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November 3, 2017

Rencontre d’échanges du CANEA avec les représentants des ONG et ACEP à Parakou : Renforcer la veille citoyenne pour de meilleurs services aux populations

Alain TOSSOUNON (Cotonou/Bénin)

        Photo de famille des  participants

Les membres du bureau du Cadre de Concertation des Acteurs Non Etatiques de l’Eau et de l’Assainissement (CANEA) ont entrepris  avec l’appui de Helvetas, une tournée de mobilisation des ONG et Associations actives dans le secteur Approvisionnement en eau potable, hygiène et assainissement (AEPHA) dans les départements. Dans les départements du Borgou et de l’Alibori, première étape de cette tournée, une séance a été tenue avec les représentants de la société civile engagée. Une occasion pour ceux-ci de manifester leur adhésion au combat du CANEA pour une veille citoyenne plus engagée au service des populations.

 A l’ouverture de cette séance, le représentant du Président du Partenariat National de l’Eau du Bénin (PNE-Bénin), Rachel Arayé, s’est réjoui de la mobilisation des ONG actives dans le secteur de l’eau et de l’assainissement. Indiquant que cette mobilisation augure de bonnes perspectives pour le CANEA, elle a souhaité que les échanges soient francs et sans tabou. De même, le Secrétaire Général, Alain Tossounon, a félicité les participants pour cette prompte mobilisation qui témoigne de leur engagement pour un accès durable à l’eau et à l’assainissement pour tous au Bénin. Surtout, il a rappelé que dans le contexte actuel où le gouvernement entreprend des réformes, la veille citoyenne doit être plus ferme et forte.

Au cours de la séance, les participants ont eu droit à un exposé sur le CANEA et les acquis de son combat. On retient essentiellement que le Cadre de Concertation des Acteurs Non Etatiques des secteurs de l’eau et de l’assainissement (CANEA) est une fédération des acteurs non étatiques intervenant dans le secteur  qui se veut une force de propositions et d’actions pour un accès universel et continu à l’eau potable et à l’assainissement et pour une gestion rationnelle de la ressource. Mise en place  en 2012, ce creuset des Acteurs Non Etatiques a pour objectif de contribuer à l’accès durable et équitable de la population béninoise aux services d’Alimentation en Eau Potable et d’assainissement et à la gestion des ressources en Eau. Ceci à travers plusieurs actions citoyennes qu’il mène sur le terrain. Au nombre de celles-ci, on peut citer l’organisation de séances de débat citoyen avec la presse dans le cadre des Journées internationales dédiées au secteur,  le renforcement des capacités  des membres  sur le suivi budgétaire  au niveau national et communal, l’introduction  des préoccupations des ANE aux séances du  Groupe sectoriel Eau et Assainissement (GSEA), l’animation d’un stand société civile au cours des revues  sectorielles annuelles avec la possibilité donnée désormais au CANEA, de présenter un rapport sur l’état du secteur, le plaidoyer sur le suivi des engagements et sur la constitutionnalisation des droits à l’eau et à l’assainissement…Aujourd’hui, soutient la présentatrice, le CANEA bénéficie d’une reconnaissance au sein des acteurs institutionnels pour porter la voix de la société civile.

Mais pour défendre davantage les intérêts des citoyens et exiger des services efficaces, le CANEA se propose d’organiser une rencontre nationale pour mieux affûter ses armes. L’occasion a été donnée au Coordonnateur Wsscc, Félix Adégnika de la délégation, de présenter les enjeux de l’atelier national qui permettra de dynamiser le CANEA en procédant à une restructuration institutionnelle et organisationnelle solide et compétente pour relever les défis et faire face aux challenges des ODD. Il a lancé un appel aux ONG et aux ACEP pour leur participation active au cours de cette rencontre très attendue. Réagissant au cours du bouillon d’échanges qui a suivi, les participants ont dit être honorés d’accueillir la délégation du CANEA avant de demander à en savoir plus sur son fonctionnement, ses moyens d’actions et son mécanisme de financement. Les participants ont surtout fait des propositions au CANEA pour des actions plus efficaces relatives au financement de l’hygiène et de l’assainissement de base, au plaidoyer pour la création d’u ministère de l’eau et de l’assainissement, la nécessité d’un partenariat fort pour le suivi du secteur au niveau des communes avec la contribution des ACEP…

Au terme des échanges, la cheffe de l’antenne nord de Helvetas, Alice Chabi Guiya, a indiqué que pour les départements du Borgou et de l’Alibori, c’était nécessaire de « ressusciter un espace pour parler des questions d’eau et d’assainissement ». «Décentraliser le CANEA est indispensable pour être à la pointe de l’information », a-t-elle ajouté avant de remercier les ONG présentes pour leur participation qui constitue à ses yeux un engagement pour le CANEA. La rencontre a pris fin sur une note de satisfaction avec les participants désormais engagés pour prendre part à l’atelier national et surtout, pour une veille citoyenne plus efficace.

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October 11, 2017

Lancement du Fonds ANE du programme OmiDelta : La page « Affaire PPEA II » désormais tournée

Alain TOSSOUNON (Cotonou, Bénin)

Après le fonds de transition Eau, la coopération néerlandaise dans le secteur de l’eau et de l’assainissement qui a connu des moments difficiles avec l’affaire PPEA II, est relancée avec le lancement  jeudi dernier du Fonds des Acteurs Non Étatiques du Programme de financement néerlandais OmiDelta. Géré par la SNV, ce fonds est destiné à soutenir la société civile  et le secteur privé actifs dans le secteur  à travers un appel à projets dans les domaines de l’Approvisionnement en Eau Potable, Hygiène et Assainissement (AEPHA), la GIRE et la Gouvernance afin d’améliorer l’accès, l’utilisation et la durabilité des services.

Quand l’accès à l’eau potable est encore un luxe au Bénin

Avec le lancement le jeudi 5 octobre 2017 à Azalai Hôtel de Cotonou du Fonds des Acteurs Non Etatiques (ANE) qui marque la mise en œuvre effective du Programme OmiDelta financé par l’ambassade du Royaume de Pays-Bas, l’affaire PPEEA II qui a ébranlé le secteur de l’eau et de l’assainissement au Bénin en 2015, est définitivement conjuguée au passée. Ce lancement intervient après la mise en œuvre du programme Fonds de transition Eau qui a permis d’assurer l’accès à l’eau potable à près de 170.000 personnes dans 21 communes. Juste après, le gouvernement du Bénin a signé avec l’Ambassade du Royaume des Pays-Bas, un accord de coopération pour la mise en œuvre d’un nouveau vaste programme dénommé OmiDelta pour garantir l’accès de tous à l’eau et l’assainissement et assurer une gestion durable des ressources en eau.

Au cours de cette cérémonie qui a connu la participation de toutes les Organisations de la société civile et des acteurs du secteur privé actifs dans le secteur, la directrice de la SNV Bénin-Burkina, Jeannette  de Regt a justifié l’initiative du programme OmiDelta. Soutenant qu’il est inconcevable qu’en 2017, de milliers de personnes vivent encore sans accès à l’eau surtout des petits enfants qui meurent à cause d’un manque de qualité de l’eau, elle s’est réjoui du lancement du fonds ANE qui constitue le 2e guichet de ce programme. « Ce programme vient corriger cette injustice », a-t-elle signalé avant de souligner l’importance de la contribution des Organisations de la société civile (Osc) dans ce secteur vital pour les populations. Appelant tous à baser la collaboration qui doit régner entre la SNV et les OSC sur la confiance, elle a salué la présence du ministre en charge de l’eau, Dona Jean-Claude Houssou qui témoigne de l’engagement du gouvernement pour ce secteur. Pour l’Ambassadeur des Pays-Bas au Bénin, Harry Van Dijk, « partout dans le monde, il est démontré que la gestion de l’eau et les services d’approvisionnement d’eau potable, d’hygiène et d’assainissement atteignent des résultats durableS seulement si les différents acteurs collaborent et assument des responsabilités qui collent bien à leurs missions ». Dans son intervention, il a rappelé également l’importance des Acteurs Non Etatiques (ANE) dans le secteur avant d’indiquer que l’accompagnement du programme de financement néerlandais OmiDelta se fait à travers travers trois instruments : le Fonds Acteurs Etatiques géré par la Caisse Autonome d’Amortissement, le Fonds Acteurs Non-Etatiques géré par la SNV et l’Assistance Technique gérée par le consortium COWI – Royal HASKONINGDHV. Selon l’ambassadeur, ce programme qui vient après le PPEA II et le fonds transitoire, vise essentiellement à travers l’ensemble des trois instruments, à desservir en eau potable  500.000 personnes, à assurer à 1.000.000 de personnes  un accès aux services d’assainissement et de promotion de l’hygiène  et à faire bénéficier à  600.000 personnes d’une meilleure gestion des ressources en eau dans la basse vallée, notamment le delta de l’Ouémé. « Sans vouloir être prétentieux, OmiDelta voudrait aussi promouvoir/contribuer à l’emploi et à la participation des jeunes et des femmes aux décisions », a préciser l’ambassadeur  avant d’insister sur la nécessité de prendre en compte la durabilité des résultats du programme. Il faudra aussi bien gérer les ressources du programme a martelé l’ambassadeur tout en rappelant « les moments durs » que le secteur a connu ces dernières années.  Selon son intervention, cette gouvernance transparente et intègre des ressources recherchée passera par  le renforcement de la coopération entre la société civile et le gouvernement. Pour le gouvernement représenté par le Ministre chargé du secteur de l’eau, le lancement de ce fonds ANE pour les OSC revêt une importance particulière. Car, soutient le Ministre Dona Jean-Claude Houssou, l’accès à l’eau et aux services d’hygiène et d’assainissement est l’un des secteurs prioritaires du Programme d’Actions du Gouvernement (PAG). Arguant que 3 des 45 projets de ce PAG sont consacrés au secteur de l’eau, il a également ajouté que ces projets sont soutenus par des réformes dont la création de l’Agence destinée à la réalisation des ouvrages en milieu rural. Faisant remarquer que la stratégie du programme OmiDelta cadre bien avec celle su gouvernement qui ambitionne d’atteindre l’accès universel à l’eau d’ici 2021, il a indiqué que dans ce contexte, « aucun appui ne sera de trop ». En terminant ces propos, il a recommandé que dans la réalisation des ouvrages, trois choses soient rigoureusement prises en compte : la qualité, l’implication des communautés pour une meilleure appropriation et les compétences qui doivent être au cœur des interventions.

Le ministre en charge de l’eau Jean-Claude Houssou,entouré de l’ambassadeur des Pays-Bas (extrême droite), de la directrice de la SNV et du représentant du ministère du cadre de vie

Au cours de la séance, les participants ont suivi des exposés sur la présentation de OmiDelta Fonds ANE, le cadre logique et de suivi-évaluation, les procédures administratives et financières. Des échanges, on retient que les points d’intérêt des acteurs présents sont relatifs à la cohérence avec les réformes en cours notamment la création de l’Agence, la nécessité d’une synergie avec les Acteurs Etatiques, les informations sur le cadre de suivi, le respect des stratégies nationales dans le secteur, la valorisation des ressources en eau, la sélection des acteurs…A toutes ces préoccupations, le staff technique de la SNV appuyé par le Directeur général de l’eau (DGEau) ont rassuré les uns et les autres quant à la synergie avec tous les acteurs et la complémentarité avec le guichet étatique qui seront recherchées. La séance a pris fin avec la proposition d’un sous-comité constitué des représentants de la SNV, CANEA, DGEau, DNSP, INE, ANCB, PNJEA et du Comité du bassin de l’Ouémé.

 Le fonds ANE en quelques mots

D’un montant de 14.750.000 Euro pour une durée allant de 4 à 5 ans pour la période 2017-2021, le Fonds des Acteurs Non Etatiques (ANE) fait partie des trois guichets du Programme OmiDelta financé par l’Ambassade du Royaume des Pays-Bas au Bénin. Il vise à financer les Organisations de la société civile active dans le secteur de l’eau et l’assainissement afin d’améliorer l’accès, l’utilisation, la qualité et la durabilité des services d’Approvisionnement en Eau Potable, Hygiène et Assainissement (AEPHA). Egalement, ce fonds est destiné à opérationnaliser la Gestion Intégrée des Ressources en Eau (GIRE) et il prend en compte des aspects transversaux tels que le Genre, la jeunesse, les changements climatiques et la promotion de la gouvernance et de l’intégrité dans le secteur de l’eau et de l’assainissement. Ce projet ambitionne d’impacter au moins 150.000 personnes pour la fourniture de services d’eau durables de qualité, au moins 275.000 personnes pour les services d’hygiène et d’assainissement et 300.000 personnes pour la GIRE dans le Delta de l’Ouémé. Il revient aux OSC, ONG, au secteur privé et aux institutions de recherche non gouvernementale, nationale et internationale de soumettre des propositions de projets au financement du fonds. Les thèmes prioritaires sont :  la promotion de l’hygiène et de l’assainissement, l’amélioration du service public de l’eau, l’amélioration de la gestion des eaux usées et excréta, l’amélioration de l’accès à l’eau potable et aux services d’hygiène et d’assainissement (AEPHA) ; la valorisation des ressources en eau, la résilience et l’adaptation de la population aux changements climatiques (GIRE) ; la promotion de la gouvernance dans le secteur AEPHA, la gouvernance des ressources en eau dans le sous-bassin de la Basse Vallée de l’Ouémé.

 

 

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October 9, 2017

Atelier régional des programmes francophones GSF: Vers une meilleure appropriation du cadre de suivi des résultats

Alain TOSSOUNON (Cotonou, Bénin)

L’hôtel Jeco de Dassa-Zoumè a accueilli du 02 au 06 octobre 2017, l’atelier régional qui a réuni tous les programmes nationaux francophones financés par le Fonds mondial pour l’assainissement (GSF) en Afrique. Cette rencontre a permis aux différents pays, de s’approprier le nouveau cadre des résultats et du système de reporting financier pour un meilleur suivi des performances des programmes destinés à l’éradication de la défécation à l’air libre dans leurs zones d’intervention.

 

Les officiels à l’ouverture de l’atelier

En ouvrant les travaux de cet atelier qui a mobilisé des participants venus de Madagascar, du Togo, du Sénégal et du Bénin, le Directeur adjoint de cabinet, Dr Landry Médéssé Yansunnu, a souligné toute l’importance que revêt cette rencontre. Rappelant que les programmes GSF visent essentiellement un changement de comportement en matière d’hygiène et d’assainissement contribuant ainsi à l’atteinte de l’objectif 6.2 des Objectifs de Développement Durables (ODD), il a indiqué que l’atelier répond à un besoin d’information et de documentation pour les acteurs de mise en œuvre des programmes. Ainsi, signale-t-il, l’objectif poursuivi est d’amener les participants à se familiariser avec le nouveau cadre de suivi des résultats du GSF, les directives, les outils et formats de reporting à utiliser à partir de fin 2017. Egalement, l’atelier permettra de former les participants à l’utilisation des nouveaux outils de suivi financier et de résultats et enfin, de permettre d’orienter et de former les autres collaborateurs des Agences d’exécution et de partenaires de mise en œuvre une fois de retour dans leurs pays respectifs. Vu l’importance de la rencontre, le Directeur adjoint de cabinet, a soutenu que les quelques jours que dureront l’atelier, sont très utiles et d’un « grand secours » parce qu’ils permettront, de lever les équivoques et d’avoir des points de convergence. Un avis partagé par  la Chargée de programme Apprentissage et Documentation du GSF, Carolien Van Der Vooden qui a renchérit sur la compréhension mutuelle du contenu du nouveau cadre de suivi des résultats visée par l’organisation de cet atelier.

La photo de famille des participants

Invitant les participants à puiser dans leurs expériences pour mieux s’approprier cette nouvelle boussole, elle s’est réjouie de la tenue de l’atelier qui permettra aux programmes nationaux, de contribuer efficacement à l’atteinte des ODD dans leurs pays. Pour le chef du Programme au Bénin, Yadjidé Adissoda Gbèdo, la rencontre se justifie par le nouveau défi que s’est lancé le GSF à savoir l’atteinte des ODD et particulièrement l’objectif 6.2. Pour elle, c’est visiblement « un autre challenge » que devront relever les différents programmes pays. Relever ce défi revient à mieux maitriser  et à décoder le contenu des documents relatifs au cadre de suivi des résultats et du système de reporting financier. « Je nous invite à fédérer toutes nos expériences de terrain et à s’approprier dans les moindres détails le fond de ces documents », a-t-elle recommandé à tous les participants.

En se félicitant de la tenue de l’atelier au Bénin, elle a souhaité que les participants retiennent à l’esprit durant les travaux, que c’est l’adoption de bonnes pratiques d’hygiène qui est au cœur des interventions des programmes nationaux et du GSF.

Il est important de rappeler  pour le Bénin, que depuis la mise en œuvre le Programme d’amélioration de l’accès à l’Assainissement et des Pratiques d’Hygiène en milieu Rural (PAPHyR) qui est le programme GSF, il y a seulement quinze mois, 1315 localités  ont été déclarées Fin de Défécation à l’Air Libre (FDAL) et pré-certifiées par les services déconcentrés de l’hygiène et de l’assainissement de base.  Ces premiers résultats ont été atteints grâce à l’Approche Assainissement Total Piloté par les Communautés (ATPC ) qui permet d’amener des localités à un état de Fin de Défécation à l’Air Libre (FDAL) en favorisant la construction sans subvention initiale et l’utilisation plus efficace d’installations d’assainissement par les communautés, notamment les latrines hygiéniques.

August 11, 2017

Juste H. Nansi sur les réformes dans le secteur de l’eau au Bénin: « …le PPP est un moyen pour réaliser les services universels et pérennes»

Alain TOSSOUNON (Cotonou/Bénin)

Depuis son installation, le régime du Président Patrice Talon a fait du Partenariat Public Privé (PPP), son modèle privilégié de gestion dans plusieurs secteurs. Comptant sur ce modèle au cœur de la mise en œuvre du Programme d’Actions du Gouvernement (PAG), le gouvernement a fait le pari de réaliser l’accès universel à l’eau d’ici 2021 soit neuf ans avant l’échéance fixée par la communauté internationale pour l’atteinte des Objectifs du Développement Durable (ODD). Face aux interrogations et craintes qu’expriment certains acteurs du monde du secteur de l’eau, nous avons donné la parole à une personne ressource très avertie de la problématique du PPP dans le secteur de l’eau. Expert principal Afrique de l’Ouest et du Centre  à  IRC (International Water and Sanitation Center), Juste NANSI, dans cet entretien, s’est prononcé sur les réformes engagées dans le secteur  par le gouvernement avant de donner son appréciation du PPP qui constitue l’un des moyens en vogue pour accélérer les investissements et améliorer rapidement l’efficacité des services publics.

Juste Hermann NANSI, Expert principal Afrique de l’Ouest et du Centre à IRC

Quelle lecture faites-vous des réformes engagées par le régime actuel dans le secteur de l’eau à savoir la création d’une agence dédiée à la réalisation des ouvrages en milieu rural mais aussi le recours aux PPP comme dans plusieurs secteurs?

Le recours à une agence dédiée me semble être un choix compréhensible du gouvernement béninois, pour répondre aux impératifs de résultats et de célérité. Réformer l’administration publique est un chantier très vaste et très complexe et on peut comprendre qu’il ne faille pas pénaliser les populations qui attendent la fourniture des services le plus tôt que possible. Mon observation est néanmoins qu’on manque de visibilité sur l’avenir de la Direction Générale de l’Eau (DGEAU). Le positionnement de l’agence directement à la présidence de la République est aussi un signal fort et positif de l’importance accordée par l’autorité politique au plus haut niveau à la problématique de l’eau. C’est le souhait de la communauté technique internationale. Néanmoins, il importe de clarifier alors le mandat du Ministère en charge de l’eau avec cette nouvelle configuration. Faisant la synthèse, on peut se demander l’avenir qui est réservé à l’ancien instrument gouvernemental pour l’action publique en matière d’eau. Cela devrait se préciser dans les années à venir.

Pour ce qui concerne le PPP, c’est l’un des moyens en vogue pour accélérer les investissements et améliorer rapidement l’efficacité des services publics. Mais, il faut savoir que ce n’est pas une nouveauté, ni dans les différents secteurs de l’action publique, ni dans le secteur spécifique de l’eau. Plusieurs pays ont expérimenté plusieurs modalités de PPP sur des périodes suffisamment longues pour apprécier l’efficacité et les conditions de succès. Pour ma part, j’observe que le cadre législatif et règlementaire du Bénin mérite d’être mieux étoffé. C’est ce cadre qui définit la gouvernance et la régulation permettant à toutes les parties prenantes, autorités publiques, partenaires au développement, opérateurs privés et citoyens, de collaborer sereinement et de préserver leurs intérêts spécifiques et de respecter par-dessus tout l’intérêt public. Il y a plusieurs manières de procéder. Soit, on commence à construire le cadre le plus complet et le plus robuste possible en s’appuyant sur les expériences des autres et ensuite on exécute, soit on commence à exécuter avec un cadre incomplet ou imparfait et on améliore au fur et à mesure. Les deux options ont leurs avantages et leurs inconvénients. Mais, ce sont les autorités publiques qui en décident et aussi en répondent. Je pense que les autres parties prenantes devraient tous contribuer au mieux, à la réussite des choix des autorités en place tout en restant vigilant sur l’efficacité et l’efficience.

La volonté de réformer du gouvernement répond à un engagement de réaliser l’accès universel à l’eau d’ici 2021 soit neuf ans avant les ODD.  Selon vous, est-ce une bonne décision ?

Bien évidemment, c’est une bonne décision. Tout est possible avec la volonté politique et les moyens (humains, intellectuels technologiques, matériels et financiers). Il suffit de regarder la vitesse fulgurante à laquelle se construit Dubaï pour confirmer que tout est possible.

Seulement, tout dépend aussi de la définition que l’on donne à l’atteinte de l’ODD6. Pour ma part, je n’ai pas encore eu accès à la documentation technique détaillée sur les plans du gouvernement béninois. Il serait indiqué de se conformer aux orientations définies au niveau international. L’idéal visé par les Nations Unies, c’est l’eau potable disponible à tout moment à domicile et sur tous les lieux de vie. Selon les données JMP publiées en 2017, 33% de la population béninoise n’a pas accès à un service basique d’eau potable. Cela représente 3,5 millions de personnes à satisfaire. A cela s’ajoute la croissance démographique de 2,8% par an et les besoins d’investissements pour maintenir la qualité de service pour toute la population déjà couverte (67% soit 7,3 millions de personnes). Il faut enfin compter que l’accès doit être continu et durable, ce qui suppose une exploitation efficace des équipements et systèmes et des solutions pérennes pour les investissements futurs. Il faut se rendre à l’évidence que stabiliser l’accès universel une fois atteint à un coût et que la responsabilité de l’autorité publique est aussi la durabilité. Voilà quelques repères pour appréhender le défi de l’accès universel. Ce qui me semble essentiel et primordial, c’est de ne pas tronquer cette définition de l’accès universel avec des raccourcis simplistes car ce serait contraire à l’intérêt public. Quant à savoir si cela est réaliste et réalisable, je suis de nature ambitieuse et intrépide donc par principe, je souscris à l’engagement des autorités publiques d’accélérer les progrès. Il suffit de s’en donner les moyens.

 

Pour le gouvernement, le PPP apparaît comme la solution miracle pour atteindre l’accès universel. Quand on sait que les expériences de PPP de la Banque Mondiale dans le secteur de l’eau dans certains pays comme le Mali ou le Niger dans le milieu urbain ont montré quelques limites, comment le gouvernement doit s’y prendre pour éviter de faire les mêmes expériences ?

Les solutions ne valent que ce que les hommes qui les conçoivent et les exécutent arrivent à en faire. C’est ainsi que certains peuvent faire des miracles et d’autres peuvent échouer. Le PPP ne doit pas être une fin en soi, mais un moyen pour une finalité : des services universels et pérennes. Il faut donc garder cette claire définition de la finalité et se disposer à ajuster ou changer les moyens pour y parvenir. Les résultats positifs, négatifs ou mitigés des PPP dans le secteur de l’eau sont nombreux. Les causes sont multiples et ne tiennent pas seulement au modèle. De nombreuses publications fiables analysent de nombreuses expériences et devraient inspirer les nouvelles initiatives. Pour ma part, le plus important pour toutes les parties, en particulier les autorités publiques et les citoyens, est de rester vigilant sur la finalité et sur l’efficacité et non d’idéaliser le PPP qui n’est qu’un moyen.

Est-ce que dans un contexte où la communauté internationale appelle à l’effectivité du droit à l’eau et à l’assainissement, le PPP dans le secteur de l’eau permet de garantir à tous les Béninois de l’eau potable à un prix acceptable et de respecter ce droit?

Je ne suis pas de la logique qui oppose systématiquement la présence du secteur privé avec l’accessibilité financière des services publics. La preuve est que des secteurs plus marchands que l’eau, comme la téléphonie mobile, ont pu se démocratiser et s’adapter à toutes les bourses. La question du prix se gère à travers une régulation efficace et transparente, indépendamment du statut juridique de l’opérateur (public ou privé). Mais encore une fois, ma conviction est que c’est la finalité qui doit guider le choix des moyens. Une fois que la finalité est convenue pour la réalisation des droits humains à l’eau et à l’assainissement, il faudrait créer les conditions pour ajuster les moyens (dont le PPP) pour y parvenir. Si les moyens humains, intellectuels technologiques, matériels et financiers, sont effectivement dédiés pour que le PPP assure à tous les Béninois de l’eau potable à un prix acceptable et dans le respect du droit de l’homme, il est bien possible que le gouvernement réussisse son pari.

Quelle doit être la position de la société civile et que doit-elle faire pour défendre le caractère social du secteur de l’eau potable au profit des populations pauvres  dans ce contexte de réformes et de PPP?

Le rôle de la société civile est de veiller à la finalité : la réalisation des droits humains à travers des services de qualité satisfaisante et à un coût abordable dans le respect de l’équité. Elle doit donc être vigilante à tous les détails relatifs au moyen (dont le PPP) qui pourraient compromettre cette finalité.

Pour ma part, les autorités publiques restent libres et responsables du choix des moyens en se disposant à répondre de leur échec ou de leur succès. Leur responsabilité est autant politique que juridique et la société civile devrait veiller à ce que chacun réponde de ses actes en bien ou en mal.

Face aux ODD plus ambitieux que les OMD, comment les Etats doivent-ils s’y prendre pour les intégrer au mieux dans les stratégies de développement pour une mise en œuvre efficace ?

Nos gouvernants doivent prendre leurs responsabilités, être proactifs et en cela, le Bénin est dans la bonne démarche. Nos Etats ont besoin d’être profondément réformés, nos administrations publiques doivent être repensées et nos services publics restructurés. Nous devons oser changer de modèle. Il n’y a plus de compromis à faire sur l’efficacité et l’efficience.

Nos Etats ont néanmoins besoin de faire des choix avertis et bien informés. Il serait regrettable de commettre des erreurs déjà commises par d’autres et bien documentées. Il y a bien de nombreux pays où l’accès à l’eau et à l’assainissement est universel et permanent depuis des décennies. Nous n’avons donc pas besoin de réinventer la roue. Si on s’y prend avec précaution, on devrait trouver la combinaison gagnante pour chaque pays. Au final, il faut de la volonté, de la rigueur, du dynamisme et certainement beaucoup de changements.

Pour vous, en définitive, les PPP sont-ils l’avenir du secteur de l’eau en Afrique ?

Je donnerai au PPP toutes ses chances. Je crois profondément à la valeur ajoutée du secteur privé, mais me garderai d’une conclusion aussi hâtive. Le secteur de l’eau a une obligation de résultat, une obligation d’efficacité et d’efficience. Les autorités publiques ont l’obligation de chercher et de trouver les meilleurs moyens pour parvenir aux résultats convenus. Le PPP peut être un des moyens, mais n’est certainement pas l’unique.

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May 3, 2017

AEP en milieu Rural : Les acteurs du secteur valident la stratégie nationale 2017-2030

Alain TOSSOUNON (Cotonou/Bénin)

Après la Stratégie nationale d’Approvisionnement en Eau potable en milieu rural venue à terme en 2015, un processus a été engagé pour l’élaboration et la validation du nouveau document pour la période 2017-2030. C’était le 27 avril à Azalai Hôtel de Cotonou, en présence de toutes les catégories d’acteurs venus nombreux pour apprécier le document avant de le valider.

Manque d’eau potable dans le village de Pessagou dans la commune de Tanguiéta (Photo DT)

En ouvrant les travaux de cet atelier, le Secrétaire Général du Ministère en charge de l’eau représentant le ministre, Jean-Claude Gbodogbé, a rappelé que la Stratégie Nationale de l’Approvisionnement en Eau Potable en milieu rural est l’instrument de la mise en œuvre de la politique du gouvernement en matière de distribution d’eau potable de la zone rurale. Elle permet, soutient-il, d’orienter son action dans le sous-secteur de l’approvisionnement en eau potable en milieu rural par des principes directeurs.

Après la génération de la Stratégie Nationale de l’Approvisionnement en Eau Potable 2005-2015 basée surtout sur l’atteinte des OMD, il était devenu impérieux pour le Bénin, de se doter d’une nouvelle stratégie pour la période 2017-2030 mais aussi pour relever de nouveaux défis notamment les Objectifs du développement durables dont le cap est fixé pour 2030. Mais plus encore, la définition d’une nouvelle stratégie s’impose pour coller au Programme d’Actions du Gouvernement (PAG) qui prévoit l’accès universel d’ici 2021.

« En dépit des résultats appréciables que sa mise en œuvre a permis d’atteindre en dix ans, elle a montré des limites par rapport au cadre législatif et réglementaire marqué par les lois de décentralisation et la nouvelle loi portant gestion de l’eau en République du Bénin avec leurs décrets d’application et les orientations du nouveau Gouvernement », a-t-il signalé.

En fixant les objectifs de l’atelier, il a indiqué que les défis que la nouvelle stratégie devra relever ont pour noms : l’assistance-conseil, la bonne gouvernance à tous les niveaux et la régulation du secteur en milieu rural.

Intervenant au nom des membres, le président  du Comité ayant dirigé les travaux, a souligné que le présent atelier est l’aboutissement d’un processus qui a démarré en novembre 2016 par l’élaboration de la note méthodologique sur les options stratégiques.  En présentant le document, le Directeur Général de l’eau, Adamou Worou Wara, a indiqué qu’il se fonde sur le diagnostic du secteur d’AEP en milieu rural issu de l’évaluation de la mise en œuvre de la Stratégie 2005-2015, des échanges et rencontres avec les différents acteurs à travers des enquêtes,  la politique nationale de l’eau et la Loi sur la gestion de l’eau. Mais aussi, la nouvelle stratégie intègre les Objectifs de Développement Durable (ODD 6.1 secteur de l’eau et de l’assainissement qui vise l’accès universel à l’eau potable horizon 2030) et la vision du gouvernement du Bénin avec le Programme d’Action Gouvernemental 2017-2021 qui ambitionne l’accès universel à l’eau potable pour toute la population béninoise d’ici 2021.

Mobiliser  566,7 milliards FCFA pour réaliser l’accès universel en 2021

Avec l’objectif d’assurer à toute la population rurale un accès à l’eau potable de façon équitable, durable et de qualité, à un coût abordable, la nouvelle stratégie prévoit un cadre institutionnel  avec un partage de rôles et de responsabilités. Le modèle de fourniture et de gestion du service public de l’eau potable se base sur la maîtrise d’ouvrage communal et la délégation du service a des professionnels spécialisés. Dans ce modèle, le suivi des indicateurs de performance de la fourniture du service se fera en faisant recours aux Technologies d’Information et de Communication (TIC) pour la collecte des données sur la gestion des points d’eau. Ce qui permettra de disposer en temps réel des données d’exploitation et de gestion de la fourniture du service aux usagers. Egalement, dans cette nouvelle stratégie, il est prévu l’utilisation du service d’appui professionnel (SAP) pour mettre en place des systèmes pérennes de production de données exploitables dans les missions de suivi, de régulation et de gestion, et disposer de données régulières et fiables sur l’exploitation technique et financière des réseaux indispensables pour la régulation. En accordant un grand prix au renforcement des capacités des acteurs publics et privés, le cadre stratégique est fondé sur quatre objectifs : assurer l’accès à une source d’eau potable améliorée à toute la population rurale du Bénin, garantir la disponibilité de l’eau potable de façon continue et durable, assurer en permanence la qualité de l’eau de consommation,  garantir la bonne gouvernance du sous-secteur. Le Plan d’Actions élaboré pour atteindre ces objectifs comporte l’accélération de l’investissement pour atteindre en 2021 l’accès universel, la professionnalisation de la gestion des ouvrages à travers une délégation de la gestion, le renforcement de la maitrise d’ouvrage communal et la gouvernance sectorielle.

Au total, pour mettre en œuvre ce plan, il faut mobiliser pour la période 2017- 2030, un montant de 566,7 milliards FCFA soit 344,1 milliards FCFA (68,8 /an) pour la période 2017-2021 afin de répondre à la vision du gouvernement. Un mécanisme de suivi-évaluation est mis en place pour garantir une gestion performante.

Au cours du bouillon d’échanges qui a suivi la présentation, les participants ont recommandé que le bilan de l’ancienne stratégie soit mieux étoffé dans le document. Les échanges ont aussi permis de revenir sur la problématique de la prise en compte dans les statistiques, des postes d’eau autonome privés et de faire le débat sur la méthode de calcul du taux de desserte pour mieux être proche de la réalité. Surtout, les maires ont voulu avoir un éclairage sur la réforme relative à la création de l’Agence de réalisation des ouvrages en milieu rural. Là-dessus, le représentant du Bureau de l’Auditeur Interne, Moïse Houssou,  a martelé qu’avec la réforme, la maîtrise d’ouvrage est toujours une compétence des communes. « La responsabilité demeure à la commune avec le Plan Communal Eau comme outil », soutient-il. Dans son intervention ; il a expliqué que la réforme se justifie par la nécessité de contourner la lourdeur administrative liée à la procédure de passation des marchés publics.

Au terme des échanges, le document a été validé à l’unanimité des participants sous réserve de la prise en compte des observations et recommandations.

 

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April 21, 2017

Réunion de Haut Niveau de Washington: Le Bénin fortement représenté, une première depuis 2012

Alain TOSSOUNON (Bénin)

Les Réunions de Haut Niveau (RHN) du partenariat Assainissement et eau pour tous  (SWA) se sont déroulés à Washington DC, aux États-Unis les 19 et 20 avril 2017. Se tenant en même temps que la réunion des ministres des finances organisée par la Banque mondiale, la réunion des ministres du secteur eau et assainissement offre la possibilité aux participants, de lancer un débat politique, d’échanger sur les enseignements tirés et de rendre des comptes sur les progrès accomplis dans l’amélioration de l’accès à l’assainissement et à l’eau potable pour tous. Absent depuis 2014, le Bénin a été cette fois-ci représenté par les deux ministres en charge respectivement de l’eau et de l’assainissement.

Les deux ministres dans la salle de Réunion de Haut Niveau de Washington

C’est une première depuis 2012. Deux ministres présents à la rencontre de haut niveau de Washington. Une présence saluée par  les acteurs du secteur de l’eau et de l’assainissement qui ont toujours déploré, l’absence remarquable du Bénin à cette haute tribune d’échanges sur les progrès et les défis des pays en matière d’accès durable des populations à l’eau et à l’assainissement.

Initiées depuis 2010, ces réunions ministérielles visent à susciter des prises de conscience parmi les ministres au sujet des défis posés par les cibles EAH (eau, assainissement et hygiène) des Objectifs de Développement Durable (ODD) et les changements nécessaires pour les atteindre, à permettre le suivi et l’apprentissage mutuel au sujet des dispositifs fondamentaux nécessaires pour parvenir à un secteur solide (en ce qui concerne le financement, les institutions, les capacités, la planification et les politiques et stratégies) qui favorise le progrès et l’efficacité du développement afin de mettre fin aux inégalités et de parvenir à un accès universel durable. Aussi, les réunions donnent l’occasion aux ministres et aux hauts représentants de partenaires de développement de discuter des comportements collaboratifs essentiels qui plaident en faveur d’une plus grande efficacité du développement et permettent l’établissement des dispositifs fondamentaux et enfin, d’échanger sur les méthodes pour attirer et utiliser des financements adéquats en amont de la réunion des ministres des finances.

La rencontre de cette année 2017 qui a duré une journée et demie s’est appuyée sur les discussions menées à Addis-Abeba en mars 2016. Les ministres ont ainsi évoqué en particulier les dispositifs fondamentaux nécessaires à la construction de bases solides pour le secteur.

Organisées en présence de hauts représentants des agences de développement et de l’ONU et des dirigeants de la société civile, le secteur privé et les organismes de recherche et d’apprentissage, ces réunions sont une véritable occasion pour les pays de mobiliser des financements pour le secteur.

Ainsi, portée sur l’atteinte des Objectifs de développement durable qui visent d’ici 2030, l’accès universel à l’eau et à l’assainissement, chaque pays a été invité à faire le point des progrès et à prendre des engagements.

Le Bénin vise l’accès universel à l’eau potable d’ici 2021(9 ans plus tôt)

A cette haute tribune, le Ministre de l’Energie, de l’Eau et des Mines, Dona Jean-Claude HOUSSOU, a réitéré l’engagement du gouvernement à réaliser l’accès universel à l’eau potable pour les populations d’ici 2021, soit 9 ans plus tôt avant l’échéance de 2030. Ceci dans un contexte où le taux de desserte en milieu rural est de  67,6% et celui en milieu urbain de 84%. Pour atteindre cet objectif, les besoins de financement sont de 519 milliards FCFA et le gouvernement dit avoir déjà mobilisé et programmé 6.3 milliards FCFA soit un gap de financement de 512.7 milliards FCFA. Au nombre des actions et mesures inscrites dans le Programme d’actions du Gouvernement (PAG) pour atteindre cet objectif, figurent entre autres, la création d’une Agence nationale d’Approvisionnement en Eau Potable en Milieu Rural (ANAEPMR) placée sous la tutelle de la présidence de la République, l’élaboration d’une nouvelle stratégie d’AEP en milieu rural 2017-2030 intégrant les ODD, l’élaboration du Plan Directeur de Développement de AEP en milieu rural (2017-2021). Dans l’une de ces interventions, le ministre Houssou a aussi déclaré que le gouvernement entend ouvrir le secteur aux opérateurs privés surtout en milieu urbain en « revisitant les tarifs ». « Les réformes tarifaires sont incontournables pour qu’il y ait adéquation entre l’investissement apporté et le coût de l’eau », a-t-il soutenu. Son homologue de la santé, Alassane Seidou, a lui vanté l’approche Assainissement Total Piloté par les Communautés (ATPC) au cœur des actions du Programme d’amélioration de l’accès à l’Assainissement et des Pratiques d’Hygiène en milieu Rural (PAPHyR) financé par le Fonds mondial pour l’assainissement (GSF) qui intervient dans cinq départements que sont l’Alibori, l’Atacora, le Borgou, la Donga et les Collines.

Ces rencontres ministérielles sont initiées par l’organisation Assainissement et Eau pour Tous (SWA) qui est un partenariat mondial rassemblant des pouvoirs publics, des organisations du secteur privé et de la société civile, des organismes d’assistance extérieure, des instituts de recherche et d’enseignement et d’autres partenaires du développement issus de plus de 150 pays.

En attendant les résolutions et retombées de la participation remarquable du Bénin à travers ses deux ministres à cette grande rencontre, les acteurs du secteur de l’eau et de l’assainissement ne cachent pas leur satisfaction. Il reste que le gouvernement tienne parole et qu’il s’engage également pour l’accès universel à hygiène et à   l’assainissement.

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March 27, 2017

Accès à l’eau potable : L’urgence de corriger les disparités

Idrissa SANE (Dakar/Sénégal)

Le nombre de personnes qui n’ont pas accès à l’eau potable a diminué à travers le monde. Mais des disparités en termes d’accès persistent. C’est ce qui est ressorti hier, lors de la présentation du rapport sur l’état de l’eau dans le monde en 2017.

L’accès à l’eau potable reste un défi pour les populations au revenu modeste vivant en zone rurale. La persistance des disparités en termes d’accès reste une triste réalité dans plusieurs pays. C’est ce qui apparaît dans le rapport intitulé « Aléas hydrologiques, l’état de l’eau dans le monde 2017 » présenté hier par l’Ong WaterAid. Selon le technicien de cette organisation, Cheikh Tidiane Diallo, certaines personnes sont privées de leur droit en raison de leur statut social, leur ethnie, leur appartenance politique, leur handicap ou encore leur lieu de résidence.

La nouvelle contrainte, c’est le changement climatique qui affecte la disponibilité  de la ressource  avec ces extrêmes comme les inondations et les longues sécheresses. Les premiers événements peuvent polluer la source alors que les seconds augmentent la pression sur la ressource ou accélérer l’évaporation.

L’autre défi à relever, c’est d’inscrire l’accès à l’eau dans l’agenda des priorités des gouvernements. Il est apparu  que l’absence d’une politique de maintenance des ouvrages menace la sécurisation des besoins. « Il est nécessaire de prévoir un budget pour la maintenance et l’entretien pour assurer la sécurisation des services », a recommandé Cheikh Tidiane Diallo.

En réponse à ces incertitudes, cette organisation présente dans plusieurs pays du monde a formulé des recommandations. Il s’agit entre autres de l’augmentation des financements publics et privés alloués à l’Eau, à l’assainissement et à l’hygiène ( Eha), la mise en place d’une approche intégrée en prenant en compte les questions liées à la santé, le suivi des respects des engagements.

Du reste, ces défis n’occultent pas les performances réalisées à travers le monde où le nombre de personne qui n’a pas accès à l’eau potable a chuté au cours de ces 12 dernières années. « Grâce aux efforts communs des populations, des organisations de la société civile, du secteur privé, des agences de développement, et des gouvernements partout à travers la planète, ce chiffre a diminué de presque d’un tiers. Nous avons maintenant atteint le point où 9 personnes sur 10 ont accès à l’eau potable », a souligné la directrice générale de WaterAid, Barbara Frost dans un document remis à la presse.  La directrice régionale de WaterAid, Marème Dème a invité les médias à faire des productions qui amèneront les décideurs à faire de l’accès à l’eau une priorité.

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March 22, 2017

GESTION DES EAUX USEES : La directrice régionale de WaterAid prône le changement de comportement

Par Jacques Ngor SARR- (Dakar-Sénégal) La journée mondiale de l’eau célébrée cette année sous le thème : «Eaux usées et gestion durable de nos plans d’eau», a été l’occasion pour la Directrice régionale de Wateraid Mariame Dem d’insister sur la nécessité d’un changement de comportement pour faire face au besoin d’eau, d’hygiène et d’assainissement.

Lors d’un petit déjeuner de presse organisé ce mercredi dans les locaux de Wateraid, dans le cadre de la journée internationale de l’eau, Mariame Dem a déclaré que le changement de comportement devra être mis en exergue en ce qui concerne la gestion des eaux usées. «Si nous réglons la question de la gestion de l’eau, nous réglerons les questions liées au développement», insiste-t-elle. Saluant les efforts du gouvernement, par rapport à d’autres pays africains, concernant l’accès et la gestion de l’eau, même s’il reconnait que des efforts restent à faire, la Directrice a par la même occasion, souligné l’importance liée à l’information des populations en vue de relever certains défis.

Abondant dans le même sens, le conseiller technique du bureau régional de Wateraid, Tidiane Diallo  a rappelé que l’objectif recherché à travers ce thème est, d’arriver à réduire la production des eaux usées et de trouver des alternatives qui permettront de les traiter et de les réutiliser ensuite.

Monsieur Diallo soutient qu’en termes de priorité et d’investissement, le gouvernement du Sénégal est en train de faire des efforts considérables dans le traitement des eaux usées. Mais note-t-il, « si nous nous référons sur les indices de développements durables, nous constatons que des efforts devront être déployés d’avantages pour maintenir ce qui est acquis. C’est là où apparaît la durabilité des services et des investissements que nous avons consentis. Sur ce, l’Etat doit traiter toutes les couches de la société au même piédestal afin que l’éthique et de l’égalité soient respectés».

Le conseiller technique du bureau régional de wateraid, soutient que : « 80% des eaux que nous utilisons sont transformées en eau usée et sont rejetées dans la nature, polluant l’environnement et appauvrissant les sols. Notre objectif de développement durable est de mettre des dispositifs personnalisées d’infiltration pour pouvoir transformer, stocker et traiter l’eau pour protéger la nappe phréatique avant qu’elle n’arrive dans le sol. Cela permettra de diminuer les maladies telles que le paludisme, le choléra et autres maladies liées aux stagnations de l’eau dans les ruelles et aux manques d’assainissements».

March 16, 2017

Constitutionnalisation des Droits à l’eau et à l’assainissement: Les députés s’engagent  

Alain TOSSOUNON (Bénin) 

Les membres du bureau du Réseau des parlementaires pour l’Eau et l’Assainissement au sein de l’Assemblée Nationale ont eu une rencontre avec le Cadre de Concertation des Acteurs Non Etatiques de l’Eau et de l’Assainissement (CANEA), le 10 mars 2017. Au terme de leurs échanges, le CANEA a promis aider les parlementaires à s’approprier les enjeux et défis du secteur. Quant aux députés, ils se sont engagés à soutenir le plaidoyer  du  CANEA portant sur la constitutionnalisation des Droits à l’eau et a l’Assainissement.

Les députés et les membres du CANEA au cours des échanges

Mis en place le 12 janvier 2017 au palais des gouverneurs à Porto-Novo, le Réseau des parlementaires pour l’Eau et l’Assainissement a entamé les prises de contact avec les acteurs du secteur de l’eau et de l’assainissement. Première étape de cette  tournée, les parlementaires sont venus échanger avec les membres du bureau du Cadre de Concertation des Acteurs  Non Etatiques de l’Eau et de l’Assainissement (CANEA). Très honoré de cette visite d’échanges, le président du CANEA, André ZOGO, s’est réjoui de cette démarche du réseau des parlementaires. Avant tout, il a souligné que le CANEA est une plateforme qui regroupe les Organisations et associations de la société civile qui opèrent dans le secteur de l’eau et de l’assainissement et dont la mission, est de porter la voix des communautés et des populations. Il a ajouté que le CANEA, à travers la veille citoyenne, milite pour l’accès durable et universel à l’eau et à l’assainissement de tous les Béninois. A cet effet, le CANEA  s’est engagé pour la constitutionnalisation des Droits à l’Eau et à l’Assainissement dans le cadre des réformes politiques et institutionnelles annoncées par le nouveau régime. Pour terminer, le président du CANEA a sollicité le soutien du réseau des parlementaires pour faire aboutir ce plaidoyer mais aussi pour davantage, interpeller le gouvernement sur les questions touchant au secteur. « Nous comptons sur vous », a-t-il signalé. En réponse, le Coordonnateur du réseau a dit tout l’engagement des députés membres par rapport au combat pour l’accès de tous à l’eau et à l’assainissement. Indiquant qu’on ne parle pas de la bible à un prête, il a  souligné que cette rencontre vise à solliciter l’appui du CANEA pour des informations et des conseils pour un engagement efficace des parlementaires. Sur le plaidoyer du CANEA pour la constitutionnalisation des Droits à l’Eau et à l’Assainissement, le Coordonnateur du réseau, le député Léon F. Degny a rassuré le CANEA du soutien des membres et au-delà de tous les députés. « Tous les députés se sentent concernés par les questions d’eau et d’assainissement », a-t-il soutenu avant d’indiquer qu’à l’annonce de la création de ce réseau, plusieurs députés ont spontanément adhéré. Ainsi, il signale que dans le réseau, on retrouve des présidents de commissions et des députés qui ont une longue expérience parlementaire  comme le député, Idji Kolawolé et ceux qui se sont illustrés par des interpellations au gouvernement comme le député Eric Houndété et bien d’autres.

Des échanges édifiants

                         Photo de famille après la séance

Les échanges se sont poursuivis avec la présentation du Plan de Travail annuel du réseau aux membres du bureau du CANEA. Soutenant que les activités du réseau sont pertinentes pour faire avancer le secteur, le Coordonnateur du Wsscc, Félix Adégnika, a rassuré les parlementaires de la disponibilité des membres du CANEA à partager les informations sur  les enjeux du secteur pour permettre aux députés de jouer leur partition. Car, indique-t-il, les enjeux sont nombreux. En dehors de la constitutionnalisation des Droits à l’eau et à l’assainissement, il a évoqué les réformes en cours du gouvernement et surtout la situation du sous-secteur de l’hygiène et de l’assainissement qui reste encore le parent-pauvre.  Très avertie des  questions de l’eau et de l’assainissement, le député Mme Abiba Dafia Ouassangari, a salué le combat du CANEA avant de soutenir une fois encore, le plaidoyer sur les DEA. Car, selon elle, si on constitutionnalise les DEA, tous les présidents qui viendront à la tête de l’Etat seront dans l’obligation de faire de l’eau et de l’assainissement une priorité. « Le réseau constitue un lobbying, l’essentiel est que nous soyons informés », a indiqué le député Jérémie Adomahou. Evoquant la question de l’hygiène et de l’assainissement, il a signifié que c’est avant tout un problème institutionnel. Tout en soutenant comme ses collègues que l’eau et l’assainissement préoccupent tous les députés, il a conclu que  « c’est un combat commun ». Une rencontre d’informations des membres du réseau et des députés est envisagée pour favoriser une appropriation des enjeux et défis du secteur et permettre aux députés de commencer leur « combat ». L’alliance entre le Réseau des parlementaires pour l’eau et l’assainissement et le Cadre de concertation des acteurs non Etatiques de l’Eau et de l’Assainissement est désormais scellée pour une veille citoyenne plus efficace dans le combat pour l’accès à l’eau et l’assainissement pour tous au Bénin.

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February 27, 2017

Comprehensive 2017 Freetown Dry Season Water Supply Backup Plan launched

by Mustapha Sesay

mustaphasesay25@yahoo.com

A comprehensive plan to address the water shortages experienced by Freetown’s citizens during the dry season, has been prepared by the Ministry of Water Resources (MWR) and the Guma Valley Water Company (GVWC), in collaboration with the UNDP, DFID, and UNICEF.

The Minister of Water Resources, Momodu Maligi announced the 2017 Freetown Dry Season Water Supply Backup Plan at Baoma in Goderich on 31st January 2016, during a ceremony to hand over the community’s new solar-powered borehole.  The solar-powered borehole is one of twenty-two around Freetown, that are being fast-tracked as part of the plan.

Speaking at the launch, the Minister thanked stakeholders such as development partners, the Ministry of Finance and Economic Development, the Sierra Leone Water Company, the President’s Delivery Team, Strategy and Policy Unit, Freetown WASH Consortium and all of Freetown’s councillors and community stakeholders for being part of the planning process.

He outlined the complex causes of the city’s water shortages saying.  “The Guma Dam is the source of 98% of Freetown’s water.  It is backed up by other smaller sources – Allen Town, White Water, Blue Water and Babadorie.  Freetown’s dilapidated water supply infrastructure and the severe environmental degradation of crucial water catchment zones around dams like Guma Valley and Babadorie, mean that current water supply cannot reliably meet the needs of Freetown’s rapidly expanding population.  Added to this is the widespread practice of cutting water pipes or ‘created leaks’ which allows an estimate of 40% of the water supplied by Guma Valley to be wasted.”

He assured the audience of the Government’s commitment to ensuring safe water for Freetown’s population.  “We are fully conscious of the responsibility we bear to Freetown and its people.  We are fully conscious of the social and economic impact of the dry season on households in the city.  The key focus of the Dry Season Water Supply Backup Plan is to ensure a coherent and integrated response that mitigates these. If all the men and women of Freetown work with us to make this plan a success, the measures we have put in place will support us through this challenging period.”

The 2017 Freetown Dry Season Water Supply Backup Plan was developed as part of the President’s Recovery Priorities process.  Learning from the experience of previous dry seasons, MOWR and GVWC started planning in September last year, to ensure that regular access to safe water around Freetown would be maintained.

The plan entails implementation of a robust water rationing schedule to ensure that water supplied through the network is equitably distributed around the city.  Additional water sources include the construction of twenty-two new boreholes in areas like Gloucester, Leicester, Old Wharf, Calaba Town, Allen Town, Wellington and Kissy.  These complement a programme of rehabilitating 20 existing boreholes, and the construction of four industrial boreholes in Babadorie, Brookfields and Kissy. Communities not connected to the GVWC network will be kept supplied with water by bowsers. To reduce the significant water loss resulting from ‘created leaks’ or pipe cutting, dedicated rapid response teams have been established to monitor and repair leaking pipes quickly and efficiently along the ten zones in Freetown, and a freephone number – 246 – set up to allow the public to report any concerns.

Mr Bankole Mansaray, General Manager of Guma Valley Water Company, stressed the need for consumers to pay for their water supply to enhance the sustainability of the service.  “Water rates generate funds that support the operation and maintenance of our water system.  Our city’s ability to reliably and safely meet its water demands is directly related to investment in water infrastructure and ability to fund adequate repair, rehabilitation, and replacement of infrastructure assets.  Currently our water rates are among the lowest in West Africa.  They are and have, for many years, been insufficient to meet the necessary repairs and upgrades to our water system.  Water is free, but the supply of it is not.  This is an important concept we all have to accept.”

WATER TREATMENT PLANT AT HILL STATIONThe Backup Plan is designed to link with longer term solutions identified under the President’s Recovery Priorities which address infrastructural needs and institutional strengthening.

February 27, 2017

US$ 13 Million OPEC Fund loan signed …3 Towns Water Projects

by Mustapha Sesay

In an effort to further provide improved access to adequate, safe and reliable water supply and public sanitation services in the country, Sierra Leone Ambassador to the Federal Republic of Germany, H.E. Jongopie S. Stevens has, on behalf of the Government and people of Sierra Leone, signed a loan agreement with the OPEC Fund for International Development (OFID) in Vienna, Austria on Wednesday 22 February 2017.

The OFID loan of US$13 Million is an additional funding to a three towns water supply and sanitation project in Bo, Kenema and Makeni with the African Development Bank and was co-financed by OFID in 2011.

Despite its broad objectives coupled with recent setbacks in the country, Ambassador Stevens said the initially approved project has since been completed, adding that, even though the project achieved an output of 184 km of distribution network, there are still large areas of the three cities that are not covered.

“The population of the three cities is now about 550,000, an increase of nearly 180,000 people,” he noted and further emphasized the need for an extension of the facilities hence the additional financing of US$13Million as supplementary funds to the project, to cover additional activities targeting areas that were not included initially.

Shortly after the signing ceremony, OFID Director-General, Mr. Suleiman J. AI-Herbish, renewed his organization’s interest in further strengthening cooperation with Sierra Leone. He said access to adequate, safe and reliable water supply and public sanitation services in the three towns of Bo, Kenema and Makeni will contribute to improved sanitation in schools, health centers and other public places.

“It is estimated that thousands of people living in these areas would benefit from the completed project,” he affirmed.

Since the cooperation between Sierra Leone and OFID started in 1976, the latter has extended eighteen loans to Sierra Leone. The total value has reached USD 150 million. The approved loans supported education, energy, transport, water supply and sanitation sectors.

OFID had also contributed to the reduction of Sierra Leone’s debt under the HIPC Initiative, thereby allowing the release of funds for the development of vital social sector projects. The country has also benefited from OFID Grants aimed at both Regional and National Programs.

 

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Sierra Leone Ambassador to the Federal Republic of Germany, H.E. Jongopie S. Stevens  signes a loan agreement with the OPEC Fund for International Development (OFID) in Vienna, Austria

February 27, 2017

WATER CRISIS- PARLIAMENT DISCUSSES THREE WATER BILLS

By Mustapha Sesay

Sierra Leone

The Parliamentary Committee on Water Resources has been discussing three significant water bills, aimed at adequate provision and supply of clean water for the people of Sierra Leone.

The Pre-legislative engagement attracted international partners in the water sector, Members of Parliament, officials from the Ministry of Water Resources, including its agencies and stakeholders working on the improvement of the water sector in the country. The meeting adequately discussed the merits and demerits, through presentations by experts so as to better prepare Members of Parliament to make an informed decision during their impending debate before the three water bills are eventually passed into law.

The three bills are the Sierra Leone Water Company Act of 2017, the Guma Valley Water Company Act 2017 and the National Water Resources Management Act 2017, all aimed at providing for the efficient management and the use of the country’s water resources.

The three bills as presented were appreciated by MPs, who promised to give them considerable thought and attention for enactment.

The Chairman of the Parliamentary Committee on Water Resources, Hon. Sualiho M. Koroma commended the Ministry of Water Resources and its agencies for putting the necessary documents in place, with the view of addressing the challenging issues plaguing the management of the country’s water resources.

He promised to collaborate with agencies that are working in the sector, whose primary objective is to clear its current bottlenecks.

The Deputy Majority Leader, Hon. Leonard Fofanah and the Minority Leader of Parliament, Hon. Dr. Bernadette Lahai, welcomed the initiative of the Ministry in its transformational drive to reform the management of the water sector.  The Minister of Water Resources, Momodu  Maligi, earlier  outlined the advantages these bills will bring to the economy of the country.

water-billsparliament Discusses Water Bills

December 2, 2016

Fin du 7e RWSN d’Abidjan: Les experts engagés pour une eau pour tous pour le monde rural

Alain TOSSOUNON (Abidjan/RWSN)

Les rideaux sont tombés ce jour jeudi 2 décembre sur le Forum international sur l’accès à l’eau en milieu rural (RWSN). Au cours de la cérémonie qui marque officiellement la fin des travaux de cette plateforme des experts de l’eau en milieu rural, les participants ont renouvelé leur engagement à relever les défis et lever les obstacles afin de permettre aux communautés des zones rurales, de disposer de l’eau potable sans exclusion.

ne vue partielle des participants à la cérémonie de clôture

Une vue partielle des participants à la cérémonie de clôture

Avant les interventions de fin des retrouvailles de cette grande famille des experts venus de partout dans le monde pour défendre la cause des personnes défavorisées, les participants ont eu droit à une synthèse des travaux suivie de vibrants témoignages. Pour tous ceux qui étaient à la première édition, il y a trente ans, les temps ont beaucoup changé. Parce que, tout simplement, les défis ne sont plus les mêmes. Alors qu’hier, on ne parlait que de la gestion communautaire, aujourd’hui plusieurs thématiques sont désormais à l’ordre du jour. Au nombre de ces thématiques, on peut citer le Partenariat-public-privé (Ppp), le suivi dans la gestion, la responsabilité des collectivités locales, l’utilisation des TIC et les droits humains. Ainsi, de plus en plus, on est convaincu que « sans le respect des droits à l’eau et à l’assainissement, on ne peut atteindre l’Odd6 ». En faisant la synthèse des trois jours de travaux, tous les participants ont été invités à réfléchir sur des questions clés qui constituent les défis majeurs à relever pour une eau pour tous en milieu rural. En premier, il s’agit de desservir tout le monde. Car, dans la recherche de l’accès universel, personne ne doit être oubliée. Si de progrès ont été accomplis ces dernières années, il reste que les politiques et stratégies mises en place doivent toucher toutes les communautés sans exclusion. Le deuxième défi est l’amélioration de la qualité du service. Parce qu’il faut faire en sorte que l’eau soit disponible dans les ménages et non plus seulement dans la localité afin d’éviter aux populations la corvée d’eau. L’autre défi majeur est celui de la durabilité. Et aujourd’hui, la durabilité ne doit plus être un slogan mais une action qui doit amener à rechercher des solutions efficaces pour assurer la pérennité du service. Enfin, la question des données fiables doit être au cœur des interventions. Leur disponibilité est importante pour prendre les bonnes décisions. Elles favorisent également le suivi et l’évaluation efficace des coûts.
Au total, le 7e RWSN aura été une occasion de mettre en débat les problématiques émergentes auxquelles sont confrontés les acteurs et experts qui travaillent pour l’approvisionnement en eau au profit des communautés du monde rural. Le principal message qui en ressort, est que toutes les approches et expériences réussies doivent contribuer à rendre professionnelle la gestion du secteur et améliorer la qualité du service. Des questions comme les changements climatiques et la qualité de l’eau ne doivent pas être négligées.
Face à la passion et à l’engagement de tous les participants, la Directrice du Secrétariat exécutif du réseau des experts, Dr Kerstin Danert, a indiqué que pour l’avenir, le réseau doit s’ouvrir à d’autres membres et aux nouvelles solutions. « Le voyage pour la recherche des meilleures approches et pratiques doit continuer », a-t-elle souligné. En clôturant le forum, le représentant du ministre des infrastructures économiques, Berté Ibrahima, a félicité tous les participants pour les fructueux échanges. Il a signalé que pour la Côte d’Ivoire, le forum a été une véritable opportunité d’apprentissage sur les approches innovantes et réussies qui lui permettront, d’affiner sa politique et ses stratégies pour rendre davantage professionnelle le secteur pour le bonheur des populations du monde rural.
Le forum qui se poursuit vendredi 2 décembre avec les visites de terrain et quelques sessions, a pris fin sur une note d’espoir qu’un monde rural dans lequel toutes les populations ont accès à l’eau potable est possible.

December 1, 2016

Petites villes et villes périurbaines: Quels modes de gestion efficace du service de l’eau ?

Alain TOSSOUNON (Abidjan/RWSN)

Dans les petites villes et les villes situées en milieu périurbain, les modes de gestion du service de l’eau utilisés jusque-là ont montré leurs limites. Au 7e forum international pour  l’accès à l’eau des populations du monde rural (RWSN), plusieurs approches aux résultats satisfaisants prouvent toute leur efficacité. 

De la gestion déléguée du s

Ouvrage réalisé dans un village de la commune rurale de Torodi (Niger) Photo: I.M

Ouvrage réalisé dans un village de la commune rurale de Torodi (Niger) Photo: I.M

ervice au co-financement avec un opérateur privé ou encore la gestion par des sociétés provinciales publiques, plusieurs modes de gestion se révèlent efficaces pour relever le défi de l’approvisionnement en eau des populations des petites villes ou villes périurbaines.

En Haïti où l’expérience de la gestion communautaire a été un échec dans les villes de petite taille (0 à 10.000 habitants) dans les années 1980, on est passé à la professionnalisation de la gestion du service. Sur la base d’un contrat qui lie la commune, l’opérateur privé et les usagers,  on assiste à une délégation de la gestion du service avec l’introduction du paiement de l’eau au volume. Si dans une telle approche, trouver des opérateurs privés compétents ou faire payer l’eau aux usagers restent des défis, la continuité du service est assuré avec efficacité. Dans le cas du Niger qui a été présenté par Idrissa Moussa de la fondation Swissaid, c’est l’expérience d’un système multi-villages qui est en marche.

En effet, dans ce pays où en 2015, le taux de desserte est encore de 50%, le recours au contrat d’affermage s’est avéré nécessaire. Dans cette approche de Partenariat-Public-Privé (PPP), il revient à l’opérateur privé d’assurer l’entretien et la maintenance des ouvrages. Au nombre des résultats de ce dispositif, on retient une réduction des charges de gestion au niveau de la commune et surtout, la baisse du taux de panne à 3,16%. Mais, comme dans le cas de Haïti, les défis de cette approche restent la faible capacité de certains délégataires, le respect des engagements contractuels et la réticence de poches de populations à accepter la gestion déléguée.

Contrairement à ces deux approches fondées sur le Partenariat-public-privé (Ppp) dans lequel l’opérateur ne participe pas à l’investissement, dans le cas de l’expérience de Madagascar, le privé participe au financement de la construction de l’ouvrage.  Appelé « investisseur-gestionnaire », l’opérateur privé participe à hauteur de 15% pendant que le projet d’appui apporte 85% du financement. Dans ce dispositif, Hertiana Alain R. de Helvetas swiss a indiqué que le partage de responsabilités est établi à travers une charte multiacteurs qui engage la commune qui fixe le prix de l’eau et les normes de construction de l’ouvrage, le privé qui gère et assure l’entretien et la maintenance de l’ouvrage, les usagers et le projet d’appui. S’il est important de rappeler que l’assurance de la rentabilité commerciale est exigée pour entreprendre une telle approche, l’investisseur-gestionnaire ne peut disposer d’une marge bénéficiaire qu’à partir de la 5e année de l’opération. Ainsi, pour cette aventure, il faut absolument que le privé ose investir et que les clients soient actifs et prêts à payer le service. Ailleurs au Vietnam où le secteur privé n’est pas trop développé, c’est une approche de marketing social qui est testée pour rendre efficace la gestion du service par des sociétés publiques installées au niveau provincial. Grâce à cette approche qui permet de travailler à la fois sur l’offre et la demande, 150.000 clients sont desservis par ces sociétés provinciales de distribution d’eau. La vente de l’eau est améliorée et le taux de branchement au réseau est passé de 43% à 102% de 2013 à 2016.

Au total, le Partenariat-public-privé (Ppp) apparaît de plus en plus comme un recours pour améliorer le service de l’eau aux populations des villes de petite taille ou des villes situées en milieu périurbain. Mais, la gestion par le public peut s’avérer efficace grâce à un marketing social qui permet d’agir à la fois sur la clientèle et le personnel.

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December 1, 2016

Gestion communautaire de l’eau: L’analyse financière et l’autonomisation des communautés comme clés de réussite

Alain TOSSOUNON (Abidjan/RWSN)

Dans plusieurs pays, la gestion communautaire de l’eau connaît des fortunes diverses. Pourtant, pour assurer la continuité du service, on ne peut se passer des communautés dont l’implication est indispensable pour garantir la durabilité du service.

Autonomiser les communautés pour rendre efficace la gestion du service

Autonomiser les communautés pour rendre efficace la gestion du service

Dans la session consacrée au travail avec les organisations communautaires,  plusieurs approches qui font école ont été présentées pour une gestion communautaire de l’eau plus efficace. La première approche est fondée sur l’analyse financière. Elle consiste avant toute chose, à identifier les différents coûts relatifs à la gestion de l’ouvrage: l’investissement, le fonctionnement, le suivi. Une fois les coûts estimés, il s’agit d’apprécier la capacité des communautés à faire face à chaque type de coûts. Dans tous les cas, il n’est pas recommandé de mettre en service une infrastructure si les communautés ne peuvent pas supporter les coûts liés au fonctionnement indispensables pour assurer la continuité du service. En règle générale, les ONG mènent des enquêtes préliminaires dont les données se révèlent insuffisantes pour apprécier cette capacité des communautés à faire face aux différents coûts alors que cela est nécessaire. Dans des pays fragiles comme la République Démocratique du Congo (RDC), la prise en compte des coûts relatifs au suivi est encore plus importante. C’est pourquoi, lorsque les communautés sont assez pauvres pour supporter les coûts, on peut faire recours aux Activités Génératrices de Revenus (AGR) pour leur permettre de disposer de ressources pour supporter les coûts d’entretien et de fonctionnement des équipements.

L’automisation des communautés, un gage de pérennisation du service

Avec l’approche basée sur la co-production institutionnelle présentée par Astor Suominen de Ramboll et expérimentée en Ethiopie, les communautés sont au cœur du dispositif institutionnel. « Nous devons toujours écouter les communautés. Elles doivent toujours avoir leur mot à dire », a-t-il martelé.

En effet, cette approche fait des communautés, les artisans de leur propre destin en matière de gestion des points d’eau. Car, la responsabilité de la gestion des fonds leur est confiée totalement pendant que les collectivités locales jouent un rôle de facilitation. Une telle approche, en plus du fait qu’elle met les communautés au centre du dispositif, favorise la reddition des comptes et les audits publics. Les assemblées de village permettent aux communautés de suivre au quotidien la gestion de leur point d’eau et les fonds générées par la vente de l’eau sont versées dans un compte ouvert dans les banques primaires ou structures de microfinance présentes dans les villages.  Chaque citoyen exerce alors  son droit de regard sur la gestion faite du point d’eau. Si cette approche permet d’avoir un fort taux de fonctionnalité des ouvrages, elle favorise aussi le renforcement de la démocratie locale.

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December 1, 2016

Pompes manuelles : BluePump et LifePump, deux innovations aux atouts séduisants

Alain TOSSOUNON (Abidjan/Forum RWSN)

Face aux problèmes que connaissent les pompes manuelles traditionnellement connues et répandues, des chercheurs ont tenté avec succès de trouver des solutions. Aujourd’hui, deux nouveaux types de pompes révélés au 7e RWSN présentant de nombreux atouts font leur apparition.

La pompe Livepump, une réponse à la corrosion

La pompe Livepump, une réponse à la corrosion

Dans plusieurs pays, l’utilisation des pompes manuelles connues sur le marché connaît des limites. Avec India Mk II, Afridev ou d’autres types de pompes, dans certaines régions, de nouveaux défis sont apparus ces dernières années. Au nombre de ces défis, on peut citer la corrosion avec des PH parfois elevés par rapport à la norme. Cette situation peut avoir des conséquences énormes parce qu’elle peut conduire à la perte des investissements. Si des solutions ont été trouvées pour relever ce défi en ce qui concerne les forages dont la profondeur n’excède pas 45m (avec l’utilisation des matières plastiques), au-delà, à cette étape de la technologie, rien n’était possible.
Mais, c’est sans compter avec les avancées de la recherche. Aujourd’hui, avec les résultats de l’évaluation de la BluePump développée par la Fondation Fairwater, présentés par Tim Foster de l’Université de Sydney, le monde des acteurs de l’eau peut se réjouir. Expérimentée dans 11 pays d’Afrique, la BluePump à tube PVC constitue une réponse à la corrosion qui était jusque-là, une difficulté majeure. Sur les 142 pompes inspectées, l’étude comparative a montré que les 72 BluePump présentaient les meilleurs résultats sur les aspects techniques, la perception des populations utilisatrices…Avec les résultats publiés cette semaine, on retient surtout que la marque BluePump obtient le taux de fonctionnalité le plus fort avec 67% alors que India MKII recueille 61%, le niveau de satisfaction des populations est de 97% et les communautés avouent avoir une facilité pour son utilisation. Avec ces résultats, la BluePump apparaît comme celle ayant une technologie « robuste ». C’est aussi le cas de LifePump qui est une nouvelle pompe apparue sur le terrain depuis trois ans.
Sortie par Design Outreach, LifePump est aussi une technologie innovante parce qu’elle est une pompe solide qui peut aller à une profondeur de plus de 100 m. Elle présente également des caractéristiques très intéressantes en matière d’acceptabilité, de capacité ou de durabilité. L’étude commanditée par World Vision au Malawi a prouvé les bons résultats. Les évaluateurs indépendants ont au terme de leurs travaux, concluent que LifePump ne présentant aucun signe d’usure après 30 mois d’utilisation quotidienne.

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November 30, 2016

7e Forum du RWSN: Assurer l’eau pour tous aux communautés du monde rural

Alain TOSSOUNON (Abidjan)

La ville d’Abidjan en Côte d’Ivoire accueille du 29 novembre au 2 décembre 2016, le 7e forum international sur l’accès à l’eau potable en milieu rural (RWSN). Une véritable occasion de rencontre pour l’ensemble des experts et acteurs qui travaillent dans le secteur pour construire un monde où toutes les populations rurales ont accès à des sources fiables et durables d’approvisionnement en eau. C’est le premier ministre du gouvernement de la Côte d’ivoire, Daniel Kablan Duncan, qui a ouvert les travaux de ce forum de l’espoir pour les communautés qui vivent encore dans l’angoisse de la soif.

Une pénurie d'eau à Boribansifa dans une localité au nord du Bénin

Une pénurie d’eau à Boribansifa dans une localité au nord du Bénin

Comment permettre à 663 millions de personnes dont 80% d’entre elles vivent dans les zones rurales, d’avoir accès à des sources d’eau potable de qualité. C’est le grand défi que s’engagent à relever près de 650 participants venus de tous les horizons pour participer à ce forum qui se tient cinq ans après celui de l’Ouganda en 2011.
En effet, le forum vise selon la Directrice du secrétariat du Rural Water Supply Network (RWSN), Dr Kerstin Danerk, à « s’assurer que tous les services d’approvisionnement en eau soient plus efficaces afin de fournir une eau potable, en quantité suffisante, à un prix abordable et à une distance raisonnable du domicile des usagers ». A la cérémonie d’ouverture des travaux, Dr Kerstin Danerk, a indiqué que le forum qui existe depuis 1982 est une plateforme qui comprend plus de 9000 membres dans le monde. « Nous sommes ici parce que nous voulons que chaque individu sur la planète ait accès à l’eau potable et que les droits humains à l’eau et à l’assainissement soient respectés », a-t-elle soutenu. Pour le chef de file des Partenaires Techniques et Financiers qui soutiennent le gouvernement de Côte d’Ivoire dans le secteur de l’eau, le 1er responsable pays de l’UNICEF, Aboubakar Kampo, le choix du thème du forum « L’eau pour tous » s’inscrit dans l’engagement international lié à l’Objectif de développement durable (ODD)6 relatif à l’accès universel à l’eau pour les populations. Surtout, il a indiqué que « si nous voulons atteindre cet objectif, il faut faire les choses différemment ». C’est ce que pense aussi le ministre d’Etat éthiopien de l’eau, qui dans son intervention, a salué l’initiative de ce forum qui offre une excellente occasion d’échanges sur la situation des populations du monde rural.

Les officiels à la cérémonie d'ouverture des travaux

Les officiels à la cérémonie d’ouverture des travaux

Promouvoir des approches innovantes et des technologies adaptées au monde rural
En ouvrant officiellement les travaux, le premier ministre du gouvernement de la Côte d’Ivoire, Daniel Kablan Dunclan, s’est félicité du choix de son pays pour abriter le forum. Car, la Côte d’Ivoire est le premier pays africain francophone qui accueille ce rendez-vous dédié exclusivement aux problématiques de l’accès à l’eau des populations du monde rural. Pour ce faire, il a signalé que les attentes sont grandes. Ainsi, pour lui, ce forum devrait contribuer à « promouvoir des approches innovantes, capitaliser les technologies à faible coût et accessibles aux ménages du monde rural ». A terme, le forum devrait permettre à la Côte d’Ivoire de relever le défi de l’accès à l’eau des populations rurales. Car, si 82 % des populations de son pays ont accès à l’eau potable, 49,2% des populations vivant en milieu rural n’ont pas accès au liquide précieux. Et cela, malgré un investissement de 200 milliards de francs CFA dans l’hydraulique urbaine ainsi que des programmes d’urgence ayant permis de réhabiliter près de 17000 points d’eau en milieu rural.
La première journée a été consacrée aux sessions portant entre autres, sur les modèles économiques pour un approvisionnement en eau rural durable, le développement des services et technologies à grande échelle, les forages et puits creusés manuellement, expériences locales de suivi-évaluation des services…

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November 11, 2016

« Quand les autorités politiques ont une bonne compréhension de votre plaidoyer, vous avez toutes les chances de réussir », dixit Célestin Pouya

La constitutionnalisation des Droits à l’eau et à l’assainissement constitue le cheval de bataille de la société civile béninoise active dans le secteur de l’eau et de l’assainissement. Mais, avant elle, sa sœur voisine du Burkina-Faso a réussi le pari. Dans cet entretien, le Chef  du département Plaidoyer et campagne à Wateraid Burkina-Faso, Célestin Pouya nous confie les secrets de la réussite de ce combat mené pour la reconnaissance des Droits  à l’Eau et à l’Assainissement comme droits fondamentaux.

Célestin Pouya, Chef  du département Plaidoyer et campagne à Wateraid Burkina-Faso

Célestin Pouya, Chef du département Plaidoyer à WaterAid Burkina-Faso

Quels ont été les temps forts du plaidoyer réussi que vous avez mené pour la prise en compte des droits à l’eau et à l’assainissement dans la constitution du Burkina-Faso en 2015?

C’est effectif. Nous avons réussi à faire inscrire les Droits à l’eau et à l’assainissement dans la constitution du Burkina-Faso exactement le 5 novembre 2015. C’est un processus de longue haleine. Il y a eu dans un premier temps une mobilisation générale de toute la société civile à travers le secrétariat permanent des ONG et associations du Burkina-Faso.  Toutes les ONG individuellement faisait le plaidoyer chacun à son niveau. Et après, on s’est retrouvé au sein du SPONG, l’association faîtière pour analyser les engagements et voir comment on peut faire un exercice d’analyse des engagements au niveau national et international. Et, on s’est rendu compte que depuis 2010, le Burkina-Faso avait signé et ratifié la reconnaissance des Droits à l’Eau et à l’Assainissement. Au niveau national, l’Etat s’est engagé au cours du forum national sur le secteur eau et assainissement pour l’approche basée sur les droits. C’est l’ensemble de ces points que nous avons retenu pour bâtir notre argumentaire pour aller faire le plaidoyer. La première étape a été de d’organiser une rencontre d’interpellation avec les ministres de l’eau, celui des affaires sociales, des finances, celui des femmes et du genre, et celui de l’éducation qui ont accepté de nous rencontrer au siège de SPONG. Ensuite, nous avons été à l’Assemblée nationale pour solliciter l’engagement du président de l’Assemblée nationale. Au cours de la 2e phase, nous avons organisé un lobbying et une séance de renforcement des capacités des acteurs ministériels. Parce que, nous nous sommes rendu compte que les gens ne font pas exprès. Ils ne savent pas ce qu’on gagne en constitutionnalisant les Droits à l’Eau et à l’Assainissement.

Selon vous, le secret de la réussite c’est de pouvoir convaincre les autorités politiques de la pertinence de cette constitutionnalisation ?

Oui. Car, parfois au niveau de a société civile, nous préjugeons que les acteurs politiques comprennent les choses comme nous. Ce n’est pas évident. C’est pourquoi nous sommes passé d’un plaidoyer  « contre » et agressif à un plaidoyer « avec » qui passe par un renforcement de capacités. Ce travail a permis de sortir les évidences et d’élaborer un argumentaire que nous avons adressé aux autorités et institutions concernées notamment l’Assemblée nationale, le ministère de la justice avec qui nous étions en partenariat, les ministères sectoriels, la présidence et tous les partis politiques qui étaient engagés dans les élections présidentielles. Quand les gens ont une bonne compréhension de votre plaidoyer et que leurs capacités sont renforcées, vous avez la chance de réussir. La preuve est que le parlement nous a demandé si nous pouvons faire une proposition d’article. Et en définitive, c’est notre proposition qui est aujourd’hui retenue dans la constitution.

Le président Kaborél a été favorable à votre plaidoyer et a promis de faire de l’eau et de l’assainissement, une priorité dans son programme de gouvernement. Comment faites-vous le suivi ?

Pour un meilleur suivi, il faut avant tout s’assurer que les engagements pris correspondent aux besoins réels des populations. Si le président prend des engagements qui ne sont pas les préoccupations des populations, vous passez à côté de votre combat,. C’est pourquoi, nous avons assisté les politiques à élaborer des documents de programme en phase avec les attentes des populations. Après l’installation du président Kaboré, dès le 3e mois nous avons mis en place un outil qu’on appelle le « présimètre » avec l’ensemble des OSC chargées du suivi des politiques. Ensemble, nous avons pris les engagements de la campagne électorale, et nous les avons traduits en objectifs et actions à mettre en œuvre. Ensuite, nous sommes allés interroger les citoyens pour demander qu’après 3 mois de gestion du nouveau pouvoir, quel est leur niveau de confiance. Nous étions conscients que seulement trois mois après l’installation, il n’y avait pas d’actions concrètes mais on pouvait mesurer le niveau de confiance. Ce que nous avons fait. Enfin,  Il y a eu un débat télévisé ou nous avons invité le président de la République qui était face aux citoyens. Le président n’était pas tout à fait d’accord avec nous parce qu’il n’avait pas encore des résultats a montré mais, l’exercice a permis de mesurer la confiance des citoyens. Il a compris à la fin que c’était un moyen pour lui, de mobiliser les citoyens à le soutenir pour la mise en œuvre des projets et programmes. C’est ce que nous avons appelé le « Rockomètre » à l’instar du Buharimètre au Nigéria ou le Mackymètre au Sénégal. Maintenant, nous attendons la mise en œuvre du programme d’actions du gouvernement pour apprécier. Nous referons le même exercice pour amener le président à venir rendre compte.

Avec tout ce travail et le dispositif et outils mis en place, est-ce que vous avez l’assurance que la situation va changer ?

Nous n’avons pas de garantie mais il y a des évidences. Il a promis faire de l’eau et de l’assainissement, des priorités dans ses actions et il y a des résultats. Déjà, il y a la création d’un ministère exclusivement dédié à l’eau et à l’assanissement. Egalement, le secteur de l’eau et de l’assainissement figure bel et bien parmi l’agenda de développement du Burkina-Faso pour la période post-2015. On vient aussi de valider le document de politique nationale pour le développement économique et social dans lequel, il est clairement inscrit que l’eau et l’assainissement constitue un secteur prioritaire au Burkina-Faso. Après trois mois de gestion, le président a aussi lancé, un programme d’urgence en matière d’eau et d’assainissement pour améliorer la situation des populations. Il nous reste à continuer le suivi avec le parlement pour que les objectifs soient atteints. Il n’y a pas de garantie mais il y a des évidences qui montrent que nous sommes sur la bonne voie.

 Propos recueillis par Alain TOSSOUNON

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November 2, 2016

Constituency 095 gets new WASH facility

By Mustapha Sesay

Sierra Leone

The DFID WASH Facilities through UNICEF implemented partner “Living Water International in Sierra Leone” has provided WASH facility to the Brama town, in Constituency 095 in the Western rural district.
Welcoming all present, the Head man of the Village, Brima Mansaray expressed satisfaction over the intervention of DFID, UNICEF and Living Water International. He commended the government through the implementing partners for coming to their aid.
Making a statement the Country Director of Living Water International in Sierra Leone, Hastings Banda said his organization is involved in water and sanitation process. He said they have constructed wells, and sanitation key in their delivery process. He pointed out that they have provided support from training people on WASH, and promote a lot of hygiene systems in the country. He noted that their focuse is improving on water, sanitation and hygiene at deprive and hard to reach community also to vulnerable people.
He paid thanks to government for providing the enabling environment for them to operate. He recalled that living water is one of the NGOS working in Sierra Leone with special focus on wash in schools, PHU’s, towns and villages. In their intervention on toilet they provide also for the disable and tech school on the importance of hand washing especially at critical moment.
In his statement, UNICEF representative, Sandra Lottoot said the rural water project which is funded by UK Government set to benefit 150,000 people across the country in improve water, sanitation and hygiene. The project also stands to benefit 40 children in 180 primary schools, and users of 175 health care facilities.
She said the intervention of UK government has help to save lives from diarrheal diseases such as cholera and dysentery. She said the project is a demonstration of partnership with the government of Sierra Leone, UNICEF and implanting partners such as Living Water. She commended Ministry of Water Resources for their leadership in the process.
She said hygiene and sanitation linked to three leading causes of fewer than five mortality, malaria, respiratory and diarrheal disease. She pointed out that hand washing is a key behavioural that can save life. She urged community people to make hand washing a habit just likes during the Ebola period.
In his statement DFID Senior Information Adviser Simon Kenny said 63% of household have access to safe drinking water, 13% have access to improve sanitation and 22.9% of primary schools have access to functioning safe drinking water. He said there is still work to be done. He said in rural areas only 48% have access to improve sanitation facilities. He said hand washing play a significant role in the Ebola and that we must continue to make progress.
He said the UK government has committed to help people global get access to clean water and sanitation over the next five years. He said UK aid is committed to support government of Sierra Leone in improving rural communities as part of the recovery plan.
In giving his keynoted address, thanked the UK government for their support in the WASH sector. The Minister noted that the responsibility on them as a governed has been done but they community people should take ownership of the facilities. The minister encourage parent to educate their children so that they can give back to the community.
Other speakers include the Honourable Member of Parliament, Claud Kamanda, Deputy Chief Administration western rural area, and a skit was display on hand washing on the importance

constituency-095

October 25, 2016

Access to water and reliable energy are key indicators for growth

Madam Dana Hyde, Chief Executive Officer (CEO) of Millennium Challenge Corporation

By Mustapha Sesay

Sierra Leone

Accessing water supply and reliable energy are key indicators to enhance sustainable economic growth and development of any country, which is lacking in Sierra Leone, and remains a challenge.

This statement was made by Madam Dana Hyde, Chief Executive Officer (CEO) of Millennium Challenge Corporation (MCC) on Saturday 22nd October, 2016 during her feasibility tour of water projects at different communities in the east end of Freetown. The CEO and entourage, inclusive private and private sector partners, in their assessment tour visited the Dockyard community water facility, the Moeba community Mambaridge water facility and also the Guma Valley dam where they met with community stakeholders. Prior to their community tour the team earlier on met with the Civil Society Organizations (CSOs) and other key stakeholders.

The corporation based in the USA had provided a grant of $44,4M as threshold program for Sierra Leone to support the development drive and strengthen the water sector in deprived communities and to access reliable energy.

The CEO said the grant is expected to address the delivery of electricity and water in Freetown, noting that it will also strengthen public regulation and accountability and create a framework for sustainable public and private investment in both of these sectors.

Talking to journalists at the Mambaridge (Moeba Community) School on the strides Sierra Leone as a nation is making, the MCC Boss said though there are rigid indicators, yet they are impressed with the on-going activities for reliable energy and access to clean water and opined that Sierra Leone will meet the indicators. Sierra Leone is making progress on the threshold program though there is more to do as the criteria are tough for a country to be selected as eligible for an MCC assistant.

Though the program is key to provide water to deprived communities, MCC also help in providing electricity for school going children to help them in their studies and improve on the energy sector, thereby helping hospitals to treat patients with better equipment.

At Ward 365 Constituency 102 Kissy Dockyard, Councilor Ibrahim Adissaya Kamara said the installation of the water facility by ACF in the community has helped greatly in the reduction of key menaces in the community and its environs like the reduction of Teenage pregnancy and prevention of illnesses. These two were serious challenges before now in the community and its environs that hold over ten thousand people, school children and women inclusive.

A suckling mother Rugiatu Tarawally said for six years the community had been without water.

Madam Koroma at the Mambaridge (Moeba Community), a caretaker of one of the installed water facilities, said people pay only one hundred Leones (Le100) per container and the proceeds used for the maintenance and payment of stipend to volunteer staff.     The team before coming to Sierra Leone had visited Ghana and Benin and has proceeded to Liberia.

water

           MCC Boss Dana Hyde (C) at Water facility site at Moeba Mambaridge