Amanda Marlin, Cheffe de Plaidoyer et communication au WSSCC: « Il nous faut des objectifs réalistes et ambitieux pour l’agenda post-2015 »

Les Objectifs du millénaire pour le développement (Omd) ont le mérite de pousser des pays à faire plus d’efforts pour améliorer les conditions de vie de leurs populations. A quelques années des échéances, la cheffe de plaidoyer et  communication, au Conseil de concertation pour l’eau et l’assainissement (Wsscc), Amanda Marlin  donne un éclairage sur le processus d’élaboration de l’agenda post-2015. Dans cet entretien, elle affiche un optimisme pour l’avenir et milite pour l’identification des objectifs réalistes et ambitieux après 2015.

Amanda Marlin, Cheffe Plaidoyer et Communication au Wsscc

Amanda Marlin, Cheffe Plaidoyer et Communication au Wsscc

Le débat  sur l’agenda post 2015 reste au niveau institutionnel. Comment le ramener au niveau national et impliquer les tous les acteurs au niveau national ainsi que les communautés ?

Je pense qu’il faut agir au niveau national. Dans chaque pays, il  y a des Ong, des médias qui ont un grand rôle à jouer dans ce sens. Ils doivent mettre en avant les priorités. C’est de la responsabilité des organisations de développement, des gouvernements de parler avec le peuple des engagements post 2015. C’est ainsi que les populations seront impliquées. 

Est-ce que lorsqu’on parle de l’agenda post 2015 alors que les OMD ne sont pas atteints  dans la plupart des pays, cela ne crée pas une certaine confusion au sein des communautés ?

Il y a vraiment un risque si nous parlons trop d’après 2015. Parce que nous pouvons oublier des engagements à tenir. Donc, il faut continuer le travail sur les OMD et en même temps parler de l’après-2015. Beaucoup de personnes qui s’impliquent dans des débats. Je pense que le secteur de l’Eau, de l’Assainissement et de l’Hygiène, nous avons un bon exemple. Parce que des consultations ont été faites, et finalement nous avons réussi à avoir une position harmonisée, une vision commune. Des consultations sont nécessaires.

Je pense que si les gouvernements des pays africains s’impliquent dans l’identification des priorités, cela me donnerait plus d’optimisme. Parce qu’ils seront plus engagés dans la recherche de solutions à toutes les contraintes.

 

Et le suivi des engagements… 

En Afrique, il y aura une rencontre de Haut niveau à Washington. Auparavant nous avons tenu des réunions, nous avons dit qu’il y avait beaucoup de progrès. Mais il y avait des engagements tenus,  mais sur le terrain, il y a peu de progrès. La société civile et les médias ont un rôle à jouer pour amener les Etats à respecter leurs engagements. Je pense qu’il faudra surtout insisté sur les causes des retards de la réalisation des engagements. Est-ce qu’ils étaient très ambitieux ? Est-ce que nous n’étions pas quelque part convaincus que c’était important. Nous devons chercher à comprendre pourquoi  tel pays a fait des progrès et l’autre non.   

Beaucoup d’indicateurs des OMD ne seront pas atteints. Est-ce qu’il ne faudrait-il pas identifier des objectifs réalistes pour l’agenda post 2015 ?

Pour moi, nous devons à la fois avoir des engagements réalistes et ambitieux. Nous devons faire mieux et plus. Il y a beaucoup de personnes qui sont dans le besoin. C’est impérieux  d’avoir un équilibre entre les ambitions et les réalités. Nous pensons que nous devons tendre vers l’amélioration des progrès qui ont été réalisés dans beaucoup de domaines. Le processus doit être accéléré. 

Le plaidoyer pour les changements de comportements est souvent relégué au second plan. Comment mettre en avant cet aspect ?

Il y a un silence sur les sujets de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène. Si nous ne parlons pas de ces questions, les gouvernements n’entreprendront pas d’actions pour améliorer les indicateurs. Il nous faut démontrer qu’il y a de l’importance à avoir accès à ces services de base. Le fait de parler pousse les gouvernants à trouver des solutions. 

Est-ce que le Conseil pour la concertation pour l’eau et l’assainissement est  prêt à accompagner les Etats à réaliser les engagements qu’ils ont pris ?

Oui ! Nous sommes prêts à aider les gouvernements. Toutefois, il faut le souligner, ce n’est pas seulement l’argent qui va résoudre les problèmes d’accès à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène. Ce sont parfois les approches qui posent des problèmes. Il faut une harmonisation des interventions. Nous n’allons pas fournir une aide financière mais il y aura aussi un soutien au plan technique.

Propos recueillis par  Alain TOSSOUNON et Idrissa SANE  

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