MONROVIA: A WEST POINT, L’EAU QUI TUE.

Quelques années après la guerre civile, les conséquences d’un assainissement relatif et du manque d’eau sont nombreuses sur la santé de tous et en particulier des femmes et des enfants. 11/20 est la note attribuée par l’UNICEF ET WATERAID en 2011 en matière d’assainissement.

Les organismes précisent également que 2900 enfants meurent chaque année des suites de diarrhées. Au delà d’une note, l’assainissement est une réalité qui invite à un questionnement multiple. En cette douce matinée de mercredi 15 février 2012, les journalistes spécialisés aux questions d’accès à l’eau, l’hygiène et l’assainissement de 14 pays d’Afrique s’intéressent à la situation du Liberia. Leur descente sur le terrain les conduits entre autre à West Point et Clara Town. L’occasion de
West Point qui est une zone de grandes endémies ne bénéficie que d’une Case de santé d’une capacité réelle de dix lits. Les maladies qui y sont enregistrées fréquemment sont liées à la consommation des aliments souillés. Mais la cause directe reste l’utilisation de l’eau de la rivière très polluées. L’eau qui sert à tous les usages quotidiens à West Point, tue.

Il est 16H 15 minutes quand nous arrivons dans la salle d’enregistrement du case de santé de West Point. C’est un petit centre construit il y a une dizaine d’année pour servir une communauté de 10.000 membres, et pourtant multiplié par quatre aujourd’hui. Trois jeunes femmes attendent dans la toute petite salle. Une autre ressort immédiatement tenant la main d’un plus jeune. Selon Martha la mère, Karim son fils a quatre ans et demi et aurait de la fièvre. La case de santé ne reçoit la visite du médecin qu’occasionnellement.

C’est donc l’infirmière major qui assure la relève. Elle hésite à nous accorder quelques minutes, et finalement répondra à trois de nos préoccupations. Selon Mme Constancia, « l’enfant qui vient de sortir est toujours maladif. Comme lui, les enfants sont réguliers à la case pour les mêmes causes. »
West Point et Clara Town, deux bidons villes de bidons vides.
Un enfant libérien sur neuf meurt avant son cinquième anniversaire, soit 110 sur 1.000 naissances vivantes, selon l’Enquête démographique de santé au Libéria en 2007. Environ 39 pour cent des enfants sont chétifs ou trop petits pour leur âge. Les principales causes de décès sont le paludisme, la diarrhée et les maladies respiratoires.

Plusieurs bidon-villes de Monrovia sont situées le long des rives marécageuses polluées du fleuve Mensurado, près du centre-ville de Monrovia. Les populations de West Point, de Clara Town ou de Slipway un peu plus loin utilisent l’eau qu’elles jugent clair et donc potable ou alors se servent de l’eau de la rivière. Les fosses septiques quant à elles sont en général construites en matériau provisoire et gérées par des privées. Les fosses débordent régulièrement, et des ordures brûlantes s’entassent entre les égouts entourant les latrines boueuses.
Notre emploi de temps ne nous aura pas permis de rencontrer le responsable de « Liberia Water and Sewer », la Société d’eau et d’assainissement du Libéria. Mais des habitants de West Point affirment que la société s’atèle depuis des années à reconnecter les tuyaux détruits pendant des décennies de guerre civile.

Les coupures d’eau sont fréquentes et peuvent mettre des jours voire des semaines. Les habitants dont le revenu est très modeste ne peuvent donc pas se permettre l’alternative de l’eau minérale qui est un luxe.

Au delà de la décision politique de soins de santé publique gratuits à travers le pays pour les enfants de moins de cinq ans, des efforts restent à fournir par les autorités pour l’accès universel aux soins de sante et à l’eau à tous les Libériens.

La majorité des populations n’a pas d’autre choix que de déféquer en plein air. De plus, la capacité des centres de santé ne parvient pas à s’occuper des cas graves d’enfants qui arrivent malnutris, souffrant de diarrhée et de déshydratation critiques. Ils sont renvoyés vers les hôpitaux publics tels que JFK Hospital et Redemption.

Eddy Patrick DONKENG
donkengeddy@gmail.com
CAMERWASH

2 Responses to “MONROVIA: A WEST POINT, L’EAU QUI TUE.”

  1. Dans combien de capitales africaines peut-on dire que la situation est meilleure? Malheureusement aucune!

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