Author Archive

April 1, 2019

« Nous sommes sur la bonne voie au Niger», dixit le directeur de l’assainissement Dan Dobi Moussa

Dan Dobi Moussa, Directeur Général de l’assainissement

Membre de la délégation du Niger au sommet Africasan5 de Cape Town, le Directeur Général de l’Assainissement au Ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement du Niger,  a indiqué que son pays ne manque pas de faire des efforts pour tenir ses engagements. Il est convaincu que c’est la volonté politique qui fera bouger les lignes dans le secteur de l’hygiène et de l’assainissement.

« Tout d’abord, je remercie l’UNICEF pour nous avoir invité à ce grand forum. Nous avons remarqué que le Niger est bien positionné par rapport aux engagements de Ngor. D’après les interventions du Ministre Sud-Africain de l’Eau et de l’Assainissement et tous les autres intervenants, je pense que nous sommes sur la bonne voie. La première des choses qui a été souligné au cours de cette conférence internationale sur l’assainissement et le forum sur les boues de vidange, c’est la nécessité d’un engagement politique. Et donc au Niger, cet engagement existe avec l’adoption par le gouvernement, le 09 mais 2017, d’un important programme national qui fixe toutes les interventions dans le secteur de l’eau et de l’assainissement dénommé «Programme Sectoriel Eau, Hygiène et Assainissement » (PROSEHA). Il reste maintenant les défis de mobilisation de ressources conséquentes pour accompagner ces engagements pour améliorer d’avantage la situation de l’assainissement. »

Propos recueillis  par Ibrahim Diolombi Mahamadou/REJEA

 

Advertisements
March 18, 2019

Célébration de la Journée internationale de la Femme : De jeunes collégiennes sensibilisées aux métiers de l’eau

Alain TOSSOUNON (Cotonou/Bénin)

Une vue partielle des collégiennes en présence des femmes professionnelles

Avec le soutien du PROSEHA-GIZ, le Réseau Béninois des Femmes Professionnelles de l’Eau et de l’Assainissement (RBFPEA) était face aux jeunes filles du Collège Notre Dame des Apôtres de Cotonou dans le cadre de la Journée Internationale de la Femme. En marge des manifestations folkloriques et discours d’appel à l’action en faveur de la gent féminine, les femmes professionnelles ont invité leurs jeunes sœurs et filles à s’intéresser aux métiers de l’eau et de l’assainissement. La séance s’est déroulée dans l’enceinte du collège, le vendredi 15 mars 2019.

 

Susciter des vocations et préparer la relève dans un secteur où la femme est toujours laissée-pour-compte dans sa gestion. C’est le combat des femmes du réseau qui ont quitté temporairement leurs bureaux ou le terrain pour consacrer leur temps aux jeunes filles du collège Notre dame des apôtres. Fortement mobilisées à cette séance inédite, les curieuses jeunes filles avaient bien hâtes de savoir ce qu’elles ont à gagner en embrassant ce secteur où les hommes ont toujours décidés pour les femmes.

L’attente aura été de courte durée. Car, le temps de la récréation terminée à peine que les jeunes filles, ont rejoint dans une discipline caractérisant cette école de confession religieuse catholique, leur coupole pour y recevoir «la bonne nouvelle ».

D’entrée de jeu, les différentes interventions auront permis de faire comprendre  aux collégiennes, que la femme a un rôle très important dans le secteur de l’eau. Et parce qu’elle est la première à subir les affres de la pénurie de l’eau, elle doit s’engager résolument à corriger cette situation. Très heureuse de se retrouver au milieu de ces professionnelles en devenir, Mme Sow, chargée de programme à la GIZ n’a pas caché sa joie. « Pas de vie sans eau », a-t-elle convaincue son auditoire avant de lancer un appel au réseau pour poursuivre le combat de la promotion du leadership féminin dans le secteur de l’eau et de l’assainissement.

L’appel a été entendu par la Présidente du réseau, Mouminatou Adjibi, qui dans son intervention, a indiqué que les femmes professionnelles sont engagées à aller plus loin pour « faire découvrir aux jeunes collégiennes, les métiers de l’eau et de l’assainissement généralement réservés au sexe masculin ». «Vous devez savoir que les métiers de l’eau et de l’assainissement sont aussi faits pour les femmes et nous souhaitons susciter chez vous, la volonté de les exercer », s’est-elle  adressée aux jeunes collégiennes.

Quid des opportunités

Dans un bref exposé, Mme Yadjidé Adissoda Gbédo, Ingénieur en eau et assainissement et Responsable de l’un des grands programmes portant sur l’hygiène et l’assainissement au Bénin, a indiqué que le secteur eau et assainissement offre toute une gamme d’opportunités. En dehors des postes souvent ouverts dans les structures Etatiques (Ministère de l’eau et ses différentes entités), la SONEB, et non Etatiques (GIZ, PROTOS, Helvetas, PNE…), plusieurs autres opportunités s’offrent aux diplômés dans le secteur. Il s’agit par exemple de la possibilité de travailler dans les bureaux d’étude pour les études de faisabilité, les différentes entreprises de construction ou de gestion des ouvrages d’eau et d’assainissement, les projets ou programmes d’eau et d’assainissement…Mais pour les saisir, il faut bien se former. Et aujourd’hui, au Bénin, plusieurs entités concourent à la formation. C’est le cas de l’Institut National de l’Eau, l’Université Catholique de l’Afrique de l’Ouest (UCAO), l’Université de Parakou… qui disposent des filières eau, climat et société; sciences et techniques de l’eau et autres.

La Pdte du Réseau (à gauche) et la Représentante de la SONEB (à droite)

Face aux opportunités dévoilées et aux structures de formation énumérées, les jeunes collégiennes qui ont suivi attentivement ont voulu savoir si avant tout, le métier nourrit son homme ou plutôt sa femme. En professionnelles averties, les femmes du réseau ont rassuré les collégiennes que le métier paie bien et qu’il suffit de s’y engager. Egalement, dans leurs préoccupations, elles ont évoqué la question des eaux de surface, la rareté de l’eau dans certaines régions du Bénin…

Sur la question de la qualité de l’eau, la représentante de la Soneb, a rassuré les jeunes collégiennes de la qualité de l’eau de la SONEB. Elle a dans son exposé partagé avec les jeunes filles, les différentes étapes du traitement que subit l’eau avant d’être destinée à la consommation.

La séance a pris fin par  la remise des cadeaux aux plus audacieuses qui ont posé des questions. Les élèves sont reparties dans leurs salles respectives pour reprendre leurs cours dans l’espoir de décrocher leur BAC en fin d’année scolaire, un parchemin indispensable avant d’entamer une formation ouvrant la porte aux métiers auxquels elles ont été sensibilisées.

Tags: , , ,
March 4, 2019

Sommet Africasan5 : Les grandes résolutions

Alain TOSSOUNON (Cape Town, Afrique du sud)

Le ministre sud-africain au cours de son discours de clôture

Tenue du 18 au 22 février 2019 à Cape Town en Afrique du sud, la 5e conférence internationale  de l’assainissement qui a réuni 36 Etats venus du monde entier,  a tenu toutes ses promesses. Au-delà des résolutions prises, le sommet a été un véritable moment de partage d’expériences innovantes et prometteuses, permettant une fois encore aux acteurs, experts et décideurs locaux et centraux, de renouveler leurs engagements dans la marche pour l’hygiène et l’assainissement pour tous en Afrique.

Deux résolutions majeures ont sanctionné la fin des travaux de ce sommet. Il s’agit en premier, de la ferme résolution d’«accroître la visibilité de l’hygiène et de l’assainissement dans les programmes de développement » et deuxièmement, de «promouvoir l’excellence et l’innovation en matière d’initiatives audacieuses qui inspirent l’action des gouvernements». A cet effet, les acteurs ont au terme de leurs réflexions, décidé d’engager un plaidoyer  dans les prochaines semaines auprès de l’Union Africaine (l’UA) pour amener progressivement les Etats à faire de l’hygiène et de l’assainissement, une priorité dans l’agenda de développement.

En réalité, expliquait le Secrétaire Exécutif du Conseil des ministres africains de l’eau, Dr Canisius Kanangire, cette démarche de recourir à l’institution africaine a été envisagée depuis le précédent sommet qui a eu lieu en 2015 à Dakar au Sénégal.

Avec cette résolution, l’espoir de voir ce sous-secteur encore laissé-pour-compte dans plusieurs pays, gagné en priorité est permis. Pour le Secrétaire exécutif, Dr Canisius Kanangire, l’Union Africaine sera sollicitée pour accompagner les Chefs d’Etats  à inscrire la question de l’hygiène et de l’assainissement sur leur agenda de développement.  Mais plus encore, soutient le Secrétaire exécutif, les Etats et leurs gouvernements seront appelés à mener des politiques publiques pro-pauvres permettant de prendre en compte, les pauvres, les personnes vulnérables etc…vivant aussi bien en zone rurale qu’en zone urbaine. Dans la droite ligne des Objectifs de Développement Durable et des engagements de N’Gor, personne ne doit être laissé de côté pour atteindre l’accès universel.

Les participants venus de 36 Etats du monde entier

Un appel au respect des engagements de N’Gor a été lancé aux ministres de l’eau et de l’assainissement par le Président de la conférence sur la Gestion des boues de vidange qui se tenanit en même temps que le sommet, Doulaye Koné. Il a invité les ministres des Etats du continent, à redoubler d’efforts, à maintenir les relations avec AMCOW,  à travailler toujours ensemble pour faire face  à tous ces nombreux défis que rencontrent les pays africains dans le domaine de l’assainissement. « C’est ensemble que nous arriverons à  surmonter nos difficultés», a-t-il souligné.

A son tour, dans son discours de clôture, le Ministre sud-Africain en charge  de l’eau et de l’assainissement  Gugile Ernest Nkwinti, a pris l’engagement de s’ impliquer  fortement  dans la mise en œuvre de la politique de l’eau,  l’hygiène et  l’assainissement  dans son pays et au-delà de son pays,   sensibiliser au mieux  ses pairs ministres en charge de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement du continent pour le respect des engagements pris à N’Gor pour  l’ accès  à l’hygiène et à l’assainissement pour tous d’ici l’an 2030.

Lançant un appel à l’union de tous les pays africains pour  réussir ensemble, le ministre Gugile Ernest Nkwinti a insisté sur la nécessité pour  ses pairs, de  travailler en synergie avec tous les acteurs et experts de leurs pays. «De nombreux problèmes peuvent être résolus même à distance »,  a-t-il avant de rappeler que de belles  opportunités s’offrent aux pays. Mais pour les saisir, il soutient qu’il faut une organisation, un appel aux actions multipartites, au dialogue  pour encourager les partenaires techniques et  financiers en charge de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement à accompagner les pays africains.

Pour terminer, il a exhorté les représentants des 36 Etats  présents  à s’ouvrir aux innovations en se fondant sur la déclaration de N ’Gor pour que dans les six prochains mois, les choses changent positivement et soient  plus visibles.

 

Les Etats appelés à plus d’efforts

Le sommet a été une occasion de bilan  pour le Conseil des ministres africains de l’eau (AMCOW) qui, il y a  20 ans, s’est engagé à porter l’assainissement et l’hygiène au rang des priorités de développement aux plans mondial et national.

En effet, le processus AfricaSan remonte à 2002, année de sa tenue en Afrique du Sud. L’un des plus grands succès mentionnés par l’institution  est d’avoir réussi à faire pression par le biais du PNUE,  sur les Nations Unies pour l’adoption d’un objectif de développement spécifique pour l’assainissement dans les ODD. Aujourd’hui, le processus AfricaSan est devenu une plate-forme continentale pour générer un élan politique en faveur de l’hygiène et de l’assainissement.  Mais, les Etats doivent redoubler d’efforts parce que l’hygiène et l’assainissement, sont devenus des droits de l’homme.  C’est indéniablement un défi complexe de réaliser l’accès universel à l’assainissement en raison d’autres problèmes connexes tels que le changement climatique, la migration vers les villes… mais l’essentiel est que ces Etats doivent trouver des solutions durables quels que soient les défis auxquels ils sont confrontés. Car, au-delà d’être une question de santé, l’hygiène et l’assainissement constitue une question de dignité et doit être assurée en particulier pour les femmes et les filles. Le Conseil des ministres africains de l’eau à AfricaSan4 à Dakar (Sénégal) en 2015, avant l’avènement des ODD, a pris conscience de la nécessité de développer et d’approuver les dix engagements de N’gor que tous les gouvernements africains devraient respecter afin de réaliser l’accès universel à un assainissement durable et d’éliminer la défécation à l’air libre d’ici 2030.

En présentant les résultats de l’évaluation des progrès des pays, Kitch Bawa, du secrétariat de l’AMCOW, a indiqué que peu d’efforts ont été faits par les pays. Dans sa présentation, il a souligné que c’est seulement en matière de leadership et de coordination, que les pays ont obtenu des progrès.  Ce qui montre que de plus en plus, les Etats du continent ont identifié des ministères pour porter la problématique de l’hygiène et de l’assainissement et font des efforts pour organiser les principales parties prenantes. En dehors de cette seule bonne nouvelle, les autres indicateurs sont au rouge. C’est le cas des inégalités, du financement où les efforts sont encore insuffisants dans plusieurs Etats. Le défi est encore plus grand pour certains Etats où la disponibilité des données constitue un problème. Dans plus de la moitié des pays du continent, le chemin est encore long pour atteindre l’accès universel. Pour Kitch Bawa du secrétariat de l’AMCOW, il faut un mouvement d’ensemble de tous les acteurs dans les pays pour partager ensemble les connaissances et les expériences. Ce n’est qu’à ce prix que le défi sera relevé.

March 1, 2019

Sanitation Crisis In Africa: “No Data on Hygiene and 0.5% of GDP to Sanitation not met,” 2018 Progress Report on Ngor Commitments shows.

By Diana Coker (Capte Town, South Africa)

The first ever joint Africa Sanitation (AfricaSan5) and Feacal Sludge Management (FSM5) Conference held in Cape Town, South Africa from the 18th to 22nd February 2019, was an important gathering of all stakeholders that contribute to sanitation within the continent and was designed to positively impact the lives of people by ensuring that their sanitation and hygiene needs are adequately and sustainably addressed.

The event attracted government representatives, researchers, investors, innovators and other sector players across the continent who interfaced, formed partnerships in order to ensure that the ideas and knowledge gained from each other will be adequately utilized for the good of people in need of Sanitation services. South Africa was chosen as an ideal country for the event because of the innovative approach to sanitation related issues within the continent.

President of the Africa Ministers Council on Water (AMCOW), Emmanuel Tony Ondo in his address to participant affirmed that the conference was a significant milestone of a long journey that African countries have embarked on for almost 20yrs ago in a bid to prioritize sanitation and hygiene in both global and national development

He recalled that AfricaSan process can be traced back from 2002 when it was first held in South Africa and their biggest achievement was to successfully lobby the development community through UNEP and the United Nations to adopt a specific development target for sanitation which was captured in the Millennium Development Goals, adding that since then, the AfricaSan process has developed into a continental platform to generate political momentum to sanitation and hygiene. Sanitation, Hygiene and access to drinking water is a priority in all the African governments globally through the Sustainable Development Goals, but however inasmuch as they have agreed to the fact that it is a human rights  issue, they have still not been able to achieve it as many African countries are yet to provide sanitation for all their citizens. However, moving forward with the implementation of Sustainable Development Goals it is hoped that they will be able to achieve their set targets far more than they did with the Millennium Development Goals. Although it may be a complex challenge, as result of other related issues like climate change, migration to cities, but the bottom line is that they must find sustainable solutions regardless of the challenges they are experiencing. Sanitation is dignity and must be provided especially for women and girls. The African ministers Council on Water at AfricaSan4 in Dakar Senegal in 2015, held before the inception of the SDGs realized the need to develop and endorse the ten Ngor Commitments which all African governments are expected to meet in order to achieve universal access to sustainable sanitation and hygiene services and eliminate open defecation by 2030.

A member of the AMCOW Secretariat, Kitch Bawa in  presenting the outcomes of the monitoring of the Ngor Commitments on Sanitation and Hygiene which he described as the “center piece” of AfricaSan, informed the audience that the report was compiled and presented by the AfricaSan International task force, made up of key stakeholders, within the Africa Sanitation space.

The Africa-San International Task Force, he said, was restructured in 2017  to make it more effective to support sanitation across the continent and is consist of a sub-committee on monitoring, validation and reporting with a work plan that involves consultation with member states and ensure what is gathered is validated.

“We have 42 indicators in the Ngor Commitments divided into two stages and a clear-cut vision.

The first indicator – stage one, monitors the enabling environment, whilst the second indicator – stage two is different from one country to another and focuses on individual country’s set target. The vision indicator which tracks access to safely managed sanitation and hygiene and ending open defecation.

Giving a PowerPoint overview presentation of the performance on African countries through an analogy of traffic lights on the scoring of progress on the commitments, the red light showed very bad progress or no progress at all, yellow (Amber) showed some progress and green showed good progress. According to him, Africa has made very little progress from the chart as the yellow and red were visible everywhere, whilst the green was not that visible.

The result reached following the monitoring of the Ngor commitment provided the good news that the green light showed that there is very good progress that has been made on leadership and coordination which shows that increasingly across the continent more countries have identified ministries that leads Sanitation and Hygiene, and key stakeholders within the countries come together to share and learn from one another to move the sanitation sector forward.

However, the bad news is that they have done very poorly in the area of eliminating inequalities and access to sanitation services as governments are yet to look at how to provide access to sanitation services for the neglected poor, the downtrodden and people down the lowest quintile which happens to be the first commitments. He further disclosed that they have also done very badly on the issue of financing, as in 2008 when the Etiqwine Commitments were endorsed, there was a commitments made to allocate at least 0.5% to sanitation, but that up to the end of 2015 very little progress was made in that regard. This situation up to 2018 when the report was compiled has not changed as no progress has been recorded so far.

“It is even worse when it comes to the issue of safely managing sanitation and encouraging its productive re-use. It is really worse and it is for this reason we brought AfricaSan and FMS together so that by learning from each other, we can go back and see how we can encourage productive use of sanitation across the continent,”

Kitch Bawa said.

Adding, “We did very poorly in the area of creating enabling environment and therefore the country targets were not met. We expect that as we work towards improving the enabling environment we would begin to ensure that countries meet the target they set by themselves.”

The vision’ he furthered, is access to safely managed sanitation and hygiene for all and ending open defecation. The situation, he said, is very poor as less than half of the people in most African countries use at least basic sanitation facilities and open defecation remains very high as more than half of the people living predominantly in rural areas in 14 countries practice open defecation. “We are even far worse in the area of addressing the issue of hygiene as we discovered that many countries do not even have data,” he disclosed, adding that only 37 countries have data on hygiene.

In conclusion, Kitch Bawa stressed on the need to work hand in gloves, share and learn from one another and strengthen the multi-stakeholders partnership in order to ensure that everyone in Africa has access to safely managed sanitation and hygiene and eliminate open defecation.

February 24, 2019

Félix Adégnika, membre de la coalition de la société civile au Bénin à Africasan5 « Nous allons travailler pour que notre pays tienne ses engagements internationaux »

Félix Adégnika, Coordonnateur national du Wssc

Coordonnateur National du Conseil de concertation pour l’approvisionnement en eau et l’assainissement (Wsscc), Félix Adégnika est un membre actif du Cadre de concertation des acteurs non étatiques et l’eau et de l’assainissement (CANEA) au Bénin. Présent à toutes les éditions de la conférence panafricaine sur l’assainissement, il revient dans cet entretien sur l’importance pour les Etats de s’engager dans la bonne Gestion des boues de vidange (Gbv) et nous confie les prochaines actions qu’entrevoit la société civile active dans le secteur  au Bénin pour susciter un engagement des décideurs.

 Vous avez participé à toutes les éditions de la conférence Africasan et cette fois-ci, on a choisi de mettre au centre des discussions, la question de la Gestion des boues de vidange. Vous trouvez que c’est vraiment important ?

C’est vrai, j’ai participé à toutes les éditions de Africasan. C’est un privilège mais je viens à la recherche de l’information. La question de la Gestion des boues de vidange est une problématique urbaine. Parce que, d’ici 2050, plus de la moitié des populations des pays vivront dans les villes. C’est à la fois un problème et une opportunité. Dans une approche intégrée qui concerne le transport, le traitement et la valorisation, il faudra avoir les infrastructures et les équipements pour faire face à cette problématique. C’est une opportunité parce que cela peut profiter à l’agriculture urbaine. Notre système, celui du Bénin où il n’y a pas un réseau d’égout, c’est l’assainissement autonome. Il y a des défis à tous les niveaux qu’il faut relever très rapidement.

A l’ouverture de cette grande conférence, le ministre sud-africain, Gugile Ernest Nkwinti, a demandé aux Etats de changer de priorités et d’élever au rang des priorités, la question de l’Hygiène et de l’Assainissement de base. Est-ce que dans votre pays, l’hygiène et l’assainissement ne constitue pas encore une priorité ?

Le ministre sud-africain a dit effectivement qu’il faut changer de priorités et moi j’ajouterai qu’il faut changer de paradigme par rapport à l’HAB. Aujourd’hui, l’HAB n’est pas une priorité au Bénin. Le sous-secteur est totalement en bas de l’échelle des priorités. Parce que si c’est une priorité, cela devrait figurer clairement dans l’agenda de développement et les ressources qu’il faut mobiliser, devraient être disponibles. Mais, ce n’est pas encore le cas. En plus, ce sous-secteur ne bénéficie pas d’un bon positionnement institutionnel.

Mais qu’est-ce qui explique ce manque de priorisation et d’attention de la part des décideurs pour ce sous-secteur pourtant important pour la santé, l’éducation et la vite tout court?

C’est par manque d’informations et de connaissances. Je suis convaincu que les décideurs ne sont pas engagés parce que ‘ils n’ont pas pris la mesure de l’importance de ce sous-secteur. Et nous nous engageons à apporter la bonne information pour arriver au changement de paradigme.

Vous êtes un acteur de la société civile très actif au sein du Cadre de Concertation des acteurs Non Etatiques de l’eau et de l’assainissement, que faites-vous au sein de cette coalition pour relever le défi de la faible priorisation du sous-secteur au niveau du Bénin ?

Nous devons informer et amener les autorités à comprendre que nous devons agir maintenant. Nous avons deux outils, le plaidoyer et le lobbying. Mais, il semble que la société civile se trompe de cibles parce que, nous nous adressons  directement aux décideurs. Il semble que la première cible doit être les fonctionnaires qui sont chargés de présenter la situation aux autorités. Parce que je ne suis pas sûr que les autorités sont conscientes de la situation et de la problématique. C’est un impératif de travailler sur plusieurs fronts. Il faut comme cibles, en dehors des fonctionnaires du sous-secteur, des politiques et stratégies, les cabinets ministériels, les décideurs que sont les maires et autorités centrales. Et par rapport à cela, il nous faut beaucoup communiquer. Nous devons avoir un partenariat fort avec les médias pour provoquer un engagement de tous et permettre d’atteindre les objectifs.

Au niveau de l’Afrique, on retient que les engagements de Ngor n’ont pas été tenus par la plupart des pays. Comment faire pour que le Bénin relève le défi d’ici le prochain sommet?

Avec le temps que nous passons ici avec le Directeur national de la santé publique présent à cette conférence, nous n’avons pas une garantie ferme mais lui-même a vu ce que les autres pays font. Il a compris qu’il est possible de faire des petits pas et il a pris l’engagement de nous accompagner. Dès que nous allons rentrer, nous allons organiser un point de presse pour informer sur la situation en Afrique et dans notre pays. Et nous allons travailler pour que notre pays tienne les engagements qu’il a pris au niveau international.

Quel sera votre message concrètement au retour de ce sommet à Cotonou ?

Nous avons plusieurs cibles : les décideurs, les cadres et les communautés. Notre message pour les autorités locales, c’est de leur dire qu’elles ne perdent rien à s’engager dans l’hygiène et l’assainissement de base et à accompagner les efforts des ONG et de l’Etat central. Ensuite, nous devons communiquer sur les engagements pour ne pas attendre la veille des sommets et conférences pour courir et faire l’évaluation. Nous devons faire un suivi. Pour les autorités locales, c’est de faire en sorte que dans leurs budgets, qu’elles prévoient une ligne budgétaire pour le sous-secteur. Il y a eu déjà un déclenchement au niveau des préfets qui se sont engagés à désormais regarder ce qui est prévu pour le sous-secteur dans les budgets des communes. Enfin, il y a les Directeurs de la programmation et de la prospective (DPP) des ministères au cœur des prévisions et programmations. Il faut les amener également à s’ouvrir au sous-secteur au niveau des allocations dans les ministères.

                                                                             Propos recueillis par Alain TOSSOUNON depuis Cape Town

 

 

February 22, 2019

Pius Cossi Gounadon au sommet Africasan5 : “Il est temps de changer de paradigme”

Pius Cossi Gounadon, Directeur national de la santé publique (DNSP) au ministère de la santé

A l’instar des autres pays, le Bénin est présent au sommet Africasan5 à travers plusieurs représentants provenant de plusieurs structures. Nous avons rencontré pour vous, le Directeur national de la santé publique (Dnsp) qui représente le ministre de la santé en charge de l’hygiène et de l’assainissement de base. Dans cet entretien, il nous confie son appréciation des échanges qui ont cours et surtout, nous révèle les prochains pas à faire après le sommet pour permettre au Bénin de relever le défi de ce sous-secteur en souffrance.

Vous prenez part à la 5eConférence panafricaine sur l’assainissement en tant que chef de délégation du Bénin. Que vous inspire une telle conférence qui concourt à amener les Etats africains à réaliser l’accès universel de tous aux services d’assainissement ?

C’est ma première participation à cette conférence et j’avoue qu’elle a un caractère instructif. Il y a beaucoup d’échanges, d’apprentissage et de partage d’expériences. Surtout, j’apprécie le niveau d’engagement de tous les acteurs ici présents. Je n’avais pas cette compréhension du niveau d’engagement des partenaires, des experts et de tous les acteurs. Cet évènement m’a permis de remettre en place l’idée que l’hygiène de l’assainissement de base bénéficie d’un engagement soutenu de plusieurs acteurs et partenaires dans le monde et en Afrique.

A l’ouverture du sommet, le ministre sud-africain de l’eau et de l’assainissement a invité tous les Etats à inscrire l’hygiène et l’assainissement au rang des priorités de leur agenda de développement. Est-ce qu’au Bénin, ce sous-secteur bénéficie d’une attention soutenue ?

Je partage l’exhortation du ministre sud-africain et je peux dire que le sous-secteur constitue une priorité dans le Programme d’Actions du Gouvernement. Le gouvernement travaille pour cela. Mais le paradigme doit changer. Souvent, on voit dans cette lutte que le ministère de la santé, du cadre de vie et celui de l’eau. Il faut que ce combat, pour être gagné, soit celui de tous les ministères à l’instar de ce que fait l’Inde.

A l’évaluation des engagements de Ngor, on se rend compte qu’il y a eu peu de progrès dans les pays. C’est le cas au Bénin également. Selon vous qu’est-ce qui explique une telle situation ?

Au Bénin on vient de terminer un plan quinquennal et il a été évalué en 2018. Nous avons vu les faiblesses et sur la base des défis identifiés, des orientations claires ont été prises dans la stratégie 2019-2030. Et au nombre des grandes orientations retenues, nous avons la gouvernance et le leadership, la coordination des interventions qui est importante et le problème des ressources humaines et financières. Souvent, on pense aux ressources financières alors que nous avons besoin de ressources humaines en quantité et en qualité. On peut mobiliser les ressources financières. Je salue les communes comme Za-Kpota, Malanville ou Abomey qui font déjà des efforts.

Au cours de ce sommet, l’un des messages forts est l’importance du leadership notamment les champions qui permettent d’impulser le mouvement. Vous comptez le faire aussi ?

Il faut mobiliser tous les acteurs. Il est important qu’ils se retrouvent pour partager les idées et les solutions et surtout prendre exemple sur les pays modèles en Afrique comme dans le monde. En Inde par exemple, l’hygiène et l’assainissement est un secteur porté par le premier ministre. Ainsi, chaque ministère est invité à agir et apporter sa contribution. Le leadership est au rendez-vous au haut niveau.

Vous avez participé au dialogue entre les pays. Qu’avez-vous retenu de cet exercice de partage d’expériences entre les pays ?

En dehors de quelques différences près en matière de leadership et de mobilisation de ressources financières, les pays ont les mêmes réalités. Nous avons beaucoup appris de cet exercice et nous avons compris qu’il y a certains pays qui sont en avance sur l’ancrage institutionnel. Dans la plupart des pays, l’eau et l’assainissement sont deux secteurs qui sont ensemble. C’est une stratégie qui permet de mutualiser les ressources vu qu’il y a souvent plus de ressources pour l’eau contrairement à l’assainissement. Les échanges ont été très fructueux.

A ce sommet, vous représentez le ministre de la santé en charge du sous-secteur de l’hygiène et de l’assainissement de base. Quel message lui porterez-vous une fois au pays pour impulser une nouvelle dynamique et faire en sorte que le Bénin tienne ses engagements ?

C’est en 2015 à Dakar que les engagements de Ngor ont été pris. A l’évaluation, il n’y a pas eu beaucoup d’avancées dans les pays en dehors de quelques pays qui ont eu des progrès. Nous souhaitons que notre participation ne soit pas seulement protocolaire mais qu’elle contribue à apporter des changements. Déjà, il nous faut mobiliser les cadres du service pour faire le lobbying au niveau de notre ministre pour lui présenter la situation. Il est temps de changer de paradigme. La façon dont nous fonctionnaires agissons doit être revue pour que nous soyons plus efficaces. Car, avec ce que nous faisons, nous ne pouvons pas atteindre les ODD dans ce sous-secteur. Une fois de retour, il nous faut faire un compte rendu fidèle, suggérer à l’autorité des propositions et partager avec lui ce qui se fait de bien ailleurs et qui peut être profitable à notre pays.

              Propos receuillis par Alain TOSSOUNON

February 22, 2019

Dialogue entre pays à Africasan5 : Un véritable moment de partage d’expériences

Alain TOSSOUNON (Cape Town, Afrique du sud)

Echanges des acteurs avec la délégation du Burkina au cours du dialogue pays

L’un des temps forts de ce 5e sommet est l’organisation d’un dialogue entre les pays sur l’évaluation des engagements de Ngor, les principaux défis, les actions entreprises et les leçons apprises. Tous les membres des délégations des différents pays présents se sont regroupés pour de vifs et riches échanges qui ont permis à chaque pays de mesurer ses propres progrès.

Dans l’ensemble des pays qui se sont donné à cœur joie à cet exercice de bilan, on s’aperçoit que les Etats présentent le même visage. Dans leur grande majorité, les Etats africains font face désespérément à la même réalité de la défécation à l’air libre aussi bien en milieu rural qu’en milieu urbain. Malgré cette situation préoccupante, les gouvernants manquent de volonté politique et trainent les pas à tenir leurs engagements pris en 2015 à Dakar. En dehors du faible engagement, les pays africains partagent aussi la réalité que d’aucuns appellent « confusion institutionnelle ». Ceci pour dire que le secteur de l’hygiène et de l’assainissement de base ne bénéficie pas d’un portage politique clair mais est partagé entre plusieurs ministères. Cette situation entraine une mauvaise coordination des interventions et un faible financement ne permettant pas de combattre efficacement le fléau de la défécation à l’air libre.

Mais, pour avoir pris des engagements dits de Ngor, des efforts bien que timides ont été enregistrés pratiquement au niveau de tous les pays. Ces petits pas sont relatifs à l’amélioration du cadre juridique et institutionnel, l’adoption de documents de politique de promotion de l’hygiène et l’assainissement ou encore la mise en œuvre d’initiatives de financement d’actions et de campagnes dans les communautés et les écoles. Au terme de ces initiatives, chaque pays a partagé avec les autres, des leçons apprises. Si par exemple au Burkina, on comprend désormais que l’harmonisation des approches et la coordination des interventions sont essentielles, en Côte d’Ivoire, la principale leçon est que la mise en place d’un cadre de suivi et d’évaluation est indispensable pour mesurer les progrès.

Une lueur d’espoir avec les plans d’actions

Les membres de la délégation béninoise en concertation

Au terme du diagnostic établi, des défis identifiés et des leçons apprises des interventions, chaque pays a pris l’engagement de mener des actions après le sommet afin de respecter les engagements de Ngor. Alors que le Bénin s’engage à faire un déclenchement institutionnel de haut niveau (gouvernement) et à faire adopter par le gouvernement la nouvelle Stratégie nationale de promotion de l’hygiène et de l’assainissement de base (SNPHAB), le Mali prévoit une table ronde pour le financement du Plan de renforcement des capacités des cadres en charge du secteur. Pour la Côte d’Ivoire qui fait figure de bon élève pour la mobilisation des ressources, l’une des actions phares est la recherche d’une coordination efficace des interventions. Au Burkina, les acteurs s’engagent à faire une évaluation nationale des inégalités pour mieux les combattre, intéresser le secteur privé et former les municipalités sur la mobilisation des ressources.

Somme toute, la session du dialogue entre les pays appréciée par tous les acteurs, a permis à chaque pays de se mirer et d’apprécier son niveau d’engagement par rapport aux autres. Après cet exercice qui aura montré que les pays partagent presque les mêmes réalités, « il faut passer au concret », a martelé un des participants.

 

February 21, 2019

Africasan5 : L’heure est au partage d’expériences entre les pays

Ibrahim D. Mahamadou (Cape Town/Afrique du sud)

Partage d’expériences dans le groupe de travail des pays francophones

Les travaux de la conférence AfricaSan5 centrée les boues de vidange se sont poursuivis ce mercredi 20 février 2019 à Cap Town en Afrique du Sud. Après la visite des posters qui dévoilent des expériences innovantes menées dans  différents pays, les participants ont été répartis en groupes de travail. La délégation du Niger a travaillé avec le groupe composé de la République Démocratique du Congo, du Sénégal, du Burundi, de la Guinée Conakry, du Togo, du Madagascar et du Tchad.

En effet, il s’agit pour ces pays d’échanger, de partager les expériences, les avancées, les échecs et les perspectives en matière d’accès à l’hygiène et à l’assainissement. Une occasion pour ces pays d’expliquer leurs expériences et d’exprimer leurs engagements pour l’atteinte des objectifs du développement durable notamment l’ODD N°6. Ci-dessous les engagements des pays dans les prochains six (6) mois à venir.

Au Burundi :

Le renforcement de la coordination interministérielle pour la mise en œuvre de l’approche Assainissement Total Piloté par les Communautés (ATPC),

  • L’établissement d’une base de données pour le suivi de la mise en œuvre de l’ATPC,
  • La mise en place d’un fond dénommé ‘’fond bleu’’ à l’image de l’initiative du Sénégal qui a une expérience en la matière.

En Guinée Conakry :

  • La mise en place d’une feuille de route pour la Fin de Défécation à l’Air Libre (FDAL),
  • La mise en place d’une plateforme de coordination nationale pour fédérer les interventions,
  • L’implication ou le déclenchement des plus hautes autorités pour la FDAL.

Au Madagascar :

  • La mise en place d’une feuille de route FDAL d’ici 2025 ;
  • La finalisation du plan sectoriel et le plan de financement du secteur ;
  • La mise en place du système de suivi et de coordination ;
  • La mise en place d’un fond décentralisé dédié aux communes ;

Au Niger :

La présentation du Niger a été faite par Monsieur Labo Madougou, Directeur de l’assainissement au Ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement et Mme Brigitte Pedro, Wash office à l’UNICEF-Niger en tant que partenaire au développement du Niger.

  • Finalisation et vulgarisation du nouveau guide d’Assainissement Total Piloté par les Communautés (ATPC) afin d’harmoniser les interventions ;
  • L’édition et la vulgarisation de la feuille de route auprès de l’ensemble des acteurs ;
  • L’ouverture d’une ligne spécifique dédiée à l’Assainissement Totale Pilotée par les Communautés à l’image de la Guinée Conakry car jusqu’ici aucune ligne n’est prévue pour prendre spécifiquement en charge cette approche.

Cependant, le Niger a consacré une ligne pour la prise en charge des ouvrages d’assainissement mais qui ne prend pas en compte l’ATPC.

Au Sénégal 

  • La validation et le partage de la feuille de route FDAL ;
  • L’organisation d’une table ronde des bailleurs de fonds pour le financement du secteur ;
  • La mise en place d’un mécanisme de coordination à l’image du Niger qui a une expérience en la matière ;
  • La mise en place d’un cadre de concertation pour le secteur ;
  • L’organisation d’un forum des acteurs sur l’ATPC.

Au Togo

Le Togo a retenu certaines actions à réaliser d’ici six (6) mois.

  • Assurer la durabilité des ouvrage ;
  • Revoir les dispositifs d’hygiène et d’assainissement dans les formations sanitaires et les lieux publics en prenant en compte l’équité ;
  • Le déclenchement des plus hautes autorités togolaises pour la FDAL.

Ces présentations des actions à mener d’ici six (6) mois ont été d’une grande utilité car elles ont permis aux différentes délégations de voire des expériences des autres pays pour l’atteinte des objectifs du développement durable (ODD) d’ici 2030 conformément aux engagements pris par les Etats consistants à assurer l’accès universel aux services d’eau potable, d’hygiène et  d’assainissement PAROUT et POUR TOUS.

February 20, 2019

Ouverture de la 5e édition du sommet Africasan : Un nouvel élan pour l’assainissement pour tous

Alain TOSSOUNON (Cape Town/Afrique du sud)

Ouverture des travaux de la 5e Conférence panafricaine sur l’assainissement

Les travaux de la cinquième Conférence panafricaine sur l’Hygiène et l’Assainissement (AfricaSan 5) ont effectivement démarré hier 19 février 2019 à Cape Town en Afrique du sud.  En présence de plusieurs ministres, parlementaires, autorités locales, d’experts et d’acteurs des Organisations de la Société civile et de Partenaires au Développement venus du monde entier, un nouvel appel a été lancé aux Etats pour un engagement plus fort et durable pour  l’hygiène et l’assainissement pour tous en Afrique.

Rendre la vie agréable et saine aux 60% d’africains qui n’ont pas encore l’accès à l’hygiène et à l’assainissement de base. C’est tout l’enjeu de ce sommet qui s’est ouvert sur une note d’espoir et d’espérances pour garantir à tous, des services d’assainissement efficaces et sans exclusion. A l‘instar des sommets de Durban, Kigali ou Dakar, Africasan5  constitue pour le Secrétaire Exécutif de AMCOW,  Dr Canisius Kanangire, « une meilleure opportunité» pour ce beau monde réuni qui partage un but commun, celui de regarder ensemble l’avenir de l’Afrique.

A l’ouverture des travaux de ce rendez-vous de renouvellement de foi et d’engagement pour une nouvelle Afrique, Dr Canisius Kanangire a, au nom du Président du Conseil des ministres africains de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène (Amcow), appelé tous les participants à un nouveau sursaut. S’il est établi que l’Afrique constitue l’une des régions du monde où l’assainissement est en déclin, c’est maintenant ou jamais, soutient-il qu’il faut « accélérer l’engagement ». «Nous devons changer le statut de l’Afrique », va-t-il marteler en invitant ainsi tous les acteurs et surtout les décideurs, à ce nouvel engagement. Marquant sa ferme conviction qu’un nouveau monde est possible pour les africains, il a soutenu aujourd’hui qu’on peut compter sur deux atouts majeurs : la disponibilité des partenaires diverses et multiples et la richesse des connaissances et expériences dans le secteur.

En référence au rapport de l’évaluation des progrès accomplis par les pays africains qui indique que très peu d’efforts ont été faits en dehors de la coordination et du leadership, il a indiqué que «plus d’efforts sont nécessaires » pour atteindre l’ultime but. Se félicitant de la nouvelle alliance mise en place pour adresser la question cruciale des boues de vidange, il a invité tous les acteurs à rejoindre la plateforme de cette alliance. Il a surtout annoncé la création d’une nouvelle plateforme qui réunira au haut niveau de l’Union Africaine, les ministres de l’eau et de l’assainissement ainsi que leurs homologues en charge des finances. Pour Dr Koné Doulaye, président de la conférence sur la gestion des boues de vidange, l’Alliance mise en place rassemble des acteurs animés par un même état d’esprit. Elle comporte des organisations clés et des faiseurs de politiques avec l’accompagnement de la Fondation Bill et Melinda Gates pour générer des solutions efficaces.

Un nouveau programme pour l’Afrique

L’un des temps forts de cette cérémonie d’ouverture a été l’annonce par la ministre de la Coopération et du développement au sein du gouvernement allemand, Daniela Krahl, d’un nouveau programme pour l’Afrique. En effet, elle a souligné que depuis janvier 2017, un nouveau cadre de coopération pour l’Afrique qui va au-delà de la coopération traditionnelle est en élaboration. Ce nouveau programme prévu pour 10 ans sera consacré à la recherche pour garantir la sécurité de l’eau en lien avec les autres secteurs. «Nous accompagnons les progrès et les experts africains », a-t-elle signalé avant de confier que l’Allemagne reste et demeure un partenaire pour l’Afrique pour l’inclusion dans l’assainissement. Seulement, elle est persuadée que 140 millions de dollar/an ne suffiront pas pour financer tous les mécanismes dont l’Afrique a besoin pour renverser la tendance.

L’honneur est revenu au ministre de l’eau et de l’assainissement de la République sud-africaine, Hon Gugile Ernest Nkwinti, de procéder officiellement à l’ouverture des travaux de cette 5e conférence. Avant tout, il a signifié que le choix du mois de février pour l’organisation de la conférence constitue tout un symbole, celui de la libération de Nelson Mandela. Sans détour, il a indiqué que les Etats doivent « changer leurs priorités » pour mettre l’hygiène et l’assainissement au cœur des préoccupations. Au-delà, dans le cadre des Objectifs de Développement Durable (ODD), il faudra « aider les personnes des zones défavorisées et éloignées, penser aux personnes vivant dans les bidonvilles qui défèquent encore dans les champs et enfin prendre conscience et lutter contre la pollution des rivières et sources d’eau ». Sur la gestion des boues de vidange (GBV), il a souligné l’importance de saisir les opportunités d’innovations et de technologies développées pour venir à bout de cette problématique. Il faut un « nouvel élan », a-t-il déclaré pour débarrasser efficacement l’Afrique de la pollution des boues de vidange en faisant très rapidement des investissements. Au nombre des défis à relever pour y parvenir, il faut selon lui, tenir compte des leçons apprises et renforcer les capacités des municipalités. L’engagement de tous doit aller à la sécurité de l’eau car, soutient-il, « on n’aura pas de solution durable si on continue d’utiliser 12l d’eau pour chasser la boue fécale ». Face à la sécheresse et au manque d’eau que connaissent certaines régions de l’Afrique, il a lancé un appel à tous à considérer le recyclage et la réutilisation de l’eau comme un élément fondamental des politiques et stratégies.

Après cette cérémonie qui a pris fin par un tableau authentiquement zoulou, les travaux se poursuivent dans les différentes sessions consacrées à plusieurs sous-thématiques et études cas relatives à toute la chaîne de l’assainissement partant de la collecte à la valorisation en passant par le transport et le traitement des boues de vidange au cœur de ce sommet.

February 17, 2019

Africasan5 : Le sommet des acteurs de l’hygiène et de l’assainissement  s’ouvre lundi 18 février à Cape Town (Afrique du Sud)

Alain TOSSOUNON (Cape Town, envoyé spécial)

Des toilettes de fortune dans la comme de Sô-Ava (Bénin)

La cinquième Conférence panafricaine sur l’Assainissement et l’Hygiène (AfricaSan 5) se tient du 18 au 22 février 2019 au Cap en Afrique du sud.  Cette initiative mise en place en 2004 par les ministres africains de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène (IMAEAH) est à sa 5ème édition. Elle vise essentiellement à inciter les Etats à faire un effort politique et à prendre leurs responsabilités afin de relever les défis en matière d’accès à l’eau, l’assainissement et l’hygiène qui se posent à l’Afrique. La recherche de solutions durables pour la gestion des boues de vidange sera au cœur des échanges et discussions de ce sommet.  

 Après la 4eme Conférence de Dakar qui a abouti à la Déclaration de Ngor réengageant les pays africains à l’atteinte de l’ODD 6, notamment l’accès universel à des services appropriés et durables d’hygiène et d’assainissement et à la fin de la défécation à l’air libre d’ici à 2030, la 5e édition se veut une occasion d’échanges entre experts en assainissement et en hygiène et les principales agences africaines et internationales concernées par le développement du secteur.

A l’instar des éditions passées, Africasan5, vise surtout à créer un élan pour remédier à l’épidémie persistante de manque d’accès à un assainissement sûr et à la défécation à l’air libre à grande échelle. En effet, 4,5 milliards de personnes dans le monde n’ont pas accès à des services d’assainissement durables. En Afrique Sub-Saharienne, 70% de personnes n’ont pas accès à l’assainissement soit 610 millions de personnes.

Face à cet état de lieux préoccupant, les ministres responsables de l’hygiène et de l’assainissement et les principales agences internationales travaillant dans les domaines de l’assainissement et de l’eau en Afrique sont attendues pour examiner et trouver de nouvelles possibilités de collaboration et de partenariat. Ce grand rendez-vous constitue une véritable occasion d’échanges et de partage d’expériences entre les ministres, décideurs politiques de haut niveau, les spécialistes sectoriels, les organisations internationales et les médias.

Au cœur de cette cinquième conférence, c’est la promotion et le partage de bonnes pratiques et des innovations afin d’améliorer la gestion des boues de vidange.  Une plate-forme est créée pour impulser davantage les acteurs à répondre aux demandes et aux défis du secteur de l’assainissement en Afrique. Une fois de plus, les professionnels du secteur, les gouvernements, les décideurs, les services publics, les partenaires du développement, les investisseurs, les industries et les fournisseurs de services auront l’occasion de coordonner, développer et partager leurs connaissances afin de proposer des solutions abordables et viables à grande échelle. Cette conférence mettra l’accent sur des solutions pratiques pour gérer de manière durable l’ensemble de la chaîne de services d’assainissement sans égouts, couvrant les toilettes, le confinement, la vidange, le transport, le traitement et la réutilisation, en tant que composante essentielle des services d’assainissement urbain dans toute la ville.

December 17, 2018

Elaboration du Plan National de Sécheresse du Bénin : Une réunion technique se tient demain à Cotonou

Alain TOSSOUNON (Cotonou/Bénin) -Dans le cadre de l’élaboration du Plan National Sécheresse du Bénin, les personnels de structures scientifiques, techniques ou de coopération qui sont actifs dans les secteurs liés à la sécheresse ou affectés par les différents impacts de la sécheresse, tiendront demain 18 décembre, une rencontre technique à l’INFOSEC de Cotonou. Le partenariat régional de l’eau de l’Afrique de l’ouest (GWP-AO) et le Partenariat National de l’Eau du Bénin (PNE-Benin) appuient techniquement et financièrement le Ministère en charge du Cadre de Vie et du Développement Durable dans le processus d’élaboration.

Vers une gestion intégrée de la sécheresse au Bénin

A l’instar du Burkina Faso qui dispose de son Plan national Sécheresse, le Bénin se prépare à se doter de ce précieux document pour contrer efficacement le phénomène.  Cet atelier qui réunira toutes les structures concernées directement ou indirectement par la gestion de la sécheresse sont invitées à apporter leur contribution technique au document. La rencontre servira à faire l’état des lieux en matière de lutte contre la sécheresse au Bénin, à identifier les dispositifs existants relatifs à la gestion des crises de sécheresse, proposer le cas échéant, des moyens d’améliorer les mécanismes de gestion de crise existants.

Au terme de cet atelier technique, les participants sont appelés à inventorier et répertorier les ressources, appuis et capacités disponibles dans le cadre de la lutte contre la sécheresse au Bénin, à identifier les mécanismes et dispositifs existant dans le cadre de la gestion de la sécheresse au Bénin et faire des propositions concrètes pour améliorer et renforcer les mécanismes de gestion de crise existant et les sources d’appui technique et financier.

June 18, 2018

Assemblée Générale ordinaire de l’Alliance Wash : Les membres font le bilan des activités

Alain TOSSOUNON (Cotonou/Bénin)

Deux ans après sa mise en place, les membres de l’Alliance Wash se sont retrouvés en Assemblée générale pour faire le point de leurs activités. Plus qu’un bilan, les membres ont pris de nouveaux engagements au cours de cette rencontre et procédé au renouvellement du bureau du Conseil d’Administration. C’était le jeudi 14 juin 2018 au siège de BUPDOS ONG.

Photo de famille des membres de l’Alliance                              Wash-Bénin

Mise sur les fonts baptismaux le 16 décembre 2015, l’Alliance Wash  a convié ses membres à une assemblée générale ordinaire. Conformément aux statuts, treize des quatorze membres attendus ont fait l’exercice du bilan pour tirer les enseignements et prendre un nouveau départ.

Dans son intervention à l’ouverture de la séance, le président du Conseil d’Administration, Roger Agbakli a rappelé le contexte de la création de cette alliance avant de partager avec les membres, les objectifs de la rencontre. Signifiant qu’en réalité que cette alliance existe depuis 2011, il a souligné qu’elle a bénéficié de l’accompagnement de l’Alliance Wash néerlandaise avant de se doter de textes fondamentaux conformément à la loi 1901 au Bénin.

Pour le Président Agbakli, l’Alliance Wash constitue une plateforme d’échanges pour les membres qui interviennent depuis plusieurs années dans le secteur de l’eau et de l’assainissement. Elle a essentiellement pour objectifs, de promouvoir le droit à l’eau et à l’assainissement, d’améliorer la capacité d’intervention de ses membres, de contribuer à l’amélioration de la Maîtrise d’Ouvrage Communal et de faciliter le dialogue entre OSC, l’Etat central, les Partenaires Techniques et Financiers  et les acteurs communaux. Après l’Assemblée Générale constitutive tenue le 16 décembre 2015, cette première assemblée générale ordinaire a été consacrée au bilan des activités mises en œuvre. Au nombre de ces activités, la Secrétaire Générale, Anne Floquet a rappelé tout le travail fait pour doter l’organisation d’un logo et d’un siège et les différentes rencontres avec les partenaires pour les informer de sa nouvelle orientation. Plusieurs rencontres ont été effectuées avec différentes structures dont l’Ambassades des Pays-Bas. Elle a aussi souligné la validation du Programme d’appui à la Gestion intégrée des ressources en eau (GIRE) dans les communes avant de se féliciter de la sélection de trois des membres de l’Alliance  pour le financement relatif au fonds Omidelta destiné aux Acteurs Non Etatiques (ANE).

Par ailleurs, elle s’est aussi félicitée du retour du Coordonnateur de l’Alliance qui a travaillé à maintenir le contact avec les autres alliances. Sur le plan de la représentation, elle a indiqué que l’Alliance Wash participe aux activités du Cadre de Concertation des Acteurs Non Etatiques de l’Eau et de l’Assainissement (CANEA) et du programme PAPHyR mis en œuvre par le consortium MCDI/ EAR G-Emergency.

Au terme des travaux, les membres ont pris de nouveaux engagements pour renforcer leur creuset et procédé au renouvellement des membres du bureau. Le président sortant Roger K.Agbakli a été reconduit à la tête de l’Alliance pour un mandat de deux ans.

Liste des nouveaux membres du bureau élus

POSTE Nom de la structure Nom du représentant
Président BUPDOS Roger K.AGBAKLI
Vice-Président SIA SON BALOGOUN Salomon
Secrétaire Général CEBEDES Anne FLOQUET
Secrétaire Adjoint EAA Edmond ATTAKIN
Trésorier Général PNE-Bénin André ZOGO
Trésorier Adjoint GRAIN Johny CODO
Responsable à la communication ICA Kasim

 

 

Tags: , ,
June 13, 2018

Eau et assainissement au Bénin: Enfin une revue du secteur pour les bilans de gestion 2016 et 2017

Alain TOSSOUNON (Cotonou/Bénin)

Attendue depuis  deux ans, le secteur de l’eau et de l’assainissement tiendra enfin une revue. Après la dernière revue de 2016 qui a permis de faire le point des réalisations de 2015, la prochaine revue prévue pour les 28 et 29 juin 2018 permettra de revenir à la fois sur le bilan des gestions des années 2016 et 2017. Un grand moment pour tous les acteurs du secteur qui brûlent d’impatience de mieux s’informer sur les réformes engagées par le président Patrice Talon et surtout d’échanger sur leur contenu et l’avenir de ce secteur vital au Bénin.

Photo de famille de la dernière revue sectorielle 2016 pour la gestion 2015

Enfin, le secteur eau et assainissement tiendra sa revue. C’est la réponse de tous les acteurs au message d’invitation de cette revue. Car, tant souhaitée et désirée  depuis deux ans, les membres de la grande famille des acteurs ne cachent pas leur joie de se retrouver pour échanger sur le bilan mais aussi sur l’avenir de leur secteur.

Nul doute que cette revue sera riche en débats Car, c’est la première fois que le gouvernement à travers le nouveau ministre de l’eau, Samou Adambi, sera face à  l’ensemble du monde des acteurs qui interviennent dans le secteur. Et parlant de débats, il est important de rappeler après la revue 2016 qui a permis de faire le bilan de la gestion 2015 qui a clôturé l’ère des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), que les revues 2016 et 2017 se tiendront dans un contexte où les pays se sont désormais engagés pour les Objectifs de Développement Durables (ODD). Ainsi, chaque pays devrait donc aligner ses politiques publiques en ce qui concerne l’eau et l’assainissement sur les ODD pour être au rendez-vous de 2030.  Aussi, les revues prochaines sont attendues pour mieux éclairer les acteurs sur les réformes engagées par le président Patrice Talon surtout dans le sous-secteur de l’eau.

En effet, se fixant un objectif d’assurer l’accès universel à l’eau potable aux populations du Bénin à l’horizon 2021 (100% de desserte), le gouvernement de la rupture s’est donné comme moyens d’actions, entre autres, les réformes institutionnelles du secteur de l’eau, l’accélération de la réalisation des infrastructures hydrauliques tant en milieu urbain que rural, la mise en place d’une agence d’approvisionnement en eau potable en milieu rural et la réforme institutionnelle du sous-secteur de l’hydraulique urbaine, la coordination des initiatives avec les partenaires intervenant dans le secteur, le développement des capacités des acteurs…De façon concrète, les réformes concernent pour l’approvisionnement en eau potable en milieu rural, la création de l’Agence Nationale d’approvisionnement en eau potable en milieu rural, (Etablissement public placé sous la tutelle de la Présidence de la République), pour l’approvisionnement en eau potable en milieu urbain, la révision du cadre institutionnel et juridique de la société (scission de la SONEB en une Société de patrimoine et une Société de distribution), la redéfinition des missions de la DG Eau, l’optimisation des cadres de concertation du secteur de l’eau et la révision de la politique tarifaire.

Si des rencontres ciblées ont été organisées avec les différentes catégories d’acteurs pour présenter les réformes, jamais toutes les catégories d’acteurs n’ont pu se retrouver pour échanger sur ces réformes en cours de mise en œuvre. Depuis, nombreux sont les acteurs qui attendaient ce grand rendez-vous annuel pour mieux comprendre le contenu des réformes et échanger sur les mécanismes de leur mise en œuvre. Parce que dans la plupart des cas, ces réformes viennent bousculer l’ « ancien ordre » en ce qui concerne la maîtrise d’ouvrage communal qui pendant longtemps, a bénéficié de l’attention des Partenaires Techniques et Financiers qui ont accompagné les acteurs communaux à mieux l’exercer. De même, dans ce contexte  de réformes, les acteurs s’interrogent sur le nouveau partage des rôles entre l’Agence Nationale d’approvisionnement en eau potable en milieu rural et la Direction Générale de l’Eau d’une part, et d’autre part entre cette Agence et les communes.

Aux réformes dans le sous-secteur de l’eau, il faut ajouter celles dans le sous-secteur de l’hygiène et de l’assainissement à venir. Car, à l’image de l’Agence Nationale d’approvisionnement en eau potable en milieu rural, il est annoncé la création d’une nouvelle agence de soins primaires qui prendra en compte le sous-secteur de l’hygiène et de l’assainissement de base  au niveau du ministère de la santé en charge de ce sous-secteur.

Au-delà des grandes attentes, la tenue de cette revue pour les gestions 2016 et 2017 sera une véritable fête de retrouvailles aussi bien pour les acteurs que pour le ministre. Vivement que les attentes soient comblées.

Tags: , ,
May 18, 2018

Nomination de G. Camille Dansou à la tête de la SONEB : Une prime à la compétence, les acteurs saluent le choix du gouvernement

Alain TOSSOUNON (Cotonou/Bénin)

Camille Dansou, nouveau Directeur Général                       de la Soneb (Bénin)

Depuis le Conseil des ministres du 16 mai, la Société nationale des eaux du Bénin (SONEB) a un nouveau Directeur Général. Après David Babalola qui a des ennuis avec la justice, Lucien Avohouémè avait été choisi pour lui succéder. Désormais, c’est Gougbé Camille Dansou qui jusqu’à cette date, était au poste d’Expert eau et assainissement à l’ambassade des Pays-Bas, qui a été préféré par le gouvernement. Sa nomination a été bien accueillie et saluée unanimement par tous les acteurs du secteur de l’eau et de l’assainissement. Car, le nouveau directeur général, au-delà de la compétence que tous lui reconnaissent, dispose d’une riche et longue expérience dans le secteur qui force l’admiration.

Diplômé de l’Institut International d’Ingénierie de l’Eau et de l’Environnement ; (2IE ex-E.I.E.R) de Ouagadougou, Camille Dansou dispose de compétences approfondies et confirmées en matière de planification, analyse, Gestion, suivi-Evaluation et audit de programmes de développement. Egalement, en tant qu’ingénieur en génie rural, il a des compétences en matière d’études techniques de conception, conduite de processus d’appel d’offres, réalisation, contrôle et suivi des travaux de Génie Rural / Génie Civil surtout dans les domaines des services d’eau potable en milieu urbain et rural, Hygiène et Assainissement en milieux urbain et rural, Gestion Intégrée des Ressources en Eau (GIRE), Planification Delta, Énergie, Environnement et Climat, Economie et Gestion de programmes/projets, Ingénierie civile d’Infrastructures urbaines et rurales ; Aménagements hydro agricoles.

En poste à l’ambassade des Pays-Bas depuis mars 2006 après avoir été entre autres, Directeur des travaux de construction de ponts, puits et routes à l’entreprise ADEOTI Sarl (1999-2002), Camille Dansou est resté Expert Eau et Assainissement/Point focal climat jusqu’à sa nomination. Un poste qui lui aura permis d’avoir une riche expérience d’identification, d’évaluation, d’administration/gestion et le suivi-évaluation des activités soutenues par les Pays-Bas dans le sous-secteur de l’eau, hygiène et assainissement en milieu rural et urbain; de la Gestion Intégrée des Ressources en Eau; et dans une moindre mesure sur les thèmes transversaux environnement / énergie / climat.

Durant ces années passées à l’ambassade des Pays-Bas, il a participé activement à la formulation et l’exécution de plusieurs projets et programmes en particulier les trois grands programmes pluriannuels, multi-composantes et multi-acteurs, PPEA-I / 2007-2012, PPEA-II / 2013-2015 et OmiDelta / 2017-2021.

Par ailleurs, apprécié de tous les acteurs du secteur, il a au cours de ces années développé une bonne collaboration avec les structures gouvernementales (ministères du plan, des finances, de l’eau, de la santé, DGEau, SONEB, DNSP, l’Institut National de l’Eau, etc.), les services déconcentrés, les communes; qu’avec plusieurs organisations non gouvernementales (SNV, EAA, PNE, etc.) et bien d’autres partenaires privés locaux et internationaux (assistance technique, évaluation, audit, etc.).  En dehors de ces structures, il faut souligner sa grande connaissance des interventions de la Banque mondiale dans le secteur de l’eau en ce qui concerne la professionnalisation de la fourniture de services d’eau, la politique d’assainissement urbain, le programme PPP de lavage des mains, le PEPRAU avec la nouvelle agence nationale de l’eau pour le milieu rural, le nouveau programme PforR AquaVie en cours de formulation, etc.. Un véritable atout pour le gouvernement qui pourra compter sur lui pour les programmes de la Banque mondiale dans le secteur de l’eau et de l’assainissement en cours de mise en œuvre.

Egalement, à l’heure où le gouvernement entreprend un vaste chantier de restructuration de la Soneb appelée à être scindée en deux sociétés (patrimoine et exploitation), il peut compter sur non seulement ses compétences et sa longue et riche expérience dans le secteur de l’eau et de l’assainissement.

Calme, pondéré avec une grande capacité d’écoute, Camille Dansou porte désormais en lui l’espoir d’assurer un accès durable à l’eau potable en milieu urbain et de combler les attentes des acteurs du secteur qui dans leur ensemble, ne manquent pas de lui manifester leur soutien et de lui souhaiter bonne chance dans ses nouvelles fonctions.

 

Tags: , ,
May 17, 2018

Secteur Eau et Assainissement au Bénin : Les femmes professionnelles se mettent en réseau

Alain TOSSOUNON (Cotonou/Bénin)

A l’instar de plusieurs pays membres de l’Association Africaine de l’Eau (AAE), le Bénin dispose désormais d’un Réseau des Femmes Professionnelles du secteur de l’Eau et de l’Assainissement. Le lancement de ce creuset d’échanges a été fait  le vendredi 11 mai 2018 à Cotonou au Centre de Formation aux Métiers de l’Eau (CFME) de Cotonou pour promouvoir l’implication des femmes professionnelles dans la mise en œuvre des actions et des projets et mettre en lumière leur contribution au développement du secteur.

Les participantes au cours des échanges

Les femmes professionnelles du secteur de l’eau et de l’assainissement n’entendent plus jouer les seconds rôles au Bénin. C’est tout l’enjeu de la création de ce réseau dont l’ambition est de répondre au double défi de la faible présence et de leur implication dans la mise en œuvre des projets et programmes dans le secteur de l’Eau et de l’Assainissement. Egalement, les femmes veulent prendre leur place dans le combat pour l’atteinte des Objectifs de Développement Durable (ODD) qui visent à garantir d’ici 2030, l’accès à l’eau et l’assainissement pour tous et assurer une gestion durable des ressources en eau.

Ainsi, les femmes du réseau se donnent pour vision de « faire la promotion du leadership féminin dans le secteur de l’Eau et de l’Assainissement »  et pour mission, d’«œuvrer pour la prise de conscience du potentiel féminin et à son édification au sein des structures nationales, régionales et internationales d’Eau et d’Assainissement par des actions concourant à une prise en compte du genre dans les programmes de développement durable ».

Venus du secteur public comme du secteur privé, des Organisations Non Gouvernementales et des associations intervenant dans le secteur de l’eau et de l’assainissement, ces femmes s’engagent résolument à valoriser à travers leurs actions déjà perceptibles sur le terrain, leur potentiel et prendre part aux débats relatifs au secteur au plan national, régional et africain notamment au sein de l’Association Africaine de l’Eau (AAE).

En lançant officiellement leurs activités, les femmes mobilisées ont levé un coin de voile sur les principaux axes de leurs interventions pour réaliser leurs ambitions. Avec pour cibles, la jeunesse, les femmes du réseau et celles du secteur Approvisionnement en Eau Potable, Hygiène et Assainissement (AEPHA), les femmes professionnelles de l’eau et de l’assainissement promettent de faire un plaidoyer  pour une plus forte responsabilisation des femmes au sein des Ministères sectoriels et des projets et programmes, et pour l’octroi de bourses aux jeunes filles pour plus de femmes dans les métiers de l’eau. Enfin, elles entendent œuvrer pour le renforcement des capacités des femmes du réseau sur le les thématiques liées à l’eau et l’assainissement et le genre et le développement.

Photo de famille des membres du bureau exécutif

Avec ce réseau, le Bénin rejoint ainsi plusieurs pays qui disposent en leur sein des réseaux de femmes professionnelles du secteur de l’eau et de l’assainissement. Il s’agit entre autres, de la Côte d’Ivoire, du Kenya, du Sénégal, du Mali, du Ghana, du Cameroun, du Nigéria, de l’Ouganda, du Togo, du Malawi et de la Guinée-Conakry.

Au cours de ce lancement, les femmes du réseau ont eu le soutien du Ministère de l’eau représenté par le Directeur Adjoint de cabinet, Alassane K. TOSSOUNON, le directeur général de la Société nationale des eaux du Bénin (Soneb),  et le Président du Conseil d’Administration de la Soneb, Corneille Ahouansou. Au terme de l’adoption des textes fondamentaux et du Plan d’Actions du réseau, le réseau s’est doté d’un bureau de 11 membres ayant à sa tête Mme Mouminatou ADJIBI de la Soneb.

Liste des membres du Bureau Exécutif du RBFPEA

NOMS ET PRENOMS POSTE STRUCTURE DE PROVENANCE
1 ADJIBI Mouminatou Présidente SONEB
2 OUSSOU Françoise Vice-Présidente DDS/ATL-LIT
3 CHABI GONI Rosette Secrétaire Générale SONEB
4 ADITE Perpetue SG/Adjointe RB/PMJE
5 HOUNGBEDJI Bénedicta Chargée des Programmes et Projets Eau DDEM/Ouémé-Plateau
6 ADISSODA GBEDO Yadjidé Chargée des Programmes et Projets Assainissement MCDI/PAPHYR
7 DAH-GLODJINON Nicole Trésorière Générale SONEB
8 LANGANFIN Blandine TG/Adjointe MAIRIE/PORTO-NOVO
9 DRAMANE Zénabou 1ère Organisatrice SONEB
10 TCHEDJI Léa 2ème Organisatrice SIBEAU /SA
11 EGOUNLETY BIOKOU Aurore Chargée de Formation et Coopération PNE
Tags: , ,
November 19, 2017

Journée mondiale des toilettes: Seulement 28% de la population subsaharienne dispose d’un lieu décent pour aller aux toilettes, (Rapport)

Par Jacques Ngor SARR: Dakar, Sénégal-

Une personne sur trois dans le monde ne dispose pas d’un lieu décent pour aller aux toilettes, ce qui enferme des communautés entières dans un cycle de pauvreté. Dans le rapport de WaterAid, Hors service : l’état des toilettes dans le monde 2017, il a été révélé que les dix pays au monde où l’accès à l’assainissement de base est le plus mauvais se trouvent tous en Afrique subsaharienne. Dans cette région, 28 % de la population seulement dispose d’un lieu décent pour aller aux toilettes et les enfants sont 15 fois plus susceptibles de décéder avant d’avoir atteint l’âge de cinq ans que dans les régions développées.

L’Éthiopie se place en tête des pays comptant le plus grand pourcentage de personnes vivant sans toilettes décentes, mais aussi des pays où le nombre de personnes déféquant à l’air libre a le plus diminué. Dans ce pays, 46 millions de femmes et de filles ne disposent pas d’un lieu sûr pour aller aux toilettes – cela correspond à la totalité de la population espagnole.

Le Tchad occupe la deuxième place. 9,5 % seulement de la population est couverte. Près de la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté et l’espérance de vie à la naissance est d’à peine 52 ans. Près de 9 150 enfants meurent chaque année de diarrhée due à l’eau sale ou à des toilettes inadéquates. Madagascar suit de près, en troisième place. La grande île fait également partie des pays les plus pauvres au monde, avec 75 % de la population vivant dans la pauvreté, et elle est cinquième au monde pour ce qui est du pourcentage d’enfants souffrant de retards de croissance.

La Sierra Leone clôture cette liste. Dans ce pays, 85,5 % de la population ne dispose pas, au minimum, d’un service d’assainissement de base.

Pour ce qui concerne le cas du Sénégal, les statistiques montrent que 59% n’ont pas accès à l’assainissement contrairement à l’eau où seulement 25% n’y ont pas accès.

November 19, 2017

Conséquence des manques de toilettes au niveau des marchés de Dakar: Commerçant et clients se soulagent en publics

Par P.Kadja Traoré, Dakar Sénégal- Avoir une bonne hygiène de vie rime avec une bonne gestion de l’assainissement notamment des blocs sanitaires. Seulement, les marchés de la ville de Dakar et sa banlieue sont dépourvus de toilettes adéquates, obligeants des commerçants et certains clients de se soulager en public. Une situation qu’ils déplorent.
 
Difficile de passer devants les toilettes publiques des marchés sans se pincer les narines. L’odeur nauséabonde qu’ils dégagent rend les lieux désagréables. Les grands marchés de la ville de Dakar et de sa banlieue, notamment, Castors, Tiléne, Hlm, Zink (Pikine), Niaréme (Guédiawaye), Parcelles Assainies entre autres souffrent d’un manque de toilettes. Les quelques qui existent sont impraticables. Une situation que déplorent par des commerçants et autres usagers qui fréquentent ces dits marchés.
Pour se soulager, certains parmi eux sont obligés de squatter les maisons qui sont aux alentours du marché. Les autres qualifiés de « sans gênes » n’hésitent pas à aller faire leur besoins dans les lieux publics qui entourent le marché. D’après le vieux Babara Fall, un marchand de produits alimentaires, installé au marché Castor depuis plus de 20 ans, le nombre insuffisant de toilettes au niveau du marché constitue un véritable problème. «Nous nous payons quotidiennement les taxes municipales, malheureusement toutes nos préoccupations ne sont pas prises en compte par les autorités de la Commune. Nous avons protesté mais personne n’a réagi. Ici il n’y a que six toilettes qui sont construits pour plus de dizaines de milliers de personnes qui fréquentent le marché» se lamente-le vieux commerçant.
De son côté, Moussa Mané vendeur de produits cosmétiques au marché Tiléne se dit affecté par la rareté de l’eau dans les toilettes. « Le marché est notre deuxième maison, nous devons y trouver le minimum de bien être, mais il est désolent de constater que tel n’est pas le cas. Je me demande où va l’argent des taxes municipaux ». Le même problème a été dénoncé aux marchés des Parcelles Assainies et des HLM par les commerçants. Ils demande qux autorités à réagir le plus rapidement possible pour régler le problème.   
November 19, 2017

Fanta Dabo, commerçante au marché de Niarème: “Durant mes périodes de menstruation, j’arrête mes activités à cause des toilettes impraticables”

Par Paul Kadja Traoré, Dakar Sénégal

Au niveau du marché Niaréme de Guédiawaye, le manque de toilettes ralentie les activités de certaines femmes commerçantes. Les quelques blocs sanitaires qui existent sont vétustes et presque impraticables. Les commerçants de cette zone particulièrement les femmes soutiennent qu’elles se retrouvent souvent dans l’obligation de rejoindre leur domicile sans avoir écouler leurs marchandises parce que tout simplement, elles ne trouvent pas un lieu pour se soulager. Fanta Dabo, une jeune marchande de légumes marché Niaréme de Guédiawaye confie: “Durant mes périodes de menstruations, j’arrête mes activités parce que les blocs sanitaires du marché sont impraticables. Et j’avoue que je ne suis pas la seule. C’est une situation triste et gênante. J’espère que les autorités vont faire un geste cette fois-ci en lisant ce témoignage»

November 3, 2017

Rencontre d’échanges du CANEA avec les représentants des ONG et ACEP à Parakou : Renforcer la veille citoyenne pour de meilleurs services aux populations

Alain TOSSOUNON (Cotonou/Bénin)

        Photo de famille des  participants

Les membres du bureau du Cadre de Concertation des Acteurs Non Etatiques de l’Eau et de l’Assainissement (CANEA) ont entrepris  avec l’appui de Helvetas, une tournée de mobilisation des ONG et Associations actives dans le secteur Approvisionnement en eau potable, hygiène et assainissement (AEPHA) dans les départements. Dans les départements du Borgou et de l’Alibori, première étape de cette tournée, une séance a été tenue avec les représentants de la société civile engagée. Une occasion pour ceux-ci de manifester leur adhésion au combat du CANEA pour une veille citoyenne plus engagée au service des populations.

 A l’ouverture de cette séance, le représentant du Président du Partenariat National de l’Eau du Bénin (PNE-Bénin), Rachel Arayé, s’est réjoui de la mobilisation des ONG actives dans le secteur de l’eau et de l’assainissement. Indiquant que cette mobilisation augure de bonnes perspectives pour le CANEA, elle a souhaité que les échanges soient francs et sans tabou. De même, le Secrétaire Général, Alain Tossounon, a félicité les participants pour cette prompte mobilisation qui témoigne de leur engagement pour un accès durable à l’eau et à l’assainissement pour tous au Bénin. Surtout, il a rappelé que dans le contexte actuel où le gouvernement entreprend des réformes, la veille citoyenne doit être plus ferme et forte.

Au cours de la séance, les participants ont eu droit à un exposé sur le CANEA et les acquis de son combat. On retient essentiellement que le Cadre de Concertation des Acteurs Non Etatiques des secteurs de l’eau et de l’assainissement (CANEA) est une fédération des acteurs non étatiques intervenant dans le secteur  qui se veut une force de propositions et d’actions pour un accès universel et continu à l’eau potable et à l’assainissement et pour une gestion rationnelle de la ressource. Mise en place  en 2012, ce creuset des Acteurs Non Etatiques a pour objectif de contribuer à l’accès durable et équitable de la population béninoise aux services d’Alimentation en Eau Potable et d’assainissement et à la gestion des ressources en Eau. Ceci à travers plusieurs actions citoyennes qu’il mène sur le terrain. Au nombre de celles-ci, on peut citer l’organisation de séances de débat citoyen avec la presse dans le cadre des Journées internationales dédiées au secteur,  le renforcement des capacités  des membres  sur le suivi budgétaire  au niveau national et communal, l’introduction  des préoccupations des ANE aux séances du  Groupe sectoriel Eau et Assainissement (GSEA), l’animation d’un stand société civile au cours des revues  sectorielles annuelles avec la possibilité donnée désormais au CANEA, de présenter un rapport sur l’état du secteur, le plaidoyer sur le suivi des engagements et sur la constitutionnalisation des droits à l’eau et à l’assainissement…Aujourd’hui, soutient la présentatrice, le CANEA bénéficie d’une reconnaissance au sein des acteurs institutionnels pour porter la voix de la société civile.

Mais pour défendre davantage les intérêts des citoyens et exiger des services efficaces, le CANEA se propose d’organiser une rencontre nationale pour mieux affûter ses armes. L’occasion a été donnée au Coordonnateur Wsscc, Félix Adégnika de la délégation, de présenter les enjeux de l’atelier national qui permettra de dynamiser le CANEA en procédant à une restructuration institutionnelle et organisationnelle solide et compétente pour relever les défis et faire face aux challenges des ODD. Il a lancé un appel aux ONG et aux ACEP pour leur participation active au cours de cette rencontre très attendue. Réagissant au cours du bouillon d’échanges qui a suivi, les participants ont dit être honorés d’accueillir la délégation du CANEA avant de demander à en savoir plus sur son fonctionnement, ses moyens d’actions et son mécanisme de financement. Les participants ont surtout fait des propositions au CANEA pour des actions plus efficaces relatives au financement de l’hygiène et de l’assainissement de base, au plaidoyer pour la création d’u ministère de l’eau et de l’assainissement, la nécessité d’un partenariat fort pour le suivi du secteur au niveau des communes avec la contribution des ACEP…

Au terme des échanges, la cheffe de l’antenne nord de Helvetas, Alice Chabi Guiya, a indiqué que pour les départements du Borgou et de l’Alibori, c’était nécessaire de « ressusciter un espace pour parler des questions d’eau et d’assainissement ». «Décentraliser le CANEA est indispensable pour être à la pointe de l’information », a-t-elle ajouté avant de remercier les ONG présentes pour leur participation qui constitue à ses yeux un engagement pour le CANEA. La rencontre a pris fin sur une note de satisfaction avec les participants désormais engagés pour prendre part à l’atelier national et surtout, pour une veille citoyenne plus efficace.

Tags: , ,
October 11, 2017

Lancement du Fonds ANE du programme OmiDelta : La page « Affaire PPEA II » désormais tournée

Alain TOSSOUNON (Cotonou, Bénin)

Après le fonds de transition Eau, la coopération néerlandaise dans le secteur de l’eau et de l’assainissement qui a connu des moments difficiles avec l’affaire PPEA II, est relancée avec le lancement  jeudi dernier du Fonds des Acteurs Non Étatiques du Programme de financement néerlandais OmiDelta. Géré par la SNV, ce fonds est destiné à soutenir la société civile  et le secteur privé actifs dans le secteur  à travers un appel à projets dans les domaines de l’Approvisionnement en Eau Potable, Hygiène et Assainissement (AEPHA), la GIRE et la Gouvernance afin d’améliorer l’accès, l’utilisation et la durabilité des services.

Quand l’accès à l’eau potable est encore un luxe au Bénin

Avec le lancement le jeudi 5 octobre 2017 à Azalai Hôtel de Cotonou du Fonds des Acteurs Non Etatiques (ANE) qui marque la mise en œuvre effective du Programme OmiDelta financé par l’ambassade du Royaume de Pays-Bas, l’affaire PPEEA II qui a ébranlé le secteur de l’eau et de l’assainissement au Bénin en 2015, est définitivement conjuguée au passée. Ce lancement intervient après la mise en œuvre du programme Fonds de transition Eau qui a permis d’assurer l’accès à l’eau potable à près de 170.000 personnes dans 21 communes. Juste après, le gouvernement du Bénin a signé avec l’Ambassade du Royaume des Pays-Bas, un accord de coopération pour la mise en œuvre d’un nouveau vaste programme dénommé OmiDelta pour garantir l’accès de tous à l’eau et l’assainissement et assurer une gestion durable des ressources en eau.

Au cours de cette cérémonie qui a connu la participation de toutes les Organisations de la société civile et des acteurs du secteur privé actifs dans le secteur, la directrice de la SNV Bénin-Burkina, Jeannette  de Regt a justifié l’initiative du programme OmiDelta. Soutenant qu’il est inconcevable qu’en 2017, de milliers de personnes vivent encore sans accès à l’eau surtout des petits enfants qui meurent à cause d’un manque de qualité de l’eau, elle s’est réjoui du lancement du fonds ANE qui constitue le 2e guichet de ce programme. « Ce programme vient corriger cette injustice », a-t-elle signalé avant de souligner l’importance de la contribution des Organisations de la société civile (Osc) dans ce secteur vital pour les populations. Appelant tous à baser la collaboration qui doit régner entre la SNV et les OSC sur la confiance, elle a salué la présence du ministre en charge de l’eau, Dona Jean-Claude Houssou qui témoigne de l’engagement du gouvernement pour ce secteur. Pour l’Ambassadeur des Pays-Bas au Bénin, Harry Van Dijk, « partout dans le monde, il est démontré que la gestion de l’eau et les services d’approvisionnement d’eau potable, d’hygiène et d’assainissement atteignent des résultats durableS seulement si les différents acteurs collaborent et assument des responsabilités qui collent bien à leurs missions ». Dans son intervention, il a rappelé également l’importance des Acteurs Non Etatiques (ANE) dans le secteur avant d’indiquer que l’accompagnement du programme de financement néerlandais OmiDelta se fait à travers travers trois instruments : le Fonds Acteurs Etatiques géré par la Caisse Autonome d’Amortissement, le Fonds Acteurs Non-Etatiques géré par la SNV et l’Assistance Technique gérée par le consortium COWI – Royal HASKONINGDHV. Selon l’ambassadeur, ce programme qui vient après le PPEA II et le fonds transitoire, vise essentiellement à travers l’ensemble des trois instruments, à desservir en eau potable  500.000 personnes, à assurer à 1.000.000 de personnes  un accès aux services d’assainissement et de promotion de l’hygiène  et à faire bénéficier à  600.000 personnes d’une meilleure gestion des ressources en eau dans la basse vallée, notamment le delta de l’Ouémé. « Sans vouloir être prétentieux, OmiDelta voudrait aussi promouvoir/contribuer à l’emploi et à la participation des jeunes et des femmes aux décisions », a préciser l’ambassadeur  avant d’insister sur la nécessité de prendre en compte la durabilité des résultats du programme. Il faudra aussi bien gérer les ressources du programme a martelé l’ambassadeur tout en rappelant « les moments durs » que le secteur a connu ces dernières années.  Selon son intervention, cette gouvernance transparente et intègre des ressources recherchée passera par  le renforcement de la coopération entre la société civile et le gouvernement. Pour le gouvernement représenté par le Ministre chargé du secteur de l’eau, le lancement de ce fonds ANE pour les OSC revêt une importance particulière. Car, soutient le Ministre Dona Jean-Claude Houssou, l’accès à l’eau et aux services d’hygiène et d’assainissement est l’un des secteurs prioritaires du Programme d’Actions du Gouvernement (PAG). Arguant que 3 des 45 projets de ce PAG sont consacrés au secteur de l’eau, il a également ajouté que ces projets sont soutenus par des réformes dont la création de l’Agence destinée à la réalisation des ouvrages en milieu rural. Faisant remarquer que la stratégie du programme OmiDelta cadre bien avec celle su gouvernement qui ambitionne d’atteindre l’accès universel à l’eau d’ici 2021, il a indiqué que dans ce contexte, « aucun appui ne sera de trop ». En terminant ces propos, il a recommandé que dans la réalisation des ouvrages, trois choses soient rigoureusement prises en compte : la qualité, l’implication des communautés pour une meilleure appropriation et les compétences qui doivent être au cœur des interventions.

Le ministre en charge de l’eau Jean-Claude Houssou,entouré de l’ambassadeur des Pays-Bas (extrême droite), de la directrice de la SNV et du représentant du ministère du cadre de vie

Au cours de la séance, les participants ont suivi des exposés sur la présentation de OmiDelta Fonds ANE, le cadre logique et de suivi-évaluation, les procédures administratives et financières. Des échanges, on retient que les points d’intérêt des acteurs présents sont relatifs à la cohérence avec les réformes en cours notamment la création de l’Agence, la nécessité d’une synergie avec les Acteurs Etatiques, les informations sur le cadre de suivi, le respect des stratégies nationales dans le secteur, la valorisation des ressources en eau, la sélection des acteurs…A toutes ces préoccupations, le staff technique de la SNV appuyé par le Directeur général de l’eau (DGEau) ont rassuré les uns et les autres quant à la synergie avec tous les acteurs et la complémentarité avec le guichet étatique qui seront recherchées. La séance a pris fin avec la proposition d’un sous-comité constitué des représentants de la SNV, CANEA, DGEau, DNSP, INE, ANCB, PNJEA et du Comité du bassin de l’Ouémé.

 Le fonds ANE en quelques mots

D’un montant de 14.750.000 Euro pour une durée allant de 4 à 5 ans pour la période 2017-2021, le Fonds des Acteurs Non Etatiques (ANE) fait partie des trois guichets du Programme OmiDelta financé par l’Ambassade du Royaume des Pays-Bas au Bénin. Il vise à financer les Organisations de la société civile active dans le secteur de l’eau et l’assainissement afin d’améliorer l’accès, l’utilisation, la qualité et la durabilité des services d’Approvisionnement en Eau Potable, Hygiène et Assainissement (AEPHA). Egalement, ce fonds est destiné à opérationnaliser la Gestion Intégrée des Ressources en Eau (GIRE) et il prend en compte des aspects transversaux tels que le Genre, la jeunesse, les changements climatiques et la promotion de la gouvernance et de l’intégrité dans le secteur de l’eau et de l’assainissement. Ce projet ambitionne d’impacter au moins 150.000 personnes pour la fourniture de services d’eau durables de qualité, au moins 275.000 personnes pour les services d’hygiène et d’assainissement et 300.000 personnes pour la GIRE dans le Delta de l’Ouémé. Il revient aux OSC, ONG, au secteur privé et aux institutions de recherche non gouvernementale, nationale et internationale de soumettre des propositions de projets au financement du fonds. Les thèmes prioritaires sont :  la promotion de l’hygiène et de l’assainissement, l’amélioration du service public de l’eau, l’amélioration de la gestion des eaux usées et excréta, l’amélioration de l’accès à l’eau potable et aux services d’hygiène et d’assainissement (AEPHA) ; la valorisation des ressources en eau, la résilience et l’adaptation de la population aux changements climatiques (GIRE) ; la promotion de la gouvernance dans le secteur AEPHA, la gouvernance des ressources en eau dans le sous-bassin de la Basse Vallée de l’Ouémé.

 

 

Tags: , , ,