Acteurs de premier plan dans la chaîne de distribution de l’eau, les techniciens estiment que la réforme qui s’annonce devait être une source de motivation et non de découragement pour les travailleurs de l’hydraulique. Ces derniers sont aujourd’hui contraints de mener le combat pour la sauvegarde de leurs emplois. Sidy DIENG (Sénégal)

Un forage dans une localité du Sénégal

Un forage dans une localité du Sénégal

L’inquiétude est aujourd’hui le sentiment le mieux partagé par les techniciens du service de l’hydraulique. Lesquels ne savent plus où se donner de la tête avec la nouvelle réforme relative à la délégation des services de maintenance et de production des forages ruraux motorisés au secteur privé. Une réforme dont ils disent ignorer les tenants et aboutissants et qui leur fait craindre des lendemains sombres quant à leur avenir professionnel au sein du service de l’hydraulique. L’inquiétude des travailleurs est d’autant plus grande, ont-ils fait savoir à l’occasion d’une rencontre avec la presse tenue par leur syndicat, que leurs représentants ont été exclus de tout le processus de délégation. Pis, font-ils remarquer, le directeur de service  a refusé, lors de l’audience qu’il leur avait accordée, de les laisser prendre connaissance des textes affairant à ladite réforme aux motifs que «c’était classé confidentiel». Secrétaire général des travailleurs de l’hydraulique, Yely Coulibaly note que ce refus des autorités de les informer et de les impliquer dans le processus de délégation est source d’inquiétude pour les agents opérationnels qu’ils sont.  Il l’est d’autant que, fait-il savoir, au moment où l’Etat s’attèle à des réformes dans leur secteur, les travailleurs ont un jugement en leur faveur depuis le 27 février 2013 et qui est entre les mains de l’agent judiciaire de l’Etat. Lequel jugement porte sur le paiement des 45 millions 326 mille francs Cfa que l’Etat doit aux travailleurs, et la requalification de ces travailleurs dont les contrats à durée déterminée doivent passer en durée indéterminée ; en plus du dossier des retraités qui devaient partir depuis 2010 mais qui sont retenus sans dédommagement et qui sont restés huit mois sans que leur pension ne leur soit payée. Toutes situations qui expliqueraient peut-être, selon lui, leur mise à l’écart du processus de délégation alors que ses camarades ne sont mus que par une volonté de sauvegarder leurs emplois aujourd’hui menacés. Mais aussi de faire en sorte d’éviter que l’échec connu lors de la phase test de maintenance des forages ne se  reproduise. Laquelle phase test déroulée dans la zone centre regroupant les régions de Thiès, Diourbel, Fatick, Kaolack et Kaffrine a montré, selon lui, ses limites avec des défaillances notées dans ladite zone. De ces défaillances, ils retiendront, entre autres, des interventions non sécurisées sur les armoires de commandes, des chutes de pompes suite à un manque d’expérience au niveau des relevages entrainant une détérioration de l’ouvrage de captage, un coût élevé des prestations et  une absence de stock de pompes, de moteurs et de pièces de rechange. Aussi estiment-ils qu’il y a  nécessité d’impliquer le personnel de la Direction de l’exploitation et de la maintenance (Dem), qui constitue sans conteste un levier sur lequel l’Etat peut s’appuyer. Mieux, la Dem est une ressource de qualité certaine si tant est la volonté des autorités de réussir la réforme dite de délégation tendant à transférer la maintenance à un Office dite de gestion des forages ruraux (Ofor) qui est en voie de création. Pour dire, la place de choix que devaient avoir les agents de la Dem dans cette mutation consistant en la création dudit office. En somme, ces acteurs estiment que la réforme qui s’annonce devait être une source de motivation et non de découragement pour les travailleurs de l’hydraulique. Lesquels sont aujourd’hui contraints de mener le combat pour la sauvegarde de leurs emplois mais aussi éviter que les populations rurales se soient privées d’eau du fait d’un manque d’entretien de leurs forages ou d’un coût trop élevé des frais d’entretien qu’elles auront du mal à supporter.

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