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February 22, 2019

Dialogue entre pays à Africasan5 : Un véritable moment de partage d’expériences

Alain TOSSOUNON (Cape Town, Afrique du sud)

Echanges des acteurs avec la délégation du Burkina au cours du dialogue pays

L’un des temps forts de ce 5e sommet est l’organisation d’un dialogue entre les pays sur l’évaluation des engagements de Ngor, les principaux défis, les actions entreprises et les leçons apprises. Tous les membres des délégations des différents pays présents se sont regroupés pour de vifs et riches échanges qui ont permis à chaque pays de mesurer ses propres progrès.

Dans l’ensemble des pays qui se sont donné à cœur joie à cet exercice de bilan, on s’aperçoit que les Etats présentent le même visage. Dans leur grande majorité, les Etats africains font face désespérément à la même réalité de la défécation à l’air libre aussi bien en milieu rural qu’en milieu urbain. Malgré cette situation préoccupante, les gouvernants manquent de volonté politique et trainent les pas à tenir leurs engagements pris en 2015 à Dakar. En dehors du faible engagement, les pays africains partagent aussi la réalité que d’aucuns appellent « confusion institutionnelle ». Ceci pour dire que le secteur de l’hygiène et de l’assainissement de base ne bénéficie pas d’un portage politique clair mais est partagé entre plusieurs ministères. Cette situation entraine une mauvaise coordination des interventions et un faible financement ne permettant pas de combattre efficacement le fléau de la défécation à l’air libre.

Mais, pour avoir pris des engagements dits de Ngor, des efforts bien que timides ont été enregistrés pratiquement au niveau de tous les pays. Ces petits pas sont relatifs à l’amélioration du cadre juridique et institutionnel, l’adoption de documents de politique de promotion de l’hygiène et l’assainissement ou encore la mise en œuvre d’initiatives de financement d’actions et de campagnes dans les communautés et les écoles. Au terme de ces initiatives, chaque pays a partagé avec les autres, des leçons apprises. Si par exemple au Burkina, on comprend désormais que l’harmonisation des approches et la coordination des interventions sont essentielles, en Côte d’Ivoire, la principale leçon est que la mise en place d’un cadre de suivi et d’évaluation est indispensable pour mesurer les progrès.

Une lueur d’espoir avec les plans d’actions

Les membres de la délégation béninoise en concertation

Au terme du diagnostic établi, des défis identifiés et des leçons apprises des interventions, chaque pays a pris l’engagement de mener des actions après le sommet afin de respecter les engagements de Ngor. Alors que le Bénin s’engage à faire un déclenchement institutionnel de haut niveau (gouvernement) et à faire adopter par le gouvernement la nouvelle Stratégie nationale de promotion de l’hygiène et de l’assainissement de base (SNPHAB), le Mali prévoit une table ronde pour le financement du Plan de renforcement des capacités des cadres en charge du secteur. Pour la Côte d’Ivoire qui fait figure de bon élève pour la mobilisation des ressources, l’une des actions phares est la recherche d’une coordination efficace des interventions. Au Burkina, les acteurs s’engagent à faire une évaluation nationale des inégalités pour mieux les combattre, intéresser le secteur privé et former les municipalités sur la mobilisation des ressources.

Somme toute, la session du dialogue entre les pays appréciée par tous les acteurs, a permis à chaque pays de se mirer et d’apprécier son niveau d’engagement par rapport aux autres. Après cet exercice qui aura montré que les pays partagent presque les mêmes réalités, « il faut passer au concret », a martelé un des participants.

 

November 18, 2014

Atelier sur les Lignes directrices pour le développement des infrastructures hydrauliques en Afrique de l’ouest : Améliorer la dissémination et l’appropriation des recommandations

Alain TOSSOUNON (De Lomé)

Photo de famille des participants

Photo de famille des participants

Afin de disséminer et de faciliter l’appropriation par les différents acteurs du niveau national des pays de la CEDEAO, l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (Uicn), le Centre de coordination des ressources en eau de la CEDEAO (Ccre) et Eau Vive, ont organisé du 17 au 18 novembre 2014, un atelier à Lomé au Togo. Durant deux jours, tous les différents acteurs appréhenderont les lignes directrices ainsi que le projet de directive en vue de promouvoir de bonnes pratiques en matière de construction et de gestion de grandes infrastructures hydrauliques dans la sous-région.

Grand moment de dialogue et de bouillon d’échanges, l’atelier de Lomé a été ouvert par le Ministre de l’équipement rural, Nabagou Bissoune. «C’est une réelle opportunité pour les deux pays d’appréhender les défis liés aux projets de développement des infrastructures hydrauliques notamment la prise en compte des considérations environnementales, économiques et sociales », a-t-il indiqué. Pour le représentant du gouvernement togolais, cet atelier doit permettre aux participants dont il salue la forte mobilisation, de « s’approprier littéralement le contenu des lignes directrices dans une démarche de Gestion intégrée des ressources en eau (GIRE) ».Surtout, la rencontre participe de l’affirmation du rôle des organismes de bassin dans le développement et la mise en œuvre des projets à caractère transfrontalier, à intégrer les populations affectées comme acteurs.
Dans son intervention, le représentant du directeur régional de l’IUCN, Maxime Somda, a rappelé que son institution appuie le dialogue régional sur les grandes infrastructures hydrauliques piloté par le Centre de coordination des Ressources en eau de la CEDEAO à travers les concertations multi-acteurs entre Etats, organismes de bassins et société civile. Aujourd’hui, dans un contexte où le Bénin et le Togo viennent de signer l’acte constitutif de l’Autorité du bassin du Mono, il a souligné qu’il est important que le principe du dialogue et les recommandations qui en découlent, soient disséminées et que les acteurs dans leur diversité se les approprient. Un avis partagé par le représentant de la CEDEAO, Mahamane Touré, qui dans ses propos, est revenu sur la genèse du dialogue engagé sur la problématique des infrastructures dans l’espace CEDEAO. Car, réalisées pour induire le développement harmonieux, les grandes infrastructures qui ont contribué au développement des Etats n’ont toujours pas profité aux populations en raison de leur faible participation au processus de prise de décision. Ainsi, précise-t-il, c’est en réponse à cette problématique que la CEDEAO a conduit entre juillet 2009 et juillet 2011, un dialogue avec tous les Etats. Un processus ayant conduit à la mise en place d’un panel d’experts qui a réfléchi sur le processus de décision et les impacts des projets passés afin de faire des recommandations. 25 recommandations de bonnes pratiques et 77 mesures ont fait l’objet de partage avec les Organisations de la société civile. Pour lui, après les ateliers organisés en Guinée et au Burkina, l’atelier de Lomé a valeur d’exemple parce qu’il constitue un axe fort d’intégration dans le contexte de la mise en place de l’autorité du bassin du Mono par le Bénin et le Togo.
Pour le Président du PNE-Bénin, porte-parole de la société civile béninoise et togolaise, André Toupé, la Gestion intégrée des ressources en eau (GIRE) constitue un tremplin pour la promotion des bonnes pratiques en matière de construction et de gestion des grandes infrastructures hydrauliques. Tout en se félicitant de l’implication de la société civile dans le processus de dialogue et d’appropriation des lignes directrices, il a soutenu que sa présence permettra de garantir l’équité et la durabilité des investissements envisagés pour les Etats et les populations.

Au cours des travaux, les participants suivront des communications qui permettront d’améliorer leur compréhension et leurs connaissances sur le processus de dialogue régional et les produits qui en sont ressortis, ainsi que les implications de leur mise en application. Les acteurs du niveau local (populations des sites de projet d’infrastructures hydrauliques, ONG, élus, etc.) et du niveau national (services techniques de l’Etat, administration centrale, parlementaires, bailleurs, etc.) seront mieux outilles sur les conditions d’application des lignes directrices et du projet de directive CEDEAO aux niveaux des pays et transfrontalier sont discutées et définies par les parties prenantes concernées dans un débat ouvert.
Au terme de cet atelier, ils réfléchiront sur la stratégie pour la prise en compte des lignes directrices et du projet de directive CEDEAO dans les réglementations nationales, les politiques et les pratiques, est proposée d’un commun accord, avec une répartition des rôles et responsabilités entre acteurs. L’atelier se poursuit.