Sylvain Usher, Secrétaire général de l’Association Africaine de l’Eau : « Il est important que les sociétés d’eau partagent leurs expériences et les gestionnaires de ces sociétés leurs succès et leurs défis »

???????????????????????????????Les membres de l’Association africaine de l’eau (AAE) basée à Abidjan en Côte d’Ivoire regroupant les Sociétés de distribution d’eau africaines, des professionnels du secteur de l’eau sur le continent, tiendront leur 17e Congrès du 17 au 20 février 2014 dans la capitale ivoirienne. Au cours du 7e Atelier régional de renforcement de capacités des femmes et hommes de médias de l’Afrique de l’Ouest d’Abidjan organisé conjointement par le Partenariat régional de l’eau de l’Afrique de l’Ouest (GWP-AO) et le bureau régional Afrique Centrale et Occidentale de l’Union Mondiale pour la Conservation de la Nature (UICN-PACO), le Secrétaire Géneral, Sylvain Usher, est revenu sur les enjeux et les principaux objectifs de cette grande messe des sociétés d’eau. Pour lui, cette retrouvaille sera une opportunité pour les gestionnaires des sociétés d’eau, d’aborder entres autres questions importantes, celle de la gouvernance indispensable à l’amélioration de la fourniture et de la distribution d’eau dans les capitales africaines et les pays du continent africain.

Quels sont les enjeux de ce 17e Congrès attendu par vos membres?

Avant de parler du 17e Congrès, j’aimerais situer les congrès qui s’organisent tous les deux ans dans les capitales africaines. Le dernier s’est tenu à Marrakech en 2012. Les congrès sont une occasion pour réunir l’ensemble des parties prenantes du secteur de l’eau en Afrique et débattre de divers sujets mis en exergue par le conseil scientifique mais aussi par la situation du secteur de l’eau en Afrique. Le 17e congrès dont le thème est « mobilisation des ressources et gouvernance dans le secteur de l’eau et de l’assainissement », a deux objectifs :
Le premier, c’est le fait de l’organiser en Côte d’Ivoire après une crise longue et difficile. Le secteur de l’eau n’était pas en reste. Néanmoins, la Société des Eaux de Côte d’Ivoire (SODECI) a pu continuer à distribuer de l’eau dans des conditions difficiles surtout dans la partie nord du pays. La Côte d’Ivoire étant sortie de cette crise, a voulu l’organiser pour montrer qu’elle était de retour dans la scène internationale en ce qui concerne le secteur de l’eau. C’est avec beaucoup d’enthousiasme qu’elle a présenté sa candidature pour le Congrès 2014. Le comité de direction qui est l’instance qui étudie les candidatures n’a pas hésité un seul instant, a donné son avis positif pour l’organisation du congrès. Il s’agit alors de remettre la Côte d’ivoire toute entière sur la sellette.
Le 2e objectif est la problématique de la mobilisation des ressources et de la gouvernance. Il s’agit bien des ressources en eau et des ressources financières. C’est la raison pour laquelle la thématique reste quelque peu ambiguë pour donner la possibilité à tous ceux qui le désirent d’aborder la problématique des ressources en eau. Et la gouvernance parce que nous pensons qu’elle est importante pour la conduite des sociétés d’eau mais aussi pour le secteur de l’eau en général.
Vous avez choisi le thème de la gouvernance. Est-ce à dire que nos sociétés d’eau souffrent des problèmes de gouvernance?
Malheureusement, ce n’est pas que les sociétés d’eau. Le problème de la gouvernance est un problème général en Afrique quel que soit le secteur d’activité. Certaines effectivement souffrent des problèmes de gouvernance mais la tendance est à l’amélioration. Beaucoup de sociétés ont mis en place des processus de gestion qui les amènent à être très performantes au niveau de leur production, leur distribution, leurs ressources humaines, leur management. Il s’agit quelques fois de processus simples mais qui ont un impact dans la gestion.
Les managers qui sont aujourd’hui en place sont pour certains, très brillants et qui se sont détachés des aspects politiques. Il faut le dire, c’est souvent l’aspect politique qui nuit à la bonne gouvernance des sociétés d’eau. Car, les objectifs ne sont pas souvent les mêmes. En matière politique, les objectifs sont de se maintenir au pouvoir et diriger l’ensemble du peuple. Pour le manager, c’est faire en sorte que son système soit fonctionnel, que les opérations soient performantes, le recrutement bien fait et qu’il puisse respecter des engagements vis-à-vis de l’Etat qui assure souvent la tutelle. Mais lorsqu’il y a ingérence politique au niveau managérial, cela nuit quelque peu à l’atteinte des objectifs.
Que va apporter concrètement le 17e Congres aux sociétés d’eau africaines et surtout ouest-africaines ?
Ce sera l’occasion pour les sociétés d’eau qui vont faire des communications, de présenter leurs succès dans la gestion. L’objectif du congrès est d’être une plateforme de partage, d’échanges, de donner et de recevoir. Il est important que les sociétés partagent leurs expériences et que les dirigeants de ces sociétés qui aujourd’hui avec des résultats performants, puissent les présenter pour que ceux qui sont intéressés par les nouvelles méthodes de gestion et principes très évolutives, puissent également recevoir ces informations.

Mais pour les populations surtout des villes, il y a toujours des craintes que ces sociétés soient privatisées et le prix de l’eau soit revu à la hausse. Est-ce qu’il y a un message de l’association à ne pas augmenter le prix de l’eau ?

La problématique du prix de l’eau est une problématique que nous rencontrons constamment. On pense que le prix de l’eau est souvent élevé. Or en réalité, pour une grande partie de pays africains, le prix de l’eau ne couvre pas ou couvre à peine le coût de production. Malheureusement, l’Africain n’est pas habitué à payer l’eau. Parce que dans nos villages, on utilise l’eau de puits ou de la rivière pour la consommation gratuitement. Même là, c’est une fausse compréhension car, le puits, il l’a fallu le creuser et il a un coût d’entretien. Un puits à partir duquel on veut fournir de l’eau de façon permanente, il faut l’entretenir et protéger son environnement. Cela a un coût qu’on ne considère pas. Maintenant, en ce qui concerne l’eau que nous tirons des nappes ou des lacs, des eaux de surface en général, il faut transformer cette eau jusqu’au robinet et tout cela a un coût parce qu’il faut entretenir le réseau. La privatisation ne veut pas dire forcément augmentation du prix de l’eau. Nous avons eu cela dans les années 1980 et 1990 avec la Banque mondiale qui en avait fait son leitmotiv. On a pensé qu’il était nécessaire pour améliorer le service, qu’il fallait privatiser les sociétés d’eau. La privatisation qui a lieu en son temps n’a pas amené que des succès en Amérique du sud et latine. Il y a eu beaucoup de difficultés parce que les systèmes qui avaient été mis en place n’ont pas tenu compte d’un certain nombre de facteurs inhérents aux pays africains et d’Amérique du sud. Les systèmes qui se sont installés géraient le service comme dans les pays européens. Il y a eu quelques déboires. On a eu aussi en Afrique des sociétés d’Etat dans lesquelles, la gestion a été mise en exergue. Il y a eu des signatures de contrats d’Objectifs de ces sociétés avec l’Etat avec un certain nombre de paramètres. Et ces sociétés ont fonctionné correctement et même ont dépassé les résultats attendus. C’est le cas de la société ougandaise qui a un moment donné a vacillé entre la privatisation et la régie et qui a fini simplement résisté parce que le manager qui a été choisi, a révolutionné la gestion avec des résultats brillants. Parce que tout le monde a joué le jeu à savoir : l’Etat, la société, les institutions de régulation. Et lorsque nous établissons un contrat de performance, il faut que les conditions soient réunies. Il faut que l’Etat paie ses factures à temps, que la structure de régulation fasse son travail en termes de suivi et d’évaluation, et que la société d’eau la distribue dans les meilleures conditions techniques. Donc, la privatisation n’est pas une panacée. Mais, elle peut aussi comme dans le cas du Sénégal avec la Sénégalaise des eaux qui est une structure privée qui entreprend une coopération sud-sud avec la régie des eaux de la République Démocratique du Congo avec les résultats performants. Et quand on dit qu’une société a des résultats performants, ce n’est pas dans tous les secteurs mais dans des secteurs clés comme la production, la distribution, la maintenance…

En quoi le prochain congrès va aider les sociétés d’eau à améliorer leur couverture et donner l’eau à toutes les populations de nos capitales africaines?
Il faut voir comme c’est le cas en Côte d’Ivoire et comme cela peut être le cas ailleurs, le développement des infrastructures dépend de l’Etat. L’Etat est propriétaire des usines et des canalisations et de tous les éléments opératoires. Le problème de l’accès à L’eau est lié au problème du tarif. Si à partir du tarif, les sociétés d’eau ou l’Etat n’arrivent pas à générer des ressources pour le développement du secteur, il y va de soi qu’on se repose sur les bailleurs de fonds qui n’ont pas toujours, l’opportunité de mettre les ressources qu’il faut.

Entretien réalisé par Alain TOSSOUNON

One Comment to “Sylvain Usher, Secrétaire général de l’Association Africaine de l’Eau : « Il est important que les sociétés d’eau partagent leurs expériences et les gestionnaires de ces sociétés leurs succès et leurs défis »”

  1. peut être une solution intéressante:
    revaloriation des eaux usées pour unne agriculture biologique productive en Afrique sur des exploitations agricoles
    Objectif global du projet: Accroître la production agricole de 400 ménages ruraux du Sud-Kivu en RDC avec une eau fertilisante provenant des eaux usées domestiques des habitations proches ainsi que de la ville de Bukavu par l’intermédiaire d’un Site Pilote de traitement des eaux usées mettant en œuvre le procédé «Fosse Biologique» lyseconcept.
    Objectifs spécifiques du projet :
    – Promouvoir le développement d’une agronomie biologique d’alternative économique et alimentaire destinées à 400 ménages agricoles ruraux en RDC, dans la province du Sud-Kivu ;
    – Implanter le procédé « Fosse biologique »lyseconcept en tenant compte des conditions locales spécifiques : les eaux usées collectées dans les habitations proches et celles de la ville de Bukavu, leurs collectes et leurs transferts sur la zone de traitement, les besoins en eau d’arrosage pour chaque type de culture, le dimensionnement des exploitations agricoles, etc.
    Notons que ces Principaux objectifs du présent projet d’agriculture biologique satisfont aux Cinq piliers du développement durable notamment :
    – Générer des emplois et des revenus pour une population locale en retenant « l’Ingénierie » tentée de chercher l’eldorado Européen;
    – Contribuer à une Autonomie alimentaire de qualité et à la constitution de réserves ;
    – Promouvoir une culture biologique respectueuse des êtres et des milieux « Projet « replicable» à d’autres territoires de la région des grands lacs et à d’autres productions ;
    – Apporter une solution durable à la problématique de l’assainissement des eaux usées première source de pollution des sous sols et des nappes phréatiques de la RDC ;
    – Préserver une ressource rare qui est « l’eau »
    Un jeune agriculteur Congolais travaille avec son ONG (Association des Agriculteurs Sans Frontières) AASF en sigle, une ONG nationale de droit Congolais qui accompagne les Communautés Agricoles rurales depuis plus de Cinq ans dans la province du Sud-Kivu à l’Est de la RDC. Il aide à la pratique de l’agronomie mais pour une production moindre due en partie à la dégradation du sol de moins en moins fertile et pour une partie au manque d’eau d’arrosage durant les périodes de saison sèche qui souvent se prolongent à cause des perturbations climatiques locales, facteur dont la population locale souffre.
    Il est informé qu’un procédé « Fosse Biologique» lyseconcept épure d’une façon BIOLOGIQUE les eaux usées domestiques en fournissant une eau d’arrosage fertilisante et enrichissante pour la terre végétale. Il prend contact avec la société lyseconcept, car le procédé répond à tous les critères de recherche pour mener à bien son projet. Des éléments sont déjà en place :
    Une exploitation agricole d’environ 7ha utilisant 400 ménages agriculteurs pauvres dont 300 sont encadrés par une communauté religieuse en place et d’autres par les organisations de la société civile. Ces agriculteurs formés à la culture agronomique ont déjà récolté plusieurs fois. Les eaux usées domestiques sont disponibles et présentent toutes les caractéristiques nécessaires au projet. Il ne manque que le PROCEDE pour recycler les eaux usées se trouvant dans la zone agricole ou le projet est exécuté et celles qui proviendront de la ville de Bukavu située à 25 km dont les conditions d’accès sont réunies, et où la population pauvre se buttent aux difficultés d’assainissement établi qui n’est pas gratuit ce qui entraîne des vidanges sauvages des effluents devant leur porte avec toutes les conséquences sur le plan de la pollution des nappes phréatiques et de la pollution de l’air, difficilement chiffrables en matière de santé publique et de protection de l’environnement.
    La configuration
    Ces exploitations se trouvent en milieu rural. Elles sont entourées pour le premier site de nombreux bâtiments de la communauté religieuse parsemés mais assez proches du projet. Le deuxième site comprend 200 habitations légèrement plus éloignées.
    Pour le 1er site, chaque bâtiment de la paroisse est équipé d’une fosse septique d’un volume de 7 m3 à 10m3 environ qui stocke les effluent d’eaux usées et qui doit être vidangée une fois remplie à ras bord. Les vidanges sont prévues par période lors d’une opération effectuée par l’administration de la paroisse des religieux pour le premier site. Pour le site du village de Mudaka l’administration locale n’a pas la gestion et l’entretien de l’évacuation des eaux usées des latrines publiques du marché de Mudaka très sollicité lors des marchés qui reste en l’état par débordement.

    Les eaux usées
    Lyse concept développe un système de traitement d’épuration biologique des eaux usées par procédé micro biologique. Les eaux usées concernées par le projet ci-dessus sont des eaux usées domestiques. La température des effluents dans le site de traitement est assez élevée avec une proportion d’ « eau potable » au contraire très basse. Le procédé s’adapte en tenant compte de ces spécificités.

    Complémentarité
    Les eaux usées trouvées dans ces Fosses Septiques, ne peuvent pas être utilisées en l’état. L’ONG AASF a obtenu un contrat avec le comité d’eau villageois du site du projet. Cet approvisionnement d’eau potable aura deux avantages pour le projet. D’un coté elle dilue la pollution naturelle concentrée de ce genre d’eaux usées, de l’autre elle augmente la quantité d’eau recyclée pour l’arrosage.
    La quantité d’eaux usées disponibles des fosses septiques proches est de 125 000 litres renouvelables à profusion. Le contrat d’approvisionnement d’eau potable du comité d’eau est de 10 000 litres d’eau, l’ensemble pouvant donner une possibilité d’arrosage de 1500 litres par jour facile. Il faut bien entendu, tenir compte des périodes de sécheresse prolongée où l’arrosage continuera mais d’une manière plus intensive. Dans les périodes de sécheresse sans plantation l’eau d’arrosage en proportion moindre servira juste à la fertilisation de la terre végétale. Cela peut aussi être une solution d’une production en continu d’une agronomie spécifique, qui ne tiendra pas compte des saisons.

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