Lancement du Fonds ANE du programme OmiDelta : La page « Affaire PPEA II » désormais tournée

Alain TOSSOUNON (Cotonou, Bénin)

Après le fonds de transition Eau, la coopération néerlandaise dans le secteur de l’eau et de l’assainissement qui a connu des moments difficiles avec l’affaire PPEA II, est relancée avec le lancement  jeudi dernier du Fonds des Acteurs Non Étatiques du Programme de financement néerlandais OmiDelta. Géré par la SNV, ce fonds est destiné à soutenir la société civile  et le secteur privé actifs dans le secteur  à travers un appel à projets dans les domaines de l’Approvisionnement en Eau Potable, Hygiène et Assainissement (AEPHA), la GIRE et la Gouvernance afin d’améliorer l’accès, l’utilisation et la durabilité des services.

Quand l’accès à l’eau potable est encore un luxe au Bénin

Avec le lancement le jeudi 5 octobre 2017 à Azalai Hôtel de Cotonou du Fonds des Acteurs Non Etatiques (ANE) qui marque la mise en œuvre effective du Programme OmiDelta financé par l’ambassade du Royaume de Pays-Bas, l’affaire PPEEA II qui a ébranlé le secteur de l’eau et de l’assainissement au Bénin en 2015, est définitivement conjuguée au passée. Ce lancement intervient après la mise en œuvre du programme Fonds de transition Eau qui a permis d’assurer l’accès à l’eau potable à près de 170.000 personnes dans 21 communes. Juste après, le gouvernement du Bénin a signé avec l’Ambassade du Royaume des Pays-Bas, un accord de coopération pour la mise en œuvre d’un nouveau vaste programme dénommé OmiDelta pour garantir l’accès de tous à l’eau et l’assainissement et assurer une gestion durable des ressources en eau.

Au cours de cette cérémonie qui a connu la participation de toutes les Organisations de la société civile et des acteurs du secteur privé actifs dans le secteur, la directrice de la SNV Bénin-Burkina, Jeannette  de Regt a justifié l’initiative du programme OmiDelta. Soutenant qu’il est inconcevable qu’en 2017, de milliers de personnes vivent encore sans accès à l’eau surtout des petits enfants qui meurent à cause d’un manque de qualité de l’eau, elle s’est réjoui du lancement du fonds ANE qui constitue le 2e guichet de ce programme. « Ce programme vient corriger cette injustice », a-t-elle signalé avant de souligner l’importance de la contribution des Organisations de la société civile (Osc) dans ce secteur vital pour les populations. Appelant tous à baser la collaboration qui doit régner entre la SNV et les OSC sur la confiance, elle a salué la présence du ministre en charge de l’eau, Dona Jean-Claude Houssou qui témoigne de l’engagement du gouvernement pour ce secteur. Pour l’Ambassadeur des Pays-Bas au Bénin, Harry Van Dijk, « partout dans le monde, il est démontré que la gestion de l’eau et les services d’approvisionnement d’eau potable, d’hygiène et d’assainissement atteignent des résultats durableS seulement si les différents acteurs collaborent et assument des responsabilités qui collent bien à leurs missions ». Dans son intervention, il a rappelé également l’importance des Acteurs Non Etatiques (ANE) dans le secteur avant d’indiquer que l’accompagnement du programme de financement néerlandais OmiDelta se fait à travers travers trois instruments : le Fonds Acteurs Etatiques géré par la Caisse Autonome d’Amortissement, le Fonds Acteurs Non-Etatiques géré par la SNV et l’Assistance Technique gérée par le consortium COWI – Royal HASKONINGDHV. Selon l’ambassadeur, ce programme qui vient après le PPEA II et le fonds transitoire, vise essentiellement à travers l’ensemble des trois instruments, à desservir en eau potable  500.000 personnes, à assurer à 1.000.000 de personnes  un accès aux services d’assainissement et de promotion de l’hygiène  et à faire bénéficier à  600.000 personnes d’une meilleure gestion des ressources en eau dans la basse vallée, notamment le delta de l’Ouémé. « Sans vouloir être prétentieux, OmiDelta voudrait aussi promouvoir/contribuer à l’emploi et à la participation des jeunes et des femmes aux décisions », a préciser l’ambassadeur  avant d’insister sur la nécessité de prendre en compte la durabilité des résultats du programme. Il faudra aussi bien gérer les ressources du programme a martelé l’ambassadeur tout en rappelant « les moments durs » que le secteur a connu ces dernières années.  Selon son intervention, cette gouvernance transparente et intègre des ressources recherchée passera par  le renforcement de la coopération entre la société civile et le gouvernement. Pour le gouvernement représenté par le Ministre chargé du secteur de l’eau, le lancement de ce fonds ANE pour les OSC revêt une importance particulière. Car, soutient le Ministre Dona Jean-Claude Houssou, l’accès à l’eau et aux services d’hygiène et d’assainissement est l’un des secteurs prioritaires du Programme d’Actions du Gouvernement (PAG). Arguant que 3 des 45 projets de ce PAG sont consacrés au secteur de l’eau, il a également ajouté que ces projets sont soutenus par des réformes dont la création de l’Agence destinée à la réalisation des ouvrages en milieu rural. Faisant remarquer que la stratégie du programme OmiDelta cadre bien avec celle su gouvernement qui ambitionne d’atteindre l’accès universel à l’eau d’ici 2021, il a indiqué que dans ce contexte, « aucun appui ne sera de trop ». En terminant ces propos, il a recommandé que dans la réalisation des ouvrages, trois choses soient rigoureusement prises en compte : la qualité, l’implication des communautés pour une meilleure appropriation et les compétences qui doivent être au cœur des interventions.

Le ministre en charge de l’eau Jean-Claude Houssou,entouré de l’ambassadeur des Pays-Bas (extrême droite), de la directrice de la SNV et du représentant du ministère du cadre de vie

Au cours de la séance, les participants ont suivi des exposés sur la présentation de OmiDelta Fonds ANE, le cadre logique et de suivi-évaluation, les procédures administratives et financières. Des échanges, on retient que les points d’intérêt des acteurs présents sont relatifs à la cohérence avec les réformes en cours notamment la création de l’Agence, la nécessité d’une synergie avec les Acteurs Etatiques, les informations sur le cadre de suivi, le respect des stratégies nationales dans le secteur, la valorisation des ressources en eau, la sélection des acteurs…A toutes ces préoccupations, le staff technique de la SNV appuyé par le Directeur général de l’eau (DGEau) ont rassuré les uns et les autres quant à la synergie avec tous les acteurs et la complémentarité avec le guichet étatique qui seront recherchées. La séance a pris fin avec la proposition d’un sous-comité constitué des représentants de la SNV, CANEA, DGEau, DNSP, INE, ANCB, PNJEA et du Comité du bassin de l’Ouémé.

 Le fonds ANE en quelques mots

D’un montant de 14.750.000 Euro pour une durée allant de 4 à 5 ans pour la période 2017-2021, le Fonds des Acteurs Non Etatiques (ANE) fait partie des trois guichets du Programme OmiDelta financé par l’Ambassade du Royaume des Pays-Bas au Bénin. Il vise à financer les Organisations de la société civile active dans le secteur de l’eau et l’assainissement afin d’améliorer l’accès, l’utilisation, la qualité et la durabilité des services d’Approvisionnement en Eau Potable, Hygiène et Assainissement (AEPHA). Egalement, ce fonds est destiné à opérationnaliser la Gestion Intégrée des Ressources en Eau (GIRE) et il prend en compte des aspects transversaux tels que le Genre, la jeunesse, les changements climatiques et la promotion de la gouvernance et de l’intégrité dans le secteur de l’eau et de l’assainissement. Ce projet ambitionne d’impacter au moins 150.000 personnes pour la fourniture de services d’eau durables de qualité, au moins 275.000 personnes pour les services d’hygiène et d’assainissement et 300.000 personnes pour la GIRE dans le Delta de l’Ouémé. Il revient aux OSC, ONG, au secteur privé et aux institutions de recherche non gouvernementale, nationale et internationale de soumettre des propositions de projets au financement du fonds. Les thèmes prioritaires sont :  la promotion de l’hygiène et de l’assainissement, l’amélioration du service public de l’eau, l’amélioration de la gestion des eaux usées et excréta, l’amélioration de l’accès à l’eau potable et aux services d’hygiène et d’assainissement (AEPHA) ; la valorisation des ressources en eau, la résilience et l’adaptation de la population aux changements climatiques (GIRE) ; la promotion de la gouvernance dans le secteur AEPHA, la gouvernance des ressources en eau dans le sous-bassin de la Basse Vallée de l’Ouémé.

 

 

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