Secrétariat Exécutif  de EAA: Idrissa Doucouré maintenu à son poste et apporte des éclairages sur la crise

Idrissa SANE  (Dakar)

Le conseil des ministres ordinaire qui s’est tenu à Yaoundé le 2 mars 2015 a reconduit Idrissa Doucouré au poste de Secrétariat exécutif de l’Agence intergouvernementale panafricaine eau et assainissement pour l’Afrique (Eaa) c’est ce qu’indique un communiqué qui nous est parvenu. Mieux, le secrétaire exécutif, Idrissa Doucouré qui  accepté pour  la première fois de briser le silence apporte une série d’éclairage sur la crise qui est en passe d’être résolue. 

 

Idrissa DOUCOURE, SE/EAA

Idrissa DOUCOURE, SE/EAA

Un nouveau rebondissement dans la crise que traverse l’Agence intergouvernementale panafricaine eau et de assainissement pour l’Afrique (Eaa). La IV session ordinaire  du conseil des ministres qui s’est tenu à Yaoundé au Cameroun a renouvelé le mandant du secrétaire exécutif  de l’institution contrairement au conseil des ministres extraordinaire de Ouagadougou, au Burkina Faso du 23 février 2015. « Concernant la crise sociale et institutionnelle,  le Conseil, après de larges échanges, a souligné l’illégalité de la rencontre tenue le 23 février 2015 à Ouagadougou. Relevant qu’elle a violé les textes en vigueur dans l’Agence, il et l’a récusé. Il a décidé par conséquent, du retrait des actes pris lors de cette rencontre du dispositif institutionnel et juridique de EAA », indique le communiqué parvenu à la rédaction. Mieux, le secrétaire exécutif Idriassa Doucouré a confirmé ces informations. « Le conseil a renouvelé mon mondant parce que la rencontre de Burkina Faso  a été irrégulièrement convoqué », soutient le secrétaire exécutif. Il avance comme arguments, que les textes de l’institution ne confèrent aucune prérogative à un seul Etat membre de convoquer une réunion d’une institution panafricaine. A cela, il ajoute que le fait que le quorum n’était pas atteint parce pour un conseil des ministres extraordinaires, il faut au moins la présence de 24 Etats alors qu’à Ouagadougou, il n’avait que 19 Etats. Et, sur les 19 Etats, deux se sont abstenus de signer la déclaration finale. « Lorsque le président du Conseil des ministres, le ministre camerounais a été saisi de cela, il a écrit à son homologue du Burkina pour lui demander  de sursoir  cette réunion. Lorsqu’un Etat membre ou le secrétaire exécutif, sollicite une réunion extraordinaire, il  doit saisir par écrit, le président du Conseil des ministres, qui dans les 30 jours doit consulter ses pairs pour proposer une date et un lieu, tenant compte des implications financières, ce qui n’a pas été fait », poursuit Idrissa Doucouré.  L’autre fait soulevé, c’est la convocation du conseil des ministres extraordinaires à quelques jours du conseil des ministres ordinaire qui était prévu  à Yaoundé le 2 mars d’une part et d’autre part, le secrétaire exécutif qui doit être au cœur du processus d’organisation des réunions, dit-il, a été informée à une semaine de la rencontre. « Lorsque certains ont appris  que la réunion de Yaoundé a été convoquée pour le 2 mars, ils   se sont empressés, pour couper court pour tenir une réunion le 23 février. Cela peut causer des contraintes au plan logistique pour des pays comme le Swaziland pour assister aux deux réunions. Le troisième élément,  en tant que secrétaire exécutif c’est à une semaine avec la réunion que j’étais informé. J’ai refusé parce que le secrétaire exécutif doit être au centre des processus de préparation  des réunions du conseil des ministres. Je ne peux pas être invité. Je dois gérer le processus d’organisation des réunions », se défend Idrissa Doucouré.

         Le poste est soumis à un appel international à candidatures

Il verse dans la corbeille « des irrégularités », la déchéance prononcée par la réunion tenue au Burkina Faso. Il précise que le poste du secrétariat n’est pas nominatif. Il est soumis à un appel à candidatures. « On ne peut pas nommer quelqu’un pour occuper ce poste du secrétariat exécutif de EAA, l’accès à ce poste se fait un appel international à candidatures », précise Idrissa Doucouré.  Il a aussi apporté des éclairages sur le stress financier qu’a connu EAA. Celui-ci est lié essentiellement à un retard de retour d’investissement.  L’institution, explique-t-il, a  signé des contrats programmes avec des Etats membres pour définir les objectifs à atteindre et les infrastructures à mettre en place durant une période déterminée. La contrepartie des Etats membres est de 25 %. Les 75 % des financements sont mobilisés par EAA. Sur cette base à la date d’aujourd’hui, 10 pays sur les 36 ont déjà signé leur contrat programme. « Mais sur les 10, il n’y a que 3 qui ont connu un début d’opérationnalisation, pour dire que le budget de 2014 où l’on attendait 27, 7 milliards de francs Cfa, sur la base des contrats programmes,  seuls 900.millions de francs Cfa ont été mobilisés ce qui donne un taux de mobilisation de 3, 17 %. Cela donne une idée de la difficulté de respecter les engagements financiers alors que sur 75 % attendus de EAA, nous avons mobilisé à hauteur de 242 %, de notre contribution. Nous sommes au-delà de nos objectifs », souligne le secrétaire exécutif. Ce sont donc ces retards du retour d’investissement qui sont à l’origine des contraintes financières et des difficultés de la prise en charge des agents qui ont déclenché la grève au siège à Ouagadougou. Tout compte fait, le secrétaire exécutif soutient que c’est sous son  magistère que pour la première fois que le budget de cette institution a été porté à plus de 4 milliards de francs Cfa. C’est aussi sous mandat que les contrats à durée indéterminée ont été signés pour les agents, et aussi c’est sous lui que le siège prend en charge et le fonctionnement et les salaires des agents des bureaux des Etats membres. « Au moment où je prenais fonction en 2011, à la date d’aujourd’hui on a 47 partenaires traditionnels. Ce sont des partenaires qui financent exclusivement sur la base de subvention ou à la limite sur la base des contrats de consultance. Sur les 45 partenaires seuls 5 sont les anciens partenaires. Donc il y a 42 nouveaux partenaires qui sont arrivés. Le budget en 2010 du CREPA, c’est à 300 millions de francs Cfa. C’était le budget le plus élevé que le CREPA n’ait jamais connu. en 2011, j’ai porté le budget à 4, 5 milliards de francs Cfa. Mais cela ne suffisait pas au regard des ambitions de l’institution », a révélé Idrissa Doucouré.

La peur des contrats de performance

Dans la foulée, le salaire de tous les agents ont connu un bond extraordinaire, le taux de croissance salariale, le plus faible était de 98, 5 %. Mais en contrepartie, les agents devraient produire des résultats. Parce qu’il fallait rompre avec les anciens modes de fonctionnement du CREPA. « On ne peut pas continuer à avoir une institution viable si on n’est pas performant. Nous avons mis en place un système de gestion des performances. J’ai mis en place ce système depuis 3 ans en test. Durant la première année, les résultats globaux étaient très positifs. J’ai donné à tout un chacun un 13e mois. La deuxième année,  je n’ai fait que gratifier ceux qui avaient de bons résultats. Pour la 3e année, j’ai dis que nous devons mettre en œuvre ces contrats de performance qui ont été validés par nos structures de gouvernance. Les critères sont simples. Il  faut sanctionner autant positivement que négativement », justifie Idrissa Doucouré qui ajoute : « Si vous faites plus de 100 % de performance,  vous pouvez avoir jusqu’à 6 fois votre salaire mensuel, si vous avez moins de 60 % vous êtes traduit en conseil de discipline qui peut conduire à un licenciement pour insuffisance de résultats. Entre 60 et 80 %, on vous maintient et on vous apporte une formation pour vous aider à combler les insuffisances. Il n’avait pas un  système aussi équitable et juste. Mais malheureusement les gens ne sont pas intéressés pour tout ce qui apporte  des résultats, la performance, et  la transparence. Les personnes veulent être payés sans faire des résultats ». Il indique malgré des sessions de renforcement de capacité, certains agents n’ont pas pu se mettre à niveau et que cela a installé une peur qui a poussé certains d’entre eux, sous le couvert des revendications salariales, à se radicaliser,  à prendre en otage l’institution, à saboter le système internet, à dénigrer l’image de l’institution dans les médias. Mais aujourd’hui la page de cette crise est sur le point d’être tournée puisque des organismes partenaires sont sur le point d’accorder de nouveaux financements et des démarches devront être entreprises pour restaurer le climat de stabilité.

 

 

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3 Comments to “Secrétariat Exécutif  de EAA: Idrissa Doucouré maintenu à son poste et apporte des éclairages sur la crise”

  1. Le ridicule ne tue pas !!!
    je crois qu’il faut savoir partir au lieu de s’accrocher à un poste comme si c’était la fin du monde. Quand 19 pays parmi les 35 membres disent qu’ils ne veulent plus de vous il faut partir dans l’élégance.

  2. Monsieur Idrissa SANE, suite à cet entretien qui me diffame, je souhaiterai apporter mon démenti. Merci pour la date et l’heure que vous m’accorderez pour vous apporter ma version.

    • Bien a vous,

      Merci pour votre message. Idrissa est l’un des journalistes du réseau. Il est au Sénégal, et pour votre droit de réponse, je vais lui demander de prendre contact avec vous pour réagir. Merci de me laisser vos contacts.

      Merci!

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