Lancement du projet Cascade dans le Mono-Couffo : Promouvoir la concertation entre acteurs de la société civile et les communes

Alain TOSSOUNON  (Bénin)

Après son lancement au plan national, le Projet de Concertation entre Acteurs de la Société civile et les Communes en Appui au Développement du secteur de l’Eau, l’hygiène et l’assainissement (CASCADE), a été officiellement mis en route dans les départements du Mono-Couffo, le vendredi 17 avril à la préfecture de Lokossa. En présence de tous les partenaires du projet et surtout des trois  communes bénéficiaires, l’occasion a été saisie pour partager le contenu du projet et échanger sur les dispositions favorables à sa mise en œuvre.

Photo webCofinancé par l’Union Européenne, la Coopération technique belge et PROTOS,  le projet Cascade d’un montant de 469.816.048 millions de francs CFA et d’une durée de 3 ans (2103-2015), sera mis en œuvre dans les communes d’Athiémé, Dogbo et Lokossa. Il ambitionne à terme, de « contribuer à la bonne gouvernance locale par une meilleure concertation et collaboration entre les autorités locales et la société civile dans le domaine de l’eau potable, l’hygiène et l’assainissement et la GIRE.

En ouvrant les travaux de la séance qui marque le démarrage effectif du projet, le préfet des départements du Mono-Couffo, Corentin Kohoué,  s’est réjoui de l’avènement de ce projet dans sa juridiction avant de rappeler les objectifs de cette séance. Il s’agit essentiellement, d’informer les différents acteurs du contenu du projet, de partager les enjeux de la concertation et de la collaboration entre acteurs non-étatiques et autorités locales, et enfin d’échanger avec les participants sur les modalités de collaboration. Se félicitant que le projet ait été conçu avec le concours des communes bénéficiaires, il a mis l’accent sur la complexité de la cogestion des espaces publics autour des ressources en eau, les défis actuels lies à la gestion des services publics d’eau potable et la situation de l’hygiène et de l’assainissement qui reste le parent pauvre dans les interventions. Plus encore, il a souligné les enjeux et défis relatifs à la GIRE locale avant d’exhorter les communes à « persévérer dans leur engagement afin de mériter la confiance des partenaires. «La réussite de notre processus de développement décentralisé repose sur les capacités de tous les élus locaux à s’approprier de telles initiatives pour faire du développement durable, une réalité », a-t-il indiqué.

Après un rappel des objectifs de la séance de démarrage, les participants ont suivi trois présentations. La première qui est revenue sur « la gestion des services publics d’eau potable et ses défis », a permis de rappeler la notion de service public, ses principes et ses défis.   Au nombre des défis relevés, nous avons la délégation de la gestion notamment l’affermage des ouvrages, la vente de l’eau au « volume », le cadre d’entretien et de maintenance et le suivi du service de l’eau. Aujourd’hui, au niveau des trois communes bénéficiaires, le Projet ambitionne de relever ces défis pour améliorer le service au niveau des populations.

Abordant la question de la Gire locale, un aspect du projet, Armel Ahossi du Partenariat National de l’Eau (PNE-Benin), a également partagé les enjeux et défis de cette problématique. Il a signalé la nécessité de la mise en place et le fonctionnement des cadres de concertation adéquats pour une meilleure gouvernance de l’eau aux niveaux communal et intercommunal ; l’engagement et la détermination des pouvoirs politiques locaux pour la promotion de la GIRE ; la fédération en Groupement d’Intérêt Economique des usagers des ressources en eau pour la valorisation de l’eau et la veille citoyenne ; la participation active des parties prenantes pour la mise en œuvre des initiatives locales de valorisation économique et de gouvernance locales de l’eau ; et enfin l’intégrité dans la gestion des ressources en eau au niveau communal et intercommunal.

En présentant le projet Cascades, le Chargé de programmes de l’ONG Protos, Michiel Smet, a précisé une fois encore les objectifs du projet. Bâti de façon participative avec les communes pour rendre effective la concertation entre Acteurs non Étatiques et Autorités locales, le projet envisage d’atteindre trois grands résultats. En dehors de l’instauration d’une concertation entre société civile et autorités locales dans la fourniture des services d’eau potable avec la structuration des Associations d’eau potable ou le renforcement du dispositif de suivi de l’affermage…le deuxième résultat concerne la promotion de l’hygiène et de l’assainissement. A ce niveau le projet aidera à la mise en place d’un cadre de suivi de mise en œuvre des Plans d’hygiène et d’assainissement des communes (PHAC), le développement des Partenariats Publics Privés (PPP) pour la réalisation des infrastructures dans trois marchés…Enfin, au niveau de la Gire locale qui constitue le 3e  résultat,  le projet favorisera au-delà de la concertation pour l’application des principes Gire, le développement d’un dispositif d’identification des enjeux, l’élaboration des plans communaux Gire ou encore la mise en œuvre des actions de cogestion des ressources en eau.  Tout en mentionnant que les groupes cibles sont les Acteurs non Etatiques, les Associations de consommateurs d’eau potable (ACEP), les Organes Locaux de l’Eau (OLE) et les opérateurs privés, il a indiqué qu’au total, c’est 45000 personnes qui seront touchées par l’approche ATPC, 1600 élèves en ce qui concerne l’initiative des Clubs avocats de l’eau dans les écoles, 15000 utilisateurs de marchés, 250 000 consommateurs d’eau et 1800 usagers.

Réagissant à l’avènement d’un tel projet, les participants et acteurs du secteur dans les communes et les deux départements, se sont réjoui de la prise en compte du volet hygiène et assainissement qui constitue une grande préoccupation. Déjà, face aux défis, il faudra tenir compte des plus pauvres et dans le sous-secteur de l’eau, les participants ont recommandé la formation des fermiers pour leur permettre de mieux appréhender leur rôle et responsabilités. Pour le deuxième adjoint au maire d’Athiémé, Gilbert Bossou, ce projet constitue une réponse aux difficultés que rencontrent les communes dans le secteur. « Il permettra d’instaurer un dialogue franc entre les communes et les populations et amener celles-ci, à accepter le nouveau mode de gestion des points d’eau, a-t-il ajouté.

 

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