Forum mondial sur l’hygiène et l’assainissement de Mumbai

By Alain TOSSOUNON (Envoyé spécial)

 

 

C’est une première dans le monde. Un forum exclusivement consacré aux questions d’hygiène et d’assainissement. Mais, pour les organisateurs comme pour le participants à ce rendez-vous inhabituel, mieux vaut tard que jamais.

 

 Entre renouvèlement d’engagement, partage d’énergie et d’expériences innovantes, le forum de Mumbai sonne comme un appel pressant aux gouvernants de nos Etats pour mettre les questions d’hygiène et d’assainissement au cœur des politiques de développement.

 

Comment doter les 2,6 milliards de personnes qui vivent sans toilettes et sauver les 1,2 milliard d’êtres humains qui boivent chaque jour de l’eau insalubre ? Il était temps pour les militants de cette cause de sonner la cloche de la mobilisation pour mettre en commun leurs expériences et surtout se donner un nouveau souffle à leur  combat citoyen.

 

Ouvert par une cérémonie à la taille de l’événement dans cette ville de Mumbai confrontée au défi de l’assainissement dans les bidonvilles, le forum a démarré sur une note d’espoir et d’espérances d’un monde nouveau. Oui, le changement est possible !

 

A cette tribune exceptionnelle et inédite, la présidente du Conseil de concertation pour l’approvisionnement en eau potable, l’hygiène et l’assainissement (WSSCC), Mme Anna Tibaijuka, cheville ouvrière de cette rencontre,  a dans son adresse, beaucoup insisté sur l’urgence d’agir. Invitant chaque participant à croire en l’avènement d’un monde nouveau, celui où les 2,6 millards de personnes disposeront de systèmes adéquats d’assainissement, elle a rassuré les uns et les autres sur l’existence  d’expériences et de technologies à faible coût  accessibles  aux communautés pauvres  de nos villes et de nos villages qu’il convient de partager et de faire connaître.

 

La course pour l’atteinte des OMD, reste une opportunité pour s’investir davantage et  opérer les changements souhaités. Un avis que partage entièrement la représentante du gouvernement et hôte du forum, la secrétaire principale pour l’eau, l’hygiène et l’assainissement auprès du gouvernement de l’Etat de Maharashtra, Mme Malini V. Shankar.

 

Le forum est une occasion  pour signifier à la face du monde qu’il est temps d’agir. C’est une question de justice sociale et un droit fondamental pour les communautés. Soulignant que son pays, l’Inde, est loin d’être un bon élève malgré les efforts accomplis ces dernières années, elle a indiqué que pour son pays, l’hygiène et l’assainissement reste un grand défi. ” Ici, le problème de toilettes se pose avec acuité.

 

A certains endroits, on a seulement une toilette pour plusieurs dizaines de personnes ou pas du tout “. Mais pour relever ce défi, les gouvernants ne peuvent s’excuser d’un manque de ressources. C’est le message de l’ambassadrice zimbabwéenne, itinérante de plaidoyer auprès du secteur privé au sein du WSSCC, Mme Ekele Okeke.  ” Le manque d’argent ne peut constituer un frein à la promotion du secteur de l’hygiène et l’assainissement. L’argent est certes nécessaire. Mais il ne doit pas constituer un handicap “, a-t-elle soutenu avant de préciser qu’après tout, c’est une question de volonté politique.

 

 

Ainsi, pour elle, il faut inscrire et mettre l’hygiène et l’assainissement au cœur des politiques de développement.  C’est une question de justice soutiendra le directeur exécutif de WSSCC, Jon Lane, qui se félicite de la tenue de ce forum qui vient enfin corriger cette injustice sociale. Car, il y a plus de personnes dans le monde qui ne disposent pas de toilettes que de personnes n’ayant pas accès à l’eau potable. Mais, dans le monde, on a toujours parlé des personnes n’ayant pas accès à l’eau potable.

 

Au pupitre, les premières interventions après l’ouverture du forum étaient de véritables sources d’inspiration pour tous. Choisis pour leur engagement et leur génie dans l’invention des technologies ou moyens de communication innovants, les différents orateurs ont touché les cœurs en revenant sur leur passé. Un retour qui sans doute a forgé cet engagement au changement. Tous ont été unanimes pour reconnaître que parler de merde ou d’urine n’est pas la chose la mieux partagée.

 

Mais aujourd’hui, face à la réalité des 2,6 milliards qui vivent sans toilettes, il faut souffrir d’en parler. Et surtout changer de discours en construisant des messages pour toucher plus de gens, gage d’un changement de comportement. A cet effet, un travail énorme attend les militants et acteurs de cette cause.

 

C’est pourquoi, à travers les différentes sessions, des thématiques relatives au marketing social, à la communication, à l’intégrité et l’équité…les participants ont beaucoup échangé leurs expériences pour mieux s’armer. Ainsi, en marge des expositions sur les différentes options technologiques et le travail inlassable de chaque acteur, les sessions très suivies ont enrichi chaque acteur reparti mieux aguerri pour continuer le combat. Un combat où nul ne sera de trop.

 

Dans cette rude bataille pour un changement de mœurs, les journalistes et les communicateurs devront apporter leur contribution. Et tout au long du forum, cette contribution a été largement soulignée. Car, les questions d’hygiène et d’assainissement sont avant tout des questions de changement de comportement dans lesquelles, les journalistes ont un grand rôle à jouer.

 

 

 

 

 

 

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