CONSEQUENCE DE L’UTILISATION DE L’EAU INSALUBRE ET DU MANQUE D’HYGIENE : Au Sénégal, 2500 nouveau-nés sont morts d’une septicémie, du tétanos ou d’une autre infection en 2013, selon Wateraid

Par Paule Kadja TRAORE (Sénégal)
WaterAid vient de lancer sa nouvelle campagne « Un départ sain : le premier mois de la vie » qui met en lumière l’impact dévastateur qu’a le manque d’accès à l’eau potable et aux installations sanitaires sur les enfants qui vivent dans les pays en développement.

Le document d’information qui accompagne ladite campagne intitulé: «Un départ sain : le premier mois de la vie», indique que près d’un demi-million de bébés meurent chaque année durant les quatre premières semaines de leur vie parce qu’ils sont nés dans des conditions non hygiéniques. Au Sénégal, rien que pour l’année 2013, 2500 nouveau-nés sont morts d’une septicémie, du tétanos ou d’une autre infection liée à l’utilisation d’une eau insalubre et au manque d’hygiène.
Cette campagne est lancée au moment où un rapport de l’Organisation mondiale de la santé révèle qu’en Afrique, près de la moitié des hôpitaux et cliniques n’ont pas accès à l’eau potable. Et sur les 58 % de structures de santé qui sont desservies d’une façon ou d’une autre, seulement la moitié peut compter sur un approvisionnement en eau potable fiable.
Ce rapport de l’Organisation mondiale de la santé précise que dans 18 pays d’Afrique sub-saharienne, le pourcentage des établissements de santé qui disposent d’un approvisionnement en eau n’est que de 20 % – comme c’est le cas au Mali. Il s’agit de la première enquête de ce type, qui montre que dans les 54 pays en développement étudiés, 38 % des structures de santé n’ont pas accès à l’eau potable, et 19 % n’ont pas de toilettes adéquates. Plus d’un tiers des hôpitaux et cliniques (35 %) n’ont aucun endroit pour que les personnels soignants et les patients se lavent les mains avec du savon.
Un hôpital ou clinique sur dix n’a pas accès à l’eau potable et un établissement sur huit n’a pas de toilettes adéquates
Selon le document, au Sénégal, un hôpital ou clinique sur dix (10 %) n’a pas accès à l’eau potable et un établissement sur huit (13 %) n’a pas de toilettes adéquates. Un sur dix (10 %) n’a aucun endroit pour se laver les mains. Ces chiffres sont d’autant plus choquants que même dans les hôpitaux et cliniques recensés comme ayant un accès à l’eau potable, l’approvisionnement se fait parfois grâce à un point d’eau situé jusqu’à 500 mètres de l’établissement, et non par un réseau qui dessert directement les locaux. Par ailleurs, peu de données permettent de savoir si les toilettes présentes dans les structures de santé fonctionnent et peuvent être utilisées à la fois par les personnels et par les patients.

Pour un nouveau-né sur cinq qui meurent au cours du premier mois de sa vie dans un pays en développement, le plus tragique est que ce décès si prématuré aurait pu être évité si l’enfant avait simplement été lavé avec de l’eau propre et pris en charge dans un environnement où les soignants se seraient lavés les mains. Au Sénégal, on estime qu’en moyenne une femme sur 42 va durant sa vie perdre un enfant au cours du mois qui suit sa naissance à cause d’une infection, un risque qui ne concerne qu’une femme sur 7 518 au Royaume-Uni.

Le document publié par WaterAid met en évidence les risques que les structures de santé font courir aux enfants quand les accouchements se déroulent dans un environnement où les règles d’hygiène ne sont pas respectées. Il précise ce qui doit être fait pour aider les agences et ministères en charge de la santé et les pays donateurs à mettre le mot « propre » au cœur des systèmes de soins, en faisant en sorte que chaque établissement de santé ait accès à l’eau potable courante et dispose de sanitaires adéquats et de lavabos avec du savon pour le personnel soignant et les patients.
Cette publication marque le début de la campagne baptisée « Un départ sain », l’axe de plaidoyer prioritaire de WaterAid pour les quatre années à venir qui va se focaliser sur l’impact dévastateur qu’ont le manque d’accès à l’eau potable et aux installations sanitaires, ainsi que les mauvaises pratiques d’hygiène, sur la santé des enfants.

La directrice générale de WaterAid sonne l’alerte

La directrice générale de WaterAid Barbara Frost, a déclaré que «Cela fait plus de 150 ans que l’on a fait le lien entre les mains sales, l’utilisation d’eau insalubre et la mortalité infantile. Il ne s’agit donc pas d’un problème qui attend une solution, mais d’une injustice qui attend qu’on agisse ».Selon elle, les mauvaises conditions d’hygiène à la naissance condamnent trop de bébés qui naissent dans les pays en développement à une mort tragiquement prématurée qui aurait pu être évitée, tout comme le déchirement que vivent leurs parents. La directrice général de WaterAid estime que «La capacité d’un hôpital ou d’une clinique à préserver un environnement propre est une exigence si fondamentale qu’on peut se demander si un établissement de santé qui n’a pas accès à l’eau courante ou à des sanitaires de base est apte à prendre en charge ses patients de manière adéquate ». Elle poursuit son propos en indiquant que « Nous avons besoin que tous les acteurs impliqués dans les décisions et l’organisation des services de santé travaillent ensemble pour que les membres les plus vulnérables de la société ne voient pas leur espérance de vie réduite à quelques semaines à peine parce que les structures qui les accueillent ne sont pas en mesure de respecter les normes les plus élémentaires de propreté et d’hygiène pour les soins».

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