Posts tagged ‘WASHJN’

October 11, 2017

Lancement du Fonds ANE du programme OmiDelta : La page « Affaire PPEA II » désormais tournée

Alain TOSSOUNON (Cotonou, Bénin)

Après le fonds de transition Eau, la coopération néerlandaise dans le secteur de l’eau et de l’assainissement qui a connu des moments difficiles avec l’affaire PPEA II, est relancée avec le lancement  jeudi dernier du Fonds des Acteurs Non Étatiques du Programme de financement néerlandais OmiDelta. Géré par la SNV, ce fonds est destiné à soutenir la société civile  et le secteur privé actifs dans le secteur  à travers un appel à projets dans les domaines de l’Approvisionnement en Eau Potable, Hygiène et Assainissement (AEPHA), la GIRE et la Gouvernance afin d’améliorer l’accès, l’utilisation et la durabilité des services.

Quand l’accès à l’eau potable est encore un luxe au Bénin

Avec le lancement le jeudi 5 octobre 2017 à Azalai Hôtel de Cotonou du Fonds des Acteurs Non Etatiques (ANE) qui marque la mise en œuvre effective du Programme OmiDelta financé par l’ambassade du Royaume de Pays-Bas, l’affaire PPEEA II qui a ébranlé le secteur de l’eau et de l’assainissement au Bénin en 2015, est définitivement conjuguée au passée. Ce lancement intervient après la mise en œuvre du programme Fonds de transition Eau qui a permis d’assurer l’accès à l’eau potable à près de 170.000 personnes dans 21 communes. Juste après, le gouvernement du Bénin a signé avec l’Ambassade du Royaume des Pays-Bas, un accord de coopération pour la mise en œuvre d’un nouveau vaste programme dénommé OmiDelta pour garantir l’accès de tous à l’eau et l’assainissement et assurer une gestion durable des ressources en eau.

Au cours de cette cérémonie qui a connu la participation de toutes les Organisations de la société civile et des acteurs du secteur privé actifs dans le secteur, la directrice de la SNV Bénin-Burkina, Jeannette  de Regt a justifié l’initiative du programme OmiDelta. Soutenant qu’il est inconcevable qu’en 2017, de milliers de personnes vivent encore sans accès à l’eau surtout des petits enfants qui meurent à cause d’un manque de qualité de l’eau, elle s’est réjoui du lancement du fonds ANE qui constitue le 2e guichet de ce programme. « Ce programme vient corriger cette injustice », a-t-elle signalé avant de souligner l’importance de la contribution des Organisations de la société civile (Osc) dans ce secteur vital pour les populations. Appelant tous à baser la collaboration qui doit régner entre la SNV et les OSC sur la confiance, elle a salué la présence du ministre en charge de l’eau, Dona Jean-Claude Houssou qui témoigne de l’engagement du gouvernement pour ce secteur. Pour l’Ambassadeur des Pays-Bas au Bénin, Harry Van Dijk, « partout dans le monde, il est démontré que la gestion de l’eau et les services d’approvisionnement d’eau potable, d’hygiène et d’assainissement atteignent des résultats durableS seulement si les différents acteurs collaborent et assument des responsabilités qui collent bien à leurs missions ». Dans son intervention, il a rappelé également l’importance des Acteurs Non Etatiques (ANE) dans le secteur avant d’indiquer que l’accompagnement du programme de financement néerlandais OmiDelta se fait à travers travers trois instruments : le Fonds Acteurs Etatiques géré par la Caisse Autonome d’Amortissement, le Fonds Acteurs Non-Etatiques géré par la SNV et l’Assistance Technique gérée par le consortium COWI – Royal HASKONINGDHV. Selon l’ambassadeur, ce programme qui vient après le PPEA II et le fonds transitoire, vise essentiellement à travers l’ensemble des trois instruments, à desservir en eau potable  500.000 personnes, à assurer à 1.000.000 de personnes  un accès aux services d’assainissement et de promotion de l’hygiène  et à faire bénéficier à  600.000 personnes d’une meilleure gestion des ressources en eau dans la basse vallée, notamment le delta de l’Ouémé. « Sans vouloir être prétentieux, OmiDelta voudrait aussi promouvoir/contribuer à l’emploi et à la participation des jeunes et des femmes aux décisions », a préciser l’ambassadeur  avant d’insister sur la nécessité de prendre en compte la durabilité des résultats du programme. Il faudra aussi bien gérer les ressources du programme a martelé l’ambassadeur tout en rappelant « les moments durs » que le secteur a connu ces dernières années.  Selon son intervention, cette gouvernance transparente et intègre des ressources recherchée passera par  le renforcement de la coopération entre la société civile et le gouvernement. Pour le gouvernement représenté par le Ministre chargé du secteur de l’eau, le lancement de ce fonds ANE pour les OSC revêt une importance particulière. Car, soutient le Ministre Dona Jean-Claude Houssou, l’accès à l’eau et aux services d’hygiène et d’assainissement est l’un des secteurs prioritaires du Programme d’Actions du Gouvernement (PAG). Arguant que 3 des 45 projets de ce PAG sont consacrés au secteur de l’eau, il a également ajouté que ces projets sont soutenus par des réformes dont la création de l’Agence destinée à la réalisation des ouvrages en milieu rural. Faisant remarquer que la stratégie du programme OmiDelta cadre bien avec celle su gouvernement qui ambitionne d’atteindre l’accès universel à l’eau d’ici 2021, il a indiqué que dans ce contexte, « aucun appui ne sera de trop ». En terminant ces propos, il a recommandé que dans la réalisation des ouvrages, trois choses soient rigoureusement prises en compte : la qualité, l’implication des communautés pour une meilleure appropriation et les compétences qui doivent être au cœur des interventions.

Le ministre en charge de l’eau Jean-Claude Houssou,entouré de l’ambassadeur des Pays-Bas (extrême droite), de la directrice de la SNV et du représentant du ministère du cadre de vie

Au cours de la séance, les participants ont suivi des exposés sur la présentation de OmiDelta Fonds ANE, le cadre logique et de suivi-évaluation, les procédures administratives et financières. Des échanges, on retient que les points d’intérêt des acteurs présents sont relatifs à la cohérence avec les réformes en cours notamment la création de l’Agence, la nécessité d’une synergie avec les Acteurs Etatiques, les informations sur le cadre de suivi, le respect des stratégies nationales dans le secteur, la valorisation des ressources en eau, la sélection des acteurs…A toutes ces préoccupations, le staff technique de la SNV appuyé par le Directeur général de l’eau (DGEau) ont rassuré les uns et les autres quant à la synergie avec tous les acteurs et la complémentarité avec le guichet étatique qui seront recherchées. La séance a pris fin avec la proposition d’un sous-comité constitué des représentants de la SNV, CANEA, DGEau, DNSP, INE, ANCB, PNJEA et du Comité du bassin de l’Ouémé.

 Le fonds ANE en quelques mots

D’un montant de 14.750.000 Euro pour une durée allant de 4 à 5 ans pour la période 2017-2021, le Fonds des Acteurs Non Etatiques (ANE) fait partie des trois guichets du Programme OmiDelta financé par l’Ambassade du Royaume des Pays-Bas au Bénin. Il vise à financer les Organisations de la société civile active dans le secteur de l’eau et l’assainissement afin d’améliorer l’accès, l’utilisation, la qualité et la durabilité des services d’Approvisionnement en Eau Potable, Hygiène et Assainissement (AEPHA). Egalement, ce fonds est destiné à opérationnaliser la Gestion Intégrée des Ressources en Eau (GIRE) et il prend en compte des aspects transversaux tels que le Genre, la jeunesse, les changements climatiques et la promotion de la gouvernance et de l’intégrité dans le secteur de l’eau et de l’assainissement. Ce projet ambitionne d’impacter au moins 150.000 personnes pour la fourniture de services d’eau durables de qualité, au moins 275.000 personnes pour les services d’hygiène et d’assainissement et 300.000 personnes pour la GIRE dans le Delta de l’Ouémé. Il revient aux OSC, ONG, au secteur privé et aux institutions de recherche non gouvernementale, nationale et internationale de soumettre des propositions de projets au financement du fonds. Les thèmes prioritaires sont :  la promotion de l’hygiène et de l’assainissement, l’amélioration du service public de l’eau, l’amélioration de la gestion des eaux usées et excréta, l’amélioration de l’accès à l’eau potable et aux services d’hygiène et d’assainissement (AEPHA) ; la valorisation des ressources en eau, la résilience et l’adaptation de la population aux changements climatiques (GIRE) ; la promotion de la gouvernance dans le secteur AEPHA, la gouvernance des ressources en eau dans le sous-bassin de la Basse Vallée de l’Ouémé.

 

 

Advertisements
Tags: , , ,
August 11, 2017

Juste H. Nansi sur les réformes dans le secteur de l’eau au Bénin: « …le PPP est un moyen pour réaliser les services universels et pérennes»

Alain TOSSOUNON (Cotonou/Bénin)

Depuis son installation, le régime du Président Patrice Talon a fait du Partenariat Public Privé (PPP), son modèle privilégié de gestion dans plusieurs secteurs. Comptant sur ce modèle au cœur de la mise en œuvre du Programme d’Actions du Gouvernement (PAG), le gouvernement a fait le pari de réaliser l’accès universel à l’eau d’ici 2021 soit neuf ans avant l’échéance fixée par la communauté internationale pour l’atteinte des Objectifs du Développement Durable (ODD). Face aux interrogations et craintes qu’expriment certains acteurs du monde du secteur de l’eau, nous avons donné la parole à une personne ressource très avertie de la problématique du PPP dans le secteur de l’eau. Expert principal Afrique de l’Ouest et du Centre  à  IRC (International Water and Sanitation Center), Juste NANSI, dans cet entretien, s’est prononcé sur les réformes engagées dans le secteur  par le gouvernement avant de donner son appréciation du PPP qui constitue l’un des moyens en vogue pour accélérer les investissements et améliorer rapidement l’efficacité des services publics.

Juste Hermann NANSI, Expert principal Afrique de l’Ouest et du Centre à IRC

Quelle lecture faites-vous des réformes engagées par le régime actuel dans le secteur de l’eau à savoir la création d’une agence dédiée à la réalisation des ouvrages en milieu rural mais aussi le recours aux PPP comme dans plusieurs secteurs?

Le recours à une agence dédiée me semble être un choix compréhensible du gouvernement béninois, pour répondre aux impératifs de résultats et de célérité. Réformer l’administration publique est un chantier très vaste et très complexe et on peut comprendre qu’il ne faille pas pénaliser les populations qui attendent la fourniture des services le plus tôt que possible. Mon observation est néanmoins qu’on manque de visibilité sur l’avenir de la Direction Générale de l’Eau (DGEAU). Le positionnement de l’agence directement à la présidence de la République est aussi un signal fort et positif de l’importance accordée par l’autorité politique au plus haut niveau à la problématique de l’eau. C’est le souhait de la communauté technique internationale. Néanmoins, il importe de clarifier alors le mandat du Ministère en charge de l’eau avec cette nouvelle configuration. Faisant la synthèse, on peut se demander l’avenir qui est réservé à l’ancien instrument gouvernemental pour l’action publique en matière d’eau. Cela devrait se préciser dans les années à venir.

Pour ce qui concerne le PPP, c’est l’un des moyens en vogue pour accélérer les investissements et améliorer rapidement l’efficacité des services publics. Mais, il faut savoir que ce n’est pas une nouveauté, ni dans les différents secteurs de l’action publique, ni dans le secteur spécifique de l’eau. Plusieurs pays ont expérimenté plusieurs modalités de PPP sur des périodes suffisamment longues pour apprécier l’efficacité et les conditions de succès. Pour ma part, j’observe que le cadre législatif et règlementaire du Bénin mérite d’être mieux étoffé. C’est ce cadre qui définit la gouvernance et la régulation permettant à toutes les parties prenantes, autorités publiques, partenaires au développement, opérateurs privés et citoyens, de collaborer sereinement et de préserver leurs intérêts spécifiques et de respecter par-dessus tout l’intérêt public. Il y a plusieurs manières de procéder. Soit, on commence à construire le cadre le plus complet et le plus robuste possible en s’appuyant sur les expériences des autres et ensuite on exécute, soit on commence à exécuter avec un cadre incomplet ou imparfait et on améliore au fur et à mesure. Les deux options ont leurs avantages et leurs inconvénients. Mais, ce sont les autorités publiques qui en décident et aussi en répondent. Je pense que les autres parties prenantes devraient tous contribuer au mieux, à la réussite des choix des autorités en place tout en restant vigilant sur l’efficacité et l’efficience.

La volonté de réformer du gouvernement répond à un engagement de réaliser l’accès universel à l’eau d’ici 2021 soit neuf ans avant les ODD.  Selon vous, est-ce une bonne décision ?

Bien évidemment, c’est une bonne décision. Tout est possible avec la volonté politique et les moyens (humains, intellectuels technologiques, matériels et financiers). Il suffit de regarder la vitesse fulgurante à laquelle se construit Dubaï pour confirmer que tout est possible.

Seulement, tout dépend aussi de la définition que l’on donne à l’atteinte de l’ODD6. Pour ma part, je n’ai pas encore eu accès à la documentation technique détaillée sur les plans du gouvernement béninois. Il serait indiqué de se conformer aux orientations définies au niveau international. L’idéal visé par les Nations Unies, c’est l’eau potable disponible à tout moment à domicile et sur tous les lieux de vie. Selon les données JMP publiées en 2017, 33% de la population béninoise n’a pas accès à un service basique d’eau potable. Cela représente 3,5 millions de personnes à satisfaire. A cela s’ajoute la croissance démographique de 2,8% par an et les besoins d’investissements pour maintenir la qualité de service pour toute la population déjà couverte (67% soit 7,3 millions de personnes). Il faut enfin compter que l’accès doit être continu et durable, ce qui suppose une exploitation efficace des équipements et systèmes et des solutions pérennes pour les investissements futurs. Il faut se rendre à l’évidence que stabiliser l’accès universel une fois atteint à un coût et que la responsabilité de l’autorité publique est aussi la durabilité. Voilà quelques repères pour appréhender le défi de l’accès universel. Ce qui me semble essentiel et primordial, c’est de ne pas tronquer cette définition de l’accès universel avec des raccourcis simplistes car ce serait contraire à l’intérêt public. Quant à savoir si cela est réaliste et réalisable, je suis de nature ambitieuse et intrépide donc par principe, je souscris à l’engagement des autorités publiques d’accélérer les progrès. Il suffit de s’en donner les moyens.

 

Pour le gouvernement, le PPP apparaît comme la solution miracle pour atteindre l’accès universel. Quand on sait que les expériences de PPP de la Banque Mondiale dans le secteur de l’eau dans certains pays comme le Mali ou le Niger dans le milieu urbain ont montré quelques limites, comment le gouvernement doit s’y prendre pour éviter de faire les mêmes expériences ?

Les solutions ne valent que ce que les hommes qui les conçoivent et les exécutent arrivent à en faire. C’est ainsi que certains peuvent faire des miracles et d’autres peuvent échouer. Le PPP ne doit pas être une fin en soi, mais un moyen pour une finalité : des services universels et pérennes. Il faut donc garder cette claire définition de la finalité et se disposer à ajuster ou changer les moyens pour y parvenir. Les résultats positifs, négatifs ou mitigés des PPP dans le secteur de l’eau sont nombreux. Les causes sont multiples et ne tiennent pas seulement au modèle. De nombreuses publications fiables analysent de nombreuses expériences et devraient inspirer les nouvelles initiatives. Pour ma part, le plus important pour toutes les parties, en particulier les autorités publiques et les citoyens, est de rester vigilant sur la finalité et sur l’efficacité et non d’idéaliser le PPP qui n’est qu’un moyen.

Est-ce que dans un contexte où la communauté internationale appelle à l’effectivité du droit à l’eau et à l’assainissement, le PPP dans le secteur de l’eau permet de garantir à tous les Béninois de l’eau potable à un prix acceptable et de respecter ce droit?

Je ne suis pas de la logique qui oppose systématiquement la présence du secteur privé avec l’accessibilité financière des services publics. La preuve est que des secteurs plus marchands que l’eau, comme la téléphonie mobile, ont pu se démocratiser et s’adapter à toutes les bourses. La question du prix se gère à travers une régulation efficace et transparente, indépendamment du statut juridique de l’opérateur (public ou privé). Mais encore une fois, ma conviction est que c’est la finalité qui doit guider le choix des moyens. Une fois que la finalité est convenue pour la réalisation des droits humains à l’eau et à l’assainissement, il faudrait créer les conditions pour ajuster les moyens (dont le PPP) pour y parvenir. Si les moyens humains, intellectuels technologiques, matériels et financiers, sont effectivement dédiés pour que le PPP assure à tous les Béninois de l’eau potable à un prix acceptable et dans le respect du droit de l’homme, il est bien possible que le gouvernement réussisse son pari.

Quelle doit être la position de la société civile et que doit-elle faire pour défendre le caractère social du secteur de l’eau potable au profit des populations pauvres  dans ce contexte de réformes et de PPP?

Le rôle de la société civile est de veiller à la finalité : la réalisation des droits humains à travers des services de qualité satisfaisante et à un coût abordable dans le respect de l’équité. Elle doit donc être vigilante à tous les détails relatifs au moyen (dont le PPP) qui pourraient compromettre cette finalité.

Pour ma part, les autorités publiques restent libres et responsables du choix des moyens en se disposant à répondre de leur échec ou de leur succès. Leur responsabilité est autant politique que juridique et la société civile devrait veiller à ce que chacun réponde de ses actes en bien ou en mal.

Face aux ODD plus ambitieux que les OMD, comment les Etats doivent-ils s’y prendre pour les intégrer au mieux dans les stratégies de développement pour une mise en œuvre efficace ?

Nos gouvernants doivent prendre leurs responsabilités, être proactifs et en cela, le Bénin est dans la bonne démarche. Nos Etats ont besoin d’être profondément réformés, nos administrations publiques doivent être repensées et nos services publics restructurés. Nous devons oser changer de modèle. Il n’y a plus de compromis à faire sur l’efficacité et l’efficience.

Nos Etats ont néanmoins besoin de faire des choix avertis et bien informés. Il serait regrettable de commettre des erreurs déjà commises par d’autres et bien documentées. Il y a bien de nombreux pays où l’accès à l’eau et à l’assainissement est universel et permanent depuis des décennies. Nous n’avons donc pas besoin de réinventer la roue. Si on s’y prend avec précaution, on devrait trouver la combinaison gagnante pour chaque pays. Au final, il faut de la volonté, de la rigueur, du dynamisme et certainement beaucoup de changements.

Pour vous, en définitive, les PPP sont-ils l’avenir du secteur de l’eau en Afrique ?

Je donnerai au PPP toutes ses chances. Je crois profondément à la valeur ajoutée du secteur privé, mais me garderai d’une conclusion aussi hâtive. Le secteur de l’eau a une obligation de résultat, une obligation d’efficacité et d’efficience. Les autorités publiques ont l’obligation de chercher et de trouver les meilleurs moyens pour parvenir aux résultats convenus. Le PPP peut être un des moyens, mais n’est certainement pas l’unique.

Tags: , , ,
May 3, 2017

AEP en milieu Rural : Les acteurs du secteur valident la stratégie nationale 2017-2030

Alain TOSSOUNON (Cotonou/Bénin)

Après la Stratégie nationale d’Approvisionnement en Eau potable en milieu rural venue à terme en 2015, un processus a été engagé pour l’élaboration et la validation du nouveau document pour la période 2017-2030. C’était le 27 avril à Azalai Hôtel de Cotonou, en présence de toutes les catégories d’acteurs venus nombreux pour apprécier le document avant de le valider.

Manque d’eau potable dans le village de Pessagou dans la commune de Tanguiéta (Photo DT)

En ouvrant les travaux de cet atelier, le Secrétaire Général du Ministère en charge de l’eau représentant le ministre, Jean-Claude Gbodogbé, a rappelé que la Stratégie Nationale de l’Approvisionnement en Eau Potable en milieu rural est l’instrument de la mise en œuvre de la politique du gouvernement en matière de distribution d’eau potable de la zone rurale. Elle permet, soutient-il, d’orienter son action dans le sous-secteur de l’approvisionnement en eau potable en milieu rural par des principes directeurs.

Après la génération de la Stratégie Nationale de l’Approvisionnement en Eau Potable 2005-2015 basée surtout sur l’atteinte des OMD, il était devenu impérieux pour le Bénin, de se doter d’une nouvelle stratégie pour la période 2017-2030 mais aussi pour relever de nouveaux défis notamment les Objectifs du développement durables dont le cap est fixé pour 2030. Mais plus encore, la définition d’une nouvelle stratégie s’impose pour coller au Programme d’Actions du Gouvernement (PAG) qui prévoit l’accès universel d’ici 2021.

« En dépit des résultats appréciables que sa mise en œuvre a permis d’atteindre en dix ans, elle a montré des limites par rapport au cadre législatif et réglementaire marqué par les lois de décentralisation et la nouvelle loi portant gestion de l’eau en République du Bénin avec leurs décrets d’application et les orientations du nouveau Gouvernement », a-t-il signalé.

En fixant les objectifs de l’atelier, il a indiqué que les défis que la nouvelle stratégie devra relever ont pour noms : l’assistance-conseil, la bonne gouvernance à tous les niveaux et la régulation du secteur en milieu rural.

Intervenant au nom des membres, le président  du Comité ayant dirigé les travaux, a souligné que le présent atelier est l’aboutissement d’un processus qui a démarré en novembre 2016 par l’élaboration de la note méthodologique sur les options stratégiques.  En présentant le document, le Directeur Général de l’eau, Adamou Worou Wara, a indiqué qu’il se fonde sur le diagnostic du secteur d’AEP en milieu rural issu de l’évaluation de la mise en œuvre de la Stratégie 2005-2015, des échanges et rencontres avec les différents acteurs à travers des enquêtes,  la politique nationale de l’eau et la Loi sur la gestion de l’eau. Mais aussi, la nouvelle stratégie intègre les Objectifs de Développement Durable (ODD 6.1 secteur de l’eau et de l’assainissement qui vise l’accès universel à l’eau potable horizon 2030) et la vision du gouvernement du Bénin avec le Programme d’Action Gouvernemental 2017-2021 qui ambitionne l’accès universel à l’eau potable pour toute la population béninoise d’ici 2021.

Mobiliser  566,7 milliards FCFA pour réaliser l’accès universel en 2021

Avec l’objectif d’assurer à toute la population rurale un accès à l’eau potable de façon équitable, durable et de qualité, à un coût abordable, la nouvelle stratégie prévoit un cadre institutionnel  avec un partage de rôles et de responsabilités. Le modèle de fourniture et de gestion du service public de l’eau potable se base sur la maîtrise d’ouvrage communal et la délégation du service a des professionnels spécialisés. Dans ce modèle, le suivi des indicateurs de performance de la fourniture du service se fera en faisant recours aux Technologies d’Information et de Communication (TIC) pour la collecte des données sur la gestion des points d’eau. Ce qui permettra de disposer en temps réel des données d’exploitation et de gestion de la fourniture du service aux usagers. Egalement, dans cette nouvelle stratégie, il est prévu l’utilisation du service d’appui professionnel (SAP) pour mettre en place des systèmes pérennes de production de données exploitables dans les missions de suivi, de régulation et de gestion, et disposer de données régulières et fiables sur l’exploitation technique et financière des réseaux indispensables pour la régulation. En accordant un grand prix au renforcement des capacités des acteurs publics et privés, le cadre stratégique est fondé sur quatre objectifs : assurer l’accès à une source d’eau potable améliorée à toute la population rurale du Bénin, garantir la disponibilité de l’eau potable de façon continue et durable, assurer en permanence la qualité de l’eau de consommation,  garantir la bonne gouvernance du sous-secteur. Le Plan d’Actions élaboré pour atteindre ces objectifs comporte l’accélération de l’investissement pour atteindre en 2021 l’accès universel, la professionnalisation de la gestion des ouvrages à travers une délégation de la gestion, le renforcement de la maitrise d’ouvrage communal et la gouvernance sectorielle.

Au total, pour mettre en œuvre ce plan, il faut mobiliser pour la période 2017- 2030, un montant de 566,7 milliards FCFA soit 344,1 milliards FCFA (68,8 /an) pour la période 2017-2021 afin de répondre à la vision du gouvernement. Un mécanisme de suivi-évaluation est mis en place pour garantir une gestion performante.

Au cours du bouillon d’échanges qui a suivi la présentation, les participants ont recommandé que le bilan de l’ancienne stratégie soit mieux étoffé dans le document. Les échanges ont aussi permis de revenir sur la problématique de la prise en compte dans les statistiques, des postes d’eau autonome privés et de faire le débat sur la méthode de calcul du taux de desserte pour mieux être proche de la réalité. Surtout, les maires ont voulu avoir un éclairage sur la réforme relative à la création de l’Agence de réalisation des ouvrages en milieu rural. Là-dessus, le représentant du Bureau de l’Auditeur Interne, Moïse Houssou,  a martelé qu’avec la réforme, la maîtrise d’ouvrage est toujours une compétence des communes. « La responsabilité demeure à la commune avec le Plan Communal Eau comme outil », soutient-il. Dans son intervention ; il a expliqué que la réforme se justifie par la nécessité de contourner la lourdeur administrative liée à la procédure de passation des marchés publics.

Au terme des échanges, le document a été validé à l’unanimité des participants sous réserve de la prise en compte des observations et recommandations.

 

Tags: , ,
April 21, 2017

Réunion de Haut Niveau de Washington: Le Bénin fortement représenté, une première depuis 2012

Alain TOSSOUNON (Bénin)

Les Réunions de Haut Niveau (RHN) du partenariat Assainissement et eau pour tous  (SWA) se sont déroulés à Washington DC, aux États-Unis les 19 et 20 avril 2017. Se tenant en même temps que la réunion des ministres des finances organisée par la Banque mondiale, la réunion des ministres du secteur eau et assainissement offre la possibilité aux participants, de lancer un débat politique, d’échanger sur les enseignements tirés et de rendre des comptes sur les progrès accomplis dans l’amélioration de l’accès à l’assainissement et à l’eau potable pour tous. Absent depuis 2014, le Bénin a été cette fois-ci représenté par les deux ministres en charge respectivement de l’eau et de l’assainissement.

Les deux ministres dans la salle de Réunion de Haut Niveau de Washington

C’est une première depuis 2012. Deux ministres présents à la rencontre de haut niveau de Washington. Une présence saluée par  les acteurs du secteur de l’eau et de l’assainissement qui ont toujours déploré, l’absence remarquable du Bénin à cette haute tribune d’échanges sur les progrès et les défis des pays en matière d’accès durable des populations à l’eau et à l’assainissement.

Initiées depuis 2010, ces réunions ministérielles visent à susciter des prises de conscience parmi les ministres au sujet des défis posés par les cibles EAH (eau, assainissement et hygiène) des Objectifs de Développement Durable (ODD) et les changements nécessaires pour les atteindre, à permettre le suivi et l’apprentissage mutuel au sujet des dispositifs fondamentaux nécessaires pour parvenir à un secteur solide (en ce qui concerne le financement, les institutions, les capacités, la planification et les politiques et stratégies) qui favorise le progrès et l’efficacité du développement afin de mettre fin aux inégalités et de parvenir à un accès universel durable. Aussi, les réunions donnent l’occasion aux ministres et aux hauts représentants de partenaires de développement de discuter des comportements collaboratifs essentiels qui plaident en faveur d’une plus grande efficacité du développement et permettent l’établissement des dispositifs fondamentaux et enfin, d’échanger sur les méthodes pour attirer et utiliser des financements adéquats en amont de la réunion des ministres des finances.

La rencontre de cette année 2017 qui a duré une journée et demie s’est appuyée sur les discussions menées à Addis-Abeba en mars 2016. Les ministres ont ainsi évoqué en particulier les dispositifs fondamentaux nécessaires à la construction de bases solides pour le secteur.

Organisées en présence de hauts représentants des agences de développement et de l’ONU et des dirigeants de la société civile, le secteur privé et les organismes de recherche et d’apprentissage, ces réunions sont une véritable occasion pour les pays de mobiliser des financements pour le secteur.

Ainsi, portée sur l’atteinte des Objectifs de développement durable qui visent d’ici 2030, l’accès universel à l’eau et à l’assainissement, chaque pays a été invité à faire le point des progrès et à prendre des engagements.

Le Bénin vise l’accès universel à l’eau potable d’ici 2021(9 ans plus tôt)

A cette haute tribune, le Ministre de l’Energie, de l’Eau et des Mines, Dona Jean-Claude HOUSSOU, a réitéré l’engagement du gouvernement à réaliser l’accès universel à l’eau potable pour les populations d’ici 2021, soit 9 ans plus tôt avant l’échéance de 2030. Ceci dans un contexte où le taux de desserte en milieu rural est de  67,6% et celui en milieu urbain de 84%. Pour atteindre cet objectif, les besoins de financement sont de 519 milliards FCFA et le gouvernement dit avoir déjà mobilisé et programmé 6.3 milliards FCFA soit un gap de financement de 512.7 milliards FCFA. Au nombre des actions et mesures inscrites dans le Programme d’actions du Gouvernement (PAG) pour atteindre cet objectif, figurent entre autres, la création d’une Agence nationale d’Approvisionnement en Eau Potable en Milieu Rural (ANAEPMR) placée sous la tutelle de la présidence de la République, l’élaboration d’une nouvelle stratégie d’AEP en milieu rural 2017-2030 intégrant les ODD, l’élaboration du Plan Directeur de Développement de AEP en milieu rural (2017-2021). Dans l’une de ces interventions, le ministre Houssou a aussi déclaré que le gouvernement entend ouvrir le secteur aux opérateurs privés surtout en milieu urbain en « revisitant les tarifs ». « Les réformes tarifaires sont incontournables pour qu’il y ait adéquation entre l’investissement apporté et le coût de l’eau », a-t-il soutenu. Son homologue de la santé, Alassane Seidou, a lui vanté l’approche Assainissement Total Piloté par les Communautés (ATPC) au cœur des actions du Programme d’amélioration de l’accès à l’Assainissement et des Pratiques d’Hygiène en milieu Rural (PAPHyR) financé par le Fonds mondial pour l’assainissement (GSF) qui intervient dans cinq départements que sont l’Alibori, l’Atacora, le Borgou, la Donga et les Collines.

Ces rencontres ministérielles sont initiées par l’organisation Assainissement et Eau pour Tous (SWA) qui est un partenariat mondial rassemblant des pouvoirs publics, des organisations du secteur privé et de la société civile, des organismes d’assistance extérieure, des instituts de recherche et d’enseignement et d’autres partenaires du développement issus de plus de 150 pays.

En attendant les résolutions et retombées de la participation remarquable du Bénin à travers ses deux ministres à cette grande rencontre, les acteurs du secteur de l’eau et de l’assainissement ne cachent pas leur satisfaction. Il reste que le gouvernement tienne parole et qu’il s’engage également pour l’accès universel à hygiène et à   l’assainissement.

Tags: , , , ,
April 29, 2016

Plaidoyer sur l’hygiène et l’assainissement : Les journalistes de l’Afrique de l’ouest renforcent leurs capacités à Dakar

Alain TOSSOUNON (Dakar)

Photo de famille des participants

          Photo de famille des participants

Depuis le 25 avril 2016 se tient à  Dakar au Sénégal, un atelier de renforcement de capacités des hommes et femmes des médias membres du Réseau des journalistes de l’Afrique de l’ouest pour l’eau, l’hygiène et l’assainissement (WASH-JN). Organisée par WaterAid, une organisation mondiale qui s’est illustrée ces dernières années dans la transformation des vies des communautés les plus pauvres en améliorant l’accès à l’eau potable et a l’assainissement, cet atelier a permis  aux journalistes de mieux s’outiller dans le combat pour une meilleure priorisation du secteur de l’eau et de l’assainissement dans l’agenda de développement des pays de la sous-région.

Aujourd’hui, près de la moitié de la population mondiale qui n’a pas accès à des sources améliorées d’eau potable vit en Afrique subsaharienne et 700 millions de personnes de la région n’ont pas accès à des services d’assainissement. L’Afrique subsaharienne a les taux de couverture les plus bas. Une situation qui occasionne la mort de quelque 180.000 enfants de moins de 5 ans chaque année, soit à peu près 500 par jour à cause de maladies diarrhéiques imputables au manque de services d’eau, d’assainissement et d’hygiène (WASH).

Face à cette situation préoccupante, le plaidoyer pour une meilleure priorisation de l’assainissement et de ressources apparait comme une arme efficace pour apporter les changements. C’est l’objectif de cet atelier qui vise à maintenir la dynamique et aider à collecter les preuves nécessaires pour de meilleures actions d’influence sur le financement de l’assainissement dans la sous-région.  Mais, aussi cet atelier est destiné à doter les participants de connaissances sur les Approches basées sur les droits humains et les approches d’engagement citoyen qui leur seront utiles pour l’influence et la gouvernance du secteur (WASH) et notamment l’assainissement.

En ouvrant l’atelier le premier jour, Le Directeur régional des programmes en Afrique de l’Ouest  pour WaterAid, Joe Lambongang, a salué la mobilisation des journalistes pour cet atelier et surtout  rappelé les enjeux des nouveaux Objectifs du développement durables (ODD) pour les pays de la sous-région.  Pour lui, si le travail à accomplir est « immense », les ODD exigent des journalistes et des agents de développement plus d’engagement. En se référant à la stratégie mondiale dont la vision est que chacun doit avoir l’accès à l’eau et à l’assainissement partout où il est d’ici 2030, il a invité les acteurs des médias à contribuer à la réalisation de cette vision.  Pour terminer, il a lancé un appel aux journalistes qui doivent   rechercher des informations crédibles pour pouvoir influencer les politiques et surtout travailler avec passion. « Partout où vous êtes, …vous pouvez changer le monde », a-t-il s’est-il adressé aux journalistes.

Au cours de l’atelier, les participants ont suivi plusieurs présentations sur les progrès et avancées du secteur eau, hygiène et assainissement en Afrique de l’ouest, les grands défis du secteur, l’approche basée sur les droits humains, la communication et la recherche de données…Surtout, les participants ont partagé par pays leurs expériences et études de cas, et fait des exercices pratiques sur la collecte d’informations et de preuves nécessaires pour une efficacité en matière de plaidoyer et d’influence en faveur de l’assainissement.

Egalement, une visite de terrain a été organisée sur deux sites afin d’amener les participants à mieux appréhender la problématique de la pollution de la baie de Hann par les eaux usées et chimiques et celle du manque d’eau et d’assainissement dans Guédiawaye, une région de la ville de Dakar.

Au total, avec les réflexions sur les approches et outils de plaidoyer d’assainissement, sur la documentation, le rapportage, les participants repartent bien affûtés pour un plaidoyer efficace pour un accès de toutes les populations de l’Afrique de l’ouest à l’assainissement.

August 11, 2014

Epidémie d’Ebola: Une opportunité pour renforcer la sensibilisation sur le lavage des mains au Bénin

Alain TOSSOUNON (Bénin) 

Malgré les cas suspects signalés à Tanguiéta ou à Porto-Novo, aucun cas d’Ebola n’a été confirmé officiellement encore par les autorités béninoises. Contrairement aux quatre pays (La Guinée-Conakry, le Libéria, la Sierra-Leone,) qui ont déclenché l’état d’urgence ce week-end, le Bénin n’a pas encore enregistré son premier cas. Pour l’heure, cette épidémie à l’ origine de 1000 morts déjà, inquiète les Béninois et avec eux tout le monde entier.

Le lavage des mains, un geste simple qui sauve des vies

Le lavage des mains, un geste simple qui sauve des vies

Dans les pays voisins de l’Afrique de l’ouest, une partie de l’Afrique où les migrations entre populations sont particulièrement grandes, plusieurs mesures parfois dures pour les économies nationales, sont désormais envisagées pour limiter les risques de contamination entre les populations. Des dispositions de filtrage au niveau des frontières, à l’instauration de zones de quarantaine et l’interdiction des rassemblements publics comme en Sierra-Léone, certains pays comme la Côte d’ivoire interdisent désormais des vols en direction des pays touchés par l’épidémie.
Face à la situation, l’Organisation Mondiale de la Santé a décrété « l’urgence de santé publique de portée mondiale » pour sonner la mobilisation de la communauté internationale afin de trouver les moyens scientifiques et financiers de barrer la route à cette fièvre au taux de décès variant entre 25 à 90 %.
Ainsi, si pour le moment le Bénin attend d’enregistrer son premier cas -ce qui n’est pas souhaitable- il y a lieu d’intensifier et de renforcer la sensibilisation pour l’appropriation par les populations, des règles d’hygiène sanitaire comme le lavage des mains.
Car, en l’absence de traitement efficace et de vaccin pour l’homme, la sensibilisation aux facteurs de risque et la connaissance des mesures de protection à prendre à titre individuel sont le seul moyen de réduire l’infection et la mortalité chez l’être humain. Et l’une des mesures recommandées en dehors de toutes les autres par l’OMS, c’est la diffusion de messages éducatifs de santé publique visant le lavage régulier des mains à l’eau et au savon. Un geste fort simple mais qui depuis plusieurs années, a du mal à faire fortune dans notre pays au niveau des populations béninoises.
En effet, seulement 3 personnes sur 10 se lavent les mains à l’eau et au savon aux moments critiques à savoir avant de manger et après les toilettes. Pourtant, toutes les études montrent que le lavage des mains bloque la transmission d’agents pathogènes qui sont à l’origine de plusieurs maladies dont la diarrhée, la typhoïde, le choléra… Une étude récente (Curtis et Cairncross, 2003) indique que le lavage des mains au savon, en particulier après un contact avec les excréments peut réduire l’incidence diarrhéique de 42% à 47%.
Avec un taux de lavage des mains très bas au Bénin, l’apparition du virus Ebola pourrait avoir des conséquences désastreuses. Avant qu’il ne soit trop tard, le gouvernement et toutes ses structures déconcentrées, devraient promouvoir dans le contexte de psychose et dans la hantise de l’apparition du premier cas d’Ebola, des programmes de lavage des mains. Si par le passé, le lavage des mains à l’eau et au savon avait du mal à passer, avec le virus Ebola, le moment devrait être saisi pour que nos populations comprennent tout le bien fondé de ce geste simple, qui constitue à lui seul un vaccin contre plusieurs maladies.

August 8, 2014

Ebola en Guinée-Bissau: Les autorités adoptent des mesures de prévention  pour faire face à toute flambée épidémique

Le gouvernement de la Guinée-Bissau a activé ces derniers jours, son système d’alerte et de prévention de la santé contre une éventuelle  apparition de l’épidémie d’Ebola. Les frontières avec les voisins de la Guinée, un des pays de l’Afrique de l’Ouest où la maladie sévit  sont fermées pour éviter toute  propagation.

Les médecins soignants sont en train de répéter des moyens d’intervenir si quelqu’un est infecté par le virus de la fièvre hémorragique fatale. Simultanément, des campagnes d’information à l’échelle nationale presque dans les médias et par le biais de brigades créées à cet effet sont organisées  pour éviter la contamination.

Cependant, malgré les campagnes en cours, la population démontre encore une connaissance insuffisante concernant Ebola. Une enquête sur la télévision nationale a révélé que  la majorité des téléspectateurs   ne  connaissent pas parfaitement ce que signifie la maladie et les moyens de la prévenir.

D’autre part, l’assainissement de base, par exemple dans la ville de Bissau, est encore faible . Les déchets continuent  à s’accumuler dans les artères principales des marchés  et en raison de l’incapacité de la municipalité de Bissau à faire la  collecte  a temps.

Face à  la menace de propagation de la maladie du pays voisin (la Guinée, où l’épidémie a éclaté), le Portugal, l’ancienne puissance coloniale, a livré 15 tonnes de médicaments destinés à lutter contre la maladie dans le cas de son apparition en Guinée-Bissau , donc après une demande faite à cet égard par le Premier ministre, Domingos Simões Pereira.

Cependant, les structures de santé et Quinara Tombali, les deux régions de la Guinée-Bissau en bordure de la Guinée Conakry, sont dépourvues de moyens de faire face aux malades d’Ebola. Alias​​, la région de Tombali est confrontée à une épidémie de choléra, qui a infecté depuis Avril 13 personnes et fait deux morts.

Dans une interview à la radio nationale, le directeur de l’hôpital de Quebo localité dans la région de Quinara a dénoncé le manque d’eau et  de latrines et a lancé un appel  aux autorités nationales et les organisations non gouvernementales à soutenir la  construction de latrines.

«Les patients et leurs familles sont forcés de se déplacer sur de grandes distances pour chercher de l’eau dans les puits traditionnels, ce qui provoque la contamination des maladies diarrhéiques”, a déploré Albino Cabi qui ajoute que les patients, en particulier les enfants et les femmes enceintes, sont contraints de rester dans de  longues files d’attente afin de se soulager dans le trou improvisé par l’hôpital.

José Augusto Mendonça
Réseau des journalistes responsables de l’eau et de l’assainissement (REJOHAS)

May 16, 2014

Sommet de la Coalition des Premières Dames d’Afrique pour l’Assainissement : L’évènement se tient finalement le 30 mai

Alain TOSSOUNON (Bénin)

Prévu pour le 9 mai 2014, le sommet inaugural de la Coalition des Premières Dames d’Afrique pour l’Assainissement (CPDA) aura finalement lieu le 30 mai 2014 à Ouagadougou sous le leadership de la Première Dame du Faso, Madame Chantal COMPAORE. Une véritable occasion pour elles, de donner un coup de pouce au plaidoyer en faveur de l’hygiène et de l’assainissement dans nos pays.

Mme Chantal Compaoré, Première dame du Burkina-Faso

Mme Chantal Compaoré, Première dame du Burkina-Faso (Photo site AWEPA)

Les Premières Dames d’Afrique ne veulent plus jouer les seconds rôles dans le combat pour l’Assainissement pour tous en Afrique. C’est le principal enjeu de leur rassemblement et de leur mobilisation à travers le sommet qu’elles organisent. Avec pour vocation d’être une plateforme nouvelle de plaidoyer et un tremplin pour porter en public, les questions d’assainissement et d’hygiène, la coalition des Premières Dames d’Afrique entendent lancer un appel pour plus de ressources et d’investissements pour l’assainissement.

Avec le sommet de Ouagadougou, la Coalition veut interpeller la communauté nationale, régionale et internationale sur le besoin urgent de faire face à la crise affectant le secteur de l’assainissement et de l’hygiène en Afrique, impulser des investissements ou financements d’infrastructures d’assainissement en Afrique, favoriser une meilleure intégration des questions d’assainissement et d’hygiène dans l’agenda des politiques des différentes institutions d’intégration et de développement Africaines. Et enfin, leur cri d’appel vise à promouvoir l’appropriation des meilleures pratiques en matière d’hygiène pour toutes les couches de la population dans les pays membres de la coalition.

En tant que femmes, les premières Dames d’Afrique à travers leur engagement, montrent leur solidarité envers toutes les femmes du continent et les jeunes filles dont la dignité est atteinte par le manque de toilettes et l’absence d’assainissement.
Car aujourd’hui, si elles se félicitent des progrès majeurs enregistrés dans le domaine de l’accès à l’eau potable, dans leur communique de presse, elles fustigent la situation de l’assainissement qui demeure « critique ».
Ainsi, elles invitent leurs maris présidents et tous les à considérer le secteur de l’assainissement comme une priorité dans l’agenda des gouvernements africains.
Notons que la Coalition des Premières Dames d’Afrique pour l’Assainissement est conjointement initiée par l’agence inter-gouvernementale panafricaine Eau et Assainissement pour l’Afrique (EAA) et le Conseil Consultatif des Nations Unies sur l’Eau et l’Assainissement (UNSGAB). Elle a pour objectif principal de mobiliser et impliquer les Premières Dames d’Afrique dans la résolution de la problématique de l’assainissement.

April 29, 2014

1er sommet africain sur l’intégrité dans le secteur de l’eau:  Contribuer à stimuler l’accès universel à l’eau

Alain TOSSOUNON (Envoyé spécial)

(Lusaka, 28 avril) Il s’est ouvert ce matin à Lusaka en Zambie, le premier sommet africain sur l’intégrité dans le secteur de l’eau à l’hôtel Intercontinental. Alors qu’il se déroule  au terme  du « programme régional de développement des capacités pour la promotion et le développement de l´intégrité dans le secteur de l´eau dans l´Afrique sub-saharienne », le sommet vise à encourager et stimuler le dialogue autour des grandes leçons  dans la lutte contre la corruption dans le secteur de l´eau au niveau régional et national.

 

Les participants au cours de la cernier d'ouverture      (Photo: Sanna/SIWI)

Les participants au cours de la cernier d’ouverture
(Photo: Sanna/SIWI)

« Stimuler les progrès dans l’accès universel à l‘eau » est l’objectif de ce premier sommet de l’espoir pour une intégrité dans le secteur de l’eau en Afrique organisé par le PNUD à travers la Facilité pour la Gouvernance de l´Eau, le Réseau de l´Intégrité de l´Eau (WIN), WaterNet, Cap-Net et l’Institut International de l’Eau de Stockholm (SIWI).

En ouvrant les travaux de cet important sommet, l’honorable et Vice-ministre zambien des mines, de l’énergie et de l’eau, Charles Zulu, qui s’est félicité du choix de son pays pour abriter ce sommet, a indiqué que « lutter contre la corruption constitue un pas pour relever le défi de l’accès de tous à l’eau en Afrique ». Il a précisé que le sommet ambitionne de créer une plateforme pour trouver les moyens de combattre la corruption nuisible aux efforts de développement du secteur et de nos Etats. Déjà, il s’est aussi félicité de la formation de 435 personnes formées comme ambassadeurs de l’intégrité de l’eau en Afrique, Pour terminer, il a salué la facilitation du sommet par  la Communauté de développement de l’Afrique Australe (SADC), AMCOW et les partenaires. Pour la Secrétaire permanente du Ministère zambien en charge de l’eau, Mme Charity C. Mwansa, le combat pour l’intégrité de l’eau est un raccourci pour aller vers un monde plus sécurisé de l’eau, améliorer les vies des foyers et lutter contre la pauvreté. Pour elle, le problème de l’intégrité de l’eau doit être reconnu comme un problème mondial. Car, les effets néfastes de la corruption dans le secteur de l’eau sont grands, a soutenu le Directeur de Cap-Net PNUD, Dr Themba Gumbo. « Nous devons travailler dans la transparence dans tout ce que nous faisons au-delà du secteur de l’eau », a signalé Phera Ramoeli, gestionnaire de programme de la Division  Eau de la Communauté de développement d’Afrique Australe (SADC). Une communauté d’Etats qui reconnait l’impact de la corruption sur le développement comme un fléau à travers son protocole.

Au terme de ce sommet, les résultats qui seront compilés sous forme de déclaration seront présentés aux ministres africains, a précisé la Directrice de la Facilité pour la Gouvernance de l’eau, Dr Marianne Kjellén. Le forum se poursuit demain 30 avril avec plusieurs sessions thématiques et surtout des échanges sur des bonnes pratiques de lutte contre la corruption et de promotion de l’intégrité.

 

April 12, 2014

Mobilisation des financements pour l’assainissement : Les Premières dames entament le plaidoyer le 9 mai

Idrissa SANE (Dakar)

Les Premières dames d’Afrique s’engagent dans le plaidoyer pour la mobilisation des financements en faveur du secteur de l’assainissement et pour la promotion des comportements hygiéniques. Elles seront à Ouagadougou le 9 mai avec comme objectifs d’affiner les stratégies.

Des premières dames engagées pour la cause de l'assainissement

Des premières dames engagées pour la cause de l’assainissement

La capitale du Burkina Faso va accueillir la première Coalition des Premières dames d’Afrique pour l’Assainissement. Cette rencontre, prévue le 9 mai 2014, est une initiative conjointe de l’Agence intergouvernementale panafricaine pour l’eau et l’assainissement (Eaa) et le Conseil consultatif des Nations unies sur l’eau et l’assainissement (Unsgab).

Les organisateurs cherchent à élaborer une plateforme de plaidoyer pour un secteur qui souffre toujours d’un déficit de financement. « La vocation de la Cpda est de constituer une plateforme de plaidoyer et un tremplin, afin que les questions d’assainissement atteignent un public beaucoup plus large et soient priorisées dans l’agenda de développement de tous les pays », indique le communiqué parvenu à la rédaction. Dans ce document, il est mentionné que « le plaidoyer des Premières dames permettra de mobiliser plus de ressources et d’impulser des investissements durables et conséquents pour la réalisation d’infrastructures d’assainissement en faveur des populations pauvres et l’amélioration des pratiques d’hygiène ».

La coalition travaillera également à réduire les inégalités et à prendre en charge les questions d’inclusion. L’absence d’infrastructures de base comme les toilettes expose les femmes et les filles aux nombreuses conséquences. «  La Coalition des Premières dames d’Afrique va représenter l’expression de  l’engagement et de l’expérience des grandes figures africaines à travers le continent et au-delà, affirmant ainsi le droit de tous les Africains à l’assainissement et à l’hygiène. Sous cet angle, elle sera le rendez-vous d’expériences concrètes, de professionnalisme et d’empathie à l’endroit des femmes, avec la vision d’un changement majeur dans le mode de conduite des pratiques d’assainissement et d’hygiène en Afrique », notent les rédacteurs du communiqué.

La prise en charge de la problématique de l’assainissement, affirment ces derniers, met les femmes à l’avant-garde de ces défis, parce qu’elles sont non seulement les garantes de la santé et du bien-être familial, mais aussi les premières victimes de ce fléau. Rappelons que  l’Agence intergouvernementale panafricaine eau et assainissement pour l’Afrique (Eaa)  qui compte 36 membres s’investit dans la recherche de solutions aux problèmes de l’assainissement par l’optimisation des approches techniques, scientifiques et par la promotion des mécanismes innovants de financement. Quant au Conseil consultatif auprès du secrétaire général des Nations unies pour l’eau et l’assainissement (Unsgab), une organisation de haut niveau, son champ d’action concerne la mobilisation des financements et l’élaboration des stratégies pour la réalisation des Omd pour la composante eau et assainissement.

Idrissa SANE

 

March 10, 2014

Ndèye Dagué Gueye sur la situation des femmes handicapées en matière d’accès aux toilettes: « Parfois, nous sommes obligées de ramper…c’est dur »

Ndèye Dagué Gueye, Fédération sénégalaise des Associations des personnes handicapées

Ndèye Dagué Gueye, Fédération sénégalaise des Associations des personnes handicapées

Le monde a célébré comme tous les 8 mars de chaque année, la Journée internationale de la femme. Une fois encore, la situation des femmes et de leurs droits a été largement évoquée dans tous les pays. Mais, comme dans les autres secteurs, les femmes handicapées restent encore vulnérables et vivent dans le silence des discriminations en matière d’accès aux toilettes. Nous publions ici le témoignage de dame Ndèye Dagué Gueye, Présidente nationale du Comité des femmes de la Fédération sénégalaise des Associations des personnes handicapées  sur le calvaire que vivent les femmes handicapées en matière d’accès aux toilettes. La non prise en compte de l’équité et de l’inclusion dans le secteur WASH est tout simplement une  injustice sociale à corriger.

Selon vous, quelles sont les difficultés que les personnes handicapées éprouvent en matière d’accès aux toilettes ?

La question de l’équité et de l’inclusion dans le secteur WASH est pertinente et importante pour nous, personnes handicapées. Les gens considèrent le problème de l’accès des personnes handicapées aux toilettes comme des détails. Alors que, en tant que femmes handicapées, l’accès aux toilettes est assez difficile. En général, les bâtiments ne sont pas accessibles. C’est le cas d’une femme handicapée sur chaise roulante qui doit entrer dans une toilette avec une porte étroit. Elle est obligée de descendre et de ramper. Maintenant, une fois dans les toilettes, il n’y a pas l’aménagement nécessaire, ni de support. Parfois, les toilettes sont assez isolées…  Et au niveau des toilettes, une femme qui rampe, c’est dur. Il y a des risques d’infections. Le dernier élément, c’est que parfois comme il y a souvent de l’eau qui traine, on a des femmes qui tombent et se retrouvent avec des fractures. Nous lançons un appel pour qu’en matière d’assainissement, ces situations soient prises en compte.

Est-ce que vous avez le soutien de l’Etat sénégalais par rapport aux difficultés que vous soulevez ?

Concernant la situation des personnes handicapées, le Sénégal dispose d’une loi d’orientation sociale votée en 2010 avec un décret d’application. Le Sénégal est allez loin. Il reste l’application et c’est à ce niveau que nous faisons notre plaidoyer. Il y a une volonté politique. Il y a par exemple, au niveau de certains nouveaux bâtiments, une volonté de les rendre accessibles.

Est-ce que la loi dans son application prend en compte la question des facilités d’accès des personnes handicapées aux toilettes ?

Il faut dire que nous avons une loi révolutionnaire au Sénégal. Nous y avons beaucoup travaillé pendant plusieurs années sur tout ce qui concerne les femmes, les enfants, les personnes handicapées… dans les différents domaines (Education, santé, emploi…). On n’a occulté aucune question. L’accès aux toilettes rentre dans le champ de l’accessibilité et la loi a consacré tout un chapitre là-dessus. Donc, si la loi est appliquée, l’accessibilité aux toilettes serait résolue.

Mais, il faut dire que si pour l’application de la loi, c’est d’abord l’Etat, tout le monde est aussi concerné. Il y a la société civile et aussi le patronat.

Avez-vous un appel à lancer ?

Nous avons une loi révolutionnaire, Mais il faut que tout le monde s’implique. Car, si nous réglons la question de l’accès des personnes handicapées, des femmes enceintes ou des personnes âgées, c’est tout le monde qui gagne.

    Propos recueillis par Alain TOSSOUNON/Dakar, le 15 septembre 2013

February 28, 2014

Mission d’information sur le Projet « Eau pour la croissance et la réduction de la pauvreté » : Le président Abel Afouda satisfait de l’intérêt porté au projet par le Bénin

Le président du Partenariat Ouest-africain de l’Eau (Gwp/Ao), Abel Afouda, a effectué une mission d’information au Bénin du 26 au 28 Février dans le cadre du Projet « Eau pour la croissance et la réduction de la pauvreté dans le sous-bassin transfrontalier du Mékrou ». Les échanges avec les autorités des divers ministères impliqués ont été très fructueux selon ses déclarations à la presse hier, 27 février au cours d’une interview.

Béatrice Koumènougbo (Bénin)

Abel Afouda, Président du GWP/AO

Abel Afouda, Président du GWP/AO

Les autorités béninoises ont porté un grand intérêt aux échanges avec le président du Partenariat ouest-africain de l’eau, Abel Afouda, dans le cadre de la mission d’information sur le projet « Eau pour la croissance et la réduction de la pauvreté dans le sous-bassin transfrontalier de la Mékrou ». Dans une interview accordée à la presse, hier, 27 Février, il a expliqué les objectifs du projet et exprimé sa satisfaction quant à la disponibilité et l’écoute des autorités béninoises.

En effet, le président du Partenariat Ouest-africain pour l’eau a rencontré les autorités et cadres des ministères en charge de l’agriculture, de l’enseignement supérieur, de l’eau, de l’environnement. «Les échanges ont été très fructueux » a-t-il déclaré. Il a estimé que cet intérêt manifeste des autorités béninoises contribuera à une bonne mise en œuvre du projet au Bénin. Le 1er responsable du partenariat ouest africain de l’eau est revenu sur l’importance du projet.

Le projet « Eau pour la croissance et la réduction de la pauvreté dans le sous-bassin transfrontalier de la Mékrou », a été initié par le Partenariat mondial de l’eau et  soutenu financièrement par l’Union Européenne. Il sera mis en œuvre dans trois pays que sont le Bénin, le Burkina-Faso et le Niger. Selon Abel Afouda, ce projet permettra d’améliorer  les connaissances en matière de ressources en eau  au profit des populations, des maires et décideurs.  Le président du Gwp/ Ao a rappelé que l’eau c’est la vie. A cet effet, il est important de maîtriser la ressource eau pour éviter les catastrophes telles que les inondations. Pour illustrer l’importance du projet, il a rappelé les inondations qui ont lieu régulièrement dans le nord du Bénin. Selon lui, si les populations étaient suffisamment informées, elles prendraient les mesures nécessaires pour éviter les désagréments. C’est le cas des agriculteurs qui ont besoin de l’information nécessaire sur la ressource eau pour mieux planifier  leur production. Il est donc important d’informer non seulement les populations mais aussi les maires et autorités concernées. Ce projet permettra aux maires de mettre l’eau dans leur Plan de développement communal et aux décideurs, d’intégrer les programmes liés à l’eau dans les plans de développement. Abel Afouda a estimé que c’est un projet qui a de l’avenir étant donné que sa finalité est la réduction de la pauvreté à travers une meilleure connaissance des ressources en eau dans ce sous-bassin transfrontalier.

Interrogé sur la prochaine étape en ce qui concerne la mise en œuvre du projet, Abel Afouda a indiqué qu’après l’étape de l’information, le projet sera lancé au cours d’un atelier qui se tiendra à Ouagadougou en Mars 2014. Des ateliers  suivront dans tous les pays pour informer les populations et les décideurs. La première année du projet sera couronnée par la signature de convention pour une gestion harmonisée de la ressource eau entre les pays concernés.

February 24, 2014

Entretien avec le Directeur de la SONEB à l’occasion du 17ème congrès de l’AAE: « La gouvernance dans le secteur de l’eau, c’est savoir aussi gérer les ressources humaines »

M.Babalola, DG/Soneb

M.Babalola, DG/Soneb

L’exemple du Bénin a été cité à plusieurs reprises lors des travaux du 17ème congrès de l’AAE. La contribution de la Société nationale des eaux du Bénin (Soneb), membre fondateur de l’AAE, qui permet au Bénin de faire partie du club des rares pays à atteindre les objectifs du millénaire pour le développement a intéressé les participants. A cet effet, le Directeur général de la Soneb, très actif à ce congrès, a été invité a faire le témoignage sur la gestion du service publique de l’eau à travers le cas de la Soneb en tant qu’opérateur crédible. Il s’agit, à travers cette thématique, de montrer les défis de l’accès et de la gestion du financement des programmes de développement des infrastructures d’assainissement. A l’issue de sa présentation, nous lui avons accordé une interview

Le Bénin fait partie des rares pays africains à atteindre en 2015 les OMD pour l’accès à l’eau potable, quelle est la contribution de la SONEB dans ce succès ?

Il faut commencer par dire qu’une société ne peut atteindre les objectifs du millénaire sans l’accompagnement de son gouvernement et des partenaires techniques et financiers. Pour ce qui concerne la Société nationale des eaux du Bénin, toutes ces conditions sont réunies. Nous avons pu évaluer nos besoins en investissements avant de nous lancer sur ce chantier-là qui est une priorité pour l’Etat béninois. Ce dernier nous a beaucoup aidés et les partenaires ont beaucoup investi. Grâce à ces conditions favorables, mais surtout par le choix des projets que nous avons identifiés, nous allons atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement en 2015.

En dix ans, d’existence en tant que société publique autonome, vous avez pu maitriser les charges d’exploitation et assurer une grande partie des investissements au point d’acquérir la confiance des investisseurs. Votre exemple de leadership est cité parmi les meilleurs au cours de ce 17ème congrès de l’Association africaine de l’eau ici à Abidjan. Ce qui est rare, quel est votre secret ?

Le premier secret, c’est les hommes. Vous allez voir qu’à travers toutes les communications au cours du présent congrès, on a parlé que des hommes. Vous avez vu que pour la réforme au Bénin, on est parti d’une seule société qui réunissait l’électricité et l’eau pour aboutir à deux sociétés autonomes, l’une pour l’eau et l’autre pour l’électricité. Il y a donc eu séparation. On s’est entendu pour que les professionnels de l’eau se retrouvent au sein de la Société nationale des eaux du Bénin. Tel est le cas aujourd’hui. A travers les hommes, il y a les compétences et l’efficacité. Voilà les éléments qui ont sérieusement aidé la Soneb à contribuer réellement à l’atteinte des objectifs du millénaire pour le développement. Quand on parle de gouvernance, il y a tous ces éléments. Ce n’est pas que l’aspect financier pour éviter le gaspillage des ressources ou le détournement de fonds. La gouvernance, c’est aussi savoir gérer les ressources humaines en plaçant l’homme qu’il faut à la place qu’il faut. Il faut savoir profiter des compétences, des dynamismes avec tout l’accompagnement qu’il faut. Voilà tous ces éléments, je vous jure, qui permettent aujourd’hui à la Société nationale des eaux du Bénin de pouvoir sortir la tête de l’eauParmi les points importants sur lesquels l’Association africaine de l’eau a mis l’accent au cours du présent congrès, il y a la question du leadership à laquelle est d’ailleurs consacrée une session plénière. Qu’est-ce que vous avez pu partager avec vos pairs des sociétés de distribution d’eau des autres pays d’Afrique ?

Nous avons expliqué que la Soneb est une société humble. Nous avons accepté de nous faire coopter par beaucoup de sociétés qui avaient déjà des indicateurs de performances assez avancés notamment l’ONEA du Burkina Faso. Nous avons accepté de partager leurs problèmes. Vous savez ! L’avantage de notre association (Ndlr : Association africaine de l’eau-AAE) est que toutes les sociétés de distribution d’eau sont les mêmes. Les sociétés d’eau ont les mêmes problèmes. Il y a déjà des gens qui ont déjà des solutions aux problèmes que vous avez. On s’entraide et vous vous inspirez de ce qu’ils ont fait pour l’adapter à vos réalités. Nous avons su faire cela avec le soutien et l’engagement de tous les travailleurs de la Soneb. Ces derniers ont accepté les plans que nous avons proposés et nous avons su donner de la valeur à chacune de leurs compétences. Ils se sont sentis intégrés. C’est le résultat qui est là et que vous voyez. C’est ce que nous avons partagé avec nos pairs.

De grands travaux que vous avez engagés sont actuellement en cours à Cotonou et dans zones péri urbaines. Quelle est la finalité de ces travaux ? Qu’est-ce que cela va changer dans la vie des populations ?

C’est surtout cela la question. Je vous disais tout à l’heure que les projets ont été bien identifiés et bien montés. Ce sont ces investissements qui permettent réellement d’atteindre les objectifs du millénaire pour le développement. Vous constatez que le projet de Cotonou est un grand projet. Cotonou avait un déficit d’eau de plus de dix ans en arrière. Avec ce projet, nous aurons plus de déficit d’eau. Cela veut dire que s’il faut cinquante litre d’eau par jour p             ar habitant, cela doit être réglé sans difficulté. Et cela sur vingt-cinq ans encore. C’est donc un grand projet alors. C’est d’abord là la clé du succès. C’est un choix fantastique dans la mesure la population de Cotonou et environs fait presque quarante-cinq pour cent des populations alimentées par la Soneb. Régler donc le problème de Cotonou, c’est régler le problème de 65% des populations. C’est là le secret de la Soneb.

Propos recueillis à Abidjan par A. P. Virgil HOUESSOU (L’événement précis/Bénin), Paule Kadja TRAORE (Walfadjiri/Sénégal) et Salvador GOMES (Agence bissau-guinéenne de presse/Guinée Bissau)

February 24, 2014

Fin du 17ème congrès à Abidjan : L’AAE s’engage pour une satisfaction des clients des sociétés membres

A. P. Virgil HOUESSOU (Envoyé spécial à Abidjan)

Sylvain Usher, SG/AAE

Sylvain Usher, SG/AAE

Les travaux du 17ème congrès de l’Association africaine de l’eau (AAE) ont pris fin jeudi dernier au Sofitel Hôtel Ivoire d’Abidjan. Sylvain Usher, Secrétaire Général de l’institution, a présidé la cérémonie de clôture en compagnie du directeur de cabinet du ministre ivoirien de la Construction, du Logement, de l’Assainissement et de l’Urbanisme.                                                             Lancé sur une note d’espoir, le 17ème congrès a tenu toutes ses promesses. « Le congrès d’Abidjan a battu tous les records en termes de participation, d’expositions et de nombre de sessions plénières, parallèles et techniques », a déclaré Sylvain Usher. Les organisateurs ont enregistré environ 2000 participants venus de 47 pays. On dénombre aussi 112 sociétés exposantes. Parmi ces sociétés exposantes, il y avait 28 ivoiriennes sur 42 sociétés africaines représentées. A l’issue des travaux, l’AAE et l’ensemble de ses membres et partenaires ont pris l’engagement de poursuivre l’amélioration des performances en matière d’eau non facturée.

Selon le rapport général présenté par le nouveau président du conseil scientifique et technique, Olivier François Gosso, actuel directeur de la production à la Société de distribution d’eau de la Côte d’Ivoire, l’AAE est invitée à poursuivre la prospection de toutes les pistes visant à favoriser le benchmarking entre ses membres, afin d’identifier les bonnes pratiques pour une meilleure satisfaction des clients. Une plateforme de financement du secteur de l’eau et de l’assainissement doit être définie par les membres et les partenaires avec la mise en place d’un dispositif de suivi et d’évaluation des programmes où l’AAE est partie prenante.

La meilleure initiative prise au cours du congrès est la décision de faire désormais participer la jeunesse professionnelle dans les instances de décision. Les travaux du premier forum des jeunes professionnels de l’eau sont organisés en prélude à ce congrès. Une centaine de jeunes venus d’une vingtaine de pays dont le Bénin y ont participé. « C’est un investissement pour l’avenir », avait fait remarquer la présidente de l’AAE, Duduzile Myeni, lors de la cérémonie d’ouverture. Le représentant de l’instance africaine des jeunes professionnels – deux par région – a lu à la cérémonie de clôture la déclaration d’engagement. Ils sont prêts à s’impliquer à se donner les armes pour assurer la relève. Le prochain  congrès, le 18ème de l’AAE, est prévu pour février 2016 à Nairobi au Kenya.