Ateliers national et régional sur l’économie et la gestion des écosystèmes humides et la sécurité alimentaire : Sauver les zones humides de la dégradation

Alain TOSSOUNON (Bénin) 

Le panel d'experts au cours des échanges

Le panel d’experts au cours des échanges

Après l’organisation en novembre 2014, des ateliers national et régional sur l’économie et la gestion des écosystèmes humides et la sécurité alimentaire avec le soutien de UNESCO-IHE, l’IUCN et plusieurs organismes et partenaires locaux (UAC, ABE, PNE…), le Réseau des Journalistes du Bénin pour l’Eau et l’Assainissement (RJBEA) a dans le cadre de l’initiative Café Média WASH, invité des experts pour partager avec le acteurs des médias, les résultats et recommandations de ces deux grandes rencontres. Face aux journalistes, le panel d’experts constitué, a   alerté l’opinion sur  l’état de dégradation de nos zones humides et  l’urgence d’agir  pour  une gestion durable de ces écosystèmes indispensables pour assurer la sécurité alimentaire.

 

Avant  de partager les  conclusions des deux ateliers, les experts sont revenus sur les objectifs poursuivis par ces rencontres qui ont mobilisé plusieurs participants que sont les étudiants-chercheurs, formateurs chercheurs, les cadres administratifs et techniques mais aussi des organisations de la société civile qui militent pour la sauvegarde de l’environnement au Bénin.

Pour le premier atelier, il s’agissait d’aider les participants à appréhender les concepts et les fondements de l’économie et du développement des zones humides, échanger sur la dynamique des écosystèmes humides, leurs fonctions et leurs services et se familiariser  avec les outils de développement de l’économie des écosystèmes humides et particulièrement l’économie agricole de ces écosystèmes. Pour le deuxième atelier à caractère régional, qui a réuni des participants venus du Bénin, du Togo, du Ghana, de la Guinée, du Sénégal, du Burkina Faso, de la république Démocratique du Congo, du, Mali, de la Côte d’Ivoire, et des formateurs provenant du Mexique et des Pays-Bas, l’objectif  était  d’identifier les services écosystémiques qui permettront  d’établir des règles de pratiques qui contribueront à soutenir les politiques  de gestion durable des Zones Humides au niveau local, en réponse à l’accroissement de la pression anthropique.

L’un des temps forts de l’atelier régional a été la visite du complexe lac Nokoué-lagune de Porto-Novo, le plus grand lac du Bénin avec une superficie de 150 Km2. Une visite d’étude aura permis  aux participants, de toucher du doigt la réalité de cette zone humique et  de cerner les aspects socio-économiques de son exploitation. Elle a également permis aux participants d’appréhender les services éco systémiques et de recueillir la perception des acteurs locaux et des populations locales.

Mais face aux médias, les experts ont apporté leur éclairage sur ce qu’il convient d’appeler zones humides et surtout, leur état actuel. Sans détour, ils ont signalé que les zones humides dans notre pays connaissent un état de dégradation avancé.

En effet, si elles ne sont pas envahies par les populations  pour l’agriculture, elles sont fortement polluées et subissent une gestion incontrôlée.  C’est le cas du lac  Nokoué qui selon l’enseignant-chercheur Flavien Dovonou, connait des problèmes de pollution dus à sa proximité avec le marché Dantokpa, le manque d’assainissement au niveau de la cite lacustre Ganvié, le transport des hydrocarbures… « Aujourd’hui, le lac Nokoué est pollué et ses sédiments aussi comme les poissons, huitres et autres », se désole-t-il. Les techniques de pèche pratiquées sont aussi nuisibles à cette ressource a ajouté le directeur général de l’Agence béninoise pour l’environnement (ABE), Edmond Sossoukpè.

Au niveau de la vallée de l’Ouémé, les constats sont les mêmes.  Avec une forte pression anthropique, l’enseignant-chercheur a indiqué que « les ressources s’amenuisent et l’environnement  est en pleine dégradation ». « Il faut absolument renverser cette tendance à la dégradation de nos zones humides », soutient-il.

Car, les zones humides qui sont un réservoir  de la biodiversité  contribuent à la lutte contre l’insécurité alimentaire, en particulier dans les pays ou les ressources en eau sont très limitées.

Une vue partielle des journalistes

Une vue partielle des journalistes

Comme solution, il convient de recourir à l’approche de Gestion Intégrée des Ressources en Eau (GIRE) qui de par ses principes, propose une gestion qui prend en compte tous les acteurs et tous les besoins en vue de leur satisfaction.

L’un des grands centres d’intérêt de ces rencontres a aussi été le partage des outils d’évaluation des écosystèmes. Parce que, soutient le Dr Fabien Hountondji, « connaitre la valeur des zones humides permet de connaitre les options de développement pour les pays ».

Aujourd’hui que les problèmes sont connus et que notre pays s’est engagé sur la voie de la GIRE,  il convient que tous les acteurs se mobilisent pour que l’approche de gestion adoptée de nos ressources en eau soit effective. Pour le professeur Euloge Agbossou, si nous voulons développer notre agriculture, il faut maîtriser et dompter l’eau ». Et cela n’est possible que si la GIRE ne devienne pas la chose la mieux partagée de tous.

 

RECOMMANDATIONS ET PERSPECTIVES DES ATELIERS

  • Les recommandations formulées à la fin des ateliers portent notamment sur :
  • les besoins de renforcement de capacités sur l’économie des écosystèmes humides à travers l’organisation d’ateliers thématiques ;
  • les perspectives d’application de l’économie des écosystèmes dans l’enseignement et dans les politiques, stratégies et plans de développement des écosystèmes humides;
  • la dynamisation de la recherche vers une évaluation des services éco systémiques à travers les formations diplomantes postuniversitaires et le développement de collaboration dans le développement de l’économie des écosystèmes.
  • Perspectives

– Actualiser toutes les zones humides potentielles du Bénin

– Cartographier ces zones humides

– Développer des méthodologies adéquates à la valorisation des zones humides du Bénin

– Evaluer les services écosystémiques de nos zones humides

– Former les journalistes spécialisés dans le fonctionnement des zones humides.

 

 

 

 

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