ACCES A L’EAU ET L’ASSAINISSEMENT EN AFRIQUE En attendant le réveil des gouvernants

300 millions d’Africains n’ont pas accès à des services d’eau potable améliorés et 640 millions à un assainissement décent. L’Unicef et l’Organisation mondiale pour la santé (OMS) sonnent ainsi l’alerte dans un rapport conjoint de 2012. Conséquence, selon Adama Mbaye, Directeur de l’assainissement, qui s’exprimait hier vendredi lors d’un déjeuner de presse à l’initiative de l’Agence intergouvernementale panafricaine Eau et assainissement pour l’Afrique (EAA, ex CREPA), l’investissement dans ce secteur est très rentable, 2000 enfants meurent en Afrique du fait du manque d’hygiène.
Donc, l’accès à l’eau potable reste un grand luxe pour de nombreuses populations africaines. Et, d’ici une vingtaine d’années, près de 60%, soit 5 milliards de personnes, seront des citadins. Cette croissance démographique s’effectuera pour l’essentiel dans les pays en développement où chaque mois 5 millions de personnes s’installent en ville. Ainsi, en Afrique et en Asie la population urbaine va doubler entre 2000 et 2030.
Or, selon les Nations Unies (ONU: UNW-DPAC) un citadin sur quatre, soit 789 millions de personnes, n’a pas accès des infrastructures d’assainissement améliorées et 141 millions de citadins n’ont pas accès à l’eau potable destinée à la consommation humaines ! Aujourd’hui encore, 497 millions de citadins partagent des sanitaires, contre 249 millions en 1990.
La situation est urgente dans les bidonvilles où vivent 828 millions de citadins : ces personnes n’ont pas accès à l’eau potable ni aux systèmes d’assainissement. Pire, comme elles sont rarement connectées à un réseau de distribution d’eau, ces populations doivent payer au-dessus des prix du marché pour obtenir de l’eau auprès des vendeurs privés.
Un dollar investi dans l’eau rapporte neuf autres
Pourtant, a souligné Adama Mbaye «un (1) dollars investi dans le domaine de l’eau et l’assainissement en ferait gagner neuf (9) autres. Ce qui constitue un gain dans le budget». C’est pourquoi, a en croire Idrissa Doucouré, Secrétaire exécutif EAA le forum de Dakar sera un cadre idéal, en cette période d’inondation, pour discuter des problèmes essentiels du secteur de l’au et l’assainissement et y apporter des solutions. Selon lui, il est temps que l’Afrique puisse faire des avancées significatives dans ce domaine. «Je croix qu’il nous faut que tous les Africains se retrouvent autour d’une table pour qu’on puisse discuter de cette problématique et apporter des solutions qu’il faut».
Et la clé du problème reste le financement du secteur. «Aujourd’hui en Afrique, nous savons nos problèmes, nous avons également les solutions. Nous avons l’expertise, mais c’est surtout les financements qui nous manquent. C’est pourquoi ce forum sera centralisé sur les financements du secteur, mais des financements innovants pour sortir du carcan traditionnel que nous avons connu jusque là», précise-t-il.
En outre, a-t-il indiqué, le volet des inondations sera pris en compte dans la mesure où lorsqu’on parle d’inondation, on fait référence aux questions d’assainissement. «C’est là encore où nous voulons trouver des solutions de façon holistique». Il ne s’agit pas seulement de «régler le problème d’assainissement de façon spécifique, mais aussi en apportant la réponse à cette problématique liée aux «questions de planification urbaine, d’aménagement du territoire ou d’habitat. Il y aura des sessions qui vont discuter de cela pour trouver des solutions avec des feuilles de routes pour nos gouvernements respectifs», a noté Idrissa Doucouré.
Vers des financements innovants
Auparavant, Mme Yacine Diène Traoré a rappelé que les Africains sont à trois ans de l’échéance des Objectifs du millénaire pour le développement et peu d’actions sont visibles en termes de réalisation dans le secteur de l’eau et l’assainissement. D’où la nécessité de concrétiser les engagements.
Elle est revenue sur les trois objectifs du forum. Il sera l’occasion de «définir des mécanismes innovants de financement au profit d’un secteur hygiène, assainissement et eau potable (HAEP) dynamique et performant en vue d’accélérer le processus d’accès à l’assainissement et à l’eau pour tous». Aussi aidera-t-il à «catalyser la collaboration entre les investisseurs et les innovateurs en vue de rendre disponible les services et produits HAEP au profit des populations sous servies et non servies » et à «traduire les engagements en action urgentes à travers l’institutionnalisation, la matérialisation des mécanismes de suivi des progrès et la revue des pairs».
La rencontre est organisée en perspective de la 2ième édition du forum de haut niveau sur «l’Eau et l’assainissement pour tous en Afrique» prévu à Dakar du 12 au 14 décembre, après celui du Burkina Faso. 700 participants sont attendus avec un budget d’environ 100 millions F Cfa. Les participant au face à face avec le presse ont eut à une projection de film sur la problématique de l’eau et l’assainissement en Afrique, notamment au Burkina Faso, au Bénin, au Ghana et au Sénégal.

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