Journée mondiale des toilettes : 70 % de la population au sud du Sahara n’ont pas accès à l’assainissement

Diomma DRAME (SENEGAL)

Plus de 600 millions de personnes, en Afrique au sud du Sahara, n’ont pas accès à un assainissement adéquat. Ceci représente 70 % de la population. A l’occasion de la Journée mondiale des toilettes, célébrée ce mardi à travers le monde, les membres de l’Ong Wateraid, et leurs partenaires comptent unir leurs forces pour réduire ce gap.

  La Journée mondiale des toilettes est célébrée  aujourd’hui à travers le monde. Si aller aux toilettes est un acte banal pour certaines personnes, pour d’autres notamment pour plus de 600 millions de personnes en Afrique au sud Sahara, et six millions de Sénégalais, c’est tout un problème d’avoir accès à un assainissement adéquat. Ces chiffres ont été avancés parWateraid, une organisation non gouvernementale dont la mission est de lutter pour un meilleur accès aux services d’eaux potables, d’hygiène et d’assainissement lors d’une conférence de presse à son siège. Même si on note une certaine amélioration dans ce secteur depuis les années 90, allant de 4 %, 26 % à 30 %, il y a encore 44 millions de personnes de plus qu’en 1990 qui pratiquent la défécation en plein air. Une situation qui perdure ; ce, à quelques mois de la date butoir des Objectifs du millénaire pour le développement (Omd).

Cet assainissement quasi absent dans certains milieux font que les maladies diarrhéiques en Afrique sont la 4ème principale cause de décès pour les enfants et les adultes.  Une situation qui s’explique, selon Mor Ngom, directeur général de l’Amref, partenaire de Wateraid, par le fait qu’«on investit plus sur les maladies et peu sur leurs déterminants».

Outre les risques de maladies, cette situation à des impacts sur l’environnement, mais aussi sur la dignité humaine et demeure un risque pour les femmes et les filles.

Selon Mariame Dème, la directrice sous régionale de Wateraid«les investissements dans l’assainissement ne pourront porter leurs fruits que s’ils s’accompagnent d’un changement de comportement et de politique aux profits des enfants et des générations futures». A son avis, il faut voir l’eau et l’assainissement comme la base du  développement. Pour Amoudou Kanouté, le directeur exécutif de l’Institut panafricain pour la Citoyenneté, les consommateurs et  le développement (Cicodev), il s’agira de briser le silence autour d’un problème de santé publique. Mais aussi de rendre visible un problème qui fait des ramifications insoupçonnées sur les enfants, les femmes, les filles, les handicapés. «En d’autres termes sur les populations vulnérables, très souvent défavorisées et marginalisées», fait-il savoir. Mais, selon lui, le plus important, «c’est de mobiliser la volonté politique autour de l’assainissement». Les organisateurs de cette rencontre fustigent le manque d’importance qu’accorde l’Etat à l’assainissement. Selon eux, si une telle chose est possible, «c’est par ce que l’assainissement ne rapporte pas d’argent comme l’eau», disent-ils.

Cette situation ne concerne pas que les  milieux ruraux. Mamadou Diouf du Forum social national pointe du doigt le manque de toilettes jusque dans certaines capitales, notamment Dakar : «Dans certaines parties de Dakar, les murs sont noircis à cause des urines». Ce qui, selon lui, est  inacceptable.

 

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