécier l’efficacité et les conditions de succès. Pour ma part, j’observe que le cadre législatif et règlementaire du Bénin mérite d’être mieux étoffé. C’est ce cadre qui définit la gouvernance et la régulation permettant à toutes les parties prenantes, autorités publiques, partenaires au développement, opérateurs privés et citoyens, de collaborer sereinement et de préserver leurs intérêts spécifiques et de respecter par-dessus tout l’intérêt public. Il y a plusieurs manières de procéder. Soit, on commence à construire le cadre le plus complet et le plus robuste possible en s’appuyant sur les expériences des autres et ensuite on exécute, soit on commence à exécuter avec un cadre incomplet ou imparfait et on améliore au fur et à mesure. Les deux options ont leurs avantages et leurs inconvénients. Mais, ce sont les autorités publiques qui en décident et aussi en répondent. Je pense que les autres parties prenantes devraient tous contribuer au mieux, à la réussite des choix des autorités en place tout en restant vigilant sur l’efficacité et l’efficience.

La volonté de réformer du gouvernement répond à un engagement de réaliser l’accès universel à l’eau d’ici 2021 soit neuf ans avant les ODD.  Selon vous, est-ce une bonne décision ?

Bien évidemment, c’est une bonne décision. Tout est possible avec la volonté politique et les moyens (humains, intellectuels technologiques, matériels et financiers). Il suffit de regarder la vitesse fulgurante à laquelle se construit Dubaï pour confirmer que tout est possible.

Seulement, tout dépend aussi de la définition que l’on donne à l’atteinte de l’ODD6. Pour ma part, je n’ai pas encore eu accès à la documentation technique détaillée sur les plans du gouvernement béninois. Il serait indiqué de se conformer aux orientations définies au niveau international. L’idéal visé par les Nations Unies, c’est l’eau potable disponible à tout moment à domicile et sur tous les lieux de vie. Selon les données JMP publiées en 2017, 33% de la population béninoise n’a pas accès à un service basique d’eau potable. Cela représente 3,5 millions de personnes à satisfaire. A cela s’ajoute la croissance démographique de 2,8% par an et les besoins d’investissements pour maintenir la qualité de service pour toute la population déjà couverte (67% soit 7,3 millions de personnes). Il faut enfin compter que l’accès doit être continu et durable, ce qui suppose une exploitation efficace des équipements et systèmes et des solutions pérennes pour les investissements futurs. Il faut se rendre à l’évidence que stabiliser l’accès universel une fois atteint à un coût et que la responsabilité de l’autorité publique est aussi la durabilité. Voilà quelques repères pour appréhender le défi de l’accès universel. Ce qui me semble essentiel et primordial, c’est de ne pas tronquer cette définition de l’accès universel avec des raccourcis simplistes car ce serait contraire à l’intérêt public. Quant à savoir si cela est réaliste et réalisable, je suis de nature ambitieuse et intrépide donc par principe, je souscris à l’engagement des autorités publiques d’accélérer les progrès. Il suffit de s’en donner les moyens.

 

Pour le gouvernement, le PPP apparaît comme la solution miracle pour atteindre l’accès universel. Quand on sait que les expériences de PPP de la Banque Mondiale dans le secteur de l’eau dans certains pays comme le Mali ou le Niger dans le milieu urbain ont montré quelques limites, comment le gouvernement doit s’y prendre pour éviter de faire les mêmes expériences ?

Les solutions ne valent que ce que les hommes qui les conçoivent et les exécutent arrivent à en faire. C’est ainsi que certains peuvent faire des miracles et d’autres peuvent échouer. Le PPP ne doit pas être une fin en soi, mais un moyen pour une finalité : des services universels et pérennes. Il faut donc garder cette claire définition de la finalité et se disposer à ajuster ou changer les moyens pour y parvenir. Les résultats positifs, négatifs ou mitigés des PPP dans le secteur de l’eau sont nombreux. Les causes sont multiples et ne tiennent pas seulement au modèle. De nombreuses publications fiables analysent de nombreuses expériences et devraient inspirer les nouvelles initiatives. Pour ma part, le plus important pour toutes les parties, en particulier les autorités publiques et les citoyens, est de rester vigilant sur la finalité et sur l’efficacité et non d’idéaliser le PPP qui n’est qu’un moyen.

Est-ce que dans un contexte où la communauté internationale appelle à l’effectivité du droit à l’eau et à l’assainissement, le PPP dans le secteur de l’eau permet de garantir à tous les Béninois de l’eau potable à un prix acceptable et de respecter ce droit?

Je ne suis pas de la logique qui oppose systématiquement la présence du secteur privé avec l’accessibilité financière des services publics. La preuve est que des secteurs plus marchands que l’eau, comme la téléphonie mobile, ont pu se démocratiser et s’adapter à toutes les bourses. La question du prix se gère à travers une régulation efficace et transparente, indépendamment du statut juridique de l’opérateur (public ou privé). Mais encore une fois, ma conviction est que c’est la finalité qui doit guider le choix des moyens. Une fois que la finalité est convenue pour la réalisation des droits humains à l’eau et à l’assainissement, il faudrait créer les conditions pour ajuster les moyens (dont le PPP) pour y parvenir. Si les moyens humains, intellectuels technologiques, matériels et financiers, sont effectivement dédiés pour que le PPP assure à tous les Béninois de l’eau potable à un prix acceptable et dans le respect du droit de l’homme, il est bien possible que le gouvernement réussisse son pari.

Quelle doit être la position de la société civile et que doit-elle faire pour défendre le caractère social du secteur de l’eau potable au profit des populations pauvres  dans ce contexte de réformes et de PPP?

Le rôle de la société civile est de veiller à la finalité : la réalisation des droits humains à travers des services de qualité satisfaisante et à un coût abordable dans le respect de l’équité. Elle doit donc être vigilante à tous les détails relatifs au moyen (dont le PPP) qui pourraient compromettre cette finalité.

Pour ma part, les autorités publiques restent libres et responsables du choix des moyens en se disposant à répondre de leur échec ou de leur succès. Leur responsabilité est autant politique que juridique et la société civile devrait veiller à ce que chacun réponde de ses actes en bien ou en mal.

Face aux ODD plus ambitieux que les OMD, comment les Etats doivent-ils s’y prendre pour les intégrer au mieux dans les stratégies de développement pour une mise en œuvre efficace ?

Nos gouvernants doivent prendre leurs responsabilités, être proactifs et en cela, le Bénin est dans la bonne démarche. Nos Etats ont besoin d’être profondément réformés, nos administrations publiques doivent être repensées et nos services publics restructurés. Nous devons oser changer de modèle. Il n’y a plus de compromis à faire sur l’efficacité et l’efficience.

Nos Etats ont néanmoins besoin de faire des choix avertis et bien informés. Il serait regrettable de commettre des erreurs déjà commises par d’autres et bien documentées. Il y a bien de nombreux pays où l’accès à l’eau et à l’assainissement est universel et permanent depuis des décennies. Nous n’avons donc pas besoin de réinventer la roue. Si on s’y prend avec précaution, on devrait trouver la combinaison gagnante pour chaque pays. Au final, il faut de la volonté, de la rigueur, du dynamisme et certainement beaucoup de changements.

Pour vous, en définitive, les PPP sont-ils l’avenir du secteur de l’eau en Afrique ?

Je donnerai au PPP toutes ses chances. Je crois profondément à la valeur ajoutée du secteur privé, mais me garderai d’une conclusion aussi hâtive. Le secteur de l’eau a une obligation de résultat, une obligation d’efficacité et d’efficience. Les autorités publiques ont l’obligation de chercher et de trouver les meilleurs moyens pour parvenir aux résultats convenus. Le PPP peut être un des moyens, mais n’est certainement pas l’unique.

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May 3, 2017

AEP en milieu Rural : Les acteurs du secteur valident la stratégie nationale 2017-2030

Alain TOSSOUNON (Cotonou/Bénin)

Après la Stratégie nationale d’Approvisionnement en Eau potable en milieu rural venue à terme en 2015, un processus a été engagé pour l’élaboration et la validation du nouveau document pour la période 2017-2030. C’était le 27 avril à Azalai Hôtel de Cotonou, en présence de toutes les catégories d’acteurs venus nombreux pour apprécier le document avant de le valider.

Manque d’eau potable dans le village de Pessagou dans la commune de Tanguiéta (Photo DT)

En ouvrant les travaux de cet atelier, le Secrétaire Général du Ministère en charge de l’eau représentant le ministre, Jean-Claude Gbodogbé, a rappelé que la Stratégie Nationale de l’Approvisionnement en Eau Potable en milieu rural est l’instrument de la mise en œuvre de la politique du gouvernement en matière de distribution d’eau potable de la zone rurale. Elle permet, soutient-il, d’orienter son action dans le sous-secteur de l’approvisionnement en eau potable en milieu rural par des principes directeurs.

Après la génération de la Stratégie Nationale de l’Approvisionnement en Eau Potable 2005-2015 basée surtout sur l’atteinte des OMD, il était devenu impérieux pour le Bénin, de se doter d’une nouvelle stratégie pour la période 2017-2030 mais aussi pour relever de nouveaux défis notamment les Objectifs du développement durables dont le cap est fixé pour 2030. Mais plus encore, la définition d’une nouvelle stratégie s’impose pour coller au Programme d’Actions du Gouvernement (PAG) qui prévoit l’accès universel d’ici 2021.

« En dépit des résultats appréciables que sa mise en œuvre a permis d’atteindre en dix ans, elle a montré des limites par rapport au cadre législatif et réglementaire marqué par les lois de décentralisation et la nouvelle loi portant gestion de l’eau en République du Bénin avec leurs décrets d’application et les orientations du nouveau Gouvernement », a-t-il signalé.

En fixant les objectifs de l’atelier, il a indiqué que les défis que la nouvelle stratégie devra relever ont pour noms : l’assistance-conseil, la bonne gouvernance à tous les niveaux et la régulation du secteur en milieu rural.

Intervenant au nom des membres, le président  du Comité ayant dirigé les travaux, a souligné que le présent atelier est l’aboutissement d’un processus qui a démarré en novembre 2016 par l’élaboration de la note méthodologique sur les options stratégiques.  En présentant le document, le Directeur Général de l’eau, Adamou Worou Wara, a indiqué qu’il se fonde sur le diagnostic du secteur d’AEP en milieu rural issu de l’évaluation de la mise en œuvre de la Stratégie 2005-2015, des échanges et rencontres avec les différents acteurs à travers des enquêtes,  la politique nationale de l’eau et la Loi sur la gestion de l’eau. Mais aussi, la nouvelle stratégie intègre les Objectifs de Développement Durable (ODD 6.1 secteur de l’eau et de l’assainissement qui vise l’accès universel à l’eau potable horizon 2030) et la vision du gouvernement du Bénin avec le Programme d’Action Gouvernemental 2017-2021 qui ambitionne l’accès universel à l’eau potable pour toute la population béninoise d’ici 2021.

Mobiliser  566,7 milliards FCFA pour réaliser l’accès universel en 2021

Avec l’objectif d’assurer à toute la population rurale un accès à l’eau potable de façon équitable, durable et de qualité, à un coût abordable, la nouvelle stratégie prévoit un cadre institutionnel  avec un partage de rôles et de responsabilités. Le modèle de fourniture et de gestion du service public de l’eau potable se base sur la maîtrise d’ouvrage communal et la délégation du service a des professionnels spécialisés. Dans ce modèle, le suivi des indicateurs de performance de la fourniture du service se fera en faisant recours aux Technologies d’Information et de Communication (TIC) pour la collecte des données sur la gestion des points d’eau. Ce qui permettra de disposer en temps réel des données d’exploitation et de gestion de la fourniture du service aux usagers. Egalement, dans cette nouvelle stratégie, il est prévu l’utilisation du service d’appui professionnel (SAP) pour mettre en place des systèmes pérennes de production de données exploitables dans les missions de suivi, de régulation et de gestion, et disposer de données régulières et fiables sur l’exploitation technique et financière des réseaux indispensables pour la régulation. En accordant un grand prix au renforcement des capacités des acteurs publics et privés, le cadre stratégique est fondé sur quatre objectifs : assurer l’accès à une source d’eau potable améliorée à toute la population rurale du Bénin, garantir la disponibilité de l’eau potable de façon continue et durable, assurer en permanence la qualité de l’eau de consommation,  garantir la bonne gouvernance du sous-secteur. Le Plan d’Actions élaboré pour atteindre ces objectifs comporte l’accélération de l’investissement pour atteindre en 2021 l’accès universel, la professionnalisation de la gestion des ouvrages à travers une délégation de la gestion, le renforcement de la maitrise d’ouvrage communal et la gouvernance sectorielle.

Au total, pour mettre en œuvre ce plan, il faut mobiliser pour la période 2017- 2030, un montant de 566,7 milliards FCFA soit 344,1 milliards FCFA (68,8 /an) pour la période 2017-2021 afin de répondre à la vision du gouvernement. Un mécanisme de suivi-évaluation est mis en place pour garantir une gestion performante.

Au cours du bouillon d’échanges qui a suivi la présentation, les participants ont recommandé que le bilan de l’ancienne stratégie soit mieux étoffé dans le document. Les échanges ont aussi permis de revenir sur la problématique de la prise en compte dans les statistiques, des postes d’eau autonome privés et de faire le débat sur la méthode de calcul du taux de desserte pour mieux être proche de la réalité. Surtout, les maires ont voulu avoir un éclairage sur la réforme relative à la création de l’Agence de réalisation des ouvrages en milieu rural. Là-dessus, le représentant du Bureau de l’Auditeur Interne, Moïse Houssou,  a martelé qu’avec la réforme, la maîtrise d’ouvrage est toujours une compétence des communes. « La responsabilité demeure à la commune avec le Plan Communal Eau comme outil », soutient-il. Dans son intervention ; il a expliqué que la réforme se justifie par la nécessité de contourner la lourdeur administrative liée à la procédure de passation des marchés publics.

Au terme des échanges, le document a été validé à l’unanimité des participants sous réserve de la prise en compte des observations et recommandations.

 

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April 21, 2017

Réunion de Haut Niveau de Washington: Le Bénin fortement représenté, une première depuis 2012

Alain TOSSOUNON (Bénin)

Les Réunions de Haut Niveau (RHN) du partenariat Assainissement et eau pour tous  (SWA) se sont déroulés à Washington DC, aux États-Unis les 19 et 20 avril 2017. Se tenant en même temps que la réunion des ministres des finances organisée par la Banque mondiale, la réunion des ministres du secteur eau et assainissement offre la possibilité aux participants, de lancer un débat politique, d’échanger sur les enseignements tirés et de rendre des comptes sur les progrès accomplis dans l’amélioration de l’accès à l’assainissement et à l’eau potable pour tous. Absent depuis 2014, le Bénin a été cette fois-ci représenté par les deux ministres en charge respectivement de l’eau et de l’assainissement.

Les deux ministres dans la salle de Réunion de Haut Niveau de Washington

C’est une première depuis 2012. Deux ministres présents à la rencontre de haut niveau de Washington. Une présence saluée par  les acteurs du secteur de l’eau et de l’assainissement qui ont toujours déploré, l’absence remarquable du Bénin à cette haute tribune d’échanges sur les progrès et les défis des pays en matière d’accès durable des populations à l’eau et à l’assainissement.

Initiées depuis 2010, ces réunions ministérielles visent à susciter des prises de conscience parmi les ministres au sujet des défis posés par les cibles EAH (eau, assainissement et hygiène) des Objectifs de Développement Durable (ODD) et les changements nécessaires pour les atteindre, à permettre le suivi et l’apprentissage mutuel au sujet des dispositifs fondamentaux nécessaires pour parvenir à un secteur solide (en ce qui concerne le financement, les institutions, les capacités, la planification et les politiques et stratégies) qui favorise le progrès et l’efficacité du développement afin de mettre fin aux inégalités et de parvenir à un accès universel durable. Aussi, les réunions donnent l’occasion aux ministres et aux hauts représentants de partenaires de développement de discuter des comportements collaboratifs essentiels qui plaident en faveur d’une plus grande efficacité du développement et permettent l’établissement des dispositifs fondamentaux et enfin, d’échanger sur les méthodes pour attirer et utiliser des financements adéquats en amont de la réunion des ministres des finances.

La rencontre de cette année 2017 qui a duré une journée et demie s’est appuyée sur les discussions menées à Addis-Abeba en mars 2016. Les ministres ont ainsi évoqué en particulier les dispositifs fondamentaux nécessaires à la construction de bases solides pour le secteur.

Organisées en présence de hauts représentants des agences de développement et de l’ONU et des dirigeants de la société civile, le secteur privé et les organismes de recherche et d’apprentissage, ces réunions sont une véritable occasion pour les pays de mobiliser des financements pour le secteur.

Ainsi, portée sur l’atteinte des Objectifs de développement durable qui visent d’ici 2030, l’accès universel à l’eau et à l’assainissement, chaque pays a été invité à faire le point des progrès et à prendre des engagements.

Le Bénin vise l’accès universel à l’eau potable d’ici 2021(9 ans plus tôt)

A cette haute tribune, le Ministre de l’Energie, de l’Eau et des Mines, Dona Jean-Claude HOUSSOU, a réitéré l’engagement du gouvernement à réaliser l’accès universel à l’eau potable pour les populations d’ici 2021, soit 9 ans plus tôt avant l’échéance de 2030. Ceci dans un contexte où le taux de desserte en milieu rural est de  67,6% et celui en milieu urbain de 84%. Pour atteindre cet objectif, les besoins de financement sont de 519 milliards FCFA et le gouvernement dit avoir déjà mobilisé et programmé 6.3 milliards FCFA soit un gap de financement de 512.7 milliards FCFA. Au nombre des actions et mesures inscrites dans le Programme d’actions du Gouvernement (PAG) pour atteindre cet objectif, figurent entre autres, la création d’une Agence nationale d’Approvisionnement en Eau Potable en Milieu Rural (ANAEPMR) placée sous la tutelle de la présidence de la République, l’élaboration d’une nouvelle stratégie d’AEP en milieu rural 2017-2030 intégrant les ODD, l’élaboration du Plan Directeur de Développement de AEP en milieu rural (2017-2021). Dans l’une de ces interventions, le ministre Houssou a aussi déclaré que le gouvernement entend ouvrir le secteur aux opérateurs privés surtout en milieu urbain en « revisitant les tarifs ». « Les réformes tarifaires sont incontournables pour qu’il y ait adéquation entre l’investissement apporté et le coût de l’eau », a-t-il soutenu. Son homologue de la santé, Alassane Seidou, a lui vanté l’approche Assainissement Total Piloté par les Communautés (ATPC) au cœur des actions du Programme d’amélioration de l’accès à l’Assainissement et des Pratiques d’Hygiène en milieu Rural (PAPHyR) financé par le Fonds mondial pour l’assainissement (GSF) qui intervient dans cinq départements que sont l’Alibori, l’Atacora, le Borgou, la Donga et les Collines.

Ces rencontres ministérielles sont initiées par l’organisation Assainissement et Eau pour Tous (SWA) qui est un partenariat mondial rassemblant des pouvoirs publics, des organisations du secteur privé et de la société civile, des organismes d’assistance extérieure, des instituts de recherche et d’enseignement et d’autres partenaires du développement issus de plus de 150 pays.

En attendant les résolutions et retombées de la participation remarquable du Bénin à travers ses deux ministres à cette grande rencontre, les acteurs du secteur de l’eau et de l’assainissement ne cachent pas leur satisfaction. Il reste que le gouvernement tienne parole et qu’il s’engage également pour l’accès universel à hygiène et à   l’assainissement.

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April 29, 2016

Plaidoyer sur l’hygiène et l’assainissement : Les journalistes de l’Afrique de l’ouest renforcent leurs capacités à Dakar

Alain TOSSOUNON (Dakar)

Photo de famille des participants

          Photo de famille des participants

Depuis le 25 avril 2016 se tient à  Dakar au Sénégal, un atelier de renforcement de capacités des hommes et femmes des médias membres du Réseau des journalistes de l’Afrique de l’ouest pour l’eau, l’hygiène et l’assainissement (WASH-JN). Organisée par WaterAid, une organisation mondiale qui s’est illustrée ces dernières années dans la transformation des vies des communautés les plus pauvres en améliorant l’accès à l’eau potable et a l’assainissement, cet atelier a permis  aux journalistes de mieux s’outiller dans le combat pour une meilleure priorisation du secteur de l’eau et de l’assainissement dans l’agenda de développement des pays de la sous-région.

Aujourd’hui, près de la moitié de la population mondiale qui n’a pas accès à des sources améliorées d’eau potable vit en Afrique subsaharienne et 700 millions de personnes de la région n’ont pas accès à des services d’assainissement. L’Afrique subsaharienne a les taux de couverture les plus bas. Une situation qui occasionne la mort de quelque 180.000 enfants de moins de 5 ans chaque année, soit à peu près 500 par jour à cause de maladies diarrhéiques imputables au manque de services d’eau, d’assainissement et d’hygiène (WASH).

Face à cette situation préoccupante, le plaidoyer pour une meilleure priorisation de l’assainissement et de ressources apparait comme une arme efficace pour apporter les changements. C’est l’objectif de cet atelier qui vise à maintenir la dynamique et aider à collecter les preuves nécessaires pour de meilleures actions d’influence sur le financement de l’assainissement dans la sous-région.  Mais, aussi cet atelier est destiné à doter les participants de connaissances sur les Approches basées sur les droits humains et les approches d’engagement citoyen qui leur seront utiles pour l’influence et la gouvernance du secteur (WASH) et notamment l’assainissement.

En ouvrant l’atelier le premier jour, Le Directeur régional des programmes en Afrique de l’Ouest  pour WaterAid, Joe Lambongang, a salué la mobilisation des journalistes pour cet atelier et surtout  rappelé les enjeux des nouveaux Objectifs du développement durables (ODD) pour les pays de la sous-région.  Pour lui, si le travail à accomplir est « immense », les ODD exigent des journalistes et des agents de développement plus d’engagement. En se référant à la stratégie mondiale dont la vision est que chacun doit avoir l’accès à l’eau et à l’assainissement partout où il est d’ici 2030, il a invité les acteurs des médias à contribuer à la réalisation de cette vision.  Pour terminer, il a lancé un appel aux journalistes qui doivent   rechercher des informations crédibles pour pouvoir influencer les politiques et surtout travailler avec passion. « Partout où vous êtes, …vous pouvez changer le monde », a-t-il s’est-il adressé aux journalistes.

Au cours de l’atelier, les participants ont suivi plusieurs présentations sur les progrès et avancées du secteur eau, hygiène et assainissement en Afrique de l’ouest, les grands défis du secteur, l’approche basée sur les droits humains, la communication et la recherche de données…Surtout, les participants ont partagé par pays leurs expériences et études de cas, et fait des exercices pratiques sur la collecte d’informations et de preuves nécessaires pour une efficacité en matière de plaidoyer et d’influence en faveur de l’assainissement.

Egalement, une visite de terrain a été organisée sur deux sites afin d’amener les participants à mieux appréhender la problématique de la pollution de la baie de Hann par les eaux usées et chimiques et celle du manque d’eau et d’assainissement dans Guédiawaye, une région de la ville de Dakar.

Au total, avec les réflexions sur les approches et outils de plaidoyer d’assainissement, sur la documentation, le rapportage, les participants repartent bien affûtés pour un plaidoyer efficace pour un accès de toutes les populations de l’Afrique de l’ouest à l’assainissement.

August 11, 2014

Epidémie d’Ebola: Une opportunité pour renforcer la sensibilisation sur le lavage des mains au Bénin

Alain TOSSOUNON (Bénin) 

Malgré les cas suspects signalés à Tanguiéta ou à Porto-Novo, aucun cas d’Ebola n’a été confirmé officiellement encore par les autorités béninoises. Contrairement aux quatre pays (La Guinée-Conakry, le Libéria, la Sierra-Leone,) qui ont déclenché l’état d’urgence ce week-end, le Bénin n’a pas encore enregistré son premier cas. Pour l’heure, cette épidémie à l’ origine de 1000 morts déjà, inquiète les Béninois et avec eux tout le monde entier.

Le lavage des mains, un geste simple qui sauve des vies

Le lavage des mains, un geste simple qui sauve des vies

Dans les pays voisins de l’Afrique de l’ouest, une partie de l’Afrique où les migrations entre populations sont particulièrement grandes, plusieurs mesures parfois dures pour les économies nationales, sont désormais envisagées pour limiter les risques de contamination entre les populations. Des dispositions de filtrage au niveau des frontières, à l’instauration de zones de quarantaine et l’interdiction des rassemblements publics comme en Sierra-Léone, certains pays comme la Côte d’ivoire interdisent désormais des vols en direction des pays touchés par l’épidémie.
Face à la situation, l’Organisation Mondiale de la Santé a décrété « l’urgence de santé publique de portée mondiale » pour sonner la mobilisation de la communauté internationale afin de trouver les moyens scientifiques et financiers de barrer la route à cette fièvre au taux de décès variant entre 25 à 90 %.
Ainsi, si pour le moment le Bénin attend d’enregistrer son premier cas -ce qui n’est pas souhaitable- il y a lieu d’intensifier et de renforcer la sensibilisation pour l’appropriation par les populations, des règles d’hygiène sanitaire comme le lavage des mains.
Car, en l’absence de traitement efficace et de vaccin pour l’homme, la sensibilisation aux facteurs de risque et la connaissance des mesures de protection à prendre à titre individuel sont le seul moyen de réduire l’infection et la mortalité chez l’être humain. Et l’une des mesures recommandées en dehors de toutes les autres par l’OMS, c’est la diffusion de messages éducatifs de santé publique visant le lavage régulier des mains à l’eau et au savon. Un geste fort simple mais qui depuis plusieurs années, a du mal à faire fortune dans notre pays au niveau des populations béninoises.
En effet, seulement 3 personnes sur 10 se lavent les mains à l’eau et au savon aux moments critiques à savoir avant de manger et après les toilettes. Pourtant, toutes les études montrent que le lavage des mains bloque la transmission d’agents pathogènes qui sont à l’origine de plusieurs maladies dont la diarrhée, la typhoïde, le choléra… Une étude récente (Curtis et Cairncross, 2003) indique que le lavage des mains au savon, en particulier après un contact avec les excréments peut réduire l’incidence diarrhéique de 42% à 47%.
Avec un taux de lavage des mains très bas au Bénin, l’apparition du virus Ebola pourrait avoir des conséquences désastreuses. Avant qu’il ne soit trop tard, le gouvernement et toutes ses structures déconcentrées, devraient promouvoir dans le contexte de psychose et dans la hantise de l’apparition du premier cas d’Ebola, des programmes de lavage des mains. Si par le passé, le lavage des mains à l’eau et au savon avait du mal à passer, avec le virus Ebola, le moment devrait être saisi pour que nos populations comprennent tout le bien fondé de ce geste simple, qui constitue à lui seul un vaccin contre plusieurs maladies.

August 8, 2014

Ebola en Guinée-Bissau: Les autorités adoptent des mesures de prévention  pour faire face à toute flambée épidémique

Le gouvernement de la Guinée-Bissau a activé ces derniers jours, son système d’alerte et de prévention de la santé contre une éventuelle  apparition de l’épidémie d’Ebola. Les frontières avec les voisins de la Guinée, un des pays de l’Afrique de l’Ouest où la maladie sévit  sont fermées pour éviter toute  propagation.

Les médecins soignants sont en train de répéter des moyens d’intervenir si quelqu’un est infecté par le virus de la fièvre hémorragique fatale. Simultanément, des campagnes d’information à l’échelle nationale presque dans les médias et par le biais de brigades créées à cet effet sont organisées  pour éviter la contamination.

Cependant, malgré les campagnes en cours, la population démontre encore une connaissance insuffisante concernant Ebola. Une enquête sur la télévision nationale a révélé que  la majorité des téléspectateurs   ne  connaissent pas parfaitement ce que signifie la maladie et les moyens de la prévenir.

D’autre part, l’assainissement de base, par exemple dans la ville de Bissau, est encore faible . Les déchets continuent  à s’accumuler dans les artères principales des marchés  et en raison de l’incapacité de la municipalité de Bissau à faire la  collecte  a temps.

Face à  la menace de propagation de la maladie du pays voisin (la Guinée, où l’épidémie a éclaté), le Portugal, l’ancienne puissance coloniale, a livré 15 tonnes de médicaments destinés à lutter contre la maladie dans le cas de son apparition en Guinée-Bissau , donc après une demande faite à cet égard par le Premier ministre, Domingos Simões Pereira.

Cependant, les structures de santé et Quinara Tombali, les deux régions de la Guinée-Bissau en bordure de la Guinée Conakry, sont dépourvues de moyens de faire face aux malades d’Ebola. Alias​​, la région de Tombali est confrontée à une épidémie de choléra, qui a infecté depuis Avril 13 personnes et fait deux morts.

Dans une interview à la radio nationale, le directeur de l’hôpital de Quebo localité dans la région de Quinara a dénoncé le manque d’eau et  de latrines et a lancé un appel  aux autorités nationales et les organisations non gouvernementales à soutenir la  construction de latrines.

«Les patients et leurs familles sont forcés de se déplacer sur de grandes distances pour chercher de l’eau dans les puits traditionnels, ce qui provoque la contamination des maladies diarrhéiques”, a déploré Albino Cabi qui ajoute que les patients, en particulier les enfants et les femmes enceintes, sont contraints de rester dans de  longues files d’attente afin de se soulager dans le trou improvisé par l’hôpital.

José Augusto Mendonça
Réseau des journalistes responsables de l’eau et de l’assainissement (REJOHAS)

May 16, 2014

Sommet de la Coalition des Premières Dames d’Afrique pour l’Assainissement : L’évènement se tient finalement le 30 mai

Alain TOSSOUNON (Bénin)

Prévu pour le 9 mai 2014, le sommet inaugural de la Coalition des Premières Dames d’Afrique pour l’Assainissement (CPDA) aura finalement lieu le 30 mai 2014 à Ouagadougou sous le leadership de la Première Dame du Faso, Madame Chantal COMPAORE. Une véritable occasion pour elles, de donner un coup de pouce au plaidoyer en faveur de l’hygiène et de l’assainissement dans nos pays.

Mme Chantal Compaoré, Première dame du Burkina-Faso

Mme Chantal Compaoré, Première dame du Burkina-Faso (Photo site AWEPA)

Les Premières Dames d’Afrique ne veulent plus jouer les seconds rôles dans le combat pour l’Assainissement pour tous en Afrique. C’est le principal enjeu de leur rassemblement et de leur mobilisation à travers le sommet qu’elles organisent. Avec pour vocation d’être une plateforme nouvelle de plaidoyer et un tremplin pour porter en public, les questions d’assainissement et d’hygiène, la coalition des Premières Dames d’Afrique entendent lancer un appel pour plus de ressources et d’investissements pour l’assainissement.

Avec le sommet de Ouagadougou, la Coalition veut interpeller la communauté nationale, régionale et internationale sur le besoin urgent de faire face à la crise affectant le secteur de l’assainissement et de l’hygiène en Afrique, impulser des investissements ou financements d’infrastructures d’assainissement en Afrique, favoriser une meilleure intégration des questions d’assainissement et d’hygiène dans l’agenda des politiques des différentes institutions d’intégration et de développement Africaines. Et enfin, leur cri d’appel vise à promouvoir l’appropriation des meilleures pratiques en matière d’hygiène pour toutes les couches de la population dans les pays membres de la coalition.

En tant que femmes, les premières Dames d’Afrique à travers leur engagement, montrent leur solidarité envers toutes les femmes du continent et les jeunes filles dont la dignité est atteinte par le manque de toilettes et l’absence d’assainissement.
Car aujourd’hui, si elles se félicitent des progrès majeurs enregistrés dans le domaine de l’accès à l’eau potable, dans leur communique de presse, elles fustigent la situation de l’assainissement qui demeure « critique ».
Ainsi, elles invitent leurs maris présidents et tous les à considérer le secteur de l’assainissement comme une priorité dans l’agenda des gouvernements africains.
Notons que la Coalition des Premières Dames d’Afrique pour l’Assainissement est conjointement initiée par l’agence inter-gouvernementale panafricaine Eau et Assainissement pour l’Afrique (EAA) et le Conseil Consultatif des Nations Unies sur l’Eau et l’Assainissement (UNSGAB). Elle a pour objectif principal de mobiliser et impliquer les Premières Dames d’Afrique dans la résolution de la problématique de l’assainissement.

April 29, 2014

1er sommet africain sur l’intégrité dans le secteur de l’eau:  Contribuer à stimuler l’accès universel à l’eau

Alain TOSSOUNON (Envoyé spécial)

(Lusaka, 28 avril) Il s’est ouvert ce matin à Lusaka en Zambie, le premier sommet africain sur l’intégrité dans le secteur de l’eau à l’hôtel Intercontinental. Alors qu’il se déroule  au terme  du « programme régional de développement des capacités pour la promotion et le développement de l´intégrité dans le secteur de l´eau dans l´Afrique sub-saharienne », le sommet vise à encourager et stimuler le dialogue autour des grandes leçons  dans la lutte contre la corruption dans le secteur de l´eau au niveau régional et national.

 

Les participants au cours de la cernier d'ouverture      (Photo: Sanna/SIWI)

Les participants au cours de la cernier d’ouverture
(Photo: Sanna/SIWI)

« Stimuler les progrès dans l’accès universel à l‘eau » est l’objectif de ce premier sommet de l’espoir pour une intégrité dans le secteur de l’eau en Afrique organisé par le PNUD à travers la Facilité pour la Gouvernance de l´Eau, le Réseau de l´Intégrité de l´Eau (WIN), WaterNet, Cap-Net et l’Institut International de l’Eau de Stockholm (SIWI).

En ouvrant les travaux de cet important sommet, l’honorable et Vice-ministre zambien des mines, de l’énergie et de l’eau, Charles Zulu, qui s’est félicité du choix de son pays pour abriter ce sommet, a indiqué que « lutter contre la corruption constitue un pas pour relever le défi de l’accès de tous à l’eau en Afrique ». Il a précisé que le sommet ambitionne de créer une plateforme pour trouver les moyens de combattre la corruption nuisible aux efforts de développement du secteur et de nos Etats. Déjà, il s’est aussi félicité de la formation de 435 personnes formées comme ambassadeurs de l’intégrité de l’eau en Afrique, Pour terminer, il a salué la facilitation du sommet par  la Communauté de développement de l’Afrique Australe (SADC), AMCOW et les partenaires. Pour la Secrétaire permanente du Ministère zambien en charge de l’eau, Mme Charity C. Mwansa, le combat pour l’intégrité de l’eau est un raccourci pour aller vers un monde plus sécurisé de l’eau, améliorer les vies des foyers et lutter contre la pauvreté. Pour elle, le problème de l’intégrité de l’eau doit être reconnu comme un problème mondial. Car, les effets néfastes de la corruption dans le secteur de l’eau sont grands, a soutenu le Directeur de Cap-Net PNUD, Dr Themba Gumbo. « Nous devons travailler dans la transparence dans tout ce que nous faisons au-delà du secteur de l’eau », a signalé Phera Ramoeli, gestionnaire de programme de la Division  Eau de la Communauté de développement d’Afrique Australe (SADC). Une communauté d’Etats qui reconnait l’impact de la corruption sur le développement comme un fléau à travers son protocole.

Au terme de ce sommet, les résultats qui seront compilés sous forme de déclaration seront présentés aux ministres africains, a précisé la Directrice de la Facilité pour la Gouvernance de l’eau, Dr Marianne Kjellén. Le forum se poursuit demain 30 avril avec plusieurs sessions thématiques et surtout des échanges sur des bonnes pratiques de lutte contre la corruption et de promotion de l’intégrité.

 

April 12, 2014

Mobilisation des financements pour l’assainissement : Les Premières dames entament le plaidoyer le 9 mai

Idrissa SANE (Dakar)

Les Premières dames d’Afrique s’engagent dans le plaidoyer pour la mobilisation des financements en faveur du secteur de l’assainissement et pour la promotion des comportements hygiéniques. Elles seront à Ouagadougou le 9 mai avec comme objectifs d’affiner les stratégies.

Des premières dames engagées pour la cause de l'assainissement

Des premières dames engagées pour la cause de l’assainissement

La capitale du Burkina Faso va accueillir la première Coalition des Premières dames d’Afrique pour l’Assainissement. Cette rencontre, prévue le 9 mai 2014, est une initiative conjointe de l’Agence intergouvernementale panafricaine pour l’eau et l’assainissement (Eaa) et le Conseil consultatif des Nations unies sur l’eau et l’assainissement (Unsgab).

Les organisateurs cherchent à élaborer une plateforme de plaidoyer pour un secteur qui souffre toujours d’un déficit de financement. « La vocation de la Cpda est de constituer une plateforme de plaidoyer et un tremplin, afin que les questions d’assainissement atteignent un public beaucoup plus large et soient priorisées dans l’agenda de développement de tous les pays », indique le communiqué parvenu à la rédaction. Dans ce document, il est mentionné que « le plaidoyer des Premières dames permettra de mobiliser plus de ressources et d’impulser des investissements durables et conséquents pour la réalisation d’infrastructures d’assainissement en faveur des populations pauvres et l’amélioration des pratiques d’hygiène ».

La coalition travaillera également à réduire les inégalités et à prendre en charge les questions d’inclusion. L’absence d’infrastructures de base comme les toilettes expose les femmes et les filles aux nombreuses conséquences. «  La Coalition des Premières dames d’Afrique va représenter l’expression de  l’engagement et de l’expérience des grandes figures africaines à travers le continent et au-delà, affirmant ainsi le droit de tous les Africains à l’assainissement et à l’hygiène. Sous cet angle, elle sera le rendez-vous d’expériences concrètes, de professionnalisme et d’empathie à l’endroit des femmes, avec la vision d’un changement majeur dans le mode de conduite des pratiques d’assainissement et d’hygiène en Afrique », notent les rédacteurs du communiqué.

La prise en charge de la problématique de l’assainissement, affirment ces derniers, met les femmes à l’avant-garde de ces défis, parce qu’elles sont non seulement les garantes de la santé et du bien-être familial, mais aussi les premières victimes de ce fléau. Rappelons que  l’Agence intergouvernementale panafricaine eau et assainissement pour l’Afrique (Eaa)  qui compte 36 membres s’investit dans la recherche de solutions aux problèmes de l’assainissement par l’optimisation des approches techniques, scientifiques et par la promotion des mécanismes innovants de financement. Quant au Conseil consultatif auprès du secrétaire général des Nations unies pour l’eau et l’assainissement (Unsgab), une organisation de haut niveau, son champ d’action concerne la mobilisation des financements et l’élaboration des stratégies pour la réalisation des Omd pour la composante eau et assainissement.

Idrissa SANE

 

March 10, 2014

Ndèye Dagué Gueye sur la situation des femmes handicapées en matière d’accès aux toilettes: « Parfois, nous sommes obligées de ramper…c’est dur »

Ndèye Dagué Gueye, Fédération sénégalaise des Associations des personnes handicapées

Ndèye Dagué Gueye, Fédération sénégalaise des Associations des personnes handicapées

Le monde a célébré comme tous les 8 mars de chaque année, la Journée internationale de la femme. Une fois encore, la situation des femmes et de leurs droits a été largement évoquée dans tous les pays. Mais, comme dans les autres secteurs, les femmes handicapées restent encore vulnérables et vivent dans le silence des discriminations en matière d’accès aux toilettes. Nous publions ici le témoignage de dame Ndèye Dagué Gueye, Présidente nationale du Comité des femmes de la Fédération sénégalaise des Associations des personnes handicapées  sur le calvaire que vivent les femmes handicapées en matière d’accès aux toilettes. La non prise en compte de l’équité et de l’inclusion dans le secteur WASH est tout simplement une  injustice sociale à corriger.

Selon vous, quelles sont les difficultés que les personnes handicapées éprouvent en matière d’accès aux toilettes ?

La question de l’équité et de l’inclusion dans le secteur WASH est pertinente et importante pour nous, personnes handicapées. Les gens considèrent le problème de l’accès des personnes handicapées aux toilettes comme des détails. Alors que, en tant que femmes handicapées, l’accès aux toilettes est assez difficile. En général, les bâtiments ne sont pas accessibles. C’est le cas d’une femme handicapée sur chaise roulante qui doit entrer dans une toilette avec une porte étroit. Elle est obligée de descendre et de ramper. Maintenant, une fois dans les toilettes, il n’y a pas l’aménagement nécessaire, ni de support. Parfois, les toilettes sont assez isolées…  Et au niveau des toilettes, une femme qui rampe, c’est dur. Il y a des risques d’infections. Le dernier élément, c’est que parfois comme il y a souvent de l’eau qui traine, on a des femmes qui tombent et se retrouvent avec des fractures. Nous lançons un appel pour qu’en matière d’assainissement, ces situations soient prises en compte.

Est-ce que vous avez le soutien de l’Etat sénégalais par rapport aux difficultés que vous soulevez ?

Concernant la situation des personnes handicapées, le Sénégal dispose d’une loi d’orientation sociale votée en 2010 avec un décret d’application. Le Sénégal est allez loin. Il reste l’application et c’est à ce niveau que nous faisons notre plaidoyer. Il y a une volonté politique. Il y a par exemple, au niveau de certains nouveaux bâtiments, une volonté de les rendre accessibles.

Est-ce que la loi dans son application prend en compte la question des facilités d’accès des personnes handicapées aux toilettes ?

Il faut dire que nous avons une loi révolutionnaire au Sénégal. Nous y avons beaucoup travaillé pendant plusieurs années sur tout ce qui concerne les femmes, les enfants, les personnes handicapées… dans les différents domaines (Education, santé, emploi…). On n’a occulté aucune question. L’accès aux toilettes rentre dans le champ de l’accessibilité et la loi a consacré tout un chapitre là-dessus. Donc, si la loi est appliquée, l’accessibilité aux toilettes serait résolue.

Mais, il faut dire que si pour l’application de la loi, c’est d’abord l’Etat, tout le monde est aussi concerné. Il y a la société civile et aussi le patronat.

Avez-vous un appel à lancer ?

Nous avons une loi révolutionnaire, Mais il faut que tout le monde s’implique. Car, si nous réglons la question de l’accès des personnes handicapées, des femmes enceintes ou des personnes âgées, c’est tout le monde qui gagne.

    Propos recueillis par Alain TOSSOUNON/Dakar, le 15 septembre 2013

February 28, 2014

Mission d’information sur le Projet « Eau pour la croissance et la réduction de la pauvreté » : Le président Abel Afouda satisfait de l’intérêt porté au projet par le Bénin

Le président du Partenariat Ouest-africain de l’Eau (Gwp/Ao), Abel Afouda, a effectué une mission d’information au Bénin du 26 au 28 Février dans le cadre du Projet « Eau pour la croissance et la réduction de la pauvreté dans le sous-bassin transfrontalier du Mékrou ». Les échanges avec les autorités des divers ministères impliqués ont été très fructueux selon ses déclarations à la presse hier, 27 février au cours d’une interview.

Béatrice Koumènougbo (Bénin)

Abel Afouda, Président du GWP/AO

Abel Afouda, Président du GWP/AO

Les autorités béninoises ont porté un grand intérêt aux échanges avec le président du Partenariat ouest-africain de l’eau, Abel Afouda, dans le cadre de la mission d’information sur le projet « Eau pour la croissance et la réduction de la pauvreté dans le sous-bassin transfrontalier de la Mékrou ». Dans une interview accordée à la presse, hier, 27 Février, il a expliqué les objectifs du projet et exprimé sa satisfaction quant à la disponibilité et l’écoute des autorités béninoises.

En effet, le président du Partenariat Ouest-africain pour l’eau a rencontré les autorités et cadres des ministères en charge de l’agriculture, de l’enseignement supérieur, de l’eau, de l’environnement. «Les échanges ont été très fructueux » a-t-il déclaré. Il a estimé que cet intérêt manifeste des autorités béninoises contribuera à une bonne mise en œuvre du projet au Bénin. Le 1er responsable du partenariat ouest africain de l’eau est revenu sur l’importance du projet.

Le projet « Eau pour la croissance et la réduction de la pauvreté dans le sous-bassin transfrontalier de la Mékrou », a été initié par le Partenariat mondial de l’eau et  soutenu financièrement par l’Union Européenne. Il sera mis en œuvre dans trois pays que sont le Bénin, le Burkina-Faso et le Niger. Selon Abel Afouda, ce projet permettra d’améliorer  les connaissances en matière de ressources en eau  au profit des populations, des maires et décideurs.  Le président du Gwp/ Ao a rappelé que l’eau c’est la vie. A cet effet, il est important de maîtriser la ressource eau pour éviter les catastrophes telles que les inondations. Pour illustrer l’importance du projet, il a rappelé les inondations qui ont lieu régulièrement dans le nord du Bénin. Selon lui, si les populations étaient suffisamment informées, elles prendraient les mesures nécessaires pour éviter les désagréments. C’est le cas des agriculteurs qui ont besoin de l’information nécessaire sur la ressource eau pour mieux planifier  leur production. Il est donc important d’informer non seulement les populations mais aussi les maires et autorités concernées. Ce projet permettra aux maires de mettre l’eau dans leur Plan de développement communal et aux décideurs, d’intégrer les programmes liés à l’eau dans les plans de développement. Abel Afouda a estimé que c’est un projet qui a de l’avenir étant donné que sa finalité est la réduction de la pauvreté à travers une meilleure connaissance des ressources en eau dans ce sous-bassin transfrontalier.

Interrogé sur la prochaine étape en ce qui concerne la mise en œuvre du projet, Abel Afouda a indiqué qu’après l’étape de l’information, le projet sera lancé au cours d’un atelier qui se tiendra à Ouagadougou en Mars 2014. Des ateliers  suivront dans tous les pays pour informer les populations et les décideurs. La première année du projet sera couronnée par la signature de convention pour une gestion harmonisée de la ressource eau entre les pays concernés.