Journée Mondiale de l’Eau (JME) 2014: La société civile exige plus d’informations sur la qualité et la tarification

(Mamadou L. DIATTA et Idrissa SANE/Dakar)

Plusieurs organisations de la société civile (Enda, forum social, Afao et Article 19) ont demandé hier à l’Etat du Sénégal d’améliorer la gouvernance de l’eau et de procéder à la hausse des financements pour l’accès des populations au liquide précieux. Le déficit du financement est d’ailleurs évalué à près de 500 milliards de francs CFA. Le plaidoyer a été fait à  la veille de la célébration de la journée mondiale de l’eau prévue ce samedi 22 mars 2014.

Le droit à l’eau est–il menacé ? La question peut paraître provocatrice mais elle constituait hier la lame  de fond du débat sur le liquide précieux animé par plusieurs organisations de la société civile, sous l’égide du bureau régional de Wateraid. Les spécialistes sont d’avis que le Sénégal a presque atteint l’objectif global de l’accès à l’eau potable en milieu urbain. Pour ces derniers, il temps de concentrer des efforts sur la qualité et d’avoir un regard critique sur les tarifications. Abordant le principe relatif à la transparence, Fatou Jagne de l’Ong Article 19,  affirme  que celui-ci est relatif à la qualité et aussi à la tarification. « Les populations ont le droit de savoir le prix, de connaître la qualité par rapport à ce que l’Etat dépense. Il faut que la société civile continue à travailler sur cette question », prêche Fatou Jagne. Cette préoccupation est partagée par Malick Gaye d’Enda Rup qui aborde la question de la gouvernance sous l’angle de la disponibilité des informations fiables. «  Nous devons changer les consciences. Au-delà de l’accès, nous devons avoir plus d’informations, sur la qualité, sur le prix de l’eau. Est-ce que l’actuelle tarification est juste ? », Suggère  Malick Gaye.

Mariame DEME, Directrice Régionale de WaterAid (Sénégal)

Mariame DEME, Directrice Régionale de WaterAid (Sénégal)

Au cours de cette rencontre, les intervenants ont reconnu qu’il faut accorder plus d’attention au milieu rural pour corriger le déséquilibre et corriger les disparités. Aujourd’hui, selon la directrice régionale de WaterAid, Mariam Dem, les déficits en financement sont évalués à 118 millions de dollars soit environ 500 milliards de francs Cfa.

La directrice  a rappelé d’ailleurs qu’en 2012, le gouvernement du Sénégal avait pris l’engagement de prendre en charge 20% du financement de l’eau mais jusque là, aucune évaluation n’a été faite dans ce sens. Même si  au cours des vingt dernières années, des efforts considérables ont été consentis par les pays africains, il reste qu’aujourd’hui, 42 enfants meurent chaque jour en Afrique sub-saharienne faute d’un accès adéquat à l’eau potable. Rien que dans l’espace Cedeao, 107 millions de personnes  n’ont pas encore accès au liquide précieux. « C’est inacceptable ! ». Le cri du cœur  est lancé  par la Directrice de Wateraid qui a souligné qu’il s’agit d’un droit humain dont la non satisfaction est en train  de plomber toutes les actions menées en faveur du développement économique et social. Pour Amadou Mignane Diouf de l’Ong Paedd/CI-Sacsb, l’eau est une ressource collective qui ne doit pas être source de profits même si le constat fait état d’une gestion assurée par des sociétés privées internationales.

La question qui s’impose aujourd’hui est la suivante à en croire M Diouf. Quel est le type de gouvernance qu’il faut privilégier pour que l’eau soit un baromètre de démocratie dans un contexte de changements climatiques et d’augmentation de la demande ?

En réponse à cette interrogation, cet acteur de la société civile suggère l’expérimentation d’une vraie gouvernance locale de cette ressource.   « L’eau est un baromètre de la démocratie. Est-ce qu’il ne faut pas tester la gouvernance locale de l’eau ? Il faut une gestion concertée de cette ressource avec les populations », propose Mamadou Mignane Diouf.

En tout état de cause, beaucoup de spécialistes ont estimé que les grands défis du monde, les grandes guerres du 21 ème siècle pourraient provenir de la gestion de l’eau. C’est la raison pour laquelle les experts ont été unanimes à reconnaître que la ressource doit être gérée de manière concertée, dans le cadre d’une approche holistique, afin que les couches les plus vulnérables soient davantage protégées. C’est tout le sens de l’intervention de Mme Khady Fall Tall, présidente de l’association des femmes de l’Afrique de l’ouest(Afao) pour qui l’urgence pour l’Etat, c’est de faire un « mapping », une  sorte de diagnostic global, en vue d’identifier les zones les plus touchées par le déficit en eau. Et Mme Tall de donner l’exemple de Gorom, zone maraîchère par excellence, située à moins de 30 km de Dakar et dont les habitants déplorent le fait que l’eau ne commence à couler qu’à 3 heures du matin.  Le Parlement mondial de jeunes pour l’eau ( Pmje), l’Eau, le droit humain, le Réseau national des journalistes spécialisés sur les questions d’eau et d’assainissement sont les autres organisations de la société civile qui ont pris part à cette table ronde. 

200 analyses bactériologiques réalisées tous les jours

En réponses aux  questions soulevées par des acteurs de la société civile, El Hadj Dieng de la SDE a fait savoir que celle-ci réalise tous les jours 200 analyses bactériologiques. « La SDE réalise 200 analyses bactériologiques pour contrôler la qualité de l’eau », a révélé El Hadj Dieng de la SDE qui informe que ce travail se fait aussi sous le contrôle de Caritas et de l’Institut Pasteur.

                                     M.L.DIATTA et I.SANE

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