Engagements du secteur WASH: Le Sénégal piétine dans l’assainissement

 Jacques Ngor SARR (Sénégal)

L’Etat du Sénégal s’est engagé à consentir des efforts en s’investissant dans une politique de l’eau potable, axée sur une série de réformes successives concernant  trois générations visant à améliorer l’accès et la qualité du service destinés aux populations. Des avancées significatives en termes de performances du secteur ont été notées, confirmées par les différents acteurs le mois dernier lors d’un atelier d’évaluation des performances et de la planification du ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement. Le Coordonnateur du Programme eau potable et Assainissement pour le millénaire (PEPAM) Amadou Diallo a renseigné à cet effet que «pour le milieu rural nous sommes à 81,2%, alors que pour le milieu urbain, il nous reste un demi point à atteindre. Pour l’assainissement, le Sénégal est de 35,6% en milieu rural et le taux en milieu urbain est de 64%. Donc, les difficultés se trouvent au niveau de l’assainissement où nous ne pouvons pas atteindre les OMD en 2015», a expliqué Amadou Diallo. Concernant la gestion des ressources en eau, il a signalé un important plan d’action qui est mis en œuvre depuis 2007 et qui a également atteint « des résultats encourageants». « Nous sommes en train de réviser le Code de l’eau, et nous avons aussi proposé des solutions pour la redynamisation du Conseil supérieur de l’eau et du Comité technique de l’eau en matière de gestion intégrée des ressources en eau», a signalé M. Diallo. Ce dernier déclare qu’ «au niveau régional, nous sommes en train de dérouler une très grande hydro-diplomatie à travers l’OMVS. C’est l’occasion de revoir tout ce que nous sommes en train de mettre en œuvre avec les autres pays en termes de production d’hydro-électricité mais également d’amélioration de la navigation sur le fleuve Sénégal», a-t-il indiqué. «Il faudrait que nous puissions également, au niveau sectoriel, revoir notre feuille de route pour essayer d’aller au-delà de 2015. Et ça se prépare tout de suite. Nous avons déjà identifié un programme de presque 1,3 milliard de francs CFA pour l’ensemble des secteurs», a-t-il révélé.

OMD quasi-atteints pour le sous-secteur de l’Hydraulique mais hors de portée pour l’assainissement

 Ces performances sont notées dans le «7e revue annuelle sectorielle conjointe»  du Programme eau potable et Assainissement pour le millénaire (PEPAM) de 2013, qui révèle que les OMD sont quasi-atteints pour le sous-secteur de l’Hydraulique avec 89,5% mais sont désormais hors de portée pour l’assainissement. Des progrès nets sont notés pour l’hydraulique aussi bien en milieu rural qu’en milieu urbain. Par contre pour le sous-secteur de l’assainissement, une légère hausse est enregistrée pour le rural contre un recul de l’indicateur en milieu urbain. Pour ce qui concerne le traitement et dépollution en milieu urbain, la revue montre que de 2004 à 2012, le taux de traitement est passé de 19% à 41,5% et a connu un avancement de 22,5 points en 8 ans. Il est cependant très en dessous de 8 points de l’objectif intermédiaire de 2012 fixé à 49,5%. Le taux de dépollution des eaux usées est passé de 13% en 2004 à 30,3 % en 2012 et a connu un avancement de 17,3 points en 8 ans. Il est en dessous de 5,2 points de l’objectif intermédiaire de 2012 fixé à 35,5%. Si rien n’est fait, il surviendrait un déficit de 9,5 points en 2015 pour le taux de traitement et de 7,4 points pour le taux de dépollution.

Ces avancées ont été mises en évidence dans un rapport réalisé par l’organisation transparency international, par l’entremise de sa section sénégalaise, le forum civil,  sur «la gouvernance dans la fourniture des services d’eau potable au Sénégal : cartographie des déficits de transparence et d’intégrité». L’étude rendue public au mois décembre 2013, montre qu’au Sénégal, les taux d’accès en eau potable ont évolué de façon significative avec une nette tendance vers l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), si cette dynamique et les efforts sont maintenus. Mais selon le rapport, ces performances ainsi notées cachent d’énormes disparités liées à la position de la zone géographique (Sud et l’Est du pays défavorisés), à la nature de certains quartiers (usagers des quartiers irréguliers privés d’abonnement au service d’eau faute de titres de propriété); au type d’approvisionnement en eau (usagers Borne fontaine (BF) payent l’eau près de quatre fois plus cher que les usagers d’eau courante dans certaines localités) des usagers considérés. Le défi de la qualité du service est également à relever surtout en ce qui concerne la qualité de l’eau.

 

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