Entretien avec Mark Willis, Chef de Programme du Fonds Mondial pour l’assainissement du Wsscc : « Je suis très satisfait de ma mission»

Mark Willis (Wsscc)

Mark Willis (Wsscc)

Au terme d’une mission au Bénin dans le cadre du lancement d’un programme pour le Bénin du Fonds Mondial pour l’Assainissement du Conseil de Concertation pour l’Approvisionnement en Eau et l’Assainissement (Wsscc), le Chef de Programme, Mark Willis nous a accordé un entretien. Très satisfait de la disponibilité des structures nationales et acteurs rencontrés, il lève un coin de voile sur les enjeux de ce programme et principaux défis à relever pour sa pérennité.

Vous êtes au Bénin dans le cadre d’une mission du Fonds Mondial pour l’Assainissement qui lancera dans les prochains jours un programme. Quels sont les enjeux de ce programme?

Depuis un an, nous avons engagé des négociations dans le cadre de ce fonds pour un don de 5 millions de dollar (2,5 milliards de francs CFA) pour améliorer la situation de l’assainissement des populations et leur faciliter l’accès à l’hygiène.

Avec les cadres du Ministère de la Santé en charge de l’hygiène et de l’assainissement, quatre (4) départements ont été identifiés et 25 communes la plupart dans le nord du pays. Et dans chaque commune, le travail sera de convaincre les gens que les problèmes d’assainissement, ils peuvent eux-mêmes les résoudre avec leurs propres moyens. Au cours des cinq ans du programme, on compte améliorer l’accès aux toilettes de 1 million de personnes dans le pays. Je pense que si on apporte cette contribution,  cela va avoir un impact sur la santé et réduire les risques de maladies hydriques comme la diarrhée ou le choléra.

Il y a actuellement un débat par rapport à l’approche ATPC  au cœur des interventions du Fonds et il y a certains acteurs au Bénin qui sont réticents. Es-ce que dans le cadre de ce programme, il y aura une flexibilité ou une adaptation de cette approche aux réalités du Bénin?

Au niveau du Fonds, nous travaillons dans 12 pays et avec cette approche, nous avons eu beaucoup de succès. Car, c’est une approche qui permet aux populations elles-mêmes de se convaincre de résoudre  leurs problèmes d’hygiène et d’assainissement. C’est le cas à Madagascar, au Népal, au Cambodge et au Sénégal tout près. Mais chaque programme connaît une adaptation. Et ici au Bénin, on aura un peu de différence. Il y aura une adaptation à la culture du pays mais la base reste la même. Si les populations sont convaincues, le programme sera une réussite comme dans les autres pays.

Qu’attendez-vous des autorités béninoises afin de garantir une réussite à ce programme?

Cela fait partie des objectifs de ma mission de parler avec les structures nationales pour  que le programme soit un succès. Je vois qu’il y a des commentaires intéressants au niveau des services en charge de l’assainissement au sein du ministère de la santé. Tous les services sont mobilisés et ont marqué leur disponibilité à soutenir le programme jusque dans les services déconcentrés et les communes. Aussi, il y aura l’implication des ONG locales qui ont une certaine expertise avec le travail communautaire, le secteur privé afin de mettre en place une chaine d’approvisionnement pour rendre disponible tout le matériel au niveau local.

Vous êtes au terme de votre mission, est-ce que vous êtes satisfait des discussions et échanges que vous avez eus avec les structures nationales et acteurs ?

Je suis très satisfait de ma mission après toutes les structures et institutions que j’ai rencontrées comme l’UNICEF, l’Ambassade des Pays-Bas, les structures nationales qui sont toutes engagées pour enrichir le programme avec leurs commentaires. C’est vrai, il y a des défis. On ne sait jamais s’il y a des capacités pour implémenter le programme. Le vrai défi aussi, c’est la pérennité du programme. Parce que si on arrive à avoir l’adhésion et l’engagement des populations par rapport à la Fin de la Défécation à l’Air Libre (FDAL), est-ce que cela va durer après le programme ? Et pour cela, il faut mettre en place des  structures capables de faire le suivi pour éviter que les gens changent de comportements dans l’autre sens. Mais, une fois que les gens sont convaincus dans leurs cœurs que c’est inacceptable de déféquer à l’air libre, je suis sûr que cela va marcher. J’espère que les médias vont aussi suivre ce processus et s’assurer que le Fonds Mondial pour l’Assainissement tient ses promesses.

                  Propos recueillis par Alain T. et Makéba T.

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