Pius Cossi Gounadon au sommet Africasan5 : “Il est temps de changer de paradigme”

Pius Cossi Gounadon, Directeur national de la santé publique (DNSP) au ministère de la santé

A l’instar des autres pays, le Bénin est présent au sommet Africasan5 à travers plusieurs représentants provenant de plusieurs structures. Nous avons rencontré pour vous, le Directeur national de la santé publique (Dnsp) qui représente le ministre de la santé en charge de l’hygiène et de l’assainissement de base. Dans cet entretien, il nous confie son appréciation des échanges qui ont cours et surtout, nous révèle les prochains pas à faire après le sommet pour permettre au Bénin de relever le défi de ce sous-secteur en souffrance.

Vous prenez part à la 5eConférence panafricaine sur l’assainissement en tant que chef de délégation du Bénin. Que vous inspire une telle conférence qui concourt à amener les Etats africains à réaliser l’accès universel de tous aux services d’assainissement ?

C’est ma première participation à cette conférence et j’avoue qu’elle a un caractère instructif. Il y a beaucoup d’échanges, d’apprentissage et de partage d’expériences. Surtout, j’apprécie le niveau d’engagement de tous les acteurs ici présents. Je n’avais pas cette compréhension du niveau d’engagement des partenaires, des experts et de tous les acteurs. Cet évènement m’a permis de remettre en place l’idée que l’hygiène de l’assainissement de base bénéficie d’un engagement soutenu de plusieurs acteurs et partenaires dans le monde et en Afrique.

A l’ouverture du sommet, le ministre sud-africain de l’eau et de l’assainissement a invité tous les Etats à inscrire l’hygiène et l’assainissement au rang des priorités de leur agenda de développement. Est-ce qu’au Bénin, ce sous-secteur bénéficie d’une attention soutenue ?

Je partage l’exhortation du ministre sud-africain et je peux dire que le sous-secteur constitue une priorité dans le Programme d’Actions du Gouvernement. Le gouvernement travaille pour cela. Mais le paradigme doit changer. Souvent, on voit dans cette lutte que le ministère de la santé, du cadre de vie et celui de l’eau. Il faut que ce combat, pour être gagné, soit celui de tous les ministères à l’instar de ce que fait l’Inde.

A l’évaluation des engagements de Ngor, on se rend compte qu’il y a eu peu de progrès dans les pays. C’est le cas au Bénin également. Selon vous qu’est-ce qui explique une telle situation ?

Au Bénin on vient de terminer un plan quinquennal et il a été évalué en 2018. Nous avons vu les faiblesses et sur la base des défis identifiés, des orientations claires ont été prises dans la stratégie 2019-2030. Et au nombre des grandes orientations retenues, nous avons la gouvernance et le leadership, la coordination des interventions qui est importante et le problème des ressources humaines et financières. Souvent, on pense aux ressources financières alors que nous avons besoin de ressources humaines en quantité et en qualité. On peut mobiliser les ressources financières. Je salue les communes comme Za-Kpota, Malanville ou Abomey qui font déjà des efforts.

Au cours de ce sommet, l’un des messages forts est l’importance du leadership notamment les champions qui permettent d’impulser le mouvement. Vous comptez le faire aussi ?

Il faut mobiliser tous les acteurs. Il est important qu’ils se retrouvent pour partager les idées et les solutions et surtout prendre exemple sur les pays modèles en Afrique comme dans le monde. En Inde par exemple, l’hygiène et l’assainissement est un secteur porté par le premier ministre. Ainsi, chaque ministère est invité à agir et apporter sa contribution. Le leadership est au rendez-vous au haut niveau.

Vous avez participé au dialogue entre les pays. Qu’avez-vous retenu de cet exercice de partage d’expériences entre les pays ?

En dehors de quelques différences près en matière de leadership et de mobilisation de ressources financières, les pays ont les mêmes réalités. Nous avons beaucoup appris de cet exercice et nous avons compris qu’il y a certains pays qui sont en avance sur l’ancrage institutionnel. Dans la plupart des pays, l’eau et l’assainissement sont deux secteurs qui sont ensemble. C’est une stratégie qui permet de mutualiser les ressources vu qu’il y a souvent plus de ressources pour l’eau contrairement à l’assainissement. Les échanges ont été très fructueux.

A ce sommet, vous représentez le ministre de la santé en charge du sous-secteur de l’hygiène et de l’assainissement de base. Quel message lui porterez-vous une fois au pays pour impulser une nouvelle dynamique et faire en sorte que le Bénin tienne ses engagements ?

C’est en 2015 à Dakar que les engagements de Ngor ont été pris. A l’évaluation, il n’y a pas eu beaucoup d’avancées dans les pays en dehors de quelques pays qui ont eu des progrès. Nous souhaitons que notre participation ne soit pas seulement protocolaire mais qu’elle contribue à apporter des changements. Déjà, il nous faut mobiliser les cadres du service pour faire le lobbying au niveau de notre ministre pour lui présenter la situation. Il est temps de changer de paradigme. La façon dont nous fonctionnaires agissons doit être revue pour que nous soyons plus efficaces. Car, avec ce que nous faisons, nous ne pouvons pas atteindre les ODD dans ce sous-secteur. Une fois de retour, il nous faut faire un compte rendu fidèle, suggérer à l’autorité des propositions et partager avec lui ce qui se fait de bien ailleurs et qui peut être profitable à notre pays.

              Propos receuillis par Alain TOSSOUNON

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