Accès à l’assainissement : L’Afrique se projette au-delà de 2015 avec plus d’ambitions

Idrissa SANE (Dakar)

L’Afrique a tourné son regard au-delà de 2015. Elle a accusé un retard en matière d’accès à l’assainissement. Elle se prépare à accélérer la cadence avec d’autres objectifs.

Photo de famille

Les regards sont désormais tourner vers l’après 2015. Les pays africains ne seront pas au rendez-vous, à cet horizon. Ce constat est symptomatique des efforts qui restent à fournir, du chemin qu’il reste à parcourir. Le taux d’accès à l’assainissement est plus faible. Le Tchad a un taux officiel de 13 %. Le Burkina Faso est à 27 % pour le milieu urbain et environ 3 % pour le milieu rural. Celui de la République Démocratique du Congo, et le pourcentage de la République du Congo ne sont pas non plus reluisants. Au Bénin 87  % de la population n’ont pas accès aux services de base de l’assainissement tandis qu’en Mauritanie cette proportion est de 19 % pour la campagne. Les experts sont formels sur la situation de l’Afrique de l’Ouest. « Si l’on se réfère au récent rapport de suivi conjoint de l’OMS et de l’Unicef, la situation de l’assainissement demeure très problématique en Afrique sub-saharienne et particulièrement dans notre région.  Aucun pays n’est sur la voie d’atteindre la cible sur l’assainissement. Selon ce rapport publié en 2013, seuls le CAP-vert et la Gambie sont considérés comme des pays ayant fait des progrès encore insuffisants pour atteindre cet OMD », a laissé entendre David Delienne, Conseiller régional Wash, de l’Unicef pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre.
Les experts, les représentants des ministères et les acteurs de la société civile en conclave, à Dakar, dans le cadre de la réunion d’AfricaSan, ont esquissé les nouvelles stratégies pour accélérer la cadence. Le temps presse. Des millions de personnes n’ont pas encore accès à un assainissement décent. Plus de 2, 5  milliards sont privées d’installations sanitaires adéquates. Au fond, ce retard a comme tréfonds, la modicité des fonds  alloués à l’assainissement et à l’hygiène. Jusqu’à une récente période, ce secteur n’était pas une priorité. Il y avait une vision et une perception réductrices partagées par plusieurs Etats. L’assainissement et l’hygiène se déclinaient en termes de construction de latrines et dans une moindre mesure à la réalisation des canalisations. Fort heureusement l’heure des changements a sonné. Il y a un frémissement à plusieurs niveaux.

Il y a une panoplie de solutions. Parmi ces dernières, il y a l’impérieuse nécessité d’augmentation du budget alloué à ce secteur. C’est connu. L’assainissement est le parant pauvre. Même si les choses commencent à bouger. La preuve, le budget du Tchad pour l’eau et l’assainissement est passé de 9 milliards de francs Cfa à 20 milliards à l’espace de 2 ans.

L’autre point remis sur la table, c’est la lutte contre les inégalités. Faudrait-il, le rappeler, que les pauvres sont toujours les parents pauvres en ce qui concerne la répartition des ouvrages. Les quartiers mal urbanisés sont victimes à la fois de la pauvreté et de leur mal urbanisation. Raison pour laquelle, la réduction des inégalités est au cœur des prochaines approches. « Quelle que soit la forme que prendra le programme de développement de l’après 2015, il faudra que l’approvisionnement en eau potable, en assainissement et en moyens de garantir l’hygiène y occupent une place prioritaire », renseigne un rapport sur « L’approvisionnement en eau, l’Assainissement et l’Hygiène ». Le rapporte ajoute : « un accent sur Wash est en cohérence avec une approche axée sur les droits de l’homme visant à réduire les inégalités et la pauvreté. Le manque d’accès à Wash affecte les populations désavantagées dans tous les pays, riches comme pauvres et constitue un indicateur certain de l’inégalité dans les pays à revenus intermédiaires ».

Les objectifs de l’après 2015 sont ambitieux. Ils sont  réalistes. La fin de la défécation à l’air libre, l’équipement des établissements scolaires et sanitaires avec des installations d’approvisionnement en eau, en assainissement et hygiène figurent dans les nouvelles orientations.

Au juste, pour l’horizon 2025, il est souhaitable que personne ne défèque à l’air libre et que les inégalités de la défécation dans la nature  soient éradiquées. Pour 2030, l’idéal est que tous disposent à domicile d’un accès à un approvisionnement basique en eau potable et à une installation pour se laver les mains dans des écoles et dans les centres de santé. L’Afrique prépare l’après 2015. Une lueur d’espoir se lève à l’horizon avec un début d’accroissement des budgets dans plusieurs pays.

2 Responses to “Accès à l’assainissement : L’Afrique se projette au-delà de 2015 avec plus d’ambitions”

  1. Ambitions très nobles! J’espère que les prochaines réflexions mettront également en avant les questions importantes comme:
    – les coûts à long termes des services d’assainissement (frais d’entretien des ouvrages, vidanges, renouvellement)
    – le rôle des municipalités dans l’assainissement familial en milieu rural
    – l’assainissement en milieu péri-urbain notamment les zones non-loties et les bidonvilles qui encerclent la quasi-totalité de nos grandes villes.

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