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April 29, 2016

Plaidoyer sur l’hygiène et l’assainissement : Les journalistes de l’Afrique de l’ouest renforcent leurs capacités à Dakar

Alain TOSSOUNON (Dakar)

Photo de famille des participants

          Photo de famille des participants

Depuis le 25 avril 2016 se tient à  Dakar au Sénégal, un atelier de renforcement de capacités des hommes et femmes des médias membres du Réseau des journalistes de l’Afrique de l’ouest pour l’eau, l’hygiène et l’assainissement (WASH-JN). Organisée par WaterAid, une organisation mondiale qui s’est illustrée ces dernières années dans la transformation des vies des communautés les plus pauvres en améliorant l’accès à l’eau potable et a l’assainissement, cet atelier a permis  aux journalistes de mieux s’outiller dans le combat pour une meilleure priorisation du secteur de l’eau et de l’assainissement dans l’agenda de développement des pays de la sous-région.

Aujourd’hui, près de la moitié de la population mondiale qui n’a pas accès à des sources améliorées d’eau potable vit en Afrique subsaharienne et 700 millions de personnes de la région n’ont pas accès à des services d’assainissement. L’Afrique subsaharienne a les taux de couverture les plus bas. Une situation qui occasionne la mort de quelque 180.000 enfants de moins de 5 ans chaque année, soit à peu près 500 par jour à cause de maladies diarrhéiques imputables au manque de services d’eau, d’assainissement et d’hygiène (WASH).

Face à cette situation préoccupante, le plaidoyer pour une meilleure priorisation de l’assainissement et de ressources apparait comme une arme efficace pour apporter les changements. C’est l’objectif de cet atelier qui vise à maintenir la dynamique et aider à collecter les preuves nécessaires pour de meilleures actions d’influence sur le financement de l’assainissement dans la sous-région.  Mais, aussi cet atelier est destiné à doter les participants de connaissances sur les Approches basées sur les droits humains et les approches d’engagement citoyen qui leur seront utiles pour l’influence et la gouvernance du secteur (WASH) et notamment l’assainissement.

En ouvrant l’atelier le premier jour, Le Directeur régional des programmes en Afrique de l’Ouest  pour WaterAid, Joe Lambongang, a salué la mobilisation des journalistes pour cet atelier et surtout  rappelé les enjeux des nouveaux Objectifs du développement durables (ODD) pour les pays de la sous-région.  Pour lui, si le travail à accomplir est « immense », les ODD exigent des journalistes et des agents de développement plus d’engagement. En se référant à la stratégie mondiale dont la vision est que chacun doit avoir l’accès à l’eau et à l’assainissement partout où il est d’ici 2030, il a invité les acteurs des médias à contribuer à la réalisation de cette vision.  Pour terminer, il a lancé un appel aux journalistes qui doivent   rechercher des informations crédibles pour pouvoir influencer les politiques et surtout travailler avec passion. « Partout où vous êtes, …vous pouvez changer le monde », a-t-il s’est-il adressé aux journalistes.

Au cours de l’atelier, les participants ont suivi plusieurs présentations sur les progrès et avancées du secteur eau, hygiène et assainissement en Afrique de l’ouest, les grands défis du secteur, l’approche basée sur les droits humains, la communication et la recherche de données…Surtout, les participants ont partagé par pays leurs expériences et études de cas, et fait des exercices pratiques sur la collecte d’informations et de preuves nécessaires pour une efficacité en matière de plaidoyer et d’influence en faveur de l’assainissement.

Egalement, une visite de terrain a été organisée sur deux sites afin d’amener les participants à mieux appréhender la problématique de la pollution de la baie de Hann par les eaux usées et chimiques et celle du manque d’eau et d’assainissement dans Guédiawaye, une région de la ville de Dakar.

Au total, avec les réflexions sur les approches et outils de plaidoyer d’assainissement, sur la documentation, le rapportage, les participants repartent bien affûtés pour un plaidoyer efficace pour un accès de toutes les populations de l’Afrique de l’ouest à l’assainissement.

April 26, 2016

ACCES A L’EAU: WaterAid mise sur les droits pour influencer les décideurs

Mamadou L. Camara (Dakar- Sénégal)

Le Directeur régional des programmes en Afrique de l’Ouest  pour Water Aid, Joe Lambongang (photo) a dévoilé ce lundi la nouvelle stratégie que l’organisation compte désormais mettre en œuvre en Afrique de l’Ouest.

joe-lambongang

« Nous voulons maintenant mettre l’accent le droit à l’accès à l’eau et à l’assainissement surtout pour les couches  vulnérables » a-t-il annoncé lors de la cérémonie d’un séminaire dédié au   journaliste qui a démarré ce lundi à Dakar. «Cette fois-ci, nous voulons mettre l’accent sur l’hygiène » a-t-il annoncé pour faciliter l’accès à  l’eau et l’assainissement  en Afrique.  Le  but  visé à  travers cette  nouvelle stratégie est de pousser les décideurs à  faire de l’assainissement une priorité dans  leurs politiques. Il faut noter qu’en Afrique de l’Ouest  où les taux d’accès sont respectivement de 72% pour l’eau et de 25% pour l’assainissement. Dès lors, Joe Lambongang a recommandé pour importation de technologies adaptées aux réalités africaines. «Il faut que les technologies importées pour faciliter l’accès à l’eau et à l’assainissement soient adaptés aux réalités du milieux » a-t-il recommandé.

April 5, 2016

Gestion des ressources hydriques : De la nécessité de jeter les ponts de coopération sur les eaux partagées

Idrissa SANE (Dakar/Sénégal) 

 Le premier Ministre, Mahammed Boun Abdallah Dionne a lancé un appel pour construire les ponts de coopération sur la gestion des eaux partagées. Il a présidé ce mardi 5 avril 2016 le panel mondial sur l’eau et paix.

Les membres du panel au cours de la rencontre

Les membres du panel au cours de la rencontre

L’eau la source de stabilité. Le premier Ministre du Sénégal, Mahammed Boun Abdallah Dionne invite à l’amorce d’un virage où les pays vont jeter des ponts de coopération sur les ressources hydriques partagées. Le chef du gouvernement a fait ce plaidoyer le mardi 5 avril lors de l’ouverture du Panel mondial sur l’eau et la paix créé en novembre 2015 à l’initiative de la Suisse et d’autres pays comme le Sénégal. « Il s’agira d’amorcer un partenariat mondial visant à faire de l’eau un instrument de paix et non une source de potentiels conflits et crises », a lancé le chef du gouvernement qui était entouré par l’ancien président de la Slovénie, Danilo Turk,  du président du Groupe stratégique et prospectives, Sundeep Waslekar et du ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement du Sénégal, Mansour Faye.  Face aux incertitudes qui pourraient naître de la rareté de cette ressource, il serait judicieux selon le premier Ministre de sensibiliser les décideurs sur les rapports entre l’eau et la paix. C’est tout le sens qu’il faudra donner à l’engagement du président de la République d’introduire pour la première fois cette problématique au Conseil de sécurité de l’Onu. Il est impérieux d’entreprendre une initiative politique de haut niveau pour  plus de prise de conscience de la corrélation entre l’eau et la paix. « C’est le sens qu’il faut donner à la décision du président de la République de son Excellence, Macky Sall d’introduire la thématique eau, paix et sécurité dans l’agenda du Conseil de sécurité des  Nations Unies », a évoqué le chef du gouvernement.  Cette volonté politique est fondée sur l’occurrence des conflits et des crises qui sont directement ou indirectement liés à la gestion ou à la rareté de cette ressource. Selon les statistiques des institutions internationales 70 foyers de tension dans le monde ont pour racine la répartition ou la gestion des ressources hydriques entre les pays ou au sein des pays. Déjà en 1995, la Banque mondiale attirait l’attention de la communauté internationale en ces termes : « le pétrole a été à l’origine  de nombreux conflits lors du  siècle écoulé, ainsi l’eau sera la source des conflits dans le siècle à venir ». Cette prédiction alarmiste est malheureusement confirmée par  les Nations Unies. Aujourd’hui plus que par le passé, les conditions sont  plus favorables pour que l’eau déclenche plus de crises et de conflits et jette des milliers de personnes sur le chemin de l’émigration.

L’eau, une nouvelle arme de guerre

L’humanité doit s’attendre à des flux migratoires de l’ordre de 150 à 200 millions de personnes entraînés par des pénuries du liquide précieux. « La dialectique paix et eau ne date pas certainement d’aujourd’hui. Cependant elle est assurément plus prégnante dans le contexte actuel où la raréfaction  de l’eau semble être inéluctable du fait des changements climatiques et de la rareté de l’eau et de l’accroissement démographique », a estimé le premier Ministre. A ces facteurs, les intervenants ajoutent les foyers de tension, le terrorisme à travers le monde. Les groupes terroristes se servent déjà cette ressource comme une arme de guerre pour mettre la pression sur les populations et sur  les camps adverses. « Entre 150 et 200 millions de personnes devraient migrer à cause des pénuries d’eau d’ici à 2050. Il s’y ajoute que l’eau et les infrastructures sont utilisées comme une arme de guerre lors des conflits armés et des attaques terroristes », a relevé le chef du gouvernement.  La résolution de ces problèmes passe aussi par l’actualisation des textes juridiques afin d’avoir des instruments qui vont prendre en aval les obstacles à la gestion concertée des eaux partagées. « Nous devons œuvrer  au renforcement  du régime juridique international  pour protéger des ressources hydriques en particulier dans des zones en conflit. Ainsi nous apporterons une contribution de l’objectif  6 ODD lié à la sécurité de l’eau », a préconisé Mahammed Boun Abdallah Dionne. En tout état de cause, l’ancien président de la Slovénie, Danilo Turk estime qu’il faut aller vers des solutions concrètes pour prévenir les crises. Il a lancé : « Il faut comprendre les efforts mais aussi il faut résoudre les problèmes ».

 

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April 5, 2016

Sundeep Wasleker, Pdt Stratégique Foresight Groupe: « La pression sur l’eau menace la stabilité entre les pays »  

Idrissa SANE (Dakar/Sénégal)

L’Etat du Sénégal va abriter du 5 au 6 avril, le panel mondial sur l’eau et la paix. Le président Strategic Foresight, Sunder Waslekar qui a décliné les enjeux de cette rencontre a affirmé que les compétitions pour  l’accès à l’eau menace la stabilité des pays.

Sundeep Wasleker, Pdt Stratégique Foresight Groupe

Sundeep Wasleker, Pdt Stratégique Foresight Groupe

Quel est le champ d’intervention du Groupe Stratégique de prévoyance ?

Le Groupe stratégique de prévoyance est un Think Tank. Il mène des réflexions sur les questions liées à la gestion de l’eau  notamment  la prévention des conflits. Nous travaillons dans plus de 50 pays. Nous avons trois essentiels axes d’intervention à savoir, la prévention des conflits liés à la gestion de l’eau, la diplomatie de l’eau et sur les grandes technologies pouvant atténuer les conflits. Notre stratégie a été présentée et appréciée au parlement européen, au parlement de la Grande Bretagne, au parlement de l’Inde ainsi qu’à la Banque mondiale. Le Groupe a été créé en 2002 mais c’est à partir de 2010 que nous avons commencé à travailler sur  la diplomatie de l’eau. Nous n’avons pas d’ingénieurs hydrogéologues et hydrauliciens dans le groupe, cela peut amener des personnes à se poser les questions pourquoi travailler sur les questions de l’eau ? Nous sommes partis du constat que la pression exercée sur l’eau, cumulée avec l’augmentation de la population et par conséquent de la demande aura des impacts réels sur la paix et la sécurité à travers le monde.

Sur quoi vous vous fondez pour faire de telles prédictions ? 

Nous avons exploité plus de 1000 études depuis 2008. Il est apparu de façon nette et claire, que la sécurité, le bien-être des populations, et l’accès à l’eau seront des grands défis au cours des prochaines années. Il a été noté qu’il y aura de plus en plus de compétitions, de conflits pour l’accès à cette ressource qui va se raréfier. En outre, au cours des 20 dernières années, tous les Secrétaires généraux des Nations Unies ont recommandé aux Etats d’anticiper sur les impacts que les compétitions pour l’accès à l’eau pourraient avoir  sur la stabilité et sur la paix. Mais force est  de reconnaître que rien n’a été fait jusqu’ici. Or l’accès à cette ressource peut être la source d’instabilité et d’insécurité.

Est-ce que les sources d’eau ne sont pas menacées dans des pays en conflit ?

L’Etat islamique a la mainmise sur beaucoup de sources d’eau en Irak et en Syrie. Il utilise ces eaux comme un moyen de pression, soit pour forcer les jeunes des zones qui n’ont accès à regagner leurs rangs  soit pour  contraindre  les populations privées à adhérer leur idéologie. L’eau est devenue par la force des choses une arme de guerre. Aujourd’hui, cela se passe en Irak et en Syrie. Qu’est-ce qui exclut que cela peut se passer en Afrique de l’Ouest. Qu’est-ce qui dit que les groupes terroristes au Mali ne peuvent pas être tentés d’attaquer le barrage de Manantali. Les sources d’eau et les infrastructures d’eau, les conduites ne sont pas à l’abri des attaques de nos jours.

 Pourquoi le choix du Sénégal pour  abriter le Panel mondial sur l’Eau et la Paix ?

Plusieurs raisons expliquent le choix du Sénégal pour abriter ce Panel soutenu par la Suisse et parraine par plusieurs pays. D’abord, c’est ici que nous avons l’exemple le plus abouti de la coopération des pays sur la gestion partagée de la ressource. L’OMVS est un exemple de coopération, de renforcement de la stabilité entre les pays. Le partage de cette ressource de l’eau du fleuve sénégalais est unique au monde. Ensuite, lors de la première assemblée Tenue en Suisse, le Sénégal a demandé à accueillir la deuxième rencontre. Enfin, le Gouvernement du Sénégal s’est engagé à porter des recommandations de ce panel à l’Assemblée générale des Nations Unies. Le Sénégal sera membre du Conseil de sécurité au mois janvier. Nous saluons à cet effet l’engagement du président de la République, Macky Sall et de son gouvernement. Durant cette rencontre, nous allons passer en revue les exemples réussis de la coopération sur les eaux partagées et sur les bassins fluviaux transfrontaliers. Nous  examineront également  les cas d’échec de ces coopérations à travers le monde. Sur la base de cette analyse globale, nous proposerons des recommandations.  Nous pensons déjà qu’il faut des institutions et mettre en place des fonds pour des pays qui décident de collaborer pour la gestion des eaux partagées et encourager les autres pays. Nous pensons que les conflits liés à l’eau sont plus politiques que l’accès même à cette ressource. Si nous parvenons à régler des conflits politiques, nous aurons fait plus de la moitié du travail.

Propos recueillis par Idrissa SANE

 

 

 

 

April 4, 2016

Accès à l’eau potable des populations du monde rural : Le 7ème Forum du RWSN se tient à Abidjan en novembre prochain

Alain TOSSOUNON (Cotonou/Bénin) 

Véritable rendez-vous des acteurs s’investissant pour l’accès du monde rural à l’eau potable, le 7ème Forum du Rural Water Supply Network (RWSN) se tiendra du 29 novembre au 1 décembre 2016 à Abidjan (Côte d’Ivoire).  Avec plusieurs sessions plénières et des sessions parallèles de présentations ainsi que des ateliers interactifs et des présentations de posters, de photographies, d’illustrations et de courts-métrages, le forum offrira l’occasion au monde de l’eau de l’eau potable en Afrique, de partager leurs expériences, succès et échecs  et surtout, de se mobiliser pour l’atteinte des   Objectifs de Développement Durable (ODDs) en milieu rural et dans les petites villes. Plus de 650 participants du monde entier sont attendus pour l’édition 2016 qui sera entièrement bilingue (français et anglais).

Une femme d'un village du Bénin prenant de l'eau dans un puits Photo (PNE)

Une femme d’un village du Bénin prenant de l’eau dans un puits Photo (PNE)

Sur 10 personnes n’ayant pas accès à des sources améliorées d’eau potable, 8 d’entre elles vivent dans les zones rurales (2015 JMP). L’accès à l’eau potable en milieu rural est très en retard par rapport au monde urbain.  En plus, en milieu rural, la fourniture des services d’eau connait plus souvent des dysfonctionnements privant ainsi les communautés du liquide précieux. On estime qu’un système d’eau  sur trois en milieu rural ne fonctionne pas de manière adéquate dans les pays en voie de développement. Une préoccupation qui sera une fois encore au cœur du 7ème Forum RWSN.

Moment unique de retrouvailles de tous les acteurs qui militent pour l’eau potable pour tous en milieu rural, le forum RWSN permet de « mettre l’accent sur l’apprentissage et le partage des connaissances, et sur les aspects pratiques plutôt que politiques ». Les participants attendus à cette table ronde d’échanges sont des professionnels et des praticiens du secteur de l’approvisionnement en eau en milieu rural. Egalement, les  dirigeants politiques  sont conviés au Forum, pour un bouillon d’échanges sur les solutions idoines pour sortir le monde rural de l’angoisse de la soif. .

Prévu pour durer trois jours, le forum reste un évènement spécial dont le contenu est décidé par les participants qui sont appelés à  présenter leurs expériences  ou les travaux de leurs recherches sous différentes formes (article, poster, film, photo, stand à l’expo ou séminaire sponsorisé).

Les thèmes retenus pour les travaux qui seront soumis sont relatifs à la durabilité des services d’eau pour les petites villes et en milieu rural, l’égalité, la non-discrimination et l’inclusion, le développement durable des nappes phréatiques souterraines, l’accélération de l’auto-approvisionnement, la cartographie et le suivi, l’approvisionnement en eau rurale dans le contexte humanitaire et de développement.

Tous les professionnels  de tous types d’organisations et de tous niveaux peuvent soumettre leurs contributions. Des entreprises d’eau aux ministres de gouvernements en passant par les chercheurs ou les professeurs d’université, c’est tous les acteurs qui sont concernés. Pour les organisateurs, le Forum permet d’ « aborder les problématiques d’actualité en matière de recherche, de politique et de pratique afin d’insuffler une nouvelle énergie aux partenariats existants et d’en créer de nouveaux ».

Un appel à contributions est ouvert jusqu’au 30 avril 2016.

Pour tous ceux qui désirent participer : Allez sur le lien suivant: http://rwsn7-fr.net/participer/inscription/. Tous les participants peuvent bénéficier du tarif réduit (500 €)  pour toute inscription avant le 30 juin 2016.

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April 1, 2016

POMPAGE DE LA NAPPE SOUTERRAINE PAR L’USINE DANGOTE : Des experts révèlent de graves menaces sur la santé des populations

Jacques Ngor SARR (Dakar-Sénégal)

L’usine de la cimenterie Dangote, implantée à Pout depuis quelques années, est en train de pomper l’eau de la nappe phréatique pour ravitailler le système de refroidissent de ses machines. Des rapports réalisés par des experts révèlent de graves menaces sur les ressources hydrauliques de cette localité et sur la santé des populations locales.

 Cimenterie Dangote

Depuis que l’usine a commencé à exploiter des forages sur autorisation de l’Etat du Sénégal, à travers une lettre datée du 26 novembre 2012 délivrée par le ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement, dirigé à l’époque par Oumar Guèye, les rapports entre la population et les responsables de l’usine se détériorent de plus en plus. La cause : Le recours à la nappe qui ne serait pas sans conséquence sur l’environnement et sur la santé des populations de la zone.

Dans son rapport intitulé «Analyse critique des impacts quantitatifs et qualitatifs des prélèvements en eau de la nouvelle cimenterie de Pout sur les ressources en eaux souterraines», l’expert hydrogéologue, enseignant-chercheur à l’Ufr Sciences de l’ingénierie de l’Université de Thiès, le Dr Cheikh Hamidou Kane, a révèle que «pour sa production d’eau, la cimenterie de Pout et les carrières connexes de Tchicky et Pout Est exploitent actuellement 5 forages (sur 6 autorisés)».

Aussi, le Dr Kane fait observer que «dans la zone de Pout, il existe plusieurs infrastructures dédiées à l’Approvisionnement en eau potable (Aep) de Dakar qui exploitent les deux nappes du Paléocène et du Maastrichtien. Il s’agit notamment des centres de captage de Pout Nord, Pout Sud et de Pout Kirène».
Les agriculteurs exploitent également les eaux souterraines. Plus grave, «les prélèvements de la cimenterie Dangote vont s’ajouter à ceux de la Sénégalaise des eaux (Sde) qui, rien que pour la zone de Pout Nord, exploite neuf forages. Cette surexploitation des eaux souterraines risque de créer de la place aux eaux salées».

Dans un autre rapport intitulé : «Etude de la consommation en eau de la cimenterie de Dangote à Pout», réalisé par Emile Ngom, expert en énergie, qui a révélé que la cimenterie envisage de produire trois millions de tonnes de ciment, il est a indiqué que le prélèvement de ressources hydrauliques sur la nappe phréatique risque de connaître une hausse importante.

«En cas de réalisation du doublement de la capacité prévue (passage de 1,5 à 3 millions de tonnes avec extension de la puissance consommée de la centrale de 22 Mw à 44 Mw), la consommation annuelle en eau passera de 1 million 478 mille 520, à 2 millions 755 mille 560 m3, soit une augmentation de d’environ 87%», souligne M. Ngom.

 

Risques d’une infection respiratoire

Le rapport recommande à la cimenterie Dangote d’améliorer le design de la centrale thermique en remplaçant l’aéroréfrigérant par un aérocondenseur. Cette modification supprimerait le plus gros consommateur d’eau de la cimenterie et préserverait une nappe phréatique déjà très déficitaire dans cette zone.

Pour l’ingénieur environnementaliste Ibrahima Diaw, les préoccupations liées à l’eau se rapportent notamment au pompage, à l’eau de refroidissement, au traitement de l’eau, au traitement des eaux usées et à la pollution des sols. L’auteur de «L’Analyse de conformité de la procédure et examen du rapport d’évaluation environnementale du projet de cimenterie de Dangote à Pout», renseigne que les risques de biocides n’ont pas été clairement mentionnés dans le rapport d’évaluation environnemental.

Au-delà, détecte-t-il, la légionellose, qui est une infection respiratoire provoquée par les bactéries vivant dans l’eau douce, appelées légionelles, risque de voir le jour dans la zone. «L’infection se fait en général par inhalation de l’aérosol (gouttelettes sorties en tête des tours aéroréfrigérantes). C’est une infection qui peut être mortelle», indique le  document qui montre que «la seule approche technique pour maîtriser le risque de développement des légionelles dans ces systèmes s’appuie sur la mise en œuvre d’un suivi rigoureux et de procédures d’alerte en cas de franchissement de certains seuils».

En étudiant l’évaluation faite de l’environnement de la localité d’implantation de l’usine, il est découvert que «ce risque n’a jamais été mentionné dans le rapport d’Etude d’impact environnemental et social et les moyens de suivi et de contrôle de la qualité des eaux d’appoint de chaudière et du circuit de refroidissement ne sont pas explicités». «Sa prise en compte demande un investissement supplémentaire», recommande-t-il.

 

April 1, 2016

MOMAR POUYE, ANCIEN PRESIDENT DE LA COMMISSION ENVIRONNEENT DE LA MAIRIE DE MBAO : « Il faut appliquer le principe du pollueur-payeur»

Youssou Bodian (Dakar-Sénégal)

Il a été au-devant de tous les combats menés par les populations de cette ville fortement frappée par la pollution industrielle. Un engagement qui a valu à cet écologique des démêlés avec la justice à plusieurs reprises dont un séjour à la maison d’arrêt et de correction de «Reubeuss ». Entretien avec un militant convaincu prêt à jeter ses dernières forces dans la bataille pour la survie de sa communauté.

Pollution petit Mbai

Comment en est-on arrivé à ce niveau de pollution des eaux à Petit Mbao?

D’abord je tiens à préciser que l’installation des populations a précédé de très loin celle des usines.  Quand l’Etat a décidé de mettre en place la zone franche industrielle, il était prévu un centre de traitement des déchets liquides toxiques avant qu’ils ne soient jetés en mer ou réutilisé pour le maraîchage. Mais le projet a fait long feu. La structure qui n’a jamais fonctionné a été finalement démontée par des voleurs qui ont vendu les pièces détachées aux ferrailleurs. Ce qui fait que les déchets liquides sont directement  jetés en mer sans le moindre traitement.  Le marigot a été aussi agressé par des promoteurs immobiliers qui l’ont enseveli pour y construire des maisons avec la complaisance des autorités locales et étatiques. On a mené des luttes avec toutes les franges de la population pour attirer l’attention sur le fléau mais en vain.

Quelles sont les impacts de cette pollution ?

La forêt a subi des désagréments parce que même les arbres les plus robustes ont péri petit à petit. La nappe phréatique complétement polluée a occasionné des rejets qui ont contribué à toute activité d’élevage et d’agriculture. Il n’est plus possible de cultiver ni de pêcher dans la zone donc tous les jeunes ont émigré vers la petite côte et la Casamance. Il y a aussi que le marigot qui était source de vie pour l’écosystème a été complétement pollué de telle sorte que les zones de pêche qui en découlaient ont été anéanties.

On peut même dire que l’espérance de vie a baissé parce qu’en milieu Lébou, les gens ont été toujours robustes parce que nourris de produits naturels provenant essentiellement de la mer. Mais avec la pollution, tout ce qui contribuait à la longévité des populations a disparu. Le constat est qu’actuellement au niveau de Petit Mbao, il n’y a que de «jeunes vieux» au lieu de personnes âgées. Les maladies respiratoires liées à la consommation d’une eau impropre ont accéléré les choses.

Quelles sont selon vous les solutions pour sauver Petit Mbao de la pollution ?

Il faut appliquer le principe du «pollueur-payeur» comme ça se passe dans les pays développés. Toutes ces industries basées dans la zone franche doivent mettre la main à la poche pour la dépollution de la zone souillée. Mais aussi la mise en place d’un système qui va permettre de traiter tous leurs déchets liquides avant qu’ils ne soient déversés en mer où dans un autre endroit non loin des habitations. La taxe pour la dépollution devra aussi permettre de réparer tous les dégâts causés depuis des années avec des impacts néfastes sur la santé des populations, et sur l’environnement.

 

April 1, 2016

EAUX USEES, DECHETS TOXIQUES, NAPPE PHREATIQUE POLLUEE : Petit Mbao agonise à cause des usines de la zone franche

Youssouph Bdian (Dakar Sénégal)

Petit Mbao, commune située à une vingtaine de kilomètre de Dakar, agonise lentement sous le poids des déchets liquides toxiques. Le village lébou créé vers 1444 est devenu le réceptacle des eaux polluées déversées par les nombreuses usines implantées dans la zone franche industrielle. Le canal du «mal» empoisonne depuis près de quatre décennies la vie d’une population désorientée qui continue à assister impuissante à la dégradation de son cadre de vie et au dérèglement d’un mode de vie longtemps rythmé par la pêche et l’agriculture. Deux activités de survie qui ont brutalement disparus au grand désarroi d’une population qui se débat pour rester en vie.

Usine Petit Mbao

A première vue, Petit Mbao Peulh est une cité calme et paisible. En cette matinée de lundi du mois de mars, le quartier, comme bercé par les vagues qui échouent à une dizaine de mètres des habitations, se réveille petit à petit. Sur un terrain vague au milieu de la cité, des enfants courent derrière un ballon qui, de temps à autre, va heurter un mur ou une porte d’une des bâtisses qui continuent à pousser comme des champignons dans ce quartier populaire habité depuis plusieurs années. Des mômes bruyants dont les cris se mélangent par moment aux hurlements des sirènes et autres machines des usines dont la plus proche est celle des ICS (Industries chimiques du Sénégal). De loin, on aperçoit ses grandes sphères d’acide phosphorique qui plombent dangereusement les habitations. Le nuage de fumée qui s’y échappe réduit la visibilité sur un rayon de près de 200 mètres.

L’horizon est invisible et incertain, à l’image de l’avenir de ces enfants dont la bonne humeur et le trop plein d’énergie contrastent avec le danger. Ils le côtoient quotidiennement au péril de leur vie et de celle d’une centaine de personnes qui meurent à petit feu dans ce coin oublié. Cette bourgade est bâtie sur du sable mouvant argileux, où par endroit on s’embourbe comme pour signaler aux visiteurs qu’il ne faudrait surtout pas s’aventurer pendant  l’hivernage dans ce quartier qui se transforme en marre à crapauds. Mais le plus grand danger ici reste le lac, une mare de 150 m2 qui jouxte le mur de clôture des ICS.  Plus on s’en approche, plus l’air devient de moins en moins respirable. Les narines sont fortement agressées par un mélange d’odeurs provenant des eaux toxiques d’une puanteur refoulant.

«C’est ainsi depuis la mise en place, en 1994, de la zone franche industrielle qui accueille plusieurs usines»,  confit l’air dépité et impuissant le chef de quartier de Petit Mbao Peulh. En effet, à deux cent mètres des habitations, on aperçoit dans le brouillard les installations des Industries chimiques de Sénégal  et d’autres installations industrielles qui tournent à plein régime. Toutes ces usines déversent leurs déchets liquides dans la mer à travers un canal qui vomit à une dizaine de mètres de la plage abandonnée, une eau noirâtre d’une odeur irrespirable. Avec l’effet du vent, l’odeur arrive jusque dans les maisons où la vie est souvent impossible.

«Il y a des jours où on est obligé de fermer portes et fenêtres pour échapper à l’odeur nauséabonde que même l’encens ne réussit pas à chasser quand le vent est très fort», lâche Tony Gueye, la trentaine, qui a déménagé à Petit Mbao dans la nouvelle maison de ses parents depuis moins de deux ans. Devant leur belle bâtisse R+1 peinte en beige, nous sommes vite rejoints par une jeune fille apparemment très intéressée par le sujet de notre conversation. Son nom Marianne.

Petite sœur de notre interlocuteur, elle a tenu elle aussi à jeter son grain de sel. L’air fatigué, le pagne négligemment noué, elle déclare : «Nous étions très heureux quand on a déménagé dans ce quartier en apparence très calme, mais on a très vite déchanté».

Au-delà de la forte odeur qui indispose, cette étudiante déplore le fait que les jeunes du quartier ne puissent pas profiter de la plage pourtant très proche, mais fortement souillée par les eaux polluées déversées par le tuyau considéré comme l’origine du mal vivre de toute une communauté. Le calvaire dure depuis plus de vingt ans avec des conséquences sanitaires, écologiques et économiques qui étouffent de jour en jour Petit Mbao.

 

Ici la pêche et l’agriculture se conjuguent au passé

 

Depuis près de cinq cent ans, les populations de Petit Mbao, majoritairement Lébous, ne vivaient que de pêche et d’agriculture. Mais aujourd’hui, ces activités ne sont plus d’actualité. Tout est parti de l’implantation de l’usine des ICS en 1978. Suivront ensuite plusieurs autres industries parmi lesquelles l’usine de tannerie «Sentha». Ainsi va naître la zone franche industrielle qui a fini par bouleverser la vie de milliers de personnes.

Un tour à la plage permet de constater l’ampleur des dégâts. Quelques pirogues sont abandonnées par endroit sur ce quai très animé dans le passé à cette heure de la journée. Mais aujourd’hui clairsemé, car juste quelques jeunes assis en petit groupes conversent bruyamment. «Tous nos jeunes qui sont majoritairement pêcheurs ont migré vers Mbour, Joal, Cayar, Kafountine… La mer ici est très polluée, ce qui fait que les poissons ont fui et ceux qui restent ne sont pas consommables», explique Momar Thioune. L’ancien responsable de la Commission environnement de la commune de Mbao se souvient avec beaucoup d’amertume de cette époque d’abondance qu’a connue son village natal. Sauf qu’aujourd’ui, les populations sont obligées d’aller acheter du poisson dans les autres localités. Ce qui était inimaginable dans le temps, selon notre interlocuteur.

L’agriculture et l’élevage qui étaient aussi des activités pratiquées dans le village ont disparu. La nappe phréatique polluée ne favorise plus la pratique du maraîchage qui fournissait le village en légumes. A Petit Mbao Peulh par exemple, aucun arbre ne pousse et le cheptel qui était jadis abondant a disparu, d’après le délégué de quartier, qui confie leurs bœufs, moutons et chèvres sont morts un par un  à force de boire l’eau polluée du lac.

 

April 1, 2016

IMPACT DE LA POLLUTION SUR LA SANTE DES POPULATIONS : Les deux tiers des patients souffrent de maladies diarrhéiques ou respiratoires

Youssouph Bodian (Dakar Sénégal)

A Petit Mbao le deuxième motif de consultation demeure les maladies liées à l’eau telle que les diarrhées. Elles sont devenues très fréquentes dans la zone. «Il a été constaté ces dernières semaines une recrudescence des gastros avec au moins quinze cas en deux jours. Les patients sont pour la plupart des enfants» révèle l’Infirmier chef de Poste du dispensaire qui fait face au quartier Petit Mbao Pheul, le plus touché par les déchets liquides. Une situation inquiétante selon Mame Biram Thioune qui a tenu à préciser qu’à ce jour il n’y a pas d’études qui confirment que l’accentuation des maladies diarrhéiques dans la zone est liée à déchets liquides déversés par l’usine.

Toutefois le premier motif de consultation demeure les maladies respiratoires.  Nous l’avons trouvé sur une natte négligemment adossé sur un mur dégarni par la brise marine. A notre arrivée le vieux Idy Dia la soixantaine, s’efforce à se redresser, respire profondément avant de répondre à notre salutation. «Je m’excuse mon fils, depuis la tabaski (Ndlr: au mois d’octobre 2015), j’ai été terrassé par mon asthme qui persiste toujours. Comme le délégué de quartier ils sont des milliers d’habitants de Petit Mbao à traîner au dispensaire de Petit Mbao selon l’infirmier chef de poste. « Lors des six derniers mois nous avons reçu 1500 cas de malades souffrant de problèmes respiratoires » ajoute le docteur Thioune.

April 1, 2016

THIAROYE : De fournisseur d’eau potable à pollueur d’environnement

Paul Kadja Traoré (Dakar Sénégal)

Situé dans la ville de Pikine, en pleine banlieue, la commune de Djiddah Thiaroye Kao est caractérisée par son manque de système d’assainissement adéquat.
Bâtie sur la nappe phréatique de Thiaroye dans la zone dite «Des Niayes de Dakar», selon l’universitaire, Saïdou Ndao, spécialiste des projets de Développement durable, c’est à partir de 1970, que cette nappe fut fortement pompée pour l’alimentation en eau potable de Dakar. Peu à peu, ces terrains en périphérie de la capitale se sont asséchés et ont accueilli une très forte croissance urbaine induite par les déguerpissements des habitants du centre-ville et par l’exode rural dû à la sécheresse. «Cette urbanisation s’est faite sans planification, ni réseau d’assainissement. De ce fait, les rejets d’eaux usées et de déchets, provenant d’une population périurbaine croissante ont pollué ces nappes phréatiques qui sont devenues impropres à la consommation. Les pompages ont été diminués, rehaussant ainsi leur niveau et provoquant d’importantes inondations à chaque période hivernale», confie le professeur.

Saïdou Ndao a tenu à insister sur le fait que pendant longtemps, l’alimentation en eau potable de la région de Dakar a été assurée par les forages de Thiaroye. Mais, explique-t-il, «l’avancée du biseau salé a amené les autorités étatiques à instruire l’arrêt de ces forages. Cette déconnexion a non seulement entrainé une baisse de la production en eau potable dans la zone, mais elle y a aussi favorisé la récurrence des inondations du fait de la remontée de la nappe. Ces inondations récurrentes ont donné naissance à une autre forme de pollution : la nitrification des eaux de la nappe de Thiaroye».

Poursuivant, il dira : «Ce phénomène de nitrification a des causes multiples et variées liées essentiellement à un manque d’étanchéité des fosses septiques, à la présence d’un foirail et d’un cimetière dans la zone. Leur communication directe avec la nappe affleurant n’est pas sans conséquences sur l’environnement immédiat». En effet, ajoute le professeur «la teneur de la nappe en nitrate a atteint des proportions inquiétantes, dépassant largement la norme de potabilité de 50 mg/l fixée par l’Oms. Par conséquent, cette eau est devenue inutilisable à la consommation humaine, mais utilisable dans l’irrigation.

April 1, 2016

TEMOIGNAGE DE MARIAMA BALDE, VICTIME D’INFECTION : « Si mon mal persiste, je risque d’être répudiée par mon mari qui perd patience»

Paul Kadja Traoré (Dakar Sénégal)

La tête baissée, la voix tremblante, le regard hagard, Mariama Baldé peine à s’exprimer. La tristesse se lit sur son visage angélique. Mère de cinq enfants, Mariama Baldé est bouleversée par une maladie sexuelle qui entrave son existence depuis plus d’une année. La quarantaine, cette résidente du quartier populaire de Djiddah Thiaroye Kao, situé dans la commune de Pikine, souffre d’infection vaginale. Trouvée,  devant la porte du bureau du médecin chef du district sanitaire de son quartier, Mariama Baldé attend patiemment son tour pour se faire consulter.

«J’ai compris assez vite que je ne pouvais plus négliger ce problème. Effectivement, il commençait à bouleverser et à ruiner irrémédiablement la vie que j’avais vécue jusqu’à ce moment. Après avoir essayé divers traitements traditionnels, plantes, lotions et pommades qui, non seulement, n’ont pas résolu mon problème, mais m’ont aussi fait dépenser de l’argent inutilement, j’ai décidé de prendre rendez-vous avec le médecin du centre pour résoudre cette question difficile», explique-t-elle.

Après un bref moment d’hésitation, Mariama Baldé poursuit son récit en avouant : «Si mon mal persiste, je risque d’être répudiée par mon mari qui perd patience. Il menace de me quitter, si je continue à me refuser à lui. Alors que mon état ne me permet pas de remplir mes devoirs conjugaux. D’où mon empressement de retrouver la santé avant que l’irréparable ne se produise».

 

April 1, 2016

Dr MOMAR NIANG, MEDECIN CHEF DE DJIDDAD THIAROYE KAO SUR LE MANQUES D’HYGIENE : «La majorité des femmes vivant dans les zones inondées souffrent d’infections vaginales»

Paul Khadja Traoré (Dakar Sénégal)

Le médecin-chef, Dr Momar Niang de Djiddah Thiaroye Kaw, localité comptant près de 200 000 habitants, n’a pas mis de gangs pour faire des révélations qui jusqu’ici étaient tabou dans cette localité. «Je reçois en moyenne 20 cas de femmes souffrant de maladies infectieuses par jour», confie-t-il.

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D’après le praticien, «la majorité des femmes vivant dans les zones inondées souffrent d’infections vaginales. Une situation qui est causée par le manque d’hygiène corporelle». Selon le médecin, la plus fréquente de ces infections vaginales qui affectent les femmes de la banlieue est le germe pathogène, un champignon appelé «candida albicans». Il s’attaque aux organes génitaux provoquant des démangeaisons, mais le danger est que ces microbes sont facilement transmissibles par l’usage commun des serviettes, des éponges et autres sous-vêtements. D’après le médecin, la recrudescence de ces cas d’infections dans les zones inondées s’explique par la nonévacuation des blocs sanitaires des maisons. «La femme est très sensible, même en temps normal. Elle doit prendre soin de ses parties intimes pour ne pas attraper d’infections. Malheureusement, pour celles qui ont été victimes des inondations, et celles qui n’ont pas accès à des toilettes adéquats,  les moyens de se protéger font défaut», renseigne le médecin. Aussi, Momar niang estime que la famille doit disposer de toilettes qui répondent aux normes d’hygiène. Il soutient aussi qu’après chaque hivernage, l’Etat doit prendre les mesures idoines pour permettre aux victimes d’inondation d’assainir leurs blocs sanitaires afin de pouvoir préserver les femmes de certaines «maladies honteuses». Par ailleurs, les statistiques de l’organisation mondiale de la santé montrent que, aujourd’hui, en Afrique, plus de 75% des femmes ont une fois fait une mycose vaginale et 40 à 50% d’entre elles ont eu au moins 2 à 3 épisodes de l’infection. La tendance est actuellement à la hausse avec 10 à 20% des femmes qui font des candidoses vaginales à répétition et 20% qui sont porteuses de la maladie sans présenter des signes cliniques. Aussi, pour éviter les infections vaginales, les experts en santé sexuelle recommandent aux femmes une bonne hygiène corporelle. Pour épargner la gente féminine de ce malaise, les femmes doivent porter des vêtements propres et bien secs. Les régions vulvaires et les plis inguinaux doivent être soigneusement séchés après le bain et les sous-vêtements doivent être bien séchés, de préférence au soleil. Mais, elles doivent surtout accéder à des toilettes décentes.

April 1, 2016

ABSENCE D’ASSAINISSEMENT A DJIDAH THIAROYE KAO : Quand la population cohabite au quotidien avec les eaux usées

Paul Kadja Traoré(Dakar Sénégal)

Bâtie sur la nappe phréatique de Thiaroye, la commune de Djiddah Thiaroye Kao connaît un sérieux problème d’assainissement. Depuis maintenant plusieurs années, la population de la localité souffre de sa cohabitation avec les eaux usées.

Thiaroye

Impossible de rester quelques minutes dans les différentes ruelles de la commune de Djiddah Thiaroye Kao. En effet, dans presque toutes les ruelles des 21 grands quartiers qui constituent la commune, un énorme trou servant de canal est creusé pour contenir les eaux usées en provenance des fosses septiques des maisons du quartier. L’odeur nauséabonde qui s’y dégage rend l’endroit infréquentable. «Cette situation infernale dur depuis de nombreuses années, renseigne Codou Fall, une vieille dame qui vit au quartier Lansar. Pour éviter des maladies respiratoires, nous sommes obligés de verser quotidiennement de l’eau de javel dans tous les coins de la maison». Au quartier de Ainoumane 3, le constat est le même : eaux usées et ordures ornent le décor. Une situation qui, visiblement, ne dérange plus personne dans ce quartier. C’est le cas du jeune Demba Fall, trouvé assis tranquillement dans son atelier de menuiserie avec ses apprentis, en train de déguster son verre de thé, malgré l’odeur fétide qui fusse de partout. «Je suis né et j’ai grandi dans ce milieu il y a une trentaine d’années. Chaque jour, nous vivons cette situation avec tous les dangers que cela comporte, c’est comme si ça faisait partit de notre quotidien. Je suis habitué à cette odeur, cela ne peut pas m’empêcher de vaquer à mes activités dans ce quartier», soutient le menuisier. Toutefois, il précise : «Ce qui nous agace surtout, c’est le manque de réaction des autorités locales. Hormis les quelques travaux d’installation d’un station d’épuration faite par l’office national d’assainissement du Sénégal (Onas) qui n’est bénéfique qu’aux quartiers périphériques et la réhabilitation de la route principale qui d’ailleurs n’a pas résisté aux derniers inondations, rien n’a été réalisé par les autorités pour nous sortir de cette situation alarmante». Au quartier Touba-Pikine, c’est le même scénario. Trouvé devant la mosquée du quartier, le vieux Daouda Diallo se plaint des eaux usées mélangées à des déchets, le tout dégageant une odeur nauséabonde qui envahissent les maisons. «Mais ce qui est plus grave, souligne le sieur Diallo, c’est que maintenant, nous avons constaté des serpents sortir de ces déchets et de ces eaux qui bordent nos maisons. Et le danger est d’autant plus grave que nos enfants circulent tout autour sans la moindre surveillance. Ce qui du jour au lendemain risque d’avoir des conséquences incalculable». Aussi, lance-t-il un SOS aux autorités de sa localité.

 

April 1, 2016

PRINCIPALES CAUSES DU PROBLEME D’ASSAINISSEMENT A LA MEDINA : Vétusté du réseau, incivisme et extension des maisons

Mamadou Lamine Camara (Dakar Sénégal)

A la Médina, un des anciens quartiers de Dakar, le problème du système d’assainissement se pose avec acuité. La plupart des rues ont pour marque les flac d’eau usées qui coulent  durant  presque 12 mois sur 12. Dans cette  localité de  la capitale  du Sénégal, les résidants ont une analyse différentes des causes de cette équation presque insoluble qui est l’assainissement  de la Médina. Si certains indexent la vétusté du système d’assainissement qui ne peut contenir les eaux usées des ménages qui ne cessent d’augmenter d’années en année, d’autres par contre estiment que la cause est  liée à  la nature du sol de la localité dont la nappe n’est  pas  trop profonde.  Trouvé  devant une  boutique à la  Rue 41 X 22, Doudou Gueye a déclaré que le problème de l’assainissement de la Médina est en partie lié des matériaux utilisés pour l’aménagement des rues. «L’évacuation des eaux usées constitue l’éternel problème de la Médina» a renseigné M. Gueye, riverain de la Rue 41X 22.

De son analyse, il ressort que «le système de canalisation étroit et vétuste ne peut plus à lui seul évacuer les eaux usées d’une localité aussi peuplée comme la Médina». Plus  loin de la Rue 41 X 22, un autre  natif de la Médina explique, à son tour les causes de la problématique de l’Assainissement de la Médina. Pour le vieux Papa Gueye, le problème de l’assainissement au niveau de la Médina est lié  principalement à la nature du sol. «Ici, à la Médina, la nappe affleure parce qu’à l’origine cette localité était redonné par des marécages» a expliqué le vieux Guèye. A l’en croire, l’écoulement des eaux usées s’intensifie chaque jour. Les canaux se bouchent au niveau des habitants les plus élevés.

En dehors, de ces problèmes, beaucoup de personnes croisées dans la rue de la Médina ont mis sur le dos le problème de l’assainissement à l’inadéquation entre l’évolution rapide des immeubles et le système d’évacuation actuel. «Le réseau d’évacuation des eaux usées actuel ne peut plus contenir tout ce que les ménages déversent», a soutenu Pathé Diagne, résident à  la rue 22. Ainsi, il  a  invité  l’Office  nationale de l’assainissement du Sénégal (Onas) à faire en sorte que l’extension de leur réseau soit en conformité avec l’évolution de   l’habitat.

La majeure partie des personnes rencontrées ont aussi pointé du doigt l’incivisme des citoyens qui a le plus  contribué à accentuer  le  problème de l’assainissement à la Médina, et à la Gueul Tapée. La preuve, des tas d’ordures sont dispersés un peu partout au niveau des intersections du quartier. Ces ordures mélangées aux eaux usées provoquent une odeur nauséabonde qui constitue un problème de santé  pour les populations.

La preuve de l’incivisme des populations se voit au niveau de Soubédioune  ou prend fin le canal d’évacuation des eaux usées. Au niveau de Soubédioune, à la  place des eaux usées, le canal rejette dans l’océan des objets solides plus précisément, les carcasses d’animaux mais surtout le plastique qui constitue une menace l’environnement marin et  les espèces qui y vivent.

 

April 1, 2016

ACCES A L’EAU POTABLE AU SENEGAL: Quant les pauvres paient l’eau plus chère que les riches

Idrssa Sané- Dakar Sénégal

Le monde est fait de paradoxe. Les personnes issues des familles modestes paient l’eau plus chère que ceux qui ont un meilleur pouvoir d’achat résident dans des villes au Sénégal. Mais les prix les plus élevés sont enregistrés dans le département de Bakel, à Diwara, à Moudyry où les tarifications n’ont pas encore fini de susciter des commentaires.

Un paradoxe. Les personnes vivant dans le milieu rural paient l’eau plus chère que les résidents des villes. En outre, la grille tarifaire laisse apparaître des écarts sur le prix du mètre cube de l’eau par localité. La première incongruité, les Sénégalais du monde rural dépensent plus pour payer un mètre cube d’eau que ceux qui résident dans les centres urbains. En outre, des disparités tarifaires sont notées dans le monde rural. « Les zones les plus pauvres paient l’eau plus chère. Dans la région de Diourbel, l’indice de pauvreté de 71 %, le mètre cube est vendu à 378 francs Cfa pour la tranche sociale rurale », relève le directeur de l’Ofor, Lansana Gagny Sakho. L’orientation est claire. Il s’agit de réduire à néant les disparités à tous les niveaux entre les villes et les villages, entre les Sénégalais de Dakar et les Sénégalais des régions. « De façon très ramassée, l’objectif, c’est d’arriver à casser cette césure qui existe entre l’hydraulique urbaine et l’hydraulique rurale. Nous voulons qu’on parle simplement d’hydraulique avec la même qualité de services, d’eau, et avec un service d’eau optimalisé », a insisté le directeur de l’Ofor. A vrai dire, les sociétés qui ont contractualisé avec les Associations des usagers des forages (Asufor ), les critères de tarification laissent apparaître l’absence d’objectivité. Elles ont fixé le prix sur la base que les localités de Diawara, Yelingara, Moudiry, Tuabou situées dans le département de Bakel comptent beaucoup d’émigrés. C’est ce qui transparaît à travers l’analyse des grilles tarifaires en milieu rural sur toute l’étendue du territoire. La preuve, à Ourossogui, qui compte plus de 30.000 habitants, le mètre cube est vendu à 175 FCfa. Il en est de même à Bokidiawé.

Casser cette césure qui existe entre l’hydraulique urbaine et l’hydraulique rurale

A Kanel, il coûte 225 FCfa. La fixation du prix a fait l’objet d’âpres négociations entre la société concessionnaire et l’Asufor de Diawara. La société avait proposé, dans un premier temps, 600 F CFA alors que l’Asufor a opposé un prix d’au moins 300 F CFA. Les deux parties ont fait des concessions pour s’entendre sur 400 F CFA. « Au début, j’avais clamé tout haut que ce prix était très élevé pour les populations. Après les échanges et les interventions des partenaires, nous avons trouvé l’accord autour de 400 F CFA le mètre cube. Je reste sur ma position. Nous sommes pour la baisse du prix préconisé par l’Ofor », rapporte le président de l’Asufor de Diawara au cours d’une séance de travail à laquelle a pris part le préfet de Diawara Mansora Diallo.La cherté de cette source vitale se lit aussi sur les marges de recettes de la société concessionnaire. La masse salariale tourne autour de 2 millions de F CFA et aussi sur le fonds de roulement de l’Asufor qui s’élevait à près de 16 millions de F CFA. Les frais d’abonnement s’élèvent à 45.000 F CFA. « C’est avec ce montant que l’Asufor paie le compteur, le plombier et d’autres matériaux », dévoile  un membre de l’Asufor.

A quelques jets de pierre de Diawara, se trouve Moudyri. Ce village est aussi peuplé de Soninké. C’est l’une des zones où l’eau coûte plus cher au Sénégal. Le mètre cube s’échange à 450 F CFA. Ici, les Asufor et la société concessionnaire n’émettent pas sur la même longueur d’ondes. Les ménages paient aussi les frais des pannes des compteurs. Dans ces circonstances, la consommation des ménages est estimée. Les responsables de l’Asufor estiment que les ménages y trouvent leur compte. Mais rien n’est sûr.

 

April 1, 2016

Lancement du rapport mondial sur l’intégrité de l’eau 2016 : La corruption, toujours une menace pour le secteur

Alain TOSSOUNON (Bénin) 

A l’occasion de la Journée Mondiale de l’Eau[1] (JME) 2016 célébrée autour de thème « Eau et emploi », le réseau pour l’intégrité de l’eau WIN (Water and Integrity Network) a procédé ce jour 22 mars, au lancement du Rapport Mondial sur l’Intégrité de l’Eau 2016. Huit ans après un premier rapport sur la corruption dans le secteur de l’eau, le présent  rapport vient une fois encore de souligner l’impérieuse nécessité d’agir vite pour enrayer la corruption dans le monde et dans chaque pays.

Le manque d'intégrité et la corruption sont prejudiciables au secteur de l'eau

Le manque d’intégrité et la corruption sont préjudiciables au secteur de l’eau

Selon le rapport, on estime qu’une perte de 10% des investissements en raison de la corruption implique des déficits annuels dans le secteur s’élevant à  plus de 75 milliards de dollar US. Se fondant sur les exemples du Bénin, du Malawi ou de la Californie pour la seule année 2015, le rapport dénonce de nombreux exemples de prévarication de fonds destinés au secteur qu’il qualifie de « grande corruption ».

En effet, le bilan depuis 2008 montre qu’on n’enregistre toujours pas de changement et que la corruption s’est accru dans le secteur. « Aucun signe ne permet de penser que la corruption aurait diminué depuis 2008. Les scandales répétés dans le secteur et dans d’autres domaines suggèrent qu’elle est toujours aussi répandue », se désole le rapport. En dehors du détournement des fonds publics au niveau des institutions publiques ou dans le cadre des interactions avec le secteur privé, le rapport pointe également du doigt, la planification et la construction des infrastructures dans les domaines des services de l’eau, de l’irrigation ou encore de l’hydroélectricité.  Selon le contenu du rapport, on assiste dans certains pays, à une planification fantaisiste ou à la manipulation des données dans les projets de construction des ouvrages. Dans le cas du Pakistan par exemple, le rapport nous apprend que 80% des indemnisations ont été attribuées à des faux propriétaires dans le processus de déplacement des populations pour la construction de barrages.

Pas très tendre avec ce qui est communément appelé petite corruption, le rapport s’indigne et soutient que « de petits vols peuvent s’accumuler et équivaloir à la grande fraude ». Ainsi, la petite fraude est tout autant condamnable que la grande comme par exemple le prélèvement illégal de l’eau auquel le rapport s’attaque. C’est le cas de la capitale d’eThekwini de kwaZulu-Natal en Afrique du Sud qui a perdu en une année, plus du tiers de son eau à cause des raccordements illégaux ayant créé un manque à gagner de 44 millions de dollar US.

Des mesures pour combattre la corruption

Tout en dénonçant les mauvaises pratiques et les différentes formes de corruption dans le secteur de l’eau, le rapport propose des mesures pouvant contribuer à enrayer le phénomène. En matière de politiques et de législation, indiquant qu’elles peuvent être soumises à l’influence des groupes puissants, le rapport recommande une étroite collaboration entre le secteur de l’eau, les groupes et associations de lutte contre la corruption, le secteur privé, les institutions de finances publiques et le pouvoir judiciaire. Une telle collaboration devrait permettre de mettre en lumière les lacunes et dysfonctionnements qui encouragent la corruption sous toutes ses formes. Déjà, il mentionne le bel exemple de la protection légale des dénonciateurs ayant reçu l’accord des Centres d’action et de conseil juridique (ALAC)  dans 50 pays.

Ainsi, les politiques comme les lois peuvent contribuer, lorsqu’elles sont bien adoptées et mises en application, à réduire la corruption et permettre aux populations de faire respecter leurs droits.

S’agissant des questions de financement, le rapport signale qu’ « aucun système de financement, qu’il soit public ou privé n’est à l’abri de la corruption ». Soulignant les pratiques courantes comme les pots-de-vin ou les attributions frauduleuses de marchés, la production de rapports financiers biaisés, le rapport s’en prend aussi à la mauvaise coordination du secteur. Selon le résumé du rapport, « à l’échelle nationale, des sous-secteurs sont gérés par différents ministères et gérés de différentes manières en raison de la faiblesse du système de gestion des finances publiques ». Comme remède, le rapport invite les institutions de contrôle financier à coopérer avec la société civile pour « gagner du terrain ». Parlant des partenaires du secteur, le rapport préconise un renforcement des systèmes financiers des pays pour une aide plus performante.

Pour terminer, le rapport rappelle que les Objectifs de Développement Durables (ODD) prennent en compte les notions de Transparence, la Redevabilité et la Participation (TRP). De même, les principes définis par l’Organisation de Coopération et de Développement (OCDE) sur la gouvernance de l’eau, rappellent que l’intégrité, les notions de TRP, et le combat contre la corruption sont des « éléments cruciaux » pour améliorer la gestion de l’eau. Ainsi, une fois encore après 2008, le réseau WIN et Transparency International sonnent la sonnette d’alarme pour montrer que la corruption et le manque d’intégrité sont préjudiciables pour le secteur de l’eau. Et le rapport de conclure que « lorsque les ressources seront épuisées et que l’environnement sera dévasté, chacun y perdra finalement ».

 

Encadré : Le Bénin épinglé

Cité comme un mauvais exemple dans le rapport, le Bénin paie une fois encore le prix de « l’affaire PPEA2 » au niveau international. Le rapport qui à partir de son lancement hier 22 mars, circulera dans le monde entier rappelle le détournement  des  4 millions d’euro provenant du financement néerlandais dans le cadre de la mise en œuvre de la 2e phase du Programme Pluriannuel d’appui au secteur de l’eau et de l’assainissement (PPEA2).

Une triste situation qui a conduit à la décision de suspension par le Royaume des Pays-Bas à travers son ambassade au Bénin, de la deuxième phase du Programme Pluriannuel d’appui au secteur de l’Eau et de l’Assainissement au Bénin PPEA2 d’un montant de 40,524 milliards de francs CFA en cours d’exécution pour la période 2013-2015 suite à la mauvaise gestion des fonds du programme à la Direction Générale de l’Eau (DGEau). Maintenant qu’on connait les problèmes, il convient d’apporter des remèdes efficaces et comme le soutient le rapport, ne plus laisser « prospérer la corruption et menacer l’intégrité dans notre pays »

March 22, 2016

AHEAD OF WORLD WATER DAY IN SIERRA LEONE

OVER 96 WATER COMPANIES IN SUBSTANDARD PRODUCTION
BY MUSTAPHA SESAY
mustaphasesay25@yahoo.com

As the world observes World Water Day, a lot of issues affecting the water sector in various parts of the country are being discussed and solutions advanced as to how to ensure that people, mostly the deprived and marginalized, have access to affordable water in their communities.
Due to the importance of water in our daily activities, much prominence is being accorded to this sector to ensure that it is preserved and sustained to meet the demands of the users.
Taking this aspect into consideration, March 22nd has been set aside as World Water Day, and with a host of panel discussions on the international scene, and presentations on the status of water, the challenges, and the way forward.
In developing countries while the Governments and development partners are striving to ensure that people are accorded pure water , it is becoming a matter of fact that private water companies are infiltrating the water sector to produce substandard water that are sold to the public.
Based on the fact that effective monitoring mechanisms are not in place for staff to go round the country and take a closer look at the environment or equipment and labourers processing these packet water, some of the private water company operators are more interested in the money derived from their sales rather that the quality of the product reaching the consumers.
In Sierra Leone, there has been a lot of reports from the public that some of the private water companies were producing substandard water that contained particles or stink.
Despite all these stories not much has been done as new private water companies continue to emerge without going through the correct registration process.
In towns and villages, it is now common to hear of people with just a single room and palour embarking on the sale of packeted water to the public. This is so as majority of the masses are now in higher demand of packeted water rather than pipe borne or dug out well water.
This ugly situation reached its climax early March, 2016 when the Sierra Leone Standards Bureau published its findings on the status of private water companies operating in the country.
In a press release issued to the public, it was noted with dismay that when a test was carried out by this body on the quality of the water product sold to the public by a total number of over one hundred and sixteen private water companies operating in the city of Freetown only twenty of these water companies were satisfied to have met the standard requirements stipulated by the bureau for the sale of packeted water to the public.
This dismal situation is very alarming especially when the findings is only for the capital city where many are of the view that effective monitoring should have been put in place.
Today, some of these questions are making the rounds as to why private water companies continue to put the lives of millions at risk by selling substandard water to the public.
What punitive measures are to be instituted against these companies embarking on these criminal activities?
What modalities will be speedily put in place to halt further production of dirty and stinky water, not only for the city of Freetown but also in the provincial towns.
According to Mr. Lansana Kamara, a senior civil servant, the scarcity of pure and affordable water during the dry season is not a reason for private water companies to exploit the masses with fake water product.
He furthered that the Sierra Leone Standard Bureaus, the Electricity and Water Regulation Commission and the Sierra Leone Police intensify their monitoring activities to arrest this situation.
As a way of addressing this issue, the Electricity and Water Regulation Commission on 9th March,2016 issued a press release in various media houses with the title ‘ORDER TO CEASE AND WITHDRAW FROM PRODUCING UNCLEAN WATER’
The release states that the Commission is hereby demanding that the under listed water producing companies cease production and withdraw all products from the market nationwide and with immediate effect.
The release furthered that the company should resume production after the water quality should have been reassessed and certified by the Sierra Leone Standards Bureau and their status regulated as a water producing entity after being licensed by the Commission.
As a warning to these private water companies producing substandard water for the public, it was noted that any action on the part of the these companies which is contrary to the directives above will face the full penalty of the Law as stipulated in Section 65 of the Sierra Leone Electricity and Water Regulation Commission Act of 2011.
Notwithstanding this stance of the Commission, the sale of these substandard water products by various private water companies in the market continues. It is a matter of time to know how this Commission will change the quality of water sold to the public. SEE DOCUMENT BELOW

press releaseseeeee

March 22, 2016

JOURNEE MONDIALE DE L’EAU : WaterAid demande au gouvernement d’agir en faveur des quelque 3,2 millions qui n’ont toujours pas accès à l’eau potable

Jacques Ngor SARR (Dakar, Sénégal)

La célébration de la journée mondiale de l’eau hier a été l’occasion pour WaterAid en Afrique de l’Ouest de demander au gouvernement d’agir en faveur des quelque 3,2 millions qui n’ont toujours pas accès à l’eau potable.  L’Ong leur rappelle par la même occasion leurs promesses d’éradiquer l’extrême pauvreté et de créer un monde plus juste et plus durable, des promesses inscrites dans les Objectifs mondiaux de développement durable de l’ONU, dont l’Objectif n°6, l’accès partout et pour tous à l’eau potable et à des toilettes sûres et décentes d’ici 2030. Cette promesse est réalisable, mais il faudra pour cela un changement de cap majeur sur le plan politique, et d’importants moyens financiers.

En tout cas au Sénégal « On estime que 21.5 % des personnes n’ont toujours pas accès à l’eau potable », a déclaré  Mariame Dem, Directrice Régionale de WaterAid Afrique de l’Ouest. C’est la raison pour laquelle, elle a saisi l’occasion de la journée mondiale de l’Eau, pour appeler « à notre gouvernement et les dirigeants de la planète à tenir les promesses exprimées dans les Objectifs mondiaux de développement durable de l’ONU, et de garantir la possibilité pour chaque individu de faire valoir son droit à l’eau potable d’ici 2030 ». Dans le même ordre d’idée, Barbara Frost, directrice générale de WaterAid a déclaré : « Nous exhortons les gouvernements à agir de toute urgence, et à honorer la promesse inscrite dans l’Objectif de développement durable de donner accès à l’eau potable partout et pour tous d’ici 2030 ».

 

 

March 22, 2016

JOURNEE MONDIALE DE L’EAU: Ces pays où il est le plus difficile d’accéder à l’eau potable

Jacques Ngor SARR (Dakar, Sénégal)

Un rapport faisant un nouvel état des lieux intitulé « L’eau : à quel prix ? Situation de l’accès à l’eau potable dans le monde », publié par WaterAid à l’occasion de la journée mondiale de l’Eau a permis de recenser les pays où il est le plus difficile d’accéder à l’eau potable. Mieux le dit rapport révèle que les habitants les plus pauvres de la planète consacrent souvent une part plus importante de leurs revenus à l’eau que ceux des pays industrialisés.

L’analyse effectuée par WaterAid montre en effet que dans les pays industrialisés, une facture d’eau classique ne représente qu’un pourcentage dérisoire de 0,1 % des revenus d’une personne payée au salaire minimum. À l’inverse, dans un pays comme Madagascar, une personne qui dépend d’un camion-citerne pour s’approvisionner en eau aurait à dépenser jusqu’à 45 % de ce qu’elle gagne par jour rien que pour acheter la quantité quotidienne minimum recommandée.

Au Mozambique, les familles qui doivent acheter leur eau à des revendeurs au marché noir vont dépenser 100 fois plus que celles qui sont desservies par des bornes-fontaines subventionnées par l’État.

Dans le monde, environ 650 millions de personnes n’ont toujours pas accès à l’eau potable et plus de 2,3 milliards n’ont pas accès à des sanitaires de base, avec les conséquences dévastatrices qui en résultent.

Près de 315 000 enfants de moins de cinq ans meurent chaque année de maladies diarrhéiques parce que ces droits fondamentaux ne sont pas appliqués. Et 50 % des cas de malnutrition sont liés aux diarrhées chroniques résultant d’un manque d’accès à l’eau potable et à de bonnes conditions d’assainissement et d’hygiène dont le lavage des mains au savon.

Le rapport établit par ailleurs le classement des pays selon le taux d’accès à l’eau des ménages et le nombre d’habitants non desservis en eau potable, et inclut une liste des pays qui ont progressé le plus ces 15 dernières années.

La Papouasie-Nouvelle-Guinée, la Guinée équatoriale et l’Angola sont les pays du monde où le taux de couverture en eau potable des ménages est le plus faible. En Papouasie-Nouvelle-Guinée, un habitant pauvre aurait à dépenser 54 % de son salaire pour payer la quantité d’eau minimum recommandée par l’Organisation mondiale de la santé pour satisfaire les besoins vitaux, soit 50 litres par personne et par jour.

L’Inde, la Chine et le Nigéria sont les pays qui comptent le plus grand nombre d’habitants en attente d’accès à l’eau potable. Quant au Cambodge, le Mali, le Laos et l’Éthiopie, ils sont les pays qui ont fait le plus de progrès par rapport aux autres s’agissant d’améliorer l’accès à l’eau potable pour leurs populations.

Malgré de nets progrès, le rapport constate que les inégalités persistent, y compris dans les pays qui ont fait de grandes avancées, les plus pauvres étant souvent ceux qui consacrent la plus grosse part de leurs revenus à l’eau.

Il reste 16 pays dans le monde où au moins 40 % des habitants n’ont pas accès à l’eau potable – parce que ce sujet n’est pas prioritaire pour le gouvernement, parce qu’il ne bénéficie pas des financements requis, ou à cause de moyens humains insuffisants, de la concurrence entre les différents usages de l’eau ou des effets accrus des changements climatiques.

March 8, 2016

WATERAID SONNE L’ALERTE : 1,2 milliards de femmes et de filles restent toujours sans un accès adéquat aux services d’assainissement

Dakar (Sénégal) Mamadou Lamine CAMARA:  L’Ong WaterAid  a mis à profit la journée mondiale de la femme  célébré un   peu   partout à travers le monde,  pour mettre le  doigt sur les maux dont  souffre cette couche surtout les filles dans les écoles, en matière d’accès à l’assainissement.

 

Mariame DEME, Directrice Régionale de WaterAid (Sénégal)

Mariame DEME, Directrice Régionale de WaterAid (Sénégal)

   D’après cette structure, 1 fille sur 3 dans le monde n’a pas accès à un assainissement adéquat dans son école. Dans sa déclaration lors de la journée internationale des femmes célébrée le 8 mars, WaterAid a soutenu que cette situation augmente la probabilité d’abandon scolaire de ces filles à leur puberté et renforce le cycle de pauvreté. «A nos jours, environ 1,2 milliards de femmes et de filles restent toujours sans un accès adéquat aux services d’assainissement contre 330 millions d’autres dépourvues d’eau potable pour la boisson » a livré WaterAid. Selon cette Ong, la grande majorité de ces filles et femmes vivent dans les pays en développement.

Pour se faire WaterAid demande aux gouvernements de prioriser la mise en place d’infrastructures sécurisées et intimes mais aussi des lave-mains munis dans les écoles, les ménages et les établissements sanitaires dans la perspective de maintenir les filles à l’école. Car a-t-on fait part :« L’eau insalubre et les mauvaises conditions d’assainissement sont responsables des maladies diarrhéiques qui coutent annuellement la vie à plus de 150.000 filles de moins de 5 ans ».  D’après Les recherches et expériences de WaterAid Plus de 650 millions de personnes (soit environ 1/10eme) vivent sans eau potable. La même étude renseigne que plus de 2,3 milliards de personnes (soit environ 1/3) vivent sans un assainissement amélioré.

 1 enfant meurt  chaque 2 minute

WaterAid a également mis l’accent  sur la situation des enfants  dans le  monde.  D’après leurs études sur le terrain, environ 315.000 enfants meurent, chaque année du fait de maladies diarrhéiques causées par l’eau insalubre et les mauvaises conditions d’assainissement. Cela représente environ 900 décès d’enfants par jour ou encore 1 enfant chaque 2 minutes. Analysant ces statistiques, la directrice régionale de WaterAid Afrique de l’Ouest,  Mariame Dem a estimé que tant que cette situation perdurera, la santé, le bien-être et l’éducation de ces filles et femmes seront impossibles. Pour elle, « l’assainissement est une composante essentielle qui est malheureusement négligée dans la promotion de l’équité genre»

 

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