Posts tagged ‘qualité de l’eau’

March 31, 2015

PROGRAMME D’UGENCE DE SECURISATION DE L’EAU A DAKAR: La Sde déroule son plan d’action 2014/2015

Par Paule Kadja TRAORE (Sénégal)

Mettre un terme à la pénurie d’eau dans certains quartiers de la ville de Dakar, c’est l’objectif que se fixe la Sde avec la mise en œuvre de son ambitieux programme de sécurisation l’eau.
imgres
Le programme d’urgence de sécurisation de l’Alimentation en Eau Potable (Aep) de Dakar couvrant la période 2014-2015 a été lancé au cours du mois de février dernier. Il a pour objectif de mobiliser une capacité supplémentaire de 60 000 m3/jour pour l’alimentation en eau de la région de Dakar. Cet important projet est confié à la Sénégalaise des eaux (Sde) par l’Etat du Sénégal pour le préfinancement, la réalisation et les équipements de 21 nouveaux forages situés dans la zone de Pout, Littoral Nord et Dakar et le renforcement de réseau de distribution. Ainsi, pour résorber le déficit de pointe en période de chaleur, le programme d’urgence va se réaliser en deux phases.
Selon le Directeur général de la Sde, Mamadou Dia, la première phase sera consacrée à la mobilisation d’un volume d’eau supplémentaire de 40 000 m3/jour à fin juin 2015 avec la réalisation et l’équipement de quatorze (14) forages.
Tandis que la deuxième phase mettra l’accent sur la mobilisation d’un volume d’eau supplémentaire de 20 000 m3/jour en fin décembre 2015 avec la réalisation et l’équipement de 07 forages.Le montant prévisionnel des travaux pour la réalisation des deux phases pour un volume supplémentaire de 60 000 m3/jour est estimé provisoirement à près de sept milliards cinq cent millions FCFA (7.500 000 000 FCFA). Ce programme est préfinancé par la Sde et sera remboursé par l’Etat. La Sones a en charge le contrôle de l’exécution du programme d’urgence.
L’objectif de la Sde est d’anticiper cette deuxième phase pour améliorer la desserte en eau au niveau des quartiers déficitaires comme Nord Foire, Liberté 6 extension, CPI, Keur Damel, et dans ce cadre le démarrage des travaux de forage de Dakar ont déjà débuté. Le Directeur général de la Sde, Mamadou Dia, a soutenu que «tous les forages seront équipés provisoirement au fur et à mesure de leur achèvement».
Les travaux se déroulent normalement et une avancée est notée sur le planning.
Il a également promis que la mise en œuvre des 21 forages prévus à cet effet se fera dans les délais. Car, d’après lui ; la mise en service effectif de deux forages depuis mi-janvier et les deux autres qui ne tarderont pas à entrer en service incessamment, 15.800 m3/jour sont attendus la semaine prochaine. Ce qui va participer, selon lui, à améliorer l’alimentation en eau dans certains quartiers de Dakar.

QUALITE DE L’EAU
Le Sénégal est au-dessus des normes de l’Oms

Le problème de la qualité de l’eau est revenu, tel un leitmotiv, dans les différents échanges entre les représentants des associations de consommateurs et les techniciens de la Sde. Cependant, le directeur Mamadou Dia a levé les inquiétudes, faisant savoir qu’en ce qui concerne la qualité bactériologique de l’eau (absence de bactéries pouvant conduire à une maladie), le taux est de 99 % aujourd’hui au Sénégal, là où les recommandations de l’Oms sont de 96 %. S’agissant de la qualité physico-chimique, le taux de satisfaction mesurée tous les lundis est à 97 %. Malgré ces chiffres satisfaisants, M. Dia a indiqué que des efforts supplémentaires sont en train d’être faits par la Sones pour améliorer davantage la qualité de l’eau.

Advertisements
March 23, 2014

Gouvernance dans le secteur de l’eau: La société civile alerte sur les tendances qui se dessinent sur la privatisation

Revisiter la gouvernance liée au secteur de l’eau afin de corriger les disparités, est une nécessité, selon la société civile qui tire la sonnette d’alarme.

«Le droit à l’eau est-il menacé »? Cette question qui était le thème de la table ronde sur la gouvernance de l’eau, organisée dans le cadre de la célébration de la journée mondiale sur l’eau, a trouvé une réponse au niveau des différents acteurs de la société civile, parmi lesquels Water Aid, Article 19, Enda et le réseau des journalistes en eau hygiène et assainissement. Lors de la rencontre, les acteurs ont insisté sur la nécessité de revisiter la gouvernance liée au secteur de l’eau afin de corriger les disparités et de garantir le droit à l’eau. Mignane Diouf, coordonnateur du forum social, pense que «cette journée est l’occasion pour alerter sur les tendances de privatisation qui se dessinent, de doutes sur la qualité de l’eau et les tendances de marchandisation de l’eau dans des sachets dans des conditions pas du tout bien. On ne sait pas qui donne l’autorisation et qui fait le suivi». M. Diouf indique aussi qu’il faut travailler à ce que la nappe phréatique des villes comme Dakar ne soit pas souillée, avec les usines et tout le mécanisme de l’écosystème qui peut constituer un danger dans la qualité de l’eau». Mignane Diouf reste convaincu que «le droit à de l’eau de qualité est menacé au Sénégal. Il explique : «Son eau potable vient de 200 km et rien n’est fait pour qu’en cas d’incident, comme celui qui s’est passé à Keur Momar Sarr, qu’on puisse avoir une issue de secours». Pour lui, « le droit à l’eau doit être conçu comme une question de souveraineté nationale».

La Directrice régionale de Water Aid pour l’Afrique de l’Ouest Mariame Dem, pense qu’il est «inacceptable» qu’au troisième millénaire que des gens continuent à mourir du fait du manque d’eau potable, d’hygiène et d’assainissement. Il y a urgence à changer cet Etat de fait». Car pour elle, «l’accès à l’eau n’est pas simplement ouvrir les robinets et de disposer du liquide précieux, cela va au-delà, il s’agit d’une question de démocratie, de développement et de dignité humaine». Elle renseigne qu’« il y a 107 millions de personnes qui n’ont pas accès à l’eau potable, à l’hygiène et à l’assainissement ». Mme Dem a aussi abordé la qualité de l’accès à l’eau et la question de l’accessibilité. «Il faut avoir un système qui permet que : quel que soit le niveau de revenu, quel que soit le milieu dans lequel on vit, quel que soit son sexe, qu’on ait accès aux conditions requises en termes de qualité, de quantité d’accès à l’eau potable. On dit souvent que l’eau est source de vie, mais elle est aussi source de maladie, de conflits et de sous-développement».

(Jacques Ngor SARR/Dakar)