Semaine africaine de l’eau : Les experts sonnent l’alerte pour la préservation de la ressource précieuse

Tata SANE et Idrissa SANE (Envoyés Spéciaux)

Le partage de l’eau est source de conflit dans plusieurs parties du globe et surtout sur le continent africain. La preuve, le Nil suscite toutes les inquiétudes sur la côte orientale de l’Afrique. Les différents intervenants ont fait des plaidoyers aux relents de plaidoirie pour la préservation de cette ressource qui se raréfie. Au jour d’aujourd’hui, le continent noir compte plus de 300 millions de personnes qui n’ont pas accès au liquide précieux. . C’est ce qui ressort hier de l’ouverture de la 5e Semaine africaine de l’eau.

La 5e Semaine africaine de l’eau est ouverte sur fond de plaidoyer pour la préservation de cette ressource. Aujourd’hui, il est accepté de tous que l’accès à cette ressource est un luxe pour des millions d’Africains. D’où tous les enjeux de sa sauvegarde. Le Haut commissariat pour l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal ( Omvs), Kabinet Komara, a largement abordé cette problématique. Pour ce dernier, la préservation de cette ressource appelle à des actions concertées. « L’eau est à la fois la base pour l’agriculture, la santé et l’énergie. C’est pourquoi qu’il faut se donner la main pour faire une gestion partagée. D’où l’intérêt de la semaine de l’eau qui doit mette l’accent sur la préservation de la ressource ; mais surtout sur la définition de nouveaux modes d’actions de façon à faire en sorte que cette gestion soit durable », estime Kabinet Komara.
En réalité, plusieurs scénarii concordent sur l’imminence d’une raréfaction de ce bien commun suite à une augmentation de l’évaporation, elle-même consécutive à une hausse des températures. « Il ne faut pas baisser les bras jusqu’à ce que ce produit devienne de plus en plus rare avec les changements climatiques. Les besoins deviennent conflictuels avec l’augmentation de la population, avec le développement industriel, l’augmentation des superficies cultivables et sa mobilisation pour la production de l’énergie. Longtemps considérée comme une denrée gratuite dans beaucoup de pays ; l’eau ne peut plus être gratuite », défend le Haut commissariat de l’OMVS.
La présidente de l’Amcow, Hon Sarah Reng Ochekpe a abondé dans le même sens. L’eau dit-elle est vitale pour garantir la sécurité alimentaire et l’énergie. Elle ajoute que son développement et sa gestion efficace et efficience est un instrument pour atténuer les impacts prévus du changement climatique.
Prenant la parole, le chef du gouvernement sénégalais estime que la rencontre de Dakar doit servir d’occasion pour donner une nouvelles orientations aux politiques de ce secteur.« C’est l’occasion de statuer sur nos performances, de les évaluer, de ressortir les difficultés rencontrées à la mise en œuvre de nos politiques publiques pour l’atteinte des OMD et d’en tirer toutes les leçons pour de meilleurs résultats dans la mise en œuvre de l’Agenda post 2015 », a souligné le premier Ministre, Aminata Touré, lors de l’ouverture de la 5e semaine africaine de l’eau organisée par le Comité exécutif et le Conseil des ministres africains de l’eau ( Amcow). Elle invite à bâtir des politiques de gestions favorisant un raffermissant des relations entre les différents Etats. « Ce bien commun doit être un facteur de paix, d’union, d’intégration et de coopération économiques entre nos Etats », a laissé entendre le premier Ministre du Sénégal. Pour le chef du gouvernent, le moment est venu pour les pays d’élaborer une politique plus efficace tournée vers une exploitation judicieuse de ce bien de la nature qui se raréfie. « Cette 5ème semaine africaine de l’eau offre une opportunité pour discuter de l’amélioration et de la performance de nos différents organismes de gestion des bassins transfrontaliers afin de tirer un meilleur profit économique de cette ressource », ajoute le chef du gouvernement.

Des actions concertées

Pour le secrétaire exécutif de l’Agence intergouvernementale panafricaine pour l’eau et l’assainissement en Afrique ( Eaa), Idrissa Doucouré, l’Afrique gagnerait à se projeter sur l’avenir avec plus d’ambitions. « C’est aujourd’hui, l’occasion ; pour le continent de jeter un regard critique dans le rétroviseur afin de faire le point des engagements pris depuis 2000 aux niveaux international et national. Nous devons poursuivre cette dynamique enclenchée et travailler de manière commune à adopter un programme beaucoup plus ciblé pour le secteur », recommande le secrétaire exécutif de l’Agence intergouvernementale panafricaine pour l’eau et l’assainissement en Afrique ( Eaa), Idrissa Doucouré.

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