« Il faut attendre en 2048 pour voir certains pays africains atteindre les OMD pour le volet assainissement et hygiène » Félix Adégnika, Coordonnateur national de Wsscc au Bénin

Felix ADEGNIKA, Coordonnateur national/WSSCC

Felix ADEGNIKA, Coordonnateur national/WSSCC

 

C’est connu. L’atteinte des Objectifs du millénaire pour le développement ( Omd) n’est pas réalisable pour beaucoup de pays africains. Mais ce qui est plus inquiétant, selon le coordonnateur national du Conseil de concertation pour l’approvisionnement en eau et l’assainissement ( Wsscc) au Bénin, Félix Adégnika, il faudra attendre en 2048 pour voir beaucoup pays  réaliser ces objectifs pour le volet assainissement et hygiène.

Le coordonnateur national du Conseil de concertation pour l’approvisionnement en eau et l’assainissement ( Wsscc) au Bénin, Félix Adegnika, nous sommes à une année de l’échéance des OMD. Est-ce qu’il y a des pays de l’Afrique qui seront au rendez-vous des OMD pour le volet assainissement ? 

L’Afrique est en retard par rapport aux Objectifs du millénaire pour le développement (Omd) même si les pays du Nord ont fait des bonds prodigieux. Il y a que 5 pays qui peuvent atteindre les volets assainissement des Omd. Pour le reste des pays, il faut en moyenne en 2048 pour être au rendez-vous des OMD. D’ailleurs si des actions d’envergure ne sont pas entreprises, il faut attendre 2098 pour que d’autres pays réalisent ces objectifs. L’augmentation de la population a été prise en compte dans cette dynamique. Il faut un changement d’approche, un changement de paradigmes.

Les grandes lignes sont déjà tracées. Il faut que l’assainissement devienne  une priorité nationale, dans les ménages, une priorité individuelle. Comment   mettre fin à  la défécation à l’aire libre, briser  les cycles de manque d’assainissement. Il nous faudra adapter l’Assainissement piloté par la communauté (Atpc). Nous ne pouvons pas répliquer l’Atpc de l’Inde en Afrique. Nous avons le cas de Madagascar, l’un des pays les plus pauvres d’Afrique qui a obtenu des résultats encourageants. C’est un pays qui sera un leader en matière d’assainissement. Il faut faire en sorte que chaque ménage puisse avoir une toilette aussi modeste qu’elle soit. Le plus important, c’est d’interrompre la chaîne de transmission des maladies liées aux problèmes d’hygiène et d’assainissement.

Il y a des efforts qui sont faits pour le secteur de l’eau. Le Sénégal est cité en exemple. Mais il nous faut avoir de la durabilité dans tout ce que l’on fait. Le problème, les gouvernements retiennent les chiffres obtenus à moment bien donné. Ils oublient souvent  la conservation  des acquis. La société civile, les journalistes doivent rappeler aux gouvernements que les acquis doivent s’inscrire dans la durabilité.

Le changement de comportements est un défi en Afrique…

Il nous faut un déclenchement institutionnel. Je vous dis y compris les fonctionnaires des ministères, ils pensent que lorsque les problèmes  d’assainissement seront résolus, ils seront au chômage. Il est en de même pour nous les développeurs. Mais il ne faut pas voir pour soi. Il faut regarder l’intérêt général. Il faut inciter les parlementaires à voter des budgets conséquents.

Les fonctionnaires se focalisent sur le ratio,  le nombre d’hôpitaux par rapport à une population donnée. Cela est dépassé. Il faut plus tôt mettre l’accent sur la prévention des maladies, faire en sorte que les personnes n’aillent pas dans les hôpitaux. Nous n’allons pas mesurer le développement par au nombre d’hôpitaux construits. Le développement se mesurera par le nombre de population qui se porte bien.

Quels rôles les collectivités locales doivent-elles  jouer ?

Le niveau le plus pertinent d’intervention ce sont les collectivités locales. Il ne faudra pas que les collectivités locales aillent chercher le retour sur investissement dans le secteur de l’eau où il y a beaucoup plus d’argent. La décentralisation s’appréciera lorsque les populations de l’intérieur ont un accès optimal à l’eau et aux infrastructures d’assainissement et d’hygiène. Les journalistes doivent nous aider à faire comprendre ces enjeux.

       Propos recueillis par  Idrissa SANE ( Envoyé spécial au Bénin)

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