Hygiène et assainissement de base: L’insalubrité fait des dégâts à Vecky Dogbodji


Photo Article VirgilAssainissement de base quasi-inexistant. Des latrines insuffisantes, des animaux en divagation. Bouses de vache et autres fientes d’animaux jonchent le sol ; de la boue, etc. Voilà l’image que présente le village lacustre de Vecky Dogbodji. Avec de nombreux préjudices.

A. P. Virgil HOUESSOU

« Le village est sale, il y a des tas d’ordures et des fientes d’animaux partout. C’est pour cela qu’il y a des cas fréquents de paludisme », indique Hubert Ahouansou, instituteur à l’école primaire publique de Vecky Dogbodji. « L’année dernière, un enfant atteint du paludisme n’a pas pu terminer l’année. Cela a joué sur sa scolarité », regrette-t-il. « Je n’ai même pas encore pu payer la totalité des frais liés aux soins donnés à mon enfant, il y a moins d’une semaine », fait remarquer Rémi Tognini, le gestionnaire de la fontaine. « C’est la maladie la plus fréquente ici », déclare Solange Godonou Dossou Kokoyè, infirmière. Elle attribue la cause à l’environnement insalubre qui est favorable aux moustiques ». Aux alentours du seul point d’eau, à une dizaine de mètres de la rivière, des cochons en divagation se tortillent dans la boue mélangée aux fientes de divers animaux. Une odeur nauséabonde et pestilentielle alourdit l’air. « Rien que pour l’entretien de l’environnement immédiat du point d’eau, personne ne m’a jamais écouté. Imaginez ce qui en est des fientes d’animaux qui envahissent le village entier et rendent nos enfants malades parce qu’ils doivent ramasser chaque matin les bouses vaches et de bœufs avant d’aller au cours », fait observer Rémi Tognini. La cour de l’école primaire publique de Vecky Dogbodji étant tapissée chaque nuit de bouses de vache. « Le fait que les enfants ramassent les bouses de vaches a pour conséquences les maladies dont ils souffrent et nous enregistrons souvent de nombreux cas par semaine », soupçonne Hubert Ahouansou.

Vecky Dogbodji est un parc d’animaux pour l’ensemble de la commune de Sô-Ava. « Ce sont les gens des autres localités qui nous inondent d’animaux. Et c’est dangereux parce que ces animaux sont en divagation, défèquent partout. Ce qui peut polluer l’eau », s’énerve Yvette Anaboui, ménagère. Les nombreuses démarches vers les élus locaux notamment la mairie n’ont pas connu de suite. « Il faut que la mairie agisse très vite. Ce n’est pas pendant les élections qu’il faut se rendre compte de notre existence », lance le chef du village de Vecky Dogbodji qui demande aux députés et aux conseillers communaux d’effectuer une fois par mois une visite dans les villages pour vivre et découvrir la réalité. « Quand il en parle et qu’il n’y a pas de réaction, il abandonne. Même lui, le chef de village, possède des animaux », dénonce Yvette Anaboui. Elle soupçonne une complicité avec les propriétaires d’animaux qui refusent de construire des enclos pour parquer leurs animaux.

Le péril fécal aussi…                                                                                                                                                 

A l’insalubrité due aux activités d’un élevage incontrôlé, s’ajoute les questions d’existence et de pratiques d’infrastructures d’assainissement. La pénurie est criarde dans l’ensemble de la commune de So-Ava. « Nous n’en avons pas. C’est pourquoi nous allons dans la brousse. Aux alentours immédiats des concessions », précise le chef de village. Si à Vecky Dogbodji, on peut compter seulement deux blocs de trois ou quatre latrines (à l’école primaire et au marché). Ailleurs, il n’y en a pas du tout. « Lorsqu’il y en a, les enfants refusent d’aller aux latrines et il faut les forcer », expose Hubert Ahouansou, instituteur. C’est encore plus grave pendant la période de crue où ils n’ont pas du tout accès aux latrines.  Cela justifie une augmentation du nombre de malades de diarrhée pendant la période de crue», notre l’infirmière. « Les populations de So-Ava, lacustres, n’avaient pas l’habitude des latrines qui sont d’ailleurs insuffisantes », avoue Aminou Atidékoun, Chef Service Eau Hygiène et Assainissement de la mairie pour justifier le manque d’intérêt des populations pour les latrines.

Les différentes sensibilisations n’ont pas eu de résultats. « Nous sommes très peu écoutés en tant qu’enseignants. Quand vous en parlez, les gens pensent que vous vous érigez en donneurs de leçons à cause des pesanteurs sociaux. Ce qui fait que les écoliers qui reçoivent les cours d’hygiène à l’école ont du mal à attirer l’attention de leurs parents sur ces faits au risque d’être brimés », s’inquiète impuissant l’instituteur. L’élaboration du Plan d’Hygiène et d’Assainissement Communal (PHAC) et du Plan et leur exécution constitue désormais l’espoir pour toute la commune.

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